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Chapitre 22
Un homme en mission
Edward
"Aloha! J'espère que vous passez une journée géniale. Ici c'est Isabella Newton. Désolé de manquer votre appel mais je m'amuse trop à Hawaii pour répondre au téléphone alors je vous en prie pardonnez-moi… laissez un message et j'essaierai de vous rappeler quand je pourrais. Mahalo!"
Je souffle en secouant la tête quand j'entends la boîte vocale répondre. Toujours à Hawaii? Si seulement c'était vrai. Mas paumes sont moites pendant que je fais les cent pas attendant de pouvoir….
*BIIIIIIIIP*
Oh putain.
"Bella, c'est moi. C'est Edward." Je m'arrête prenant une profonde inspiration n'ayant pas décidé quoi dire. "Euh… je sais que nous n'avons pas parlé depuis quelques semaines. Je suis resté à Hawaii pour Riley et Kalia plus longtemps que je l'avais prévu à l'origine, je suis resté avec eux. Je suis désolé de ne pas avoir répondu au téléphone… je sais que j'aurai dû mais je suppose que je ne savais pas vraiment quoi dire." Très intelligent comme conversation… mais je continue. "Je… je ne trouve pas encore les bons mots mais… il faut que je te parle. Nous avons besoin de nous parler. Je déteste la façon dont les choses se sont déroulées quand tu es partie. Il y a tellement plus…"
Si vous êtes satisfait de votre message appuyez sur étoile. Si vous voulez recommencer appuyez sur dièse. Si vous…"
"PUTAIN DE…"
"Oncle Edward?"
Je me retourne sur l'herbe humide de rosée et je vois Bailyn debout sur le porche dans sa chemise de nuit Raiponce. Je suis sorti à l'aube pour passer ce coup de fil après avoir tourné et retourné dans mon lit toute la nuit. Pas moyen de dormir – rien de neuf là – et ai filé discrètement dehors quand c'était une heure décente pour réveiller quelqu'un en vacances de l'autre côté du pays ou qui voyage autour du monde.
Je pose ma main sur ma poitrine me sentant comme si mon cœur était sur le point d'en sortir. Entre la fin abrupte de mon message et Bailyn qui m'a fait peur mes nerfs, sont à fleur de peau et je dois me ressaisir, putain.
"Vraiment… qu'est-ce que tu fais debout si tôt?" demandé-je en rangeant mon téléphone et en l'approchant. Elle garde ses distances depuis que je suis arrivé hier matin. Je sais que j'ai toujours beaucoup de travail à faire. Il ne fallait pas promettre une princesse et puis arriver sans elle. Ça ne se fait tout simplement pas.
"J'étais dans mon lit et j'ai eu besoin de faire pipi." Elle bouge. "Quand j'ai eu fini j'ai vu que la porte était ouverte."
Je ris à sa candeur et tends les bras espérant qu'elle va sauter dedans comme elle l'a fait si souvent par le passé. Peut-être qu'elle a oublié sa colère pour le moment et je suis reconnaissant qu'elle tende ses bras et me permette de la prendre.
"Il est encore très tôt," murmuré-je alors que nous retournons ensemble à l'intérieur. "Tu veux regarder la télé et ensuite je te ferai un petit-déjeuner… dans un moment?"
Elle hoche la tête et prend l'initiative quand nous entrons dans la salle de jeu. D'abord elle attrape une couverture sur le dossier du canapé et prend place, tapotant le coussin à côté d'elle pendant que je traverse la pièce. Ensuite elle prend une télécommande argentée appuie sur le gros bouton vert et le grand écran s'allume au milieu de l'une de ses émissions de Disney.
"Maman laisse toujours la télé sur ma chaîne alors tout ce que j'ai à faire c'est de l'allumer. Je ne sais pas encore comment on change les chaînes," confesse-t-elle en arrangeant la couverture rose et rouge sur ses jambes.
Pendant que Bailyn est absorbée par le monde de Mickey Junior je pense essayer de rappeler Bella à nouveau. Je dois vraiment ressembler à un abruti de première classe, je bégaie et mon message est coupé en plein milieu.
Après avoir parlé avec Pops hier j'ai su que je ne devais pas laisser passer un autre jour sans au moins essayer de la joindre. Non Bella ne m'a pas contacté non plus et ça craint mais il y aura du temps pour travailler sur tout ça. A présent il faut juste qu'elle sache combien elle était importante pour moi – combien elle est importante pour moi. Distance ou pas l'attraction que je ressens pour elle éclipse la douleur qu'elle me cause. La peur paralysante que mes démons provoquent dans ma tête n'est rien comparée à l'agonie que je ressens en envisageant cette possibilité que je ne pourrai plus l'avoir dans ma vie pour toujours.
Je dois commencer quelque part.
