Salut la compagnie !
Certains me connaissent et hallucinent peut-être de me voir de retour -) Des années plus tard ! Je ne suis plus étudiante… J'ai 30 ans, un chéri et une enfant, et j'enseigne en collège. Mais The Mentalist reste à jamais dans mon cœur et ma tête ! Il n'y a pas d'âge pour du Jisbon, si ?
C'est furtif, juste une envie passagère d'écrire sur Jane et Lisbon… Je ne pense pas réécrire prochainement.
J'ai écrit cette histoire en prenant les ingrédients que j'aime, sans me soucier d'être logique dans la chronologie de l'histoire de la série. Je voulais écrire sur mon duo favori sans avoir à traiter le sujet RedJohn.
Donc voici la situation : RedJohn est mort MAIS on est au CBI, avec Hightower parce que je l'aime, et avec l'équipe Rigsby/Cho/Van Pelt.
Je vous souhaite une très bonne lecture.
Disclaimer : les peronnages ne m'appartiennent pas !
Fil.
« Pariez sur moi. »
Chapitre 1
- Je vais peut-être aller au cinéma samedi soir, quelqu'un veut m'accompagner ?
Van Pelt et Cho regadèrent Rigsby d'un air surpris.
- Avant ou après la soirée de gala ? demanda Cho.
Rigsby entrouvrit la bouche de surprise puis il se frappa le front avec la paume de la main.
- Quel idiot ! J'avais oublier ce truc…
- On va encore s'ennuyer à mourir, soupira Van Pelt. Si au moins il y avait quelques distractions…
- On a qu'à se la faire notre distraction ! suggéra Rigsby. On se lance un défi chacun !
Van Pelt grimaça et Cho tourna le dos à son collègue.
- Allez quoi … Oh non, j'ai une autre idée ! On essaie de faire boire Jane !
Un sourire apparut sur le visage de la jolie rousse.
- Aaaah… Tentant.
- Et comment tu comptes faire ça ? enchaîna Cho.
Rigsby haussa les épaules aucune idée ne lui venait à l'esprit. Le mentaliste était bien trop malin pour tomber dans des pièges basiques. Van Pelt plissa les yeux, plongée dans sa réflexion.
- Difficile, conclut-elle. Cela reste un défi très intéressant…
- Quel défi ?
Les trois agents se retournèrent pour constater que leur chef venait d'entrer dans la pièce. Son regard interrogatif les sondait l'un après l'autre.
- Euh… commença la jeune rousse.
- Faire boire Jane, déclara Cho, sans se soucier de la maturité de l'idée.
Un dossier en main, Lisbon haussa les sourcils.
- Ce n'est pas compliqué, déclara-t-elle, sûre d'elle. Faites-lui perdre un pari où le gage est de boire une seconde coupe de champagne. Il est trop sûr de lui pour esquiver un pari.
Les trois agents affichèrent un air surpris. Ils ne pensaient pas que leur supérieure se joindrait à eux pour pièger Jane de façon si puérile.
- Vous semblez y avoir déjà réfléchi, remarqua Cho, un brin taquin.
- Eh… Qu'est-ce que vous voulez… Jane m'offre tous les jours une raison de plus de me venger d'une de ces frasques. Alors il est vrai que parfois, je laisse mon imagination me faire croire que j'obtiens ma vengeance.
Elle haussa les épaules et un sourire fit apparaître une fossette sur sa joue.
- Question de survie, ajouta-t-elle.
- D'accord, un pari, attendez… murmura Rigsby. Un pari qu'il va perdre…
Il commença à marcher en réfléchissant intensément.
- Il est trop fort à ce jeu, on va perdre.
- Pas forcément, déclara Lisbon. Pariez sur moi.
Van Pelt fronça les sourcils.
- Sur vous ?
- Moui… Je jouerai le jeu. Pariez que… Pariez que je vais prendre une seconde coupe de champagne. Il vous soutiendra le contraire car j'aurai ma voiture et je ne bois qu'un verre lorsque je conduis. Mais je prendrai une seconde coupe et l'un de vous me ramènera.
Un grand sourire éclara le visage de Rigsby.
- Je vous adore, patron !
Cho esquissa un sourire en coin. L'idée de piéger Jane n'était pas sans lui apporter une certaine satisfaction à lui aussi.
- Et si ça ne fontionne pas ? demanda Van Pelt, joueuse elle aussi. Il faut prévoir un plan B.
- Pariez autre chose sur moi, il ne pourra pas s'empêcher de faire le malin en disant qu'il me connaît par cœur, proposa Lisbon.
- Vous pourriez danser avec Miller ? suggéra Van Pelt.
Lisbon ouvrit la bouche de surprise.
- Quoi ? Non !
- Miller vous le demande à chaque gala, surenchérit Rigsby.
- Et je décline poliment l'offre à chaque fois, expliqua Lisbon.
- Exactement. On est sûre de faire boire Jane sur ce coup-là ! annonça Rigsby, excité à cette idée.
La brunette sembla entrer dans une profonde réflexion. C'est sûr qu'avec ce pari, c'était gagné d'avance.
- Ok, très bien, cèda-t-elle. Vous me ferez un signe en fonction du plan en action. Vous tiendrez votre verre de champagne par le pied si c'est le premier plan, et par le haut si c'est pour la danse.
- Génial ! s'exclama Rigsby. J'ai presque hâte d'y être maintenant.
