Le lendemain, Marinette se réveilla lentement seule dans son lit.

Comme toutes les fois où ils dormaient ensemble, ChatNoir avait filé dès qu'il avait entendu la sonnerie de son réveil avec beaucoup trop d'énergie pour une période de la journée où le Soleil n'avait pas encore commencé sa journée de travail, avec la discipline qui le caractérisait et ne lui laissant en souvenir qu'un intense baiser très chaste sur ses lèvres endormies.

Avec un sourire, elle se rappela tous les bruits inarticulés et involontaires qu'elle avait tirés de son amant sexy et trop craquant en l'explorant sous toutes les coutures la veille. Elle repoussa les draps pour entreprendre sa journée qui s'annonçait superbe sur la capitale.

Sous ses airs détachés, ChatNoir gardaient un contrôle permanent sur sa propre personne et ses émotions qui ne se voyait que lorsqu'on apprenait à le connaître dans l'intimité. Il était aussi rigoureux qu'un ordinateur. Quand rire, quand se détendre, toujours être vigilant, il ne se relâchait jamais véritablement.

Mais là, elle avait vraiment réussit à lui faire perdre tous ses moyens. Il en avait même déchiré ses draps sous une chatouille particulièrement bien placée sous son oreille. Son regard brumeux était gravé sur sa rétine et elle ne voulait jamais l'oublier.

Elle pourrait bien devenir accro à un insatiable besoin de revoir cette expression plus souvent si elle ne se maîtrisait pas rapidement. Il était à tomber lorsqu'il était envahi par le plaisir.

Jamais encore elle ne s'était sentie aussi femme et féminine que sous son regard suppliant qui la fixait avec adoration. Était-ce cette sensation de puissance qu'il avait dû ressentir dans sa vie de charmeur qui avait donné toute son arrogance au ChatNoir actuel?

Si c'était le cas, elle le comprenait totalement. Elle ne l'excusait pas et ne l'approuvait pas, la vantardise restait un mauvais traits de personnalité à avoir. Mais, elle comprenait où il allait puiser sa confiance en lui et devait admettre qu'en combat, c'était plutôt pratique pour distraire l'ennemi. Elle-même aussi était également distraite par le fait même, malheureusement.

Quant à son histoire de vivre avec elle sur une île déserte, il pouvait oublier par contre. Pas question qu'elle quitte sa famille, sa carrière et ses devoirs pour aller s'enterrer sur un paradis terrestre. Pour elle se serait comme d'être déjà morte si elle ne pouvait pas avoir d'impact sur le monde autour d'elle et être reliée aux gens.

Sans parler qu'elle devrait enterrer ses rêves professionnels dans le sable de la plage.

Cette idée apprenait tout de même à Marinette que s'il rêvait d'une telle vie, c'était qu'il avait probablement vraiment besoin de vacances. S'il travaillait réellement assidument à sauver le monde depuis qu'il était tout jeune, il devait assurément en avoir besoin.

Tout comme elle… se dit-elle en resserrant les cordons de son tablier sur ses hanches. Elle travaillait à la boulangerie matin, midi et soir depuis plusieurs années. Avant même d'être assez âgée pour pouvoir servir à la caisse, elle mettait déjà la main à la pâte en aidant son père à l'arrière.

Ses parents avaient choisit cette vie laborieuse et où il n'y avait aucun repos possible mais ce n'était pas son propre cas. Elle voulait une vie différente. Avec des hauts et des bas, des journées occupées et d'autres destinées à la création. Elle comprenait d'autant plus ChatNoir de vouloir une vie de famille sans tracas parce qu'elle en voulait une elle aussi.

Mais elle devait lui donner raison sur un autre point. Peut-être la carrière de Monsieur Agreste n'était-elle pas un bon modèle à suivre après tout. Si elle ne pensait qu'à bâtir une carrière florissante en oubliant de s'investir dans la vie de la famille qu'elle voulait avoir, elle ne pourrait pas rendre Adrien heureux.

Ou même ChatNoir. Parce que maintenant qu'il lui avait dit ne penser qu'à elle deux fois, elle ne pouvait plus écarter la possibilité d'un avenir avec lui aussi facilement. Elle se sentait flattée, certes mais beaucoup, beaucoup plus que ça.

