Chapitre traduit par MissLovey

CHAPITRE 5

On fait connaissance

Edward

"Bonjour," lance gaiement Bella en approchant de ma voiture. Je l'aurais bien rejoint dans le hall de l'hôtel mais elle m'a coiffé au poteau en arrivant sur le parking. Elle a son sac 'enclume' en bandoulière, ses cheveux sont attachés en une queue de cheval haute et elle porte un short en jeans scandaleusement court, accompagné d'un top rose qui exhibe son ventre.

Waouh. Avec un simple bonjour, elle m'épate avec son côté sociable qu'elle a depuis que l'on s'est recroisés dimanche. Et physiquement? Mec, sa tenue semble seulement augmenter cette attirance que je ressens chaque fois que je suis près de cette fille ou même quand je lui parle au téléphone.

"Bonjour. Comment va cette oreille?" Je demande, concerné, en faisant de mon mieux pour ne pas reluquer ses cuisses minces.

Elle fronce le nez d'une manière attachante et hausse les épaules. "Toujours un peu douloureuse mais ce n'est plus sensible au toucher comme dimanche. Que dieu bénisse l'ibuprofène!" Elle rit en attachant sa ceinture de sécurité.

Elle pouffe et désigne mes jambes. "Quoi ? Pas de chaussette noire et de sandale."

Je laisse échapper un rire. "J'ai décidé de jouer cette carte quand tu t'y attendras le moins. Pour que tu restes sur tes gardes, tu sais ? Si tu avais su ce qui allait arriver aujourd'hui, l'intérêt aurait été perdu!"

Elle rit de ma réponse ridicule. "Je vois. Alors tu veux que mes chaussettes m'en tombent quand tu mettras tes chaussettes… ce n'est pas votre premier rodéo cowboy? Bien joué." Elle fait un signe de tête entendu et ensuite sourit encore. "Alors, où allons-nous, Cap'taine."

Je lève les yeux au ciel en faisant un sourire en coin parce qu'elle utilise mon grade. Peut-être que je devrais lui dire que je suis sur le point d'être promu major. " Eh bien, si tu n'as pas encore pris de petit-déjeuner, je connais un endroit phénoménal pour des pancakes…ça te va?"

"Ça a l'air génial ! J'adore les pancakes. Est-ce que c'est dans le centre-ville d'Honolulu?"

"Nan, c'est à Kailua," dis-je, réalisant à quel point cela à l'air ridicule d'avoir conduit tout ce chemin jusqu'ici, et que maintenant nous retournons tout simplement dans mon secteur.

Ses yeux s'écarquillent et son menton se relève. "Eh bien, pourquoi diable as-tu offert de venir me chercher? J'aurais pu aller jusqu'à ta base!"

La logique ne compte pas à l'heure actuelle. Je savais que je voulais des pancakes de chez Boots et Kimo c'était il y a plus de huit mois la dernière fois. En plus, je suis sensé être le guide touristique… Quel genre de guide serais-je si l'on ne commençait pas notre journée par le meilleur petit-déjeuner de l'île? C'est hors de question.

J'écarte son inquiétude d'un geste de la main. "Ce n'est pas grave ! Nous pouvons trouver quelque chose à faire près de Kaneohe. Je peux te montrer les environs de la base. Mes Marines m'ont parlé d'un super sentier de randonnée qui passe par trois pics. Je n'y suis jamais allé mais il parait que les vues sont spectaculaires. Tu es partante?"

"Eh bien, il se trouve que j'ai quelques provisions dans mon petit sac ici," dit-elle, en me montrant son sac à dos.

Je lève les sourcils en guise de défi. "Ouais, je pense que nous savons tous les deux que ton petit sac à malice n'est pas si petit. Combien il pèse aujourd'hui?"

Elle fait un petit "pff" comme si je n'étais pas celui qui s'est fait tabasser par la chose le week-end dernier et qu'elle ne sait pas de quoi je parle !

"Oh, ne sois pas si mélodramatique. Je pense qu'aujourd'hui, il doit faire tout au plus dix kilos ! Elle lève ses paumes vers le haut pour souligner ses dires. Si elle me frappe encore sur le nez, je suppose que je serai capable de faire la différence. J'espère quand même une journée sans blessure, pour nous deux, cependant. Je n'ai aucun intérêt à gâcher le temps avec Bella à Tripler. Ça c'est certain.

