J'ai une semaine de retard T.T Je peux toujours vous consoler en vous apprenant que ça a déjà été bien pire...? Enfin, avec le rythme scolaire que je me suis trouvé, je vais me débrouiller pour que vous ayez un nouveau chapitre chaque mois :)))

Chers amis, hauts les cœurs, dans 2 chapitres, vous serez approximativement à la moitié de l'histoire ! (XD ça, c'est de l'information!)

J'espère que les revieweurs anonymes qui m'avaient laissé leur adresse ont bien compris que c'était moi qui leur répondait, même si j'ai oublié de signer. Pardon encore d'exister.

Petit, chapitre 6

Seul Harry lui manquait plutôt terriblement, en fait.

(Chapitre 9)

-Justement, parlons-en de Voldemort ! vociféra deux jours plus tard le ministre de la magie, dans son magnifique et stylisé bureau ministériel, drapé d'une de ses nombreuses robes à dorures échancrée, typiquement ministérielle.

C'était un grand homme, relativement compétent, mais précisément très 'relativement'. Son oncle occupait un fauteuil à vie dans l'assemblée du Magenmagot, son paternel profitait d'une retraite méritée d'ancien Ministre de la Magie et sa sœur aînée caracolait dans les sondages du côté humanitaire. C'était un homme intelligent que l'on avait nourri d'orgueil par intraveineuse depuis son adolescence, sans pouvoir lui transmettre ainsi l'héritage diplomatique de la famille. Il n'était pas fait pour son métier et tâchait avec d'autant plus d'ardeur de démontrer le contraire, engueulant ses collègues pour ses propres torts dès que l'occasion se présentait.

-Parlons-en de Voldemort ! Que lui avez-vous « PRIS » ?

Il tendait un parchemin noirci sur lequel scintillaient quelques mots tracés d'un rouge incandescent. Dumbledore se tenait raide et légèrement furieux devant son interlocuteur excité qui ne tentait plus, depuis les quelques années qu'il avait acquis ce poste, de fignoler un speech quelconque quand il s'adressait à Dumbledore car le vieil homme saisissait le moindre secret de procédure par la moindre tournure de phrase, le moindre mot dit de travers. Le ministre réduisait donc son discours.

-Trois attaques ! Un vrai carnage ! Et chaque fois le même mot ! Texto ! Dumbledore est seul responsable !

Il ricana sur le mot « responsable ».

-Dumbledore est seul responsable de ces pertes... déplorables. Il sait très bien qu'il lui suffit de me rendre ce qu'il m'a pris - et tout cessera. C'est signé ! C'est même signé, s'exclama-t-il non loin de la lamentation.

Monsieur le Ministre de la Magie colla le mot sous le nez de monsieur le Directeur de Poudlard.

-Et encore, ce n'est qu'une copie. Les Aurors qui ont touché l'originaux sont morts dans...

Il hésita à employer la formule toute faite des 'atroces souffrances' bien qu'elle lui sembla la plus adaptée. Il frissonna. Dumbledore ne saisissant pas le parchemin il dut le remballer.

-Plus de cinquante civils ! rien que dans la dernière attaque... Il est sûrement même en train de préparer l...
-Pourquoi ne m'avez-vous pas averti ?
-... Excusez-moi, vous ne lisez pas les journaux ? railla le ministre.
-Je suis au courant de ce que veulent bien écrire les journalistes. Pourquoi le ministère ne m'a-t-il pas personnellement averti que Voldemort cherchait à me contacter ? Vous avez bien mentionné trois attaques... ?
-Parce que VOUS pensez que Voldemort cherche à VOUS contacter en assassinant à tour de bras ?
-Il n'aurait pas laissé ces lettres explicites, je n'aurait pu que le supposer. Mais au vu de ce dont vous consentez enfin à me faire part...

Dumbledore s'adressait toujours à lui comme s'il posait des questions, lui qui en savait invariablement plus que tout le monde. C'était très désagréable.

-La première attaque date déjà d'une semaine, dit le vieux sorcier de sa voix rocailleuse menaçante. Songez que vous auriez éventuellement pu éviter des morts en me mettant au courant.
-Hin hin ! Vous vous prenez pour le sauveur du monde ? Et comptez-vous lui rendre ce que vous lui avez pris ?
-Je vais négocier.
-...Avec Voldemort !

Le ministre était sincèrement trop incrédule pour émettre une objection. Et, Dumbledore avait, il était vrai, maintes fois démontré sa capacité à dévier (ou régler) des désastres.

De son côté, Dumbledore appréciait une énième fois la fantastique aptitude à semer la zizanie de Lord Voldemort. Agrémenté de son inévitable don pour la manipulation... (« ...il lui suffit de me rendre ce qu'il m'a pris - et tout cessera. » Que Voldemort promette de ne plus lancer d'attaques meurtrières serait une excellente nouvelle s'il elle n'était pas entachée d'une légère hypocrisie. Passons. Le directeur de Poudlard se devait d'entrer en contact avec Voldemort au plus vite. Afin de gagner du temps. Le mage noir ne pourrait pas éternellement mobiliser ses troupes pour des descentes sanglantes en centre-ville. Tels étaient les espoirs de Dumbledore quand il quitta le bureau du Ministre de la Magie. Mais celui-ci le rappela au dernier moment avec une drôle d'expression sur le visage. Un sourire qui se cache.

-Hep ! Dumbledore. Si j'en reçoit un autre...

Il secoua le parchemin noir.

-Je le donne à la presse.

Merlin que cet homme était déplaisant.

-Pour nos citoyens anglais, j'espère que vous n'en recevrez pas d'autre monsieur le ministre. Cependant, votre poste serait d'avantage en péril que le mien, je vous prie de me croire. Au revoir.

HP-LV-HP-LV

-P'tit dèj ! entonna une voix claire et gaie ce matin là.

Harry fut saisi hors de son rêve. Il émergea des couvertures la bouille en bataille, les yeux mouillé et un sourire aux lèvres. Les dernières bribes de son rêves disparurent instantanément et le visage en cœur à l'air chafouin de Tonks les remplaça.

