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Chapitre 14
Conversations
Bella
Même dans la paix du petit matin qui arrive de l'extérieur par la porte vitrée coulissante, je constate que je ne peux pas éteindre mon cerveau et m'autoriser à profiter de ces minutes supplémentaires de sommeil. Le poids du bras d'Edward sur ma taille et la chaleur de son corps nu, enroulé de façon protectrice autour du mien me donne envie de sourire mélancoliquement. Je veux me sentir réconfortée mais je découvre au fil des jours que je deviens plus anxieuse. Ce n'était pas supposé se passer ainsi. J'ai commencé ces vacances indépendante, confiante et forte, pleinement préparée à vivre ce que j'avais à vivre. Et ensuite Edward est arrivé.
Ouvrir le mail du secrétariat du DODEA samedi a été effrayant et en même temps grisant. Un poste de professeur est disponible et il est pour moi si je suis intéressée. Après avoir postulé le mois dernier pour mon transfert j'avais essayé d'éviter d'y penser. Et tous les jours où je suis loin de la Caroline du Nord me prouvent juste que je suis mieux sans ce poids persistant de tristesse qui est sans cesse remis sur mes épaules. J'ai été plus heureuse, plus libre et capable d'embrasser ce que j'ai voulu que pendant les dix-huit derniers mois. Ça avait pris sacrément longtemps pour moi de me défaire de la désolation d'avoir perdu Mike et notre fils mais une fois que je l'ai eu fait, peu de personnes m'ont permis de déployer mes ailes. Alors quitter cet endroit, n'importe où pourvu que ce soit loin de la Caroline du Nord semblait être le parfait antidote. Et puis Edward était arrivé.
Avant j'étais prête à aller n'importe où mais alors que ces jours et ces semaines avec lui passaient, j'en venais à prier que nous nous retrouvions d'une façon ou d'une autre à proximité. Peut-être sur la même base. La nouvelle de mon affectation en Corée du Sud était tout à la fois une bénédiction et une malédiction, je suppose. DODEA ne m'avait pas rejetée, on m'avait offert un travail à l'étranger sur un plateau d'argent… mais je ne voulais pas être trop loin d'Edward pour pouvoir l'étreindre quotidiennement… Il me semble que je suis récemment devenue accro à ces étreintes.
Je deviens plus capable de le lire au fil des jours. J'ai vu les engrenages tourner dans sa tête quand je lui ai annoncé que je partais pour la Corée. Je mentirai si je disais que je n'avais pas espéré qu'il se lance dans un speech sur le fait qu'Okinawa n'est pas si loin que ça de la Corée et ce que ça signifie pour nous. Mais je me suis rapidement dit de ne pas bouder à sa non réaction parce que c'était tout nouveau pour lui. Je veux essayer de croire qu'il essaie de comprendre tout seul que nous pouvons faire en sorte que ça fonctionne avant de m'en parler. S'il n'est pas tout à fait prêt à le faire, c'est ok. Personnellement je pense que les choses qu'il a dites et faites sont à des années-lumière de ce qu'il disait à propos de lui il y a quelques semaines. Monsieur "les relations ne sont pas pour moi," me parait méconnaissable vu comment il a agi depuis ce premier baiser que nous avons partagé sur Kauai.
En sa présence et pour sa tranquillité d'esprit j'ai essayé de garder les choses légères parce qu'au départ c'était tellement clair pour lui qu'il ne s'attacherait pas. Et au premier abord j'étais bien d'accord avec tout cela… avant cette rencontre intime de la semaine dernière qui nous a seulement conduits à être quasiment collés ensemble depuis. Quand je le regarde maintenant, il est devenu encore plus désirable, sexy, authentique, compatissant et il me donne envie de choses que je ne devrais pas vouloir?
Ce n'est pas juste de lui mettre toute la pression. Prononcer ces mots mortels, "il faut qu'on parle" dont tant d'hommes ont peur. J'ai essayé de garder les choses tranquilles entre nous, cette relation/non relation… mais la dernière chose que je veux faire c'est lui mentir. Mentir par omission en ne lui disant pas que mes sentiments sont plus intenses. Je ne sais pas si je vais avoir la force de lui dire au revoir quand je devrais partir en août. Cette pensée provoque une douleur dans ma poitrine que je ne peux pas faire disparaître.