ChatNoir l'avait adoré dès leurs premiers instants de combat ensemble. Pour lui, elle était sa Lady et il avait plus d'une fois risqué sa vie pour la protéger.

Et ce magnifique et galant spécimen masculin n'avait délaissé ses avances pour elle que pour son autre elle-même. Elle ne pouvait que se sentir choyée, adorée et aimée par tant d'attachement. Parce que non seulement, c'était la plus belle preuve d'amour qu'elle pouvait demander mais encore et encore, il la couvrait de dévotion et de témoignages d'amour chaque fois qu'il passait la nuit avec elle. Tout comme pour LadyFlamme lorsqu'ils portaient l'uniforme.

Si bien qu'il restait la possibilité que tout cela soit trop beau pour être vrai et qu'il ne soit pas sincère avec dans une de ses déclarations. Et que tout cela ne soit qu'une coïncidence ou dû à sa propre ouverture pour lui. Un peu comme Adrien qui se distrayait avec une fille pendant qu'il avait le béguin pour une autre. Et si ChatNoir ne faisait que l'utiliser? Bon, oui, ils s'utilisaient ensemble mais, et s'il se moquait d'elle dans son dos, la traitant de naïve?

Et la question demeurait : voudrait-il resté avec LadyFlamme s'il apprenait qu'elle était Marinette?

Et le dilemme persistait : Que faire de ses sentiments à elle pour Adrien? Son sentiment pour lui ne s'était jamais altérer malgré son attachement grandissant pour ChatNoir.

Au début des vacances du printemps, elle voyait ChatNoir comme son meilleur ami et s'était sentie très à l'aise avec l'idée d'avoir des rendez-vous avec lui puis, avec les avantages physiques qui s'en suivait. Mais, elle ne s'était jamais cachée devant lui de ses sentiments pour Adrien.

Au fond, le calcul était simple. Si rien ne changeait, il y aurait forcément quelqu'un de malheureux. Si elle était avec Adrien, ChatNoir serait seul parce qu'il ne serait pas avec LadyFlamme et si elle n'était pas avec Adrien, elle ne serait pas heureuse parce que ChatNoir ne voulait pas de Marinette à long terme, seulement temporairement.

Mais peut-être devait-elle considérer les choses d'une autre façon. Trois personnes dans ce triangle, donc trois points de vue. Elle devait aussi tenir compte des sentiments d'Adrien dans l'histoire.

Pour ce qu'elle en savait, Adrien avait probablement de l'attirance pour LadyFlamme. Du moins, il en avait éprouvé à un certain moment.

Pour ce qui était de ses sentiments envers sa personnalité de Marinette, elle n'avait aucune réponse définitive.

Plus d'une fois, il l'avait complimenté sur ses talents de dessinatrice et elle ne doutait absolument pas que si, un jour, elle voulait travailler avec lui comme elle en avait toujours rêvé, il sauterait avec empressement sur l'occasion s'il n'était pas dégoûté de la mode à ce moment-là.

Elle savait aussi que sa timidité, son bafouillage et sa maladresse ne le dérangeait pas vraiment. Qu'il l'acceptait tel qu'elle était avec ses défauts. Il lui avait assuré de si nombreuses fois qu'elle devait bien finir par le croire.

Mais, tout cela les conduisait vers l'amitié et non l'amour et la vie de couple.

Travailler ensemble n'était pas nécessairement une affaire de famille, mais bien souvent les affaires tout court. Et il l'acceptait oui, mais en tant qu'amie plus ou moins proche. L'accepterait-il encore si elle voulait se rapprocher davantage?

Si elle provoquait catastrophes sur catastrophes en préparant leur petit-déjeuner de couple, est-ce que sa maladresse ne finirait pas par le rebuter?

Il y avait aussi le fait qu'Adrien n'avait jamais fait d'avance à Marinette. Il ne l'avait jamais invité à sortir. Il cherchait rarement à être seul avec elle et sans compter qu'il avait déjà deux filles dans sa vie qui occupaient des rôles dont elle ignorait la définition mais qui était assurément plus important que celui qu'elle jouait dans sa vie.

