Chapitre 25 - Errance

1 - Michonne et Nickita

Nickita courrait comme elle pouvait avec sa blessure, quand elle sentit qu'on l'attrapait par la taille, elle planta son regard bleu et fou dans les yeux sombres de Michonne. La française suffoquait elle pointa la prison du doigt, alors que la sabreuse la tenait par les épaules :

- Daryl...

- Daryl est vivant, on doit fuir nous aussi...On doit se barrer d'ici, fait-moi confiance.

Michonne attrapa Nickita sous ses bras et les deux femmes se mirent en marche vers la forêt, Nicky buta sur quelque chose de lourd et de rond, elle baissa les yeux et eut un petit cri d'horreur. La tête transformée d'Hershel était à ses pieds. Nicky ferma les yeux, les filles du vieil homme devaient être terrorisées...Il était un sage un pilier du groupe, il ne méritait pas une mort aussi indigne. D'un coup de sabre, Michonne acheva le vieil homme en s'excusant, une unique larme roulant sur sa joue. Elle regarda Nicky, la française était à bout de souffle, elle n'arrivait même plus à tenir debout. Michonne découpa la mâchoire de deux rôdeurs puis elle trancha leurs bras afin de les tenir en laisse. L'errance pouvait commencer. La première étape était de trouver un endroit calme pour soigner la française.

Elles s'enfoncèrent un peu dans la forêt, Michonne évitait la route et Nickita la suivait sans se plaindre, ils avaient tous perdus, absolument tous.

Une fois à l'abri, Michonne attacha ses deux gardes du corps mort à un arbre. Elle souleva la chemise noire de son amie et regarda sa blessure :

- Ce n'est pas profond... Tu as de la chance.

- Je sais...T-Tu crois...Tu crois qu'ils sont tous mort ? J'ai vu Daryl, près du char...

- Et moi Rick, mais il a morflé, il est parti chercher Carl. Je vais te soigner comme je peux, on devrait continuer d'avancer...

La française jeta ses cheveux couvert de terre sur son crâne, elle souffla, elle avait du sang partout, celui des morts mais aussi celui d'Hershel. Nickita avait une phobie médicale bien ancrée, mais elle laissa Michonne faire un garrot sur sa plaie, elle ne devait pas se plaindre, la vie recommençait, elle devait continuer.

Une fois sur pied, le soleil commençait sa course vers l'horizon, Nickita attacha ses cheveux avec un morceau de ficelle, elle souffla, sa veste estampillée US ARMY était déchirée, et elle n'avait pas d'arme. Bordel de merde. Toujours aidé de Michonne, elles arrivèrent face à des empreintes de pas dans la boue :

- Tu sais pister ?

- Daryl est nul comme prof, mes leçons étaient des échecs assez cuisants...Rick a des bottes de cowboy, Carl des baskets, Daryl des vielles pompes pourries...

- On va laisser des traces alors.

Michonne enfonça son pied dans la boue, et Nickita fit la même chose avec sa ranger. La sabreuse traça dans la forêt, pour éviter le chemin, elle préférait avancer à travers les bois pour ne pas tomber sur un survivant du Gouverneur. Les deux femmes ne parlaient pas, Nickita chercha une cigarette dans ces poches, mais elle n'avait rien...A la tombée de la nuit, elles arrivèrent face à une voiture, Michonne ouvrit la porte avant. C'était une bagnole de riche, un vieux modèle avec l'intérieur en cuir marron :

- Tu dors en premier, ordonna Michonne.

- Nah, ça va...Je n'y arriverais pas.

La sabreuse s'installa sur la banquette avant, elle regarda son amie prendre place à l'arrière, elles ne risquaient pas grand-chose ici... Michonne ouvrit le vide poche et trouva un fond de tabac à rouler et deux feuilles, elle les donna à Nickita. Cette dernière haussa un sourcil, c'était mieux que rien...La sabreuse rompit le silence :

- Tu avais de la famille avant ? Hormis ton pote le sergent ?

- Ouais. Un frère, mais il est mort il y a une paye, répondit Nickita en roulant sa cigarette.

- Comment ?