Les quatre agents échangèrent des sourires complices, non mécontents de leur stratégie. Avec le consultant, c'était loin d'être gagné, mais tenter de le piéger était déjà très satisfaisant en soi. Et puis, à quatre contre un, les chances étaient meilleures.
…..
Jane trottina gaiement vers l'entrée du bâtiment. L'air était doux et des gens discutaient déjà à l'extérieur, une coupe de champagne à la main. Il ralenti l'allure et entra dans la grande et magnifique salle de réception. Dans un coin de la pièce, Lisbon et Hightower étaient en train de se saluer. Jane s'approcha mais il avança discrètement, prenant le temps d'admirer la tenue de son amie. Hightower le repéra et lui fit signe de les rejoindre, ce qu'il s'emprassa de faire, un sourire sur les lèvres.
- Madeleine, dit-il pour saluer sa supérieure.
- Jane, contente de vous voir.
- Vous êtes d'une rare élégance.
- Merci, Patrick. Je ne vous retourne pas le compliment, vous changez rarement de costume…
Jane souri de toutes ses dents, faisant apparaître des rides au coin de ses yeux. Puis il reprit son sérieux et se tourna ensuite vers Lisbon. Celle-ci semblait gênée à l'idée même de ce qu'il allait lui dire. Elle savait parfaitement qu'il n'allait pas pouvoir s'empêcher de faire un commentaire sur sa tenue et elle ne s'en serait pas formalisée s'il l'avait fait plus tard… Mais Hightower était là, les dévisageant sans retenue.
- Lisbon, la salua Jane.
- Jane.
Il prit son inspiration, prêt à la complimenter avec les plus jolis adjectifs qui soient, mais il s'interrompit net.
- Oh Lisbon… vous n'êtes pas drôle, vous savez ? Vous êtes écarlate, je n'ai encore rien dit. Non, vraiment, cela devient trop facile avec vous…
Lisbon secoua la tête de gauche à droite, ne sachant plus où se mettre. En face, Hightower jeta un regard mauvais à Jane, le priant silencieusement de cesser de mettre sa subalterne mal à l'aise.
- Quoi ? s'indigna Jane. Je n'ai rien dit, elle fait ça toute seule ! se défendit-il. Lisbon, dites quelque chose !
- Vous vous amusez bien, hein ? marmonna Lisbon. Allez donc voir vos amis, là-bas, et fichez-moi la paix.
Jane recula de deux pas, s'empara de deux coupes de champagne sur le plateau d'un serveur de passage et il les plaça dans les mains de Hightower et de Lisbon.
- Mesdames, ce fut un plaisir, dit-il avec un sourire ravageur en se dirigeant vers les autres membres de son équipe.
Les deux femmes le regardèrent s'éloigner d'un pas guilleret.
- Parfois, je vous plainds, agent Lisbon, dit alors Hightower. Mais d'autres fois, je me dis que vous devez trouver votre intérêt quelque part à le laisser gagner ainsi. Je me trompe ?
Pas tout à fait sûre d'avoir compris, Lisbon fronça les sourcils et esquissa un sourire gêné.
- Je ne suis pas sûre de voir ou vous voulez en venir, madame.
- Il flirte. Et vous le savez.
Lisbon sentit ses joues s'empourprer de nouveau. Elle tenta de garder sa crédibilité en redressant ses épaules et répondant de manière détachée.
- Evidement. Il le fait avec vous aussi, d'ailleurs.
Surprise du culot de sa subalterne, Hightower fit des yeux ronds.
- Je veux dire, précisa Lisbon, il le fait avec toutes les personnes qui peuvent lui être utiles. On le laisse faire du moment qu'il se tient sage… Non ?
- J'apprécie votre franchise sur ce sujet. Eh bien, oui… soupira Hightower. Je suppose que vous avez raison.
…..
- Qu'as-tu encore dit à Lisbon ? demanda Van Pelt au consultant lorsqu'il s'approcha de leur groupe. Elle est pivoine.
Ce dernier fit les gros yeux en secouant la tête.
- Je ne vois pas de quoi tu parles. Ah ! Voici le champagne.
Un serveur s'approcha du groupe et proposa une coupe à tous les agents. Ils se servirent en prenant soin de prendre le verre par le pied et entamèrent la discussion. Une dizaine de minutes s'écoulèrent lorsque Rigsby se jeta à l'eau.
- Eh bien, rapide la boss ! Elle a déjà fini sa coupe de champagne. Je parie qu'elle va en reprendre une autre.
Jane jeta un coup d'œil à sa supérieure et secoua la tête négativement.
- Mm mm, fit-il. Jamais deux coupes lorsqu'elle prend sa voiture.
- Elle peut très bien faire appel à un taxi, enchaîna Van Pelt.
- Naaaaan…
- T'as l'air bien sûr de toi, Jane, continua Rigsby. On parie ? J'ai envie de m'amuser un peu.
- Tu vas perdre, tu le sais ? s'inquiéta Jane.
- Oh allez Wayne, tente ! s'exclama Van Pelt. Une petite distraction n'est pas de refus. Celui qui perd fini son verre et reprend une coupe. C'est gentil comme pari.
Jane tiqua. Perdre le contrôle de ses mots et de ses gestes n'était pas une habitude. Mais deux coupes, c'était peu de risque.
- Pari tenu ! annonça Rigsby en tendant la main à Jane.
