Chapitre traduit par MissLovey
CHAPITRE 9
Tais-toi et ...
Bella
Cheveux, ok. Vêtements, ok. Maquillage, ok. Ne pas trop analyser, pas de regret. J'ai le souvenir d'avoir bu un baril de sangria et d'un baiser torride. Un baiser qui a laissé mes lèvres sous l'effervescence de l'excitation et mon ventre sous l'effet de ces grands aigles impériaux qui battent des ailes comme des fous. Il est temps de faire face et de passer à l'étape suivante.
Respirations profondes, eeetttt go!
Je sors de ma chambre et trouve Edward en train de remplir deux tasses de café. Quand il lève la tête pour me saluer, son fameux sourire en coin fait fondre mon cœur. Cela fait deux jours de suite qu'il ne s'est pas rasé. La barbe naissante sur ses joues et le bas de son cou est un péché. Il me passe une tasse au-dessus du comptoir et me fait un signe de la tête.
"Bonjour," dit-il avec un sourire, en portant sa tasse à ses sensationnelles lèvres.
"Bonjour à toi," je réponds, un sourire tout aussi joyeux que le sien sur mon visage. "Merci pour le café."
"Pas de quoi. Bien dormi?" demande-t-il, un sourcil arqué malicieusement.
"Hum, pas mal. "L'euphémisme du siècle. J'ai rêvé d'Edward et moi et de nos lèvres, jambes et bras s'emmêlant les uns les autres, sous, sur et autour des draps de mon lit. Je me suis réveillée en sueur, pas une fois, mais deux. Alors ouais… 'Pas mal' résume ça assez bien. "Et toi?"
Il ricane en fermant le carton de lait. "Euh, ouais. Si nous devons être complètement honnêtes là, ce baiser a jeté les fondations de quelques rêves assez intenses." Il me tourne le dos pour remettre le lait dans le réfrigérateur et je jure l'avoir entendu marmonner "… c'est le moins que l'on puisse dire."
Mon cœur rate un battement en entendant son honnêteté sur ce que mon baiser lui a fait. Je baisse les yeux en essayant de garder mon sang-froid, de peur de commencer à rire bêtement comme une adolescente.
"Eh bien, bien… mission accomplie, alors," je déclare ça en lui faisant un clin d'œil pour faire bonne mesure.
"Est-ce que l'on peut en parler ?" demande-t-il sincèrement, son visage soudainement préoccupé.
J'arque mes sourcils et tends la main pour l'inviter à prendre la parole.
Il se penche vers moi, sur le comptoir, appuyé sur ses coudes. Je fais la même chose pour imiter sa posture… et aussi parce que cela met nos visages à quelques centimètres l'un de l'autre. N'importe quelle excuse pour être plus proche de cet homme. Je pense que je deviens accro dès qu'il est concerné.
"Qu'est-ce que tu as à dire, Capt'ne?" Je souris, sachant que parler de sentiments ne fait pas nécessairement partie de sa zone de confort.
"Eh bien," il baisse le regard sur ses mains pliées pendant un moment, et ensuite le relève vers moi, "je voulais que tu saches que, influencé par la sangria ou pas, j'ai plutôt aimé t'embrasser hier soir."
Je sens mes joues me faire mal à cause du sourire qui domine l'expression de mon visage. "Eh bien, c'est bien," je réponds tranquillement et je fais un crochet avec mon doigt, pour lui demander de se rapprocher. Sa joue mal rasée gratte contre la mienne et je murmure, "parce que j'ai plutôt aimé t'embrasser, aussi. "Je fais une pause et respire son incroyable parfum. Il sent le propre, avec juste une pointe d'appel à l'orgasme. "Et je vais le refaire."
Nous nous écartons en même temps et je le regarde avaler difficilement avec un sourire en coin. "Vous, Mme Newton, êtes un nid à ennuis. J'ai l'impression que je ne sais pas dans quoi je m'embarque avec vous."
"Mais c'est ça qui est drôle?" Je pose la question en essayant de retirer toute sensualité de mon ton. "Nous sommes deux adultes nous passons un merveilleux moment dans un paradis tropical. N'est-ce pas assez de s'amuser et de profiter de la compagnie de chacun?"
Il rit, sans humour. "Crois-moi, Bella je suis tout à fait d'accord pour m'amuser. Mais avec toi…" Il secoue la tête, détournant le regard. "Ces deux dernières semaines avec toi m'ont prouvé que tu es quelqu'un de différent. Tu mérites plus que ça. Tu mérites d'être traitée différemment. Je ne suis pas habitué à ça… ça…"
"Hé," dis-je en secouant la tête. Je le coupe en mettant ma main sur les siennes, qu'il est en train de tordre comme s'il essayait de s'enlever une couche de peau. "Peu importe ce qui te rend dingue, laisse tomber. Nous faisons ce que nous voulons, Edward. Nos règles… celle de personne d'autre."
"Je me fiche de savoir ce que sont les règles des autres pour l'instant, Bella. Ma plus grande préoccupation, c'est toi, et comment mes règles s'appliquent dans le grand schéma des choses. Tu m'as pratiquement assommé il y a deux semaines, et je n'ai plus été la même personne depuis!" Il s'est éloigné du comptoir et fait maintenant les cent pas dans la petite cuisine. "Et tous ceux qui me connaissent ont remarqué le changement!" Sa voix a augmenté de volume et d'une octave nous entrons clairement en territoire inconnu là.
Je me redresse et vais vers le canapé, lui faisant signe de faire de même. Je m'assois et me tourne sur le côté, mettant ma jambe droite sous la gauche pour être à l'aise pendant qu'il s'effondre à côté de moi et couvre son visage avec ses mains, qu'il frotte brusquement.
Je croyais pouvoir aborder cette discussion de manière légère, mais à le regarder comme ça, je présume que c'est une version composée d'un Edward à la limite d'une petite crise de nerfs… alors ouais, je pense que ce n'est pas le moment d'être nonchalante ou insouciante.