Je refuse de regretter quoi que ce soit de ces vacances. Il faut juste que je sois forte et la personne que j'ai toujours été. Quand ce sera le bon moment je serai complètement honnête. Cette vie n'est pas une répétition générale. Notre lendemain n'est jamais garanti, nos deux vies nous ont appris des leçons de façon difficile. Laisser Oahu sans mettre ma vie en jeu irait à l'encontre de chaque fibre de mon être. Je ne vais pas juste me recroqueviller parce que je ne veux pas être blessée. Avec tout ce que j'ai traversé jusqu'à mes vingt-sept ans je ne suis pas arrivée ici en me mentant et je ne vais pas commencer maintenant.
Si je veux l'embrasser, je le ferai. Quand je veux le prendre dans mes bras, je le fais. Tenir sa main, jouer des pieds, lui faire des massages… peu importe ce que j'ai envie de faire dans le moment, je vais le faire. Il n'y a pas de raison de se retenir. Je vais lui montrer par mes actions combien il représente pour moi et puis je le lui dirai avec mes mots.
Si nous sommes destinés à être ensemble, alors peu importe la distance ou les obstacles, nous le serons. Je vais avoir confiance en ce qu'il dit, qu'il n'a jamais ressenti ça avant, que tout cela est nouveau pour lui. Et en me basant sur ce qu'il m'a confié, je vais mettre mon cœur en jeu.
Qui ne risque rien n'a rien.
C'est cette détermination finale qui aide vraiment à m'apaiser et autorise le sommeil à revenir. Je pose ma main autour du bras d'Edward et le tiens bien en sécurité contre ma poitrine. Peut-être que si je le tiens assez serré pour nous deux, il ne me laissera jamais partir.
Je sens un courant d'air frais et le lit s'enfonce quand Edward revient, m'enveloppant dans ses bras chauds et forts. Son corps blotti de nouveau contre le mien de nos têtes jusqu'à nos pieds. Le contraste de ses lèvres douces entourées par sa barbe naissante quand il m'embrasse tendrement ne manque jamais de m'envoyer des frissons dans mon dos. Cela me fait me tortiller de bonheur et me récompense avec un rire de joie vibrant et sexy de sa part.
"Bonjour ma belle," gronde sa voix rauque alors qu'il passe ses lèvres sur mes omoplates.
Je soupire de contentement et dégage mon cou, l'invitant à poursuivre ses baisers vers mon visage.
"Bien dormi?" demande-t-il et il laisse ses lèvres contre ma peau rougie.
Je vais être honnête. "Ouais… en quelque sorte."
"Oh?" interroge-t-il. "Agité? Mauvais rêves?"
"Je… me sens un peu triste que nous partions demain après-midi, cette île occupe une place spéciale dans mon cœur, tu sais."
Edward répond en cherchant ma main et en entrelaçant nos doigts. "Je sais." Je le sens hocher la tête contre mon épaule. "Cet endroit a été comme une renaissance pour moi."
Une boule se forme dans ma gorge quand je lui dis, "Des regrets?"
"Hummm, il s'arrête pour réfléchir,"… peut-être celui de ne pas avoir pu t'amener à un Luau sur cette île."
Je soupire en souriant. "Ne t'inquiète pas à ce sujet. Laisser tomber ce projet de fête hier soir, te convaincre de venir te baigner nu avec moi était une meilleure idée, quoi qu'il en soit."
Il rigole dans mon cou, ses lèvres effleurant ma peau. Je peux sentir son érection supplier pour un rendez-vous matinal. Il n'entendrait aucun argument venant de moi.
"Je ne peux toujours pas croire que je l'aie fait."
Je lève les mains et porte sa paume sur mes lèvres. "Moi je peux, tu l'as dit toi-même, l'autre soir. Tu es un homme qui a changé, Captain'."
Nous restons silencieux un moment.
"C'est vrai. Je pensais ce que j'ai dit plus tôt, cet endroit a été comme une renaissance pour moi. Enfer, j'ai changé lentement mais sûrement depuis le moment où j'ai rencontré ton sac sur le tarmac en Californie. Et en plus du saignement de nez tu as fini par refaire démarrer mon cœur."
Je souris sentant mes yeux devenir larmoyants. "J'ai juste essayé de t'ouvrir un peu les yeux." Je caresse sa main. "Ton merveilleux cœur battait avant que je n'arrive dans l'allée de l'avion, Edward."
"Peut-être…" il s'arrête "… mais maintenant il a un rythme et une mélodie, une bande sonore avec ton nom qui joue en boucle."
Une larme coule sur mon nez et j'essaie de renifler doucement mais apparemment c'est trop fort parce qu'il s'alarme et se penche pour me regarder.