-Hello boy !
-Bon...bonjour...
-Je ne sais vraiment pas ce que tu as fait à ce pauvre elfe mais il s'est mis à pleurer quand on lui a dit de t'apporter ton plateau.
-Ah... ah oui.

La veille, Harry s'était énervé sur cette créature. Simple exutoire à sa tension des trois derniers jours ; la brûlure de sa boucle d'oreille s'était faite sentir à plusieurs reprises le laissant dans un sentiment de frustration croissante. En parallèle, le père et les frères de Ron avaient passé la journée à Godric's Hollow et, les voir ensemble, Mr. Weasley tentant d'apprendre à son plus jeune fils comment tenir à califourchon sur un balais tandis les jumeaux roux assaillaient leur géniteur en lui sautant sur le dos pour lui coller des trucs bleus et gluants dans les cheveux ; l'ambiance générale avait conféré à Harry un malaise difficilement identifiable. La tension de la fureur dans les mâchoires et la boule de l'injustice dans l'estomac, il fallut finalement que tout cela sorte. A noter que - facteur non négligeable, une petite séance d'Astérix rappelant sans peine à un calme relatif - notre petit brun n'avait plus rien à lire non plus.

En grimpant les marches de l'escalier les nerfs sous tension, Harry s'était heurté à Bok et, par une décharge de magie impulsive - dont il déplorerait le gâchis plus tard - lui avait fait traverser la cloison en rageant à propos des elfes de maison. (« C'est dégoûtant ! »).

-Pain, indiqua la jeune femme, et chocolat chaud.

Elle lui fit un clin d'œil. Harry était encore un peu dans le brouillard.

-Ah merci, fit-il.

Tonks posa le plateau sur les jambes du garçon, fit tomber la moitié du pain, articula un « oh, merde » et se pencha pour le ramasser. Tout à fait instinctivement et ne croyant pas à la réalité de la chose, Harry tendit les doigts, saisit la baguette qui dépassait de sa poche arrière et la posa à côté de lui, sous les couvertures. Tonks lui rendit ses tranches de pain, le salua et quitta la pièce.

Serrant sous les draps son âme providentielle, Harry se sentit renaître. Tranquillement, il but son chocolat chaud, appréciant l'éternelle chaleur qui coulait dans sa gorge. Il mangea tout le pain, et rien que pour le plaisir de prononcer une formule magique, décupla le fond de chocolat de son bol qu'il re-but avec encore d'avantage de bonheur. Ensuite, ayant fait lévité le plateau jusqu'à sa porte et croisé les jambes, il s'accorda quelques instants de réflexion.

Une baguette entre les mains, c'était une sacrée aubaine. Même, avec un peu de savoir-faire, un ticket pour l'Albanie. Il fallait à tout prix éviter que cette charmante étourdie se rende compte qu'elle avait égaré sa baguette.

Sentant avec délice sa magie affluer vers sa main droite, Harry prononça un Accio baguette amoureux. Il attendit, légèrement angoissé. Si sur le chemin, sa baguette passait devant le nez de quelqu'un, il était cuit.

Elle apparut enfin, glissant avec réticence au niveau du sol. Le garçon se jeta dessus de peur qu'elle ne s'échappe et poussa un graaand soupir de soulagement. Après quoi il rendit invisible la baguette de Tonks et rangea la sienne dans sa poche de pyjama, de manière, évidemment, à ce qu'on ne la voit pas.

Harry dansa quelques secondes d'un pieds sur l'autre au milieu de l'escalier. Coup d'œil. Dans le salon, il n'y avait ni Dumbledore, qui était sacré foutument observateur, ni le vieux parano grognon, qui donnait la chair de poule au garçon. Avec un élan à couper le souffle, Harry se jeta au bas des marches et traversa le salon comme une fusée, pour se jeter dans les bras de Tonks. Il la serra fort contre lui, rouge pivoine, dans une apparence de câlin bienheureux.

-Merci pour le chocolat chaud.

La pauvre fille, estomaquée, lui fit un grand sourire et le souleva pour lui faire un bisou. Harry lui rendit un grand smack et se carapata, une baguette en moins désormais dans la poche de sa propriétaire d'origine. Kingsley Shacklebot, spectateur halluciné de cette (assez) surprenante scène de tendresse, interrogea sa future collègue du regard. Celle-ci lui signifia d'un air joyeux qu'elle n'y comprenait pas grand-chose non plus. L'Auror haussa les épaules et retourna à sa gazette.

De retour dans sa chambre, Harry ouvrit grand son armoire. Gagné, il y avait un ciré. (Pas fous les londoniens.) Il s'en saisit et attrapa également les chaussures moldues dont l'avait attribué Dumbledore le jour de leur sortie, assez pratiques. Puis il s'habilla normalement. Robe sorcière légère et sans manches, bleue foncée ; cape d'été bleu ciel (un model pour enfants totalement ridicule : de petits balais voletaient le long des bordures et sur le capuchon) ; et godillos enfantins de cuir, classiques. Il rétrécit le ciré et les sandales à scratch qu'il mit dans la même poche que sa baguette.

HP-LV-HP-LV

Dumbledore et le Pr. Flitwick, un petit homme à la physionomie extravagante, se joignirent à eux pour le déjeuner. Harry dut supporter deux fois le récit de ses mamours à Tonks du matin ; les joues cerise, il garda le silence, très concentré sur la capture de ses champignons. Au dessert, il leva le nez de son assiette :

-Vous serez là, cet après-midi ? demanda-t-il à la barbe argentée.

Les yeux de Dumbledore, donnant éternellement l'impression de comprendre au-delà des mots prononcés, pétillèrent. Harry espérait bien que parfois, certaines choses échappaient tout de même au vieil homme.

-Eh bien non, j'ai à régler quelques affaires avant la fin de l'année scolaire, dit-il après une fugitive grimace contrite.
-Alors, qui sera là ? questionna Harry en tentant de s'exprimer avec désinvolture.
-La pétillante Nymphadora (un sourire charmeur aux lèvres, Dumbledore esquissa un geste de la main vers la jeune femme) et Monsieur Shacklebot. Tu sais que tu peux leur demander ce dont tu as besoin.
-Heu... , commença Tonks, je me demandais si je pourrais sortir en ville cet après-midi. J'ai oublié de vous en parler.

