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Chapitre 28

Ça commence hier

Bella

Dès que la porte de Riley se ferme derrière moi, je m'effondre contre le mur, les yeux fermés. Je peux sentir le rougissement sur mes joues à cause de la chaleur que je ressens, le reste de ma peau est froide et moite et je suis prête à vomir ça ne fait aucun doute. Intoxication alimentaire au poulet ou… ouais… peu importe ce que c'est… Je suis prête à tout rendre.

Je ne peux pas croire que ça arrive.

Je quitte précipitamment l'immeuble de Riley, entre dans ma voiture et quitte la base. Heureusement je réussis à le faire sans prendre de contravention malgré la vitesse à laquelle je pars et ma distraction. Mes pensées m'emmènent dans toutes sortes de directions ajoutant à la chaleur de mon visage et à ma nausée.

Pas un mais deux résultats négatifs il y a cinq semaines m'ont dit que je n'avais à m'inquiéter de rien à ce sujet. J'ai immédiatement enchaîné une autre injection contraceptive. Le médecin a suggéré une semaine de protection de plus mais Edward et moi nous sommes assurés d'utiliser des préservatifs depuis presque deux semaines entières après mon renouvellement parce que j'étais inquiète. Nos activités sexuelles n'étaient plus spontanées pendant ce temps mais c'était pour notre sécurité et notre tranquillité d'esprit.

Ça n'a servi à rien, parce qu'apparemment la sécurité et la tranquillité d'esprit semblent avoir déserté à présent.

Je suis enceinte… et pour le moment, je suis en colère et un peu effrayée.

En colère que la vie nous envoie un autre obstacle alors qu'apparemment nous pensions l'avoir surmonté le mois dernier.

En colère et effrayée parce que j'ai des produits chimiques dans le corps pour m'empêcher d'avoir un enfant et que maintenant un pauvre être sans défense va devoir se battre contre eux pour rester en bonne santé.

Dieu je vous en prie faite que cette petite cacahuète soit en bonne santé.

Mais par-dessus tout sans ce typhon je n'aurai pas eu quatre jours et demi de congé avec Edward. Du temps rempli de passion et de rire, de cri dans l'intimité, de désir et de communication, tout ça tout proche de la perfection.

Et maintenant… ça. Je pose ma main sur mon ventre, une autre larme roule sur mon visage. Le scintillement dansant des pierres de ma bague m'éblouit.

Tu as le droit d'être en colère, Bella. Mais demain – et chaque jour ensuite – devra être célébré de la meilleure des façons.

Je m'arrête sur le parking de mon appartement mais décide d'aller marcher un peu pour m'éclaircir les idées. J'ai besoin d'Edward mais il faut que je rassemble mes pensées avant d'avoir cette conversation qui changera nos vies avec lui.

Pas trop de pression.


Edward

Les quinze minutes qui suivent passent comme un flou. Après quelques cris perçants de Rose et Kalia, Riley vient vers moi et me serre très fort dans ses bras. Je suis à peu près sûr que cette étreinte résume plusieurs émotions, la première sûrement le plus incroyable, soulagement de ne pas devenir oncle.

"Major papa, hein?" rigole Emmett me tendant la main mais ça se termine dans une étreinte aussi. "Je suis content pour toi, frangin. Quand tu le fais, tu le fais vraiment toi!"

Nous rions tous au choix de ces mots parce que ce n'est pas un secret qu'en six mois j'ai subi une extrême transformation passant du permanent célibataire à l'extase du fiancé futur père.

Je m'excuse de devoir partir mais il faut que j'aille près d'elle et je ne veux pas gaspiller une seule autre seconde. J'attrape le test de grossesse – que Rosalie a mis dans un sachet – ma veste, mes clés tout en courant vers la porte en promettant de leur donner des nouvelles de Bella dès que j'en aurai.

Et sur le parking ça me frappe vraiment.

Elle est enceinte… nous sommes enceintes.

