Bonjour à tous ! :)
J'avais dit deux semaines d'attente, j'aurais dû doubler la mise. J'avais oublié de prendre en compte mon manque de cerveau (et mon manque de wifi, aussi).

Nous voici donc à Poudlard. Ne soyez pas trop impatients, j'ai pas mal de choses à y raconter, et tout ne vient pas dans ce chapitre. (La première version faisait à nouveau 40 pages, j'ai coupé en deux, pour votre confort =])

Enjoy donc, voici Harry in Poudlard

Petit, chapitre 19

Il se sentait contaminé.

Chapitre 20

Dès le début, Harry se sentit mal.
Il n'était pas mécontent d'être à Poudlard. Mais la façon dont les choses s'étaient passées et continuaient de se passer ne lui plaisait pas. Il avait été forcé sans être forcé. Il était contraint sans être malheureux. Il était satisfait sans être heureux. Il n'y pensait pas, du moins pas trop – de toute façon, le début de sa scolarité à Poudlard lui fournit de si nombreux objets d'attention qu'il n'eut pas vraiment le temps de penser au léger malaise qui ne le quittait pourtant jamais.
Seulement, la nuit, alors que tout le monde dormait dans le petit dortoir douillet, et aux premières lueurs de l'aurore, lorsque la pâle lueur du jour venait caresser sa joue, dans ces moments silencieux où le Petit Lord avait son esprit et son coeur pour seule compagnie, il se sentait sale.
Sale à l'intérieur. Comme si l'un de ses organes s'était mis à produire un liquide gluant et noir. Harry pouvait le visualiser, flottant dans son estomac, s'infiltrant entre ses côtes. Parfois, il avait l'impression qu'il suintait par les pores de sa peau. Tous les matins, il frottait tout son corps avec un acharnement maladif, et ressortait de la salle de bain rouge comme un homard.
Heureusement qu'il y avait un million de choses qui le détournaient de ses tristes pensées le reste de la journée.

-Où mère a-t-elle bien pu ranger mes souliers neufs ? s'exaspérait Draco en vidant la moitié de sa malle par-dessus son épaule.

Harry s'assit sur le bord du lit et, lissant machinalement son pantalon, observa la scène en attendant que Draco, Crabbe et Goyle soient prêts à descendre. C'était son deuxième jour à l'école, et son premier jour de cours. La veille était un dimanche, et Draco lui avait fait visiter le domaine.
Draco avait changé.
Il était toujours aussi soigneusement peigné, toujours aussi blond, et toujours à la recherche d'une distraction. Mes ses distractions avaient changé : il ne sautait plus sur son lit, c'était bon pour les crétins, il ne dessinait plus, c'était fait pour les bébés. Il préférait tourmenter les petits et les grands – il semblait pour cela posséder un pactole inépuisable de petites phrases à propos.

-Ah ! fit-il, satisfait en extrayant une paire de chaussures de cuir montantes. Mes nouvelles chaussures de Quidditch. Sais-tu que les sélections commencent cette semaine et que les premières années n'ont pas le droit d'y participer ? C'est tout simplement stupide. Mon père m'a laissé un mot à l'attention du professeur Bibine, qu'elle ne passe pas, au moins, à côté d'une perle faute de l'avoir regardée d'assez près.

Il dit tout cela avec un aplomb étonnant. Harry, à qui le discours était adressé, haussa les épaules et sourit – il ne connaissait rien au Quidditch, et trouvait l'attitude princière de Draco assez amusante.

-Vincent, tu ramasseras mes affaires.

Vincent Crabbe, à moitié vêtu, leva ses petits yeux sournois et ouvrit la bouche d'un air interrogatif. Puis il avisa le tas de vêtements éparpillés à côté de Draco et, après avoir renoncé à boucler la ceinture de son pantalon, entreprit de ramasser les affaires de son camarade en bougonnant.
Draco s'en fut dans la salle de bain vérifier l'état impeccable de ses cheveux.
Harry suivait tout cela avec beaucoup d'intérêt. Il y avait une sorte de similitude entre la façon dont Crabbe et Goyle étaient soumis à Draco Malfoy, et celle dont les mangemorts étaient soumis au Seigneur des Ténèbres et à son fils. Un esprit de vassalité, une allégeance d'un ordre tel qu'on ne la discutait pas. Mais Harry avait beau chercher, dans le cas de cette hiérarchie de dortoir, il ne trouvait pas d'explication. Si ce n'était le fait que Draco s'était probablement intronisé roi tout seul, et que Crabbe et Goyle n'avaient pas opposé de résistance.

Vincent Crabbe était méchant. Autant son père, Valmont Crabbe, tel que le connaissait le Petit Lord, se montrait, docile, doux et prévenant, autant le fils dégageait un mauvais esprit toxique. Harry ne le connaissait que depuis la veille, et il savait déjà qu'il ne ratait pas une occasion de rabaisser, griffer, pincer, cogner, insulter Gregory Goyle dès que Draco Malfoy avait le dos tourné. Il souriait d'un air malveillant à toutes les petites piques assassines que Draco pouvait jeter au hasard de la discussion, se réjouissant des saletés que recevaient les autres – il fronçait les sourcils d'un air menaçant lorsque la pique lui était destinée, mais ne pipait mot.
Gregory Goyle semblait aussi abruti et silencieux que son père. Il avait de grands yeux noirs et de longs cils, et il plissait constamment les paupières comme s'il tentait de comprendre un raisonnement insaisissable. Il n'avait pas l'air méchant, juste bête.
Dans le dortoir, il y avait un troisième garçon, Blaise Zabini. Ses traits d'une suprême délicatesse, sa peau noire et son port altier, renvoyaient Harry à l'Ecole d'Insan Greek où il avait connu Neferupito, un prince d'Orient – c'était exactement ce à quoi ressemblait Blaise Zabini : un prince d'Orient. Une incompatibilité totale avait dû se manifester dès le début entre lui et Draco Malfoy : le noir ne traînait jamais dans les mêmes parages que le blond. Deux princes ne pouvaient régner sur un si petit peuple, et Harry supposa que Draco avait remporté la bataille. Blaise était levé depuis longtemps, et descendu dans la salle commune.

La salle commune correspondait à une sorte de grand dortoir sauf qu'il n'y avait pas de lits, mais des fauteuils et des canapés, et trois cheminées. Harry la trouvait géniale. En plus, il y avait des serpents gravés partout, et les couleurs dominantes des coussins, tentures et tapis, étaient le vert et l'argenté, ce vert sombre et épais comme la Forêt Interdite – Harry avait résolu que la Forêt Interdite serait le premier endroit qu'il visiterait dès qu'il en aurait l'occasion – cet argenté lumineux et glacé comme un miroir : dans la salle commune, Harry s'était tout de suite senti chez lui.

Draco ressortit de la salle de bain en glissant un petit peigne en ivoire dans la poche intérieure de sa robe. Devinant le signal du départ, Harry se leva et enfila sa propre robe par-dessus ses habits. Le brun et le blond sortirent, suivis par Vincent qui rentrait malhabilement sa chemise dans son pantalon, et Gregory, qui jetait précipitamment ses parchemins de cours dans son sac d'un air paniqué.

