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Chapitre 27

La vie continue

Edward

"Alors la pleine puissance c'est depuis lundi après-midi?"

"Ouais. Nous avons perdu l'électricité en premier. Le vent est fou dehors." Je tourne la tête d'un côté à l'autre alors que la porte de la salle de bain s'ouvre. Bella est drapée dans une serviette et elle en a une autre enroulée comme un turban autour de sa tête. Des gouttelettes d'eau glissent le long de son cou délicat. Evidemment mon pantalon de pyjama devient immédiatement trop étroit. Comment ma queue peut-elle encore avoir de l'énergie? Ça reste une énigme pour moi. J'essaie de me concentrer sur autre chose et de mettre mon attention sur l'appel pour donner un peu de répit à mes bijoux de famille. "Comment va Kalia?"

Riley soupire. "Bien je suppose – je ne sais pas. Ce n'est pas facile. Chaque jour est un nouveau défi mais elle est là. Elle est excitée que nous allions au Japon. Je ne peux pas dire que je l'en blâme…partout où nous regardons nous avons des souvenirs de Nalani." Sa voix s'éteint sur les derniers mots. "Ce sera mieux pour nous de recommencer ailleurs et d'être avec vous à nouveau, les gars. Il y a des jours où il me semble que je m'enfonce dans les sables mouvants. Peu importe ce que je fais ou dis, que le temps passe, ça ne fait qu'empirer."

Nous restons silencieux un instant. Il n'y a vraiment rien d'approprié à dire. Je ne peux pas lui prendre sa peine et ça me laisse malheureux. Tout ce que je peux faire c'est écouter et lui faire savoir que je serai là pour l'aider quand ils seront ici.

"Désolé d'avoir éteint notre conversation…"

"Ne le sois pas Ri. Nous attendons simplement que vous soyez de nouveau avec nous," dis-je en étouffant mon émotion. "On se sent plus en sécurité quand on est en groupe."

"Oui c'est vrai." Il renifle avant de s'éclaircir la voix. "Il faut que j'y aille. Dis à Bella que je lui envoie le bonjour et n'oublie pas que notre avion arrive vers midi, dimanche."

"Nous y serons. A bientôt frangin."

Je mets fin à l'appel et pose le téléphone sur le canapé près de moi puis me frotte le visage, je suis triste et frustré. J'ai mal à l'estomac chaque fois que je pense à combien Riley est brisé. Je sais qu'il est reconnaissant d'avoir Kalia mais en même temps il est incapable de se laisser aller parce qu'il doit rester fort pour sa petite sœur. Ça ressemble beaucoup à ce que ma mère a dû traverser quand mon père a été tué. Elle n'a pas pris son temps pour laisser libre cours à ses émotions et gérer son deuil à sa façon… il fallait qu'elle avance et qu'elle soit là pour Lauren et moi.

C'est une peine insupportable que je ne peux même pas envisager. Et ça me permet d'apprécier encore plus chaque moment que je passe avec Bella.

Ça fait un mois que nous sommes à nouveau ensemble et je suis un peu plus certain chaque jour que notre séparation nous a ramené plus forts et meilleurs que jamais. Tellement sûr en fait que je sais que je ne vais pas attendre beaucoup plus longtemps avant de lui donner la bague. Je l'aime, elle m'aime, nous sommes tout l'un pour l'autre et c'est tout ce qui compte.

"Comment va Riley?" Bella sort de ma chambre vêtue d'un de mes débardeurs kaki et elle enfile un sweat. Avec la clim dans l'immeuble il y a du frais dans l'air qui demande à ce qu'on s'habille aujourd'hui. Je lui tends ma main et elle s'installe sur mes genoux, passant ses mains sur mes épaules et les accrochant derrière mon cou.

Je ne réponds pas mais enveloppe mes bras autour de son dos et penche ma tête en avant cherchant le confort de son étreinte. Elle embrasse le derrière de ma tête, passant ses doigts dans mes cheveux courts.

Finalement je lui dis. "Il est détruit." Ma voix est étouffée par la peau douce de son cou qui sent la noix de coco. "Ils sont impatients de venir ici juste pour s'éloigner de tous les souvenirs de Nalani. Je ne sais pas comment il fait pour mettre un pied devant l'autre chaque jour."

Elle resserre ses bras autour de moi et nous soupirons ensemble. Quand je lève la tête pour trouver ses yeux, je rencontre ses joues mouillées.

"Nous allons faire en sorte que chaque jour compte, Edward. Nos vacances ont été phénoménales parce que nous en avons apprécié chaque instant et créé d'innombrables souvenirs. Mais cela…" murmure-t-elle en posant sa main sur mon cœur et le sien, "ce ne sont plus des vacances. Nous avons tous les deux appris de façon difficile qu'il n'y avait aucune garantie dans la vie. Nous étions destinés à être ensemble pour l'éternité."

"Je ne veux pas attendre Bella."

Elle rit à travers une larme qui coule de son œil. "Qui t'arrêtera Major?"

Je capture ses lèvres dans un doux baiser qu'elle n'arrête pas avant d'avoir besoin d'air. "Est-ce que tes parents savent combien je suis sérieux à ton sujet?"

Je me fais avoir à chaque fois avec son sourire narquois. "Tu attends la permission et la bénédiction de Charlie et Renée?"

