Recherchant toujours le détail qui le perturbait dans les paroles du sage, Adrien se leva deux semaines plus tard un peu étourdit. Bien que ce soit un vendredi matin, il n'était pas allé chez Marinette depuis deux nuits. La première à cause d'une alerte akuma et la seconde parce qu'il avait essayé de prendre du repos. Il avait tout de même l'intention de la rejoindre ce soir-là peu importe comment la journée se déroulerait.

Il s'était couché tôt la veille dans le but d'être au mieux de sa forme. Il avait un défilé de mode en soirée. Rien de bien prestigieux ou épuisant, il avait connu pire mais il voulait présenter un visage reposé, espérant que son père soit satisfait et qu'il le lâche un peu. Peine perdue, il semblait à Adrien que son corps avait accumulé de la fatigue et qu'il avait subitement décidé de se reposer.

Le petit-déjeuner (qui aurait tenu dans une tasse de thé, franchement) avait un peu aidé mais, les étourdissements le reprirent lorsqu'il sortie de la voiture pour gravir les marches de l'école. Son garde du corps qui venait d'être akumatisé se portait mieux que lui-même.

Il fit son possible pour faire bonne figure en public comme l'exigeait son père mais il suffit de la bousculade de ses fans et de quelques flashs d'appareil-photo pour l'aveugler facilement.

Adrien entra en classe, salua Nino et répondit sobrement à l'enthousiasme de Chloé avant de s'asseoir à sa place et d'ouvrir sa tablette à la leçon du jour. Il fit semblant de s'y concentrer mais les mots de Fu concernant les miraculous revinrent le hanter jusqu'à ce qu'un grand gobelet de boisson chaude se place discrètement devant lui.

Les arômes de café et de menthe infusée flottèrent jusqu'à lui et il se tourna vers Marinette qui distribuait leur commande habituelle au reste de ses amis. Ils lui disaient à peine merci distraitement, mais, pour lui, s'était comme si le soleil venait de se lever.

Lorsqu'elle revint à sa place, il prit le gobelet et la questionna du regard en levant un sourcil. Il ne lui avait rien réclamé et c'était la première fois qu'elle lui apportait du café comme aux autres.

Pourtant, c'était à peine s'ils se parlaient à l'école. Ils avaient partagés des banquettes voisines dans la plupart des cours pendant plus d'un an, fréquentaient les mêmes personnes, participaient aux mêmes discutions mais ne se parlaient que rarement directement.

Ce n'était pas qu'ils se comportaient comme des étrangers, c'était simplement qu'elle le gardait toujours autant à distance. Il avait bien essayé pendant très longtemps de lui tendre la main et de se rapprocher d'elle mais peine perdue, sa timidité envers lui ne s'était pas résorbée. Et un jour, il avait arrêté d'essayer de devenir son ami de cette façon.

Bien sûr, maintenant il était son amant secret mais il était pratiquement certain qu'elle n'avait aucun soupçon sur le sujet.

Elle avait dû prendre pour acquis qu'il avait aimé le café qu'il avait acheté quelques jours auparavant et lui en apporter un. Donc, elle avait noté ce qu'il avait choisit.

Avait-elle toujours de l'adoration pour lui malgré le fait que ChatNoir ait envahie ses nuits? Avec un petit amusement intérieur, il se dit que s'il n'était pas la même personne, il aurait pu se sentir jaloux. Il ressentait tout de même une subtile vexation parce qu'elle ne retournait pas aussi facilement ses sentiments à ChatNoir.

Bien qu'elle se donne à lui, qu'elle l'accueille toujours avec ses pâtisseries préférées du moment, qu'elle ait même suivit le mouvement lorsqu'il lui avait dit préférer des mets plus santé, elle ne lui avait jamais ouvertement déclaré qu'elle avait des sentiments pour lui. Il restait dans le vague quand à ce qu'elle ressentait pour l'une ou l'autre de ses identités. Ses seuls indices étaient les suppositions indirectes qu'il avait faite en écoutant sa respiration, en observant la brillance de ses yeux et la rougeur de ses joues.

La douce, timide et serviable jeune fille qu'elle était lorsqu'elle était à l'école sortie avec des gestes gracieux et efficaces ses effets scolaires en souriant de malaise et en rougissant parce qu'il la regardait toujours.

En fixant ses mains et en se rappelant ce qu'elle lui avait fait quelques nuits plus tôt, il sentie ses jambes devenir molles et par contraste devint plus conscient d'une autre partie de son corps, heureusement qu'il était assis.