Elle fit une petite grimace désolée.

Apparemment Dumbledore n'était pas d'accord.

-J'ai décidé qu'il y aurait toujours deux personnes pour tenir compagnie à Harry, dit-il sévèrement.

Harry faillit tousser pour le principe. 'Pour me tenir compagnie ? Pour m'avoir à l'œil, tu parles !' Il piqua du nez dans sa crème chantilly, histoire de se faire oublier. Tonks avait l'air de vouloir insister. Elle avait sans aucun doute rendez-vous avec une amie pour faire les boutiques, et pas du tout à cœur de décommander.

-S'il vous plaît... , supplia-t-elle.

Dumbledore jeta un œil à l'Auror à sa gauche, qui assura d'un signe de tête qu'il pouvait couvrir seul l'étendue de l'après-midi.

-Harry ? appela-t-il.

Leurs regards s'accrochèrent. Le garçon se détourna rapidement, haussa les épaules et finit ses framboises à la chantilly.

-Tu seras sage ?

Harry avala lentement et dit « oui ». Salazar, mentir à cet homme... était bizarrement difficile. « Oui. » Dumbledore accorda donc à Tonks son autorisation de sortie. En quittant la table, Harry se retint de siffloter.

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A quinze heures vingt-huit, Shacklebot alla aux toilettes. Harry descendit à toute vitesse mais le plus silencieusement possible au salon, où il réduisit son Petrofpour le mettre dans sa poche gauche. Le garçon courut encore jusqu'au portail orné scellant la propriété de Godric's Hollow, où il dut s'y reprendre à six fois avant de parvenir à l'abîmer suffisamment. Il avait sa baguette et, si sa magie s'était un peu engourdie de par son inactivité, ses pouvoirs sortaient bruts, reposés, neufs comme au premier jour ; la résistance du portail ne pouvait être due qu'aux renforcements de Dumbledore. Dès lors que l'on jouait dans le camp adverse, ce type était un vrai poison. Harry se mit à quatre pattes puis à plat ventre, plissant les yeux à cause de la poussière que remuaient ses mouvements dans la terre sèche, bouche fermée et narines retroussées. Il se glissa comme un lapin hors de son terrier à travers l'ouverture de barreaux recourbés, se releva en toussant et s'épousseta. Il faillit crier de joie comme pour sa première évasion, mais se rappela qu-il n'avait pas de temps à perdre et se mit à courir, ou plutôt à sautiller avec allégresse. Après douze mètres il s'arrêta cependant, se retourna pour faire la nique au manoir et s'enfuit, pour de bon.

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Ce n'était pas tout ; c'était bien beau, mais comment faire ensuite ! Harry marchait depuis deux bonnes heures. Il avait volontairement évité le centre-ville de la capitale anglaise, pensant par un raisonnement qu'il ne s'expliquait pas très clairement qu'un jeune sorcier de huit ans poursuivi par Albus Dumbledore s'y ferait plus facilement repérer. Le garçon vagabondait depuis un petit quart d'heure dans les rues de plus en plus étroites de banlieues de moins en moins citadines. Il retrouverait bientôt le style de campagne environnante dans laquelle s'élevait majestueusement l'ancien manoir des Potter. Il n'avait pas trouvé de cachette suffisamment vaste et discrète pour accueillir un éventuel débarquement de mangemorts, dans le cas où l'Héritier se servait de sa boucle d'oreille magique. Il lui fallait donc gagner cette campagne. Peut-être y attendrait-il la nuit. Dans l'angoisse constante de se faire capturer certes, mais au moins pas dans celle d'un rapatriement raté.

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-Je n'ai pas réagi assez vite, s'incriminait lui-même le bon vieux Kingsley. J'aurais dû penser tout de suite... Ça faisait quelques jours qu'il ne tentait plus de s'évader ; quand j'ai vu que le piano avait disparu je me suis dit qu'il voulait y jouer dans sa chambre, et je ne suis même pas monté voir. C'est cinq minutes plus tard... j'ai pensé ! comme dans un moment de lucidité, mais lentement ! ...Comment peut-il emporter le piano là-haut sans baguette ? Je me suis précipité là-haut. Je cherchais encore, et j'allais avertir monsieur Dumbledore quand il est arrivé de lui-même, avec l'air d'avoir déjà compris. Il est parti tout de suite !
-Il fallait que ça arrive, le réconforta Tonks. Vous avez fait une petite erreur, mais elle venait s'ajouter à d'autres. J'aurais être là. Dumbledore a donné un peu trop de sa confiance à ce môme. Et le gosse, il est malin. Voilà.
-Je vais donner ma démission.

L'Auror était assis sur les marches de marbre, tête basse. Tonks se sentit envahie de tristesse.

-Il ne faut pas, dit-elle lentement, sinon vous perdez toute chance de vous racheter...

-Je veux être Auror.

-N'abandonnez pas.
-...

Kingsley Shacklebot eut l'air de se remémorer une bêtise qu'il avait commise. Puis, mi-blasé, mi-amusé, il releva le menton.

-Vous savez ce qu'il a laissé dans la chambre ?

-Allez voir.

La jeune femme hésita et monta les marches. Elle poussa la porte à poignée bleue derrière laquelle tout était dans l'ordre approximatif qui y avait régné durant le séjour d'Harry. Couvertures gentiment tirées dans une vague imitation du lit « fait », armoire grande ouverte, l'unique chaise était poussée dans son coin de chambre attitré. Au milieu de la pièce, sur le parquet vernis, le petit empilement des trois bandes dessinées desquelles dépassaient trois parchemins. Sur le tout, une feuille de velours était pliée. En son sein, compta Tonks, vingt-trois pièces de monnaie - probablement moldues car elles ne ressemblaient à rien de connu.