Je me réinstalle sur le canapé, mes mains caressant ses cuisses. "Sûrement. Je veux dire je n'ai jamais fait ça auparavant et je veux le faire bien."

"Oh tu le fais bien," rigole-t-elle, enroulant ses doigts autour de mes plaques d'identification et me tirant vers elle, cette fois pour un baiser torride. "A. Chaque. Fois." Elle ponctue chaque mot avec un coup de langue contre la mienne. Quand elle commence à se tortiller sur mes genoux et que ma bite revient à la vie - pour ce qui doit être la vingtième fois au cours des dernières quarante-huit heures - je me lève, la soulève et me dirige vers mon lit.

"Merci pour ton vote de confiance," gémis-je alors qu'elle me lèche et mord ma mâchoire râpeuse. "Mais je suis sûr que je vais devoir trouver quelque chose de mieux que 'j'ai totalement ébranlé la vie de votre fille. Nous apprécierions vraiment votre bénédiction…'

Je la jette sur le lit alors qu'elle rigole à mon discours imaginaire. Je tombe aussi et plante mes bras de chaque côté de sa tête avant de l'empêcher de rire - avec ma bouche cette fois.

"D'accord, peut-être que tu pourrais rajeunir ton discours - ahhhh - un peu," gémit-elle alors que je suce son cou et balance mes hanches entre ses jambes. "Mais nous nous inquièterons de ça plus tard, d'accord?"

Je continue à pivoter et à pousser et Bella lève ses pieds pour les accrocher derrière mes jambes et commence à enlever mes vêtements. Elle cambre son corps contre le mien quand ma bouche se déplace sur le tissu fin de son t-shirt et que mon souffle réchauffe ses tétons en dessous.

"Plus tard."


Bella

Ces vacances imprévues me ravissent terriblement. Reprendre le cours normal des choses mardi va être très difficile. Le typhon Sanba a fini par s'arrêter sur la côte d'Okinawa pendant trois jours complets. Certes les vents se sont éteints alors qu'il traversait l'île mais l'armée ne laisse rien au hasard et nous sommes restés en alerte maximale le mardi et le mercredi avant qu'il soit déclassé le jeudi. Le retour à la normale a été annoncé le vendredi matin mais là, grande chance, nous étions en week-end pour les vacances du Columbus Day*alors pas d'école et nous le savions depuis le lundi.

Le vendredi quand nous allons refaire les courses – tout ce temps nous sommes restés terrés chez Edward - l'épicerie est assaillie. Emmett et Rosalie nous ont invités samedi soir pour un barbecue alors nous passons tout l'après-midi tous les quatre dans le village américain à flâner près des magasins de vêtements japonais et à faire quelques tours de l'énorme grande roue.

Edward et moi allons chez moi samedi soir et nous préparons tous pour l'arrivés de Riley et Kalia. Nous nous retrouvons avec Emmett et Rosalie au Westpac Inn et remplissons leur frigo ainsi que les placards avec assez de boisson et de nourriture pour qu'ils en aient jusqu'à ce qu'ils soient installés dans leur appartement au Camp Foster.

"Il est là!" crie Emmett le premier quand il repère Riley dans la foule. La porte en verre s'ouvre et se referme alors que les passagers passent la sécurité. C'est quelque chose qui m'a beaucoup étonnée quand je suis arrivée à Okinawa. La sécurité contrôle les étiquettes des bagages et s'assure que le numéro correspond bien au vôtre et que vous ne vous trompez pas de sac. Je n'avais jamais vu ça auparavant, qu'ils fassent attention que les bonnes personnes aient les bons sacs.

Le visage de Kalia s'illumine quand elle nous voit, tous, debout là, à les attendre. "EDWARD!" La petite fille court en sautant dans les bras de mon copain et il la rattrape et leurs rires emplissent l'air. L'expression de soulagement qui passe sur le visage de Riley est visible. Que Kalia soit en train de rire ou peut-être simplement que nous soyons à nouveau tous ensemble. Quoi qu'il en soit, quand il m'embrasse, il m'écrase les os et c'est désespéré… complétement déchirant.

Je m'accroupis et passe mes bras autour de Kalia quand Edward la libère. "Hé ma chérie!"

"Salut Bella," dit-elle avec un sourire. "Je suis tellement contente que tu travailles ici et pas en Corée."

Je prends son visage en coupe et lui fait un autre baiser sur le front. "Je suis contente aussi."

"Il faut que je te dise un secret," murmure-t-elle. "Il s'agit de ton travail."

"Oh oui?"

Elle hoche la tête, les yeux écarquillés d'excitation. "Je pense que c'est Nalani qui l'a fait changer…" Je souris à ses paroles bien que mes larmes menacent soudainement. "Je pense qu'elle savait que je te voulais ici et aussi, qu'Edward te voulais ici."

Je la tire contre moi, étouffant le sanglot qui veut éclater. "Oh chérie." Je me recule et enlève ses cheveux de devant ses yeux. "Je pense que tu pourrais avoir raison."

"Ça va les filles?" demande Edward en se rapprochant et en passant doucement ses bras autour de nous deux.

Le sourire précieux de Kalia et le scintillement de ses yeux me donne une étincelle d'espoir que Riley et elle ne sont pas trop loin dans le désespoir. Dieu sait que ce ne sera pas facile mais nous sommes tous ensemble maintenant… et nous les aiderons.