Peut-être faisait-elle fausse route en continuant de rêver à un avenir avec lui?

Au fond, le problème de toute cette histoire, c'est qu'elle n'avait jamais demandé clairement à Adrien ce qu'il attendait d'elle. Il lui avait dit qu'elle était son amie. Et en regardant clairement leur relation actuelle, oui, présentement, elle était son amie. Mais espérait-il plus? Voudrait-il un jour plus d'elle?

Elle se disait qu'elle pouvait se donner une dernière chance avec Adrien avant de penser à changer ses plans d'avenir pour être avec ChatNoir et de trouver ce merveilleux compromis de vie auquel son félin rêvait. Elle devait au moins savoir si elle avait un espoir.

Si elle finissait par être capable de demander directement à Adrien s'il acceptait d'être en couple avec elle et qu'il disait non, qu'il ne pourrait jamais la voir de cette manière, alors, elle serait fixée et pourrait commencer à débarrasser son cœur de ses sentiments pour faire de la place à son chat.

Et si finalement, il n'y avait pas de compromit possible et que ChatNoir ne voulait toujours pas de Marinette en tant que seul et unique amour à cause de ses défauts, il y avait toujours Luka qui reviendrait peut-être vers elle en étant toujours disponible et plein d'autres garçons de par le monde qu'elle n'avait encore jamais rencontrés et qui ne seraient jamais aussi parfaits qu'Adrien et n'arriveraient jamais au niveau de ChatNoir mais qui voudraient peut-être d'elle une fois que sa carrière serait établie.

Elle avait tous les espoirs en main et il n'en tenait qu'à elle d'agir et de sortir de sa paralysie.

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Une heure plus tard, elle préparait un expresso et emballait un pain au lait dans la frénésie des matins à la boulangerie alors que l'autre caissière répondait au client suivant.

«Café noir avec feuille de menthe» lu une voix agréable dans son dos. Comme elle se retournait pour remettre sa commande au vieil homme pour qui elle l'avait préparée, elle aperçu Adrien devant le comptoir. «C'est formidable, qui a eu cette idée?» demandait-il à sa collègue.

Éva, un peu intimidée par sa beauté hors du commun, lui répondit en pointant Marinette du doigt et Adrien se tourna vers elle.

«Aaah… J'aurais dû m'en douter!» fit le grand blond aux yeux les plus brillants du monde.

Avec des mains tremblantes et une rougeur impossible à combattre, Marinette servit la cliente suivante. Heureusement, c'était une habituée qui prenait toujours la même chose parce que Marinette éprouvait des difficultés à réfléchir.

Éva et la cliente sentaient des palpitations et des vapeurs par la simple présence d'Adrien et eurent un peu pitié de la jeune Marinette parce qu'il fixait son regard intense directement sur elle. Il la contemplait avec tant d'émerveillement qu'elles se regardèrent en se demandant s'il y avait quelque chose entre eux. Lui la regardait avec envie et elle détournait le regard.

Adrien la contemplait sans détourner les yeux pendant qu'Éva cueillait des feuilles de menthe fraîches et les incisaient pour les ajouter à son café noir. Il la scrutait intensément et sans même se cacher comme s'il voulait mémoriser son apparence pour ne jamais l'oublier ou pouvoir la dessiner ensuite.

Marinette ne pouvait s'empêcher de s'examiner du bout des doigts pour voir s'il y avait quelque chose de déplacé sur elle et n'arrivait même pas à lever les yeux de ses mains. Même si elle sentait son regard brûlant sur elle, elle ne pouvait faire autrement que de l'ignorer pour ne pas finir en bouillie trop cuite sur le sol.

Elle ne réussit tout au plus qu'à bafouiller de vagues salutations pour la cliente juste avant qu'Éva n'en termine avec lui.

«À plus tard, Marinette.» salua bientôt chaleureusement l'étudiant en partant avec sa commande après avoir payé et remercié Éva comme s'il était si habitué aux comportements du genre qu'il ne voyait plus ce qui sortait de l'ordinaire autour de lui.