Avant de quitter le magasin de musique, Harry avait fait un petit détour par la caisse, soucieux de ne rien devoir à Dumbledore. N'ayant aucune idée de la valeur et encore moins du prix des choses, quatre poignées de pièces lui avait paru correct pour rembourser le piano.

D'ailleurs, sous les Livres anglaises, un petit mot assez difficilement déchiffrable, écrit en lettres d'imprimerie avec une plume, et figurant plusieurs pâtés, mentionnait : Pour Dumbledore, pour le piano. La jeune fille rit et se mit à pleurer.
Bien qu'ayant le sentiment de violer le droit d'Albus à regarder tout ça le premier, elle ouvrit les albums. Astérix chez les Belges été dédié à « Monsieur Remus » ; Astérix chez Cléopâtre à Dumbledore (le legs était suivi d'un incompréhensible embrouillamini duquel il fallait apparemment tirer que 1.le garçon ne voulait pas que Dumbledore se vexe qu'il refile les livres dont il lui avait fait cadeau à d'autres personnes, 2.si les personnes désignées n'en voulaient pas, les Astérix étaient pour l'Ordre du Phoenix - pour tout le monde sauf Maugrey, désigné par un assemblage de lettres assez invraisemblable : 'Mawgree' suivit d'une tête de bonhomme avec une croix sur l'œil, les sourcils froncés et un arc de cercle incliné vers le bas à la place de la bouche - ou pour Ronald, 3.tout le monde avait été correct et assez gentil, sauf quand ils l'avaient kidnappé, et Harry espérait qu'ils ne le kidnapperaient plus.) Sur le parchemin de la dernière bande dessinée, Astérix légionnaire, il y avait écrit « Pour Tonks », et dessiné un bol de chocolat fumant qui jetait magiquement des clins d'œil, toutes les cinq secondes.

Quand Arthur Weasley, le premier des membres de l'Ordre à rentrer bredouille de ses recherches, pénétrerait dans Godric's Hollow, ce serait pour trouver ses deux collègues dans le même état qu'en cet instant où il n'était que dix-sept heures. Kingsley Shacklebot une bouteille de sherry à la main, la tête reposant sur la rambarde de l'escalier, les pieds ballants, et Nymphadora Tonks mi-pleurant mi-riant à l'étage, devant des bandes dessinées moldues.

HP-LV-HP-LV

La nuit tomba. Harry, caché à la moldue parmi des buissons, à proximité de maisons plutôt campagnardes réparties de manière éparse, entra dans une phase de nervosité insoutenable. Il préférais attendre la nuit noire, mais trouvait qu'elle tombait avec une lenteur insolente, cette foutue nuit. Il se sentait tout de même relativement joyeux de s'être remémoré de ses quelques parties de cache-cache avec Severus que la magie était aisément repérable. Pas de bouclier donc, ni de sortilège caméléon.

Il perdait constamment au début, et en finissait même par bouder.

-Je t'ai trouvé.
-...

Harry garda obstinément le silence, persuadé que Severus jouait la carte du hasard. Ce n'était pas possible qu'il l'ait déjà trouvé, lui qui avait mis la moitié du décompte à découvrir cette planque imparable.

De son côté, Severus rigolait doucement.

Harry s'énerva. Il donna un coup de pied agacé au fond de sa caisse.

-Allez Harry, sors de là.
-Je suis pas là, répondit-il d'une voix polaire.

Severus haussa les sourcils et ouvrit le battant de planches cloutées qui recouvrait la benne à cadavres. Dans la pénombre malodorante de la boîte à mort, il poussa des doigts un corps, pour tomber sur le visage fermé et boudeur de l'enfant de six ans dont il s'était vu confié l'éducation. Il l'attrapa par les aisselles et l'extirpa de ce fouillis en se mordant la lèvre pour ne pas rire.

Harry se dégagea dans une rebuffade. On aurait pu faire tenir un gallion sur la moue de sa lèvre inférieure. Il croisa les bras. Le mangemort replaça une mèche de ses cheveux gras derrière son oreille.

-Allez viens. Ça va être l'heure du dîner.
-Comment vous faites ! s'exclama le garçon.

Severus avait envie de le taquiner.

-Comment je fais quoi ?
-Mééé ! Me trouver !
-Je cherche.

Harry tapa du pied.

-Mais vous avez une TECHNIQUE.

Severus sourit. Harry lui sauta dessus et le bourra de coups de poings, et son malheureux instructeur éclata de rire.

-Allleeez !
-Ch... Arrête. Tu vas manger.
-Mais dîîîîtes !
-Bon recule. (Il fit une pause) La magie laisse une trace. Dès que tu l'utilises, une petite partie s'échappe dans l'air, et stagne jusqu'à trop s'égarer, se dissoudre, pour être repérable.
-Aaah...Oh...alors je devais vous flécher le chemin, comprit Harry, dépité.
-Oui.
-Mais ! Il y a de la magie partout, ici...
-Exact, normalement je n'aurais pas pu discerner tes sortilèges. Même si des sorts tous frais se voient comme le nez au milieu de la figure, dans un endroit si empreint de magie, il est presque impossible de faire du repérage...
-Alors ?
-Je connais bien ta magie, lui dit Severus en se penchant vers lui. Je la connais par cœur ; je peux la retrouver les yeux fermés dans une forêt de druides de trois hectares.

Harry était soufflé.

-Mais, moi, dit-il doucement, déçu, je ne la sens pas, votre magie...
-Mais si... Hm. Ça n'est pas facile pour les enfants. Tu sais, la plupart des pouvoirs d'un sorcier se développent vraiment à l'adolescence. Mais je pense que tu la sens un petit peu ?

L'enfant fit signe que non, le visage pâle.

-Demain, nous irons hm...autour de la propriété.

Harry regarda les hautes herbes et petits arbres malades qui émergeaient çà let là, à deux cent mètres environ des murs extérieurs du château.

-Je jetterais un sort, puissant, et toi tu viendras d'un endroit vierge de magie vers moi. Tu verras. Ça te sautera à la figure.

Harry fit un sourire timide. Puis il parti dîner.