Ça parait surréaliste. Une quantité impressionnante de choses passe dans ma tête mais curieusement… compte-tenu de mon passé et de ce à quoi je suis toujours confronté, je suis plus excité que tout autre chose. A ce stade je suppose que la peur de la grossesse du mois dernier n'était pas une peur du tout. Peut-être que les tests ne sont pas précis tout simplement? Je ne connais pas assez leur fonctionnement. Je suppose que Bella pourra remplir les blancs mais pour l'instant, je dois la retrouver et lui dire que nous allons bien.

Bien que la pensée d'une grossesse non planifiée ait été un choc, la discussion ouverte que nous avons eue il y a quelques semaines au sujet d'un bébé n'avait pas été aussi complètement inutile même si elle le croyait.

Je me souviens encore de cette conversation que nous avions eue lors de notre randonnée à Oloma pour notre premier rendez-vous non officiel, en mai.

"Tu penses vraiment que tu ne seras pas un papa, Captain Masen?"

"Honnêtement, je ne me vois pas comme ça. Si je ne veux pas de femme, je ne voudrai certainement pas avoir un enfant avec une femme de passage… ce n'est pas pour moi."

"Bon eh bien j'espère que tu changeras d'avis un jour. Je pense que tu ferais un papa génial."

Depuis que nous nous sommes retrouvés je n'ai pensé qu'à la faire mienne pour toujours, sachant dans mon cœur qu'un avenir parfait avec Bella comprend une famille. Je ne suis plus paralysé par la peur. Je ne permets plus à mes démons de chasser l'amour, l'engagement ou le bonheur qui viendront en regardant Bella porter notre enfant dans ce monde.

Je chéris ma relation avec Baylin. J'ai pu être là pour presque toutes les étapes importantes depuis sa naissance. Je n'ai manqué que de deux jours la première fois où elle a rampé mais j'étais là pour ses premiers pas et l'apparition de sa première dent. J'ai ri et me suis roulé par terre avec elle. J'ai pris la pose pour d'innombrables photos et je n'ai jamais trouvé à redire quand elle a régurgité sur mes vêtements ou m'a fait des bisous baveux… ça allait parce que je l'aime.

Puis-je même imaginer ce que je ferai pour mon bébé? Rien ne pourra m'arrêter d'être tout ce que mon enfant aura besoin que je sois. Je ferai tout ce qui sera en mon pouvoir pour qu'il soit heureux. Qu'il ait une vie saine sera le travail de ma vie.

J'ai besoin de Bella pour savoir que tout ira bien, que nous allons y arriver. Et que même si c'est plus tôt que prévu il n'y a rien dans cette nouvelle qui ne m'enchante pas.

Je dépasse le PX et m'approche de la grille pour sortir de la base mais je fais rapidement demi-tour.

Il faut que je fasse quelque chose avant de la voir.


"Chérie?" Je l'appelle en rentrant dans son appartement silencieux et sombre. Je n'entends aucune réponse mis à part le bruit du frigo et le tic-tac de l'horloge en forme de clémentine que j'ai achetée le mois dernier. Je pose mes clés sur l'ilot de la cuisine et vais vers le salon en voyant que la porte de sa chambre est à moitié fermée.

Elle doit se reposer.

J'ouvre la porte et je trouve son lit vide et je peux voir que la salle de bain est éteinte aussi.

Enfer où donc est-elle? J'ai vu sa voiture en bas.

La panique me traverse mais je prends une grande inspiration et essaie de me calmer.

Le bruit amplifié de violons attire mon attention, me faisant aller vers les portes coulissantes du balcon. Je sors et vois que l'amphithéâtre est allumé et qu'une petite foule écoute le concert dehors. Le soleil est en train de se coucher en ce mois de novembre inhabituellement chaud.

Je souhaiterai que Bella soit ici. Nous pourrions rester là tous les deux à écouter ce concert gratuit.

Et c'est à cet instant qu'une petite silhouette familière bouge le long de plage et attrape mon regard.

Elle doit marcher pour calmer ses pensées et ses émotions. C'est tout elle.

Il est temps d'aller s'incruster dans sa fête.


Je la trouve assise sur la plage. Je m'approche lentement pour ne pas la gêner, en me raclant la gorge quand je suis près en espérant qu'elle ne sursaute pas quand elle va me voir apparaitre à ses côtés.