- Allez, céda le consultant en serrant la main de son ami. Cho, c'est toi qui a la meilleure place pour observer Lisbon, tu nous préviens lorsque le serveur s'approche d'elle.
- C'est dans mes cordes.
Quelques minutes s'écoulèrent pendant lesquelles Van Pelt et Rigsby se chamaillèrent à propos du nom d'un acteur présent dans un film puis la voix monocorde de Cho les interrompit.
- Maintenant.
Quatre paires d'yeux se dirigèrent vers le petit groupe situé à l'opposé de la salle. Lisbon se tourna vers le plateau argenté rempli de coupes de champagne que la serveuse présentait. Elle regarda le fond de son verre, avala la dernière gorgée et échangea pour un verre plein en remerciant la jeune femme. Hightower en fit autant mais le groupe ne les regardait déjà plus.
Rigsby mima la surprise et éclata de rire. Jane fronça les sourcils et son sourire disparu légèrement quelque chose lui échappait et il n'aimait pas cette sensation.
- Bien, déclara Van Pelt le sourire aux lèvres. Jane, tu bois.
Le consultant se retourna vers son équipe d'un air dépité mais accepta sa défaite.
- Il doit bien y avoir une raison, marmonna-t-il plus pour lui-même que pour les autres.
Il termina sa coupe de champagne et saisit celle que lui tendait la jeune rousse. Il trempa ses lèvres dedans mais son esprit était ailleurs.
…..
Lisbon lança un regard par-dessus son épaule pour essayer de distinguer les mains de Jane mais elle ne vit pas si le plan avait fonctionné. Par contre, elle repéra la façon dont certains de ses agents tenaient leurs verres. Elle soupira en constatant que le plan B allait devoir commencer.
- Oh, oh… soupira Hightower, le directeur général de la sécurité est là ce soir. Je vais être obligée d'aller me présenter mais cela attendra un peu…
- Madame, se lança Lisbon, il est possible que j'accepte de danser avec Miller mais n'y voyez rien de suspect, c'est pour un pari.
Voilà, c'était gênant mais c'était dit, elle préférait qu'aucun doute ne s'installe.
- D'accord, répondit Hightower alors qu'un sourire naissait dans le coin de sa bouche. Et… je peux connaître les conditions de ce pari ?
- Je ne préfèrerais pas…
- Lisbon, ma semaine a vraiment été un enfer et c'est le semaine de mon ex-mari pour les enfants. J'ai besoin de rire un peu, avoua Hightower en buvant son champagne.
Lisbon but quelques gorgées à son tour afin de se donner du courage.
- Vous êtes persuasive.
- Alors ? Jane est dans le coup ? s'impatienta Hightower.
- Jane est la victime, avoua Lisbon. Il est supposé perdre un pari avec l'agent Rigsby et son gage est de boire plus de champagne que d'habitude.
- Mmmm. C'est puéril, exactement ce qu'il me faut comme distraction. Et votre rôle ?
Amusée par la complicité naissante entre elle et sa supérieure, Lisbon eut un sourire franc.
- Je suis le sujet du pari. Si je danse avec l'agent Miller, Jane boit.
- C'est délicieusement mesquin… Bien vu, Jane ne refusera pas un pari sur vous, il est tellement sûr de vous connaître. C'est l'idée de… ?
- Faire boire Jane est l'idée de mon équipe.
- Non, je parlais de l'idée de vous mettre au centre du pari.
- Oh, celle-ci, c'est moi.
Hightower secoua la tête, comme blasée par les bêtises de ses agents. Puis elle aperçu un homme se diriger vers elle.
- Bien, Lisbon, je dois reprendre un rôle sérieux mais je garde un œil sur vous et votre équipe. Je ne voudrais pas rater la tête de notre consultant lorsqu'il vous verra dans les bras de Miller. Vexé et jaloux, vous êtes cruelle…
Lisbon fronça les sourcils.
- Pourquoi jaloux ? Non, il…
- Oh, à d'autres, répliqua Hightower en lançant un regard plein de sous-entendu à Lisbon. Je dois y aller.
Elle s'éloigna pour aller à la rencontre du chef de la sécurité, laissant Lisbon avec une gêne au creux de l'estomac. Les suspicions de Hightower à propos de la relation qu'elle entretenait avec Jane la mettaient parfois mal à l'aise mais elle n'osait pas s'en défendre, de peur d'accentuer sa gêne, voir de confirmer les doutes de sa supérieure. Pourtant, il n'y avait rien d'autre que de l'amitié entre elle et le consultant.
…..
- Alors, quelqu'un se lance dans un autre pari ? proposa Rigsby. Personne ? Ok, c'est mon soir, je me sens chanceux, je double la mise.
Jane le dévisagea.
- Quelle mise ? Pour quel pari ?
- Je réfléchis encore… Je parie deux verres de champagne supplémentaires que… Hightower…
- Non, non, non, le coupa Van Pelt. Avec Lisbon, c'est bien plus drôle.
- D'accord, sourit Rigsby en faisant un clin d'œil à la jeune rousse.
Un silence s'installa pendant lequel il fit semblant de réfléchir.
- Oh je sais. Lisbon est en train de finir sa deuxième coupe, elle va être d'humeur à accepter une danse. Cho, tu pourrais lui proposer de danser.
Van Pelt grimaça.