Les yeux d'Harry s'habituèrent progressivement à la noirceur ambiante. Il se rendit compte que la pluie commençait à tomber, et se félicita d'avoir pensé au ciré - il n'en aurait finalement pas besoin mais que voulez-vous, c'était son lancé de fleurs personnel. Le garçon resta lové dans les buissons et, les yeux fermés à s'en fendre les paupières, pressa la boucle d'oreille argentée entre son pouce et son indexe.

Je suis là.

Il attendit. Il était certain que Lord Voldemort avait reçu le message. Mais peut-être croirait-il à un piège ? Un vicieux traquenard de Dumbledore ? Hn, pas trop le genre... Par mesure de sécurité, Il s'entourerait sans doute de quelques mangemorts...les meilleurs bien sûr... Les appeler prenait un petit peu de temps, voilà pourquoi il n'avait pas transplané sur-le-champ.

Soudain ils furent là.

Lucius, dont les longues mèches du blond de l'enfance appelaient le regard comme plusieurs bougies au cœur de cette nuit.
Bellatrix, aux gestes éternellement désagréables - grâce, dédain, dégoût, fierté, joie malsaine, ricanement nasillard - mais était-ce l'espoir de Le retrouver ? l'enfant était content de tous les voir.
Severus. Severus Snape. Toujours là. Un peu en retrait - égal à lui-même - mais présent.
Lord Voldemort.
Lord Voldemort !

Harry courut vers lui. Lucius et Bellatrix, qui avaient tendu leurs baguette lorsqu'il avait jailli des fourrés, s'écartèrent sur son passage, et l'enfant se jeta dans Ses robes. Les trois mangemorts détournèrent pudiquement le regard. Harry était si content ! L'étoffe sous ses doigts rendait réelle sa présence à Ses côtés, leur présence mutuelle. Il relava bien vite la tête, et s'écarta de dix centimètres, très enclin à retrouver au plus vite la dignité d'héritier qui faisait le quotidien de sa vie jusqu'à un peu plus de trois semaines auparavant. Il se sentait si heureux ! Il en aurait pleuré. Il ne voulait pas se montrer faible devant Voldemort, pas une fois de plus, pas après cet honteux enlèvement. Aussi, il resta muet, conscient de la boule dans sa gorge qui bullerait un sanglot au premier mot prononcé.

-Harry...

Incapable d'émettre un son, le garçon hocha la tête avec un grand sourire, les yeux humides. Le cou basculé en arrière car Il était bien trop grand, il cherchait du regard les contours du visage du Seigneur des Ténèbres. Mais dans la nuit, et sous le capuchon, il distinguait à peine la lueur de ses yeux rouges. Harry sentit tout de même la main osseuse se poser sur son crâne, et l'attirer vers Lui, dans un geste d'affection public qu'excusait heureusement le transplanage d'escorte imminent.

-Severus ! appela le jeune héritier après son dîner, d'un ton extatique. Je sens Sa magie ! Severus !

Le mangemort finit par paraître, refermant délicatement la porte des quartiers des serviteurs, derrière lui. Il avait les sourcils froncés des moments d'agréable solitude que l'on vient troubler pour une raison stupide. Il interrogea l'enfant de six ans du regard, avec mise en garde.

Alors le petit lui intima, en recourbant l'indexe, de s'approcher ; et quand le mangemort fut à demi-accroupi près de lui, ce fut l'enfant qui se pencha, pour prononcer avec un sourire fier ce dont Severus se souviendrait comme les seuls mots qu'Harry aurait jamais volontairement prononcés d'un air supérieur à son encontre :

-Sa Magie, je pourrais la repérer les yeux bandés dans une forêt grouillante des Mages Noirs les plus puissants de tous les temps. Et même sans Elle, ajouta-t-il en baissant le ton, je le retrouverait rien qu'au bruit de Ses pas.

Severus regarda le gosse s'éloigner. Remué, comme souvent. Il se garda bien d'apprendre à Monseigneur que ses capacités ne devaient rien à la magie. Il partit s'en fumer une.

HP-LV-HP-LV

Harry se serait bien glissé entre les tentures vert bouteille de son immense lit de bois sombre, il se serait bien jeté sur le matelas, enroulé dans les draps, et offert aux bras de Morphée. Salazard fasse rôtir les bras de Morphée.
Dressé d'une tenue autrement appropriée au repère de Lord Voldemort qu'une cape d'enfant à petits balais, les yeux papillonnant de sommeil et le corps lourd, l'Héritier du Seigneur des Ténèbres attendait comme il se devait, l'interrogatoire du maître des lieux.
Cette foutue manie des interrogatoires... Dumbledore l'aurait rendu fou avec ça !

Harry entendit la porte s'ouvrir, se refermer, les pas posés de Lord Voldemort se diriger vers son trône. Le garçon se redressa un peu, et plissa les yeux quand l'obscurité fit place à la lumière des chandelles que d'un geste, son aîné faisait apparaître.

-Alors, commença doucement celui-ci en s'asseyant, tandis que les deux sièges de pierre pivotaient pour se faire face. Comment s'est passé ce séjour chez Dumbledore... ?

Il y avait-il bien cette trace d'amertume dans Sa voix ? Doucement, presque comme une menace...

-Euh...

Harry était troublé.

-Pas terrible, dit-il avec une petite grimace enfantine, maniant avec brio l'euphémisme.

Il sentit que Voldemort voulait en réalité un compte-rendu détaillé, et attendit quelques secondes, savourant cette compréhension si facile, sans un mot, enfin retrouvée. C'était rassurant.

-Le premier jour, ça ne s'est pas bien passé du tout. Ensuite, ils m'ont donné une chambre, et ils voulaient que je m'habille comme...comme ! Plein de couleurs. Ils étaient très nombreux, y avait plein de monde, plein d'Aurors. Ils étaient toujours là ; c'était difficile de s'évader, j'ai essayé plusieurs fois pourtant ! J'ai faillit réussir, dit-il en baissant le ton, mais Dumbledore est...très...pénible..., il met toujours son nez pile là où il ne faut pas, au moment on l'on voudrait qu'il soit occupé à l'autre bout de la Terre. Y en a qui ne m'aimaient pas. Je ne les aimais pas non plus. La plupart on été corrects, mais c'était tous des plaies.