Nickita hésita, elle tira sur le mégot, elle avait mentit à Daryl concernant cette information. Le chasseur était peut être mort, à cette pensée, elle enfonça sa tête dans ces bras, elle souffla un grand coup, elle ne devait pas se laisser emporter par ses idées noires. Pourquoi continuer de se battre ? Abraham était sans aucun doute mort, ou alors il était loin, Daryl venait d'affronter un char d'assaut, Carol devait déjà être dans un autre État. Nickita serra ses genoux dans ces bras, et décida de dire la vérité à Michonne :

- Mon frère était gay. Il a fui la France pour oublier le courroux de mon paternel. Je viens d'une famille très conservatrice, il a préféré être honnête et vivre sa vie. Un jour, j'ai reçu un prospectus sur ma boite mail, pour casser les couilles du vieux, mon frère a monté un bar qu'il a appelé le Vice d'Arceau. Tu vois la nuance ? On se voyait souvent et ce connard était heureux, mais il s'en voulait parce qu'à cause de ça, j'ai dû prendre sa place dans l'armée, commença Nickita.

- Le Vice d'Arceau...Un provocateur ton frangin, commenta Michonne.

- C'était un sacré bonhomme. On avait les mêmes cheveux noirs, mais lui avait les yeux de ma mère. Il était tous ce qui comptait à mes yeux. Puis un jour, j'étais en France, je reçois un appel « Nickita de Vilarceau ? » je réponds. « Un homme d'environ 1 mètre 90, une barbe et des dreads, ça vous dis un truc ? ». C'était la description de mon frère. Il s'était fait prendre à partie dans une bagarre de rue avec une bande de raciste homophobe de merde.

- Je comprends pourquoi tu as menti à Daryl...Avec son frère...

- Je détestais Merle, il me les rappelait tous les jours. Je regrette de ne pas avoir dit la vérité à Daryl, il ne m'a jamais mentis sur sa vie. Le soir même, j'ai pris un avion, direction Austin, je suis arrivée à l'hôpital, impossible de le reconnaitre. Je l'ai dit à notre père, il n'a jamais répondu. Bien sûr dans ma colère je suis partie en vrille, j'ai appelé Abraham, mon meilleur ami, on est allé s'en occuper. Je ne suis pas un enfant de cœur, encore moins maintenant. Je n'ai jamais cru en la justice, et ce n'est pas dans ce monde que je vais commencer à y croire.

- L'armée a dit quoi ? Questionna Michonne. Ils ont bien du savoir ?

- Tu ne devineras jamais, répondit Nickita en jetant son mégot par la fenêtre. On était foutu, lui et moi. On était tous les deux près à tirer de la prison s'il fallait mais mon père est intervenu, il a antidaté nos départs pour l'Iran pour nous couvrir Abe et moi. En échange, je tirais 10 ans de plus dans le corps des snipers.

Michonne regarda Nickita, elle avait de la peine pour elle, finalement elle n'avait pas eu une vie si facile que ça. Nicky en avait les larmes aux yeux, évoquer Lysandre puis Abraham c'était difficile, si difficile. Elle ferma les paupières une seconde et Michonne continua :

- Moi j'avais un mari et un fils...C'est eux que j'ai pris comme rôdeur la première fois... Mon fils s'est fait mordre dans un camp au tout début. Son père Mike a essayé de le protéger, mais il est mort à son tour. Je ne voyais qu'une solution. Si je n'avais pas rencontré Andrea...

- Ça craint, marmonna la française. Ce monde craint.

- Comme tu dis, repose-toi, je suis sûre que ton Daryl est en vie...

Nickita eut un soupir et s'assoupit le long de la banquette, une seconde de sommeil qui se transforma en une nuit entière.

Le lendemain, Michonne se réveilla en sursaut, Nickita bondit de son siège, les deux femmes échangèrent un regard, la française avait le souffle court. Nicky donna un coup de rangers dans la portière de la voiture, elle s'attarda sur un buisson et cueillit quelques baies pour les donner à la sabreuse. Toujours en silence et suivit des deux rôdeurs, elles continuèrent leurs marche funeste. Il y avait de plus en plus de mort autour des deux femmes, Nickita gardait son couteau en main, elle voulait retourner à la prison pour essayer de faire quelque chose, mais elle n'y arriverait pas, elle n'arrivait pas à se retourner, la prison, c'était du passé... Elle regarda sa plaie, elle avait eu une bonne étoile. La jeune femme passa sa main sur ses plaques militaires, le « A » était totalement effacé, elle les retourna et toucha la gravure au dos « Semper Paratus ». Toujours prêt. C'est alors que Michonne regarda la française :

- Eloigne-toi de moi Nickita.