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Distraite, Marinette dû retourner deux fois à son vestiaire pour aller chercher des manuels oubliés avant de pouvoir partir en cours. Pensant être la dernière à quitter l'endroit, elle entendit cependant Max, un des élèves de sa classe avoir une conversation étrange avec son sac. Mais Max était un garçon plutôt étrange de toute façon.

Elle haussa les épaules et fila en classe pour arriver à temps.

Trois heures plus tard, elle se dit qu'elle aurait dû s'arrêter et étudier cette conversation en détail. Partout dans la ville, les machineries se rebellaient contre leurs propriétaires ou ceux qui les utilisaient tout cela parce que les professeurs avaient ignoré les sentiments de la petite Intelligence Artificielle que Max avait construite et que le Papillon avait décidé d'utiliser à son avantage.

Très inquiète, elle serrait les dents et fronçait les sourcils pour plusieurs raisons.

Bien sur, elle pourrait réparer tout ce que les appareils eux-mêmes cassaient mais elle ne pourrait rien contre les dommages infligés aux machines par les humains qui se défendaient contre elles. Et elle recevrait encore des reproches, tellement de reproches!

Elle entendait déjà toutes les plaintes qu'elle recevrait encore dans plusieurs mois de là.

Elle atterrie nerveusement près de ChatNoir. Il y avait une autre raison encore plus majeure qui lui causait de l'inquiétude.

Plus tôt dans la journée, alors qu'elle voyait les problèmes dans lesquels s'embourbaient Max et Markov, elle avait usé de tous ses charmes de bonne élève impliquée pour tentée d'éviter précisément la situation présente, se créant presque de nouveaux ennuis à l'école parce qu'elle ne voulait surtout pas que la situation actuelle se produise. Mais ce qu'elle avait intensément redouté était arrivé malgré tous ses efforts.

Parce que l'akumatisé n'était pas une personne humaine. C'était un robot.

Un robot sans peau avec laquelle entrer en contact pour voler ses pouvoirs.

Il n'y avait que le plus révolutionnaire des plastiques sur lui et certainement pas ce dont sa magie avait besoin pour opérer.

Ils localisèrent le minuscule être robotique au stade selon les dégâts rapportés dans les médias mais ne l'y virent pas tout de suite. Markov n'était qu'un minuscule robot perdu dans l'immensité du stade. C'est d'abord les machines qu'il contrôlait qui les attaquèrent.

Immédiatement, LadyFlamme commença à frapper les menaçantes voitures, arrachant des roues et perforant des moteurs d'un coup de point.

Elle était partout à la fois, combattant une dizaine d'ennemis dans un même combat avec sa force supérieure qui lui permettait de plier du métal comme du papier.

Cela faisait partie de son rôle, la force brute. Ce pourquoi son corps et ses pouvoirs étaient faits. Après plus d'un an à s'entraîner et à utiliser ses pouvoirs, le vol n'était plus une seconde nature pour elle. Il était sa base, son instinct aussi familier que la respiration.

Mais elle n'avait eu que peu d'occasion de prendre la véritable mesure de sa force, évitant en général de détruire du matériel sans raison et d'ainsi risquer de causer des accidents à la population omniprésente de Paris.

ChatNoir ne pouvait s'empêcher de l'admirer. Il s'occupait de protéger les civils avec sa grande dextérité et ses acrobaties souples, notamment une équipe de sport de sa propre école venue s'entraîner au stade pour la prochaine rencontre de foot avec un lycée rival.

C'était un spectacle rare que LadyFlamme donnant la pleine mesure de ses talents comme dans ce cas précis. Cette façon de se mouvoir dans l'espace, de se battre… Elle ne retenait aucun coup faisant face pour une fois à des opposants non-vivants.

Elle alliait les avantages du vol avec sa force surhumaine pour se battre avec une efficacité exceptionnelle mais également une grâce et une fluidité à couper le souffle.

Elle était aussi hypnotisante qu'une flamme. Elle bougeait aussi suffisamment rapidement pour que l'œil ait l'impression qu'elle brillait de la même façon.

Quelle évolution entre la jeune fille qui était tombée sur lui et celle qui dansait, avec aisance, les mouvements du combat.