-Partez pas sans moi ! cria-t-il d'une petite voix.

Vincent passa sa langue sur ses lèvres comme victime d'un toc, et lorsque Gregory le rejoignit en courant, il lui fit un croche-pied.

-Fais un peu attention, gros bébé ! s'exclama Draco.

Vincent éclata de rire et, alors que Draco détournait son attention, il écrasa la main de Gregory de son gros pied de troll. Harry n'entendit pas gémir la victime, qui, une fois délaissé des sournoiseries de son camarade, ramassa bien vite sa sacoche et la plume qui s'en était échappée, se remit sur ses pieds et rejoignit ses deux compères en courant, comme le chien pressé de rattraper son maître. Harry lui ayant volé sa place à la gauche de Draco, Gregory se plaça derrière le blond, et se mit à marcher en regardant ses pieds, l'air ailleurs.

L'espace d'un instant, à marcher conjointement vers la salle du petit déjeuner avec Draco et Vincent, Harry se sentit à nouveau sale. Il regarda ses paumes, s'attendant peut-être à voir les traces d'un liquide noir suinter à travers la peau. Il ne vit rien. La sensation disparut comme elle était venue.

HP-LV-HP-LV

Le premier cours était un cours de Sortilèges. Dirigé par un nain bizarre au visage putréfié. Un nain que Harry avait déjà vu au moins trois ou quatre fois, puisque Flitwivk avait combattu contre son Père au sein même du château d'Albanie – Harry avait donc une estimation très précise de son talent en sortilèges. Il s'attendait à un cours grandiose.
Il avait oublié qu'il était en première année d'étude.

-Bonjour les enfants ! s'exclama le professeur d'un ton guilleret. Nous allons reprendre les bases, aujourd'hui, car j'ai remarqué quelques erreurs dramatiques. Qu'avons-nous commencé par apprendre ? A tenir la baguette correctement ! Non pas comme une plume, comme le fait monsieur Dean Finnigan...
-...Moi c'est Dean Thomas, monsieur.
-Ni comme un marteau, comme le fait monsieur ...Goyle... ?
-...Crabbe.
-Si vous n'étiez pas toujours assis l'un à côté de l'autre, aussi. Pardonnez-moi ! La baguette, qui est l'instrument indispensable au sorcier, ne se tient ni comme une plume, ni comme un marteau, mais comme ceci, élégamment et fermement, exactement comme le fait mademoiselle Granger, ici. Je veux vous voir tous tenir votre baguette correctement, alors, levez-la !

Abasourdi par le déroulement du cours, Harry leva sa baguette, à l'instar des autres élèves.

-...Et abaissez-la brusquement.

Toutes les baguettes sifflèrent dans l'air, et un bel alignement d'étincelles bleues, rouges, oranges, violettes, remplit la salle. Beaucoup d'élèves – et pourtant, ils suivaient ce cour depuis presque un mois – firent « Ooh ! » et la moitié de la classe partit d'un rire excité.

Harry se laissa tomber dans le fond de sa chaise, et ferma les yeux. Il sentait que les deux heures de Sortilèges allaient être très très longues.

HP-LV-HP-LV

Le deuxième cours était celui de Métamorphose, donné par le Minerva McGonagall. Au grand embarras de Harry, qui continuait de se sentir en la présence de cette femme comme le lapin débusqué hors de son terrier, Draco tint à s'asseoir au premier rang. Le professeur, raide comme la justice, les traits tirés par un chignon sévère, descendant son regard prédateur sur les vingt élèves de la salle, attendit que le silence se fît, redressa le menton et entama :
-Deuxième chapitre du cours. Nous commencerons la pratique au troisième chapitre.

Elle secoua sa baguette et le titre du chapitre apparut au tableau.

-La métamorphose est un art complexe et intransigeant, fit-elle d'un ton tranchant.

Harry reconnut la phrase d'introduction du manuel de métamorphose de Rozenstein & Hammer, les deux théoriciens de la magie préférés de Lord Voldemort. Sachant tout le discours par coeur, il décrocha pour vingt minutes, et entreprit de déchiffrer les inscriptions coquines gravées sur son pupitre.

-...Mr Potter, qu'est-ce que je viens de dire ?

Harry redressa vivement la tête. Du coin de l'oeil, il vit qu'Hermione Granger levait la main. Il regarda discrètement sa montre : douze minutes avaient passé, on devait en être à peu près à la moitié du discours. Draco avait eu le temps de bousiller ses ongles manucurés à faire des rayures dans le pupitre.

-Vous disiez que l'essence magique ne se laisse pas manipuler facilement, hasarda Harry.
-...Très bonne reformulation, admit le professeur en hochant la tête d'un mouvement respectueux – Harry avait résumé en huit mot une périphrase de huit lignes du manuel de Rozenstein – avant de reprendre son blabla.

Lorsque le cours commença finalement – et il commença – il ne fut question que de prendre en note la théorie de la métamorphose. Harry reconnut avec dépit qu'il aurait été fou de vouloir faire transformer quoi que ce soit par des gens sachant à peine tenir leur baguette. Il se laissa rapidement distancer par la voix sèche de Minerva McGongall et se mit à gribouiller des Inferi sur son parchemin. A un moment, la voix se tut, et il releva la tête, pour constater qu'un exercice théorique était inscrit au tableau. Le temps de recopier l'énoncé, il avait déjà répondu mentalement à la question, et une fois qu'il l'eut couchée sur papier, il cala son menton dans sa paume, et soupira.

Vivement les cours de Défense Contre les Forces du Mal, que je m'amuse un peu.

Une main ridée prit possession de son parchemin sans qu'il l'ait vue s'approcher. Il leva un regard coupable vers le professeur, mais celle-ci lui répondit par une expression de douceur qui le coupa net dans ses élans regardez-comme-je-suis-innocent-oh-ne-me-punissez-pas. Il avait appris en observant Angelo qu'une expression un peu apeurée et un regard humide étaient souvent la meilleure tactique auprès des professeurs – mais il y parvenait moins bien qu'Angelo.

Minerva McGonagall fit apparaître une chaise, l'approcha de son pupitre et s'assit à côté de lui. Harry en était à se demander s'il n'allait pas recevoir un long laïus moralisateur.

-Potter, vous avez répondu avec le syllogisme de Rozenstein : vous l'avez étudié ?
-Oui.
-Vous connaissez Rozenstein ?
-Oui.
-Oui, professeur.
-Oui, professeur, répéta Harry d'un ton mauvais, le rouge lui montant aux joues.
-Puisque vous avez de l'avance, pensez-vous pouvoir répondre à cette question ?

Une écriture penchée et stricte s'imprima sur son parchemin. « Quelles sont les limites de la métamorphose animale ? ». Ce n'était pas dans Rozenstein, mais Harry avait vu ce sujet à l'Ecole. Il hocha lentement la tête, et le professeur se leva. Il passa le reste du cours penché sur sa propre question, et réalisa avec un temps de retard qu'il était reconnaissant à Minerva McGonagall de lui avoir trouvé un exercice à son niveau.

