"Quand un certain cuisinier se met à jalouser les sabres du Marimo à cause de l'attention qu'il leurs portes. Et quand le sabreur de son côté se demande s'il n'aurait pas mieux fait de naître en temps que femme pour plaire au cook. Ça fait d'eux une belle paire d'idiots, mais des idiots bien trop fiers pour avouer qu'ils ont des sentiments l'un pour l'autre. Leur situation pourrait durer longtemps vu comme ils sont bornés… ou pas… en fait… tout dépendra… d'un seul mot."
Bon bon... Salut a tous !
Je débute en temps qu'écrivaine de Fanfiction mais j'espère que mon premier essais de Zosan vous plaira ! C'est un OS mais j'ai d'autre projet d'histoire en cours, qui eux, seront plus long ^^
Je ne sais pas encore si je vais être très active, mais BREF je vais arrêté de raconté ma vie et vous souhaitez une bonne lecture !
Oh encore une choses,
j'adore ces deux là... ce sont des idiots, mais ils sont géniaux !
Et bien sûr les personnages ne m'appartienne pas et sont à Eiichirō Oda.
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Le cri des mouettes accompagnait le léger bruissement des vagues, les eaux étaient calmes dans cette partie du Nouveau Monde, et le soleil brillait fort dans un ciel sans nuages. C'était un temps parfait pour se reposer, l'équipage du chapeau de paille naviguait donc au ralenti, s'occupant tous à se détendre après s'être encore battu sur l'île qu'ils avaient croisée en chemin.
Franky et Usopp fabriquaient quelque chose, qui au vu de leurs têtes désemparées n'avait pas l'air de donner ce qu'ils souhaitaient. Chopper étudiait tranquillement ses livres de médecine à l'intérieur, en léchant de temps à autre la glace qu'il tenait a la patte, les filles profitaient des doux rayons du soleil en extérieur. Nami s'étira avec délice, un verre de cocktail à la main, qui contenait sans aucun doute une recette que Sanji aura élaborée exprès pour lui faire plaisir, alors que Robin lisait, comme a son habitude. Tout semblait parfaitement calme… ce qui était franchement étrange pour cet équipage… cela avait sûrement un rapport avec l'absence manifeste du capitaine sur le pont. Oh il n'était pas bien loin, il s'était porté volontaire un peu plus tôt pour aller pêcher. Mais l'activité avait visiblement finit par l'ennuyé vu qu'il s'était endormi à l'avant du bateau, reposé contre la tête du Sunny, une canne à pêche toujours dans les mains.
Il ne restait plus que deux membres de l'équipage, tout aussi fauteur de troubles que Luffy… d'une manière différente cependant, mais miracle, ils n'étaient pas en train de s'insulter mutuellement.
Sanji ouvrit la porte de la cuisine, allant demander aux filles si elles voulaient quelque chose de particulier, mais son regard s'égara en chemin. Tombant sur le sabreur, appuyé contre la rambarde du bateau, avec ce soleil, ses cheveux en bataille se paraient de jolis reflets alors qu'ils s'agitaient avec le faible vent, il semblait dormir. Le blond l'observa un instant, profitant du fait qu'il ne pourrait pas le surprendre, accordant une importance particulière aux contours de son visage. Visage légèrement appuyé sur un des fourreaux de ses trois sabres, qu'il tenait entre ses mains pour s'y reposer. Les yeux du cuistot descendirent un peu, s'attardant sur la peau de son torse visible d'ici, longeant la cicatrice qui le barrait, puis il revint sur ses katanas. Il les tenait dans ses bras, contre lui, le souffle tranquille de sa respiration devait sans doute les effleurer…
Et puis une pensée lui vint. Étrange… traîtresse… mais elle traversa son esprit comme un éclaire de révélation et même après l'avoir impitoyablement chassée, il continuait de l'envisager.
Oui à cet instant
Il aurait aimé être l'un de ses sabres.
Il se reprit bien vite, secouant légèrement la tête d'un air contrarié, il se serait bien donné une baffe, mais cela risquerait de susciter des questions de la part des autres… et il n'aurait pas envie d'y répondre. Qu'est ce qu'il aurait pu dire de toute manière, son esprit imagina tout seul la suite, le faisant serrer les dents.