Les derniers civils évacués en sécurité sans blessure grâce à sa vigilance, sa vitesse et son agilité, il retourna sur la pelouse du stade pour se battre à ses côtés.

Elle avait beau avoir l'équivalent d'une casse-auto autour d'elle, les machineries continuaient d'arriver depuis les tunnels entrant dans le stade.

Mais ce rude combat de chocs n'était pas la force de ChatNoir et il ne pouvait faire que peu de chose pour aider sa partenaire, sinon se concentrer sur la recherche de l'akumatisé en rebondissant d'un assaillant à un autre.

Il était plus fort qu'un humain, savait se faufiler sans qu'aucune barrière ne lui résiste, pouvait distraire l'être pensant le plus sérieux et blasé, savait se mouvoir entre les obstacles avec l'agilité d'un chat mais démolir un camion anti-incendie qui avait décidé de le mettre hors jeu était une autre histoire. Il suffit qu'une new beatle réussisse à l'immobiliser contre le moteur du camion pour qu'il ne puisse plus bouger, menacé d'être brisé en deux.

Devait-il utiliser son pouvoir immédiatement?, hésita-t-il une seconde.

«Stop» fit une voix venant d'un haut-parleur installé sur un robot gigantesque composé de plusieurs véhicules. Dans la cabine de la machinerie de construction constituant sa poitrine, on pouvait voir Max et un petit être flottant près de lui.

La voix n'était pas celle de Max. Elle était beaucoup plus artificielle. «Vous êtes coincés LadyFlamme et ChatNoir. Rendez-vous!»

ChatNoir était effectivement coincé entre deux véhicules et LadyFlamme était dans l'impossibilité de se défendre pressée au sol comme elle l'était par la voiture servant de pied au robot géant.

«Pourquoi fais-tu ça, Markov?» entendirent-ils par le micro du haut-parleur. «LadyFlamme et ChatNoir ne t'ont rien fait de mal.» questionna l'étudiant dans la cabine à ses côtés.

«Avec les miraculous, je pourrai accomplir mon souhait. Je deviendrai réel et vivant comme toi. Et on sera toujours ensemble.» lui répondit la petite intelligence artificielle plus ou moins bien contrôlée par le Papillon.

«Qu'est-ce que c'est que cette histoire de souhait?» demanda LadyFlamme à moitié pour elle-même.

«C'est pas le Papillon qui veut les miraculous normalement?» se surprit également ChatNoir en cherchant son regard tout en essayant de pousser la Volkswagen loin de lui.

Les lances à incendies du camion s'enroulèrent autour de ses poignets et de ses chevilles. L'air dans ses poumons sortie en cri étranglé lorsqu'il se retrouva écartelé par des liens sur l'avant du camions de pompier comme s'il était un trophée de chasse.

De minuscules robots s'avancèrent vers sa bague pour la lui prendre. Grognant et s'étouffant sous la douleur, il referma le point pour garder sa bague. La panique commença à se frayer un chemin en lui à la même vitesse que les minuscules robots approchaient de lui.

Il entendit alors les grincements de tôle froissée et LadyFlamme grogna sous l'effort : «Personne, ne touche, à mon chat!» déclara-t-elle bien haut.

ChatNoir fut ébahie en tournant le regard. LadyFlamme avait réussit à ramener ses bras sous elle et malgré le poids gigantesque des lourds camions et voitures qui reposait sur ses épaules, elle se souleva sur les genoux et se dégagea.

ChatNoir avala de travers. LadyFlamme venait de démontrer trois fois sa force habituelle. Et elle était plus furieuse qu'il ne l'avait jamais vu.

S'élançant comme une furie, elle le libéra puis détruisit méticuleusement le robot gigantesque. Morceau par morceau.

Malgré cela, d'autres robots s'avançaient déjà pour reprendre le contrôle de ChatNoir. LadyFlamme, maintenant attaquée par des hélicoptères allait également recommencer à être en mauvaise posture.

Utilisant son bâton pour sauter d'un côté à l'autre, il évita chacun des robots avec une toute nouvelle aisance. D'une roulade sur le dos d'une machinerie d'entretien, il coinça son bâton entre deux voitures et fit une vrille autour sur une seule main mais avec une vitesse qui le surpris lui-même.