Deux messages – cinq, si je compte ceux qui ont été coupés – et trois messages plus tard je n'ai pas encore eu de nouvelles de Bella. Ce n'est pas possible qu'elle soit aussi en colère contre moi pas vrai? Ce n'est pas comme si elle m'avait largué parce que j'avais menti ou l'avait trompée. Je veux dire si quelqu'un a bien le droit d'être en colère contre la fin brutale de notre relation c'est bien moi. Pas d'avertissement, pas de préambule… elle a lancé mon cœur dans une déchiqueteuse à bois et s'est envolée avec un vague "merci pour les souvenirs."
Puis je me souviens, je me souviens du silence avec lequel je l'ai inondé les jours qui ont précédé la crise. Les souvenirs me bombardent… comment j'ai évité de rester seul avec elle à tout prix parce que j'étais trop bouleversé par la mort de Nalani et terrifié de perdre Bella de la même manière. La clarté revient un peu après cette mise au point et je sais que je lui ai aussi déchiqueté le cœur, le transformant en paillis longtemps avant qu'elle fasse de même avec moi.
Au dîner Bailyn me tire de mes pensées et chasse sa mauvaise humeur en me demandant de l'emmener à Disneyland pour voir la fausse Belle.
"Qu'est-ce que tu veux dire par fausse Bella, chérie?" demande Lauren, en essuyant la sauce des spaghettis qui a coulé sur le visage de Bailyn.
"Et bien comme le faux Père Noël, maman."
Ma mère Lauren et moi nous figeons instantanément les yeux écarquillés complètement paniqués. Je ne sais pas grand-chose au sujet des enfants mais il n'y a pas moyen qu'une petite fille de quatre ans ne croie plus au Père Noël. Avant que quiconque puisse lancer une quelconque accusation Bailyn continue.
"Tu te souviens quand on est allés au centre commercial pour voir le Père Noël et ensuite nous sommes allés manger et il y en avait un autre aussi?" Elle plisse les lèvres faisant un visage idiot en écartant ses bras. "Il ne pouvait pas être à deux endroits en même temps. Je sais qu'il a des aides." Elle hausse les épaules et prend une gorgée de son jus de fruit.
"OHHH!" soupirent de soulagement les trois adultes.
"Alors tu veux dire que la princesse que tu as vu dans la robe jaune à Disneyland n'est pas la vraie Belle?" Ma mère – dieu merci – est toujours à la recherche d'autres réponses.
"Oui! Parce que nous savons tous qu'oncle Edward était avec la vraie Belle et il dit qu'elle est ailleurs parce que la bête stupide l'a enfermée à l'extérieur de son château." Elle termine son petit laïus en croisant ses petits bras.
"Attends, qu'est-ce qu'a dit Oncle Edward?"
"Il a dit que la Bête a fermé son château quand elle a essayé d'entrer. Et elle vivait là!" Elle insiste sur vivait en tapant de sa paume sur la table. "Je ferai mieux de ne pas voir la bête quand nous irons," déclare-t-elle avec l'attitude qu'ont les enfants de quatre ans. "Parce que je vais taper du pied sur le sien pour l'avoir enfermée dehors et l'avoir empêchée de venir me voir."
Je saute et frappe dans mes mains avant que Bailyn n'en dise davantage pour m'enterrer dans la tranchée que j'ai moi-même creusée.
"D'accord Bay tu gagnes! Disneyland mardi, ça ira?"
Je regarde ma mère et ma sœur en secouant la tête, elles se tiennent pratiquement l'une à l'autre, en train de rire silencieusement.
Je jure que ces femmes vont causer ma mort. Maintenant je n'ai plus qu'à trouver un moyen de faire revenir celle qui détient mon cœur.
Plus tard cette nuit, je suis couché, frustré et inquiet que Bella n'ait pas répondu ni à mes messages ni à mes textos. Essayer de diminuer cette distance entre nous serait plus facile si nous pouvions commencer par un appel ou même un simple texto ici aux États-Unis. Une fois que nous serons partis à l'étranger ce sera impossible de communiquer à moins de nous être échangé nos adresses mail à moment donné.
J'aurai aimé faire comme Loyd Dobler* et aller devant chez elle avec une stéréo portable mais si elle ne me parle même pas, les chances que je finisse dans une prison coréenne pour tapage sont plus grandes qu'une fin où nous partirions dans le soleil couchant avec Peter Gabriel qui interprète notre chanson.
Je roule et donne un coup de poing dans l'oreiller me blâmant, une fois de plus pour ma bêtise de ne pas avoir lui avoir tendu ma main plus tôt. Si elle ne rappelle pas dans les vingt-quatre heures je suis cuit parce que d'ici là elle sera dans un avion pour Séoul et complètement hors d'atteinte.
Je regarde mon iPhone pour la quatre-vingt septième fois aujourd'hui et fixe l'affichage de la date et de l'heure.
13 août 23 h 22
Mon cerveau se remet à fonctionner et là je comprends que c'est fait. Si elle doit y être le 15 avec les changements de date, c'est aujourd'hui qu'elle a dû partir.