- Pas sûre qu'elle accepte de danser avec un subalterne. Jane, peut-être ?
Pendant que Jane observait Lisbon d'un air hésitant, Van Pelt échangea un regard malicieux avec ses collègues.
- Inutile de se fatiguer, regardez Miller, dit-elle soudain. Il trace droit sur elle.
- Miller, encore ? s'étonna Jane. Pourquoi s'obtine-t-il ? Elle refuse à chaque fois.
- Pas cette fois-ci, annonça Rigbsy. Allez Jane, tu paries avec moi ou t'as les choquottes ? Lisbon danse avec Miller, tu bois deux coupes de plus et t'invites Lisbon pour la danse suivante. Elle refuse, c'est moi qui m'y colle.
Puis il tendit la main pour valider le pari.
- Elle n'acceptera jamais, Wayne, tu risques gros, souligna Van Pelt.
- Jane ! Tu la connais ta Lisbon, ou pas ? le pressa Rigsby.
Jane sembla s'insurger.
- De un, ce n'est pas MA Lisbon, de deux…
- Miller va lui poser la question, tu te lances ou pas ? enchérit Cho.
- Très bien. Pari tenu, craqua finalement le consultant en prenant la main de Rigsby.
Alors qu'un slow retentissait dans les enceintes, le petit groupe se tourna vers Lisbon sans plus aucun effort de discrétion.
…..
Tout à coup, le volume de la musique s'éleva et quelques personnes se lancèrent sur la piste. Un première musique s'écoula pendant laquelle Lisbon observa Hightower discuter avec le directeur de la sécurité. Puis elle se retourna, prit une grande inspiration et plaqua un sourire sur ses lèvres lorsque l'agent Miller s'approcha d'elle.
- Teresa, bonsoir.
L'agent était un grand brun, barbe naissante et cicatrice au menton. Il était charmant, elle devait bien l'avouer. Mais si elle refusait de danser avec lui, c'était parce qu'elle savait qu'il papillonait constamment. Elle aussi avait quelques aventures de temps à autres mais pas à la chaîne.
- Bonsoir Aaron, répondit-elle.
- M'accorderiez-vous cette danse ?
Il posait la question en sachant qu'il obtiendrait un refus. Tout le monde le savait et tout le monde l'observait faire, mais c'était une habitude dont il semblait s'accomoder.
- J'accepte cette danse, Aaron, car j'ai un pari à faire gagner, avoua-t-elle sans aucun détour. Vous contenterez-vous de cette raison ?
Sans voix, l'agent Miller la fixa sans ciller afin de voir s'il y avait un piège quelque part. Puis il reprit un air plus assuré en comprenant que le deal était honnête.
- Si cela peut vous aider, alors je suis votre homme !
…..
Les bras croisés et un sourire aux lèvres, Jane se figea lorsque Miller saisit la main de son amie. Son sourire s'affaissa et ses bras tombèrent le long de son corps.
- Tiens, tiens, tiens… entendit-il derrière lui.
Il se retourna pour faire face à ses collègues, qui affichaient tous un air surpris en regardant Lisbon et Miller entamer un slow. Parmi eux, Hightower fixait Jane avec un sourire aux lèvres.
- Votre petite amie s'est trouvé un cavalier.
- Lisbon n'est pas ma petite amie, souligna Jane d'un air agacé.
Puis il se tourna vers Van Pelt qui lui tapait sur l'épaule, une coupe de champagne à la main. Il leva les yeux au ciel mais avala le fond de son verre et s'empara de la troisième coupe de champagne de sa soirée.
- Aucun répis pour les braves, hein ?
Il descendit la moitié du verre puis regarda Hightower avec défi. Rigsby et Van Pelt riaient pendant que Cho se concentrait pour garder son sérieux.
- Allez, qui d'autre veut me faire perdre un pari ? demanda Jane. Allez-y, c'est mon soir, Lisbon n'en fait qu'à sa tête…
- Attends un peu, lui conseilla l'asiatique. J'ai ton quatrième verre à la main et tu dois aller danser avec Lisbon. On t'achèvera après.
Jane termina son verre. La tête lui tournait. Il posa de nouveau son regard sur les deux danseurs. Sans le vouloir, il croisa les yeux souriants de Lisbon. Aussitôt, sa supérieure retrouva un air sérieux et fronça les yeux pour le questionner du regard. Conscient qu'il devait avoir l'air possessif à les dévisager ainsi, il lui céda un sourire et fit volte-face.
- La musique arrive à sa fin, chantonna Rigsby. A ton tour…
- Danser avec Lisbon sera gênant pour elle, pas pour moi, souligna Jane. Etes-vous sûrs de vouloir lui infliger ça ?
Ses trois amis semblèrent hésiter mais c'était sans compter sur l'intervention d'Hightower.
- Ne l'écoutez pas, il vous manipule.
- Madeleine, n'avez-vous pas des personnes à aller impressioner par votre force de caractère ?
- Patrick, n'avez-vous pas une autre coupe de champagne à terminer ?
Rigsby semblait constamment retenir un fou rire et Van Pelt ouvrait de grands yeux à chaque réplique. Cho, pragmatique, tendit le quatrième verre à Jane. Ce dernier en bu la moitié et le redonna à Cho.
- Bien, céda finalement le consultant en s'essuyant la bouche puis le front avec une serviette en tissu. J'y vais.