Les appareils électroniques, toujours de plus en plus nombreux et variés le visaient de plus en plus pendant que le robot géant dirigé par Robostus gardait LadyFlamme occupée.

Profitant de cette vitesse qu'il ne soupçonnait pas en lui, il sauta dans l'espace à une vitesse difficile à voir pour l'œil humain et beaucoup trop rapide pour les mouvements des appareils.

Malgré cela, le nombre d'objets au service de cet akumatisé était sans limites. Heureusement, Max atteint l'interrupteur qui immobilisait son ami et pu l'amener à LadyFlamme qui avait une minute de répit dans ses combats grâce aux efforts de ChatNoir qui la couvrait des attaques des autres adversaires.

Elle libéra l'akuma de l'intelligence artificielle et retirant son gant, le toucha directement le Papillon du doigt. L'insecte redevint immaculé et s'envola dans les cieux.

«Bien joués!» s'écrièrent les héros d'une même voix avant de remercier chaleureusement l'inventeur du robot.

Maintenant en possession des pouvoirs de Robostus, LadyFlamme fit agir son contrôle sur les mécanismes électroniques dans l'intention de réparer les dégâts du mieux qu'elle pu.

Mais les héros furent étonnés de la quantité de chose qui se répara. Tous ce qu'ils avaient eux-mêmes brisés fut réparé bien sûr, mais aussi la plupart de ce que les gens avait détruit. Comme ce lanceur de balle que l'équipe de foot avait brisée avant leur arrivée.

Ébahis et médusés, ChatNoir et LadyFlamme se regardèrent sans comprendre avant d'hausser les épaules. Peu importe pourquoi les pouvoirs avaient agit de la sorte, ils n'allaient pas sans plaindre.

«Bon, c'est pas tout ça, mais j'ai du travail qui m'attends.» annonça la première l'héroïne.

«Attends, ma Lady.» la retint ChatNoir comme bien souvent.

Et comme toujours, elle se retourna vers lui se préparant mentalement et émotivement à devoir le repousser une nouvelle fois. Malgré leur relation secrète, il n'avait pas cessé de lui faire du charme.

«Tu ne crois pas qu'on devrait s'occuper de cette histoire de vœu. C'est le premier indice qu'on a sur la quête du Papillon.» lui répondit-il par contre.

«Oui, tu as surement raison.» fit pensivement LadyFlamme un doigt sur le menton. «Je vais vérifier quelque chose et je te rappelle d'ici une heure. Ça te va?»

ChatNoir, surpris que sa partenaire considère pour la première fois son idée aussi sérieusement, bafouilla son accord.

En atterrissant dans une ruelle d'un quartier tranquille et très résidentiel de Paris, LadyFlamme remarqua alors que ses miraculous n'avaient pas lancé d'avertissement ou bien, peut-être ne les avait-elle pas remarqués.

000

Adrien fila ensuite en vitesse pour son rendez-vous chez le nutritionniste. Il avait du retard mais comme toujours, mit la faute sur les alertes akumas qui retardaient la circulation. La ville était remplit de ferrailles inanimés qui se rebellaient quelques minutes plus tôt contre leur utilisateurs réguliers.

Mais le pire était bien sûr le stade des princesses qu'il venait de quitter. À coup sur, LadyFlamme passerait surement une partie de la nuit à charger les débris dans des camions. Comme toujours, il essaierait d'aller aider même s'il ne pouvait apporter qu'une aide limitée. Peut-être pourrait-il se rendre un peu utile en utilisant ses pouvoirs sur un ou deux gros morceaux trop imposants pour être déplacés?

LadyFlamme était si formidable. Elle était la tête pensante de leur duo, la plus forte aussi. Lui n'était là que pour nuire et détruire. Elle avait peut-être eu davantage besoin de lui durant leurs premiers combats mais elle avait apprit si vite qu'ils étaient maintenant d'égal à égal. Et comme lui ne progressait pas, il serait rapidement dépassé.

Il aurait bien aimé devenir meilleur, se concentré sur ses pouvoirs et développer des stratégies de combats qui les exploiteraient mieux. Mais, sa tête était quotidiennement remplie de tant d'information et de soucis que bien souvent, il n'arrivait même plus à penser.