Partie. Bella est déjà partie.
Et les conséquences ne font que commencer.
Soudain je réalise qu'un grand voyage de ma part pourrait très bien être une solution dans un avenir proche.
Bella
"Madame Newton?" s'enquiert une femme à l'air affable. "Ravie de vous rencontrer. Je suis Maura Driscoll."
Je me redresse avec un sourire et essuie mes mains sur le devant de mon chemisier. "Moi aussi je suis ravie."
Je tends ma main à cette petite femme qui la serre avec la force d'un sumo. Je jure que mes yeux sortent presque de ma tête mais je me contiens pour ne pas lâcher un petit cri de douleur.
"Pourquoi ne viendriez-vous dans mon bureau, nous avons plusieurs choses à discuter."
Je la suis dans un grand espace composé de petits box qui a tous les attributs typiques du bureau d'un principal du DODDS, bureau militaire avec fauteuil, classeurs de rangement, ordinateur de bureau et drapeau américain de l'US Air Force. Il y a aussi un siège en face du bureau mais peu de place pour bouger à tel point que je me demande si elle l'a amené ici juste pour notre entretien d'aujourd'hui.
"Que pensez-vous de la Corée pour l'instant?"
"Bien, ça ne fait que dix-huit heures que je suis arrivée mais tout le monde est très gentil." Je laisse tomber la partie où j'ai été poussée et bousculée par tout le monde pendant le débarquement. Apparemment les sud-coréens n'aiment pas attendre leur tour pour descendre d'un avion, je décide de ne pas parler de l'odeur qui flotte dans cet aéroport. Je sais que l'un de leur plat est le kimchi* mais à mon avis j'ai eu l'impression que l'aéroport entier avait désespérément besoin d'un bon nettoyage. Mes voies nasales pourraient avoir été brûlées de façon permanente…
Elle sourit doucement et arrange ses lunettes qui pendent à une chaîne brillante.
"Mme Newton je vais aller droit au but. Je sais que vous êtes venue aujourd'hui pour obtenir la clé de votre classe et pour vous familiariser avec notre installation mais il semble que nous ayons rencontré un problème avec votre mission d'enseignement."
"Oh?" Oh merde c'est peut-être mieux ainsi. Actuellement je suis installée au bout de mon siège mes genoux tressautent comme si un élastique était attaché à mon talon.
"Nous avons comparé nos inscriptions les plus récentes au nombre d'enseignants de la fin de l'année dernière. Il semble que nous ayons surestimé nos besoins pour cette année scolaire."
Un creux se forme dans mon estomac et ma gorge est sèche. Ça y est. Elle me dit de remballer mes affaires qui ne sont pas encore déballées et de partir.
"Hum," est la seule réponse que je puisse formuler pour le moment.
Elle serre ses lèvres et fronce les sourcils puis continue. "Je crains que nous ne disposions pas d'une place pour vous ici, à Osan."
Le haut de mon corps s'affaisse alors que ma peur se confirme. Fichue dehors dès le premier jour. Ce doit être une sorte de record.
"Je suis vraiment désolée que tout ce soit passé ainsi mais j'ai pris la liberté de passer des coups de fil en votre nom pour les écoles voisines."
Mes oreilles se dressent. S'il vous plait, oh s'il vous plait… faites qu'il y ait quelque chose de disponible dans le coin. Des ados ou même des lycéens. Je prendrai tout, peu importe, simplement je vous en prie, ne me renvoyez pas déjà à la maison.
"Mon bon ami, Ian Kubrough qui est aussi un principal m'a dit qu'il avait un flot inattendu de familles qui sont arrivées le mois dernier et elles allaient faire leur demande pour un autre enseignant dans les classes maternelles. Il a dit a dit qu'il voulait bien vous prendre dans son équipe. J'espère que ça vous est égal mais nous en avons déjà parlé à nos superviseurs et ils ont approuvé ce changement plutôt que vous renvoyer chez vous aux Etats-Unis," explique-t-elle.
"Oh merci mon dieu!" Mon cœur recommence à battre alors que ma nausée se dissipe. "C'est ici? Ou quelque part ailleurs?"
Ses yeux se plissent. "Pas exactement. Venez avec moi et je vais vous montrer sur une carte."
Edward
Bailyn se tortille sur mes genoux pendant que je réajuste l'écran de l'ordi pour que son visage soit entièrement visible.
"Est-ce qu'il va répondre?" couine-t-elle en regardant la flèche verte tourbillonner pendant que la connexion essaie de se faire.
"Je ne sais pas Bay laisse-lui quelques secondes."
Au même instant j'entends un grand bruit et Emmett appelle Rosalie.
"Oncle Emmett!"
"Hey mon petit sucre d'orge! Quoi de neuf?" Em a un énorme sourire placardé sur le visage.