"Très bien. Qu'est-ce que tu as apporté avec toi alors, pour que je sache ce dont nous avons besoin."

Elle met ses lunettes de soleil et ensuite commence à énumérer avec ses doigts tout ce qu'il y a dans son sac aujourd'hui. "Des vêtements de rechange, un maillot de bain, une serviette, de la crème solaire, un anti-moustique, un appareil photo, deux bouteilles d'eau, deux oranges, un mélange de fruits secs, des barres de céréales, des chaussettes, des baskets et d'autres trucs de fille dont tu ne veux probablement pas avoir le détail."

Je me penche en avant pour regarder le trafic qui vient en sens inverse en souriant. "Ouais, s'il te plait, ne remplit pas les blancs pour les trucs de fille. Je suis en surcharge d'œstrogène après les quelques jours passés avec ma mère, ma sœur et ma nièce à Monterey, la semaine dernière."

"Elles t'ont forcé à te coiffer et à te faire tes ongles des doigts de pied?" Son visage est froncé et sa tête inclinée, me regardant comme si elle était désolée pour moi. Cette fille.

"LA plus putride des teintes de rose ! J'avais spécifiquement demandé une nuance profonde et elles m'ont collé une double couche couleur chewing-gum ! Je ne retournerais jamais dans ce salon," dis-je, impassible, en suivant sa plaisanterie jusqu'à ce qu'elle éclate de rire.

"Et tu as détesté ça," Elle essaie de respirer à travers son rire, "quand elles ont raté la dernière couche de vernis incolore."

Je secoue simplement la tête, dégoûté. "Tu peux le dire."

Elle redouble de rire à ce moment-là, se tenant le ventre. "Arrête ! Je vais avoir une crampe à force de rire ! Est-ce que je dois m'attendre à ce genre de chose aujourd'hui ? Tu m'as déjà fait le coup pendant la visite aux urgences et ensuite encore plus en commentant le comportement des gens à la pharmacie ! Es-tu toujours aussi drôle?"

Je hausse les épaules, souriant au fait de l'avoir fait rire si rapidement. "J'aime à penser que j'ai un bon sens de l'humour… mais il est un peu poussiéreux à force d'aboyer des ordres toute la journée et en faisant… tu sais… des visites à domicile." Je serre les dents à la fin de ma phrase. Je me suis dit une douzaine de fois hier soir que je n'allais pas parler de mon job de CACO. Arf.

Elle soupire en faisant un signe de tête, alors que son rire disparaît. "Ouais, je suppose que tu ne montres pas souvent ce côté de ta personnalité." Elle prend une grande inspiration." Je ne peux pas imaginer ce que cela doit être pour toi," murmure-t-elle doucement. Ensuite elle se tourne pour regarder à travers la vitre passagère.

"Hé," je l'appelle doucement, pour éviter de l'effrayer et la sortir de ce moment sombre qui a effacé toute trace de l'humour dans lequel nous étions plongés il y a trente secondes. "Pas d'histoire de CACO aujourd'hui, d'accord ? Si jamais tu veux en parler, je promets que je te raconterais, mais pas maintenant, j'ai des pancakes et de la randonnée en tête."

Elle sourit et dans ma périphérie je peux voir qu'elle se tourne pour me regarder.

"D'accord," dit-elle en acquiesçant.


"Futain. Bordil. Merdum!" s'exclame Bella, ses yeux se levant et sa bouche luisant de sa dernière bouchée de pancake aux noix. Je fais de mon mieux pour ne pas regarder la goutte onctueuse de sirop au coin de sa bouche.

Oh, qu'est-ce qu'un esprit pervers et créatif pourrait faire de ce visuel ? Mais NON, je n'irai pas par là.