Elle regarde par-dessus son épaule et nous nous fixons. Un léger sourire joue sur ses lèvres avant qu'il ne se transforme en moue et qu'elle hausse les épaules réalisant qu'elle a été découverte.

"Hey."

Je m'assieds sur le sable avec elle appuyé sur mes bras tendus derrière moi, étirant mes jambes et les croisant. Je fais cogner nos épaules. "Hey ma belle!"

Ses doigts se tordent et dansent autour de coquillages et de petits cailloux translucides, tandis qu'elle remue les orteils, les plongent dans le sable puis les ressort, ce qui fait tomber des grains cristallisés entre ses ongles peints.

"Désolée, d'avoir dû quitter la fête," avoue-t-elle honteusement et ses yeux vont vers la mer verte qui recule à plusieurs mètres du rivage.

Je secoue la tête. "Pas grave. Nous sommes là pour encore trois ans. Il y aura quantité d'autres barbecues." Je vais fouiller dans la poche sur ma poitrine et j'en sors son test. Je le lui tends et je continue. "Euh… Riley a trouvé ça dans la poubelle de la salle de bain de Kalia." Je fais une pause, attendant sa réaction. "Il va sans dire qu'il a eu très peur."

Elle déglutit difficilement et prend le test avec un hochement de tête résigné. "Il y avait un deuxième test dans la boite et il est resté dans mon sac tout ce temps. Je ne sais pas pourquoi," souffle-t-elle semblant perplexe. "Même Mallory a dit qu'elle avait mal au ventre après que nous ayons mangé la même chose à midi et quand je suis arrivée à la fête, j'ai eu ce pressentiment fou que c'était plus que de la vieille mayonnaise. Sachant que j'avais encore un test qui n'avait pas servi je n'ai pas pu attendre pour le faire alors j'ai fait ça chez Riley espérant juste calmer mon anxiété." Elle secoue la tête et inspire une autre fois en se retournant vers la mer. "Sérieusement je n'ai pas pensé un instant qu'il allait être positif. Mes pensées ont explosé dans une centaine de directions différentes et j'ai tout simplement craqué." Elle fait une grimace et hausse les épaules. "Il fallait que je sorte de là. Je viens de me rendre compte il y a dix minutes que j'avais oublié de récupérer le test. J'ai voulu regarder le résultat à nouveau et me suis aperçue qu'il n'était pas dans mon sac à main. Je me suis inquiété que Riley ou Kalia le trouvent." Elle soupire, les épaules affaissées, épuisée et accablée. "Est-ce qu'il va bien?"

Je ne peux m'empêcher de rire. "Oui maintenant qu'il sait qu'il ne va pas devoir élever l'enfant de la sœur de sa fiancée…"

Bella se frotte le front. "Seigneur, j'ai fait fort aujourd'hui. Je suis sûre qu'il a eu une moitié de crise cardiaque!"

"Oui," je tremble et enroule mon bras autour de son épaule. Elle prend la place qui lui revient et lève sa tête pour me voir.

"Je suis désolée, Edward, tellement désolée."

Je me tourne pour la regarder. "Et pourquoi diable?"

"Pour ça!" Elle agite le test en l'air. "Pour avoir accéléré nos vies alors que nous ne faisons que commencer."

"Hey." Je me tourne pour lui faire face. "Je n'accepterai pas d'excuse parce qu'il n'y a rien à excuser." J'attrape ses mains. "Hey… regarde-moi Bella."

Les larmes qu'elle retenait commencent à couler. L'une tombe sur ma main qui tient les siennes.

"Est-ce que tu sais à quel point je suis amoureux de toi?"

Elle hoche la tête, son poignet vient frotter son maquillage qui coule.

"Bien. Et as-tu la moindre idée de combien je suis prêt à devenir ton mari?"

"Oui," dit-elle à travers ses larmes.

"Et bien si tu sais combien je t'aime et à quel point je suis prêt à être ton mari… tu devrais aussi savoir que je suis tout aussi prêt à être un papa pour notre bébé."

Elle fait un drôle de bruit entre un rire et un cri.