"Maman fait mon sac pour un voyage spécial à Disneyland!"
"Un voyage pour Disney? Et qui t'amène à Disneyland? Moi?"
"C'est oncle Edward!"
"Lui? Où est ce fou d'oncle Edward?"
"Je suis là." Je bouge le moniteur et recule notre chaise ainsi il peut me voir sur l'écran.
"Bien le bonjour à toi oncle Edward!" gronde Emmett
"Hey oncle Emmett comment c'est la vie à Tip of the Spear*?"
Il hausse les épaules pas du tout impressionné. "Pfff rien de nouveau sous le soleil d'Oki. Comment vas-tu?"
"J'essaie de rester occupé. Deux jours à Disneyland avec elles me garderont occupé, je l'espère."
Emmett et moi ne pouvons pas avoir le genre de conversation qu'il aimerait, je le sais. Nous avons parlé environ deux semaines après que Bella soit partie et j'étais encore très amer. Il m'avait remis les idées en place au téléphone tout comme Riley l'avait fait dans mon salon quelques jours auparavant. Le remords m'assaille à chaque jour qui passe de savoir que plusieurs personnes étaient avec moi – sont avec moi – et ne veulent que mon bonheur.
"Comment s'adapte Rose?"
"Elle va bien. Elle va dans sa classe pour préparer les choses qui doivent l'être pour la rentrée. Est-ce que euh… tu as eu des nouvelles de Bella?"
"Bailyn viens par ici s'il te plait," crie ma sœur depuis la chambre.
"Je reviens de suite oncle Emmett," lui annonce-t-elle, elle quitte mes genoux et court dans le couloir me laissant seul avec mes amis sur Skype.
Je secoue la tête. "Non rien. Ça me rend fou. Et je pense que j'ai tout foutu en l'air parce…."
"OH TU PENSES!" Tout à coup je vois un bout du corps de Rose derrière Emmett. Je prends une profonde inspiration, ravalant ma fierté parce que je sais que j'ai besoin de l'aide de Rosalie pour chercher le mail de travail de Bella.
"Hey Rose," murmuré-je. Elle s'en va sans même passer sa tête dans l'écran. "Oui elle n'est pas vraiment intéressée encore," s'excuse Emmett.
"Pas étonnant."
J'entends Rosalie dire quelque chose dans le fond mais je n'arrive pas à comprendre.
"Que dit-elle?"
"Elle veut savoir si tu as réussi à te sortir la tête de ton rectum…"
Je ne peux m'empêcher de rire. Je suppose que je le mérite et plus encore. Je ne suis pas habitué à entendre jurer Rosalie car habituellement elle est réservée.
"Dis-lui que c'est un processus continu, j'y travaille toujours." Je me réinstalle dans mon fauteuil en entendant Bailyn courir dans le couloir pour retrouver ses deux oncles.
La vie continue… que je le veuille ou non.
Deux jours à Disneyland remplis à ras bord de Belle et de Raiponce ont conduit Bailyn à un état d'excitation maximal. Elle a aimé chaque minute de notre voyage imprévu. Ma sœur a proposé de venir avec nous mais j'ai décliné son offre en lui disant qu'il me fallait du temps seul avec Bailyn. Je lui devais bien ça après avoir fichu en l'air la rencontre avec Bella.
Etonnamment Bailyn n'a plus parlé de Bella après la petite discussion à la table du diner du lundi soir. Je ne sais pas si Lauren lui a parlé ou si à l'âge de quatre ans tout se joue loin des yeux loin du cœur. Quoi qu'il en soit je suis content de n'avoir plus besoin d'esquiver ses questions ou pire encore, lui raconter la terrible vérité.
Pourtant l'univers continue à se jouer de moi. Bailyn m'a demandé un fluffernutter pour déjeuner hier. Je pensais que j'étais en train de rêver.
"Où as-tu entendu parler de fluffernutter?" me suis-je écrié compétemment abasourdi. Je ne peux lui échapper, Bella est partout.
"Nous en avons toujours fait à l'école," dit Bay d'un ton neutre alors que nous attendons pour monter dans le manège. "On aide Mlle Misty à les préparer. Il faut du beurre de cacahuète, de la guimauve en pâte et des petits gâteaux ronds." Elle se lèche ses lèvres roses et soupire de satisfaction.
"Et tu aimes ça." Je ne peux m'empêcher de sourire à mes mots. Je suis persuadé que si Bella avait mangé des fluffernutters quand elle avait quatre ans elle a dû dégager le même niveau d'excitation.
Je m'accroupis de sorte que nos yeux soient au même niveau. "Je ne sais pas s'ils en vendent ici pour le déjeuner mais nous nous arrêterons à un magasin quand nous partirons ce soir et je te promets que je t'en ferai un pour déjeuner demain, d'accord?"
Je suis récompensé par son sourire à un million de dollars et par ses fossettes qui ne veulent pas s'en aller.