"Renseigne-moi, Goose. "(ndt : réplique culte du film Top Gun. Ce n'est pas la traduction littérale de la VO mais la réplique de la VF) j'essaie au moins de briser la glace avec un peu d'humour militaire. Je peux voir qu'il apprécie grâce à un demi-sourire et il lève les yeux au ciel, joueur.
Il secoue la tête avant de souffler. "Tu dois savoir que je me sens comme un idiot complet à te parler de ça… mais je ne peux pas arrêter d'y penser. Je suis payé pour penser, tu sais? Mon boulot est d'être le planificateur ultime. Je regarde les faits et le corps des Marines attend de moi que je sache comment avancer à partir de là. Quelles fournitures sont nécessaires pour pouvoir accomplir une mission, combien et comment les mettre en place efficacement."
"Quel est ton métier, au fait? Je veux dire, à part jouer la Grande Faucheuse de temps en temps." Moi et mes tentatives de faire de l'humour. Au moins il relève la tête brusquement et souffle. "Tu as dit l'autre jour, au supermarché, que tu étais un logisticien? »
"Non, mes CPM correspondent à un trente-zéro-deux."
Mes yeux s'élargissent et je fais rouler mon poignet vers l'avant plusieurs fois pour lui faire comprendre que j'ai besoin qu'il remplisse les blancs parce qu'il pourrait aussi bien parler grec en ce moment.
"CPM… compétences militaires professionnelles. J'ai été engagé une fois avoir été diplômé de l'école des officiers et de la Basic School à Quantico, en Virginie. Ensuite je suis allé étudier à Jacksonville, en Caroline du Nord et j'ai été entraîné en tant qu'officier d'approvisionnement de terrain. Je suis un logisticien mais la logistique des Chiens du diable (ndlt : surnom des Marines) a ses propres MOS," explique-t-il, en se grattant la joue. "Alors ouais, je suis un officier d'approvisionnement. Merci pour le papier toilette… les haricots, les balles et les médicaments. Et tout ce qu'il y a entre les deux. Tu as besoin de quelque chose, je suis ton gars." Il sourit fier de lui.
"Cool. Alors tu es quelqu'un d'assez important quand on a besoin de quelque chose, hein?"
Il fait un clin d'œil. "Tout le monde veut être mon ami."
"Je n'en doute pas un minute," je soupire. "Mais sérieusement, pour revenir à ça. "Je fais un geste de la main entre nous deux. "Qu'est-ce qui te tracasse?"
Il se frotte les sourcils et exhale profondément. "Quand nous avons fait de la randonnée, je t'ai donné mon avis sur les relations. Je suis juste… c'est plus sûr pour moi de ne pas m'engager. Ça diminue les chances de cœurs brisés tout autour, tu sais?"
Je pince les lèvres et secoue la tête. "Je pense que tu te sous-estimes mais je te l'ai déjà dit la semaine dernière. Et écoute, tout ce que nous avons fait, c'était s'embrasser, d'accord? "Il regarde vers nos jambes mais je penche mon visage vers le sien pour le forcer à trouver mes yeux. "Je ne demande pas de demande en mariage. Est-ce que l'on ne peut pas juste nous amuser?"
Il éclate de rire. "Je crois que nous pouvons vraiment beaucoup nous amuser, mais Bella, "il regarde vers le balcon, "je pense que tu mérites mieux que ce que je peux faire… que ce que je peux offrir."
Je secoue la tête pour arrêter son train de pensées. "Ne nous inquiétons pas de ça, d'accord? J'apprécie vraiment que tu t'inquiètes pour moi mais soyons simplement libres pour le moment. "Je fais un signe de la main. "Amusons-nous, soyons idiots, construisons-nous des souvenirs… profitons de ce que nous avons. C'est juste le commencement d'un mois merveilleux, tu sais? Et qui sait ce qu'il se passera une fois de retour à Oahu? Tu ne pourras peut-être plus me supporter, est-ce que tu as déjà pensé à ça? »
Il rit encore. "Je suis à peu près sûr qu'il n'y a aucune chance pour que cela se produise mais merci de jouer l'avocat du diable."
J'hausse les épaules avec un sourire. "Eh bien, je suis assez spectaculaire…" j'ajoute ça avec un clin d'œil, "… mais hé, il n'y a pas de pression ici. Je ne suis pas inquiète et je ne pense pas que tu devrais l'être non plus, d'accord?" Je pousse du poing son bras, essayant de le détendre. "Je crois que nous devrions prendre chaque jour comme il vient… chaque heure… peu importe. Tu es venu à mon hôtel pour demander de te joindre à moi pendant ce voyage parce que tu n'étais pas prêt à dire au revoir. Cela m'a étourdi parce que je ne voulais pas non plus que notre temps ensemble se termine. Alors nous sommes là tous les deux et nous savons que quelque chose se passe ici," je mords ma lèvre inférieure et souris. "Alors maintenant, ton job est d'arrêter de tout analyser, Capitaine 'Je-planifie-tout', et de te laisser porter par le courant."
Il me regarde septique et soupire. "Bella, s'il te plait…"
"Non! "Je crie et me lève. "Pas de 'Bella s'il te plait' avec moi… "Il arque un sourcil pour me provoquer et je fais claquer ma langue en levant les yeux au ciel, "tu sais ce que je veux dire. Nous sommes ici en vacances… une nouvelle page blanche à écrire, tu vois? Si ça aide, tu peux prétendre que la nuit dernière n'est pas arrivée."
"C'est physiquement impossible mais bien essayé."
"D'accord, bien… commençons juste la journée en se disant qu'il n'y a pas de pression pour agir d'une certaine manière ou dire certaines choses… tout ce qui arrive, arrive. L'ordre du jour, et de CHAQUE jour à partir de maintenant, c'est de s'amuser, d'être insouciant, d'être spontané et de se faire des souvenirs, d'accord?"
Edward acquiesce de sa position assise sur le canapé. "Oui, Mad'me. Page blanche, pas de pression, être spontané… compris."