« Oh ce n'est rien, je m'énerve car je n'arrive pas à arrêter de jalouser les sabres du Marimo, par ce que oui, j'ai des sentiments pour lui »
impossible… comme s'il allait admettre ce genre de choses… il n'était pas tombé si bas, une douce colère sembla remonter au fond de son ventre, le simple fait qu'il puisse être attiré par lui le rendait malade. Ils passaient leurs temps à se chamailler, l'autre le traitait avec tellement de hauteur qu'il n'avait jamais daigné prononcer son prénom, comme s'il n'allait pas s'en rendre compte, c'était quoi cette foutue fierté ! Avec tous ses délires à propos de l'honneur, etc., etc… il savait que jamais cette algue ne pourrait s'abaisser à ressentir ce genre de chose en retour. C'est vrai quoi… lui… qui s'imposait des airs froids et durs en permanence… impossible. Alors inutile de se donner la peine d'avoir cette sorte de sentiment, c'était une perte de temps. Lui aussi il pouvait avoir de la fierté quand il le voulait, il aurait bien aimé hurler à cette fichue tête de cactus que lui aussi pouvait être casse c****, mais évidemment, il ne le fit pas.
Ça y est, il avait fini par s'agacer tout seul… un soupire siffla légèrement entre ses lèvres, et il passa une main dans ses cheveux blonds tout en fermant les yeux. Il ne devait pas se montrer dans cet état devant ses ladys, cela lui donna une autre bonne raison de râler, car en plus ! Il aimait les femmes, c'était un gentleman, ça, tout le monde le savait, alors pourquoi… POURQUOI son regard n'arrêtait pas de glisser vers le corps de cette fichue algue ! C'était un homme… comment pouvait-on avoir un faible pour eux quand les femmes étaient si merveilleuses si… si
- Sanji-kuun~ ! tu pourrais aller me chercher un autre cocktail comme tu m'as apporté ? C'était délicieux.
- tout de suite Nami chériiiiiiiie !
Cela eu le don de l'arracher à toutes ses pensées, et il virevolta immédiatement jusqu'à la cuisine, des cœurs plein les yeux et un sourire niais au visage. Tout en servant un verre sur un plateau, il se raisonna, ses sentiments étaient juste passagers, il devait simplement arrêter d'y penser.
Son cœur battait fort à ses oreilles
Oui, arrêter d'y penser
Il n'entendait plus que ça
C'était idiot, comment aimer un homme quand on avait de si jolies femmes à admirer. Impossible, inadmissible, il était fatigué, c'est tout.
Une petite explosion retentit au moment où le cuistot quittait la cuisine, ce qui fit ouvrir un œil au sabreur, qui n'avait pas bougé. Après un instant de méfiance généralisée, la tête d'Usopp complètement noircie de cendre sortant d'une pièce en toussant indiqua que l'origine du bruit n'était pas une menace. Zoro n'allait pas perdre plus de temps et continuer sa sieste, mais son regard parcourut par réflexe l'entièreté du pont, comme pour s'assurer que tout se passait toujours bien. C'était son rôle après tout, ses pupilles restèrent plus que de raison sur un certain cuisinier, virevoltant sans cesse autour des filles avec un air qu'il jugeait parfaitement stupide. Cela le contraria plus qu'il ne voulait bien l'admettre, il faisait constamment en sorte de contrôler ses pensées. Il entraînait son esprit en même temps que son corps, mais dès qu'il s'agissait de lui… il n'y arrivait plus, et il n'était pas sûr d'aimer ça, non, il détestait ça. Pourtant… ses pupilles d'acier restèrent accrochées à ses mouvements, les yeux à demi-fermés pour ne pas trop que cela se voit, il donnait l'air de somnoler de loin. Il porta ensuite son attention sur Nami et Robin, observant la manière dont le cuisinier les traitait, comme d'habitude, et il vint à se demander… quelle serais la relation qu'il entretiendrait avec lui s'il était né en temps que femme. Aussitôt qu'il réalisa les paroles qui avaient résonné dans son esprit, il les chassa en serrant les dents, et puis quoi encore ! Il était très bien comme il était, il n'allait pas se mettre dans la tête l'idée de changer juste pour lui faire plaisir tout de même ! Il n'était pas si désespéré… sans doute ne le serait-il jamais. Le sabreur ne recherchait ni amour ni affection, rien que l'évocation de ces deux choses le mit mal à l'aise, ce n'était pas pour lui, définitivement pas. Son entraînement était plus important que tout, son but encore davantage, sans parler de la promesse qui le liait à son amie d'enfance. Il n'avait pas le temps pour cela, qu'il jugeait comme étant la pire des distractions… pourtant…