A peine eut –elle le temps de faire un pas en arrière que la samouraï se déchaina sur les morts. Nickita sortie son couteau de combat, elle avait machinalement essayé de prendre son revolver mais c'était peine perdue. A grand coup de lames les deux amis venaient de s'acharner sur les rôdeurs autour d'elle. Des morceaux de crânes volaient dans tous les sens, des boyaux, des yeux, peu importe, tant que ces choses mourraient, c'était un acharnement thérapeutique et nécessaire, elles ne devaient plus avancer dans la mort.

A bout de souffle, elles se regardèrent. Les larmes aux yeux, elles venaient de mettre toute leur rage et leur colère dans leurs coups. Nickita tomba sur le sol, elle avait des petites larmes qui coulaient le long de ses joues. Michonne elle, chuta sur ses genoux. Elle posa sa tête contre l'épaule de la française et laissa ses larmes couler. Elles restèrent ainsi enlacées, pleurant l'une contre l'autre quand Nickita brisa le silence :

- On va les retrouver, on va retrouver Rick, Carl, Daryl, Maggie et tout le monde.

- J'aurais dû continuer Nickita, j'aurais dû, pleurait la sabreuse.

- Non, personne n'est responsable de ça Michonne, personne.

Nickita passa le revers de sa manche sur ses yeux et essuya ses petites larmes, elles étaient toute les deux à bout de souffle. Une journée de plus venait de s'écouler...La prison était tombée il y a deux jours déjà...Nicky se releva, elle tendit une main à la sabreuse et rangea son couteau :

- On va rejoindre la route et fouiller des maisons pour manger d'accord ? On revient toujours vers les nôtres.

- D'accord.

Nicky prit la tête, elle chassa les fougères avec ses mains avant d'arriver face à une cabane au cœur des arbres. On aurait plus dit un bar de chasseur malfamé qu'autre chose... Michonne devant, elle entra son sabre en main et Nickita couvrit son amie. Il n'y avait rien, l'endroit était vide. Un rôdeur habillait le sol, avec un mot sur le mur « Si je me transforme, achevez-moi ». Nickita prit la main de Michonne pour l'encourager à aller en avant. Elle voyait bien que la nuit de la sabreuse avait été mouvementée. Michonne se tourna vers Nicky, ses yeux noirs luisaient encore de larme :

- André. C'était le nom de mon fils. Il me manque.

- Lysandre, celui de mon frère et il me manque aussi, répondit la française dans un sourire. On continue...On ne reste pas ici.

Une fois sortie de l'autre côté, Michonne pointa une moto dans le garage, elle se tourna vers son amie :

- Tu peux conduire ça ?

- On ne va pas tenter le diable, marmonna Nickita dans un soupir. J'aimerai bien, mais je ne pense pas que ce soit une bonne idée.

- Ouais, même avec une trottinette tu pourrais tuer quelqu'un...

La jeune femme haussa les épaules et adressa un clin d'œil a son amie, elle eut un sourire :

- Parle-moi de ton mari et d'André.

Michonne eut un sourire et les deux femmes commencèrent à discuter de leurs vies, Nickita parlait de son frère ainé, un homme d'une grande sagesse et Michonne de son fils et de son mari :

- On avait 7 ans d'écart avec Lys, il est parti quand il a eu 15 ans. Il me parlait souvent de ma mère je ne l'ai jamais connu.

- Ton père avait l'air d'un sacré cinglé, commenta Michonne.

- Il n'a jamais été violent, c'était juste un militaire un peu dur...Dans toute ma vie il ne m'a fait qu'un compliment et ce n'était pas pour les médailles que je ramenais.