"Bella," je murmure en tendant ma main vers son ventre. "Je veux ce bébé. Je suis prêt pour ça… je suis prêt pour tout ça."

"Vraiment?" Les larmes et le maquillage font des trainées sur ses joues mais je les embrasse et pose ma main sur sa nuque pour garder sa tête proche.

"Oui vraiment." Ma bouche cherche la sienne et nous nous déplaçons doucement, nos lèvres bougeant rapidement. "S'il te plait ne sois pas désolée pour ça. Tu peux être désolée pour autre chose – comme partir avant de m'avoir parlé ou aller à la plage alors que tu dis que tu rentres à la maison."

Je la regarde un sourcil levé et elle est chagrinée.

"Je deviens toujours fou quand il s'agit de ta sécurité, tu sais." Je souris malgré tout. "Et maintenant qu'il y a une cargaison supplémentaire - et précieuse - à bord ça va devenir encore pire."

Elle tourne les yeux et rit. "Super. Juste ce dont nous avons besoin… plus de prévoyance de papa fou. Je prends ses joues en coupe et l'embrasse fort.

"Tant que nous sommes d'accord." Le petit coup que je me donne nous fait rire tous les deux et c'est ce dont nous avions besoin pour faire tomber la tension. "Et regarde, j'ai quelque chose pour toi."

"C'est vrai?"

Je lui fais passer le sac du PX mais à l'intérieur elle trouve un petit paquet jaune avec une girafe dessus et trois bébés qui jouent avec des cubes.

Elle pousse un long soupir et ses yeux trouvent les miens à nouveau.

"Qu'est-ce que tu as fait?"

Je hausse les épaules. "J'avais envie de fêter ça. Ouvre-le."

Elle sort le papier de soie et déballe la surprise.

"Oh Edward," fait-elle, "… pour ton bon petit Marine?"

Je lui fais mon Oorah et nous sourions tous les deux. Elle déballe la combinaison kaki, le short de camouflage ainsi que le bonnet assorti. Et soudain elle se remet à pleurer.

"Je dois m'assurer que mon petit diable Marine à l'uniforme qu'il faut," dis-je en me levant et en époussetant mon pantalon et en touchant sa main. "Viens par-là."

Je l'aide à se lever et passe mes bras autour d'elle. "Je t'aime Isabella Newton bientôt Masen."

Elle soupire contre ma poitrine. "Je t'aime."

Nous restons là, debout l'un contre l'autre alors que le coucher de soleil envoie des rayons roses et violets sur les nuages. La réalité des événements de ce soir scintille dans ma tête, me faisant sourire sans que je puisse m'arrêter. Une conversation que j'aie eue avec Riley il y a quelque mois repasse dans ma tête et je me rends compte qu'il faut que le reste de ma vie avec elle commence aussitôt que possible.

"Tu veux qu'on se marie?"

Elle rigole et incline la tête pour me regarder dans les yeux. "Nous allons nous marier."

"Je sais, mais plus tôt. Comme… le plus tôt possible."

"Quoi? Je veux dire, l'été prochain c'est assez près non? Nous avons tellement de choses à faire entre maintenant et la date."

"Et tu seras prête à avoir notre bébé l'été prochain," lui fais-je remarquer. "Nous devons le faire maintenant."

"Maintenant?" crie-t-elle. "Tu as perdu la tête?"

Mes yeux cherchent, regardant alentour réfléchissant à une solution parfaite quand une idée m'apparait.

"Noël. Tout le monde sera là. Ta famille et la mienne, nos amis et collègues… faisons ça."

Elle fait une grimace adorable. "Tu es sérieux?"

Je hoche la tête furieusement. "Enfer oui, je suis très sérieux! Tu portes mon bébé. Je te veux…" Je passe ma paume sur son ventre à nouveau," tous les deux, tout le temps, et ça commence hier."

Elle se redresse et se met sur la pointe des pieds et m'embrasse tendrement. "D'accord."

"Ouais?"

"Ouais," soupire-telle. "Fais de moi Madame Masen. C'est moi qui fais grandir ton enfant après tout!"

Je rigole à sa réponse, la soulève et la fais tourner dans les airs. J'embrasse son ventre et la petite personne cachée à l'intérieur avant de la redescendre et de réclamer ses lèvres.