HP-LV-HP-LV

Le midi, dans la Grande Salle, toujours aussi magnifique de lumière automnale – un soleil languissant dispensait ses tièdes rayons, et des nuages pâles se traînaient au plafond, traversés par des envols de feuilles mortes – Harry s'assit en face de Draco. Crabbe et Goyle encadrèrent leur seigneur. Le Petit Lord ne s'en étonna pas, mais ne sut s'il avait envie d'en rire où simplement que les deux balourds disparaissent de sa vue.

-Cet après-midi, nous avons notre premier cours de vol, annonça Draco sur le ton qu'il aurait adopté pour dire « je vais me faire sacrer Empereur d'Occident ».
-Le premier ? intercepta Harry en tendant la main pour récupérer le plat de cuisses de poulet. C'est le premier ?
-Oui. Le professeur Bibine suivait une formation dans je ne sais quel pays inutile d'Europe Centrale, poursuivit le blond en découpant gracieusement son poulet. Elle est revenue le jour de ton arrivée. C'est ce que m'a dit Marcus Flint, en tout cas. Et il est capitaine de l'équipe de Quidditch de Serpentard, il doit être bien informé.
-Ah...
-Je suis en très bons termes avec lui, ajouta Draco après avoir laissé à Harry l'opportunité de poser une question – celui-ci ne se décidant pas, il continua son lancer de fleurs personnel. C'est le Préfet de Serpentard, avec Vicky Frobisher.
-Hein ? firent les yeux de Harry – sa bouche était pleine de petits pois carottes.
-Il est en cinquième année, et elle en sixième.
-G'accord – il avala – mais il est Préfet de quoi ?
-De Serpentard.
-Qu'est-ce que ça veut dire ?
-C'est une sorte d'intendant disciplinaire supplémentaire, en plus des profs.
-La barbe, soupira Harry, qui pensait en avoir fini avec les lieutenants et les djinns.
-Si tu es avec moi, tu n'as rien à redouter, fit Draco avec un sourire tordu : Flint favorise ses amis. Et puis, Préfet, ce n'est que des avantages. Tu peux donner des ordres, tu as le droit à ta salle de bain personnelle... J'ai hâte d'être Préfet.
-Tu le seras ?
-Bien sûr. Quand je serai en cinquième année. Ils choisissent les meilleurs élèves. Aucun doute que chez les Gryffondors, ce sera Hermione Granger, cette insupportable miss Je-Sais-Tout. Tu devrais voir Snape la rabaisser ! Ha ! Un vrai plaisir !

Les deux garçons s'assombrirent soudain. Harry parce que la mention de Snape lui rappelait la trahison de celui qui avait si longtemps été son seul ami au château d'Albanie. Draco parce que son père lui avait fait savoir que s'il devait se faire un ami de Snape, il serait déshérité – il n'avait pas bien compris pourquoi, mais il connaissait vaguement cette histoire de trahison, surtout parce qu'elle avait plongé son foyer dans une humeur morose fort déplaisante, à Noël dernier.

Gregory renversa son jus de citrouille sur la nappe et Draco leva précipitamment ses manches en pestant :
-Sur mon sang, tu es vraiment crétin !

Leurs voisins de table éclatèrent de rire, tandis que Gregory rentrait la tête dans les épaules et épongeait le liquide avec sa serviette. Le prenant en pitié, Harry jeta un sort de nettoyage. En croisant le regard reconnaissant de Gregory, il se sentit bien.

HP-LV-HP-LV

-Qu'est-ce que c'est, qu'est-ce que c'est ?

Lorsqu'ils arrivèrent sur le terrain vert à l'aube de la forêt interdite, où était censé se dérouler le cours de vol, un attroupement s'était formé autour d'un élève aux joues rondes. Harry resta à l'écart, tendant le cou pour regarder. Draco, en revanche, fendit la foule comme un couteau rentre dans du beurre, tout le monde s'écartant sur le passage de ses deux acolytes.

-Ah, je vois. Londubat a ressorti son cerveau de rechange, constata-t-il, narquois, en saisissant des mains tremblantes du dénommé Londubat une grosse boule transparente. Si tu veux mon avis, Londubat, tu ferais mieux de ne plus te séparer de ton Rapeltout, vu que ta pauvre petite tête ne retient rien !

Il éclata de rire, imité par la moitié des élèves. L'autre moitié fronçait les sourcils d'un air un peu embêté. Draco fit sauter la boule d'une main à l'autre. Elle devint rouge. Il adressa un sourire mielleux à Londubat.

-Eh bien alors ? Tu as oublié ton courage dans ton pyjama, c'est ça ?

Les rires redoublèrent.

-Rends-la moi, protesta faiblement le propriétaire de l'objet.

-Ou bien tu as oublié de mettre un slip, peut-être ? Tu veux vérifier ?

L'attroupement fut secoué d'un grand éclat de rire.

-Qu'a bien pu oublier Londubat ? poursuivit Draco en faisant sauter la boule couleur carmin de sa main gauche à sa main droite.
-Il a oublié d'apprendre à faire ses lacets ! répondit une grosse fille très laide que Draco avait présenté à Harry comme Millicent Bullstrode.
-Il a oublié de faire un régime ! s'exclama la voix criarde de Pansy Parkinson, l'oeil sournois.
-Il a oublié sa tête ! relança Blaise Zabini, qui, les bras croisés, observait la scène avec un peu de distance, comme Harry.

Draco semblait se réjouir de la tournure que prenaient les évènements. Son sourire allant d'une oreille à l'autre, il jeta la boule à une fille blonde portant l'écusson de Serpentard.

-Daphnee, attrape !
-Rends-la moi ! protesta Londubat en se jetant en avant.

La fille réceptionna la boule, et après une brève hésitation, la renvoya à Malfoy. Celui-ci recula de quelques pas.

-Tu la veux ta boule, Bouboule ?
-Rends-la moi, Malfoy !
-Redonne-lui, Malfoy ! intervint alors Ronald Weasley.
-Oh oh ! Le Pouilleux vient au secours du Malchanceux. Belle équipe de bras-cassés ! On dirait un conte de Beadle Le Barde ! s'exclama le blond avant de lancer le Rapeltout à Crabbe, qui le lança à Goyle, qui le relança en riant au hasard.

Le Rapeltout atterrit sur l'herbe et tout le monde se précipita pour le saisir.

-Je l'ai ! s'exclama alors Millicent Bullstrode en brandissant son poing au-dessus des têtes de tout le monde.
-Et qu'avez-vous donc, Mademoiselle ?

Tout le monde se retourna vers le professeur Bibine, qui tapota le poing de Millicent Bullstrode de sa main gantée, la transperçant de son regard d'aigle.

-A qui est-ce ?

La fille ne répondit pas. Tous les Gryffondors affichaient un demi-sourire glorieux. Bien mal acquis ne profite jamais, semblaient clamer leurs visages, reflets de l'enfance qu'ils avaient passée à biberonner les contes de Beadle le Barde justement, dans lesquels les méchants sont toujours punis.

-C'est à lui, intervint Draco Malfoy en désignant Londubat. Il l'avait fait tomber.

Puis il s'éloigna du cercle, certain que personne n'oserait dénigrer sa parole – les Gryffondors ne sont pas des cafards, c'est bien connu – et effectivement, personne ne dit rien, et Londubat put récupérer sa boule.