- Avec Mike, on avait une boite, on écrivait chaque jour ce qu'on pensait de l'autre pour le déballer le jour de Noël.

- Je n'ai jamais fêté Noël. Ce n'était pas trop le style de mon vieux...

- Un seul compliment ? Demanda Michonne soudainement intrigué.

- Il m'a dit...Que j'étais née le jour le plus froid du monde et que la tempête qui secouait la France ce soir-là se reflétait dans mes yeux.

- C'est un chouette compliment, murmura Michonne.

- Je trouve aussi...Répondit Nickita.

- Mon fils, quand il est venu au monde, il a crié si fort, que toutes les sages-femmes de la maternité sont venues voir ce qu'il se passait.

- Un sacré petit démon.

- Le meilleur, je te souhaite un jour d'avoir un enfant comme le mien.

- Je n'aime pas les enfants, je serai une mère abominable...Marmonna Nickita.

En début de soirée, elles arrivèrent dans un hameau riche, elles s'arrêtèrent devant une petite maison bourgeoise. Nickita ramassa un pot de crème au chocolat :

- Si j'attrape celui qui à manger ça...Marmonna la française.

- Tu me couvres ? Je vais rentrer.

- Ouais ma vieille.

Nickita sortit son couteau et les deux femmes montèrent les escaliers de la petite maison, le pot de crème au chocolat était récent. Mais Michonne rengaina son sabre quand elle montra à Nickita l'intérieur de la maison. La française fronça les sourcils à travers la moustiquaire : Rick et Carl...Ils étaient en train de diner sur le canapé. Nickita ferma les yeux, c'était un miracle, un sacré miracle... La sabreuse toqua à la porte et attendit...

2 – Daryl

Daryl courrait après Beth dans un champ de blé, ils venaient encore de fuir les morts, encore une fois...Le chasseur s'effondra sur le sol, il soufflait enfin, il ramena le fusil de Nickita sur son dos. Il regarda la gamine qui était avec lui, la fille venait de perdre son père et ses amis. Il devait être fort à son tour pour essayer de retrouver les autres. Il regarda le ciel, il était bleu, un bleu foncé celui du début de la nuit. Cette couleur si puissante qui lui rappelait les yeux de Nickita. Elle était ou...Elle avait pris une balle il en était sûr et certain puis qu'il l'avait vu fuir avec des morts aux fesses. Bordel de merde. Il se releva et sans un mot il se mit à chercher du bois pour faire un feu de camp. Beth était toujours là, au moins il y avait encore quelqu'un à protéger et cette gamine en avait besoin.

Il alluma le feu sans un mot, de toute façon de quoi elle voulait discuter la gosse ? Il jouait avec son briquet, il y avait tant de chose à faire...Beth soupira dans la nuit :

- On devrait faire quelque chose... Il y a d'autres survivants. Rick Michonne, Nickita aussi et ma sœur puis Glenn. Tu es traqueur, tu peux retrouver leur piste.

Daryl ne répondait pas, il n'en avait pas envie, il regarda l'arme de son amie, il voulait la garder avec lui pour lui rendre... Il avait commencé par perdre Carol sur cette journée, puis il avait vu Nickita en danger de mort et enfin la prison avait été prise par une bande de fou. Elle était probablement morte, il avait hésité à y retourner pour essayer de trouver son corps, mais la voir morte... Beth avait raison, elle avait pu survivre elle aussi. La gamine se leva pour essayer de trouver les autres. Il devait faire quelque chose pour sortir de sa morosité et de sa déprime. Il haussa ses yeux bleus sur Beth, elle aussi elle avait été choyée et maintenant, elle n'avait plus rien. C'était à lui de jouer le rôle du grand frère pour l'aider. Daryl se releva pour suivre la sœur de Maggie avant d'éteindre le feu avec ces chaussures. C'est vrai que le jour allait se lever.

Deux heures de marches plus tard, le soleil était haut dans le ciel et le duo cherchait de quoi se nourrir. Daryl inspectait le sol il trouva des empreintes, ce n'était pas des rangers...Il soupira encore une fois...Pourquoi chercher des rangers...Nickita. Beth eut un grand sourire :

- C'est quelqu'un qui est en vie !