Il fit une pause. Lord Voldemort le regarda. Très intensément.

-Raconte moi l'une de tes tentatives d'évasion, siffla-t-il.

Harry se redressa sur son trône, plutôt fier, et sourit. Il commença à expliquer, avec moult effets de voix, son héroïque saut par la fenêtre du premier.

Voldemort gardait le visage dur. Sa question avait pour unique but de vérifier si le petit disait la vérité. (Il s'avéra que oui, car pour inventer pareille épopée en quelques secondes, il aurait fallut être un imposteur de la trempe de Gilderoy Lockart.) Le Seigneur des Ténèbres pensait qu'il était inutile d'utiliser la légilimencie envers son Héritier ; un tel acte risquant surtout de le laisser perplexe, mais il n'avait pu empêcher sa méfiance maladive de s'imposer. Le fait que Harry ait été en contact permanent avec Dumbledore ces derniers temps le rendait fou. Non seulement l'idée que le vieux barbu ait cherché à manipuler son Héritier lui faisait dresser les cheveux sur la tête, mais il fallait à cela ajouter à sourde angoisse que l'Ordre ne soit parvenu à complètement le transformer en enfant... en enfant comme les autres. Harry était à des années lumière du gentil petit Gryffondor certes, mais également très différents de ces enfants capricieux, teigneux ou pleurnichards que le Lord avait connus dans sa très lointaine jeunesse. Aussi, il fut au moins à demi rassuré de constater que le petit semblait toujours avoir son caractère et surtout, qu'il avait réellement chercher à Le retrouver, Lui.

-Et là, y a une de ces espèces d'horreurs qui servent à apporter le petit déjeuner, qui m'a tapé sur l'épaule, je me suis retourné et AAAAH ! je lui ai tout envoyé dans la figure. C'était encore plus moche qu'avant, après. Le problème c'est que je n'avais plus beaucoup d'énergie dans ma main, du coup...- eh ...- ...tu m'écoutes ?

HP-LV-HP-LV

Avec le château, ce fut plutôt facile. Si ses pieds cherchèrent, les premiers jours, les escaliers de marbre de Godric's Hollow, il surent tout de suite retrouver le chemin du laboratoire.

En revanche, Harry et Lord Voldemort eurent du mal à se retrouver.
Se retrouver vraiment.
Pour le garçon, tout allait de soi, mais il se heurtait régulièrement à une réaction décalée du maître des lieux.

L'enlèvement avait énormément fait réagir le Seigneur des Ténèbres, sur de nombreux plans. Tout d'abord, d'une manière tout à fait pratique : il n'aurait pas dû se produire. Bien. Punir les responsables (Harry ne sut jamais à quel point les effusions d'affections que lui concédèrent la plupart des mangemorts à son retour étaient sincères. Non qu'ils l'aimassent de tout leur cœur - la plupart gardait leur tendresse pour les membres de leur famille proche, qui si elle avait sut qu'elle était bénéficiaire de quelque chose du genre aurait écarquillé les yeux d'incrédulité - les hommes de main du Seigneur des Ténèbres furent cependant profondément soulagé du retour de leur jeune Maître signifiant indubitablement la fin de l'ère sombre agrémentée de tortures en tous genres qu'ils venaient de traverser : le mois de Juin de cette année-là.)
Ensuite, quand Voldemort eut découvert que la séquestration de son jeune Héritier ne s'était prolongée que du fait de la privation de sa baguette, il prit la résolution de régler au plus vite ce problème. Se retrouver sans catalyseur magique, pour un sorcier, représentait la dernière des catastrophes à atteindre ; mais se trouver handicapé, privé de son droit le plus légitime et de son essence la plus naturelle, à cause d'une bête absence de baguette était pire (et le Seigneur des Ténèbres ne qualifiait pas de dernière des catastrophes le premier désastre venu). Aussi élabora-t-il rapidement un programme d'apprentissage pour enfant, ou ce qui s'en approchait assez (la pédagogie ludique en moins).
Avec Harry, il avait du mal à faire appel à la confiance gratuite qui lui venait presque spontanément autrefois. Leurs rapports n'avaient pas disparu pour laisser place à d'autres qui auraient pu être plus formels ou désagréables, non, leur complicité n'était pas perdue bien loin... tout juste égarée dans les couloirs méandreux de l'officiel, en transparence derrière cette fine couche de méfiance. Il ne fallait pas grand-chose pour la faire reparaître, un petit coup de pouce, à peine...

Harry en souffrait. Il avait retrouvé Lord Voldemort, le château d'Albanie, son univers, et comprenait très bien qu'il lui manquait autre chose, que ce quelque chose avait à voir avec Voldemort. Mais pourquoi ? Pourquoi cette chose manquait-elle ? Qu'avait-il fait ? Que s'était-il passé... ?
Harry en devenait malade. Presque toutes les nuits, il faisait des cauchemars dont il ne se souvenait pas au matin, mais dont les miaulements malheureux réveillaient invariablement le Seigneur des Ténèbres.

HP-LV-HP-LV

Et mi-juillet, il tomba malade. Angine.

-Angine ? s'éberlua Croupton, le plus jeune préposé aux potions.
-Oui, lui dit Lucius assis sur le plan de travail carrelé du laboratoire, en enroulant une bande autour de son poignet.
-Et qui c'est qui a diagnostiqué ça ?
-Moi. Il n'arrive pas à avaler. Ça lui fait mal à la gorge. Il a les ganglions gonflés. Je ne suis pas médecin et toi non plus Croupton, mais ce ne sont pas les symptômes d'une hépatite C.

Il avait fini de bander son poignet, et appela le collègue de labo de Croupton et Severus, une femme sans âge avec des sourcils broussailleux et un cheveu sur la langue, afin qu'elle vienne observer son genoux gauche. Elle souleva la robe, s'accroupit à peine et grimaça devant la torsion anguleuse, avant de repartir chercher le nécessaire. Le fils du célèbre Bartemius Croupton (version senior) affichait une adorable grimace qui se voulait d'indifférence.