"Hé," dit-il doucement et il me fait rouler sur son corps. Il passe son pouce sur la larme et secoue la tête. "Pas de larme, Clémentine."
Je hoche la tête et déglutis, mes yeux encore plus larmoyants après avoir entendu sa voix réconfortante.
"Nous avons Maui et puis Oahu encore." Il soulève un sourcil pour savoir si je suis d'accord avec ça. "Encore beaucoup de possibilités de se faire des souvenirs, comme tu l'as dit. C'est pour ça que ce voyage est fait, pas de regret d'accord?"
Je secoue la tête libérant d'autres larmes. "Pas un seul."
Il s'allonge et m'embrasse chastement. Il s'attarde quelques instants et m'en fait un dernier. Son regard est vissé au mien et nos yeux remplissent les blancs pour tout ce que nous n'avons pas encore le courage de dire. Avec confiance et sincérité il assure : "Nous allons traverser ça."
Ces quelques mots créent un autre afflux de larmes. Doux et attentionné et admettant qu'il n'a pas les réponses mais qu'il doit y avoir une solution. Ça m'émeut, ça me retourne et m'emplit le cœur en même temps.
"Je te le promets Bella." Ces doux mots en conclusion venant de lui me font lever la tête de l'oreiller pour prendre ses lèvres avec les miennes.
Nos langues trainent paresseusement dans la bouche de l'autre avec de doux soupirs entrecoupés de respirations. Edward installe ses hanches entre mes jambes et je les enroule autour de sa taille, frottant avec mes pieds le dos de ses cuisses jusqu'à ses mollets.
La sensualité du moment est amplifiée parce que nos yeux continuent d'étudier l'autre alors qu'il glisse à l'intérieur. Je me contracte pour accroître la sensation, le faisant expirer un "ahhh" saccadé.
Il bouge en moi tranquillement en mouvements longs. Mes mains se déplacent sur ses omoplates et ses épaules puis autour de son visage. Je prends mon temps, je trace ses lèvres puis son oreille et passe mes doigts sur son lobe. Sa mâchoire se contracte et se détend quand ma bouche va sur son cou pour embrasser et sucer.
Edward siffle de plaisir quand je soulève mon pelvis et lui rend poussée pour poussée. Je laisse ma tête retomber sur l'oreiller et nous nous fixons alors que ses poussées deviennent plus rapides à chaque seconde qui passe. Ses plaques font un bruit de tintement contre sa poitrine à cause de son mouvement. Le frottement de son os pubien contre mon clitoris crée la friction dont j'ai besoin et je sens mon ventre commencer à brûler et à se contracter, ma respiration devenir laborieuse.
Il plonge sur moi pour m'embrasser intensément. Nos lèvres, nos langues sont dans le besoin urgent, haletant des sons et des gémissements de plus en plus audibles que notre rythme amplifie. Mes mains qui étaient posées sur son visage quand nous nous embrassions, se déplacent rapidement vers le bas pour saisir son cul et le tirer contre moi. Je peux sentir ses muscles se crisper et travailler pour notre plaisir.
A chaque poussée de ses hanches, sa langue va plus loin dans ma bouche, c'est érotique, c'est merveilleux.
"Chérie," murmure-t-il. Je souris à dans notre baiser brûlant quand je l'entends m'appeler affectueusement ainsi pour la première fois… ça ressemble presque à une prière.
Mon orgasme explose, faisant retomber mes hanches sur le lit et me figer pendant que des vagues de plaisir déferlent sur moi, le sourire en coin d'Edward me dit qu'il est très heureux que j'ai joui en premier. Il accélère encore plusieurs fois puis enfouit son visage dans mon cou avec un gémissement et je le sens se répandre en moi avec plaisir et soulagement.
Nous restons là immobiles, en sueur et repus, attendant que notre respiration revienne à la normale. Finalement il embrasse mon cou tendrement puis lève la tête.
De longs moments silencieux passent et je me perds à nouveau dans son regard envoûtant. Il hoche la tête très légèrement presque comme s'il était d'accord avec lui-même intérieurement. Dans ma périphérie je vois sa pomme d'Adam bouger sous sa barbe délicieuse avant qu'il ne murmure une fois de plus "C'est promis."
J'attrape deux cuillères et la boite de glace menthe chocolat dans le freezer. Edward me retrouve sur le canapé après avoir mis le DVD de Raiponce, que j'ai loué dans la Redbox à l'extérieur du Wallmart.