"Nous allons parfaitement bien," lui dis-je avec un clin d'œil.


"Il faut que je reste plus tard, Bella?" me demande Mallory de l'autre côté de la classe.

"Non ça va. On se voit demain. Merci encore pour ton aide aujourd'hui, Mal." Je m'affale sur mon siège quand mes derniers élèves ont passé la porte. Une semaine entière est passée entre le typhon et le long week-end du Columbus Day mais notre premier jour de retour a été une excursion pour toutes les classes de maternelle à l'aquarium Churami. J'avais déjà préparé mes collègues pour le spectacle des dauphins et les questions que nous aurions après avoir profité de leur pénis. Il n'y a que quelques enfants qui ont dit quelque chose à voix haute. Je suis heureuse de ne pas avoir à affronter les coups de fil de parents mécontents.

Je pose ma tête sur mon bureau devant mon ordinateur, trop épuisée pour faire face au désordre. C'est un désastre ici. Il reste tant de caisses et de boites de fournitures et matériel d'enseignement qui doivent être triés et organisés en classeurs. Chaque fois que j'ai un moment libre je trie une boite et trouve quelque chose qui a une utilité. Et ensuite ça se retrouve entassé sur mon bureau.

Je décide d'arranger un peu cela et ça ne me prend qu'une dizaine de minutes pour arriver au bas de la pile et d'atteindre le sous-main calendrier qui est posé là, devant mon ordinateur. Mes yeux vont immédiatement sur la semaine précédente – mercredi dernier plus précisément – et un gigantesque nœud se forme dans mon estomac instantanément. Les frissons parcourent ma colonne vertébrale et je peux sentir la chaleur sur mes joues.

Putain.

Au stylo rouge, le 10 octobre RV à 16 heures - renouvellement de contraception.

Je suis figée. Paniquée. J'ai raté mon rendez-vous et n'avais aucune chance de m'en souvenir parce qu'il était écrit sur ce calendrier à l'école qui était fermée la semaine dernière. Et même si je m'en étais souvenue les cliniques étaient fermées aussi.

Et en plus j'ai eu plusieurs rapports non protégés pendant les séances de sexe avec mon copain.

Oh mon dieu, je pense que je vais être malade.


"Qu'est-ce que je fais? Qu'est-ce que je fais?" Je fais les cent pas dans ma classe complètement paniquée au téléphone.

"D'abord tu te détends et tu te reprends." Les paroles de ma mère sont calmes mais ce ne sont que des mots. Je suis toujours la fille qui pourrait être enceinte.

"Seigneur Maman! Nous commençons tout juste à vivre ensemble au quotidien. Je sais qu'il est sérieux et bien sûr moi aussi… mais un bébé? Il va avoir une énorme crise cardiaque si je suis enceinte. Il essaie tellement de se débarrasser de toutes ses peurs et je sais que cela va le refaire tomber dans cette spirale. Nous n'avons même pas abordé le sujet des enfants!"

"Je pense que tu devrais commencer par appeler ton médecin. Je pense que c'est prévu à cause des circonstances exceptionnelles de la dernière semaine. Et ton prochain arrêt sera dans un magasin pour acheter un test."

Je tombe sur un pouf, me frottant le front pour essayer de rembobiner mentalement la dernière semaine de ma vie. Je ne pense pas que je serai aussi inquiète si je savais que j'étais encore dans ma fenêtre de deux semaines pour que ma contraception soit encore efficace. Mais je sais que je suis hors de ma zone de sécurité et ce depuis au moins quatre jours.

"D'accord je vais aller au PX. Je t'appellerai plus tard pour te dire le résultat."

"Très bien, reste calme et sache que quoi qu'il se passe vous le traverserez ensemble. Et papa et moi serons toujours là pour toi."

"Merci maman."


"Hey bébé. J'appelle juste comme ça. Appelle-moi quand tu as le temps. Je suis toujours au bureau mais je voulais passer plus tard avec une pizza si tu es disponible. Rappelle-moi. Je t'aime."

En écoutant le message d'Edward je suis encore plus mal. J'ai manqué son appel au PX et je n'ai pas eu le courage de l'appeler. Je dois connaitre le résultat avant qu'il n'entende ma voix bégayante et tremblante.

Dès que j'ai eu raccroché avec ma mère plus tôt j'ai appelé le médecin et pris un rendez-vous en urgence pour demain matin. J'ai appelé le secrétariat pour demander que Mallory surveille ma classe pendant une heure et quelque avant que je puisse revenir. Tout va bien pour l'instant et je suis prête pour la prochaine étape.

Je descends mon jeans ainsi que ma culotte tout en déchirant l'emballage du test. J'ai bu une bouteille d'eau pendant le trajet pour rentrer et ma vessie est définitivement bien pleine. Je suis les instructions à la lettre, je trempe le test et le recouvre quand j'ai fini. Trois minutes ne m'ont jamais parues aussi longues.

Je prends une profonde inspiration et m'assieds au bord de la baignoire, je prends le test et déglutis difficilement en fixant le résultat.

Négatif.