Je souris, fière d'être si persuasive et de l'avoir convaincu de m'écouter et de suivre mes conseils. "Si nous pensons que c'est nécessaire d'organiser une autre réunion au sommet nous le ferons. Mais pour l'instant, nous prenons un nouveau départ." Lui et moi acquiesçons en même temps. "Alors tout va bien? "Je redemande pour clarifier.
Il se lève pour me faire face, son magnifique sourire apparaissant sur ses lèvres. "Tout va bien." Ensuite, sans avertissement, Edward prend en coupe mes joues dans ses mains chaudes et incline mon visage alors que ses lèvres descendent sur les miennes. Il me taquine plusieurs fois avec des baisers d'Esquimau et en passant sa peau douce sur la mienne jusqu'à ce que nos bouches soient ouvertes et que nos langues se joignent langoureusement.
Maintes et maintes fois, c'est lent et délibéré. Aucun de nous n'étouffe l'autre ou entrechoque nos dents. Bien que mes yeux soient fermés, je peux sentir sa main droite quitter mon visage et descendre le long de mon bras et se planter sur ma hanche, qu'il serre. J'autorise un léger gémissement à s'échapper et cela semble casser la scène parce qu'il s'écarte de nos lèvres scellées.
Ma tête est toujours inclinée et j'ouvre graduellement les yeux. Je trouve Edward qui m'observe avec un regard intense ses yeux verts communicant tout ce que je pense qu'il est trop nerveux pour dire. Je ne suis pas inquiète cependant, nous y arriverons le moment voulu.
"C'était assez spontané, Clémentine?" murmure-t-il, d'un ton un peu brusque.
Je hoche la tête plusieurs fois. "Bien." Encore un hochement de tête, puisque je suis muette la sensation de sa bouche sur la mienne est trop fraîche pour avoir des paroles cohérentes. "Vraiment, vraiment bien."
Il recule d'un pas, éloignant ses mains de mon corps et dit, "Eh bien, d'accord alors. Prête pour commencer notre journée?"
Oh, oui, Monsieur. Prête et disposée.
Après qu'Edward m'ait laissée chancelante sous l'effet de ce baiser à faire trembler vos genoux, nous avons passé le reste de la journée libres comme l'air, aussi ringard que cela puisse paraître. Nous avons pris un hélicoptère qui nous a emmené au-dessus de Waimea Canyon et fait découvrir une vue aérienne de l'île en général.
Nous avons appris qu'environ quatre-vingt pour cent de Kauai est inhabitée, isolée et sauvage. Alors la meilleure façon d'apprécier l'île, c'est par les airs. Nous avons visité les vingt-quatre kilomètres de la cote de Na Pali, avec ses falaises abruptes qui tombent dans l'océan. Nous avons pris une tonne de photos, la plus part de nous en gros plan pendant que nous portions ces énormes casques dans l'hélicoptère et que nous faisions des grimaces. Nous avons parcouru les photos après avoir atterri et nous avons ri jusqu'à en avoir mal au ventre. Bien que j'ai réussi à prendre quelques clichés convenables des paysages, je vais certainement acheter quelques cartes-postales pour me souvenir des vues du ciel. Les professionnels prennent de bien meilleures photos que deux personnes riant et flirtant et essayant désespérément de ne pas vomir à cause de quelques trous d'air de temps en temps. Dans la soirée, nous décidons que le lendemain nous avons besoin d'une journée à la plage.
Nous n'aurions pas pu choisir un jour plus parfait pour ça non plus. La température n'est pas oppressante même si elle avoisine les trente-deux degrés, la brise de la mer fait un travail fantastique en nous gardant à l'aise sous un soleil flamboyant.
Edward s'exécute joyeusement, quand je lui demande de mettre de la crème solaire sur mon dos, et je lui rends même la pareille en parvenant à ne pas baver quand je passe mes mains sur son dos sculpté et ses épaules. Nous n'avons rien fait de physique depuis le baiser d'hier matin mais je ne suis pas inquiète. Nous ne sommes pas pressés de nous prouver quelque chose. Et c'est exactement comme ça que je voulais que les choses se passent.
Je regarde Edward qui est allongé sur sa chaise longue, il porte des lunettes de soleil à effet miroir, une montre en argent sexy comme l'enfer à son poignet droit, ses plaques militaires posées sur son sternum et un short de bain rouge qui repose très bas sur ses hanches. Comme si cette vue n'était pas suffisante, il semble que le simple fait de regarder ses poils sur son corps m'excite. Qu'est-ce qui ne va pas chez moi? Je veux dire, oui, je suis attirée par son physique et son visage : grand, mince mais musclé. Je veux dire, depuis que je vis avec lui, j'ai quasiment étudié les moindres détails du Capitaine Edward Masen. Je ne suis pas sûre que ce soit normal mais pour l'amour de Dieu, ses avant-bras ont des poils brun-blonds qui me donnent simplement envie de passer mes doigts dedans. Même chose pour sa poitrine… pas trop, pas trop peu, et bon sang, la chasse aux trésors qui commence à mi-chemin du bas de son torse et qui semble s'épaissir en descendant plus au sud. Ses jambes sont incroyablement définies et ses pieds, ses pieds! L'homme a des pieds sexy! Et je ne commence même pas à parler de ses mains. Longs doigts, forts avec des tendons et des veines visibles sous la surface de sa peau tannée. Elles me rappellent en fait des mains de musicien. Je devrais lui demander s'il joue de la guitare ou de quelque chose. Je secoue la tête pour tenter de faire disparaître de mon esprit le dossier 'Le corps d'Edward n'a aucun défaut' qu'il semble être en train d'écrire.
"Clémennntiiiine… tu es avec moi?" Edward agite son bras pour essayer d'attirer mon attention. Je suis complètement dans les nuages, bien que je le regarde directement.
"Hein? Euh? Je jure que j'ai un diplôme universitaire, mais ma réponse éloquente de reflète pas ce fait pour le moment.