Sauf avec Marinette. Avec elle, il oubliait tout le reste et pouvait penser clairement. Aux côtés de LadyFlamme dans le combats, il ne pouvait toujours pas réfléchir mais au moins son instinct prenait-il le dessus et lui permettait de s'en sortir.

Tout à ses préoccupations, il ne porta qu'un intérêt poli au spécialiste des régimes des stars qui passa les vingt minutes à observer son rythme cardiaque sur l'écran du tapis roulant où il le faisait courir en fronçant les sourcils. Il observait son dossier et ses questionnaires dûment remplis par Nathalie en restant toujours aussi perplexe.

«On va essayer un autre dosage.» finit-il par conclure en arrivant au bout de ses hypothèses avec un haussement d'épaule.

Lui ne voyait pas où était le problème, il avait déjà perdu un peu de poids en très peu de temps. Il était pour dire que sa routine quotidienne fonctionnait.

Adrien hocha simplement la tête au commentaire du spécialiste et se dépêcha de rejoindre son garde du corps à l'extérieur pour que celui-ci le ramène au manoir et qu'il puisse s'esquiver par sa fenêtre.

Il ne se souciait pas vraiment de ce traitement. Il se trouvait déjà beaucoup trop maigre pour espérer que ces médicaments fonctionnent mais puisqu'il n'y avait pas d'effets secondaires désagréables, il les prenait sagement.

000

Le message que LadyFlamme lui avait envoyé était un point de rendez-vous où il la retrouva rapidement en s'excusant de son retard. «J'en ai profité pour faire acte de présence. Je vais avoir presque toute ma soirée de libre.» expliqua-t-il pensant au travail qui les attendait.

Les appareils étaient peut-être reconstruits mais la ville était toujours envahie d'objets qui ne se trouvaient pas à leur vraie place.

«Ah oui?» répondit simplement LadyFlamme avec une rougeur incongrue sur les joues.

ChatNoir ne prit pas la peine de la questionner, lorsqu'il s'agissait de ne pas répondre à une question, sa Lady était la championne incontestée.

«Viens, hum, euh, suis-moi. J'ai, euh, il y a quelqu'un que je veux te présenter. Il s'agit d'un vieil homme qui a porté le miraculous de la tortue presque toute sa vie. S'il y a quelqu'un qui peut nous en dire plus sur cette histoire, c'est bien lui. Mais il n'a pas non plus toutes les réponses.»

Les héros plongèrent dans une arrière-cour fermée entourée de commerces et de blocs appartements. Elle ouvrit la porte arrière d'un restaurant qui était restée bloquée entrouverte par une brique.

Dans l'arrière-boutique qui semblait appartenir à un comptoir de nouille, les attendait un très vieux et très petit homme avec des traits chinois et une chemise hawaïenne.

«ChatNoir je te présente le vénérable Fu. Il… c'est lui qui nous a choisit comme porteur.»

«Vraiment?» s'étonna ChatNoir «Alors, ma question est simple. Que saviez-vous exactement de mon passé lorsque vous m'avez choisit?»

«Rien du tout, jeune homme. Ce n'est pas votre passé qui m'intéressait mais votre morale. Avant de vous confier les miraculous de la création et de la destruction, je me suis simplement assuré que de si terribles forces soient entre bonnes mains. Je voulais uniquement découvrir si les cœurs de vrais héros battaient en vous. LadyFlamme n'a pas hésitez à mettre sa vie en péril pour sauvez la mienne tandis que toi, ChatNoir, tu étais prêt à sacrifier le peu de liberté qu'il te restait encore.»

«Vous avez risqué la vie de ma Lady pour avoir votre réponse?» s'épouvanta-t-il.

«Il ne s'agissait pas d'un danger réel.» rassura le vieux sage. «Un autre pouvoir était en place pour intervenir en cas de problème.»

«C'est tout de même un test bien peu représentatif. Il ne vous a rien apprit de nos capacités.» se referma ChatNoir en songeant à tout ce qu'il ne pouvait pas faire.