J'acquiesce, les yeux écarquillés. "Je te l'avais dit," je m'exclame, pointant ma fourchette vers elle. "Tu penses que nous aurions pu aussi bien manger à Honolulu? Bon sang, non. Ça…" Je fais tourner ma fourchette en l'air, pour désigner le restaurant dans son ensemble, "était une nécessité. Boots et Kimo est célèbre pour ses pancakes aux noix de macadamia et son sirop spécial! "

Elle gémit et grogne, secouant la tête d'un côté à l'autre alors qu'elle savoure un autre morceau. Je gémis et grogne aussi, intérieurement mais pour des raisons tout à fait différentes.

"Je vais devoir revenir ici avant de quitter cette île," ajoute-t-elle avant de prendre une gorgée de lait. Maintenant je suis bloqué sur son départ de l'île. Pas la plus plaisante des pensées pour le moment.

"Tu pars déjà? Tu viens juste d'arriver ici!" Je souris et attrape mon jus d'orange, essayant de rester décontracté.

Elle rit. "Non, il y a plusieurs endroits que je veux visiter sur Oahu, mais j'ai aussi en projet de profiter de la grande Ile, Maui et Kauai! Je dois trouver un moyen d'organiser tout ce que je veux faire. Tout à coup, je suis inquiète que l'été entier ne soit pas suffisant, hahaha."

Je souris. "Tu as l'air d'avoir planifié tout l'été, enfin, façon de parler, considérant que tu n'as pas de plan solide. C'est la seule île avec des bases militaires et des hébergements, par contre," elle acquiesce et je continue, "je veux dire à part les quelques stations de garde-côtes et les dépôts. Je suppose que tu vas avoir pas mal de frais d'hébergement en dehors d'Oahu?"

"Ouais, je me doutais que ça se passerait comme ça. Ce n'est pas très grave en fait, j'ai économisé pour ce voyage pendant deux ans je suis prête à tout!" Elle sourit et fourre un autre morceau de pancakes dans sa bouche.

Je m'essuie la bouche et laisse tomber ma serviette dans mon assiette. J'ai englouti mon petit-déjeuner en un temps record, j'en avais envie depuis si longtemps. Bella, par contre, profite de son repas, en savourant chaque bouchée. Vous ne m'entendrez pas me plaindre. Je m'amuse un peu trop à regarder sa bouche et ses expressions faciales qui accompagnent son plaisir.

Dix minutes plus tard, Bella pousse sa chaise et tapote son ventre complètement plat. "C'était sacrement phénoménal." Elle avale ce qu'il reste de son lait et se lève. "J'ai juste besoin d'aller aux toilettes rapidement et nous pouvons y aller, d'accord?"

"Je serai là." Je souris alors qu'elle attrape son sac et s'en va. J'appelle la serveuse et paie l'addition pour notre petit-déjeuner. Alors que je place le pourboire dans la coupelle, Bella revient.

"Est-ce que je dois attraper la serveuse pour qu'elle nous donne notre addition?" demande-t-elle en cherchant son portefeuille.

"Oh non, je m'en suis occupé. Tout est réglé!"

Elle sourit, songeuse, "Tu n'avais pas à faire ça, Edward. Mais merci. Le petit-déjeuner était merveilleux… la nourriture et la compagnie."

J'attrape mes clés et mes lunettes de soleil sur la table. En les mettant, je souris et dis, "Peut pas être plus d'accord."


Nous choisissons de seulement escalader le premier des trois pics à Olomana. Les histoires de sentier traître ne sont pas à ignorer. Pendant que nous montons à plus de seize cent pieds d'altitude, Bella me raconte comment ses parents paniqueraient s'ils savaient qu'elle jouait les casse-cous. J'écoute la façon dont elle a grandi à Long Island, New York, dans la modeste ville d'East Islip, où ses parents résident toujours. Ses parents sont enseignants, cependant ils ne l'ont jamais poussée vers cette carrière. Elle a toujours su qu'elle voulait être institutrice. Elle a fréquenté l'université de Caroline du Nord à Wilmington pour faire ses études et elle a rencontré son mari là-bas.