Doux et lent, juste quelques picotements et glissades douces de langue. Que l'uniforme soit damné! Il faut que je l'embrasse. Je pourrai lui montrer juste combien je suis reconnaissant une fois que nous serons derrière nos portes closes. Sur cette plage publique je ne peux pas me permettre de me perdre dans ce moment autant que je le voudrais.

Dans ce moment inoubliable quand Bella m'a promis qu'elle serait à moi avant que l'année soit finie!


Bella

"D'accord, vous deux, voici le deal." Le Dr Epperly, mon obstétricien récemment affecté à l'hôpital Foster Naval, prend son siège devant Edward et moi. "Vous êtes certainement enceinte cette fois-ci, vu les analyses de sang. Le mois dernier, quand vous avez pris ce test de grossesse à la maison et ensuite un autre avec votre médecin à la clinique de Kinser, il était trop tôt pour détecter les hormones HCG."

Edward me serre la main en entendant cette nouvelle et mon estomac se crispe à cause de l'excitation nerveuse.

"Le laboratoire vient d'envoyer les résultats et je vois que tout va bien, donc c'est le premier bilan positif." Elle se tourne vers moi. "Bella, je comprends que vous avez dit à l'infirmière que vos périodes n'étaient pas suffisamment fiables pour calculer la date."

Je hoche la tête et Edward continue à tenir ma main, Marine toujours vigilant, et probablement mémorisant toutes les informations qu'elle nous donne.

"Vous avez été protégée depuis votre dernière injection, nous allons supposer que vous avez conçu pendant ces quelques jours où la contraception n'était plus efficace. "

"Oui, c'est ce que je me suis dit."

Elle tape quelque chose sur son clavier et annonce : "Alors, nous allons dire la première semaine de juillet pour la naissance... peut-être le trois ou quatre du mois."

Je souris à Edward qui répond avec un sourire. "Vive les feux d'artifice!"

Le docteur et moi rions alors qu'elle se met au pied du lit pour effectuer l'échographie.

Quelques instants plus tard, la pièce se remplit du womp womp womp du battement de cœur de notre petit.

Je regarde Edward, il secoue la tête et sourit. "Mon Dieu, ce son est incroyable," murmure-t-il émerveillé. Son ahurissement à cette petite vie que nous avons créée me fait l'aimer plus que je ne l'aurais cru possible.

Nous regardons le moniteur en silence pendant que le médecin et le technicien prennent les mesures et nous montrent les membres du bébé sur l'écran.

"Tout semble en ordre, Bella. Et c'est pour le 4 juillet. Vous êtes officiellement enceinte de sept semaines et cinq jours."

Je respire profondément et souris. "D'accord. Semble-t-il... en bonne santé jusqu'à présent? Je suis vraiment inquiète à cause de cette dernière injection de contraceptif."

Elle secoue la tête en rejetant mes peurs. "Eh bien, selon mon expérience, mes deux patientes précédentes qui sont arrivées à concevoir avec l'injection de contraception ont donné naissance à des bébés en parfaite santé sans complication. Mais, bien sûr, des résultats plus définitifs seront connus pendant la visite de seize semaines."

"Docteur," commence Edward puis il s'éclaircit la gorge avant d'essayer à nouveau, "qu'en est-il du problème de col de Bella?"

Le docteur Epperly retire ses gants et saisit ma main, m'aidant à m'asseoir. Edward bondit sur ses pieds pour aider aussi.

"Le mois prochain devrait être sans incident mais bien sûr, vous allez nous tenir au courant si vous avez des contractions ou des saignements. Juste après quatorze semaines, nous ferons un cerclage, qui restera en place jusqu'à la trente-huitième semaine."

"Cerclage?" Mon doux Edward.

"Juste un mot chic pour quelques points de suture sur le col de Bella", répond le docteur Epperly avec un sourire.

Edward grimace, ce qui me fait rigoler. "Nous devrons prendre d'autres précautions?"