Sanji
Voilà le prénom qui revenait sans cesse dans sa tête, il avait beau tout faire pour l'oublier, il avait définitivement retenu ces syllabes et ces sonorités, qui apparaissaient à chaque fois qu'il posait les yeux sur le cuistot
Sanji
Sanji
Sanji
Ce prénom qu'il se refusait à dire à voix haute semblait être partout dans son esprit, heureusement qu'il passait la plus claire partie de son temps à dormir. Sinon qu'est ce que cela donnerait… aurait-il été en mesure de se retenir si longtemps de faire ou de prononcer quelque chose de stupide… pas sûr. Mais après tout, il ne comptait pas craquer maintenant, ni jamais en réalité, jamais il ne s'autoriserait une telle faiblesse.
Sanji
Sanji
Il ne pouvait pas accepter d'avoir de tels sentiments, d'une part, il était absolument certain qu'ils ne seraient jamais réciproques. Il n'y avait qu'à voir comment il agissait avec les femmes pour comprendre qu'il était follement amoureux de chacune d'elle… ce qui avait le don de l'exaspérer. Pas seulement par jalousie, d'ailleurs il n'y a aucune raison qu'il ait ce genre de ressentit n'est-ce pas ? Mais aussi par ce que cela avait mis sa vie en danger plus d'une fois… quelle manière de mourir en plus ! C'était la chose la plus idiote à ses yeux, et il ne voulait pas que cela arrive au cuistot. Rien n'a faire, il n'aimait pas cette idée. De deux, ce n'était en aucun cas son rôle. Il était le vice-capitaine, malgré le fait que cela n'avait jamais été officiel, chacun ici le savait. Donc, il devait assumer ce rôle qui était le sien, et avoir des sentiments pour un membre de ce même équipage… impossible. Cela pourrait fausser son jugement, qu'est ce qu'il se passerait s'il devait choisir qui sauver entre le cook et son capitaine. S'il avait à se poser un jour cette réflexion, ce qu'il ne souhaitait absolument pas soyons claire, alors il faudrait qu'il prenne la seconde option, c'était ce qu'il devait faire. Mais il avait aussi une autre certitude, s'il se laissait envahir par ce genre d'émotion… il choisirait la personne chère à son cœur, et cela, ce n'était pas envisageable pour le bien de l'équipage. C'était ainsi.
Sanji
Oui, définitivement, prononcer ce prénom serait comme avouer ses sentiments qu'il tentait de refouler depuis bien longtemps déjà, mais qui revenaient à chaque fois inchangés, comme si tous ses efforts étaient vains. Ce serait comme perdre face à lui même, face à cet idiot de sourcil en vrille. Et s'il était bien absolument certain d'une chose, c'est que lui, Roronoa Zoro, ne perdait pas.
Un soupire franchit la barrière de ses lèvres alors qu'il se calait plus confortablement contre le bois de la rambarde, renonçant définitivement à poursuivre sa sieste. Il prit la parole d'une voix forte, pour que l'imbécile de concerné comprenne bien, mais légèrement traînante, comme si s'adresser à lui l'ennuyait au plus haut point
- Ooooy Baka-cook, t'as encore du saké !
Il avait besoin de s'embrumer un peu l'esprit pour pouvoir enfin profiter d'un repos sans pensées parasites, et il n'en fallut pas plus pour que le cuistot s'enflamme. Se penchant au-dessus de la rambarde devant la porte de la cuisine, il lui hurla dessus
- dans le frigo ! Mais attend pas que je te l'amène plante verte ! Et demande à quelqu'un d'autre de t'accompagner, tu vas te perdre en chemin !