"Mike rendait visite à un ami pour le week-end parce qu'ils avaient prévus de s'inscrire le semestre suivant dans un programme de coopération avec les bases militaires locales. Mike était stationné à Lejeune à ce moment-là, les cours satellites étaient à Wilmington et New River, à une heure plus au sud." Elle hausse les épaules. "Tout a marché. L'ami avec qui il était, est sorti avec ma colocataire à une fête. Puisque j'ai été pratiquement viré de ma chambre pour qu'ils puissent en profiter, Mike et moi sommes allés dans une pizzeria à coté et nous en avons fait la fermeture, et nous y sommes restés ensemble jusqu'à ce qu'ils aient terminé à trois heures du matin. "

Je souris en écoutant son histoire. "Alors où avez-vous été quand vous avez dû sortir de la pizzeria ? " Je demande quand nous faisons une pause pour boire un peu d'eau.

"Nous avons terminé dans la salle commune de mon dortoir, à regarder des films jusqu'à ce que l'on s'endorme. Il était gentil," se rappelle-t-elle. "Rien ne s'est passé entre nous, mais nous avons échangé nos numéros de téléphone et nos adresses mail puisque ma colocataire, Bree, et son ami sont soudainement devenus un seul et même élément. Mike et moi ne sommes pas sortis officiellement ensemble pendant cinq autres mois. A ce moment-là nous étions meilleurs amis et c'était juste confortable et amusant d'être ensemble. Quand il m'a demandé de l'épouser après mon diplôme, je n'ai même pas hésité. Mes parents étaient meilleurs amis avant de se marier, alors ça semblait juste. Et c'était bien pendant ces deux ans… et ensuite… hé bien tu connais la suite… " Elle s'arrête de parler et recommence à marcher.

Nous continuons notre ascension, que nous faisons de façon sécurisée et intelligente. Nous attrapons les cordes installées le long du sentier quand nous le jugeons nécessaire. Deux kilomètres et demi d'un chemin abrupte plus tard, nous voyons le sommet à notre portée. "Allez, Cap'taine… on court jusqu'au sommet !"

Elle s'élance avec son rire flottant dans l'air. Je ris et commence à courir, n'ayant pas l'intention de la dépasser sur ce chemin étroit et dangereux. Je sais qu'elle veut juste détendre l'atmosphère, alors qu'elle vient juste de terminer son histoire.

Une fois arrivés au sommet, à bout de souffle nous avalons le reste de notre eau et faisons une pause pour admirer la vue.

"Mon dieu, c'est incroyable," soupire-t-elle et elle se penche pour fouiller dans son sac et en sortir son appareil photo.

Le panorama à trois cent soixante degrés est incroyable. Nous pouvons voir la péninsule de Makapi, qui abrite la base des Marines et une partie de Kailua. En regardant vers Enchanted Lakes, un quartier de Jailua, la vue s'étend même jusqu'aux deux îles de Mokulua à Kailua Bay, et aux Lanikai Pillboxes. C'est un point de vue incroyable. Derrière nous, il y a la montagne d'un vert profond sur des kilomètres et des kilomètres.

Je secoue la tête, ébloui, appréciant la majesté du moment et je regarde Bella. Est-ce qu'une larme coule sur son visage?

En faisant attention où je mets les pieds, je m'approche d'elle. "Hé… tu vas bien?" Je demande ça sincèrement inquiet.

Elle sourit et essuie ses larmes sur ses joues. "Je vais bien, vraiment. Ces larmes sont peut-être à quatre-vingt pour cent pour la beauté naturelle que Dieu a créé et les autres vingt pour cent sont la combinaison de la fierté de faire ce voyage toute seule, mélangée à la tristesse que Mike ne verra jamais ça."

Je m'approche un peu plus d'elle, ne voulant pas gâcher le moment avec des mots qui tomberaient à plats ou des excuses qui n'ont pas vraiment raison d'être. Alors je me tiens juste silencieusement près d'elle pendant deux minutes. Elle inspire profondément plusieurs fois et se tourne vers moi. "Je vais bien maintenant. C'était un moment… c'est passé," elle sourit et brandit son appareil photo.

"Allez. Tu as une longueur de bras plus grande que la mienne, alors tu vas prendre notre autoportrait de nous ici. Ok?"