Son cœur battait la chamade et une nouvelle fois, il réalisa qu'il l'adorait littéralement. Retenant un soupir, il s'imagina l'embrasser dans une multitude de position que leur permettraient tous les meubles et les surfaces de cette classe.

Ayant passé la plus grande partie de son enfance en solitaire et par contraste, sous l'œil rigoureux de ses parents, la pudeur et la bonne tenue chez lui étaient quelque chose qu'il faisait par devoir et non parce qu'il en avait envie.

S'il avait succombé à ses envies, il l'aurait immédiatement serrée contre lui pour lui souffler à l'oreille à quel point il l'adorait littéralement et combien elle rendait chaque jour sa vie plus supportable.

Il n'aurait pas osé passer à l'action et l'avouer pour vrai devant tout le monde par contre. Trop de problèmes l'empêchaient de se déclarer de cette façon. Entre eux, c'était mieux si tout restait une relation clandestine cachée au cœur de la nuit. Ce n'était pourtant rien de honteux. Il n'y avait pas que le sexe entre eux. Ils étaient aussi amis, confidents, réconfort, tendresse, folie et c'était ce qui était encore plus précieux à ses yeux.

La seule présence de Marinette entre ses bras lui apportait quelque chose d'irremplaçable. Et il espérait lui apporter quelque chose en retour et ne pas être qu'un parasite. Mais pour l'instant, ce qu'ils avaient c'était le meilleur, s'ils s'aimaient à la vue de tous, ce serait le pire. Et Adrien ne voulait pas lui imposer une telle chose.

Elle ne répondit rien à sa question muette hormis son sourire affreusement timide et il prit sur lui de la remercier tout de même. «Merci pour ça. Comment as-tu su que j'en avais besoin, ce matin?»

«J'avais- juste la sensation- que peut-être, il était possible- qu'il puisse arriver que tu en aurais besoin. M-M-Mais, je sais que tu as un défilé ce soir alors, surtout, ne t'en veux pas si tu n'en veux pas.»

«Marie» fit-il en secouant la tête et en employant le surnom que ses amis lui donnaient «Si tu n'existais pas, faudrait t'inventer!»

La jeune fille devint plus rouge qu'un camion de pompier et bafouilla adorablement d'une voix très basse : «Merci, c'est gentil.»

Alya et Nino ne disaient rien. Ils écoutaient ce drôle d'échange entre leurs meilleurs amis respectifs. Alya connaissait les effets dévastateurs qu'Adrien avait toujours sur Marinette même si maintenant, il s'agissait d'admiration à distance plutôt que d'un désir de rapprochement.

Nino n'avait jamais vu son pote avec les yeux aussi brillants pour une fille. C'était quoi ça? De l'amour dans les pupilles de Monsieur Plus-rien-ne-peut-me-surprendre-en-ce-bas-monde?

Le reste de la classe chahutait doucement. Le cours aurait déjà du commencer mais Chloé discutait sur l'avant avec la professeure qui l'écoutait avec une patience angélique.

«Non, ce n'est pas gentil.» répondit Adrien «Je suis très sincère. Je trouve que tu es une fille formidable. La vraie héroïne de notre quotidien. Partout où tu passes, tu fais naître la joie autour de toi.»

Involontairement, il jeta un coup d'œil vers le haut de la classe. Durant les jours précédents, le scandale avait éclaté puis disparu sous la forme d'un fait divers nourrissant les conversations, lorsque toute la bonne société avait apprit que Nathaniel avait laissé Marinette pour sortir avec un garçon. Et lorsqu'on avait apprit que c'était Marinette qui les avait poussé l'un vers l'autre durant de longs mois, Madame Kurtzberg avait foncé à la boulangerie.

Finalement, l'arrivée de Nathaniel et de son nouveau copain avait calmé la dame qui avait quitté l'endroit en s'excusant auprès de Marinette pour son éclat.

Et déjà, quelques jours ensuite seulement, le rouquin souriait, radieux, en discutant avec Alix comme si tout allait merveilleusement dans sa vie.

«Tu illumines tant de l'intérieur qu'un jour tout le monde dira que tu es la plus magnifique femme du monde.»

Marinette rougit encore plus, si c'était possible. Parce que certain le disait déjà à cause de ses exploits d'héroïne, mais c'était bien la première fois que quelqu'un le disait d'elle-même, Marinette et en plus cela venait du seul et unique Adrien!