- En vie il y a 4h, marmonna Daryl.

- Ils sont en vie, pesta Beth.

Ils continuèrent tous de même la piste, le chasseur fronça les sourcils, ça s'accélérait. Il y avait de plus en plus de trace. Il n'avait plus d'espoir, Beth pesta :

- Tu devrais avoir la foi !

- La foi ? Grogna Daryl. Ça n'a jamais sauvé personne. Regarde ton père.

Ça c'était méchant. Si Nickita avait été là, elle l'aurait probablement engueulé comme jamais. Beth le fusilla du regard, mais elle ne dit rien et commença à ramasser des baies sur les branches. Pour s'excuser, Daryl lui tendit son bandana noir afin qu'elle les garde en sûreté. Elle avait raison, il y avait forcément des survivants.

Ils continuèrent le long de la route, mais les traces menèrent les deux amis à deux rôdeurs, l'espoir qu'avait fait naitre Beth dans le cœur du chasseur concernant ses amis venait de mourir à nouveau. Beth pleurait, il ne savait pas réconforter les gens, il se contenta de continuer d'avancer le long de la route avant d'entamer une marche sur les voies de train. Il se maudissait lui-même, incapable de réconforter une gamine qui venait de perdre son père, incapable de parler avec Nickita. Il s'en voulait, s'il avait insisté une seconde, elle n'aurait pas été faite prisonnière. Mais, cette nuit là, il avait encore dormi avec elle et à chaque fois il ne voulait pas affronter son regard le lendemain. Et Carol, Carol n'était plus là, sa meilleure amie, celle qui le comprenait n'était plus avec lui manquait plus que tout au monde...

La nuit les rattrapa à nouveau alors que Beth jetait les pages de son journal pour entretenir le feu. Il posa le Barett de la française près du feu alors que la sœur de Maggie brisait le silence :

- On ne va pas mourir.

- Ouais, grogna Daryl sans conviction.

Il devait avancer... Le lendemain aux aurores, ils continuèrent leur marche ensemble, en silence... Ils firent une halte dans une petite maison, Beth lui tapait sur les nerfs, elle voulait jouer à des jeux d'alcool, comme s'il fallait une raison pour se bourrer la gueule ! Après lui avoir crié dessus, il se calma, la gamine avait perdu son père et toi, tu as perdu ceux que tu aimes. La petite maison lui rappelait son enfance désastreuse... Son but était de trouver de l'alcool, du vrai alcool, pas du pipi de chat. Beth n'avait jamais bu de sa vie, et il était hors de question qu'elle se bourre la gueule avec du schnaps, il pouvait au moins faire ça pour elle. Il venait de trouver de l'eau de vie. Lui aussi, il avait besoin d'un verre, il vida le contenu cul sec. Mais le chasseur devait monter la garde. Daryl déposa dans un coin le fusil de la française, elle faisait comment pour porter un truc aussi lourd tout le temps ? Cette maison était la même que celle de son enfance, son père avait une cabane comme ça, un endroit pour se bourrer la gueule et lui tapait dessus. Il sortit dehors, il en avait les larmes aux yeux, il ne pouvait pas continuer. Daryl regarda Beth qui le prit dans ses bras, elle murmura :

- Je sais qu'ils te manquent tous...

Le chasseur ne répondit pas, c'était la vérité. Beth prit un petit verre et lui tendit et ils s'installèrent sur la terrasse de la cabane de fortune. La jeune fille eut un sourire :

- Tu vas mieux ?Demanda gentiment la sœur de Maggie.

- Nah.

- Tu veux boire ?

- Je suis un sale con quand je suis bourré. Encore plus qu'à l'ordinaire. Mon frère avait un dealer comme ça, lui et ce mec ce sont battu pour un putain de cartoon. J'étais un gosse... Tu sais, quand Zack a essayé de deviner ce que je faisais...avant...En fait je ne faisais rien. Je trainais. Je ne l'ai dit à personne. Regarde Rick était Shérif, Nickita, militaire, Glenn avait un travail. Même Shane était respectable. J'étais un pauvre type.

- Tu es mieux que ça...Je sais que tu veux tous les retrouver, on va le faire. Sinon tu aurais jeté le fusil de Nicky depuis un moment.