"Je t'aime ma puce!"
"Je t'aime aussi Oncle Edward."
Quand nous rentrons à Monterey mercredi soir j'explique à ma mère et à ma sœur que je vais changer mes billets et aller à Séoul pour essayer de trouver Bella. Elles ne sont pas en colère que je raccourcisse mon séjour de quelques jours. Elles ne peuvent contenir leurs sourires mais j'essaie de couper court à leur enthousiasme. Honnêtement je pense qu'elles sont juste ravies que je n'ai pas abandonné l'idée de remettre les choses en ordre avec Bella.
Mon estomac est noué. Les mêmes papillons que ceux qui étaient là il y a deux mois quand nous avons commencé à passer du temps ensemble, sont revenus pour se venger. Chaque fois que j'étais près d'elle, mes sens étaient plus aiguisés et il y avait un courant électrique inexplicable dans l'air. L'anticipation de ce qui viendrait ensuite m'a toujours laissé très heureux.
A présent je suis au moins aussi pétrifié qu'excité. Beaucoup de scènes de films défilent dans ma tête. Ouvrira-t-elle la porte et jettera-t-elle ses bras autour de moi et posera-t-elle ses lèvres sur les miennes pour un baiser passionné? Ou ouvrira-t-elle la porte pour passer mes mains autour de mon cou et m'étrangler?
Je pense que les deux solutions sont plausibles.
J'y vais complètement à l'aveugle. Pas moyen de l'appeler, je n'ai pas son mail et je ne sais pas où elle vit. Mon seul espoir c'est qu'elle soit logée temporairement sur la base aérienne de Osan et que je puisse rôder là-bas dans l'espoir de la croiser à un moment ou un autre.
Je sais qu'elle enseigne aux plus petits alors peut-être que si je vais au bureau de son école quelqu'un aura pitié de moi et m'indiquera la bonne direction.
Je dois essayer. S'il y a quelque chose qui est souvent revenu dans mes sessions avec mon thérapeute c'est que la vie ne vaut pas d'être vécue si je ne prends pas la peine d'essayer.
Rien ne vient facilement. Et tout cela vaut bien la peine qu'on se batte. Bella en vaut vraiment la peine et nous le méritons.
Et ce combat ne fait que commencer.
Je frappe mon poing sur le bureau après avoir passé ma main sur ma tête pour la dixième fois en autant de minutes.
"Madame, s'il vous plaît, je vous en prie, elle a dû laisser une adresse, un mail... quelque chose!"
"Je suis désolé, Major Masen, je n'ai pas d'informations sur le lieu où se trouve cette personne."
"Mais vous confirmez au moins qu'elle était là."
L''employée de bureau plisse les yeux, me regardant d'un œil calculateur. Elle essaie probablement de savoir si elle ne finira pas dans le journal de 20 heures de Barbara Walters comme la personne ayant divulgué les informations qui ont déclenché un incident international.
Je suis sûr que je ressemble à un homme possédé. Je suis en plein putain de décalage horaire et je n'ai rien mangé de décent depuis des jours parce que mon estomac est dans ma gorge. Tout ce que j'ai consommé dans les dernières vingt-quatre heures sont quelques sachets de cacahuètes, deux canettes de Coca, un paquet de Skittles et quatre Red Bulls. La nourriture qu'ils ont essayé de me servir pendant le vol n'était pas du tout appétissante pour mon estomac instable, alors je n'ai mangé que des cochonneries. Mes dents sont probablement en train de pourrir pendant je parle.
La dame se penche sur le bureau et je fais de même l'obligeant à reculer un peu. Je pense qu'elle pense que j'ai perdu la tête.
La possibilité existe qu'elle n'ait pas tout à fait tort.
"Oui", dit-elle. "Mme Newton est arrivée le lundi soir et elle est partie il y a deux jours, d'accord?"
Je ferme les yeux et respire profondément. Au moins, je sais qu'elle était ici - elle était en sécurité - et qu'elle est quelque part sur l'ile maintenant. J'ai un mauvais timing, je suis arrivé un samedi et je ne serai pas en mesure d'aller dans son école jusqu'à lundi, mais en attendant je peux me balader sur la base et la ville environnante. Peut-être que je peux même trouver des agents immobiliers qui ont des contrats avec les militaires et voir si l'un d'eux a travaillé avec Bella pour l'aider à trouver un logement en ville.
L'adrénaline qui m'a boosté ces des deux derniers jours est sur le point de se dissiper et je suis sur le point de toucher le fond. Sachant qu'elle est plus proche que ce qu'elle a été depuis les quatre dernières semaines m'a instantanément calmé et je pense que je pourrais effectivement être en mesure de dormir ce soir… enfin.
"D'accord, puis-je avoir une chambre, s'il vous plaît?"
