Merci pour tous vos retours, vous êtes des amours ! Nous sommes lundi, voici donc un nouveau défi :D Puisque je suis de la team Héro pro (la best des best), je devais écrire un UA où un personnage non-héro pro dans le canon devait l'être dans mon UA :3 J'ai choisi SHigaraki !

J'espère que vous aimerez x3

Warning : sous-entendu spoiler du passé de Shigaraki et spoiler de son véritable nom.

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R.A.R

Fioo : Merci beaucoup pour ton commentaire x3 Il me fait très plaisirs !

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Tenko plissait des yeux alors qu'il observait la devanture du bâtiment. Le soleil l'éblouissait et la chaleur le faisait transpirer, collant sa combinaison grise de super-héro à sa peau. Il faisait vraiment trop chaud. Il haïssait l'été, cette saison de Satan. L'air climatisé lui fit tout de suite du bien, alors qu'il passait les portiques de sécurité. Enfin, il pouvait respirer.

À l'accueil de l'agence, il tendit à la dame la carte d'héro professionnel qu'il avait reçu il y a quelques semaines par la poste. C'est ce qui lui permettait de travailler ici.

« Oh, vous êtes le petit nouveau ? »

Elle lui avait demandé ça avec de la curiosité malsaine (de la moquerie, même ?) au fond de sa voix et de l'amusement brillait dans ses yeux.

Tenko plissa des yeux, suspicieux. Si elle croyait qu'il allait se laisser marcher sur les pieds par une réceptionniste, elle s'enfonçait le doigt dans l'œil jusqu'à l'épaule. Il ne fit qu'hocher de la tête. Il n'allait pas gaspiller sa salive et sa patience pour ça.

La réceptionniste lui souri, ce qui rebuta encore plus Tenko. Elle se foutait de sa gueule ou quoi ? Il baissa un peu la tête, histoire de se cacher derrière ses cheveux. Malgré son amertume et le fait qu'il n'aimait pas les gens, sa première technique de défense (et sa préférée) était de se refermer comme une huitre. Généralement, les gens le laissaient tranquille, après. Ce n'était pas un garçon violent. Ou du moins… c'était un garçon qui contenait sa violence du mieux qu'il pouvait, c'est-à-dire par la technique de l'évitement.

« Ce sera au deuxième étage, la porte tout au fond, à droite ! »

Tenko hocha de nouveau de la tête mais, avant qu'il ne parte, la réceptionniste ajouta en un chuchotement, en levant un pouce en l'air :

« Bonne chance pour votre première journée ! »

… Elle ne devait pas être si inutile que ça, finalement, malgré son sourire éblouissant et ses airs agaçants.

Le voyage dans l'ascenseur fut rapide, il eut à peine le temps de réajuster son costume et ses gants. Ses gants étaient particuliers, ils ne recouvraient que ses indexes, et le bout du doigt ressemblait à un bouchon. Ça lui permettait de libérer sa phalange rapidement pour pouvoir utiliser son alter en toute sécurité. Il n'avait pas mis son casque de motard, qu'il gardait sous le bras, puisqu'il était à l'intérieur. Ce truc lui était très utile, à l'extérieur, lorsqu'il ne voulait pas être reconnu comme étant le petit protégé d'All Might, alors il avait décidé de l'intégrer à son costume.

Bien assez tôt, il se retrouva devant la porte du bureau de la personne qui le prendra en charge pour ses premières semaines à l'agence. Il attendit qu'on lui permette d'entrer après avoir toqué et ce qu'il découvrit le surpris, créant un accroc dans sa respiration.

Sa partenaire était Mirko. All Might lui avait caché ça. Elle était debout, derrière son bureau qui ressemblait à un champ de bataille, penchée sur celui-ci à la recherche de quelque chose. Un papier, sûrement. La voir en vrai, de près, était radicalement différent d'observer la Mirko de la télévision.

La lapine semblait être beaucoup plus sauvage. Sa combinaison moulante ne cachait rien de ses abdominaux en béton armé. Elle dévoilait ses bras musclés qui semblaient pourvoir soulever une montagne et ses jambes tout aussi athlétiques qui avait l'air de pouvoir étouffer un homme à elles seules. Son sourire féroce le faisait frissonner. Même ses oreilles de lapin blanc n'atténuaient pas l'air de prédateur de l'héroïne. Dans quel piège était-il tombé ?

