Auteur : Lupiot
Genre : hm... General... Romance (mais plus loin, beaucoup plus loin) Je précise tout à fait en passant que si Romance il y a Yaoi elle sera. Ceux que malheureusement, ça chiffonne, allez vous faire cuire un œuf. Mais bon c'est pas central dans cette fic :)
Disclaimer : rien à moi...pouvez pas savoir à quel point c'est douloureux d'écrire ça
Petit, chapitre 2
Harry posa ses deux mains sur la partie blanche. L'enfant fut aussitôt submergé par la puissance des quelques notes ainsi libérées. C'était si fort, c'était si beau !... Il retira prestement les doigts, comme s'il s'était brûlé.
(Chapitre 5)
Dix mois avaient passé.
Harry revenait des sous-sols en trottinant.
-On rançonne, on tue, on pille, on vole
Faîte moi boire mes braves, yo-ho !
On kidnappe, on ravage ; si on donne notre parole -
Il faut pas la croire ! C'est nous les mangemorts, les pirates, les truands ! Yo-ho !
Yo-ho, Yo-ho ! Nous sommes des canailles, des veinards...
La voix claire du petit garçon brun résonnait de façon sinistrement joyeuse dans ce couloir sombre et froid, où la silhouette sautillante d'un enfant d'environ trois ans ne surprenait pourtant plus personne. Un homme cagoulé de noir passa tranquillement, jetant à peine un regard au gamin.
-...de mauvais garçons...
Harry ne comprenait pas toutes les paroles, mais saisissait le sens général (quand il y en avait un) de ce qu'il chantait. Il était vrai que quand on héritait son répertoire des beuveries de mangemorts il ne fallait pas s'attendre à de la haute littérature. Harry parvint à la petite porte menant au maître des lieux.
-Yo-ho, yo-ho ! Une vie de mangemort pour moi! conclut-il en baissant le ton.
Du haut de son siège de marbre, Lord Voldemort écoutait d'un air lassé un quelconque serviteur lui rendre compte de la dernière entreprise des mangemorts.
-...parvenu à récupérer la majorité des stocks de la boutique du Chemin de Traverse, Maître. Les autres fournisseurs ont été détruits, les vendeurs tués et...
-La majorité ? demanda un murmure glacé.
-... Les Aurors sont arrivés avant que nous n'ayons pu tout voler et...
'Boum'
Le Maître tourna la tête vers le bruit tandis que son fidèle baissait les yeux, piteux. Voldemort aperçut l'intrus. Il observa un moment Harry, tombé, se tortiller dans ses robes dans l'encadrement de la porte, puis leva négligemment sa baguette. Un rayon neigeux vola jusqu'à la boule de vêtements, sembla y remettre de l'ordre et un garçon d'environ trois ans émergea bientôt, le souffle court et un sourire contrit marquant ses traits. Ses nombreuses robes, capes et autres couches de vêtements noirs pesaient au moins aussi lourd que lui.
-J'ai tombé... dit-il en jetant un œil à l'autre homme qui se tenait lui, debout.
Et il rejoignit le centre de la pièce avec un regard un peu fasciné pour le trône, au pied duquel il s'assit sagement.
-Continue, Lucius.
Harry soupira bruyamment et attrapa ses pieds pour se mettre en position de tailleur. Les mangemorts avaient une attitude assez étrange avec lui, si tant était qu'on pouvait qualifier d'étrange l'attitude d'un mangemort sans faire d'affreux pléonasme. Ceux-ci le regardaient tantôt avec aversion, tantôt avec une sorte de respect, mais le plus souvent d'un air intrigué teinté de jalousie. Le Maître avait accueillit un enfant au manoir - le fils Potter qui plus était - il y aurait bientôt un an de ça et aucune déclaration n'ayant été faite à son sujet - comme quoi il serait utile plus tard, comme quoi c'était un otage, un héritier - les serviteurs du mage noir ne savaient absolument pas à quoi s'en tenir. Les plus fins d'entre eux avançaient que leur maître ne savait simplement pas lui-même les raisons de la présence du môme ici, mais ne l'auraient formulé à aucun prix devant leur Seigneur, dussent-ils tous subir l'endoloris durant une heure. En somme, c'était sous une bonne dose de regards septiques qu'Harry faisait généralement son entrée dans la Salle du trône, du moins si des mangemorts étaient présents.
Précisons également qu'il n'était pas non plus tout à fait ce qu'on peut appeler un gamin banal. Harry Potter, outre le simple fait de porter ce nom et celui de vivre au quartier général du plus grand mage noir des temps modernes, à trois ans, parlait déjà comme d'autres à six, savait manier la baguette et sans toute fois participer à leur préparation, reconnaître à l'odeur nombre de potions. Un inquiétant concentré d'intelligence ? Non, il avait somme toute des capacités moyennes, seules les conditions dans lesquelles on avait ici commencé à l'élever permettaient d'expliquer ces particularités. En effet dans un milieu où les effusions affectives et les babillages sont - pas officiellement bien sûr - qui pouvaient prévoir l'arrivée d'un marmot de cet âge au sein des mangemorts ? - prohibés, l'enfant s'était bien vite vu dans l'obligation, pour communiquer, d'apprendre à parler. Ses brefs cours de sortilèges lui étaient prodigués entre deux attaques par le Lord Noir lui-même et du reste, l'enfant passait une bonne partie de son temps à imiter les sorts des plus grands. Quant aux potions ma foi, personne n'avait vraiment cherché l'origine de son aptitude à les différencier par leur parfum si aisément, mais l'on supposait qu'il avait pris pour habitude d'errer dans le laboratoire des sous-sols.