«Calmos, vieux! C'est juste un café!» plaisanta Nino.

Mais un cri déchira l'air dans le dos d'Adrien et blessa ses oreilles: «QUOI!?» tempêta Chloé. «D'abord tu refuses mon invitation pour le cocktail de ce soir, ensuite tu fais des compliments à ça?»

«D'abord» commença patiemment Adrien en se retournant. «Mon père m'a demandé d'escorter Azur Bredoc, une mannequin suisse, ce soir. Ensuite, j'ai simplement été honnête avec Marinette sur ce que je pensais d'elle. Ce n'était pas de vaines flatteries sans fondements. Je déteste faire ce genre de charme calculateur, je ne le fais que lorsque j'y suis forcé.»

Il eut tout à coup un doute. Avait-il dévoilé trop de ses sentiments pour sa douce devant la classe? Risquait-elle des représailles?

«Ce n'est pas parce que ce loser s'est débarrassé de ses déchets que tu dois aller y fouiller. Il n'y a plus rien de propre entre ses cuisses!» clama la blonde hautaine en pointant Nathaniel puis Marinette d'un index malpoli provoquant la consternation de la classe.

Quelque chose se rompit dans la tête d'Adrien. Il fut aveuglé par une lumière blanche. Dans un même temps, son corps sauta sur ses pieds par réflexe pour défendre sa petite amie avant même qu'il n'y pense. Mais une fois à côté de sa table, prêt à dire ses quatre vérités à Chloé, il se sentit tout à coup très mal.

Et alors, la pièce se mit à tourner et il perdit toutes notions de haut et de bas. Une très forte nausée le prit. Les jambes faibles, il retomba sur son banc les coudes appuyés sur ses cuisses.

«Hé, ça va mon pote? T'es tout pâle!» s'inquiéta Nino.

Il sentie Alya et Marinette bouger vers lui, mais Chloé s'éloigna à sa place, le fuyant comme la peste.

Marinette s'agenouilla devant lui et il fixa son regard sur une seule de ses mèches de cheveu sur son front. Lentement sa vision redevint normale et son malaise passa le laissant faible comme un chiffon.

«Voulez-vous aller à l'infirmerie, Adrien?» demanda respectueusement l'enseignante.

Déjà, la nausée refluait mais Adrien luttait pour rester conscient. «Non. Ça va passer, Madame.» répondit-il.

'Ça doit passer' «Bon sang, qu'est-ce qui m'arrive?» marmonna-t-il. Il devait se ressaisir avant la prochaine alerte akuma.

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À la pause du matin, il se transforma et malgré la bizarrerie du geste, entra dans une superette pour y acheter des barres énergie protéinées. On le prit bien sûr en photo mais il en aurait été de même pour sa personnalité d'Adrien.

Ses fans étaient partout. De plus, si son père venait à savoir qu'il trichait son régime, le jour même d'un défilé, il demanderait à son nutritionniste de sévir encore.

Il se nourrissait déjà de nutriments si dépourvu de matières naturelles qu'il enviait les festins de nourritures déshydratée des astronautes.

Caché dans le coin désert d'un couloir de l'école, il se dépêcha d'engloutir en cachette son butin ne pouvant s'empêcher de comparer son ancienne vie à la nouvelle. Il était toujours dans la jungle, toujours en infiltration. Mais cette fois, l'ennemi contrôlait sa propre base.

Bon sang, il avait réussit à infiltrer le pentagone pour replacer les données qui avaient été volées sur des tests de résistance d'un système de recyclage de l'oxygène pour les sous-marins et aujourd'hui, il en serait bientôt réduit à mendier de la nourriture chez les marchands pour être capable de mettre un pied devant l'autre sur un tapis rouge!

Se débarrassant discrètement des emballages, il espéra simplement qu'il ne s'agissait pas d'un virus.

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Habillé, maquillé, coiffé, Adrien se tenait en bout de rampe prêt à monter sur la scène pour le défilé. Il inspira longuement et se secoua mentalement pour reprendre ses esprits. Il s'était sentit vaseux toute la journée, mais ne pouvait pas ralentir. Il avait un planning, des obligations, ses cours, son devoir de héros qui l'obligeait à rester alerte mais au fond, tout ce qu'il voulait était d'aller se rouler dans le lit de Marinette pour manger de la tarte aux œufs avec elle.

