Me voici avec l'avant-dernier défi, le n°10 ! Et oui, mon recueil se finira lundi prochain (mais, spoiler : vous aurez un chapitre bonus sur la petite histoire Hawks/Toya ;) ). Le but de ce défi est d'écrire soit 20 ans avant les événement de MHA soit 20 après, j'ai choisi de faire un bond dans le passé en compagnie de notre Aizawa-sensei préféré.

Turandot, je te dédie ce OS ! (ainsi qu'à tous les amoureux et amoureuse du couple EraserMic :D) Et merci encore pour tous vos retours adorables x3

Warning : Un personnage du spinn off Vigillante est présent (Oboro ShiraKumo) mais il n'y a aucun spoil sur son histoire donc je dirai R.A.S


Le petit Shōta patientait devant la porte de la maison à laquelle il avait sonné, sa casquette vissée sur la tête et son cartable sur son dos. Il faisait chaud, aujourd'hui, c'est pour ça que sa maman lui avait dit de mettre sa casquette.

C'était les vacances d'été mais, aujourd'hui, Shōta ne pouvait pas rester chez lui à jouer avec Biscotte, son chat. Son papa travaillait et sa maman avait un rendez-vous important chez le docteur. Il allait peut être avoir un petit frère ou une petite sœur, d'où son absence. Elle n'avait pas voulu le laisser seul à la maison, malgré ses suppliques, car ça allait lui prendre toute l'après-midi. Shōta avait tout fait pour qu'elle ne l'emmène pas chez la voisine, il avait supplié, il avait promis de ranger sa chambre, il avait boudé et il s'était même mis à pleurer mais sa maman n'avait pas cédé. Un enfant de son âge ne pouvait pas rester seul à la maison toute l'après midi.

Voilà pourquoi Shōta attendait qu'on lui ouvre, devant la maison de ses voisins. Il n'avait clairement pas voulu venir alors il boudait. Enfin, il boudait aussi poliment que possible, c'est-à-dire qu'il n'allait pas beaucoup parler. Shōta n'aimait pas trop les gens, que ce soit les adultes ou les enfants, il préférait faire ses activités tout seul avec son chat, comme jouer à la Gameboy, faire de la balançoire ou dessiner plutôt que de sociabiliser.

Il avait horreur du bruit et sa maman ne pouvait pas faire un pire choix que les Yamada pour jouer les nounous. Leur fils était dans son école, heureusement pas dans la même classe, et Shōta l'entendait hurlait de l'autre côté de la cour de récréation. Même quand il était dans sa chambre, au calme, à caresser Biscotte, il entendait parfois le son de sa voix étouffée par les murs. Sa voix stridente le faisait frissonner d'horreur à chaque note plus haute qu'il ne pouvait supporter. En plus, il avait un alter en rapport avec le bruit, l'horreur.

Aizawa Shōta savait qu'il allait mourir aujourd'hui, les tympans explosé et sa patience piétinée. Maman, occupe-toi bien de Biscotte en échange du sacrifice de ton fils. C'était la moindre des choses qu'elle pouvait faire après l'avoir vendu au monstre des décibels.

Madame Yamada ne mit pas longtemps à lui ouvrir. Du haut de ses 10 ans, Shōta releva la tête pour lui dire bonjour avant de refermer sa bouche aussitôt. Oui, il boudait toujours et il était bien décidé à bouder toute son après-midi. Elle était très belle, blonde aux yeux bleus délavés. Elle devait être étrangère, sa maman lui avait dit qu'elle s'appelait Macy. En tout cas, elle ressemblait beaucoup à son fils.

« Shōta-kun, entre, entre ! »

La fraicheur de la climatisation l'accueilli dès qu'il passa la porte, lui arrachant un soupir de bien-être. Il enleva ses chaussures, sa casquette, qu'il garda à la main, et enfila de petits chaussons jaunes pastel posés par terre en son intention.

« Ta maman m'a prévenu, tu viens jouer avec Hizashi, c'est ça ? Il est très content de ta venue, il n'arrête pas de me parler de toi. »

Sa voix était très douce, presque chantante, et le sourire qu'elle lui offrit était éblouissant. On aurait dit un ange. Shōta hocha de la tête, toujours dans son optique de ne pas parler de l'après-midi, malgré la douceur de Macy-san. Il ne voulait pas être ici alors il n'allait pas faire plus d'effort que nécessaire. Cependant l'adulte sourit et lui caressa la tête, de la compréhension au fond de son regard.

« C'est toujours impressionnant de venir chez quelqu'un, hein ? Hizashi est aussi un grand timide, même si ça ne se voit pas. Prend ton temps, va à ton rythme, et je suis certaine que vous vous amuserez bien tous les trois », essaya de le rassurer la maman en souriant.

Génial, elle croyait qu'il était timide, maintenant. Le petit rougit devant le geste de la dame, n'aimant pas être infantilisé de la sorte par une autre personne que sa maman mais ne dit rien. Il était beaucoup trop intimidé par la beauté et la prestance de la dame. Elle brillait comme un soleil.