-Rangez-moi ça, indiqua le professeur Bibine, avant de faire trois grandes enjambées – qui valurent une dizaine de pas des enfants – vers une rangée de balais posés à terre. Alors, qu'est-ce que vous attendez ? aboya-t-elle. Mettez-vous chacun devant un balai, et que ça saute !

Le Rapeltout roula aux pieds de Harry, qui le ramassa et le remit à son propriétaire. Lorsqu'il effleura le poignet du garçon joufflu, il remarqua que celui-ci tremblait, et que des larmes remplissaient ses yeux.
Il se sentit horriblement sale. A tel point qu'il regarda à nouveau ses mains, persuadé qu'il y verrait des gouttes de ce mazout qu'il sentait en lui.
Serpentards et Gryffondor obéirent dans la précipitation et le chaos le plus complet, chacun s'efforçant de se mettre devant un balai de belle allure, et chacun étant dépité par les instruments tous plus usés les uns que les autres. Harry se contenta de se mettre à côté de Draco. A vrai dire, il avait été plutôt soulagé par l'apparition du professeur de vol : avant son arrivée, il en était à se demander si, lorsque le Rapeltout arriverait entre ses mains, il le renverrait à Draco ou bien à Londubat. Cette pensée le fit étrangement se sentir encore plus sale.
Mais il oublia son malaise sitôt qu'il fut question de s'élever dans les airs sur son balai.

-Tendez la main droite au-dessus du balai, ordonna Madame Bibine, et dîtes : « Debout ! ».
-Debout ! cria Harry d'un ton péremptoire.

Son balai lui fusa aussitôt dans la main. Harry observa alors les autres élèves et constata avec effarement qu'il était à peu près le seul à avoir son balai dans la main. Draco obtint une réponse immédiate de son balai, le garçon nommé Seamus Finnigan mit un peu plus de temps à parvenir au même résultat, Ronald Weasley s'y reprit à deux fois, et Hermione Granger, malgré son insistance, ne parvenait à rien de plus qu'à pousser son balai à tourner sur lui-même. Tous les autres restaient la main au-dessus de leur balai comme des idiots, et ceux-ci ne bougeaient pas.

-Tu as déjà volé ? lui demanda Draco.
-Non, répondit le Petit Lord. Enfin, sur des tapis volants.

Il sourit à ce souvenir.

-C'était trop cool.

Draco plissa les yeux d'un air indéchiffrable mais ne dit rien.

-Tu n'as jamais volé ? lui demanda Hermione Granger en ouvrant grand les yeux.
-Jamais sur un balai, non, répondit poliment Harry.
-C'est fou, tu dois avoir un talent inné ! Regarde comme le mien refuse de m'obéir. Debout !
-C'est parce que tu t'y prends mal, sourit Harry, tu as l'air d'être douée pour la magie, mais pour faire voler un balai, si c'est pareil que pour un tapis, ça n'a rien à voir avec la magie. Il faut avoir envie de voler.

Il ne remarqua pas l'expression de répulsion choquée qu'afficha Draco à le voir converser ainsi.
Harry jeta un oeil aux autres élèves : au moins quatre d'entre eux, dont Londubat, regardaient leur balai d'un air moribond, comme s'ils pouvaient déjà se voir en train d'en chuter. Rien d'étonnant à ce que le balai ne leur obéisse pas.
Lorsqu'au bout d'une dizaine de minutes, tout le monde eut réussi à lever tant bien que mal son balai, le professeur leur montra comment enfourcher le manche sans glisser, et passa derrière eux pour corriger leur position. Harry sentait une indicible excitation monter en lui à mesure sur le moment du décollage approchait. Allez, allez, on enchaîne, songeait-il en regardant Madame Bibine corriger patiemment la position de Crabbe, qui restait campé sur ses deux poteaux, aussi souple qu'un temple grec.

-Et maintenant, dit la femme, à mon coup de sifflet, vous donnez un coup de pied par terre pour vous lancer. Frappez fort. Vous tiendrez vos balais bien droits, vous vous élèverez d'un ou deux mètres et vous reviendrez au sol en vous penchant légèrement en avant. Attention, au coup de sifflet. Trois, deux...

Harry vit alors Londubat s'élever au-dessus des têtes des autres élèves, les yeux fermés à s'en fendre les paupières, les mains crispées sur le manche de son balai.

-Redescends, mon garçon ! ordonna le professeur.

Mais Harry, comme les autres, comprit que Londubat n'avait même pas conscience d'avoir décollé. Il était si nerveux qu'il avait dû frapper le sol sans même y penser. Mais quel boulet, pensa Harry en soupirant profondément. Il relâcha son propre balai et siffla entre ses dents :
-Hey, Londubat ! Ouvre les yeux !

Draco éclata de rire. Londubat ouvrit alors les yeux et poussa un gémissement d'effroi. Son balai s'était déjà élevé à une hauteur de trois mètres.

-Redescends, Londubat, dit alors le professeur en lui faisant un signe. Penche ton balai en avant.

Mais dans sa panique, le garçon agrippa le manche, le tirant ainsi vers les haut, et il atteignit six mètres en quelques secondes. Son balai était alors quasiment à la verticale.

-Il va tomber, murmura Harry, saisissant vivement sa baguette.
-Bah ! Qu'il tombe ! rit Draco.

Londubat glissa effectivement de son balai, et le professeur se précipita sous lui pour le réceptionner – mais évidemment, le balai avait dévié de sa trajectoire et elle ne pouvait atteindre le point d'impact avant l'impact. Mais nom d'un Basilic, s'exaspéra mentalement Harry, est-elle sorcière oui ou non ? Ta baguette, pauvre tarte !
Seule Hermione Granger semblait avoir eu le même réflexe qu'Harry, et dirigea sa baguette vers le garçon au moment où il tombait. Mais elle devait ignorer quel sort lancer, car ce fut l'Impedimenta de Harry qui fit effet, ralentissant la chute.
Il y eut quand même un « Boum » et un bruit de craquement, et Londubat se retrouva face contre terre, tandis que le balai, délesté de son poids, semblait ravi de voguer vers la forêt interdite, disparaissant à l'horizon. Madame Bibine se pencha sur la pauvre victime, le teint aussi livide que le garçon :

-Poignet cassé, murmura-t-elle. Allons, ce n'est pas grave, viens avec moi. J'emmène ce garçon à l'infirmerie, annonça-t-elle à ses élèves en se redressant. Si je vois un seul balai dans les airs en revenant, le responsable sera dans le train de retour demain matin. Restez sages.

Elle se mit en route vers le château, Neville pleurnichant et clopinant à côté d'elle, mais s'arrêta devant eux :
-Qui a ralenti sa chute ?
Tous les doigts désignèrent Harry.
-Vingt points pour Serpentard.

Elle reprit son chemin tandis que tout le monde félicitait Harry. Celui-ci fit un sourire contrit. Une idée pernicieuse s'infiltrait au ralenti dans son esprit : il avait effleuré le poignet de Londubat lorsqu'il lui avait remis le Rapeltout, et malgré son Impedimenta, le gros garçon s'était blessé, et blessé où ? Au poignet.
Harry s'était trompé en pensant que l'impureté qu'il avait en lui ressemblait à un liquide noir gluant et dégoûtant : en vérité, le mal était invisible, mais bien là. Il avait à peine frôlé le poignet de Londubat, un garçon innocent, une victime, et voilà que celui-ci s'en allait en pleurant vers l'infirmerie de l'école. Harry glissa ses doigts tremblants dans ses poches pour ne plus toucher personne.