"Je te disais que je voulais aller marcher et je te demandais si tu voulais te joindre à moi."
Je m'assois et souris. "Oh ouais, sans problème. Allons-y! "
Notre promenade commence tranquillement en observant les quelques personnes que nous croisons le long du chemin. Jusqu'à ce qu'Edward brise la glace. "Alors, je voulais être honnête avec toi et te dire que j'ai entendu le message que ton amie a laissé, euh, Alice je crois. »
Il me regarde pour vérifier ma réaction. Je ne suis pas fâchée, alors je hoche la tête pour qu'il continue.
"Ouais. Je ne voulais pas être indiscret mais tu écoutais tes messages et tu avais mis le haut-parleur et… »
Je lève ma main pour l'arrêter. "Pas de souci," dis-je, en arrangeant mes cheveux après un brusque coup de vent. "Alice est juste… je ne sais pas… surprotectrice, je suppose" je secoue la tête à mon choix de mots prudents "Elle, comme d'autres, n'est pas vraiment à l'aise avec le fait que je sois seule à Hawaii."
"Mais tu n'es pas seule." Il me pousse gentiment avec son épaule, un sourire sur son visage tout le temps.
"Ouais… ça en fait partie aussi. Elle euh, "je bégaye et hausse les épaules,"elle pense que c'est inapproprié, "je fais un signe avec mes mains pour souligner la citation, "que nous passions toi et moi du temps ensemble. Et c'était avant, tu sais, que quelque chose ne se passe entre nous."
Nous marchons en silence pendant une trentaine de mètres avant que je ne reprenne. "Ce n'est pas juste toi cependant. Elle se sentirait comme ça peu importe avec qui je passe du temps."
"Oh, merci. Mon ego n'en a pas du tout pris un coup, au cas où tu te posais la question."
Je ris et pose ma main sur son avant-bras. "Arf, je suis désolée. Écoute, j'ai été seule pendant plus de trois ans. A part des visites à New York chez mes parents, je ne suis pas sortie de Caroline du Nord. Je n'ai pas réellement eu l'opportunité de voir quoi que ce soit d'autre, tu sais. Tout le monde garde un œil attentif sur moi."
Les sourcils d'Edward se froncent de confusion. "Eh bien, je sais que nous nous fréquentons seulement depuis deux semaines maintenant, mais tu as l'air en bonne santé… émotionnellement, je veux dire… comme si tu étais prête à passer à autre chose." J'acquiesce, étant d'accord. "Et je ne dis pas ça à cause des baisers que nous avons partagés," ajoute-t-il avec un clin d'œil et un sourire en coin.
Je ne peux pas m'empêcher de rire. "Eh bien, j'apprécie ton avis averti et impartial. Mais tu as raison. Je pense que je me sens comme ça depuis un moment mais comme je le disais, je n'ai pas eu l'opportunité à cause de mes amis. Ils m'ont protégée, je crois… qu'ils se sont protégés eux-mêmes." Je marmonne et regarde au loin.
"Ça a été très difficile pour Alice, quand Mike a été tué," j'explique et je regarde Edward, qui fait un signe de tête pour que je continue. "Ils ont grandi ensemble, en fait. Des voisins depuis l'enfance," je hausse les épaules. "C'était le genre d'amis qui finissait la phrase de l'autre. J'ai demandé à Mike s'il y avait eu quelque chose entre eux, mais il avait dit que non. Jasper avait emménagé dans le voisinage également au début de leurs années lycée et Alice a tout de suite craqué pour lui. Alors s'il y a eu quelque chose entre elle et Mike, c'était quand ils étaient très jeunes et certainement avant qu'ils ne comprennent leurs sentiments. J'ai perdu mon mari et mon enfant. Elle a perdu un grand ami."
Je fais une pause pour rassembler mes idées. "Même si je portais le deuil de Mike indéfiniment, je crois que cela ne serait jamais suffisant pour elle. Je pense qu'elle voit ça comme si elle avait dû partager son meilleur ami quand lui et moi nous sommes mis ensemble. Et jusqu'à ce qu'elle soit prête à passer à autre chose, il n'y a pas moyen que je puisse même y penser, tu vois? "Je regarde Edward, pas nécessaire pour une réponse, mais juste pour essayer de communiquer ma frustration.
"Mes parents ont commencé à me demander il y a environ un an si j'avais rencontré quelqu'un. Je pense qu'ils sont prêts à ce que j'avance mais comme je le disais, Jasper et Alice sont mes personnes de contact si ils ne sont pas prêts, ils ne vont certainement pas m'aider à me mettre dans une position pour rencontrer quelqu'un non plus," je souffle, levant les mains en signe de défaite.
"Ce sont tes seuls amis à Cherry Point?"
Je soupire de résignation. "Tu es un marine, Edward. Tu sais à quel point c'est une vie de transition. Les gens amicaux viennent et partent. J'ai plusieurs personnes avec qui je m'entends bien, des collègues principalement, notamment Angela Weber, mais elle est plutôt discrète à propos de ma vie amoureuse. En plus elle joue dans l'autre équipe et est engagée dans une relation sérieuse, alors elle n'a jamais vraiment cherché un gars pour moi," je ricane.
"Ouais, j'ai pigé."
Je secoue la tête. "Je crois que quand je saurais si j'ai mon transfert, cela va secouer Alice. Une fois qu'elle saura que je ne serai plus sous – je ne sais pas si supervision est le bon mot – mais tu vois ce que je veux dire. Peu importe, peut-être qu'elle réalisera qu'il est temps d'avancer… ou peut-être pas," je hausse les épaules, "qui sait?"
"Eh bien, j'espère que vous trouverez un terrain d'entente. Je suis désolé qu'elle ne t'ait pas été d'un grand soutien. Et tu sembles très sûre de toi quand tu parles de prendre un nouveau départ ailleurs. Qu'est-ce qui les a gardés au même endroit tout ce temps?"