Merci mon dieu et tous les saints du paradis, je fais une petite danse de la joie dans ma cuisine et mon salon. Ne vous méprenez pas, je veux être mère un jour et la pensée de faire des bébés avec Edward Masen me fait ressentir ces ailes d'aigles dans mon ventre. Mais... soyons un peu raisonnables. Egoïstement j'aimerai encore avoir du temps seule avec lui avant que nous ajoutions un bébé, mis à part le fait que nous n'avons jamais discuté de ce qu'il ressent à propos des enfants sauf Bailyn et Kalia.

Je l'appelle maintenant que mon estomac n'est plus coincé au fond de ma gorge.

"Salut."

"Ah j'allais laisser tomber et amener la pizza à Riley et Kalia," rigole-t-il. "Tu es rentrée?"

"Oui j'y suis. Désolée d'avoir manqué ton appel. Je suis définitivement en mode pizza."

"Génial, j'arrive dans dix minutes."


Mon rendez-vous le lendemain m'aide grandement à apaiser mes peurs. Je refais un test pour le médecin et il donne le même résultat qu'hier. Après m'avoir fait l'injection elle me rappelle que je devrais utiliser une méthode de contrôle pour la semaine prochaine. Autant j'aimerai ignorer cette catastrophe mineure et Edward aussi, il va certainement être soupçonneux si je lui tends un préservatif mais c'est clairement ma seule option. Ceci étant dit il faut juste que je lui en parle ce soir.

Pendant que je rince nos bols et nos assiettes et qu'il les range dans le lave-vaisselle je décide que c'est le bon moment.

"Ah… il faut que je te parle de quelque chose."

"D'accord," dit-il en versant le détergeant et en fermant la porte pour démarrer le cycle. "Qu'y-a-t-il?"

Je me recule pour m'appuyer contre l'ilot alors qu'il se sèche les mains. "Euh… je me suis fait une frayeur hier."

Il se retourne les sourcils froncés. "De quel genre?"

"Grossesse."

Toute les couleurs quittent son visage et il prend une profonde inspiration. "Je suppose que tu connais la réponse si ta frayeur est passée."

Je fais un rapide signe de tête. "Oui. C'est bon. Mais cela m'a permis de voir que nous n'avions jamais parlé d'enfants. Est-ce… que tu y as déjà réfléchi?"

Sans répondre il s'avance et me prend dans une étreinte serrée, son visage enfoui dans mes cheveux et soupirant longuement. Pas tout à fait la réponse que j'attendais mais je vais la prendre pour l'instant. Quand il se recule, il embrasse doucement mes lèvres et me tient la main en m'amenant vers le canapé.

Une fois que nous sommes installés confortablement nous nous tournons l'un vers l'autre et il me sourit en me mettant les cheveux derrière l'oreille.

"Un bébé hein?"

Mes yeux s'écarquillent et je me moque timidement, "Presque."

"D'accord alors si nous devons faire preuve d'honnêteté ici… je n'ai jamais voulu d'enfant." Il gémit de douleur avant de revenir. "Cela semble horrible. Ce n'est pas que je n'ai jamais voulu d'enfant, c'est que je ne me suis jamais permis de penser plus loin que des rencontres occasionnelles," explique-t-il. "Tu connais mes démons. Avoir des enfants n'entrait pas dans l'équation pour moi."

Je ravale ma tristesse et hoche la tête, essayant d'écouter sans montrer que j'ai le cœur brisé mais je vois bien que je n'arrive pas à le regarder dans les yeux.

"Mais avec toi dans ma vie à présent, tout ce qui appartient au passé est nul et non avenu. Tu es la première et la seule femme à laquelle j'ai promis mon amour… et je veux embrasser tout ce que cette vie à offrir." Il incline le menton pour s'assurer que je le regarde. "Et si cela inclut des bébés, rien ne me rendrait plus heureux."

Mes épaules s'affaissent et je l'attaque de baisers. Je monte sur ses genoux et nous sommes soudainement en train de rire et de nous cajoler.

"Est-ce la réponse que tu espérais, Clémentine?"

Un autre baiser. "Oui."

De l'inquiétude passe sur son visage.

"Qu'y-a-t-il?"

"Je pensais à quelque chose. Est-ce que ton… passé médical 'affecte' ta capacité à faire un bébé?" Je pouvais entendre la peur dans sa voix.

Je me rassieds sur ses genoux et commence à tripoter ses plaques d'identification. "Mes problèmes viennent du col et malheureusement ça ne disparaitra pas. Si je suis enceinte ils feront ce qu'il faut pour que dès le quatrième mois le col reste bien fermé."

"D'accord. Et tu devras rester couchée?"

"Pas nécessairement," dis-je en secouant la tête. "Mon médecin me donnera les instructions quant à ce que je peux ou ne peux pas faire le moment venu." Je hausse les épaules. "Beaucoup de femmes ont des bébés en bonne santé même avec ce problème. Tragiquement il n'y a pas moyen de savoir qu'on a ce problème avant de l'avoir eu et alors c'est trop tard."

Edward me tire contre lui et mes pensées vagabondent jusqu'à ce jour où ce Marine dans mes bras – un étranger à l'époque – m'a accompagné à l'hôpital parce que j'avais perdu les eaux un après-midi, alors que je n'étais enceinte que de vingt semaines.