Errer. Que ce mot prenait tout son sens quand il s'agissait de définir les occupations de l'enfant ! Il passait en effet son temps à traîner d'un endroit à l'autre dans le manoir - qui on en conviendra, n'avait pas été emménagé à la base comme une salle de jeu pour bambins.
Harry ne s'ennuyait jamais, c'était là tout le mystère, mais aujourd'hui, installé silencieusement au pied du trône à écouter cet imbécile raconter une histoire de cambriolage dont le sens lui échappait complètement, il s'embêtait ferme. Aussi il se remit à chantonner.
-Harry où as-tu appris ça ?
Le garçon releva ses grands yeux verts vers le visage blafard du Maître.
-C'est Avery qui chante ça.
-Avery t'apprend des chants ?
-Non, j'a entendi.
-Luccciusss, tu ne trouves pas... étrange qu'il parle encore aussi mal alors qu'il peut chanter au mot près vos beugleries d'ivrognes ?
Le mangemort tiqua. S'inclina humblement.
-Je pense Maître, qu'il se souvient seulement des sons et pas des mots.
Le mage noir resta songeur un moment puis congédia Malfoy. Cet enfant était étrange. Et très intéressant. Voldemort se demanda vaguement ce qu'il pourrait en faire et se dit encore une fois qu'il avait tout le temps d'y penser.
HP-LV-HP-LV
-Maître ? appela une voix claire.
Le Lord Noir se détourna un instant de son l'entretient, mécontent. Harry s'approcha timidement du trône en voyant cet état de fait. Peut-être n'était-ce finalement pas le moment de faire une réclamation...?
Voldemort se pencha un peu vers lui et se désigna posément de ses longs doigts fins.
-Lord Voldemort.
Harry cligna des yeux sans comprendre. Le mage recommença. Il posa le doigt sur la poitrine du garçon et dit « Harry ». Puis il fit de même pour lui et répéta : « Lord Voldemort ». L'enfant saisit. Lord Voldemort était son nom ? Diable ça allait juste être horriblement compliqué à prononcer.
-Lordho'dorh ?
Le Lord hocha imperceptiblement la tête, satisfait sur le principe, puis retourna à son entretient d'un air désintéressé. Harry décida d'aller quérir quelqu'un d'autre pour son problème : on lui avait fermé au nez la porte du labo, il lui fallait quelqu'un intercédant en sa faveur et Lordholdemor ne semblait pas d'humeur. Il grogna en s'éloignant : personne dans ce manoir ne s'occuperait de ça pour lui.
HP-LV-HP-LV
-Hello mister Death-Eater
I came visit you last time
You told me in a whisper
If nobody's there to listen, I can tell it to the walls... Then Wall, do you want to know a secret?
Bellatrix n'aimait pas les enfants. Ça braille et il faut les en empêcher, il n'y a rien de plus usant pour les nerfs. Bellatrix détestait les enfants.
Harry ne faisait rien qui puisse éventuellement déplaire au Maître ; c'est à dire qu'il ne criait jamais sans être très en colère et avoir une bonne raison de l'être, il ne faisait jamais de caprice, ne pleurait jamais et s'arrangeait pour ne jamais déranger personne. Un enfant parfait pour Bellatrix. Sans doute la raison pour laquelle elle le haïssait : il était l'idéalisation de cette descendance qu'elle n'avait pas engendrée et n'engendrerait plus.
Elle stoppa net devant l'encadrement de la pièce où chantait le petit. Quel âge avait-il à présent ? Quatre ans ? Il chantonnait, agenouillé contre la tapisserie effilochée des anciens appartements de Snape, l'oreille collée contre le mur dans une attitude révérencieuse.
-Tu peux pas te taire !
Harry releva brusquement la tête.
-C'est ma chambre ! lança-t-il halluciné.
-Le Château du Seigneur des Ténèbres n'est pas un endroits pour chanter ! piailla la voix hystérique de la femme.
-Ça ne le dérange pas que je chante, répondit Harry d'un air doux.
Bellatrix tourna les talons en fulminant, décidée à aller calmer sa furie ailleurs. Pourquoi le Seigneur des Ténèbres ne s'énervait-il pas, lui aussi, de ce gosse insupportable ?
Harry observa un peu surpris la tueuse partir précipitamment, puis haussa les épaules et retourna à ses occupations.