Je suis sale, songea-t-il en fermant les yeux.

-Vous avez vu sa tête, à ce mollasson ? railla Draco une fois que le professeur se fut suffisamment éloigné.

Harry rouvrit les yeux. Il jeta un regard noir à Draco.

-Tais-toi, Malfoy, répliqua une fille au profil indien d'un ton exaspéré.
-Tu prends la défense de Londubat, Parvati ? susurra Pansy Parkinson. Je ne savais pas que ton truc c'était les gros pleurnichards.
-Oh oh ! fit Malfoy.

Il courut à l'endroit où Londubat était tombé et ramassa un objet étincelant.

-Donne moi ça, Draco, dit Harry d'une voix très calme.

Un silence de pierre tomba sur le petit groupe.

-Tu veux y jeter un oeil ? demanda Draco en fronçant les sourcils.
-Je peux que tu arrêtes de faire ta peste. J'irai rendre moi-même ce truc à Londubat.

Draco devint rose, puis blanc, et pinça les lèvres.

-Tu le veux ? fit-il, provocateur, en arquant un sourcil, le Rapeltout bien en évidence dans sa main droite.
-Tu ne veux vraiment pas engager un duel avec moi, mon petit Draco, répondit calmement Harry en tirant sa baguette d'un mouvement leste. Faut-il que je te rappelle d'où je viens ?

Le blond eut l'air confus, comme s'il essayait de déterminer si ce Grand Monsieur, le Seigneur des Ténèbres, auquel faisait toujours allusion son propre père, et qui semblait être celui de Harry, était susceptible d'avoir appris beaucoup de choses horribles au garçon qui le menaçait d'un duel, l'air de rien. En fait, il n'avait pas idée. Pour lui, les choses les plus horribles étaient de se faire gronder par son père, d'être privé de dessert par sa mère, et quand on en venait aux sortilèges, il ne pouvait imaginer de choses plus violentes que de l'envoyer se cogner contre un arbre. Bien sûr, il y avait le sortilège de mort, mais Harry ne lui jetterait pas celui-là, pas vrai ?
L'idée d'être projeté contre un arbre l'effraya cependant suffisamment pour qu'il renonce à un affrontement direct. Au lieu de ça, un fit un sourire en coin et enjamba son balai. En un éclair, il avait décollé.

-Alors, Harry ? T'as la frousse ? Viens le chercher, le Rapeltout de ton obèse chéri !

De là où il était, Draco ne put certainement pas le voir, mais tous les élèves qui croisèrent le regard glacé que jeta le brun au blond reculèrent machinalement d'un pas.

-Debout ! dit Harry à son balai, qu'il avait reposé.

L'objet se cala aussitôt dans le creux de sa paume.

-N'y va pas, Potter, tu n'as jamais volé, glissa Seamus Finnigan.

Harry ne réagit pas au nom de Potter, mais comprit que le conseil lui était adressé. Il regarda les autres enfants. Et malgré les paroles qui venaient d'être prononcées, il lut dans le regard de Seamus Finnigan lui-même, dans celui de Ronald Weasley, dans celui de Parvati Patil, dans celui d'Hermione Granger et même dans celui de Blaise Zabini, une discrète lueur d'admiration. Pansy Parkinson, Millicent Bullstrode et Vincent Crabbe le fixaient avec le même petit sourire goguenard. Gregory Goyle leva sur lui un immense regard noir plein de lumière, et pour la première fois, Harry le vit sans son air inquiet, sans sa figure empressée et sans ses paupières plissées. Il avait l'air doux et plein de joie. Harry frappa fortement le sol et s'élança dans les airs.
Le vent siffla à ses oreilles et sa robe battit l'air derrière lui. Le bois du manche de son balai, tiède à l'endroit des mains, lui sembla renfermer un doux vrombissement. Harry ressentit une allégresse intense à découvrir la merveilleuse sensation du vol. Ca n'avait rien a voir avec un tapis. On avait les jambes dans le vide, c'était l'insécurité la plus complète. Et pourtant, on se sentait puissant, maître de toutes les directions. Voler lui parut naturel. Tirant sur son balai, il prit un virage serré pour se retrouver face à Draco.

Il entendit monter à lui les acclamations de quelques élèves, leurs sifflements admiratifs.

-Maintenant, donne-moi ce Rapeltout, siffla-t-il à l'adresse de Draco d'un ton polaire. Ou je te fiche par terre.
-Vraiment ? répliqua Draco en tentant de prendre un ton méprisant sans parvenir à masquer son inquiétude.

Le Petit Lord, au grand damne de Claude et de Johann, n'avait jamais été partisan des pourparlers. Il trouvait qu'une bonne altercation réglait plus rapidement et plus efficacement les problèmes qu'une longue discussion. D'instinct, il sut comment faire, et se penchant en avant, il fonça sur Draco, quitte à lui péter les côtes – quand il était lancé dans un combat, il était lancé, et il ne faisait pas les choses à moitié. Draco écarquilla les yeux et parvint à l'esquiver maladroitement, mais Harry prit un virage en tête d'épingle et fondit à nouveau droit sur lui. Draco tira bien haut sur le manche de son balai et s'éleva de quinze mètres. Il était à présent à une centaine de mètres de hauteur, et la sueur perlait à son front. Harry le rejoignit tranquillement, et vola doucement à son côté. Draco se cramponna à son manche, et son beau visage aristocratique commençait à se déformer sous l'effet de la peur et de la colère.

-Qu'est-ce que tu cherches à faire, hein ? Tu t'en fiches, de ce maudit Rapeltout ! Tu veux me ridiculiser, voilà tout !

Les personnes égocentriques sont souvent les premières à se poser en victime. Furieux, Draco jeta la boule brillante et rosée de toutes ses forces vers le château, espérant qu'elle exploserait contre la muraille. Serrant les dents, Harry donna un grand coup de tête à son camarade, et celui-ci bascula de son balai. Sans se préoccuper de son sort – à ce moment-là, Harry avait même envie qu'il s'écrase au sol comme une crêpe – le Fils des Ténèbres fusa dans la direction du Rapeltout, qui commença à retomber juste avant de toucher le mur extérieur du château, et descendit à pic en frôlant le mur. Harry suivit la petite boule étincelante, comme obnubilé par elle, tendant la main, inconscient du sol qui se rapprochait et de la proximité de son balai avec le mur. Il parvint à attraper le Rapeltout à un ou deux mètres du sol, redressa alors le manche de son balai en catastrophe et manqua de peu de se planter dans le gazon. Il frôla l'herbe et fendit le groupe des élèves de Gryffondor et Serpentard qui l'acclamèrent tous sans exception, puis, serrant la petite boule dans son poing, il remonta en direction de Draco qui, suspendu par les bras à son balai à une centaine de mètres du sol, luttait bravement contre l'évanouissement. A l'approche de Harry, il eut un sursaut et lâcha son balai – sitôt fait, il se mit à hurler en agitant les bras, et Harry dut jeter un nouvel Impedimenta pour ralentir sa chute, après quoi il piqua vers lui et l'attrapa par la taille. Le choc fut sourd et leur coupa le souffle à tout deux. Il se posa ensuite en douceur sur le gazon. Draco sauta précipitamment à bas du balai et tomba à quatre pattes, blanc comme un linge. Il sembla sur le point de vomir, mais finit par se relever.