Il s'élança d'un pas certain vers Lisbon et son cavalier.
…..
Lisbon se détacha de Miller.
- Merci pour cette danse, Aaron. C'était fort agréable.
- Tout le plaisir était pour moi. Je vous aurais bien proposé une autre danse mais au vu de la rapidité avec laquelle votre consultant nous rejoint, je suis presque sûre de me faire évincer…
Lisbon fit volte-face et se retrouva nez à nez avec Jane. Celui-ci se dandina, un tantinet gêné.
- Lisbon, accepteriez-vous de danser avec moi ? demanda-t-il finalement.
La jeune femme le dévisagea d'un air inquiet.
- Vous avez bu ? chuchota-t-elle afin de n'être entendue par personne d'autre que lui.
Jane acquiesca d'un air fautif. Lisbon se retourna pour remercier de nouveau son cavalier, qui s'éloigna parmi les autres invités, puis elle lança un regard interrogatif au consultant.
- Deux paris perdus…, expliqua celui-ci.
- Deux ?! A la suite ? Qu'est-ce qu'il vous arrive ?
- Pas de veine, ce soir… Alors ?
La jeune femme se souvint qu'il l'avait invitée à danser. La stratagème construit quelques jours plus tôt ne prévoyait pas cela.
- D'accord, accepta-t-elle finalement.
Elle laissa Jane prendre sa main et la guider vers le centre de la pièce, au milieu des autres couples de danseurs. Il entamèrent le slow en silence pendant la première minute, puis, comme électrisé, Jane se recula soudainement pour plonger dans le regard émeraude de Lisbon. Son visage exprimait la sidération.
- Quoi ? s'inquiéta la jeune femme.
« Il a compris. » lui dit une petite voix dans sa tête.
- Vous êtes le cerveau de l'opération.
Il articulait un peu moins bien à cause de l'alcool. Il n'attendit pas la réponse de la jeune femme et se colla de nouveau à elle pour poursuivre le slow. Lisbon chercha une réponse à donner mais Jane ne lui en laissa pas le temps.
- Lisbon, Lisbon, Lisbon… Si vous vouliez danser avec moi, il suffisait de me lancer un regard profond au départ d'une chanson, j'aurais compris.
- Quoi ? Non, je n'ai pas planifié la danse, je n'y suis pour rien ! déclara Lisbon
- Oooooh, mais vous avez planifié le reste, murmua Jane à son oreille. C'est ça ? Les paris perdus, c'est à vous que je les dois ?
Réalisant qu'elle s'était vendue en réagissant précipitamment aux suspicions de Jane, elle se mordit la lèvre de frustration.
- Vilaine…
Toujours bercée par le slow, elle sentit une chaleur se répandre dans tout son corps. Sa main droite, serrée dans celle de Jane, devint moite. Elle était plutôt contente de ne pas être face au regard accusateur du consultant.
- Allez, Lisbon, avouez… Toutes les preuves sont contre vous.
- Quelles preuves ? demanda la jeune femme.
- Respiration sacadée, mains moites, jambes flageollantes, je continue ?
- Ça ira…
Un silence gênant s'installa pendant lequel Lisbon cherchait quelque chose à dire. Finalement, elle opta pour la position de gagnante après tout, Jane s'était bien fait avoir.
- Alors ? Trois verres au total ?
- Trois et demi, je n'ai pas eu le temps de finir le quatrième, votre équipe m'a envoyé vous faire danser.
- Vous pouvez être fier, Jane, il a fallu qu'on se ligue tous contre vous pour vous avoir…
- Alors tenez-vous prête assumer les conséquences de vos actes. Vous savez parfaitement ce que provoque l'alcool chez moi, vous êtes même la seule à le savoir.
Un flash d'une discussion datant de deux mois traversa l'esprit de Lisbon. Jane lui expliquant pourquoi il refusait de perdre le contrôle, même un peu, à cause de l'alcool.
- Je deviens bavard, poursuivit le consultant un peu plus bas à l'oreille de Lisbon. J'étale mes sentiments.
- Je suis terrifiée à cette idée…, se moqua la jeune femme.
- Faites la maline… Parlons de nous.
- Allez-y, à vous l'honneur, parlez-moi de vous.
- Non, par « parlons de nous », j'entendais « parlons de notre relation ». Vous et moi.
Lisbon faillit s'étrangler. Elle chercha à garder le contrôle de la discussion mais elle ne trouvait pas d'issue de secours.
- Parlez-moi de vous d'abord, tenta-t-elle.
- Je peux. On abordera le sujet du « nous » ensuite…
Le consultant prit une grande inspiration. Il se recula légèrement afin de danser les yeux dans les yeux avec son amie.
- Tout le monde prétend que je garde la tête hors de l'eau grâce à mon travail de consultant.
Il marqua une pause et savoura le questionnement dans les pupilles émeraudes de Lisbon.
- Mais c'est faux.
Nouvelle pause. Sourire.
- Ce n'est pas le job qui me donne envie de me lever le matin. C'est un ensemble de choses.
- Ah oui ? l'encouragea Lisbon. Lesquelles ?
Elle savait qu'elle s'engouffrait dans une brèche mais elle avait l'impression que cette discussion n'avait qu'un seul chemin. Comme un long tunnel, sans retour en arrière possible, dont l'issue restait un mystère. Elle sentit de la chaleur émaner du corps de Jane lorsqu'il quitta son regard et la rapprocha de nouveau de lui. Le consultant jeta un coup d'œil vers ses collègues et Hightower, tous captivés par la scène qui se déroulait devant eux. Sans doute curieux de connaître le contenu de la discussion.