Le week-end passe et je ne suis pas plus près de trouver Bella. Je jure que j'ai passé la base au peigne fin en montrant sa photo à des gens comme si elle était un chiot perdu. Quelqu'un me renseignera peut-être finalement.
Lundi matin arrive et je suis habillé et prêt à partir à six heures et quart. Je pense que je vais faire plus impression si je suis en uniforme.
Le soleil a à peine émergé au moment où je me gare sur le parking de l'école. Dieu merci, j'ai rencontré hier un vieux copain de l'Air Force, qui me laisse emprunter sa voiture. Sa femme est aux Etats-Unis avec leurs enfants pour les vacances. C'était un coup de chance que sa voiture soit garée dans leur allée depuis plusieurs semaines. Merci aux familles des militaires. Peu importe où vous êtes dans le monde, vous pouvez toujours trouver quelqu'un que vous connaissez!
Je fais craquer mes articulations en descendant un autre Red Bull - parce que je n'ai pas assez d'énergie nerveuse qui court à travers mon corps pour le moment - et en attendant que le corps professoral et le personnel commencent la journée. Ce n'est pas une surprise que j'espère voir Bella mais à huit heures, elle n'a toujours pas fait son apparition. Je me racle la gorge et roule mon cou, espérant me détendre pour ne pas faire peur aux gens qui travaillent à l'accueil. J'ai besoin d'alliés, pas de gens qui pensent que je suis un Mec-Bizarre-Harceleur.
"Puis-je vous aider, Major?"
Je me dirige vers le comptoir prêt à faire marcher mon charme. "J'espère que oui. Je suis à la recherche de mon amie qui travaille ici. Je suis en route pour ma base à Okinawa mais je sais qu'elle a été affectée pour travailler ici. J'espérais pouvoir lui rendre une visite dans sa classe?"
Elle me sourit. "Umm, je ne sais pas si…"
"C'est ok Kelly, je vais gérer ça," j'entends la voix avant de voir la femme à qui elle appartient. Elle sort de derrière le grand bureau, tendant la main. "Directeur Driscoll ... Major ...?
"Masen, Edward Masen."
Elle fronce les sourcils tout en me jaugeant. J'essaie de ne pas bouger ou de briser le contact visuel avec elle mais mon désespoir commence à se voir. Probablement pas la meilleure idée d'avoir bu ce deuxième Red Bull ce matin.
"Venez avec moi, Major Masen."
Je la suis fidèlement dans ce que je présume être son bureau. Je me trouve pratiquement au garde à vous devant cette femme.
C'est absurde. Elle a l'air comme une protectrice maternelle. Je crois que je perds la tête ici.
"Qui cherchez-vous, Major? J'ai seulement entendu la fin de votre conversation avec mon assistante".
"Elle s'appelle Isabella Newton, elle est nouvelle cette année."
"Si vous connaissez Mme Newton… et si elle est votre amie comme vous l'avez dit, pourquoi vous dirait-elle de venir à son travail? Cela ne semble pas une chose très intelligente à faire en tant que nouvelle employée essayant de faire une bonne impression. Pourquoi ne pas vous dire la retrouver chez elle? Ou dehors, quelque part?"
Ce n'est pas la première fois qu'elle est confrontée à ce genre de situation… Elle m'a eu.
"Oui madame, elle ne m'attend pas nécessairement, j'espérais juste ..."
Elle baisse sa tête sur le côté, en cliquant sans cesse sur un stylo à bille et en attendant que je termine ma pensée.
"Juste…?"
J'avale le caillou qui est dans ma gorge en sachant que j'ai besoin de m'expliquer si je prévois de m'approcher à moins de cent cinquante mètres de Bella aujourd'hui.
"D'accord, écoutez ..."
"Et je vais vous arrêter là, Major Masen," dit-elle en tenant la main en l'air. "Je trouve difficile de croire que Mme Newton aimerait que vous passiez par ici. Je suis sûre qu'elle est occupée dans sa classe à se préparer pour le premier jour d'école. "
Mes épaules s'affaissent en l'écoutant.
"Je peux lui dire que vous êtes passé. Est-ce que vous resterez plus longtemps sur Osan?"
"S'il vous plaît, madame," murmurai-je, m'avançant vers elle, et ce faisant elle se redresse dans sa chaise. "J'ai juste besoin de lui parler brièvement."
Je m'arrête, j'ai une idée brillante. "Vous pouvez même venir dans la classe avec moi ... Je ... je promets … je ne suis pas un fou. Je ... je vais la voir pendant deux minutes pour lui dire que je la cherche."
"Je ne pense pas être à l'aise avec cela. Vous semblez plus qu'un peu impatient, et je suis finalement responsable de la sécurité de mon personnel. En dehors de cela j'ai une journée remplie de réunions et je n'ai pas le temps de vous escorter dans le bâtiment pour essayer de voir un de mes professeurs. Je suis désolée."