-Jamais plus tu m'approches ! balbutia-t-il à l'attention de son ancien ami. Ce type est fou !

Harry serrait fort le Rapeltout dans son poing, comme la marque de sa rédemption. Il le rapporterait à Londubat, en espérant que le mal qu'il avait en lui flétrirait de se voir ainsi combattre.

-HARRY POTTER ! tonna une voix, coupant court aux cris de délire des élèves.
-Moi ? demanda faiblement Harry en levant vers le professeur McGonagall, arrivée à grands pas, un regard pur comme l'aurore.
-Oui, vous. Suivez-moi. Et que quelqu'un accompagne Mr. Malfoy à l'infirmerie.

Harry suivit le professeur McGonagall jusqu'au château et à travers les couloirs et les portes qu'elle ouvrit à la volée. Il n'osa pas demander où ils se rendaient, mais Minerva McGonagall le lui dit quand même :
-Nous allons dans le bureau du directeur. Et ne faîtes pas cette mauvaise tête, oubliez un peu que vous ne l'aimez pas, pour l'instant, il s'agit d'un problème disciplinaire, et il est votre directeur, vous lui devez le respect.

Harry se sentit triste qu'elle pût ainsi lire en lui, et il ne savait pas pourquoi. Il se sentait tout chamboulé, depuis son arrivée à Poudlard, de toute façon. Il savait à peine qui il était, ni ce qu'il faisait là. Je suis le Petit Lord, et j'étudie à Poudlard. Les deux ne semblaient pas aller ensemble. Je suis perdu. Ça oui, il l'était. Il sentit ses yeux se mouiller – allons, je ne suis pas une mauviette !

-Ça pique pas, ça arrache, récita le professeur McGonagall devant une gargouille très laide, qui bascula pour laissa la place à un escalier secret. Dès qu'ils eurent posé le pied sur la première marche, l'escalier se mit en branle et tourna sur lui-même. Ils montèrent ainsi jusqu'à une lourde porte de bois lourdement décorée, portant le blason de Poudlard.

Harry caressa rêveusement le serpent, son regard irrésistiblement attiré par les couleurs chatoyantes du noble lion. Le blason de Poudlard était vraiment magnifique, et en le regardant, on ressentait toute l'histoire dont il était porteur.
Le professeur McGonagall toqua deux fois, et la voix de Dumbledore lui répondit aussitôt d'entrer.
Ils entrèrent.

Harry eut toutes les peines du monde à sortir un « bonjour » qui ne ressemblât pas à un grognement.

-Que se passe-t-il ? interrogea le professeur Dumbledore.

Comme toujours, son regard bleu, par-dessus ses lunettes en demi-lune, semblait savoir sonder au plus profond de l'âme de Harry.

-Mr. Potter va vous le dire mieux que moi, je n'ai pas vu le début.

McGonagall s'assit et Harry resta debout.
Le garçon inspira profondément et regarda ses pieds.

-Harry ? interrogea Dumbledore.

Ce « Harry », doux et distant à la fois, ressemblait tellement à celui de Voldemort que le Petit Lord fut soudain submergé par une sensation de manque imprévisible, et éclata en sanglot.
Albus Dumbledore ouvrit bêtement la bouche, puis eut une mine inquiète – si le petit devait se mettre à pleurer chaque fois qu'il le voyait, il valait peut-être mieux qu'il évite de le voir. Minerva McGonagall se méprit sur le sens de ces larmes et posa une main rassurante sur l'épaule du garçon :
-Potter, ne vous inquiétez pas, vous n'allez pas être puni.

Elle l'observa noyer son chagrin dans l'eau salée, les mains devant la figure, puis se résolut finalement à parler à sa place.

-Harry Potter s'est battu dans les airs avec Draco Malfoy en cours de vol. Mr Malfoy a jeté un objet dans les airs, un petit objet rond, et Mr Potter l'a frappé, le faisant presque tomber de son balai. Mr Potter a ensuite rattrapé l'objet à un ou deux mètres du sol après une descente en piqué d'au moins cinquante mètres, puis il est retourné aider Mr Malfoy, qui lui doit peut-être la vie, puisqu'il était en train de tomber lorsque Mr Potter l'a rattrapé.

Albus cligna deux fois des yeux.

-Et le professeur Bibine ? dit-il sur le ton de celui qui a du mal à croire ce qu'il entend – comment tout cela avait-il pu se passer au sein d'un cours, sous la surveillance d'un professeur assermenté ?
-Elle n'était pas présente.
-Il faudra lui demander pourquoi.

Harry émit un reniflement sonore, et sécha ses joues. Son père lui manquait terriblement.

-Harry, tu as entendu ce qu'a dit le professeur McGonagall ?

Le garçon hocha la tête.

-Peux-tu m'expliquer ce qui s'est passé ?
-Ben, fit l'enfant, la voix encore pleine de larmes, Draco arrêtait pas d'être horrible avec Londubat, et Londubat s'est cassé le poignet pile là où je l'avais touché, et Bibine l'a emmené à l'infirmerie, et alors Draco a pris le Rapeltout de Londubat et il s'est encore moqué de lui et tout ça c'est de ma faute parce que je salis tout ce que je touche, alors pour tout réparer j'ai dit à Draco de me rendre le Rapeltout, et Draco s'est envolé en faisant sa sale tête de mule, alors je l'ai suivi et il a jeté le Rapeltout super loin et j'étais super fâché alors je lui ai donné un coup de tête et il est tombé, j'ai rattrapé le Rapeltout puis je l'ai rattrapé lui, et le professeur McGonagall est arrivé, et voilà.

Le professeur McGonagall plissa les yeux derrière ses lunettes rectangulaires, cherchant à démêler les explications embrouillées de Harry.

-Remettez-vous, mon garçon, lui dit-elle d'un ton qu'elle voulait gentil, mais qui était plutôt sec.

Dumbledore inspira doucement et fixa son regard sur Harry, qui le sentit et leva sur l'ennemi de son père un regard frondeur. Dumbledore sembla hésiter puis dit :
-Harry, ce que tu as fait, c'est... bien. Tu n'aurais pas dû frapper Mr Malfoy, mais tu cherchais à défendre un camarade, c'est donc presque excusable. Et surtout, tu as porté secours à Mr Malfoy alors même que vous veniez de vous disputer, c'était une attitude très noble de ta part. Deux bonnes actions en annulent une mauvaise. Serpentard devrait même avoir droit à quelques points pour cela.
-Madame Bibine m'en a déjà donné.
-Je vais donc en ajouter dix. Serpentard est bien parti pour remporter la coupe des Quatre Maison, cette année, n'est-ce pas, Professeur McGonagall ?
-Ne m'en parlez pas. Mais en fait, j'étais surtout venue vous trouver pour le don pour le Quidditch que manifeste à l'évidence le jeune Mr Potter. Pensez-vous qu'il pourrait participer aux sélections, bien qu'il soit en première année ?
-Evidemment. Les règlements sont faits pour être détournés. Mais... vous ne servez pas votre cause.
-Hélas non.
-C'est faire preuve d'un grand fair-play.
-Hélas oui. Parfois, je regrette d'être si honnête.
-Harry, reprit le professeur Dumbledore, le vol sur balai te plaît-il ?
-Oui, beaucoup, répondit le garçon après un raclement de gorge.
-Voudrais-tu rencontrer le capitaine de l'équipe de Quidditch de Serpentard ?