- Ce sont… des bottines noires…
Lisbon fronça les sourcils et attendit, la phrase ne semblait pas terminée.
- Une jolie voix, parfois sûre, parfois hésitante…
Il parlait d'elle, évidemment. La danse et les compliments chuchotés à l'oreille rendaient le flirt très déstabilisant.
- Un regard vert, parfois doux, parfois furieux… Des soupirs adorables… en réaction à mes frasques, bien sûr.
Ces paroles accélèrèrent le souffle de la jeune femme. C'était trop. En quelques secondes, la sensation de serénité de danser avec un ami avait fait place à l'appréhension d'une chute vertigineuse.
- C'est aussi votre façon de dire « CBI ! », vos regards en coin accompagnés d'un sourire à peine masqué, votre parfum, votre croix religieusement placée au creux de votre gorge, votre démarche de flic, cette humulité face à vos réussites…
Elle eut soudain l'impression que son cœur faisait un vacarme d'enfer alors qu'elle tentait de retrouver un souffle régulier.
- Arrêtez… le supplia-t-elle dans un chuchotement.
Jane eut un petit rire et reprit de plus en plus bas.
- Je n'ai pas fini. Ce sont vos doigts fins tapant sur le clavier, vos yeux levés au ciel, vos fossettes, votre façon de cacher votre admiration lorsque mes plans fonctionnent à merveille, votre capacité à faire semblant de m'ignorer alors que vous me surveiller, votre rire…
Une autre chanson résonna dans la salle et Lisbon eut un mouvement de recul.
- Ne tentez pas de vous éloigner, vous manqueriez la suite, Lisbon.
- Jane, vous devez vous arrêter. S'il vous plaît.
- Vous avez pris le risque de participer à un coup monté pour me faire boire. Tant pis pour vous…
Consciente que certaines personnes les regardaient du coin de l'œil, Lisbon effaça l'air catastrophé de son visage et tenta de faire bonne figure en souriant.
- J'en étais où ? demanda alors Jane. Ah oui, votre rire. Mais ce que je préfère par-dessus tout, ce sont vos joues rosissantes lorsque je flirte innocemment, votre gêne lorsque les gens soupçonnent une relation amoureuse entre nous… Oh, et votre façon de répondre : « Oh non, nous sommes simplement amis. » avec un léger détachement mais pas suffisant pour être crédible à mes yeux. Et puis, votre assurance lorsque vous pensez mener la danse avec moi. Et le blanc qui s'ensuit quand vous réalisez qu'en fait, c'est loin d'être le cas.
La main de Lisbon émanait une chaleur incandessante dans la main du consultant. Elle devait être écarlate. Mais il avait terminé son énumération et il se sentit soudain très léger.
- C'est fini ? demanda timidement Lisbon.
- J'ai bien encore quelques idées mais elles s'approchent de l'indescence…
Cette fois-ci, c'est au creux du ventre que Lisbon sentit une boule de feu prendre forme. Elle aurait voulu disparaître. Le consultant l'aida en lui laissant un peu de répis.
- Je reviens, je vais finir mon quatrième verre de champagne, l'informa-t-il en la laissant au milieu de la piste.
Il en profita pour la regarder une petite seconde. Oui, elle était écarlate, elle n'en menait pas large. Il arriva à la hauteur de ses collègues et saisit son verre pour le terminer d'une traite. Tous ses atômes semblaient se percuter suite à cet instant irréel. Lui non plus n'en menait pas large.
- Alors, tout se passe bien ? lui demanda Rigsby, moqueur.
- Mmm, fit mine de réfléchir Jane. Ma déclaration enflammée semble la laisser pantoise… Alors je reprends un peu de carburant pour la dernière ligne droite.
Ses trois collègues se mirent à rire mais Hightower fixa Jane sans ciller.
- Il ne plaisante pas, les informa-t-elle, d'un ton presque outré.
Jane soutint son regard sérieux et secoua négativement la tête devant les visages estomaqués des agents.
- Vous y retournez pour le coup de grâce ? lui demanda-t-elle.
- Je vous la rendrez entière, promis.
- Patrick…, soupira Hightower, résignée. Si elle finit dans vos bras, vous savez que l'un de vous…
- Je démissionnerai, ne vous en faites pas, la coupa Jane. Mais c'est loin d'être gagné.
- En effet, elle sort de la salle…
Jane se retourna et constata qu'en effet, Lisbon se précipitait à l'extérieur. Il s'éloigna du groupe en trottinant.
- Qu'est-ce qu'il a bien pu lui dire ? se questionna Van Pelt, interloquée.
- Il a du y aller un peu fort pour que Lisbon s'enfuie, remarqua Rigsby. En même temps, avec tout ce champagne…
…..
Jane repéra Lisbon sur un banc entre deux arbres, tout à gauche du bâtiment. Il descendit lentement les marches pour ne pas trébucher l'alcool faisait toujours son petit effet. Comme elle le regardait, il lui fit un petit signe de la main. En s'approchant d'elle, il remarqua qu'elle était toujours aussi rouge, qu'elle tenait une coupe de champagne dans une main et en avait posé une autre au sol.