Il était rare qu'il ne se sente pas bien mais il était surprit de souhaiter être avec Marinette. Habituellement, lorsqu'il ne se sentait pas bien, il rêvait plutôt que LadyFlamme le sers chaleureusement contre elle et joue dans ses cheveux… toute chose que Marinette accepterait probablement de faire pour lui maintenant.

Mais sa résolution n'en demeurait pas moindre. LadyFlamme était pour lui la femme idéale. Ils étaient faits l'un pour l'autre. Avec une partenaire comme elle, il était capable d'être un héros.

Adrien s'en voulait d'être si faible mais il avait essayé et le travail en solo, ce n'était pas pour lui. Et Marinette était fantastique. Elle était créative, observatrice, sensible et intelligente mais ce n'était pas une fille de terrain. Elle ferait par contre une redoutable pourvoyeuse de matériel et de gadgets si le domaine de l'espionnage l'intéressait. Elle pouvait imaginer et réaliser n'importe quoi!

Un instant, il se prit à rêver de reprendre son ancienne vie avec Marinette, son amante, à l'abri dans son atelier. Sa Lady à ses côtés sur le terrain, montant à l'assaut de la forteresse d'un terroriste et, pourquoi pas, sa mère de retour, pour les guider. On a bien le droit de rêver, non?

Euh, non, apparemment pas. Adrien fut ramené à la réalité par le régisseur du défilé qui claqua des mains à deux centimètres de son visage pour le réveillé et lui indiqua sévèrement la passerelle.

Adrien se recomposa une attitude et en un instant, franchi la sortie des coulisses.

Une heure plus tard, Adrien allait à peu près bien et se demandait avec embarra s'il n'avait pas eu un malaise nerveux comme une crise d'angoisse ou une montée de stress pour ce simple défilé.

Il serait alors tombé bien bas!

Il rejoint Azur dans les coulisses et ensemble, ils sortirent parmi la foule dont plusieurs fans qui les attendaient. Ils devaient les traverser gracieusement et aimablement pour rejoindre les journalistes qui les attendaient un peu plus loin pour une entrevue avant de se rendre au carré VIP et de se mêler à la foule d'invités prestigieux.

Derrière les jeunes filles rougissantes habillées de vêtements dispendieux, il aperçut Marinette qui se tenait calmement en retrait de la masse grouillante qui louangeait Azur.

Il décrocha un sourire sincère à la jeune femme agréablement surpris de sa présence. Voir Marinette était toujours agréable même lorsqu'il n'était qu'Adrien et pas son petit ami qui avait le droit de l'embrasser.

Elle lui adressa un petit signe de la main pour le saluer avant de se détourner pour partir. Elle avait dû venir voir le défilé en fervente adepte de la mode qu'elle était et avoir attendu poliment de pouvoir le saluer avant de partir mais abandonner devant la folie des admiratrices.

Tout à coup, alors qu'il fixait… sa coiffure, Adrien sentit quelque chose bouger dans son estomac et un étourdissement fulgurant lui monta à la tête avec une bonne dose de bile qui se fraya un chemin vers sa gorge.

Il sentit son cœur battre dans ses oreilles et eu un instant de panique. Il était seul à ce défilé. Son chauffeur attendait probablement dans la voiture pour le ramener mais Adrien doutait que sa main tremblante arrive à composer un message.

Il ne pouvait pas compter sur Azur pour s'occuper de lui s'il tombait inconscient. Et quel scandale (impardonnable selon son père) cela ferait s'il vomissait devant les fans. Il était seul au milieu de cette foule avide de posséder un morceau de lui ou de lui voler un baiser, voir plus.

Et si l'une d'elle décidait de garder son miraculous en souvenir? Chloé en serait capable et ces filles étaient du même genre qu'elle.

Luttant contre son malaise, il appela la seule personne qu'il voulait près de lui à ce moment, redoublant d'effort pour se faire entendre au dessus de la foule qui s'inquiétait déjà de son état : «Princesse» cria-t-il.

Il avait voulu l'appeler Marinette pour qu'elle se reconnaisse. Au mieux, en l'appelant de cette façon, elle chercherait ChatNoir du regard. Mais, il avait si peur de lâcher prise qu'il avait prit le mauvais surnom par réflexe. Dans la classe, il avait l'habitude de faire attention à ses paroles. En cet instant précis, il n'en avait aucune envie.

Appuyant ses paumes sur ses genoux dans une faible tentative de rester debout, il observa les jeunes filles qui se rapprocher encore de lui si c'était possible au travers d'une série de points noirs qui apparaissaient devant son regard. Il avait trop chaud.