"Pour l'instant, non. Une fois dans le deuxième trimestre, nous vous surveillerons de près et veillerons à ce que votre bébé progresse sans encombre. N'oubliez jamais d'écouter votre corps et de vous reposer autant que possible. Une fois le cerclage posé, vous allez devoir faire attention pendant le reste de la durée de la grossesse." Elle ferme l'ordinateur avant d'ajouter, "Oh… et les préservatifs seront une nécessité pendant les rapports sexuels."

Je dois refléter Edward, parce que ma bouche s'ouvre aussi. Le docteur Epperly se moque de nos réactions.

"Désolé, les enfants. L'éjaculat contient des prostaglandines, qui stimulent le col de l'utérus. Et bien sûr, notre objectif est de nous assurer que rien ne déclenche le travail prématuré jusqu'à ce que vous soyez suffisamment loin pour accoucher en toute sécurité. Pour l'instant ça va mais après votre cerclage, vous devrez utiliser des préservatifs."

Lui et moi verrouillons les yeux et je hausse les épaules tandis que Edward murmure, "Et merde," ce qui me fait ricaner.

"D'accord," réponds-je, la voix remplie de confiance renouvelée. "On dirait que nous savons ce que nous avons à faire et je le sais, ça te rend heureux… ou au moins une partie." Je pique Edward dans les côtés en me levant.

Il se baisse pour me faire un bisou. "Tu me connais si bien."

"Merci, docteur Epperly," disons-nous à l'unisson.

"Félicitations à vous deux. Nous vous revoyons dans quatre semaines."


Edward

Maintenant que nos estomacs sont pleins du festin de Thanksgiving - que nous avons tous préparés ensemble - il est temps de nous asseoir et de nous détendre.

Les filles se prélassent dans le salon en regardant la Parade de Thanksgiving Day en direct de New York City. Nous sommes comateux car il est plus de neuf heures du soir ici à Okinawa et nous tout ce que nous avons fait c'est manger notre poids de dinde et d'accompagnements tout au long de l'après-midi, sans parler des desserts pour lesquels nous avons réussi à trouver de la place.

Inutile de dire que je pense avoir amené la définition de gourmand à un nouveau niveau.

J'ai dit à Riley plus tôt aujourd'hui qu'il fallait que je leur parle du mariage à Emmett et lui. Il semblait bien avec ça mais je suis encore incertain. Je ne peux pas imaginer ce que toute cette célébration doit être pour son cœur. Aussi ravi que je le sois, il semble que le timing ne soit pas bon et je ne veux pas le blesser plus qu'il ne l'est pas déjà. La pensée que je pourrais faire encore plus de mal à mon ami me retourne l'estomac.

Puisque les filles à l'intérieur en train de profiter du spectacle, je pense que c'est le bon moment.

"Alors, mettez vos calendriers à jour pour le vingt-neuf décembre. Bella et moi avons fixé la date du mariage," annoncé-je, en leur passant des bières de la glacière.

"J'essaierai de bouger des choses," crie Emmett, levant sa bouteille vers la mienne lorsque je m'assois.

Riley décapsule la sienne et fait valdinguer le bouchon dans un coin de la terrasse. Il me surprend en train de le regarder et me fait un sourire mélancolique. "Félicitations, mec. Je suis content pour toi!"

Il cogne le goulot de sa bouteille avec la mienne et je penche la tête. "Merci."

"L'as-tu déjà dit à ta mère?"

"Non, Bella et moi allons sky*e avec nos familles demain. Cela devrait être intéressant." Je rigole en pensant à leur réaction. "Je veux dire, je sais qu'elles seront heureux. Le père de Bella a apprécié quand je l'ai appelé pour lui demander sa bénédiction avant que je lui fasse ma demande. Je pense qu'ils seront un peu choqués que nous voulions nous marier maintenant plutôt que l'été prochain. Mais encore une fois, ils pensent tous qu'il ne s'agit que de nous deux. Ils ne savent rien à propos de bébé."

"Ehh", Emmett se moque, "tu sais bien que Bailyn va devenir folle à l'idée d'avoir une cousine. Et maman Liz et Laur vont être sur la lune."

Je souris, sachant qu'il a raison. "Alors, ma prochaine question est... voulez-vous être mes témoins?"