- Je l'ai vue...Nicky, se faire toucher par balle, marmonna le chasseur. Je crois qu'elle est morte et ça me rend triste.

Beth eut un sourire, elle regarda son partenaire de fuite une seconde. Daryl venait de l'avouer ce lourd sentiment qu'il avait sur le cœur c'était ça. Beth continua de rire, elle leva son verre vers les étoiles :

- Tu es juste un peu amoureux d'elle c'est tous.

- Tu y connais quelque chose toi à l'amour avec tes cents cinquante copains ? Pesta Daryl en rougissant.

- Sûrement mieux que toi en tous cas ! Rigola Beth. On va les tous les retrouver, j'en suis certaine. Mais je pense qu'on devrait s'affranchir de nos peurs.

- Ouais...

Il se leva et renversa l'alcool sur la maison, c'était son passé qu'il laissait derrière lui. Il sortit son briquet et il eut un sourire le premier depuis un moment. Sur la plaque de métal était gravé à l'aide d'un couteau en français « Poussin ». Beth eut un sourire et regarda son ami :

- On brûle le passé pour aller vers le futur ?

- Ouais. On va essayer...Marmonna Daryl.

Ils brulèrent la cabane en brandissant des doigts d'honneur, Beth regarda la gravure que Daryl tenait au creux de sa main, elle leva les yeux sur lui :

- C'est quand même ridicule un Poussin...

- Je sais bien...

- Quand on la retrouvera, tu devrais lui parler, rigola encore une fois Beth.

- Pour lui dire quoi hein ? Grogna Daryl.

Il ne s'était jamais confié sur ses sentiments auprès de Carol, elle était aussi la meilleure amie de Nickita et il savait qu'elle risquait de cafter mais Beth, c'était différent, il pouvait lui parler. Il voyait cette gamine comme la petite sœur qu'il n'a jamais eue. Il reprit le Barett de Nicky sur son épaule :

- Allons chercher nos amis, affirma le chasseur en reprenant la route.

3 – Le sergent Abraham Ford

Abraham était un de ses gars qui ne lâchait jamais rien, il conduisait son camion, sa compagne de route Rosita à côté de lui. Ces plaques militaires luisaient au soleil. C'était celle de son amie de toujours, sa sœur de bataille, la personne qu'il chérissait le plus au monde : Nickita de Vilarceau. Rosita lui demandait tous le temps qui était cette Nickita, mais il se contentait de vaguement répondre. Il avait fui le Texas avec sa femme et ses deux enfants. Il n'avait qu'un objectif, rejoindre Washington. Il voulait absolument retrouver son amie, sa voix raisonnait encore dans ses oreilles, sous le National Mall Abraham !

Mais le destin en avait décidé autrement, sa femme et ses enfants étaient morts et il avait retourné son arme contre lui jusqu'à ce qu'un petit mec l'interrompe dans son suicide. Un type qui disait vouloir sauver le monde, qui savait comment sauver le monde. Et comble du sort, Eugène Porter, c'était le nom de ce bon gars, devait aller à Washington. Il avait beaucoup rit ce jour-là, mais aussi beaucoup pleuré. Il le savait, une femme comme Nickita de Vilarceau ne pouvait pas être morte, il ne voulait pas le croire.

Il chantonnait When Jonhnny Comes Marching Home, quand Rosita lui tapa sur l'épaule, une femme venait de tuer un rôdeur sur la route à coup de M16. Enfin à coup de crosse de M16. Il posa son arme sur son épaule et donna un coup de ranger dans la portière avant de descendre du camion. La fille hurla alors qu'un jeune asiatique gisait à ses pieds :

- Le spectacle vous a plu bande de con ! Hurla la fille.

- Tu as une grande gueule toi, pesta le sergent. Tu me rappelles vaguement quelqu'un !

Le sergent eut un rire rauque, et aida la jeune femme à monter dans le camion puis il porta Glenn, qu'elle venait de sauver sur ses épaules. Il le jeta sans ménagement à l'arrière et redémarra. Il avait une mission, il devait s'y tenir.