Attendez… Comment ça tous les trois ?

« Hizashi joue déjà avec un ami mais ils doivent t'attendre. Tu peux monter, sa chambre et celle du fond à droite, je vais vous préparer un goûter. »

Et Macy-san était déjà parti dans la cuisine. Génial, il allait devoir se coltiner deux fois plus de monde (et donc de bruit) que prévu. Avec un soupir à fendre l'âme, Shōta monta les escaliers à la vitesse d'un escargot. Peut être qu'ils 'oublieraient s'il s'enfermait dans la salle de bain ? Il avait prévu cette stratégie de repli en emmenant sa Gameboy et quelques cartouches.

La chambre n'était pas difficile à trouver, il y avait plein de dessins collés dessus. Il toqua puis entra, comme ses parents le lui avaient appris. Une fois la porte poussé, il découvrit deux garçon assis sur le sol, à jouer avec des figurines. Il reconnu facilement Yamada, il était aussi blond que sa maman. L'autre, par contre, le surpris, il ne s'attendait pas à le voir là.

« Aizawa ! »

Shirakumo l'avait aussi reconnu, visiblement. Il était dans sa classe, cette année, mais il ne s'était pas beaucoup parlé. Juste quelques fois lors des pauses et pour des travaux de groupe. Lui aussi, c'était une pile électrique, il brillait trop fort, même s'il n'était pas du même niveau que Yamada, alors Shōta ne s'en approchait pas trop.

« Shirakumo, Yamada. »

Shōta leur fit un signe de tête pour les saluer et comptait s'installer dans un coin pour jouer sur sa console mais Yamada n'était pas du même avis. Il avait à peine eut le temps de poser son cartable que le blond s'approchait déjà de lui et le tirait par le bras pour l'installer entre eux. Il souriait si fort qu'il devait avoir mal aux joues. Cependant, son regard aussi bleu que celui de sa mère avait quelque chose… d'envoutant.

« Aizawa-chan, tu veux jouer à quoi ? », lui demanda Yamada.

Chan ? Shōta ne dit rien mais il n'en pensait pas moins. Il sentait que l'après-midi allait être longue ? Pitié faites que sa mère se dépêche et sonne vite à cette foutu porte, qu'il puisse retrouver le calme de sa maison et le pelage réconfortant de Biscotte.

On aurait dit que le blond attendait sa réponse comme si c'était son cadeau de Noël. Il avait du mal à se retenir de se balancer et ses yeux pétillaient comme s'il était devant la 8ème merveille du monde. Assis derrière lui, Shirakumo souriait avec tout autant de joie mais avec moins d'intensité. Il lui souriait comme il souriait à Yamada.

« Euh… j'ai euh ma gameboy dans mon sac… je vais pas vous déran… », commença doucement Shōta en chuchotant presque.

Il avait du mal à parler devant à un public, même s'il n'était composé que de deux personnes. Cependant, Yamada le coupa dans son élan, sa voix partant dans des tons bien trop aigue pour le bien de ses tympans :

« Oooooooooooooh, Gameboy ! J'en ai une aussi ! On peut jouer à ça ! Oboro-chan, t'as ramené la tienne too ? »

Il avait quoi lui ? Il venait de rencontrer le père Noël pour être aussi surexcité ou bien ? Il était bien trop bruyant.

« T'as quoi comme jeu ? », lui demanda l'autre.

« Po-pokémon », souffla le brun.

« Ah ! », s'exclama de nouveau Yamada. « La meilleure version, c'est là… »

« Bleu/Rouge/Jaune ! »

Le trio avait répondu en même temps, chacun donnant une réponse différente.

« Hizashi, t'as la Gameboy color ? », lui demanda Shirakumo avec des étoiles dans les yeux.

« Not yet ! »

« Alors tu peux pas dire que la jaune c'est la meilleure. »

La réponse de Shōta avait fusé toute seule, sans qu'il ne puisse la retenir.

« Ouais, mec, il a raison, tu peux pas dire que c'est la meilleure, si t'y a jamais joué ! », l'approuva Shirakumo.

« Mais elle jaune, jaune ! Forcément que c'est la meilleure ! »

« Même pas vrai, c'est la rouge la meilleure ! Il y a Arcanin dedans et c'est lui le plus fort ! »

Shirakumo n'en démordait pas et, même si Shōta était d'accord pour dire que Pokémon Jaune n'était pas la meilleure version, il n'était pas d'accord avec lui. Il oublia sa volonté de bouder et sa timidité, pour le moment. Il avait plus important à faire : leur prouver que la version bleue était la meilleure.

« Non, c'est la bleue la meilleure, il y a Miaouss dedans et Miaouss c'est un chat », avait annoncé l'enfant comme une vérité absolue.

Voilà, là il ne pouvait plus rien dire. La version bleue était forcément la meilleure puisqu'il y avait des chats dedans, Shōta leur avait cloué le bec.