- Tssss…
Il afficha ouvertement son mécontentement, le fusillant du regard alors qu'il avait porté la main à la garde de son sabre, mais il ne le dégaina pas, et se leva pour aller chercher son alcool. Il n'était pas d'humeur, et il était fatigué.
Le soir arriva sans réels autres incidents, enfin, pas qui sortent des bêtises habituelles de certain membre de l'équipage. Il a par exemple fallu aller repêcher Luffy, un gros poisson avait fini par mordre alors qu'il dormait toujours, l'entraînant dans l'océan par la même occasion. Dans ces situations-là, c'était souvent Zoro qui plongeait en premier s'il était présent, en tout cas ici ce fut le cas. Après avoir bien râlé après Luffy, étalé dans une flaque d'eau sur le pont, il était allé se recoucher, et les choses n'étaient pas allées plus loin. Après tout ce n'était pas la première fois que ce genre d'accident arrivait, et certainement pas la dernière.
En tout cas, à présent, les étoiles brillaient, hautes dans le ciel d'une nuit sans lune. L'océan était calme et le bateau à l'arrêt, seul le léger clapotis des vagues s'échouant sur la coque de l'embarcation brisait le silence qui régnait à bord. Ça et peut être le souffle des tranquilles respirations dans le dortoir, l'un des occupants semblait par contre être bien plus agité, sa poitrine s'abaissait et se relevait rapidement. Les traits du visage tendu, il se redressa en sursaut, complètement haletant, cherchant des repères dans les alentours sombres de la pièce. Un cauchemar ? Pas exactement… ses joues étaient rouges et sa peau brûlante, le sabreur, car oui c'était lui, fit quelques pas hagard sur le sol en se levant, essayant de se remettre de ses émotions. Il avait fait un rêve, disons… plutôt explicite… avec un certain cuisinier, cela ne lui arrivait que très rarement… mais là, il avait besoin de se calmer un peu. L'air qui rentrait dans ses poumons ne faisait que l'étouffer davantage, tiédi par les respirations des autres durant la nuit. Il n'entendait que son propre cœur qui battait à ses oreilles, c'était si bruyant que tous les sons autour avaient disparu. Sûr et certain qu'ils finiraient par percevoir cette cacophonie, il attrapa ses sabres par habitude et se dirigea vers la porte. Il fallait qu'il sorte d'ici… et l'air nocturne ne lui ferait pas de mal.
Une fois sur le pont, il prit une grande inspiration, semblant revivre à travers celle-ci. Il essaya tant bien que mal de chasser les images qui tournaient dans sa tête, venant de sa pure imagination, puisqu'il n'avait évidemment jamais vu le Cook de cette manière. Alors qu'il se dirigeait vers la rambarde pour s'y appuyer, projetant ainsi de pouvoir regarder tranquillement l'horizon jusqu'à que son cœur se calme enfin. Il sentit une autre présence, bien trop connue à son goût, juste avant de percevoir sa silhouette dans le noir éclairé simplement par l'étincelle au bout de sa cigarette, dont la délicate fumée blanche disparaissait dans la pénombre. Il semblait perdu dans ses pensées, les yeux dans le vague. Tous deux avaient conscience que l'autre était ici, mais aucun mot ne fut échangé. Zoro serra les dents, il n'était absolument pas prêt à le voir après ce qu'il venait de vivre, mais il ne s'imaginait pas non plus repartir sur sa couchette. Alors il se détourna simplement, allant s'appuyer sur la barrière à l'opposé du pont, ainsi, il n'observerait pas l'objet de ses troubles actuels. En temps normal, ils n'auraient pas manqué l'occasion de s'envoyer quelques piques, mais ils étaient visiblement perdus dans leurs mondes, et n'avaient pas la tête à se battre maintenant. Ce qui… en plus d'être incroyablement rare, ne leur ressemblait pas du tout. C'est pour cela que chacun pensa en même temps que l'autre devait avoir un problème, mais ils se refusèrent à prendre la parole. C'était comme faire un pas dans le bon sens, avec une volonté différente de la rivalité… et aucun d'eux n'en avaient réellement envie, pourquoi ils s'en soucieraient en plus, ce n'était pas leurs problèmes. Le silence s'éternisa donc, ce n'était pas dérangeant en soi, ils écoutaient distraitement le sifflement du vent entre les cordages du navire et le bruit des vagues. Le sabreur tentait toujours de calmer sa respiration, la rougeur de ses joues avait heureusement disparu. À l'instant où il se sentit un peu mieux, le cuistot prit la parole, sans bouger pour autant.
