46 /

Je suis allongée dans mon lit, Jacy marmonne dans ses rêves à côté de moi, la chambre est sombre. Les grillons, la télé du voisin, mon coeur qui gronde et bat la chamade.

"Jacob," chuchotai-je.

Je lui parle de tout. Toujours la nuit, toujours seule, généralement en pleurs, parfois en colère. Jamais auparavant, je n'avais eu le sentiment d'être tombée amoureuse de quelqu'un d'autre. Je n'ai jamais eu un nouvel amour pour pousser mon ancien et c'était super confus de l'expliquer à Edward, au premier garçon qui avait brûlé un trou dans mon cœur. Maintenant, Edward brûlait quelque chose à travers le reste de mon corps, son cadeau de supernova sur ma table de chevet, des diamants qui me faisait un clin d'œil à travers les ombres.

Je lui parlais surtout de Jacy.

Elle l'aimait. Edward. Vraiment. Il n'y avait jamais eu personne comme lui dans son monde - un homme qui devait lui apprendre à faire toutes sortes de choses utiles comme utiliser des tournevis et changer des pneus et réparer le robinet qui fuit. Ou un ollie au skateboard. Ou se jeter en bas d'une colline à grande vitesse puis accepter un compliment avec grâce et humilité.

Dieu merci, elle avait Charlie mais aussi et encore Dieu merci, elle avait Edward.

Je lui ai entièrement reproché la vitesse à laquelle je suis tombée amoureuse. Elle a fait en sorte qu'il soit si facile de l'aimer, son adoration recouvrant mon béguin de sucre pour qu'il pétille plus fort et plus doux. Si ma mort est due à la gloutonnerie, que ce soit de lui. J'ai trouvé son portefeuille sous le canapé hier et il avait un papier entre quelques factures - l'écriture de Jacy, mon numéro de téléphone.

Elle avait écrit "Maman" au lieu de mon nom.

En dessous, il avait écrit "Maman de Jack, sacrément sexy".

Bouger semble être un grand pas mais dans le noir, en louchant à travers mes cils, c'est en fait un petit mouvement dans le grand schéma d'Edward. Le déménagement n'était que la première étape d'une longue et lente danse qui avait commencé à la périphérie du skate park et qui nous avait amenés ici.

Jacy allait mourir en voyant la chambre de Mike et abandonnerait volontiers mon sous-sol plein d'araignées, même si cela signifiait changer d'école. Elle aurait sa propre salle de bains, un immense placard et la parfaite fenêtre par laquelle on peut s'échapper la nuit. Sans parler de cette grande et magnifique colline dans son lotissement qu'elle aimait descendre en skate.

Ils m'avaient sorti plusieurs fois et j'aimais à contrecœur ces moments dans la pénombre des réverbères, naviguant sur le trottoir avec eux deux. Il y avait quelque chose, le grincement des roues et la sensation d'apesanteur sous vos pieds. Quelque chose à propos du fait de pousser et de tirer, qui m'a parfois fait tomber dans les cours des voisins pour éviter l'asphalte mais dernièrement, j'ai navigué proprement jusqu'au poste de garde, à la verticale, avec Edward et Jacy sautant en rond autour de moi.

Il y avait quelque chose dans la façon dont Edward m'a souri tout le long de la descente de cette colline et n'a pas'arrêté jusqu'à ce qu'il m'ait eue seul, des heures plus tard.

Il m'a dit que mes cuisses étaient belles, en descendant cette colline en robe d'été.

Cela faisait un an qu'il me surprenait à chaque tour et j'étais devenu désespérée. A la pression. Tombant. Ne peut pas me relever et ne veut pas le faire de toute façon. Son visage parfait. Son corps allait être ma mort de toutes les meilleures façons, secrètes.

Il aimait mon enfant peut-être plus qu'elle l'aimait.

Il nettoyait mes sols, torse nu, juste parce qu'il savait que j'aimais ça.

Il est allé à l'école de Jacy voir son spectacle et a parlé avec elle par la suite, renforçant ainsi sa confiance en elle jusqu'à ce que sa position de "deuxième souris grise" aurait tout aussi bien pu lui voler la vedette.

Il a laissé mon lit avec son odeur. Il a planqué une brosse à dents dans ma salle de bains et a régulièrement perdu son téléphone au fond de mon canapé.

Il a raccompagné Jacy chez elle après l'école et a convaincu le chien en colère du voisin avec des morceaux d′hamburger, pour qu'il n'aboie pas à chaque fois que nous passons devant.

Il m'a apporté des fleurs, les a laissées sur la table de ma cuisine, les a faites livrer à mon travail, les a cueillies dans un jardin d'une femme peu méfiante lors d'une promenade nocturne, parce qu'il était amoureux et en ressentait le besoin.

Il m'a fait des choses, le soir dans mon lit, le matin - ayant le goût de pêche, l'après-midi au soleil et des moments volés - ce qui m'a fait sérieusement envisager la possibilité que des miracles existent.

Et je l'aime.