« Et ? », lui demanda Yamada en penchant la tête sur le côté, suivit par Shirakumo.

« Bah, c'est les meilleurs, les chats. »

Ils ne comprenaient pas ou quoi ?

« Mmmh, moi je préfère les chiens, ça ramène la balle et tu peux lui apprendre des tours. »

Shōta retint une exclamation d'horreur. Shirakumo était une personne à chien. Shirakumo n'était définitivement pas une bonne personne.

« Cats, cats ! Cats are the best ! »

Yamada avait du goût, par contre. Shōta l'approuva d'un hochement de tête satisfait, un rictus étirant ses lèvres. Il ne s'était pas attendu à tant s'amuser en venant ici.

« Un lion, par contre, ça doit être hyper cool comme animal de compagnie ! Ça fait roaaaaar et ça ferai peur aux voisins ! Et j'aime trop leurs crinières ! »

Ah, il avait trop vite jugé le garçon, Shirakumo n'était peut être pas un cas perdu, finalement. Il avait au moins un goût prononcé pour les félins, c'était un bon début.

Yamada, qui était parti fouiller dans une caisse de jouet, revint vers eux avec un boitier DVD et s'exclama, l'air d'avoir trouvé un trésor :

« J'ai les Aristochats ! On peut le regarder dans le salon, après. »

Oui, c'était un véritable trésor. Les yeux de Shōta pétillèrent d'envie. Il retirait tout ce qu'il avait pu penser, Yamada Hizashi était un ange tombé du ciel, comme sa maman, et il ne bouderait plus !

« On peut pas le faire maintenant ? », demanda le brun, dissimulant mal son impatience dans le fond de sa voix.

« Ouais ! Popcorn ! »

Shirakumo dévalait déjà les escaliers, surexcité à l'idée de se faire une après-midi cinéma. Yamada ne tarda pas à le suivre avec un « Oh yeah ! » alertant tous le voisinage. Il avait cramponné son DVD dans une main et enlacé l'autre avec celle du brun, l'entrainant dans leur course. Le cœur de Shōta avait raté un battement, surpris, et ses joues avaient rosies sous le contact mais il ne se plaignit pas et affirma sa prise dans la main de Yamada. Ils allaient regarder son film préféré, il ne pouvait pas être plus heureux.

L'après-midi passa en un éclair. Shōta s'était endormi vers la moitié du film, blotti entre les deux autres garçons, bien au chaud, il n'avait pas pu résister au sommeil qui l'avait fauché. Il s'était réveillé à moitié affalé sur Yamada qui avait un sourire trop grand pour être honnête. Shirakumo, au moins, était plus discret et n'arborait qu'un sourire amusé même si son regard rieur ne le trompait pas.

Ils lui avaient gribouillé sur le visage ! Sa vengeance fut terrible et entraina une bataille d'eau dans le jardin, assaisonnant cet après-midi d'été avec des éclats de rire d'enfant. Ils finirent par retourner dans la chambre de Yamada et jouèrent aux héros avec des petites figurines.

Finalement, la sonnerie annonçant l'arrivée de sa maman, et donc son départ imminent, fut frustrante plutôt qu'un soulagement. Il voulait encore rester jouer. Shirakumo restait bien pour la nuit, lui, alors pourquoi lui ne pouvait pas ? Cependant, il ne fit pas d'histoire et descendit mettre ses chaussure alors que sa maman et Macy-san discutait dans le hall d'entrée. S'il était sage, peut être que sa maman et Macy-san accepterait qu'il vienne de nouveau jouer avec ses nouveaux amis.

Shōta se redressa, prêt à rentrer, alors que Macy-san disait au revoir à sa maman. Shirakumo et Yamada était aussi descendu le saluer.

« Bye bye Aizawa ! J'te rend ta cartouche dès que j'ai fini », lui dit Shirakumo en lui faisant au revoir de la main.

Ils s'étaient échangé leurs cartouches Pokemon pour tester l'autre version. Yamada, quant à lui, lui fit un sourire rayonnant et s'approcha de lui. Peut être qu'il voulait lui serrer la main pour dire au revoir ? Les étrangers faisaient ça, apparemment.

« Goodbye kiss ! »

Sans qu'il ne puisse rien faire, ou même prévoir, Yamada (ou devait-il plutôt l'appeler Hizashi, maintenant ?), l'embrassa sur les deux joues, le faisant rougir comme une tomate.

« Goo-good bye », bégaya le garçon alors que sa maman le prenait par la main, remerciant encore une fois Macy-san de l'avoir gardé.

Son cœur battait la chamade et ses joues chauffaient à un point où il aurait pu y faire cuire un œuf. Cependant, ses pensées n'étaient tournées que vers leurs prochaine après-midi jeu. Peut-être pourraient-ils le faire chez lui, cette fois ? Comme ça, il pourra leur présenter Biscotte et recevoir un second Goodbye kiss.