Je souris, heureux de prendre l'appareil-photo, et nous nous tournons pour que la vue de l'océan soit derrière nous. Avant de prendre la photo cependant, je me tourne vers elle et lui dit ce qui me passe par la tête à ce moment-là. "Bella… je pense que Mike a la meilleure des vues là-haut, maintenant. "

Elle serre ses lèvres ensemble, avale difficilement tandis que ses yeux s'humidifient une fois de plus. "Merci," murmure-t-elle. "Je crois que tu dois avoir raison."

Nous nous repositionnons pour notre portrait. Un moment avant que je n'appuie sur le déclencheur je sens le haut de sa tête se pencher vers moi, assez proche pour qu'elle se pose sur mon épaule et mon sourire s'agrandit rapidement, devenant dix fois plus large qu'il ne l'était une seconde avant.

Après avoir pris trois photos pour être sûr d'en avoir au moins une de bonne – j'applique les ordres – nous partageons un paquet de barres de céréales et une autre bouteille d'eau avant de nous préparer à redescendre.

"Je vais être épuisée en arrivant au niveau de la mer, tu sais?" Elle rit, se tournant vers moi. "J'espère que tu n'as pas prévu de m'apprendre le surf ou quelque chose dans le genre cet après-midi."

Je ris à cette idée. "Non. Pas de leçon de surf aujourd'hui, même si ça à l'air amusant. Mais je pense que tu vas vouloir que j'annule la soirée avec le concours de danse auquel je nous ai inscrits, hein?"

Cette fois c'est son rire qui résonne dans l'air. "Pas si tu me porte sur ta hanche pendant toute la soirée sinon tu vas devoir appeler cette charmante jeune femme qui a harcelé ton téléphone aujourd'hui, " elle ricane et trébuche un peu, mais se rattrape avant d'atterrir sur ses fesses.

"Jeune femme? Quelle jeune femme? Je suis une vieille âme solitaire." Je plaisante en retour. Est-ce que mon téléphone a sonné aujourd'hui? Oui. Hier, je suis tombé sur Maggie au PX. Elle était censée être ma cavalière pour le bal des Marines l'année dernière, avant que je n'apprenne à la dernière minute que j'étais déployé. Je suppose qu'elle attend une autre invitation. J'ai aussi eu un appel de ma sœur qui veut s'assurer que je suis toujours vivant, parce que j'ai complètement oublié de les appeler quand je suis arrivé à Hawaii. En fait j'étais un peu préoccupé par une certaine brunette qui est actuellement sur le sentier devant moi.

Le troisième appel que j'ai reçu, en fait, vient d'une ancienne amie "avec bénéfice", Leah. C'est une Marines assignée à une autre compagnie à Kaneohe. Elle est premier Lieutenant, donc pour l'instant, je peux toujours sortir avec elle si je le veux sans avoir de problème avec la loi de non-fraternisation mais dès que je serais promu Major, elle sera hors limite pour moi. Un rang au-dessus, un rang au-dessous, c'est la politique que nous devons suivre. Mais une fois encore, mes pensées n'ont été que pour Bella depuis qu'elle s'est assise à côté de moi dans l'avion. A un moment, je vais devoir rappeler Leah mais pour l'instant, je laisse ma messagerie faire le travail. Trois appels téléphoniques… c'est tout.

Bella arque un sourcil. " Vieille âme solitaire, hein ? Ça ne prend pas… tu as quoi ? Trente ans peut-être ? "

"Trente-trois en fait, à moins d'un mois des trente-quatre si je suis honnête, " je réponds alors que nous descendons en nous accrochant aux cordes en faisant des pas hésitant.

"Trente-quatre ans! Bahhh! Tu es un vieux! " Elle glousse et je mouille mes mains avec un peu d'eau et effleure son cou avec mes doigts, la faisant frissonner mais c'est quand même agréable à cause de cette chaleur. "Eh bien peu importe, il semble que plusieurs personnes ont essayé de t'appeler aujourd'hui!"

"A part ma sœur, les autres n'étaient pas assez importantes pour déranger notre petit-déjeuner et notre randonnée. "

Elle rit. "Je parie qu'elles ne seraient pas d'accord, Monsieur! Sérieusement, comment ça se fait que tu ne sois pas en train de te prélasser dans le lit d'une petite-amie en ce moment? Ou pourquoi il n'y a pas de danseuse polynésienne en train de te faire un show privé dans ton salon?"