Les choses arrivent pour une bonne raison. Mais je ne le savais pas alors. Comment aurai-je pu prévoir où j'en serai trois ans et demi plus tard?

"Mais tout est dit. Pas de problème. Je ne suis pas enceinte et nous n'avons pas à nous inquiéter pour l'instant." Je souris, ravie de voir où ce moment nous a amenés.

"Je t'aime Bella," confesse-t-il en me regardant dans les yeux. "Peu importe ce que tu m'as dit ce soir, rien ne me fera m'éloigner de toi. Je n'irai nulle part."


Je regarde à nouveau l'horloge du tableau de bord, mes ongles manucurés à la française cliquent les uns contre les autres pour m'occuper. Merde, je déteste être en retard.

"Relaaax, et alors on manque le début mais nous arriverons à temps pour prendre un verre et trouver notre table avant que la cérémonie commence. "

Je hoche la tête, tordant les mains. "Je sais, je deviens tout agitée quand je dois entrer dans une pièce et que tout le monde se tourne pour regarder le retardataire."

Il tend la main et enlace ses doigts dans le mien. "Eh bien, c'est inévitable et surtout ce soir, bébé. Les gens vont te regarder parce que tu es spectaculaire... ça c'est sûr."

Je roule des yeux avec un sourire. Je n'ai jamais réussi a accepté des compliments magnanimes.

"Et je ne m'excuserai pas d'être en retard. C'est de ta faute, tu sais."

Ma mâchoire en tombe. "Ma faute? Quel menteur, Major! C'est toi qui n'a pas pu la garder dans ton pantalon. J'étais prête quand tu es arrivé à ma porte en ayant l'air... affamé et prêt à tout."

Il rit à haute voix mais ne recule pas. "Hé, tu avais l'air assez bonne… à manger", répond-il avec un clin d'œil et un haussement d'épaules. "Je devais le faire." Il fait trainer un doigt sur mon bras nu et sur mon mamelon qui commence à pointer maintenant que nous parlons de sexe.

"Pervers!" dis-je en claquant sur son épaule, récoltant ses rires.

"Tu aimes ça!"

Je ricane en réponse, scrutant le parking pour trouver une place disponible. "Ouais, je le fais."

Une fois entrés, Edward va immédiatement au bar pour nous prendre un verre alors que je cherche nos places. C'est un océan d'hommes et de femmes en uniformes bleus. De la douceur pour les yeux partout. La salle de bal est élégante avec un énorme gâteau pour les Marines sur le côté. Plusieurs groupes d'amis prennent des photos ensemble et la file d'attente pour les photos prises par des professionnels a diminué et il ne reste que trois couples.

"Nous devrions faire nos photos avant le début de la cérémonie," je lui murmure à l'oreille quand il me retrouve à notre table. Il hoche la tête, me prenant la main et nous nous dirigeons vers le photographe.

J'entends un sifflet derrière nous et nous nous tournons vers Emmett et Rosalie qui viennent vers nous.

"Vous êtes beaux tous les deux!" nous complimente Rosalie, en nous enlaçant. "Oooh, j'adore le dessin sur ta robe!"

"Merci. Tu es magnifique, comme toujours Mme McCarty!" réponds-je.

"Nous vous verrons à l'intérieur", dit Emmett en tirant Rose. "Tu es presque ne retard là, Major Masen!"

Nous rions alors qu'Emmett pointe sa montre, nous réprimandant d'être en retard.

Heureusement, c'est notre tour, nous sourions pour le photographe et retournons à notre table en dix minutes.

Après l'évocation d'un aumônier et le speech d'ouverture du commandant du Camp Butler, le Colonel Greenwood, l'officier en charge, souhaite la bienvenue aux officiers et à leur compagne au Bal du Corps des Marines des États-Unis pour son 237° anniversaire.

"Avant de commencer, j'aime toujours m'amuser avec mes officiers. Donc, j'ai plusieurs choses à donner ce soir. J'ai quelques cigares pour l'officier qui a parcouru la distance la plus longue pour assister à ce bal, ce soir… "

Quelques cris dans la salle déterminent qu'un capitaine vient de rentrer d'Afghanistan hier et c'est lui l'heureux bénéficiaire du prix.

"Quelqu'un célèbre son anniversaire aujourd'hui ?"

Un lieutenant femme se lève et elle est la seule à partager son anniversaire avec celui du Corps des Marines, le 10 novembre.

Le colonel Greenwood ricane en regardant ses notes. "Avons-nous un couple qui a batifolé juste avant d'arriver au bal?"

Je suis complètement mortifiée quand Edward bondit, les deux mains en l'air. "Oui, Monsieur! Juste ici!" [NdT : anecdote vraie… c'est arrivé à l'auteur]

Les couples de notre table se mettent à rire alors que mon homme file fièrement vers le podium pour recevoir sa bouteille de champagne. De l'autre côté de la pièce, je vois Emmett debout, sifflant et hurlant comme un fou, juste avant de dissimuler mon visage dans mes mains, sentant ma température augmenter de bien vingt degrés. Des appels et des sifflements de félicitations continuent au moins trente secondes après qu'Edward m'ait rejoint à notre table.

Il met son bras autour de mes épaules et embrasse ma tempe alors que j'essaie de me cacher.

"Je ne peux pas croire que tu aies fait cela," je le gronde.