-Pourquoi c'est moi, pourquoi c'est pas Snape ? réclama-t-il. Qu'est-ce qu'il fout ?
-Son job est à l'extérieur, s'agaça Lucius ; le Seigneur des Ténèbres lui a confié une mission. Toi ton job c'est d'aller filer sa potion à l'Héritier, et t'as intérêt qu'il guérisse.

Harry releva le menton quand la porte de sa chambre s'ouvrit avec fracas. Il avait les yeux un peu rougis et la mine pâlichonne. Se redressant de sous la couette il écarta ses mèches brunes qui eussent mérité un petit rafraîchissement, et s'étonna de l'arrivée de ce type à l'air pas content. Quand il eut reconnu l'insupportable Bartemius, ses traits se crispèrent légèrement tandis qu'il commençait d'une voix noire :

-Tenez-vous correctement.

Cela lui coûta un demi-sanglot à cause de la douleur dans la gorge.

Le mangemort lui jeta un regard et sembla considérer qu'un peu de respect ne serait pas de trop, exceptionnellement. Il calma sa grimace et l'emportement de son attitude, attira une chaise à lui et s'assit près du lit.

-Je t'ai préparé une potion, annonça-t-il en sortant un flacon de sa cape.

Harry voulut cracher avec mauvaise humeur que sa position ne lui autorisait que le vouvoiement. Au lieu de cela une pelote d'épingle traversant son larynx le fit se plier en deux en toussant et pleurant, et il réclama un verre d'eau. Le serviteur du Seigneur des Ténèbres lui en tendit un immédiatement. Harry avala tant bien que mal.

-Pourquoi ce n'est pas Severus qui s'occupe de moi ?
-Snape est occupé ailleurs.
-Je veux Severus.
-Ouais ben il est pas là alors tu vas pas chouiner parce que moi aussi je préfèrerais faire autre chose.
-Vas te faire !

Harry étendit le bras gauche si soudainement qu'on aurait dit qu'il cherchait à taper une mouche sur le front du mangemort, au lieu de quoi il ne le toucha pas, l'envoyant cependant percuter violemment la porte de la chambre. Excédé l'Héritier décida de purger les rangs sur le champ et, n'écoutant que sa colère, se dressa sur les genoux et crispa ses phalanges.
Il voulait ainsi jeter ce sortilège de torture qu'il avait inventé lui-même, retourner les doigts de Bartemius. Il ne chercha même pas de quelle manière il pourrait le faire sans baguette, celle-ci gisant totalement oubliée quelque part dans la chambre, la chose lui vint tout naturellement, comme lorsqu'il avait agressé Bok : sa volonté projetait elle-même sa magie jusqu'à ses mains, où l'intensité de sa fureur et la magie déjà présente dans l'air aidaient au prolongement de ses pouvoirs jusqu'à leur cible. Bartemius hurla donc de douleur sous la torture.

Harry cessa lorsque Lord Voldemort surgit dans l'encadrement de la porte ouverte brusquement. Il laissa tomber bras tendus et grimace rageuse, penaud, et se mit à tousser.

-Harry que se passe-t-il ici ?

Croupton bêlait, ses mains levées au niveau de la poitrine. L'Héritier se sentit soulevé par un si puissant sentiment de révolte, qu'il en plissa les yeux, la tête lui tourna. Il sauta à bas de son lit et debout face au Seigneur des Ténèbres, cria, se déchirant la gorge :

-Il m'a manqué de respect !
-...Très bien. Je le punirai.
-Tu n'as pas besoin, tu es aveugle ? Je viens de le faire !

Lord Voldemort se raidit et siffla dans un fourchelang glacial :

-Fais attention Harry...

Le garçon fut saisit d'un violent tremblement, baissa les paupières et se mordit la lèvre. Il ne savait pas depuis quand ses yeux étaient inondés de larmes - peut-être depuis le matin après tout -, sa gorge le faisait souffrir, sa tête aussi, et pourtant il ne voulait pas à cause de ces circonstances s'oublier à dire des choses qu'il regretterait. Il se prit la tête dans les mains, cachant la moitié de son visage, et s'avança jusqu'au Lord Noir.

-Pardon, dit-il d'une voix faible, levant les yeux une fraction de seconde.

Puis il s'accroupit les mains autour de la tête aux pieds du mage noir et éclata en sanglots. Ceux qu'il avait retenu trop longtemps.

C'étaient les larmes de Godric's Hollow. Celles de sa détention et de sa privation de magie, celles de ses retrouvailles avec Lord Voldemort, celles de sa frustration, de son incompréhension des derniers jours... ce furent des larmes de gratitude quand il sentit - plus qu'il ne vit - les robes sombres s'abaisser à son niveau, puis une main se poser sur son épaule gauche.

-Je ne pardonne pas. Je n'oublie pas non plus, surtout, je n'oublie pas.

Quelqu'un aurait pu sourire de ce discours entendu mille fois. Harry hocha la tête en continuant décharger ses sanglots.

-Mais je donne l'occasion de faire mieux. Allez lève-toi.

Le garçon renifla et tendit les bras au cou de Voldemort - qui se raidit à nouveau mais ne dit rien - et se laissa soulever et porter jusqu'à la salle du trône, vide à cette heure-ci, et depuis son enfance lieu inévitable des conversations importantes.

Sa potion de soins avalée, Harry était assis sur le trône (immense - ses pieds ne touchaient pas le sol) du Seigneur des Ténèbres, tandis que celui-ci, debout en face de l'enfant, réfléchissait à ce qu'il avait réellement à dire d'essentiel.

-J'ai un programme d'apprentissage pour toi. Pour les prochains mois.
-Qu'est-ce que je vais apprendre ?
-Tu apprendras à faire de la magie sans baguette. Je te l'enseignerai moi-même ; tu seras très attentif.
-Oui.