- Vous essayez de me rendre vraiment ivre ?
- Oh non, les deux sont pour moi. J'esssaie de vous rattraper…
Jane sourit et montra le banc du doigt.
- Je peux ?
- Faites.
Il s'assit et regarda droit devant lui en expirant. Puis il fixa la main gauche de Lisbon posée sur le banc et retint un sourire. Lentement, il approcha sa main droite pour la poser sur la sienne. Lorsqu'il ne fut plus qu'à quelques milimètres, la jeune femme s'en aperçut et s'empressa de la retirer mais ne pu éviter un frôlement. Elle soupira en souriant alors que Jane riait plus franchement.
- Laissez-moi un peu de répis, par pitié…
Le consultant croisa ses deux mains devant lui, les coudes posés sur ses cuisses et tourna la tête vers elle. Le visage penché, l'air attendrit, il la regarda boire quelques gorgées d'alcool.
- Arrêtez de me regarder comme si…
La jeune femme ne termina pas sa phrase. Elle secoua la tête et leva les yeux au ciel.
- Comme si quoi ? demanda Jane plutôt sérieusement. Comme si j'étais dingue de vous ?
Lisbon se mordit la lèvre inférieure en détournant le regard, rougissant de plus belle.
- J'avais demandé une pause, rappela-t-elle.
Jane se redressa, appuya son dos contre le banc et soupira.
- Très bien, céda-t-il finalement. Pause.
- Je bois un peu et vous me laissez parler, ordonna Lisbon.
- Bien chef.
Quelques minutes s'écoulèrent pendant lesquelles Jane fit quelques pas autour du banc, leva les yeux pour oberver les feuilles des arbres, chantonna, les mains dans les poches. Puis il se rapprocha du banc et s'immobilisa lorsque Lisbon se mit à parler.
- C'était culoté, dit-elle simplement.
Il fronça les yeux, essayant de comprendre, puis décida de se rasseoir à côté de la jeune femme. Il garda le silence afin de ne pas l'interrompre.
- De faire une telle déclaration.
Elle but plusieurs gorgées de champagne puis fixa son regard loin devant elle.
- En faire autant pour un béguin passager est exagéré mais…
- …un béguin passager de trois ans…
- …l'alcool est le principal responsable et… Qu'est-ce que vous avez dit ?
Les mots de Jane venait d'atteindre son cerveau. Le cœur de Lisbon s'emballa de nouveau comme sur la piste de danse lorsqu'elle se tourna vers lui. Le consultant fixait un point invisible droit devant lui.
- Jane ? insista-t-elle.
Le consultant se retourna finalement vers elle en posant un bras sur le dossier du banc. Il eut un sourire en coin lorsqu'il plongea dans ses yeux émeraudes.
- Vous avez très bien entendu.
La jeune femme entrouvrit la bouche de surprise et détourna le regard. Elle poussa un soupir, termina le verre numéro trois, et le posa au sol.
- Ecoutez, c'est impossible, déclara-t-elle en se positionnant face à son ami. Premièrement, on travaille ensemble…
Jane fronça les sourcils et l'interrompit.
- « Premièrement, on travaille ensemble. » ? répéta-t-il, surpris. Je m'attendais plutôt à « Premièrement, je vous préfère en tant qu'ami. » ou ce genre de chose
La jeune femme baissa les yeux et fixa ses genoux.
- A moins que cela ne soit pas le cas … ? se risqua le consultant.
Finalement, Lisbon lui jeta un regard en coin avant qu'un sourire discret n'étire ses lèvres. Il y vit là la confirmation de sa supposition et ne pu empêcher un sourire d'illuminer son visage.
- Lisbooooon ? la taquina-t-il en tapotant son épaule de l'index.
Cette dernière saisit le verre de champagne encore plein et plongea ses lèvres dedans. Elle y aurait plonger son visage tout entier si elle avait pu.
- Oooooh, se réjouit Jane.
- Arrêteeeez, gémit Lisbon. Ça n'a rien de satisfaisant, il ne peut rien se passer entre nous et vous le savez très bien.
- Chhhhhhut… Laissez-moi savourer l'instant…, dit Jane en fermant les yeux et en respirant profondément. Laissez-moi les papillons dans le ventre…
Un silence serein s'installa. Le soleil passait derrière l'horizon et la soirée était douce. La musique résonnait encore dans la salle mais quelques personnes commençaient à quitter le gala.
- Jane ?
- Mm ?
- Trois ans ?
Il rouvrit les yeux et tourna tout son corps vers Lisbon, qui se laissa emporter par le bleu de son regard rieur. Son bras gauche était toujours allongé sur le dossier du banc et sa main de trouvait à quelques centimètres du visage de la jeune femme.
- Peut-être quatre, murmura-t-il en glissant une mèche de cheveux rebelle derrière son oreille.
- Jane, protesta-t-elle en se reculant et en perdant un peu son sourire.
- Désolé, ça devient terriblement difficile.
- La faute à qui ? l'accusa-t-elle un peu froidement mais sans méchanceté.
- Oh, c'est moi qui vous ai fait boire, peut-être ?
Un silence s'installa doucement alors que les deux protagonistes se regardaient. Un silence doux mais invitant à la réflexion.
- Je pense que je vais continuer à flirter avec vous régulièrement, d'autant plus que je saurai que vous êtes particulièrement sensible à mon charme. Ça, ce sera satisfaisant.