Il se pavane, son sourire rayonnant. Merde, il est difficile de rester fâché contre lui quand il a cette expression.

"Pourquoi avoir honte?"

Je soupire, exaspérée mais totalement amoureuse. "Non, mon homme fou. Mais personne n'a étalé mes activités sexuelles devant environ deux cent collègues de mon petit-ami."

"Meh", souffle-t-il et ensuite il fait un clin d'œil et un sourire. "Je te répondrai plus tard…"


"Tu es sensationnelle," grogne-t-il entre des baisers alors que nous essayons de nous débarrasser de nos tenues habillées aussi rapidement que possible. Ma robe violette est dégrafée rapidement et je suis debout devant lui en talons haut et culotte violette. Par contre son uniforme est difficile à enlever, il faut trouver le bon ordre pour le faire sinon il ne sera jamais nu.

Et c'est tout simplement insensé, comme dirait mon Major.

Ceinture, col, veste, poignets, ceinture, pantalon, chemise : la séquence gagnante.

Ses mains se déplacent vers le bas de mon corps, créant la chair de poule dans leur sillage. J'aime sentir les muscles de ses épaules et de ses bras se contracter sous mes doigts quand il laisse ses mains errer sur mon corps, redécouvrant tous les points sensibles ce qui me fait m'envoler en flèche.

Il me fait marcher en arrière jusqu'à ce que mes jambes cognent le pied du lit et je tombe sur la couette moelleuse. Comme un prédateur, il s'agenouille sur le lit et me suit pendant que je déplace mon corps jusqu'à ce que ma tête soit soutenue par les oreillers. Je le regarde attentivement embrasser mes jambes, s'arrêtant à l'élastique de ma culotte et posant ses lèvres d'avant en arrière le long de la couture. Quand il commence à lécher mon ventre, le poids de ses plaques d'identification est bizarrement perceptible, elles atteignent l'apex de mes cuisses et cliquètent plus que d'habitude jusqu'à ce qu'elles s'arrêtent au-dessous de ma cage thoracique parce qu'il taquine mes seins.

Il me mordille et je siffle, attirant son visage vers le mien. Notre baiser est fiévreux et féroce, mouillé, avec nos langues. J'empoigne la chaîne autour de son cou, sentant quelque chose qui gratte, quelque chose qui n'est pas là d'habitude.

Mes actions font qu'il s'arrête et il repose son poids sur son avant-bras gauche. Nos yeux clignent avant de se concentrer sur les plaques qui dansent et claquent entre mes seins.

Quand je les ai dans ma main, une étincelle brille dans la chambre éclairée par la lune. Mes doigts séparent les deux plaques métalliques entourées de caoutchouc et je trouve une bague qui pend entre elles.

Une bague avec un diamant brillant et incroyablement sensationnel.

Je regarde Edward, son demi-sourire en place lorsqu'il atteint son cou, enlevant la chaîne.

Je me prépare à m'asseoir et il fait de même. Tous les deux, seulement en sous-vêtements, avons un concours silencieux de regards vers l'autre puis vers la bague.

"Alors, je me suis trimbalé avec ceci sur mon cœur les deux derniers jours…" dit-il doucement avec un haussement d'épaules.

Il ouvre le fermoir sur la chaîne et retire la bague. "Je sais qu'il y a des gens qui planifient des scènes grandioses pour des moments comme celui-ci mais je sens que tout ce que nous avons traversé a été tellement élaboré qu'il serait stupide d'essayer d'en faire plus."

Je rigole, avec les larmes aux yeux.

"Je ne comprendrai jamais pourquoi nous avons dû affronter autant de douleur à différents moments de notre vie mais je sais que sans cela, nous ne nous serions jamais rencontrés pour pouvoir commencer. Je crois maintenant que tout arrive pour une raison, que nous l'aimions ou non." Il prend ma main gauche dans la sienne et commence à frotter son pouce d'avant en arrière sur mes phalanges. "Je suis un planificateur et tu es spontanée. Je suis réaliste et tu es rêveuse. Tu cours vers le feu pendant que moi j'enfile l'équipement anti-feu, armé d'un extincteur et d'un seau de sable…"

Cette fois, je ricane et laisse glisser les larmes sur mes joues.

"Il y eut un temps pas si lointain où je croyais qu'il était plus sûr pour moi de ne jamais me lier à quelqu'un, à cause de la douleur inévitable qui était toujours en attente dans les coulisses. Mais après t'avoir connue et aimée ces derniers six mois, je me rends compte que je n'avais jamais eu de raison pour me lier à quelqu'un parce que je n'avais pas encore rencontré la bonne personne," rigole-t-il. "Il a fallu un assaut physique et un nez douloureusement sanglant pour que j'ouvre les yeux et trouve la fille de mes rêves."

Je secoue la tête, toujours en train de rire à ses mots idiots et sincères.

"Nous ne le savions peut-être pas la première fois que nous nous sommes rencontrés mais un projet a été mis en branle ce jour-là. Et je refuse de lutter contre le destin plus longtemps. Nous avons commencé une aventure ensemble en mai. Quelle que soit la durée de notre 'éternité'... je ne peux simplement pas imaginer ne pas t'avoir à mes côtés pour ce voyage, Bella. Alors, comment cette aventure ensemble pour toujours te paraît-elle?"