Il roula une bonne partie de la matinée avec ces compagnons,le sergent stoppa son engin face à un cimetière de voiture :

- Bordel à queue, pesta Abraham.

Il sortit du camion une seconde, et fronça les sourcils, la fille qu'il avait recueilli voulait jouer du flingue sur trois pauvres cadavres ? Il pesta et cria à son intention :

- Ne tire pas !

Il se mit encore à rire comme un fou, de toute façon il fallait bien un jour y passer ! Et cette apocalypse était une sacrée plaie, mais pour les hommes comme lui c'était un défouloir. Il prit un pied de biche et commença à massacrer les morts comme si c'était des pinatas. Il regarda le dernier cadavre et fourra les mains dans les poches de son pantalon cargo :

- Oh ma chérie, regarde ta sale gueule, marmonna Abraham en tuant le cadavre.

Il manqua son coup, alors que la fille de la route venait de le rejoindre il lui prit son M16 et tua la créature à l'aide de la crosse. Il lança son arme dans les mains de sa passagère et grogna :

- Tu as des torchons pas trop dégueu derrière. Quoi ?

Elle le regardait avec un regard de poisson, bon d'accord, voir un rouquin d'un mètre 85 massacrait des rôdeurs à la main c'était joyeux...Elle haussa les épaules :

- Je m'appelle Tara. Et je n'avais jamais vu ça avant...

- Abraham Ford. Et tu as fait la même chose que moi. Remonte je dois repartir.

- Pas en souriant !

Il siffla et se rassit à sa place en chantonnant toujours autant. Putain, encore 800 kilomètres, mais pourquoi faire ce détour par la Géorgie, il n'y a rien de bien en Géorgie.

Tara remonta derrière, elle veillait sur Glenn. Elle n'était pas avec lui...Elle était contre lui, elle avait vu la femme aux cheveux noirs, elle aurait pu la tuer, mais elle l'avait laissé partir.

Le coréen émergea deux heures plus tard, il regarda Tara, d'un bond il se mit à fracasser la fenêtre de service et obligea le camion à s'arrêter. Abraham pesta, mais c'était qui ce guignolet ! Glenn n'attendit pas une seconde, puis il sauta de l'arrière. Il regarda le grand roux sortir de la place conducteur. Cette tête lui disait quelque chose...Mais il ne prêta pas attention. Le sergent souffla :

- Oh ! Tu vas ou ? On a une mission mon gars, je ne peux pas m'arrêter comme ça au milieu de la route !

- J'y vais, coupa Glenn. Je dois retrouver ma femme.

Abraham poussa le jeune homme en arrière, il n'était pas de taille face au sergent. Mais le coréen en avait sous le capot, il était près à se battre avec lui s'il le fallait ! Tu dois être un peu plus souple mon gars, marmonnait la conscience du sergent. Il posa sa main sur le plexus solaire de Glenn :

- Mec, ma mission, l'humanité toute entière en dépend.

- Qu'es que tu racontes ?! Grogna Glenn hors de lui. Tu es qui ?!

- Sergent Abraham Ford. Et voici mes compagnons de route, Rosita Espinosa et Eugène Porter.

Ce nom, Glenn connaissait ce nom, mais impossible de savoir où il l'avait entendu. Sa maladie et la perte de Maggie ne l'aidaient pas beaucoup, mais il savait qu'il y avait anguille sous roche. Peu importe le sergent je ne sais quoi, il devait retrouver Maggie. Abraham continua :

- Eugène est un scientifique qui sait comment mettre fin à toute cette merde.

Glenn interrogea le sergent, il regarda Eugène et lui demanda la nature de ses recherches mais c'était top secret. Ok, il n'avait pas le temps pour cette merde. Abraham était encore devant lui, il disait avoir besoin de personne comme lui pour mener à bien sa mission. Glenn continua s'avancer le long de la route, mais sans cesse le sergent le rattrapait avec de nouveau argument. Il n'en pouvait plus, à ces yeux la seule chose qui comptait c'était de retrouver Maggie et ce roux était en train de lui péter les couilles :

- Tous ceux qu'on aimait, ils sont mort mon gars, pesta le sergent.