Lisbon regarda Jane avec un air de défi.
- Arrêtez Lisbon, mon cœur va sortir de ma poitrine, dit alors Jane en portant la main à son cœur.
Il glissa discrètement sa main sous sa veste et en sortit un cœur en origami qu'il tendit à la jeune femme.
- Oh… Un cœur… Bof… Ou est ma grenouille sauteuse ?
Le sourire du consultant s'agrandit lorsqu'il se leva du banc et froissa le cœur pour le jeter au loin devant les yeux choqués de la jeune femme. Puis il plongea de nouveau sa main dans la poche de sa veste et en sortit une grenouille qu'il posa au creux de sa paume.
- Je vous connais par cœur, Teresa.
Lisbon en eut le souffle coupé de surprise et de bonheur. Cet homme était définitivement parfait. Elle se leva et s'approcha pour saisir le petit origami.
- Vous savez que je peux démissionner, proposa Jane. Je trouverai autre chose.
La grenouille sauta et Lisbon sursauta en souriant, comme la première fois, puis elle récupéra l'origami.
- Je ne veux pas, déclara-t-elle, sûre d'elle. Je ne suis pas prête à cela.
- Parce que ?
Elle plongea dans une intense réflexion pour trouver les mots justes.
- Mon travail est… bien plus stimulant depuis votre arrivée. Ma vie aussi.
- Donc, gourmande que vous êtes, vous me voulez dans votre vie professionnelle et dans votre vie personnelle. Ce qui fait que je dois rester un simple ami, conclu Jane.
- Ça parait terriblement égoïste dit comme ça…, dit la jeune femme en détournant le regard, gênée.
Jane ne pu s'empêcher de rire.
- Eh bien… ça l'est un peu mais… notre binôme montre toute sa splendeur sur les enquêtes donc je comprends.
- Je suis désolée.
- Ne le soyez pas.
Ils se mirent à marcher le long des arbres afin de faire retomber la tension agréable mais énergivore du moment.
- Hightower m'a dit quelque chose tout à l'heure, reprit la jeune femme, concernant le règlement. En tant que chef, elle est invitée par la commission qui effectue les modifications, à participer aux discussions. Elle n'a pas son mot à dire mais elle a l'honneur d'être invitée.
- D'accord.
- Les relations entre collègues est un des cinq points qui vont être revus.
- Oh…
La grenouille entre les mains, Lisbon cherchait une façon d'expliquer la suite, mais Jane reprit la parole.
- C'est quand ?
- Dans deux mois.
- Mmmmm, sourit Jane d'un air énigmatique.
- Quoi ?
- Je crois que je vois où vous voulez en venir, Lisbon.
- Ce que je veux dire, c'est que s'il s'avère que le règlement change, j'accepterai peut-être une autre danse.
Le consultant se mit à rire et stoppa la balade en se tournant vers sa supérieure.
- Teresa, si le règlement change, je vous invite à boire un verre chez moi, et pas en tout bien tout honneur, sachez-le.
La jeune femme s'empourpra.
- Mon Dieu, Jane, taisez-vous !
- On dansera aussi, si le cœur nous en dit.
Ils reprirent leur marche en riant.
- En attendant, je volerai des instants précieux. Je vais faire de ces deux mois une délicieuse torture.
- Dites, Jane, comment avez-vous compris que j'étais au courant pour les paris ?
- Ah, Lisbon… Vous avez oublié de ma demander le sujet des paris. Curieuse comme vous êtes, je m'attendais à devoir vous les détailler, mais non. Rien. Elle est là, votre erreur. Mis à part ça, c'était drôlement bien joué.
- Merci, répondit la jeune femme avec un air fier.
Ils jetèrent tous les deux un regard vers le bâtiment qui se vidait de plus en plus. Ils virent alors apparaître les trois membres de l'équipe, suivis par Hightower.
- Euh… j'ai peut-être oublié de vous dire qu'ils savent que je me suis déclaré à vous pendant la danse…, marmonna Jane.
- Quoi, comment ça ? s'inquiéta la jeune femme.
- Laissez-moi gérer, faites-moi confiance. Je vais simplement faire un signe négatif de la tête d'un air un peu déçu et ils ne poseront pas de questions, d'accord ?
Elle plaqua de nouveau un sourire sur ses lèvres lorsque ses collègues arrivèrent à leur niveau.
- On rentre, annonça Van Pelt en jetant un regard à Jane.
A son air compatissant, Lisbon comprit que Jane avait déjà signalé l'échec de son entreprise.
- Je vous ramène aussi, patron ? demanda Rigsby.
- Oui, s'il vous plait.
Lorsque tout le monde se fut éloigné, il ne resta plus que Jane et Hightower.
- Le règlement concernant les relations entre collègues, commença Jane.
Mais Hightower le coupa.
- Ne sera plus de rigueur dans deux mois. Le point doit être abordé lors de la réunion dont Lisbon vous a certainement parlé mais la décision a été prise en amont. C'est la seule barrière entre vous ?
Jane ne répondit pas mais un grand sourire éclaira son visage alors qu'il s'éloignait de sa chef avec un signe de la main.
- Merci, Madeleine !
Cette dernière eut un sourire en coin, puis elle plongea ses mains dans les poches discrètes de son bel ensemble pour y chercher ses clefs. Elle fut surprise d'y trouver un magnifique lion en origami.