"Écoute-toi ! Si tu veux tout savoir, je suis actuellement entre deux relations, et c'est comme ça que j'aime ça."

Bella s'arrête brusquement et attrape sa cheville, la tirant fermement en pliant la jambe. Elle commence à vaciller, alors je m'approche pour qu'elle puisse poser sa main sur mon poignet pour garder son équilibre.

"Attends une seconde. Tu aimes être célibataire?" demande-t-elle, incrédule.

Puisque nous faisons une pause pour un moment, je trouve un rocher et pose mon talon sur le bord, permettant à mon mollet de s'étirer, ça fait vraiment du bien.

"Eh bien, je ne sais pas si j'aime être célibataire. Je ne refuse certainement pas un peu de… compagnie… mais je prends ça doucement," Je la regarde secouer la tête avec un adorable sourire sur le visage, "mais dans ma ligne de travail, vu ce que je fais dans une situation de combat… et puis avec mes visites de CACO quand le pire se produit, " je regarde l'océan pour rassembler mes pensées, " je crois que c'est mieux de ne pas m'attacher. J'ai été témoin de trop de cœurs brisés." Je change de cheville et continue. "Mon père a été tué dans un accident d'hélicoptère Cobra quand j'avais neuf ans. Je ne crois pas que ma mère s'en soit jamais totalement remis." Après que Bella ait terminé de s'étirer l'autre jambe, nous recommençons à marcher.

"Alors tu préfères passer ta vie sans amour? Pour protéger ce que ton cœur veut probablement désespérément, tu laisses ta tête parler à la place?"

Je lève les sourcils en entendant son analyse. "Si tu veux voir ça comme ça… alors ouais, peut-être. Pourquoi est-ce que je voudrais faire subir ça à quelqu'un à qui j'ai déclaré mon amour?"

Elle hausse les épaules et attrape la corde sur un passage particulièrement périlleux. "Ça donne juste l'impression que tu présumes que le pire arrivera toujours… c'est triste."

Je ris, de façon sarcastique et acquiesce. "Ouais, hé bien… quand le pire arrive, c'est réellement triste."

Je l'entends gronder et nous continuons à descendre pendant vingt autres minutes dans un véritable silence. À l'endroit presque plat suivant, nous nous arrêtons pour plus d'eau et elle sort deux oranges, m'en offrant une en silence.

"Non, merci. Je vais juste boire de l'eau."

Elle l'épluche et mord dans un quartier avec une légère grimace.

"Pas bonne?" je lui demande, surpris.

Elle hausse les épaules, semblant détachée. "Ce ne sont pas des clémentines. Je suis impatiente que la saison revienne. Je jure que je pourrais en manger une caisse en quelques jours. Elles sont tellement juteuses et sucrées."

Sa description me fait sourire. "Juteuse et sucrée, hein?" Comme elle en quelque sorte. "Et c'est quand leur saison?"

Elle fait la moue en réfléchissant. "Vers fin octobre, je commence à les voir dans les magasins à Caroline du Nord et généralement il y en a jusqu'en février. Après ça, je dois survivre avec des oranges. Mais ce n'est pas la même chose."

Le silence revient mais Bella prend la parole. "Écoute, je ne voulais pas te vexer tout à l'heure avec ta façon de voir les relations. Et je suis vraiment désolée pour ton père. Je vois juste les choses différemment, je pense."

Je suis un peu surpris d'entendre son avis là-dessus. De toutes les personnes que je connais, je pensais qu'elle serait celle qui comprendrait mon besoin de vouloir minimiser les possibilités de chagrin. Son mari a été tué et elle a perdu son bébé en moins de deux semaines. Je ne sais même pas comment elle tient encore debout aujourd'hui, pour être honnête.

"Je ne l'ai pas mal pris. J'ai juste vu ce que la mort de mon père a fait à ma mère. C'est pour ça que ma sœur et Bailyn vivent toujours avec elle. Lauren – ma sœur – est inquiète de partir. Elles ont été meilleures amies depuis aussi longtemps que je puisse me rappeler. Je pense que Lauren est inquiète que ma mère soit trop seule si elle déménageait.