D'un coup d'épaule, Glenn fit tomber son sac à dos sur le sol, c'était trop pour lui. Il se retourna lentement, puis il fusilla le sergent du regard et lui décrocha une droite envoyant l'homme sur le sol. Abraham vola, attend c'est un gringalet comme ça qui venait de le foutre KO ? Glenn ramassa son sac :

- Ma femme est en vie, et je vais la chercher, peu importe ta mission.

- FILS DE PUTE ! Hurla l'homme.

Il se releva et se mit à courir sur Glenn pour l'attraper. Il le plaqua au sol en le prenant entre ces deux bras alors que Rosita et Tara essayaient de séparer les deux hommes. Rien n'y faisait, ils se battaient sous les cris des deux femmes. Malgré la force colossale du roux, Glenn lui tenait tête peu importe ce que ce con disait, Maggie était en vie ! C'est alors que des bruits de tirs arrêtent les deux hommes. Eugène, le docteur, venait de massacrer des rôdeurs à coup de M16, mais il visait n'importe comment. Abraham se mit à courir vers son protégé pour le secourir. Tara donna une arme à Glenn et Rosita saisit un fusil, les 5 occupants du camion se mirent à canarder la horde. Le sergent récupéra en vitesse le fusil d'Eugène, puis il constata les dégâts, le réservoir du camion avait été atteint par une salve de balle. Il posa son arme sur son épaule et se glissa sous le véhicule évaluant l'état du réservoir:

- Bordel de merde, on était en convoi avec un de ses camions, derrière une dune, il y avait un chameau avec deux kilos de C4 dans le cul, ce putain de blindé a tenu, on est rentré. Il a résisté à tous, au désert, à l'eau et même à cette petite conne de Nickita.

- Encore ta Nickita, roula des yeux Rosita.

- Elle pense savoir conduire, mais c'est une sacrée furie !

Glenn bloqua. Il venait de faire les liens entre ce sergent de malheur et son amie. Il fronça les sourcils, c'était là qu'il avait entendu parler de ce barjo, il s'avança vers le sergent :

- Nickita tu as dit, une brune d'un mètre soixante, française avec un fusil de compète ? Questionna Glenn.

Abraham en fut tellement surpris qu'il releva la tête trop vite et se mangea le châssis du camion dans la tête, il glissa sous le réservoir et approuva d'un signe de tête :

- Et qui conduit comme un pilote de Formule 1 sous extasie ? Tu la connais ?

- Oui je la connais, elle est dans notre groupe, affirma Glenn. Elle s'est enfuie elle aussi, elle doit être avec Daryl je pense, ou même avec Maggie.

Glenn voyait là un espoir de retrouver sa femme, si ce roux était aussi attaché à Nicky qu'elle l'était à lui alors se serai peut-être l'occasion de retrouver ces amis. Le sergent resta la, agar quelques secondes. Son amie était en vie, et presque à côté ! Il lissa sa moustache avant de fermer les yeux :

- Putain...

Il ne savait pas quoi faire. Il ferma les yeux, une fois sa mission accomplie, il pourrait la retrouver. Mais c'était une idée de con, elle aura surement levé le camp. Glenn soupira et commença à se diriger dans la forêt :

- Je vais chercher ma femme.

Rosita regarda son compagnon, alors que Tara suivait déjà Glenn. Le sergent resta sur le sol une minute, tout le monde suivait le petit coréen. Il regarda le ciel :

- Bordel à queue...

Son camion était mort, et le groupe de l'asiatique semblait en avoir sous le capot, surtout si cette cinglée de française était de la partie. Il n'y croyait pas, sa sœur de combat était là, pas loin de lui...Il prit sons sac sur son épaule, les humains sont une ressource mon vieux alors suit les... Il rejoignit rapidement Rosita et passa un bras sur son épaule :

- Je crois qu'on va avoir un peu de retard à Washington

- Tu ne veux toujours pas me dire qui c'est cette fille ? Pesta l'espagnole.

- C'est ma meilleure amie, en fait...C'est mon ange gardien poupée.

Il se mit à rire en suivant le coréen dans la forêt. Une journée de plus...Au moins pour trouver un véhicule et qui sait, il pourrait croiser le route de cette française de malheur.