Elle releva la tête et un grand sourire fendant son visage. Il ne l'embellit pas du tout, au contraire, elle avait l'air beaucoup plus dangereuse. Pourtant, Tenko était certain de pouvoir avoir une tête bien plus effrayante si lui aussi se mettait à sourire de toutes ses dents. Il avait essayé une fois, ce n'était pas beau à voir. Son instinct ne lui cria pas de courir, après tout, personne ne choisi son sourire. Elle s'approcha de lui, lui tendant la main. Ça remua quelque chose en lui.

« Usagiyama Rumi, enchantée ! Mais ce sera Mirko sur le terrain », se présenta-t-elle en lui serrant énergiquement la main.

Tenko se tendit. Il n'aimait pas le contact. Plus depuis ce jour là. A l'orphelinat, il fuyait les éducateurs. Il n'y avait qu'eux qui étaient assez fous pour vouloir le toucher, les autres enfants le laissaient tranquille depuis qu'il avait réduis en poussière la peluche d'une gamine en un effleurement de doigt. Lorsqu'ils arrivaient à le coincer pour l'emmener manu militari sous la douche ou le parquer dans le dortoir alors que, lui, tout ce qu'il demandait c'était qu'on le laisse tranquille, il leur balançait à la figure tout ce qu'l trouvait. Vase, tableau, drap, chaise, tout ce qui passait sous ses doigts se retrouvait jeté sur les éducateurs. Il avait même essayé une table, une fois, mais elle était bien trop lourde pour lui et ses petits bas d'enfant.

Lorsque ça ne suffisait pas et qu'ils se rapprochaient, Tenko se mettait à hurler. Le cri strident et suraigu de l'enfant résonnait dans tout l'orphelinat. Ce n'était pas un cri de terreur, non, plutôt un cri d'avertissement, comme s'il voulait faire peur à un prédateur. Et si, malgré tout, ils s'acharnaient, il se grattait frénétiquement. Le cou, les bras, les jambes, jusqu'à ce que le sang coule. Ce n'était pas pour faire peur aux adultes, cette fois, mais pour se contrôler lui. Il ne devait pas les toucher, même pour les effrayer. Plus jamais, plus jamais, il ne devait faire ce qu'il avait fait. Une fois, au tout début, il avait tendu les mains, comme avec sa maman, pour un câlin. Il avait bien vu leurs mouvements de recul et la lueur terrifiée dans leurs regards. Alors il se grattait pour se retenir, se retenir de les effrayer, se retenir de les évaporer. Généralement, après ça, ils le laissaient tranquille.

Heureusement, aujourd'hui, il portait ses gants, alors ça le tranquillisait légèrement.

« Ah, et toi tu es… tu es… »

L'héroïne était repartie fouiller dans ses dossiers, l'air de chercher un trésor. Au vu du capharnaüm bien présent, elle allait mettre du temps à retrouver son papier. Elle ressemblait à une pile électrique à passer d'une action à une autre sans fil conducteur.

« Shimura Tenko ! Le petit recommandé par All Might ! », s'exclama-t-elle en brandissant le papier comme un trophée.

Son regard pétillait de satisfaction, comme si elle venait de monter le Mont Fuji en moins d'une demi-journée, alors qu'elle se retournait vers lui, le vissant dans le sien. Tenko grimaça mais hocha de la tête. Ils ramenaient toujours tout à All Might.

All Might qu'il avait rencontré au collège. Il était venu dans son orphelinat, pour une chaîne de télé ou il ne savait quoi, et qui, depuis, ne l'avait plus jamais quitté. All Might qui l'avait éduqué. All Might qui n'avait pas l'air d'avoir peur de lui. All Might qui avait su contourner sa carapace sans le brusquer. All Might qu'il n'avait pas osé décevoir et avait donc suivi le chemin de super-héros même si ce n'était pas sa carrière rêvée. De toutes les manières, il ne savait même pas quoi faire de sa vie alors il l'avait écouté et battis ses attentes comme un objectif à atteindre.

All Might à qui il avait du demander en douceur, de peur qu'il l'abandonne ou qu'il ne disparaisse, de ne pas le recommander à UA, au lycée. Oui, il voulait être un super-héro mais, paradoxalement, il ne voulait pas être reconnu dans les rues. Tenko aimait la discrétion et voulait conserver son anonymat. All Might qui l'avait recommandé dans une formation de 2 ans, après le lycée, pour apprendre le métier de side-kick. « Il y a des passerelles pour le métier de super-héros, après quelques années sur le terrain, ne t'inquiète pas, Tenko », lui avait-il dit. All Might grâce à qui il avait pu entrer dans cette agence. All Might qui, depuis qu'il le connaissait, le soutenait. All Might, celui qu'il voulait impressionner et, surtout, surtout, All Might qu'il voulait remercier d'avoir accepté dans sa vie une telle bombe à retardement qu'il ne pouvait jamais toucher.