Le garçon hocha la tête.

-Hé bien ! Tu peux sortir et attendre le professeur McGonagall dehors, j'ai à lui parler.

Harry détourna le regard et sortit. Les escaliers tournants le déposèrent devant l'affreuse gargouille magique, qu'il étudia distraitement et grattant le sel resté au bord de ses yeux.

-Vous en parlerez à Severus et verrez avec lui, dit Albus à Minerva.
-Bien. Vous... Vous ne voulez pas qu'ils se voient en privé ?

Dumbledore eut l'air sincèrement étonné de la question.

-Je pensais à prévenir Severus, c'est tout. C'est à lui de voir s'il veut lui parler.
-Vous avez une entière confiance en lui ?

Le regard naturellement indulgent de Dumbledore se fit dur – il en avait assez de se répéter à ce sujet.

-Il nous a rejoints de son plein gré. Il y a une cinquantaine des sorciers des plus dangereux que je connaisse qui veulent sa mort. Vous me demandez si j'ai confiance en lui ?

Minerva ne répondit pas. Il y eut un silence. Les silences entre eux n'étaient jamais gênants – ils se connaissaient depuis bien trop longtemps – et ils avaient chacun pour habitude de partir dans leurs propres pensées, qui se rejoignaient souvent. Aussi parlèrent-ils en même temps :

-C'est bien dommage qu'il soit à Serpentard, soupira Minerva.
-Il s'est comporté courageusement je trouve, murmura Albus.

Ils se regardèrent et sourirent.

-« Dommage » ? répéta le Directeur, songeur. Je ne sais pas si c'est « dommage »... c'est sûr que j'aurais été un peu tranquillisé de le savoir à Gryffondor, ou à vrai dire, dans n'importe quelle autre maison, mais...
-Je pensais à la Coupe de Quidditch, répondit Minerva en serrant les poings. C'est bien dommage qu'il soit à Serpentard. Un bon Attrapeur ne ferait pas de mal à l'équipe de Dubois.

Albus s'abstint de commentaire.

-Un caramel ?

Dumbledore ne l'avouera jamais à personne, mais lorsqu'il propose des sucreries à ses interlocuteurs, c'est qu'il est à court de répartie.

HP-LV-HP-LV

Harry tira de sa poche le Rapeltout de Londubat. La petite boule avait retrouvé sa transparence originelle. Londubat avait dû retrouver ce qu'il avait oublié.

Je ne peux pas rester ami avec Draco, songea Harry en plongeant son regard vert dans l'orbe remplie d'un mouvement d'air étrangement limpide et scintillant. Je dois trouver quelqu'un de pur qui m'aide à équilibrer le mal que j'ai en moi. Draco n'est pas cette personne. Draco n'est qu'une pestouille prétentieuse, narquoise et malveillante.

Cette personne... j'ai besoin d'elle...

-Potter.

L'apparition du professeur McGonagall fit sursauter Harry.

-Suivez-moi, je vais vous présenter à Marcus Flint, le capitaine de l'équipe de Quidditch de Serpentard.
-Pourrait-on passer d'abord à l'infirmerie ? demanda le garçon en levant devant lui le bel objet étincelant. Je dois rendre ça à Londubat.
-...Après tout, c'est sur le chemin, accorda le professeur, les traits imperceptiblement adoucis.

Harry emboîta le pas à la sorcière, qui marchait apparemment toujours d'un pas vif et long, de sorte que plusieurs fois, il dut trottiner pour se remettre à son niveau, se sentant complètement ridicule et lui en voulant pour cela – elle aurait pu ralentir, que diable, le sort de la nation ne dépendait pas de leur promenade. Ils arrivèrent à l'infirmerie, furent accueillis par une femme que Harry crut reconnaître avant de se rendre compte qu'il la confondait avec la mère de Ronald Weasley.

-Professeur McGonagall, puis-je vous être utile ? fit-elle d'un ton qui voulait dire « du balai ! ».
-Oui, Harry Potter doit rendre un objet à Neville Londubat, ce ne sera pas long, nous ne troublerons pas la tranquillité de votre infirmerie, Mrs Pomfresh.

Celle-ci parut se satisfaire de ces informations rassurantes et les mena jusqu'au fauteuil où Neville Londubat, le poignet et la cheville bandés, dévorait des chocolats. Harry lui jeta un regard d'envie et retint mentalement le chemin de l'infirmerie pour le jour où il serait blessé – suffisamment pour mériter des soins, insuffisamment pour être incapable d'avaler des chocolats.

-Tiens, je suis venu te rendre ça.

Il posa le Rapeltout sur la tablette en bois à côté du gros garçon. Celui-ci fronça les sourcils, et jeta un regard curieux et manifeste à l'insigne de Serpentard brodée sur la robe de Harry, lequel se sentit très agacé de cette méfiance outrancière.

-J'espérais des remerciements.
-Merci, lâcha Londubat sans sourciller.

-Ma Maison ne te plaît pas ? siffla Harry, mâchoires serrées.

Neville Londubat jeta un oeil au Professeur McGonagall.

-Tu n'as rien fait pour les empêcher de m'embêter, dit-il.

Harry se sentit bouillir.

-Mais je n'ai pas participé, et je suis venu te rendre ton truc. Si tu es incapable de voir la différence, tu es vraiment trop idiot, cracha-t-il en se détournant.

Il sortit de l'infirmerie sans répondre au « Potter » menaçant que lui assénait la directrice des Gryffondors, qui le rejoignit rapidement et ne lui fit pas de remarques. Ils continuèrent leur chemin dans les couloirs dallés, éclairés par la pâle lumière de la fin d'après-midi qui pénétrait au travers des vitraux, et s'arrêtèrent devant la porte de la salle de classe qu'Harry avait fréquenté le matin même et savait être celle où officiait le professeur Flitwick. Minerva McGonagall toqua deux fois et ouvrit :
-Permettez, professeur Flitwick, que je vous emprunte Flint.

Harry aperçu un grand gaillard de quinze ans se lever d'un mouvement nonchalant et glisser sa baguette dans la poche arrière de son pantalon d'uniforme. Sa démarche ralentit sensiblement à mesure qu'il approchait du professeur de Métamorphose, et Harry eut l'impression qu'il craignait quelque sorte de remontrance. McGonagall affichait en fait une expression très peu sympathique, nota-t-il après lui avoir accordé un regard.
-Et votre robe d'uniforme ? interrogea-t-elle sèchement à l'élève dès que la porte du cours se fut refermée et qu'ils furent tous trois dans le couloir.
-Désolé, professeur, je la trouve plutôt inutile.
-Je ne vous demande pas de la trouver utile, je vous demande – ordonne de la porter ! Votre tenue est totalement incorrecte ! Rentrez votre chemise je vous prie, et faîtes disparaître ce regard insolent.