"Bailyn va être tellement fière de toi, Oncle Edward," dis-je en me blottissant contre lui.
Nos cuillères tintent et nous commençons à creuser dans la glace alors que Zachary Levi qui prête sa voix au cavalier Flynn commence.
"Je n'arrive pas à croire que je sois d'accord avec cela," marmonne-t-il en mettant la cuillère dans sa bouche. "Passer ma dernière soirée sur cette île tropicale avec une fille magnifique que je pourrai amener en ville mais non, à la place nous regardons un Disney pour apaiser ma nièce…"
Je fais claquer ma langue. "Hé! Et moi! Tu oublies que c'est mon Disney préféré. Celui de Baylin c'est La Belle et la Bête," corrigé-je et pour faire bonne mesure j'ajoute. "Il me semble me souvenir que tu étais un peu jaloux de mon béguin dessiné. Serait-ce le nœud de la question ici?"
Il roule des yeux et continue à piocher dans la crème glacée. "Vont-ils chanter tout le temps?"
"Oh ma parole, est-ce que tu vas te détendre? Tiens-toi bien ou tu n'auras aucune chance pour la baignoire ce soir!"
"Tu n'oserais pas?" ricane-t-il en plissant les yeux et me faisant rire.
"Et arrête de piquer toutes les pépites de chocolat, Captain'… tu attrapes ce que tu attrapes et tu ne te fâches pas*," grondé-je.
Il finit par craquer. "Encore une façon de parler en maternelle?"
"Oui," ris-je, bataillant contre sa main pour avoir la grosse pépite de chocolat que nous avons repéré tous les deux.
La scène suivante montre Flynn et ses deux voyous entrer par effraction dans le palais et voler la couronne de la princesse. Il est si beau que ça me laisse rêveuse.
"Viens-tu juste de soupirer Clémentine?"
Je l'avoue fièrement. "Oui, je l'ai fait. Regarde comme il est mignon!" Je crie, pointant ma cuillère vers la télévision. "Tout robuste et viril, courant pour sauver sa vie... il me fait défaillir."
Il rigole et presse son visage dans mon cou. "Tu me fais défaillir." Il plante un bisou rapide sous mon oreille, ses lèvres sont froides de notre collation de fin de soirée. "Arrête de me rendre jaloux."
"Pas besoin d'être jaloux. Il me fait penser à toi ... eh bien, si tu avais tes cheveux comme un hippie, je suppose. Une mâchoire forte, un corps solide, une voix à faire mouiller la culotte... et en plus vous faites tous les deux cette chose craquante…"
Il lève les sourcils, pensant que j'ai perdu la tête.
"Non, vraiment! Quand tu te concentres, ton visage a cette expression renfrognée et mélancolique parce que tu es hyper-focalisé." Je lève mon visage vers le sien. "C'est un peu sexy."
"Arrête de dire des mots comme craquant, mouiller la culotte et sexy ou bien je ne vais pas être capable de me concentrer," me gronde-t-il. "Bailyn est probablement en train de rédiger un test que je devrai passer quand je lui rendrai des comptes."
"Tu as probablement raison," je ris et blottis mon corps dans le sien pendant que nous continuons la bataille pour les cuillères de crème glacée contenant la plupart des pépites.
Edward
Tant que j'aurais Man in Black sous la main pour me servir de ce gadget à zapper la mémoire je serai heureux d'admettre devant n'importe qui, y compris Bella et Bailyn que Raiponce est assez bien fichu. Flynn Rider a quelques grandes tirades et j'ai beaucoup ri.
Je suis sûr que c'est à cause de la transformation extrême que j'éprouve mais je me suis retrouvé vraiment à écouter les paroles chantées par les personnages quand ils ont réalisé qu'ils tombaient amoureux. Je ne l'avouerai jamais à voix haute mais je jure que les mots chantés par le gars auraient pu être écrites par moi vu la façon dont j'ai toujours vécu ma vie et comment j'ai complètement changé depuis que Bella est arrivée. Maintenant, le mec meurt, bien sûr... c'est comme ça que finissent toutes les histoires d'amour. Mon amer monologue intérieur prend le relais pour un instant.
Raiponce ... tu étais mon nouveau rêve.
Et tu étais à moi.
J'entends Bella renifler et je la détache de mon épaule pour avoir une meilleure vue. Elle a des larmes au coin de ses yeux.