Ma mâchoire se resserre alors qu'elle assène le dernier coup. Je hoche la tête et me retire de son bureau. Avant d'atteindre la porte, je vais tenter encore un dernier truc.
"Je peux repasser demain, vous pourriez m'accompagner alors?" Je mets ma main sur ma poitrine, cette douleur dans ma poitrine depuis un mois maintenant devient de plus en plus insupportable à chaque seconde qui passe. "S'il vous plaît."
Je la regarde gonfler ses joues tandis qu'elle fait tambouriner ses ongles rouges sur son bureau. Pensant que j'ai perdu ma dernière chance avec ma supplique pathétique, je me retourne et me retire. Je passe la demi-porte battante du grand bureau et hoche la tête en remerciant la secrétaire qui me donne un authentique "désolé-c'est-chiant-d'être-vous" sourire avant de pousser la porte lourde en verre.
"Major Masen!"
Je me tourne pour voir le principal s'approcher rapidement. Elle lève son bras, me faisant signe d'aller dehors, mais il semble qu'elle ait l'intention de venir avec moi.
Merveilleux. On m'escorte à l'extérieur des locaux.
Nous sortons sur le trottoir et elle met sa main sur mon bras pour m'empêcher de partir.
"Je vais vous dire ceci, monsieur. Mme Newton n'est pas ici." Elle croise les bras au-dessus de sa poitrine et fait rouler les cailloux sous ses pieds.
"Vous voulez dire qu'elle n'est pas venue aujourd'hui? Peut-être qu'elle viendra plus tard?"
"Non, je veux dire, elle n'est pas enseignante dans cette école."
J'entends ses paroles mais elles n'ont aucun sens pour moi. Je sais que Bella travaille ici.
"Y a-t-il une autre école sur la base?"
Elle roule les yeux, clairement ennuyée par mon ignorance. "Non, monsieur, il n'y a pas d'autres écoles élémentaires sur la base. Elle était supposé travailler ici mais son poste a été supprimé."
Ma bouche s'ouvre parce que de tous les scénarios que je prévoyais aujourd'hui, découvrir que Bella ne travaille pas ici n'était pas sur la liste.
"Elle a donc été transférée aux États-Unis? Est-elle renvoyée en Caroline du Nord?" Je commence mentalement à calculer le décalage d'horaire entre ici et la côte est et combien de temps cela pourrait prendre pour atterrir à Raleigh.
"Je ne suis pas habilitée à vous dire où elle est, monsieur. Si Mme Newton était aussi proche de vous que vous semblez le vouloir, elle aurait ou elle finira par vous faire savoir où elle est. Pour des raisons de sécurité, je ne peux pas vous dire où elle a été affectée. Mais elle est là-bas maintenant. Elle y est arrivée la semaine dernière."
Ma tête retombe de défaite. Comment vais-je la retrouver maintenant? Le téléphone éteint depuis la fin de semaine dernière. Aucune information de contact. Dois-je voler à New York et essayer de chercher ses parents? Serai-je fou de faire cela?
"Je suis désolée, je ne peux pas vous en dire plus mais je n'ai pas non plus envie de mentir. Je ne suis pas une folle d'amour mais je reconnais certainement un fou d'amour quand j'en vois un…"
Je baisse la tête, comprenant sa position. "Je vous remercie, je respecte votre volonté de garder Bella en sécurité. Je peux très bien comprendre cela. "
"Bonne chance, Major!" Elle hoche la tête et rentre dans l'école.
Je reviens vers la voiture, retire ma casquette et la jette sur le siège du passager. Agrippant le volant, je crie jusqu'à ce que mes poumons manquent d'air et que les larmes menacent.
J'ai l'impression d'être dans une impasse. Je dois me présenter au travail dans une semaine. Je n'ai pas le temps de parcourir le monde entier pour elle. L'ampleur de cette réalité pèse sur moi comme un putain de sept tonnes.
Et je me sens impuissant. Le même sentiment d'impuissance que j'aie quand je suis sur le seuil de la porte de quelqu'un à qui je vais apporter la mauvaise nouvelle.
Tout l'espoir que nous aurions une fin de conte de fées s'est évaporée. Fin du jeu!
"Major Masen?"
Ma tête se tourne et je me concentre sur le colonel Briggs.
"Monsieur?"
Mes collègues officiers rient en sachant que j'ai été pris en train de rêvasser.
"Vous ne m'avez pas répondu… alors j'ai dit que le Capitaine Simmons et serez chargés d'organiser la fête du Festival d'automne. Compris?"
"Oui monsieur."
"Bon, c'est un événement annuel, très bien accueilli d'après ce qu'on m'a dit. Nous avons deux semaines et demie pour tout organiser. Votre contact sera Amanda Clarkson des Key Volunteers. Leur première réunion est mercredi à dix-neuf heures dans notre salle de conférence. Vous y serez."
"Oui monsieur."