"Pshhh, bien sûr mon frère," répond-il sans hésiter mais Riley reste silencieux.

Je suis hésitant mais je lui demande tout de même. "Ri, est ce que cela te va?"

Il hoche la tête doucement, en buvant sa bière. "Bien sûr que cela me va. C'est moi qui t'ait dit de courir après Bella, n'est-ce pas?" blague-t-il. "Si je voulais que tu sois célibataire et malheureux comme moi, je ne t'aurais jamais botté le cul ce jour-là."

Nous rions et roulons des yeux, nous rappelant quel désastre j'étais après que Bella soit partie d'Hawaii.

"Mais sérieusement, je ne vais pas rechigner sur le bonheur que toi et Bella méritez après vous être retrouvés et maintenant avec un bébé en route. La vie continue, n'est-ce pas? Nalani me dépècerait vivant si elle me voyait agacé et incapable d'être heureux pour nos amis." Il hausse les épaules, les yeux troubles. "Elle est partie depuis quatre mois et je suis triste tous les jours... mais je dois croire que la douleur diminuera au fil du temps. Je ne peux pas être frustré et jaloux à chaque fois que quelque chose de bon se passe pour quelqu'un d'autre. Ce n'est pas une bonne façon de vivre."

Emmett et moi restons silencieux, en laissant Riley parler. Il n'a pas été autant bavard depuis qu'il est arrivé sur l'île le mois dernier.

"Thanksgiving d'aujourd'hui est dur et même si cela me tue, je suis vraiment reconnaissant pour cette petite fille là-bas. Vraiment. Elle est tout aussi désorientée que moi et elle ne sourit pas autant que l'habitude... mais elle me sauve la vie. Chaque jour, peu importe combien il est insignifiant, je me remercie Dieu ou Nalani ou celui qui veille sur nous, pour nous donner de brefs moments de légèreté. Quelquefois, je ne veux pas me coucher mais je le fais pour elle." Il hoche la tête vers le salon. "Je ne peux pas imaginer ce que je ferais si je ne la considérais pas comme mon objectif principal."

"Alors, bien sûr, je serai à tes côtés le jour de ton mariage. Le jour le plus heureux de ta vie, E. je ne le manquerai pour rien au monde."


Bella

"Je suis tellement heureuse d'avoir pu profiter du dîner de Thanksgiving. Je n'ai vraiment pas eu de nausées depuis que nous l'avons découvert". Bella dépose ses clés sur le comptoir et lance ses sandales. "Peut-être que ce bébé va être vraiment bon pour moi et que je ne serai pas malade le matin. "

Je mets les bras autour d'elle par derrière et laisse tomber un baiser sur son cou. "Etais-tu malade la première fois?"

"Euh… pas trop. Mais il ne s'agissait pas seulement des matins. Je me souviens de cela. Cela arrive à n'importe quel moment, ce sentiment général de malaise."

"Eh bien, mon bébé ne va pas te rendre malade." Je me mets à genoux devant Bella pour avoir une conversation avec son ventre. "Ecoute bien, Soldat? Ne fais pas sentir malade ta maman".

Bella passe ses doigts sur ma tête en riant, et je lève les yeux. "Assez sûr d'avoir entendu le bébé dire, Roger*, Papa.

"Je ne peux pas croire que tu vas être papa."

J'embrasse son corps jusqu'à ce que je me lève de nouveau et je la rapproche. "Merci à toi."

"Et au typhon Sanba."

Nous rions tous les deux, tombant ensemble sur le lit. Bella s'agenouille immédiatement et lèche ses lèvres, cherche la boucle de ma ceinture.

"J'ai pensé à ça toute la journée, Major."

Je plisse le front, essayant de rester cool mais oui, elle a réussi à faire battre mon cœur plus fort. "Et, maintenant?"

Elle hoche la tête avec un sourire malicieux. "Mhmm."

"Eh bien, poursuivez, alors," dis-je pointant mon menton, incapable de contenir mon sourire. Je mets mes bras sous ma tête, prêt à profiter du spectacle.