HP-LV-HP-LV
Un homme en noir marcha jusqu'aux quartiers du Dark Lord. Les dépassa, et ralentit inconsciemment l'allure. Ici commençaient ceux du Petit, le petit dont Lucius lui avait parlé, celui que le Maître semblait estimer. L'homme était très curieux à propos de cet enfant. Le fils des Potter. Que faisait-il ici, en fin de compte ? Il ne le saurait que quand il l'aurait vu, et quand il aurait vu l'attitude du Maître en sa présence. Car l'homme qui marchait ce jour-là le long des couloirs se vantait de toujours saisir l'infime regard, l'imperceptible mouvement de la part de Lord Voldemort qui indiquait ce qui allait suivre. Un Doloris, par exemple. C'était très utile. Et cela lui permettrait de deviner l'avenir que Lord Voldemort réservait au gamin.
-Ecoute.
Les premières notes maladroites d'un morceau de piano se firent entendre. L'homme tendit l'oreille de l'autre coté de la porte, immobile. Puis une voix claire de jeune garçon commença à chanter sur un air léger quelque chose qui parlait de sang et de tueries sauvages. Le contraste était effrayant, l'homme écarquilla les yeux.
-Ça te plaît ?
Un ton joyeux et innocent. A qui s'adressait-il ?
-Joue-moi autre chose.
Dans le couloir, l'homme en resta estomaqué. Il avait terriblement envie de jeter un œil à la scène. L'enfant jouait-il du piano sur les genoux du Maître ? Et depuis quand y avait-il un piano en service dans le château ?
Un nouvel air, simple, s'amorça. Il n'y avait pas de paroles mais il respirait la gaîté. Puis l'enfant enchaîna sur un autre, et un autre, jusqu'à ce qu'à travers la porte on entende une courte cacophonie, du genre de celle que créent les touches d'un piano quand on appuie dessus n'importe comment. Il y eut un rire cristallin qui donnait envie de sourire et :
-Tu sais, je lis dans les pensées.
-Interessssant... Dans les pensées de qui?
-Je sais pas, un peu tout le monde ?
-Dis-moi, qu'est-ce que je pense ?
-Heu !
Il y eut un grand silence.
-J'arrive pas.
-C'est normal, je t'ai bloqué.
-Pourquoi ?
-... Pour te montrer que je peux te bloquer.
-...Ah...
Le premier air reprit sous les doigts de l'enfant. Puis il stoppa brusquemment.
-Chante avec moi !
L'homme dans le couloir faillit tomber à la renverse, et supposa que son Maître aussi. Il l'entendit d'ailleurs répondre 'non' et, un peu soulagé, complètement chamboulé et encore d'avantage pressé de voir ce garçon, il quitta les lieux, décidant que c'était assez pour aujourd'hui.
HP-LV-HP-LV
Deux jours plus tard, Harry se tenait debout à droite du trône de Lord Voldemort, jaugeant de ses cent-dix centimètres le mangemort qui se relevait devant eux.
-Harry je te présente Severus.
L'homme jeta à l'enfant un regard d'un noir profond, indéchiffrable. Alors, c'était donc ça, le fameux gosse ? Etait-ce bien le même que celui qui chantait joyeusement la veille?
Harry cilla sous le regard de Severus.
L'enfant restait impassible. Habituellement, les mangemorts ne l'aimaient pas particulièrement. Habituellement, ils se contentaient d'un petit signe de tête respectueux, parce que leur Maître était présent, ou d'une ignorance royale, parce qu'Il ne l'était pas. Habituellement aussi, on ne lui présentait pas officiellement les serviteurs de Lord Voldemort. Cet homme était-il important ?
-Severus est mon Maître des potions.
Un gars qui travaille dans le labo ? Chic, chic, chic ! applaudit intérieurement Harry, tout en restant extérieurement indifférent.
-Il était occupé à Poudlard... et ailleurs, ces derniers temps.
Severus vit au regard du fils des Potter qu'il ne connaissait pas Poudlard.
-Il va s'occuper de toi.
-S'occuper de moi ?
Le garçon s'approcha du trône et tira sur la manche du mage noir pour lui chuchoter quelque chose à l'oreille. Lord Voldemort lui répondit de la même façon, et Severus serait tomber à genoux s'il avait sentit dans son cou le souffle glacé du tueur mais l'enfant ne broncha pas. Il revint simplement à sa place d'un air sombre. Il leva le menton vers le mangemort, essayant de le percer à jour. Mais Severus avait trente ans de maîtrise de soi derrière lui, ainsi qu'un certain don pour l'occlumancie aussi les légères tentatives d'intrusion de Harry restèrent elles vaines.
L'enfant ne parvenait pas à se faire une opinion de cet homme. On était loin de Lucius ou Bellatrix, débordants de miel et d'arrogance. Lui était simplement sombre, droit, attendant les ordres. Peut-être pour ça, parce qu'il était différent des autres, Harry décida qu'il avait un petit point de plus dans son estime.
-Severus : voici Harry. Mon héritier.
Le mangemort accusa le coup que prenait la génération suivante.
-Harry : voici Severus. Mon plus fidèle serviteur.
A ces mots Harry fit à Severus son premier vrai sourire.
Fin du Chapitre 2
Un peu court... Prochain chapitre : entrée en jeu de l'Ordre, et d'autes trucs.
Bizoo