"Ils ont tous grandit à Jacksonville, en fait. Les parents de Jasper était dans les Marines c'est ce qui l'a amené là pendant le lycée. La mère d'Alice et son père travaillaient pour le gouvernement, alors ils ont été stationnés près des bases également. Ils sont retraités depuis. La famille de Mike est également du coin. C'est comme ça qu'ils se sont tous rencontrés." Je suis distraite par un hors-bord qui passe au large. "Ça à l'air GENIAL! "J'en ai officiellement terminé avec mon histoire qui fait pleurer et je suis prête à m'amuser.
"Quoi? Faire une tour en bateau."
"Non, les grosses bouées que le bateau traîne… ça a l'air relaxant non?"
Edward met sa main au-dessus de ses yeux pour regarder rapidement la scène. "Ouais, ça à l'air cool." La bouée saute dans le sillage que le bateau crée. Ça a l'air plus excitant que relaxant, cependant. Sûr que tu es partant pour ça?"
"Hé ouais! Nous avons absolument besoin de faire ça, allez! "Je tire sur sa main jusqu'à ce qu'il commence à bouger avec moi. Nous nous dirigeons vers le bout de la plage jusqu'à une petite hutte où vous pouvez sélectionner les activités nautiques que vous voulez faire.
Après avoir payé, le gars contacte par radio le pilote du hors-bord sur son talkie-walkie et le fait revenir sur la rive. Le pilote nous tend des gilets de sauvetage, et ensuite Edward et moi nous installons sur nos bouées. Nous nous asseyons dedans avec nos jambes pendantes sur l'avant et nos corps appuyés de l'autre côté.
"Assurez-vous de bien vous tenir. Quand les bouées frappent le sillage, ça devient un peu chaotique." dit-il, en s'assurant que nos bouées sont bien attachées à la corde qui s'étend jusqu'à l'arrière du hors-bord. "Vous feriez mieux de me donner vos lunettes et votre montre, mec," suggère le pilote à Edward.
"Oh, d'accord." Edward les enlève et les tend au pilote qui les glisse dans la poche de son T-shirt. "Prêt?"
Je regarde Edward et il me sourit et nous faisons un signe de tête au pilote. "Si vous voulez que j'accélère, levez juste le bras bien haut. Je me retournerais de temps en temps. Et si vous tombez des bouées, restez sur place, je viendrais vous récupérer."
Je hausse les épaules en regardant Edward et je murmure, "Je ne peux pas imaginer que l'on va tomber, non? Ça va être relaxant." Edward grogne et secoue la tête pendant que je m'installe dans ma bouée.
"C'est parti!" annonce le pilote et il nous fait un signe de pouce levé quand nous démarrons.
Nous commençons par naviguer très lentement et je tiens la poignée en plastique très fermement juste pour être sûre. Ahh, c'est super. Je regarde Edward et lui fait un grand sourire. À ce moment-là, le bateau accélère un peu.
"Waouh!" Je me retrouve à crier de joie alors que le vent frappe mon visage et que les embruns jaillissent de chaque côté de la bouée. A ce moment-là je sens que mon corps est poussé en arrière et je dois une fois encore resserrer ma prise. J'ai soudainement l'impression que nous allons deux fois plus vite. Je regarde Edward qui m'appelle, je crois, mais il est impossible d'entendre ce qu'il dit.
De plus en plus vite et encore plus vite. Ce qui ressemblait à une expérience relaxante de la plage est un véritable test de tension artérielle. J'ai l'impression que je m'accroche pour ma vie pendant que la force gravitationnelle me pousse en arrière dans la bouée et qu'elle fait de son mieux pour que je perde le contrôle et que je vole dans l'océan.
Le hors-bord commence à zigzaguer et se faisant, crée d'innombrables vagues dans son sillage. Edward est à environ une quinzaine de mètres de moi et je le regarde voler au-dessus des vagues. Le bateau se déplace et c'est à mon tour de rebondir sur le sillage.
"AHH!"
"AHH!"
"AHH!"
Je crie à chaque rebondissement sur les vagues que mes pauvres fesses doivent subir. Merde, c'est une douleur que je ne supporte pas.
Edward
Bella a l'air d'une marionnette à chaque vague qu'elle frappe. C'est comme si elle se désarticulait. A la façon dont elle tient la poignée, je suis sûr que ses bras doivent la brûler. Dieu sait comment je tiens.
Merde, c'est mon tour. Je grogne et m'agrippe avec autant de force que je peux. Relaxant, mon cul. Quand le bateau fait encore un zigzag, ça me soulage mais je sais que cela signifie que c'est au tour de Bella.
"AHH!"
"AHH!"
"AHHHHHH!"
La chose que je sais ensuite, c'est que la bouée de Bella flotte sur l'eau, et que je ne la vois nulle part. Le bateau ralentit significativement et nous ramène en arrière. Je parcours l'océan frénétiquement et c'est alors que je la vois agiter son bras, nous donnant une direction à suivre.
"Mon Dieu, ça va?" Je lui demande alors que ma bouée dérive près de Bella qui est en train de rire comme une hystérique.
"Je vais bien," bafouille-t-elle en nageant dans l'eau devant moi. "Ça a été les vingt secondes les plus relaxantes de toute cette expérience," dit-elle, en riant, alors qu'elle attrape la main que je lui tends.
"Je suis d'accord," je commence. "Une fois que notre pilote a levé sa main des gaz, au moment où il a réalisé que tu ne suivais plus, c'est redevenu calme et paisible exactement comme tu pensais que ça serait quand tu m'as embarqué dans ces bêtises."
"Gamin!" crie-t-elle et elle me lance de l'eau ce qui m'incite à glisser de ma bouée et à m'engager dans une bataille d'éclaboussures tout azimut.
"Votre temps est bientôt écoulé. Vous voulez que je vous remorque un peu?" demande le pilote alors qu'il s'arrête à côté de nous.
Nous acceptons avec plaisir et il nous demande de juste passer nos bras à travers les bouées et il nous tire très lentement.