Il se sentait étouffé par toutes ces présences désagréables et parfumées autour de lui et pensait qu'il n'allait pas tarder à perdre connaissance. «Mari!» appela-t-il encore dans une tentative désespérée. Sa peur panique de se sentir coincé dans un endroit trop petit se réveillait doucement.

«Je suis là!» l'assura une voix merveilleuse sur sa droite.

Elle jouait des coudes et se glissait sous son épaule, son autre bras le ramenant solidement contre elle.

«Hey! De quel droit tu partirais avec mon Adrien, toi?» fit une voix inconnue et plaignarde.

«Pardonnez-nous, mademoiselle. Mais Monsieur Agreste à eu une dure journée. Donc, sauf si vous préférez qu'il tâche votre tenue Chenal, je vous prierais de me laisser l'escorter à l'infirmerie.» lui rétorqua Marinette avec aplomb et professionnalisme.

Les autres filles n'insistèrent plus vraiment et Marinette le transporta vers il ne savait où. Toute sa concentration allait vers ses jambes qu'il s'efforçait de garder droites pour lui imposer le moins possible du poids de son grand corps. Il devait faire une tête de plus qu'elle.

Après avoir franchi une porte, elle l'aida à atteindre le sol. Il se sentait tout cotonneux et ne voulait que trouver un endroit moins chaud pour y dormir longtemps.

Marinette tira sur ses bras pour le redresser et ils enlevèrent son veston. Elle détacha le col de sa chemise et sa cravate et il l'entendit ensuite au travers d'un brouillard qui parlait à quelqu'un.

Elle l'aida à boire un peu d'eau et le fit redescendre sur le sol. Il sentit ensuite de l'eau sur son front et ses cheveux. Sa main parcouru les mèches et il émit un lourd soupir de bien-être. Sa mâchoire était aussi lourde que le reste de son corps et il ne pensait pas pouvoir parler normalement.

Il sentait le sol sous ses membres mais en même temps, il avait l'impression de flotter et le bout de ses doigts le démangeait.

Marinette se mit à lui poser des questions. Sa voix lui paraissait lointaine mais il sentait son souffle sur son oreille. Avait-il pris des coups à la tête, au dos? Pas depuis la dernière fois où son feu magique l'avait guéri. Bien sur, il ne fit que répondre non en secouant la tête.

Marinette défila ainsi toute une série de question qu'il reconnu comme celles que les premiers répondants posaient en cas d'urgence médicale. Il trouva la main de la jeune femme pour la rassurer. Il ne voulait pas qu'elle panique. Mais la Marinette qui était avec lui, n'était pas la douce demoiselle de bonne société. C'était celle qui tenait la dragée haute à ChatNoir et qui le surprenait bien souvent par sa force.

Finalement, au milieu de toutes ces questions de routines concernant des causes probables de malaise auquel il répondait machinalement par oui ou non, il se rétracta lorsqu'une idée lui traversa l'esprit.

«En fait, oui, je prends bien des médicaments. Et si… je suis peut-être allergique?» Il se sentait… oppressé après tout.

Juste au mauvais moment, des cris provenant du grand hall leur parvinrent, signalant la présence d'un akuma.

Adrien tenta de se relever mais il ne sentait plus ni ses pieds, ni ses mains et son estomac faisait toujours des siennes. Il devait au moins réussir à se lever pour se faire vomir et sortir cette bile empoisonnée de son système.

«ADRIEN! OÙ EST MON ADRIEN?» entendirent-ils alors. Tous deux se figèrent. Ils étaient maintenant les cibles. En fait, lui l'était assurément et Marinette fort probablement si c'était la fille qui s'était énervée contre Marinette qui avait été akumatisée.

La main de son amie serra la sienne dans un réflexe nerveux. Il essaya encore de se relever mais même seulement à genoux, la tête lui tournait dangereusement. Et il se recoucha au sol, sur le côté pour essayer de contrôler ses étourdissements. De grosses sueurs coulait sur lui et lui bouchait la vu.

On entendit une bousculade à l'extérieur du petit salon puis plus rien.

Lorsque le rire dément et gloussant de l'akumatisée se fit entendre plus près, Adrien poussa son miraculous dans la paume de Marinette.

«Défends-toi!» supplia-t-il en chuchotant. «Je n'irai pas beaucoup mieux même transformer. Je suis désolé, princesse. Je manque à tous mes devoirs, ce soir.»