"Ohooo, viens ici." Je passe mon bras autour d'elle et tire son corps vers le mien. Elle chevauche mes genoux et incline sa tête contre ma poitrine alors que nous regardons la conclusion du film. Les larmes de Raiponce brillent, guérissant magiquement son héros et, comme tous les autres contes de Disney, ils vont vers le coucher du soleil pour leur happy end. C'est un beau changement de rythme auquel je ne m'attends pas dans la vraie vie. J'aime les fins de ces films.
Au fur et à mesure que le générique défile, elle s'assied sur mes genoux. "Alors?"
Je hoche la tête avec un sourire apaisant. "C'était un très bon film. Tu m'as entendu rire ... Je l'ai bien aimé."
Elle baisse la tête avec une lueur malicieuse dans les yeux. "Et si je te l'offre comme un cadeau d'anniversaire?"
Ma tête retombe et je ne peux m'empêcher de grogner. "Ne pousse pas trop loin, Clémentine, ça ne sera pas nécessaire."
"Mais tu viens de dire que tu l'aimais vraiment! Et si tu veux la regarder de nouveau?"
Je mets quelques mèches de cheveux derrière son oreille. "Eh bien... tu l'as déjà non?"
"Ouais," acquiesce-t-elle. "Je le regarde chaque fois que j'ai besoin d'une histoire d'amour pour me remonter le moral!"
Je souris à sa réponse. "Eh bien, voilà! Je vais juste utiliser le tien, si jamais je sens le besoin de le revoir." Oui, c'est dit, ça implique l'avenir, et je n'ai pas de poussée d'urticaire. C'est une bonne chose.
"Eh bien, si je suis en Corée et toi au Japon, ce n'est pas très pratique pour partager des films, tu sais."
Je lui souris et hausse les épaules. "Alors tu l'apporteras quand tu viendras me voir…" Eeeeettt voilà. Parfois, il faut juste tirer sur le sparadrap d'un coup!
Elle souffle et se penche en avant avec un sourire heureux, m'embrassant doucement. "OK."
Je suce sa lèvre inférieure avant qu'elle tente de mettre fin à ce qui a commencé comme un baiser chaste et instantanément c'est le feu qui nous consume comme si c'était notre dernière nuit sur terre. Bella commence à mordiller ma mâchoire et mon cou, quand mon téléphone sonne sur le comptoir de la cuisine.
"Emmerdeur," gémis-je quand elle fait une pause et me regarde. "Ignore-le," murmuré-je et reprends sa bouche avec la mienne, mais elle recule.
"Tu ne peux pas dire cela! C'est probablement ta nièce qui a un sixième sens à ton sujet et peut dire, même à travers un océan, que tu as fait connaissance avec le mec craquant." Bella se détache de mes genoux et ma bite se dégonfle rapidement et je me frotte le visage de frustration envers le blagueur qui dérange ma routine.
Elle arrive au comptoir et vérifie l'écran. "Oh, c'est Riley!" Elle le débranche et me le jette.
Je racle ma gorge. "Ri."
"Qu'est-ce qui se passe, grand chien? Je n'interromps pas un dîner aux chandelles, n'est-ce pas?"
"En réalité…"
"Tu plaisantes, je savais que tu étais tombé pour elle... Depuis la première fois que j'ai posé les yeux sur Bella, je l'adore."
"Vraiment?"
"Bon sang oui, je sais un truc, tu devras tout me raconter plus tard, mais ce n'est pas pour ça que je téléphone."
Je ris. "D'accord, dis-moi tout, qu'est-ce qu'il se passe?"
"Où êtes-vous maintenant?"
"La Grande Ile mais nous partons pour Maui demain après-midi."
"Super. Maintenant, quelles sont les chances que Nalani et moi pouvions vous rejoindre pendant le week-end? On a besoin de changer de décor."
"Vous voulez nous rencontrer à Maui?" J'écarquille les yeux, en haussant les épaules, regardant Bella pour obtenir de l'aide.
"Ouais, si ça ne te dérange pas, as-tu même une chambre?"
"Attends, Bella a réservé nos suites. Laisse-moi une seconde." Je coupe le micro du téléphone alors que Bella finit de faire chauffer de l'eau au micro-onde pour se faire un thé.
C'est une de ses habitudes que j'ai remarquées. Plusieurs tasses de café le matin mais thé décaféiné le soir.
"Il veut savoir si Nalani et lui peuvent rester avec nous le week-end prochain. Je suppose qu'ils cherchent juste à faire un break."