Une fois que nous sommes dans des eaux peu profondes, le pilote me rend ma montre et mes lunettes de soleil, et nous fait un signe de la main avant de repartir.
"Mes bras donnent l'impression d'être en gelée," gémit Bella et je suis d'accord. Mais je saisis l'occasion pour la toucher.
"Les miens sont un peu fatigués aussi mais je ne voudrais pas que tu te noies et que tu ruines notre journée de plage parfaitement tranquille. Accroche-toi à moi." Bella mord sa lèvre et ensuite tend sa main vers la mienne. Je la tire plus près et mes mains attrapent sa taille. Quand elle enroule ses bras autour de mon cou, ses jambes pendent juste devant mon corps, mais elle devient audacieuse et impertinente, merci, et elle enroule ses jambes autour de ma taille.
"Eh bien, maintenant c'est confortable," je murmure alors que nous sommes face à face.
"Je crois, oui," elle rit. "Désolée que l'expérience ne se soit pas terminée en toute décontraction comme je l'espérais."
J'éclate de rire. "Euh, ouais. Tu m'en dois une pour celle-là, Clémentine. Je pourrais avoir besoin d'un massage pour éliminer la tension de mes bras et dans mon dos après cette séance d'entrainement inattendue."
Je fais quelques pas nous faisant tourner lentement dans l'eau. La sensation de Bella, toute légère dans mes bras, est sacrément étonnante.
"Eh bien heureusement pour toi, Haku m'a montré quelques techniques efficaces quand il m'a massé l'autre jour. Si tu me donnes une chance, je pense que tu apprécieras ce qu'il a partagé," flirte Bella dans mon oreille.
Je grogne et je lève les yeux en guise de réponse. "Ne me rappelle pas ça."
"Quoi? Qu'est-ce que tu veux dire?" demande-t-elle, ses sourcil froncés sous l'étonnement.
"C'était comme de la torture d'écouter ce géant te faire ce massage. Tous tes grognements et gémissements," je secoue la tête, toujours irrité, "mon imagination a beaucoup travaillé, il faut que tu le saches. »
Elle rit et enfouit sa tête dans mon cou. Je savoure le fait de l'avoir si proche. C'est presque plus intime que les quelques baisers que nous avons partagé.
"Eh bien, je dois avouer que j'aurais aimé que ce soit toi qui me fasses ce massage, Capt'ne " dit-elle en reculant son visage pour me regarder dans les yeux.
"C'est vrai?" Bella sourit et acquiesce en resserrant ses jambes autour de ma taille. "C'est bien alors."
Je profite de cette occasion pour me pencher en avant et elle rencontre mon baiser en attente. Ses lèvres sont douces, je ne peux pas en avoir assez. Ma langue trouve la sienne et nous les faisons glisser dans chacune de nos bouches. Nos têtes changent de position, à gauche, à droite. Nous avons ensuite besoin d'air, et doucement elle s'écarte pour appuyer son front contre le mien.
"Mmmm. C'était agréable "murmure-t-elle avec les yeux toujours fermés. "Salé mais agréable." Nous rions à l'unisson et je reviens pour un pec final. "Oui, ça l'était."
"Tu veux retourner à l'appartement? Je ne serais pas contre laver tout ce sel et ce sable, et nous devons nous préparer pour dîner."
"Ouais, d'accord. Juste…" Je relâche ma prise sur son dos et elle déverrouille ses jambes autour de mes hanches et elle se tient devant moi. "J'ai besoin d'une minute."
Bella me regarde, confuse et je lève les sourcils essayant de lui faire comprendre sans mot pourquoi je ne peux pas sortir de l'océan et traverser une plage bondée. La compréhension envahit son visage et elle tord ses lèvres pour contenir son sourire.
"Désolée. "Ses yeux voyagent de la surface de l'eau à en dessous.
Petite coquine. "Non, tu ne l'es pas," je réponds en commençant à lui chatouiller les cotes.
Les rires et les éclaboussures qui suivent m'aident à me calmer. Enfin mon entrejambe dégonfle suffisamment pour que je puisse déambuler sur la plage sans être arrêté pour comportement obscène ou attentat à la pudeur.
"D'accord. Rentrons."
Bella et moi avons fait une excursion sur la rivière de la Grotte Fern le lendemain. Nous nous sommes arrêtés pour marcher sur les ponts et les passerelles qui parcourent la forêt tropicale. Le paysage était à couper le souffle avec ses énormes surplombs de verdure luxuriante, ses multiples cascades et ses magnifiques fleurs. J'aurais bien aimé pouvoir laisser le groupe avec lequel nous étions, et emmener Bella sous une cascade et l'embrasser comme un fou mais cela n'est pas arrivé. Le seul moment étrange de la journée, cela a été quand les guides nous ont arrêté et demandé de nous tenir à côté de la personne que nous aimons. Ce n'est pas comme si Bella et moi avions le choix et nous n'allions certainement pas nous éloigner l'un de l'autre, mais ils ont commencé à nous chanter la mélodie de la chanson nuptiale hawaiienne. Nous sommes juste restés immobiles à écouter et à nous sourire. J'ai essayé de mon mieux de ne pas trop réfléchir mais je ne peux pas dire que je ne me demandais pas ce que les paroles traduites pouvaient signifier et comment je pourrais les appliquer à Bella et moi. Je devrais faire quelques recherches pour découvrir ce qui a été chanté, pour une référence future ou… oh merde si je le savais. De toute façon, est-ce que je sais encore quelque chose après avoir passé deux semaines avec cette femme.
"Aller, Capt'ne! J'attends!"
"Relax, Clémentine, je dois fouiller dans mon jeans pour trouver une pièce de monnaie." Je pose bruyamment la petite pièce sur la table basse à côté des jambes de Bella, qui sont étendues pendant qu'elle tient prêt Google. Nous jouons littéralement à pile ou face pour déterminer quelle île visiter ensuite.
"D'accord, Monsieur. Alors qu'est-ce que ça va être?"
"Je dis pile pour la Grande Ile… face pour Maui. C'est bon?"