Elle retire rapidement mon pantalon et mes chaussettes. Ma bite a besoin de peu d'encouragement alors qu'elle se tortille sur mes genoux, en tirant sur ma chemise. Quand il ne reste que mon boxer, Bella glisse hors du lit et retire sa robe. Plus de soutien-gorge ni de culotte, les cheveux autour de ses épaules il ne reste que le diamant étincelant que j'ai passé à son doigt il y a deux semaines.

Elle est parfaite et je le lui dis.

Je tends la main pour qu'elle s'installe sur mes jambes de nouveau avant de se pencher et de taquiner ses lèvres avec les miennes.

"Je t'aime," murmure-t-elle entre des baisers mouillés sensuels et tendres. "Et j'ai hâte de me marier avec toi."

Je gémis quand elle fait traîner sa bouche sur ma poitrine, taquine mes tétons au passage. Ses seins s'ajoutent à la sensation quand ils poussent et glissent le long de mes côtes, me chatouillant dans leur voyage vers le sud. Ses mains errent et plongent à l'intérieur de mon boxer, trouvent ma bite prête pour l'attention particulière qu'elle lui donnera.

Elle lève les yeux avec un sourire sensuel avant de retirer le dernier de mes vêtements. Enroulant ses doigts autour de ma queue, elle se positionne entre mes jambes et me lèche jusqu'au bout, m'engloutissant dans sa bouche chaude et lisse.

"Oh, merde bébé," dis-je. "C'est pas bien de le dire en ce moment, mais ..." la succion est incroyable, "fuck, je t'aime, aussi."

Elle grogne mais n'arrête pas de lécher et de sucer, faisant glisser sa langue tout autour de moi. Son autre main est en train de masser mes boules quand je sens que ma bite touche le fond de sa gorge et qu'elle a un haut le cœur.

"Merde, tu vas bien?"

Sans s'arrêter, elle continue à balancer sa tête vers le haut et vers le bas, me donnant ma réponse.

Oui, elle va bien, mieux que bien.

"Bébé, tu me rends sauvage mais je ne veux pas venir comme ça ce soir... viens ici... s'il te plaît?" Elle inspire une dernière fois avec une telle force que je le jure, je vais jouir mais je parviens à me contenir. Elle sourit, se repositionne sur moi et je m'assieds pour la retrouver ayant besoin de ses lèvres sur les miennes à nouveau.

"Tu es là," je gémis, l'embrassant fort alors qu'elle s'abaisse sur moi.

Nous gémissons ensemble alors que je commence à pousser tandis que Bella roule des hanches. Ma tête retombe d'abord parce que c'est si fantastiquement bon mais j'ai besoin de ses lèvres. Je plonge sur ses seins, léchant et tirant sur ses tétons, suçant la chair chaude dans ma bouche, savourant le bruit de ses cris passionnés.

Il ne faut pas longtemps pour que ses murs me fassent vibrer et je glisse ma main entre nous pour frotter son clitoris.

"Ouiii, oh oui, Edward!" Elle frémit alors que je nous fait rouler en arrière et augmente mon mouvement, mes hanches tremblent, plongeant en elle jusqu'à ce que je finisse avec un grognement.

Quelques minutes plus tard, nettoyée et nichée contre moi, Bella regarde l'horloge sur son chevet et rit.

"A quoi tu penses, Clémentine?"

"Je me suis rendu compte que c'est le vingt-trois."

"D'accord... et pourquoi c'est drôle?" demandé-je, mes doigts traçant un dessin sur son dos.

"Il y a six mois, tu m'as appelé pour me demander si je voulais passer la journée avec toi..."

Je souris et la serre plus près. "Bon sang, je suis content de l'avoir fait."

Elle se soulève sur un coude, secouant la tête, incrédule. "Six mois, Captain Crunch." Elle se tortille quand je chatouille ses côtes en l'entendant utiliser mon ancien surnom. "Merci de ne pas retenir ton nez sanglant contre moi."

Je lui fais un clin d'œil. "Ehhh, tu as toute notre vie pour compenser," dis-je souriant.

Avec un baiser et un petit bourdonnement de joie, elle parvient à faire battre mon cœur encore plus vite. "Avec plaisir, monsieur."