« Appelez moi Shigaraki, s'il-vous-plait », demanda-t-il dans un souffle, en inclinant légèrement le haut de son corps par politesse.

Le petit avait l'air d'un cadavre ambulant, aucune énergie ne semblait émaner de lui mais, comprenez-le, il fallait bien qu'il compense cette lapine sous méthamphétamine qu'était sa partenaire par une apathie plus importante de sa part. Il n'y survivra pas, sinon.

« Je t'appellerai Shigaraki si tu ne me vouvoie plus, j'suis pas une grand-mère », déclara-t-elle dans un rire sauvage, en rejetant sa tête en arrière, dévoilant sa gorge.

Elle ressemblait clairement plus à un prédateur qu'à un petit herbivore mignon. Le quelque chose en lui remua de nouveau.

« J'ai vu que t'étais dans un lycée général donc on va commencer soft, on va faire une patrouille, mais faudra pas t'y habituer, dès demain on va casser du vilain ! L'agence m'a pas trop laissé le choix, puisque t'as été recommandé par All Might mais t'as pas intérêt à me ralentir, petit. Allez, suis-moi. »

Et la voici partie, ne rangeant même pas ses feuilles. Elle ne devait pas trop compter sur lui pour faire le sale boulot à sa place (le rangement), Tenko s'en fit la promesse. Surtout lorsqu'elle le forçait à quitter la fraicheur d'un bâtiment climatisé pour affronter la chaleur de l'été.

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Il faisait chaud, il étouffait sous son casque de moto et Mirko le faisait courir après un vilain. Putain, qu'il la détestait. Elle n'aurait pas pu lui faire faire de la bureautique ou raccompagner les enfants perdus au poste de police le plus proche, à la place ? Non, madame lapine le faisait courir par ce temps pour un simple vol à l'étalage. Dès son premier jour ici, en plus ! Il n'y avait pas mort d'homme, franchement, à quoi bon s'acharner ?

Enfin, enfin, il s'arrêtait. Le gars était coincé par un cul de sac, Mirko et Shigaraki bloquant la seule issue possible. Il était acculé et Tenko décela dans son regard la lueur qu'avait les animaux sur le point de mourir. Cette histoire puait le purin, son instinct le lui soufflait.

Shigaraki avait toujours raison. Le fuyard venait de sortir une arme de son pantalon et, sans que les héros ne puissent agir, il tira. Une capsule rouge en sortie à pleine vitesse.

« Attention ! »

Ses cordes vocales avaient crié toutes seules, son corps avait bougé de lui-même. Shigaraki s'était élancé devant la lapine, ses doigts tendu vers l'arme qui fusait vers elle. Arme qui fut réduite en poussière. Shigaraki avait bien visé, il soupira de soulagement. Ses jambes tremblaient sous l'afflux d'adrénaline.

Mirko le dépassa avec une tape sur l'épaule. Elle avait besoin de se défouler et de casser du vilain. Elle mit le coup de poing le plus violent que Tenko avait vu pile dans la mâchoire du vilain. Il avait entendu ses os craquer. Ses yeux s'arrondirent de surprise alors que le gars tombait au sol, complètement K.O. Putain, il n'aurait pas aimé être à sa place. Ou peut être que si. La lapine se retourna vers lui, une fois le vilain neutralisé, un sourire lumineux au visage et ses yeux pétillant d'excitation.

« Topes-là, partenaire, t'as fait du super bon boulot ! »

Tenko senti des petits papillons lui chatouiller l'estomac alors que Mirko le félicitait. C'était la première fois que quelqu'un en dehors d'All Might le félicitait alors qu'il avait utilisé son alter. Il voyait la joie et l'admiration (la curiosité, même ?) scintiller dans ses yeux. Shigaraki sourit à l'abri des regards, derrière son casque de motard. Ses lèvres sèches craquelaient mais il s'en fichait. Le bruit sourd de la rencontre entre leurs deux mains, ça, jamais il ne l'oubliera. Putain, elle venait de lui défoncer le bras.