Je me penche en avant, mettant sa forte mâchoire dans mes mains. Après un doux baiser, je murmure contre sa bouche. "Une aventure avec toi? Pour le reste de ma vie?" J'écarte mes doigts, l'invitant à glisser la bague en place. "J'aimerai bien."

Nos baisers reprennent mais il y a une passion et une promesse évidente qui n'avait jamais été officielle avant ce soir. Cet homme veut de moi pour toujours. Et je ne peux imaginer vouloir quelqu'un d'autre à côté de moi pour le reste de ma vie.

Je me sens si chanceuse, si bénie. Et sans aucun doute je sais ceci : nous étions destinés à être ensemble.

Edward fait glisser ma culotte sur mes jambes et se dépouille de son boxer. Il me tient les mains près de ma tête quand il se positionne et pousse vers l'avant en nous joignant pleinement. Les bouches chaudes, ouvertes, les soupirs doux et les gémissements continuent jusqu'à ce que nous atteignions un rythme enfiévré. Son pelvis pousse et pivote, déterminé à nous apporter le plus de plaisir possible.

Je crie hors d'haleine quand il frappe cet endroit et pistonne sans relâche.

"Ouiiii, bébé," grogne-t-il alors que mes murs se serrent autour de lui, l'aidant à basculer par-dessus bord.

Notre danse ralentit et il permet à son poids de tomber sur moi. J'adore cette partie. Cette proximité. Le sentiment de nos battements de cœur rapides, les odeurs, les bisous tendres qui suivent le désir désespéré.

C'est tout à moi. Pour le reste de ma vie.


Edward

"Bella n'est pas encore là?" Je demande, en fermant la porte coulissante derrière moi alors que Riley retourne des hamburgers sur le gril.

"Non. Peut-être qu'elle a été retenue au travail ou quelque chose comme ça?"

Je hausse les épaules et décapsule une bouteille de Corona. "Je suppose. C'est vendredi, cependant, en général elle sort dès que les enfants sont partis."

"Vous parlez de Bella?" demande Kalia, pelotonnée dans la chaise longue sur la terrasse. "Elle a dit qu'elle me ferait une manucure ce soir à cause du bal de Sadie Hawkins demain. Elle est peut-être en train d'acheter le vernis. "

"Écoute-toi, bal de Sadie Hawkins," je taquine. "Et tu as accepté cela?" Je pose ma question à Riley qui grince les dents.

"Je me suis inscrit pour être chaperon, mec. Elle peut danser mais elle sait que le grand frère va regarder."

Kalia rit et roule ses yeux. "Riley, tu ne vas pas jouer les rabat-joie, demain soir, n'est-ce pas?"

"Rabat-joie?" Il répète comiquement, levant la spatule dans une menace trop dramatique. "Je vais te montrer le rabat-joie! Nous sommes ici depuis cinq semaines et déjà j'entends des histoires sur Matthew, Ty et Dylan. Ne me rends pas fou, gamine... J'ai suffisamment de cheveux gris sans que tu en rajoutes."

Kalia et moi rions du commentaire tourmenté de Riley. C'est rigolo mais en même temps, je sais qu'il s'inquiète pour les garçons.

Rosalie et Bella ont pris Kalia avec elles le week-end dernier pour lui acheter des soutien- gorges. J'ai pensé que Riley allait faire un accident vasculaire cérébral.

"Quoi de neuf, les campeurs?" Emmett arrive de la salle à manger. Je fais un bisou à Rosalie alors qu'elle regarde vers le balcon. Nous manquons de place ici, alors je prends ma bière et l'assiette de hot-dogs. Riley vient juste de finir le barbecue et nous rentrons.

"Pas de Bella?"

Alors qu'Emmett dit son nom, la porte d'entrée s'ouvre et ma magnifique fiancée entre.

"Je suis là!" annonce-t-elle avec un sourire hagard. "Mieux vaut tard que jamais!"

Je mets les bras autour d'elle et j'embrasse le dessus de sa tête. "Mmmmm, c'est bien que tu sois dans mes bras. Dure journée?"

Elle gémit un peu mais recule avec un autre sourire. "Je vais bien. Mon estomac ne va pas très bien. Je ne sais pas. Mallory a dit qu'elle ne se sentait pas bien non plus. Nous avons mangé toutes les deux une salade de poulet de la cafétéria pour le déjeuner. Elle hausse les épaules et enfouit sa tête dans ma poitrine.

"As-tu faim, Bells?" demande Emmett, en commençant à préparer des assiettes pour le groupe.

Elle grogne, saisissant son ventre. "Ouais, peut-être juste un hamburger, Em. Merci."

Kalia saute sur place quand Bella lui montre trois nuances différentes de vernis rose. Elles entrainent Rosalie et se retirent dans la chambre de Kalia quand elle annonce que la nuance doit correspondre parfaitement à la couleur de la robe. Je remarque que Riley finit sa bière après avoir entendu cela.

Une heure plus tard, nous sommes tous assis autour de la table, en commençant une partie de Phase 10 et en train de discuter de qui fait quoi pour Thanksgiving jeudi prochain, lorsque Bella s'excuse brusquement. Je ne sais pas combien de temps elle part mais quand elle revient au salon, elle n'a l'air pas bien de tout.