Elle hausse les épaules, indifférente. "Ça me va, vas-y."
Je lance la pièce dans les airs et la rattrape, la faisant claquer rapidement sur le dessus de ma main droite. Je retire ma main gauche et nous nous penchons tous les deux pour voir le résultat et nous entrons en collision. Bella tombe instantanément sur le canapé en se tenant le front et en gémissant. J'arrive à me rappeler de regarder la pièce pour découvrir où nous allons ensuite.
"Waouh," fait Bella en boudant, sa lèvre inférieure enroulée sur elle-même. "Toi et ta tête dure."
"Eh! Je peux dire la même chose de toi, tu sais. Cela fait deux semaines que tu m'as attaqué, je suppose que j'aurai dû m'y attendre. Je devrais peut être repenser cette relation abusive dans laquelle je me suis engagée."
Bella éclate de rire et m'observe. "Tu veux un bisou pour te sentir mieux? »
"En fait…" je souris et me penche en avant. Elle plante doucement quelques baisers sur mon front et s'éloigne. "Alors, est-ce que tu as au moins regardé la pièce avant de m'attaquer avec ta grosse tête?"
"Oui, je l'ai fait. Et nous allons sur la Grande Ile… alors lance la recherche."
Bella commence à taper sur le clavier et en un rien de temps elle nous trouve un appartement avec trois chambres, une cuisine équipée, une salle à manger, un salon, une terrasse… et tout le tralala. Il n'y a pas de question à se poser, alors elle le réserve.
"Dommage que celui-là n'ait pas de jacuzzi privé sur le balcon," elle plisse le visage en signe d'agacement. "Mais il a une baignoire avec des jets sur la terrasse, ça semble prometteur."
Elle me regarde avec une lueur diabolique dans les yeux.
"C'est une honte de ne plus avoir de jacuzzi… je suppose que nous allons devoir profiter de celui-ci pour notre dernier soir ici, non?" Je lui demande ça avec un sourcil arqué qui correspond au sien.
"Allez, Capt'ne. Allons profiter de notre dîner et fêter notre dernière soirée sur Kauai."
Nous choisissons de mener la grande vie et d'aller dîner au St Régis à Princeville. Le cadre à lui tout seul est le parfait exemple de pourquoi ma sœur a cru que j'avais eu une augmentation de salaire pour pouvoir rester dans ce genre d'endroit. L'hôtel se trouve sur le flanc d'une falaise qui surplombe la baie d'Hanalei. L'ameublement est haut de gamme. La fontaine, qui est encerclée par l'allée où vous accédez au service de voiturier, est de la taille du rez-de-chaussée de la maison de ma mère en Californie. L'arrangement floral qui nous accueille quand nous entrons dans le hall est tellement énorme que Bella et moi pourrions nous y cacher sans jamais y être découvert. Le lobby seul a l'air fantastique pour accueillir le prochain bal des officiers. Dommage que personne ne payera jamais les vols pour une autre ile pour ce genre d'événement.
Bella n'arrête pas de dire "Oh mon Dieu" à chaque spectacle que nos yeux rencontrent. Ensuite quand nous sommes assis, elle me chante quelques couplets de "Puff le Dragon Magic. "(ndlt : Chanson populaire des années 60) Quand je la regarde comme si elle était bonne à faire enfermer, elle rappelle que Peter, Paul et Mary (ceux qui chantent la chanson…) chantaient au sujet d'une terre appelée Honah Lee, une version faisant référence à la marijuana de Hanalei. Ensuite elle me montre la montagne à travers la baie et effectivement cela ressemble à un dragon endormi.
Le Makana Terrace nous sert un repas décadent. Nous nous sommes mis d'accord sur le fait que puisque nous avons été très économe durant la semaine avec nos repas, que nous n'allons épargner aucune dépense pour notre dernière soirée sur Garden Island.
Nous dégustons un verre à notre table pendant que la serveuse prépare notre addition quand je vois du coin de l'œil l'un de mes commandants traverser le restaurant. Il arrive droit vers moi et il n'y a pas moyen que j'essaie de l'esquiver. Sa femme est vraiment antipathique, une de ces femmes d'officier qui tentent de profiter du grade de leur mari. Je le salue, madame, pas vous. Mais mielleusement, ce sont des mots que vous ne pourrez jamais dire à l'une de ces femmes à moins que vous vouliez vous faire laminer au travail le lendemain. Espérons que je puisse m'en sortir avec un rapide bonjour et qu'ensuite ils passent leur chemin.
Je me lève quand lui et sa femme approche. "Bonsoir, Colonel Cullen," dis-je formellement et je regarde sa femme. "Madame."
"Capitaine Masen! Que faites-vous ici? Vous vous êtes perdu, fils?" Il rit.
"Non Monsieur, en fait je profite juste de mes congés," je réponds en souriant et ensuite je me tourne vers Bella qui s'est instantanément levée à côté de moi. "Monsieur, j'aimerais vous présenter mon amie, Isabella Newton."
"C''est un plaisir de vous rencontrer," dit-il en lui offrant sa main. "Voici ma femme Esmée." Elle avance et lève la main pour serrer la main de Bella.
"Mme Cullen," la femme corrige son mari.
Je me force à ne pas lever les yeux au ciel à cause de sa grossièreté. "Êtes-vous aussi en vacances, Monsieur?"
"C'est notre anniversaire ce soir, alors nous avons décidé de nous envoler pour le week-end. Nous rentrons demain."
Bella et moi leur souhaitons un joyeux anniversaire, mais je remarque que les sourcils de Mme Cullen se lèvent étrangement tandis qu'elle me regarde.
Le Colonel Cullen nous interrompt. "Excusez-moi une minute. Chérie? Du vin?" Mme Cullen acquiesce et le colonel va au bar pour chercher leurs boissons.
"N'êtes-vous pas allé à une soirée à l'automne dernier avec une femme officier, Capitaine Masen?" s'enquiert Mme Cullen, bien que je ne sache pas où elle veut en venir avec ça.