Ses yeux s'illuminent. "Oh oui, j'aimerai qu'ils viennent nous voir!" Elle s'approche et enveloppe les bras autour de ma taille. "Et ce week-end est parfait. Nous aurons quelques jours seuls, puis nous seront avec eux pendant quelques jours et après nous serons seuls de nouveau."
"Alors, ils vont juste squatter sur un canapé-lit ou quelque chose?"
"Non, en fait, ils peuvent prendre l'autre chambre! J'ai oublié de te dire que le seul endroit où ils avaient des chambres disponibles c'était une suite de deux chambres."
Je l'embrasse plusieurs fois. "Tu es incroyable, je te dois une fière chandelle."
Elle fait une grimace de confusion. "Tu me dois? De quoi parles-tu? C'est un de tes meilleurs amis, hein?"
"Oui," je hoche la tête avec un sourire. "Mais tu es toujours la meilleure pour leur permettre de s'incruster pendant nos vacances."
"Ce sera amusant! En plus, je veux passer plus de temps avec Nalani." Elle me tape sur le cul. "Maintenant va lui parler... Ne le fais pas plus attendre."
Je mets le téléphone à mon oreille et marche à nouveau pour m'effondrer sur le canapé. "Ri ... c'est tout bon."
"Putain c'est génial, merci beaucoup, je t'en dois une."
"Ha! C'est ce que je viens de dire à Bella," rigolé-je.
"Eh bien, je vous le dois."
"Transmets-moi seulement vos infos de vol et nous viendrons vous chercher."
"Je le ferai, et merci encore, mec."
Je raccroche et pose mon téléphone sur la table basse, réalisant que Bella n'est plus dans la cuisine. J'entends l'eau couler dans la salle de bain, alors je me soulève du canapé, vérifie les verrous de la porte d'entrée et quand je retourne dans la salle de séjour, Bella est là… nue.
Oh, doux Moïse sur la montagne!
"Est-ce ainsi que nous nous saluerons dorénavant? Parce que je suis totalement à bord avec un tel plan," dis-je en enlevant ma chemise et marchant vers elle.
Elle rit et déboutonne le haut de mon jean. "C'est une idée prometteuse. Nous devrions explorer davantage cela… une fois que nous serons de retour à Oahu."
Elle m'embrasse doucement sous la mâchoire et descend dans mon cou pendant qu'elle baisse la fermeture à glissière. "Peut-être te surprendre un jour quand tu rentreras du travail." Ses sourcils s'arquent pour faire effet.
"J'aime l'idée que tu sois chez moi, nue et m'attendant," grogné-je en la faisant reculer vers la baignoire de jardin, pleine d'eau et de bulles.
Bella sourit et s'assied sur le bord de pierre qui entoure la baignoire, tirant sur mon jean.
"En fait, permets-moi de modifier ce que je viens de dire là-bas. J'aime simplement l'idée que tu m'attendes à la maison."
Elle continue à me regarder fixement tandis qu'elle passe ses mains sur mes cuisses, saisissant mes hanches. Il y a un désir dans ses yeux qui fait que ma poitrine se resserre. Elle est si belle.
Je tombe à genoux, plaçant mes bras de chaque côté d'elle. "Cela te fait peur?" Je murmure, inquiet que ma déclaration soit un peu trop hâtive.
Bella déglutit mais alors un soupçon de sourire pointe sur ses lèvres. "Non," répond-elle alors que ses épaules se lèvent et tombent avec un souffle exagéré. Sa tête s'incline légèrement mais alors elle la redresse tout de suite, sûre d'elle-même. "Ça te fait peur?"
Je m'arrête pour une seconde et puis je fais ce qui vient naturellement. Et dans ce cas... avec cette fille... la seule fille qui ait jamais trouvé le chemin du cœur de mon cœur... Je souris. Je souris énormément, parce que non, ça ne me fait pas peur. Qu'elle m'attende à la maison ne me fait pas peur et le dire à haute voix, l'admettre devant elle et l'univers ne me fait pas peur. A ce point, la seule chose qui me fait peur est la pensée que je pourrais foutre tout cela en l'air et la perdre... perdre ceci... nous.
"Non, Bella, ça ne me fait pas peur, en fait, je ne peux pas attendre de voir de quoi tu as l'air dans ma maison. Je pense que ta place est là." Un moment passe avant que je fasse un autre pas. "Non, je sais qu'elle est là-bas."
…
*You get what you get and you don't get upset : ça rime en anglais comme une comptine