"Quelque chose d'autre à ajouter ?" Il regarde les officiers sous son commandement autour de la table. Nous restons tous silencieux, sachant que si nous continuons à parler ou à poser des questions, il n'y aura aucune chance de sortir du travail tant qu'il fait jour.
"Rompez."
Les chaises grincent sur le sol alors que je me réprimande de ne pas rester concentré lors de la réunion du personnel. J'ai déjà beaucoup de travail et maintenant on m'a désigné volontaire pour diriger ce festival. Fantastique putain!
Ça a été une semaine de merde depuis que j'ai perdu mes chances d'essayer de retrouver Bella. J'ai même supplié Rosalie - qui a finalement recommencé à me parler - de faire une recherche des adresses électroniques DODDS mais elle ne trouve Bella qu'avec l'adresse de l'école en Corée. Où qu'elle soit, ils n'ont toujours pas mis son email à jour. A moins que, bien entendu, la principale m'ait menti mais à la fin de notre échange, j'ai eu le sentiment qu'elle voulait que je réussisse.
Quoi qu'il en soit, quand Rosalie et moi avons envoyé à Bella un e-mail test il est revenu. Une autre impasse.
J'ai skypé avec ma famille, Riley et Kalia plusieurs fois depuis mon arrivée. Il n'y a pas grand-chose à faire le soir car j'attends toujours mes affaires. Au moins j'ai les trucs de base pour l'instant. Le quartier des officiers célibataires est assez décent. Si j'étais encore un capitaine, j'aurai dû partager une salle de bains et un espace de vie central. Au moins tout est privé avec ce grade et les meubles sont en bon état.
Riley et Kalia arriveront dans quelques semaines. Apparemment, ils ont traqué le père de Kalia à Fidji et ont fait le voyage pour le voir. J'espère que tout ira bien pour Kalia. Bien qu'elle va rester avec Riley et que son père n'ait jamais cherché à les joindre depuis que sa mère est morte il y a toutes ces années, au moins elle saura qu'elle a un parent de sang dans le monde qui je l'espère se soucie d'elle dans une certaine mesure.
Je peux seulement espérer qu'une fois qu'ils seront à Okinawa, je pourrai occuper mon temps encore plus. Tout ce que je fais, c'est penser à Bella. J'espère qu'elle est en sûreté et qu'elle est heureuse... eh bien, peut-être pas trop heureuse.
Ça me gêne de me concentrer sur ce qui aurait pu être, ce que j'aurais dû dire ou faire, et comment elle m'a blessé en partant si vite. J'étais si enthousiaste de la retrouver en Corée que je suis tombé de mon piédestal. Je passe mes journées du mieux que je peux. Si je continue à me concentrer sur elle, je vais devenir encore plus un zombie que je ne le suis déjà.
Je sais que ce n'est pas sain. Mon thérapeute à Hawaii m'aurait rappelé que ce n'est pas sain. Le psychologue que j'ai commencé à voir à l'hôpital au Camp Foster m'a dit que ce n'est pas sain. En ce moment, je dois continuer à travailler sur moi. Mais ces démons qui ont tenté de m'empêcher de m'engager et m'ont rendu vulnérable et amoureux semblent disparaître peu à peu ce dont je suis vraiment reconnaissant.
Je ne peux pas m'empêcher de souhaiter avoir une deuxième chance avec Bella. Cela ne peut pas être la fin pour nous.
"D'accord, faisons un tour de table et présentons-nous parce que nous allons tous travailler ensemble pour faire de ce festival un succès pour nos familles de Marines."
Je laisse tomber les formalités et continue à écrire les choses dont nous aurons besoin : tentes, tables, chaises, fumeurs et grills, véhicule pour les foin ...
Je suis plongé dans mes papiers, griffonnant furieusement quand on frappe à la porte.
"Excusez-moi, je suis désolée d'être en retard." Ma tête se lève et je reçois comme un coup de fouet à l'instant où j'entends sa voix, c'est bien la sienne c'est incontestable.
Ce n'est pas possible.
Son visage est baissé tandis qu'elle laisse tomber ses clés dans son sac avant de continuer à expliquer. "Je ne suis pas encore familiarisée avec les bâtiments sur... base... encore. "
Ça ne peut pas être mais si. C'est Bella, ma Clémentine. Et ses yeux bruns captivants viennent d'atterrir sur les miens pour la première fois depuis six semaines.
…
*Kimchi : plat traditionnel coréen composé de piments et de légumes lacto-fermentés.
*Tip of the spear : Ceux qui sont stationnés à Okinawa se considèrent eux-mêmes comme "le fer de lance " puisque ce sont eux qui sont fréquemment mobilisés quand un conflit éclate ou qu'il y a besoin d'aide humanitaire quelque part dans le monde.
DODDS- Ministère des Écoles Dépendants de la Défense.
DODEA - Une agence civile des États-Unis, qui supervise dans tous les pays d'outre-mer les écoles dans les bases militaires