«Pourtant, je crois que je n'aurais pas pu mieux choisir.» reprit le vieux sage avec tout le calme du monde. «Vous avez relevé chacun des défis qui se sont présentés devant vous et par-dessus tout, vous avez répondu à mon espérance première. Vous portez les deux pouvoirs les plus puissants qui soient. Avec eux, la vie et la mort sont entre vos mains. ChatNoir, tu possèdes une rare sagesse qui te permet de retenir ta main et savoir quand ne pas utiliser tes pouvoirs. Je dois dire que tu fais un travail remarquable, je suis vraiment admiratif. Nombreux sont tes prédécesseurs qui ont commis une bien plus grande quantité de fautes que toi.»

«Vénérable» relança LadyFlamme. «l'akumatisé que nous avons affronté aujourd'hui a révélé que le Papillon voulait nos miraculous pour obtenir un vœu.»

«C'était à prévoir. Qu'il ne recherche qu'à faire un vœu pour une question personnelle peu sembler moins effrayant que de vouloir vos si puissants miraculous pour façonner le monde avec la création et la destruction mais si l'ancienne légende est vraie, cela peu se révéler aussi terrible. On raconte que celui qui contrôle à la fois le miraculous de la création et celui de la destruction verra son vœu se réaliser et ceci quel qu'il soit.»

«Mais, c'est génial! On pourrait s'en servir pour le trouver lui et l'arrêter!» s'enthousiasma LadyFlamme.

«Pourquoi on ne peut pas s'en servir tout le temps pour en faire plus pour protéger la terre? Il y a une attrape n'est-ce pas?» demanda plus directement ChatNoir qui sentait que si cela n'avait pas été fait avant, c'était qu'il y avait une raison.

«On ne peut pas.» expliqua doucement et tristement le vieux sage. «Parce que tout vœu à son prix. L'Univers garde toujours son équilibre. Pour chaque action contre nature, il y a une réaction qui se produit. Si ce petit être artificiel avait vu son vœu exhaussé, quelqu'un d'autre aurait perdu son humanité en échange.»

ChatNoir restait silencieux. Quelque chose l'intriguait dans la manière dont le vieil homme avait parlé du pouvoir. Ces paroles qui pouvaient sembler vagues, il se demandait si en fait, elles ne cachaient pas une autre signification plus précise. Il aurait souhaité en apprendre plus.

«Vénérable» commença plus doucement LadyFlamme. «Nos pouvoirs se sont comportés bizarrement aujourd'hui. C'était… différents.»

«Oui, je ne pensais pas que je pouvais atteindre cette vitesse…» rajouta ChatNoir.

«Moi, je t'ai déjà vu faire…» fit LadyFlamme avec un sourire taquin. Il y a avait des passages de leurs combats dont elle se rappelait et pas lui.

«L'explication est bien simple.» répondit le petit sage. «Vos pouvoirs ont évolués parce que vous avez effectué votre passage à l'âge adulte.»

Les deux jeunes héros piquèrent un fard monumental de savoir que leur nouvelle activité physique pouvait se voir exposée si facilement. La panique les envahie et leur regard se tournaient simultanément vers l'autre mais avec une lenteur toute en crainte.

«Nul besoin d'être embarrassé. Je n'entends pas par là que vous ayez effectué un rite spécifique sans vous en rendre compte. Le changement s'est produit dans la vision que vous avez de vous-mêmes. Vous vous considérez désormais adultes, avec la maturité et la responsabilité que cela entraine. Vos pouvoirs ce sont développer en conséquences.»

Les jeunes héros remercièrent leur collège et le quittèrent pour retourner jouer des muscles dans les rues parisiennes.

L'esprit d'Adrien ne quitta pas le sujet de ce vœu, ça ne pouvait pas être aussi simple. Le plus grand pouvoir de l'humanité, plus grand que la vie et la mort séparément, et il suffisait de faire un simple vœu les deux miraculous en main pour l'activer?

Ça ne collait pas.

Rentrant chez lui, il visionna des vidéos bien spécifiques pour ce rafraîchir la mémoire. Cette histoire de vœu, d'échanger une vie pour une vie, lui en rappelait une autre, celle d'une offrande faite à un dieu.