Je me lève pour mieux voir son visage. "Chérie?"

"Je suis désolée," dit-elle en secouant la tête. "Je dois rentrer à la maison et m'allonger. Je ne me sens vraiment pas bien." Elle regarde le groupe. "Désolée, tout le monde."

Je frotte ses bras de haut en bas. "Je viens avec toi. Laisse-moi te conduire à la maison."

Elle secoue la tête. "Non, non, s'il te plaît. Laisse-moi ce soir et je t'appellerai demain."

"Quoi? Non. Permets-moi de prendre soin de toi. Dans la maladie et dans la santé, n'est-ce pas?" Je plaisante et elle me fait un demi-sourire.

"Nahh, j'irai bien... à la fin." Elle se met sur la pointe des pieds et m'embrasse doucement. "Je t'aime."

Je hausse un sourcil, frustré. "Es-tu sûre? Je n'aime vraiment pas l'idée que tu sois seule."

"Je suis sûre," elle murmure dans ma poitrine, m'embrassant là aussi. "Je promets."

"Très bien," je soupire de défaite. "Je t'aime aussi. Et je t'appelle dès que je me lève demain matin."

Elle hoche la tête et fait un signe de main aux autres. Tout le monde claironne ses adieux et je m'affaisse dans ma chaise en me sentant mal que ma copine soit malade.

Une fois notre partie terminée, Emmett et Kalia commencent à jouer au tennis Wii alors que Rose et moi, leur prodiguons nos conseils. Emmett bavarde beaucoup pour un gars qui perd face à une fille de onze ans.

"Edward!" Riley crie mon nom et je laisse les deux concurrents continuer sur leur court virtuel.

"Ouais," réponds-je, entrant dans la cuisine où Riley arpente frénétiquement. "Quoi de neuf?"

"Regarde ça." Riley pousse un bâtonnet en plastique dans mon visage. Il ressemble au thermomètre que Lauren utilisait pour Bailyn quand elle était bébé.

"Okaaaaay. Qu'est-ce qu'on regarde ici?"

Il me regarde comme si j'étais dingue. "Es-tu sérieux? C'est un putain de test de grossesse... et c'est positif!" Il siffle, l'agitant jusqu'à ce que je voie le très distinctif signe plus bleu.

Riley frappe ses mains sur le dessus de sa tête et continue de marcher. "Pourquoi, pourquoi y aurait-il un putain test de grossesse positif dans la poubelle de salle de bain de Kalia? Je pense que je vais gerber."

Je lui retire le bâton, levant la main. "D'accord, calme-toi. Il n'y a aucun moyen que ce soit Kalia. C'est un bébé! Elle n'a pas de relation sexuelle! "

Il me regarde, ses yeux sortant de sa tête. "N'as-tu pas vu Seize ans et enceinte?"

Je gratte mon visage dans la confusion. "Non mais même si je l'avais vu, ces filles ont seize ans! Kalia a ONZE ans! Est-ce qu'elle a même eu déjà ses règles?"

"Putain, je ne sais pas du tout…" Riley gémit, enfouissant sa tête dans ses bras et la laissant tomber sur le comptoir.

"Attends, allons demander à Rosalie!" dis-je, sachant que nous sommes trop paumés là. "Rose, peux-tu venir ici une seconde?"

Quand elle entre, elle voit Riley la moitié du corps sur le comptoir. "Uhhh, tout va bien ici?"

Je secoue la tête et respire profondément. "Riley a trouvé ça dans la poubelle de salle de bains de Kalia." Je lui montre le test et elle hausse les sourcils. "Tu ne penses pas ..."

Elle commence à secouer la tête. "Non, je veux dire, non... il n'y a pas moyen. Bella et moi lui avons parlé des choses féminines le week-end dernier."

Le visage de Riley devient encore plus rouge et je me retrouve avec une boule dans la gorge à la pensée que Kalia et même Bailyn aient à passer par ces... changements.

"Elle n'a pas encore ses règles, Ri. Ce n'est pas à elle, chéri... en aucune façon. Calme-toi." Elle frotte la main sur son dos pour tenter de l'obliger à ne pas continuer à s'effondrer.

Riley hausse les épaules. "Alors, qui est-ce? Aucune de ses amies n'est venue ici ces deux derniers jours." Il ricane : "Ce n'est pas le tien, n'est-ce pas?"

Rosalie souffle avec un sourire désabusé. "J'aimerai bien mais non, il n'est pas à moi."

"Pourquoi ne sommes-nous pas invités à la fête?" demande Emmett quand Kalia et lui nous rejoignent dans la cuisine.

"Eh bien, si ce n'est pas à toi et nous savons que ce n'est pas le sien…" il montre Kalia qui a l'air complètement perdue, "… à qui appartient-il?"

Nous regardons tous le test en silence jusqu'à ce que ma tête se remette à fonctionner et que la réponse apparaisse dans mes tripes.

Bien sûr! Les pièces sont en place sans aucun doute dans mon esprit et je décide de parler.

"Euhhh", dis-je. "J'ai le sentiment que je vais devenir papa!"

*Le jour de Christophe Colomb, jour férié célébré le deuxième lundi d'octobre aux Etats Unis ainsi qu'en Amérique latine et en Espagne en commémoration de la date de son arrivée en 1492