Je réfléchis rapidement et me rappelle à quoi elle se réfère. "Euh, oui Madame. Le Lieutenant Clearwater était mon invitée ce soir-là." J'avale difficilement ma salive et vole un regard vers Bella dont le visage ne laisse rien paraître.
"Alors… vous ne fréquentez plus Clearwater?"
"Oh," je baisse le regard, ma main venant frotter nerveusement l'arrière de mon cou. "Elle et moi étions juste amis… enfin, sommes amis, je veux dire. Je ne l'ai pas vue depuis que je suis revenu de mon déploiement, cependant."
À ce moment-là, le Colonel Cullen revient avec deux verres à la main et offre le vin à sa femme. "Qu'est-ce que j'ai manqué?"
Elle se tourne vers lui, le beurre pourrait fondre dans sa bouche avec le ton qu'elle emploie. "Je me souvenais juste que le Capitaine Masen avait participé au bal d'automne avec une jeune et charmante officier l'année dernière."
Ignorant, le Colonel Cullen insiste sur la question et je veux soudainement plonger de la falaise pour aller traîner avec Puff le Dragon de l'autre côté de la baie.
"Oh. Eh bien, je crois que savoir avec qui le Capitaine Masen passe son temps ne devrait pas avoir d'importance pour nous, n'est-ce pas Chérie?" demande-t-il à sa femme.
"Pas vraiment. Je me rappelais juste cette femme saisissante, grande, un teint mat magnifique, très attirante," elle secoue la tête et fait un sourire laconique à Bella. "Je ne voulais rien dire par là. Je me souviens de son visage et cela ne correspond en rien à cette jeune femme."
Un silence gêné s'installe et je me rapproche de Bella et je passe mon bras dans le bas de son dos. Je décide de terminer notre visite avant que je ne sois arrêté pour l'avoir frappé.
"Eh bien, passez une bonne soirée." Je fais un signe de tête au Colonel et entraîne Bella au loin après qu'elle ait souri et acquiescé poliment.
"Vous aussi, Masen. Profitez du reste de vos vacances."
Les dix minutes que durent notre retour à l'appartement est douloureux. Bella est silencieuse et elle regarde par la fenêtre. Je ne dis pas un mot non plus, parce que j'ai été abasourdi par les inexcusables et étranges questions de Mme Cullen, sans parler de son air suffisant et de l'attitude qu'elle affiche.
Je tiens la portière ouverte pour Bella et elle sourit quand elle me frôle pour aller dans sa chambre. Je suis inquiet qu'elle ne disparaisse pour la nuit si je ne trouve pas un moyen de résoudre ce problème.
"J'ai l'impression que notre soirée a été gâchée par cette conversation de cinq minutes avec mon Colonel et sa femme."
Bella s'arrête et se retourne. "C'était plutôt horrible. Je sais que tu ne voulais pas que ça arrive, cependant." Elle enroule ses bras autour de sa poitrine comme pour se protéger. "Mais j'ai eu l'impression d'être moins que rien à cause de cette femme. Pourquoi elle a voulu faire ça?"
Je secoue la tête, abattu, parce que je n'en ai pas la moindre idée. Mais je marche vers Bella pour pouvoir regarder de plus près dans ses yeux quand je dirais ce que je suis sur le point de dire.
"Je ne sais pas quelle était son intention, et je suis vraiment désolé qu'elle ait été aussi salope…"
Bella m'interrompt. "Je sais bien que tu es sorti avec d'autre femmes!" Elle agite ses mains en l'air. "Pour l'amour de Dieu, j'ai été mariée… pas qu'elle puisse savoir ça. Je ne comprends juste pas pourquoi elle a voulu nous mettre autant mal à l'aise!" Elle va vers le réfrigérateur et en sort une des bouteilles à moitié vide de vin restante, la débouche et en prend une gorgée. "Qui fait ça?"
Je lève les sourcils à sa soudaine consommation d'alcool et je ne peux pas empêcher un sourire d'apparaître sur mon visage. Je fais le tour du comptoir où elle vient juste de se percher et je saute pour la rejoindre. Elle prend une autre grande gorgée à la bouteille et ensuite me la passe. Je lui prends et bois pendant quelques secondes.
"Femme saisissante… grande… un teint mate magnifique… bahhhh!" Bella imite la description de Leah que Mme Cullen a faite et je suis obligé de rire. Elle saisit la bouteille et prend une autre gorgée et elle se tourne vers moi. "Peux-tu faire une exception pour moi puisque je ne suis pas grande, Capt'ne? »
Je repousse quelques mèches de cheveux de son visage alors qu'elle regarde le bouchon toujours dans sa main. Avec deux doigts en dessous, je lui relève le menton doucement vers moi et je secoue la tête. "Bella, j'ignore tous mes instincts naturels quand je suis avec toi. Le besoin de m'enfuir, de ne pas m'attacher, de ne pas regarder, de ne pas m'habituer à ta présence. Personne d'autre n'a jamais eu cet effet sur moi." Je me penche et touche son front avec le mien. "J'ai la trouille parce que c'est si nouveau pour moi. Jésus, les choses que je commence à ressentir pour toi… pour nous. J'ai presque trente-quatre ans et j'ai des papillons dans le ventre quand tu entres dans une pièce," j'admets.
Elle me sourit timidement en soulevant une épaule. "Tu me provoque des ailes d'aigles."
Je ris de sa candeur. "Ailes d'aigle, hein? C'est un ventre terriblement minuscule pour prétendre que des aigles s'agitent là-dedans. Peut-être que c'est une race bizarre… comme une race naine ou quelque chose comme ça."
"Edward?"
Je lève les sourcils. "Humm? »
Elle secoue la tête avec un sourire pensif. "Tais-toi et embrasse-moi. Et ensuite emmène-moi dans le jacuzzi et embrasse-moi encore un peu plus."
Mes joues sont douloureuses à force de sourire. "Comme tu le souhaites, Clémentine."