Le garçon, avec une lenteur exaspérante, rentra mollement sa chemise dans son pantalon, en fixant Harry de son regard pâle où brillait la même lueur d'altruisme, d'amour et de bienveillance que dans celui de Rodolphus Lestrange. En gros, c'était une vipère. Harry le catalogua aussitôt comme incontrôlable – à moins qu'on ne lui trouve une épouse plus abominable que lui-même, à l'image de Bellatrix Lestrange, qui saurait alors le manipuler.

-Flint, poursuivit alors McGonagall à contre-coeur, voici Harry Potter...
-Le nouveau, ouais, j'ai repéré, fit le jeune homme en évaluant le Petit Lord de l'oeil.
-...il a manifestement un don pour le Quidditch, je vous suggère donc vivement de porter attention à sa prestation lors des sélections qui commencent ce soir. Il a attrapé une petite boule à peine plus grosse qu'un vif d'or après une descente en piqué de presque cent mètres, et c'était son premier cours de vol. Sur ce, je vais prévenir le professeur Snape que vous avez mon accord pour faire participer un élève de première année aux sélections. Vous êtes dispensé de la fin du cours.

Elle claqua des talons et s'en alla à grands pas.

Harry se retrouva seul face à Flint. Celui-ci mesurait bien trois têtes de plus que lui, avait une mâchoire carrée et des épaules de boxeur – qu'il fit rouler d'un air détaché, son regard détaillant sa recrue potentielle avec intérêt.
Le Petit Lord se redressa de toute sa stature et croisa les bras. On ne perd pas comme ça l'habitude de se voir manifester du respect, aussi appréciait-il moyennement l'examen auquel se livrait son aîné avec un demi sourire moqueur.

-T'as un don, dit-elle ? murmura-t-il.

Il se mit à marcher autour de lui avec une expression calculatrice.

-T'as la bonne taille... léger, rapide... Je suis moi-même pas très impressionné par le poste d'Attrapeur, mais faut avouer que c'est utile d'en avoir un bon, dans la mesure où le vif d'or met fin au match...

Harry ne comprenait rien, les mots « vif d'or » lui disaient à peine quelque chose, et il attendait le verdict.

-Le problème, Potter, c'est que dans l'équipe de Serpentard, il ne suffit pas d'être rapide, il faut aussi savoir esquiver les coups, en donner sans être vus, encaisser au besoin... tu sais faire tout ça ?
-Si je sais tricher ?
-Ouais, si tu sais tricher.

Harry repensa fugitivement aux combats complètement amoraux qu'on leur faisait endurer les uns contre les autres sous la diligence du Lieutenant Akata, à l'Ecole d'Insan Greek ; il repensa à la violence des coups, aux vilaines ruses, aux sortilèges interdits, à l'abus des Appels, à tous les moyens que l'on pouvait employer – et qu'il avait employés – pour gagner.

-Oh oui, je peux tricher.
-Hm-hm, fit Flint. Et tu as un problème avec ça ? demanda-t-il d'un air innocent qui lui allait comme un chapeau pointu à un dragon.
-Avec la triche ?

Donner des coups et encaisser ? Harry ne savait rien du Quidditch, mais a priori, il ne voyait pas le problème.

-Le Quiddtich, c'est une sorte de combat sur balais, c'est ça ?

A ses mots, Flint afficha un large sourire :
-Je sens que tu vas me plaire, toi. Ouais, c'est ça. En tout cas c'est comme ça que moi, je vois les choses. Allons, Harry, appelle-moi Marcus, on va être potes, tous les deux.

Le grand lui tendit son poing et le cogna contre celui que Harry, hésitant, avait levé en imitation. Puis, sans préavis, il le frappa violemment dans le plexus solaire, de son autre main. Harry tomba au sol, le souffle coupé, et mit plus d'une minute à se relever.

-Faut que tu esquives mieux que ça, mon petit Harry.
-Je m'y attendais pas ! protesta le garçon, furieux.
-Faut toujours se tenir prêt. Un Serpentard doit s'attendre à tous les coups bas. Le mieux étant bien sûr de les donner en premier.

Les yeux de Harry lancèrent des éclairs. Ses lèvres remuèrent silencieusement. Soudain, Marcus Flint fit un tour sur lui-même, s'arrachant à moitié le cou à cette occasion. Profitant de sa désorientation, Harry lui colla un coup de pied au cul, qui le fit chuter par terre le plus pathétiquement possible.

-Sans blague, fit-il. Et ça, tu l'as vu venir ?

Il tira sur son pull – son coup de pied avait créé un vilain pli.

-P'tit con ! s'exclama Flint en se redressant vivement, prêt à le frapper.

Harry écarta les mains en signe de paix.

-Hé, je n'ai fait qu'appliquer votre enseignement, maître Marcus.
-... Comment t'as fait pour me faire tourner comme ça, sans ta baguette ? demanda le gaillard après avoir difficilement ravalé sa montée de testostérone.
-J'ai beaucoup de talents cachés, murmura Harry avec un sourire suffisant.

L'oeil de Marcus Flint brilla de convoitise.

-Tu peux le refaire quand tu veux ?
-Oui.
-Sur un balai ?
-Oui.
-Sur un autre joueur ?
-Oui.
-Ce serait terrible, pendant les matchs. Et personne te verrait ?
-C'est de la magie sans baguette.
-Personne verrait rien.
-Personne, confirma Harry. Sauf peut-être les professeurs, qui ont oublié d'être idiots.
-Ce serait terrible, sourit Marcus Flint d'un air purement malveillant. C'est la triche parfaite.

Il prit son menton dans sa main pour signaler qu'il réfléchissait.

Au bout de trente secondes, il déclara :
-Si tu es aussi doué sur un balais que le dit McGo, et j'ai confiance en cette peau de vache, je t'engage dans l'équipe.

Il lui tendit la main, et Harry la serra noblement.

-Premier entraînement samedi matin. Je vais parler au professeur Snape pour qu'on te trouve un balai d'ici là ! Salut !

Harry le regarda partir en courant dans le couloir, un peu dépité. Il avait espéré qu'on lui expliquerait les règles, qu'on le ferait s'entraîner dès maintenant ! Il aurait tellement aimé revoler sur un balai...

Mais Marcus Flint avait d'autres projets. Exceptionnellement libéré de ses cours, il n'allait pas gâcher cette belle fin de journée à s'occuper d'un marmot de onze ans, quand il y avait tant de choses palpitantes à faire à Poudlard. Il s'en alla en chantonnant, et Harry le vit donner de petits coups de pieds dans les armures décoratrices accrochées aux murs.

Fin du chapitre 19

PS : la citation du chapitre précédent : "Défense contre les forces du mal". Il ne put retenir une incurvation de ses lèvres, comme si effectivement, ces six mots n'étaient rien de plus qu'une grosse blague. ...est en fait tirée du chapitre 20. (Changement dû à des ajouts de scènes)

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