Bella sourit. "Bailyn, c'est ta nièce?"

J'acquiesce en souriant. "Ouais, c'est mon petit clown. La façon dont son esprit de quatre ans fonctionne est hilarante. Elle me fait rire tout le temps. Elle demandait à me voir sur Skype au moins trois fois par semaine pendant que j'étais en Afghanistan et j'ai suivi ses ordres à chaque fois que je le pouvais. Ma mère et ma sœur pouvaient être autour et me faire un rapide bonjour mais Bailyn me parlait pendant au moins vingt minutes à chaque fois que nous étions sur l'ordinateur en même temps. C'est une pipelette." Je ris en pensant à toutes les choses loufoques qui peuvent sortir de sa bouche.

Bella me regarde sceptique. "Vous semblez très attaché de cette petite fille. Vous êtes sûr que vous n'avait pas un instinct paternel, Capitaine Masen?"

Je secoue la tête. "Honnêtement, je ne peux pas l'imaginer. Comme je ne veux pas de femme, je ne veux certainement pas juste avoir un enfant avec n'importe quelle fille – un enfant qui compterait sur moi pour le reste de sa vie," je hausse les épaules, défaitiste. "C'est juste pas pour moi. "

Je souris parce que je ne sais pas quoi faire d'autre. Je ne me suis même jamais autorisé à penser au mariage et aux enfants. J'essaie juste d'éviter la douleur à tout le monde. Cela semble simplement la bonne chose à faire.

C'est difficile d'imaginer ma vie d'une autre manière. Je suis content de la façon dont sont les choses… ou je l'étais. Mais ce que Bella a dit sur ne pas s'abandonner à l'amour. C'est horriblement triste, non ?

Je veux dire, allez. J'ai passé presque trente-quatre ans sans avoir besoin d'une femme et d'enfants. Je ne me suis même pas imaginé ce que ça pourrait être de "s'abandonner à l'amour".

Je suis bien comme ça.


Après la randonnée, j'ai emmené Bella chez moi pour qu'elle puisse se rafraîchir. Elle m'a demandé si nous pouvions aller au zoo d'Honolulu avant que je ne la dépose pour la soirée. Je n'étais pas allé dans un zoo depuis très longtemps, alors ça me semblait être une super idée.

Nous avons acheté un repas rapide au Subway sur la base et le mangeons dans la voiture sur le chemin du retour vers Honolulu. Nous faisons une super équipe parce que nous avons pris des chips différentes. Elle a pris la saveur barbecue au miel et moi les Doritos ranch, alors nous pouvons nous échanger nos sachets en mangeant nos sandwichs.

Nous avons terminé de manger et nous sommes presque au milieu de la réserve nationale sur la route de Likelike… et si je ne me trompe pas, j'entends Bella fredonner quelque chose.

Je penche la tête vers elle et fronce le front en signe de concentration. "Est-ce que tu es en train de fredonner le thème de Jurrassic Park là?"

Un énorme sourire apparaît sur ses lèvres et chante le "da-da-da'ing" du thème de Jurassic Park très fort.

Je fais presque une embardée à cause du bruit et de mon rire convulsif.

"JE SUIS DESOLEE ! C'est juste que je ne peux pas m'en empêcher ! Comment veux-tu regarder toute cette étendue de forêt verte et ne pas chanter cette chanson? C'est impossible!" Elle défend son cas avec autant de véhémence que possible. Ses mains s'agitent pour souligner le paysage. "Regarde cet endroit ! Est-ce que ça a été filmé ici? J'ai l'impression qu'un troupeau de Brachiosaures va arriver pour pâturer sur les collines!"

Je hausse les épaules avec nonchalance, imaginant que je peux la provoquer avec mon absence de réaction. "Je ne sais pas. J'ai pris ces routes pendant presque trois ans et je n'ai jamais pensé à cette chanson. Je crois que tu es juste bizarre." Je commence à rire, n'étant pas capable de garder mon sang-froid plus longtemps.

"Eh bien, tu es clairement un robot ! S'il y a un circuit Jurassic Park tu vas m'y emmener. Ça sera ta pénitence pour m'avoir traité de bizarre."