Harry sourit. Voldemort poursuivit.

-Tu vas également reprendre les cours avec Severus - pas sur les potions, précisa-t-il en avisant l'air positivement réjoui de son Héritier - sur l'art du combat. Il faut notamment que tu réussisse tes sauts, et que tu n'ais plus besoin d'une quinzaine d'essais pour attraper une balle.

Harry se sentit rougir. Il ouvrit la bouche pour s'excuser d'être si mauvais - ou râler de se l'entendre rappeler - mais la voix de son aîné l'interrompit :

-Chacun ses faiblesses, trancha-t-elle d'un ton neutre.

Il reprit son égrenage.

-Aucun besoin de travailler le Doloris.

Le Seigneur des Ténèbres jeta un regard de biais au gamin minuscule dans ce grand trône - qui maîtrisait peut-être mieux que lui-même l'usage du sortilège de torture.

-En revanche ton Imperium est loin d'être parfait. Tu l'étudieras avec...

Lord Voldemort avait pensé à Croupton, très doué dans ce domaine. Mais nommer le mangemort enseignant attitré de son jeune héritier risquait de finir au mieux dans les hurlements, au pire dans un bain de sang, et cela plusieurs fois par semaine.

-...Lucius.

Oui. Bon choix. Bellatrix aurait également compliqué les choses.

-Il est bon que tu aies différents professeurs. Je compte t'envoyer à l'école.
-C'est vrai ? s'exclama Harry.
-Oui, je vais contacter des amis. Tu iras certainement l'année de tes neuf ans, pour quelques mois.
-Ce sera Poudlard... ?

L'atmosphère se refroidit brièvement.

-Non.

On évacua le sujet.

Il s'était arrêté aux impardonnables. Lord Voldemort réfléchit quelques instants. Le petit n'avais jamais utilisé l'Avada Kedavra, mais il était encore trop tôt. Les pouvoirs que ce sort réclamait ne pouvaient être tirés du corps d'un enfant de huit ans sans en chambouler profondément le métabolisme magique.

-Je sais que tu as déjà utilisé un sortilège de mort.

Harry fronça les sourcils.

-Ah oui quand j'ai...

Slak. Ça allait très vite, de couper une tête. L'instant d'avant, elle y était encore, sûre d'elle. L'instant d'après elle n'y était plus.

-J'ai été fier de toi, mais je ne veux plus que tu le fasses.

Harry retint son souffle.
Fier. De. Toi.
Fier de Moi.

-Tu m'entends, ne recommence pas. Cela t'abîme.
-O-oui.
-Autre chose : tu parleras le Fourchelang plus souvent. Trouve le moyen qui te plais.
-D'accord.

Voldemort avait beaucoup réfléchi à cette histoire de Fourchelang. Le fils des Potter, un don typiquement Serpentard ...? Cela n'avait guère de sens. En premier temps, il comptait donc vérifier l'étendue véritable de ce don.

-Et dès que j'estimerai que tu as fait des progrès, nous ferons nos visites de courtoisie ensemble.
-Je vais bien travailler, promit Harry, les joues rosies de plaisir.

Lord Voldemort balança sa tête en arrière et resta ainsi plusieurs secondes. Puis il retourna au visage de son jeune héritier et avec un imperceptible sourire, haussa un sourcil :

-Que dirais-tu pour commencer, d'aller remercier Albus Dumbledore... ?

HP-LV-HP-LV

-Alors, comme ça, il...le... le problème est réglé ? questionnait un homme entre deux ages, vêtu d'une superbe robe à dentelle dorée, échancrée sur le torse et dans le dos.

Parmi les flammes magiques de la cheminée, le visage blasé - les derniers événements l'avaient quelque peu fatiguée - de Minerva McGonagall lui répondit.

-Oui. Monsieur Dumbledore n'a pu se libérer et vous transmet ses excuses.
-Il a réussi à, hum, négocier ?

La directrice adjointe de l'unique école de sorcellerie au monde a avoir à sa tête des gens qui kidnappait les enfants des héros de guerre s'autorisa une légère grimace interrogative. De quelle 'négociation' parlait-on, s'il vous plaît ?

-Votre collègue Lui a, hum, rendu ce qu'il Lui avait pris ?
-... Considérez cela comme ça. Néanmoins, le problème est définitivement réglé. Les activités de Vous-Savez-Qui devraient revenir à la normale.

Elle avait lâché ces derniers mots dans un soupir sarcastique.

-Bon courage.

La tête disparut de sa cheminée et Monsieur le Ministre de la Magie se redressa difficilement. Puis il décida qu'on venait de lui annoncer une nouvelle plutôt bonne et essaya de se réjouir, hélas en vain. Il alla à son bureau et se servit un verre d'alcool fort.

Il considérait l'idée de s'en servir un troisième quand un subit bouffement de fumée noire le fit se retourner précipitamment de son bureau pour protéger ses yeux, qui lui piquaient. Lorsque d'un sort il eut dissipé l'artifice et put se tourner pour comprendre le pourquoi du comment, il poussa un cri strident et lâcha son verre.

Un corps, rien moins que ça, gisait sur son bureau ministériel, carbonisé. Le visage du mort était assez moche à voir, comme lacéré par plusieurs coups de fouet, et la jambe droite se divisait en deux morceaux - replacés dans leur continuité dans un respect mortuaire ironique à vomir. Avant de quitter la pièce la main sur la bouche, le Ministre n'eut pas le temps de lire les deux mots incandescents tracés à la plume sur le parchemin noir qui lévitait (1) tranquillement au dessus du corps.

Merci, Dumbledore.

Fin du chapitre 6

(1) J'ai noté avec ahurissement que le verbe « léviter » (lévitation) n'existait pas. M'en fous je l'utilise quand même : tout le monde comprend. Mais quel scandale ! Pour Transplaner ou Padawan j'admet que l'usage est plutôt restreint mais « léviter » ! M'en va écrire aux grammairiens. Déjà qu'ils déconnent à plein tube avec leurs liaisons aux Z'haricots .

Lupiot (outrée)

Bisous à tious :)