Il détestait que son corps le trahisse au point de ne pas pouvoir protéger sa merveilleuse petite amie.

Et juste au mauvais moment, les paupières d'Adrien se faisaient lourdes. Son ventre se tordait dans d'horribles bruits, il sentait qu'il ne lui restait que quelques goûtes de volonté pour le tenir réveillé. Il sombrait doucement vers le sommeil au plus mauvais moment, épuisé d'avoir lutté contre ses malaises toute la journée.

Les lèvres de Marinette se posèrent sur les siennes et il y répondit mollement mais avec délice. «C'est pas la peine, chaton. Ta copine est déjà là.» Il sentit le miraculous revenir sur son doigt.

Adrien laissa partir un rire ironique : C'était bien de Marinette d'appeler LadyFlamme sa copine! Elle était mieux placée que quiconque pour savoir ce qu'il en était de sa vie amoureuse.

«Tu sais que je t'aime, hein?» demanda-t-il en jouant mais tout de même sincèrement. Une déclaration d'amour qui n'avait que peu de valeur vu son état, mais une déclaration tout de même. Surtout qu'il savait qu'il l'aimait même s'il s'avait aussi qu'il n'avait pas le droit de l'aimer.

Il sentit alors sa main fraîche sur son front et ses paupières. Si seulement ses bras n'étaient pas si douloureux, ils pourraient passer un bon moment ensemble. C'était vendredi soir : ce n'était pas le soir pour être malade et dormir! Il y avait la vie qui l'attendait au dehors.

Adrien se demanda alors intensément si c'était effectivement un vendredi soir, tournant toute son attention vers cette question cruciale, jusqu'à ce que Plagg interrompe le cours de ses pensées.

«Adrien, écoute-moi.» fit l'agaçante petite voix haut perchée qui ne voulait pas le laisser dormir. «Tu dois te cacher!»

«Pourquoi?» essaya-t-il de se rappeler «Ah, oui! L'akuma.» se souvint-il en entendant une bousculade dans le corridor.

Adrien tourna la tête pour regarder dans le petit salon et ne retrouva plus Marinette. Pourquoi avait-elle arrêté de lui flatter les cheveux? Il adorait pourtant! Bon une chose à la fois. Peut-être que Marinette était trop gênée pour rester près de lui pour l'instant? C'était intimidant de découvrir que le type avec qui ont couchait n'était pas un inconnu finalement. Se serait bizarre entre eux lundi. Sauf si en fait, on n'était pas vendredi…

«Plagg, transforme-moi!» prononça-t-il alors. Il n'y avait pas de meilleure cachette que cet uniforme de héros.

La transformation lui donna un faible regain d'énergie et il réussit à être assez lucide pour se dissimuler derrière une grille de ventilation en hauteur où il s'écroula de nouveau et cessa de lutter contre les ténèbres qui l'envahissaient.

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Un millions d'années plus tard, LadyFlamme le sortie du conduit pour le transporter dans ses bras. Il pouvait entendre les avertissements d'un miraculous et une inquiétude instinctive le prit. Puis, sa co-équipière le laissa seul.

Encore perdu, il ne comprenait toujours pas pourquoi, sa combinaison de cuir n'avait pas disparue. Il avait bien entendu les avertissements de Plagg, non?

Il poussa son juron japonais préféré entre ses dents et essaya de se relever pour rentrer chez lui. Cette petite sieste l'avait un peu aidé et il espérait être suffisamment fort sur ses jambes pour rejoindre la voiture de son chauffeur. La soirée était officiellement terminée. Enfin.

Sauf que soudain, Marinette fut près de lui. Elle n'était pas partie chez elle finalement. En la voyant, il perdit toute motivation à soulever ses pieds et ne pensa qu'à se servir de ses genoux en guise d'oreiller pour la nuit. C'était bien suffisant, non?

Elle le pressa de se transformer et il accepta, se disant qu'il serait probablement plus confortable.

Peu après, les premiers répondants entrèrent et se préparèrent à le transporter parce que son rythme cardiaque n'était pas régulier. Marinette se chargea elle-même de répondre très précisément aux questions des paramédicales. Adrien ne se doutait pas que son amie en savait autant sur lui. Il se sentit touché.

Juste avant de sortir, il attrapa la main de Marinette et la frotta contre sa joue. Il glissa ensuite son miraculous dans sa main lui faisant pleine confiance pour protéger et son secret et ses pouvoirs.