Ouais, je dois le confesser, passer plus de temps avec Bella ne semble vraiment pas une pénitence mais je continue à jouer le jeu.

Je soupire de façon théâtrale. "Si j'y suis obligé."

"Tu l'es! " déclare-t-elle et ensuite elle continue sa sérénade pendant les dix minutes suivantes, jusqu'à ce que nous sortions de la vallée des dinosaures, comme elle l'a surnommée.


La visite du zoo est une explosion. Bella danse littéralement d'exposition en exposition. Nous voyons tous les mammifères et les oiseaux imaginables que l'île peut offrir… et les reptiles arrivent comme s'ils en pleuvaient. Il y a des gardiens qui se promènent avec différents lézards et oiseaux avec lesquels les visiteurs peuvent faire des photos. Bella insiste pour toucher tous les animaux que nous croisons. Cette fille a tenu un dragon barbu, un bébé alligator américain et une tortue à pattes rouge. Ensuite dans la volière, elle s'est amusée avec un ara et un cacatoès.

Je me suis tenu à côté d'elle, j'ai pris des photos mais je ne les ai pas tenu ou même désiré les toucher.

Mais Bella l'a fait. A chaque fois qu'une nouvelle opportunité se présentait, elle sautait dessus.

Ensuite, en continuant à m'étonner, elle a commencé à danser volontairement sur le chemin quand des filles portant des jupes d'herbe tentaient de rassembler une foule pour faire une démonstration des mouvements traditionnels du Hula. Avec les tambours résonnant en arrière-plan, Bella les a rejointes sans se soucier des gens… riant, souriant, me faisant des signes… et sans une once d'embarras.

Elle est juste sans peur. Je n'arrive pas à m'y habituer. Pour quelqu'un qui a traversé un traumatisme comme le sien et ensuite embrasser la vie de cette façon… cela me semble inconcevable.

Mais j'en suis témoin de mes propres yeux. Dans tout ce qu'elle a fait et dit aujourd'hui, et même quand nous nous sommes revus dans l'avion et ensuite à l'hôpital, elle est simplement captivante… il n'y a pas de meilleur mot pour ça.


"C'était une journée amusante, Monsieur. "

Je grogne, pour plaisanter. "Je jure, à chaque fois que tu dis 'Monsieur', c'est comme quand Marcie parle à Peppermint Patty et ça me fait rire. Les gens s'adressent à moi tous les jours en tant que 'Monsieur', mais quand tu me le dis… je ne sais pas. Je secoue la tête, essayant de former une phrase cohérente." Tu embrouilles pas mal de chose dans ma tête… mais d'une bonne façon."

"Oh, bien! Il se pourrait que tu doives t'y habituer!" Elle ricane en me tapotant la cuisse avant d'ouvrir la porte de la voiture. "Alors, qu'est-ce qui est sur ta liste pour le reste de la semaine?"

"J'étais sur le point de te poser la même question."

Elle sourit. "A moi de choisir?" Elle frappe dans ses mains et commence à réfléchir. "Eh bien, je pense que tu me dois une visite de Jurassic Park… et peut-être quelques leçons de surf… mais ce que je veux vraiment faire maintenant, c'est aller à Pearl Harbour pour visiter l'Arizona et le Mighty Mo… intéressé?

"Définitivement," je réponds, ravi qu'elle ait prévue une autre sortie pour nous.

"Je vais avoir besoin de me reposer demain. Je suis certaine que mes jambes vont hurler quand je vais me lever… mais samedi? C'est bon pour toi?"

" Parfait. Je suis impatient d'y être." Elle ouvre en grand la portière et sort, mais se penche pour que je la vois.

"Merci pour cet avant-goût merveilleux d'Hawaii, Monsieur." Elle rit et me fait un clin d'œil, en fermant derrière elle.

Je lève les yeux au ciel et souris, et crie, "Pas de quoi, Marcie!"

Je la regarde secouer la tête et rire après avoir entendu ma réponse. Elle se retourne vers moi en marchant et met sa main à son oreille en mimant un 'appelle-moi' pour que nous puissions organiser les choses pour samedi.

Pas la peine de me le rappeler, Bella. Te reparler est au sommet de ma liste de choses à faire.