- Alors Marimo ? T'as fait un cauchemar ?
Il essayait de commencer l'une de leurs disputes quotidiennes, mais sa voix était plus lasse qu'autre chose, même lui n'y crût pas vraiment, il ne savait juste pas comment entamer une conversation différemment. Ce n'était pas comme s'ils avaient l'habitude de se parler franchement. Et puis, aussi, peut-être qu'il avait simplement besoin de se changer les idées. En tout cas, le sabreur répondit avec exactement le même ton.
- on va dire ça…
Il n'avait pas vraiment envie de lui expliquer la vérité en ce qui concernait sa présence sur le pont, il fronça légèrement les sourcils alors que son esprit imaginait tout seul les paroles qu'il ne prononcerait jamais.
« oh trois fois rien, je rêvais que j'avais des rapports intimes avec toi, et aussi, j'ai adoré ça »
Il s'insulta ensuite mentalement, comment ça adoré pourquoi il avait imaginé adoré, c'était loin d'être ça… disons… pas désagréable… mais avouer qu'il aurait pu réellement apprécier ça… non. Il avait encore trop de fierté pour l'admettre. Alors après s'être convaincu de cela, il se concentra sur la réponse du cuistot, sans plus penser à la sienne.
- hum… je vois, moi aussi
Ça pour le coup, ce fut assez inattendu, il n'imaginait pas qu'il se confierait, il semblait sérieux, et puis il ne saisissait pas pourquoi il aurait mentit sur ce point. Pourquoi prétendre à un cauchemar s'il n'en était rien ? Sortir sur le pont pour rien n'était pas un crime et… la seule autre option qu'il imaginait, c'est qu'il ait lui aussi fait un rêve… étrange. Mais vu la sorte de mélancolie qu'il dégageait… il sut qu'il disait bel et bien la vérité. Néanmoins, il ne répondit rien. Était-il censé le réconforter ? Et puis quoi encore, ce n'était pas sa mère. Aussi, le geste serait sans doute mal perçu de l'autre côté, donc la discussion était close… il laissa juste échapper un petit bruit pour lui faire comprendre qu'il avait entendu, mais aucun d'eux ne ressentit le besoin d'ajouter quelque chose.
Cependant bien vite, il y eut à nouveau cette envie de se changer les idées, surtout de la part de Sanji, et de se battre comme ils avaient l'habitude de le faire ensemble, c'est pour cela qu'il rajouta, un peu moqueur
- alors les végétaux de ton espèce peuvent rêver… c'est pas courant ça dit donc…
Zoro se crispa un peu, pas à cause de ses paroles, enfin si, cela l'énerva… mais il ne répliqua rien. Il s'était simplement tendu par ce qu'il avait entendu les pas de l'autre s'approcher, il ne fit aucun mouvement, mais il savait qu'il arrivait. Effectivement, le cuisinier s'accouda à la même rambarde que lui, comme si cela était normal. Mettant évidemment une distance suffisante entre eux, mais cela restait trop proche pour le sabreur, pas après ce qu'il avait vu, il risquait de repenser aux images… et il n'en avait pas envie. Il aurait bien pu effacer tout souvenir de ce « cauchemar », mais il n'y était pas parvenu. Ce qui l'agaça, il savait bien pourquoi, par ce que cela le concernait lui, encore et toujours lui. Ce fichu sourcil en vrille mettait en l'air tout son entraînement dans le plus grand des calmes et sans qu'il en ait conscience en plus ! Avec tout ça, il risquait de faire une bêtise… comme se relâcher un peu… et ça, ce serait impardonnable.
Le silence qui suivit dût se faire trop long, car le blond rajouta d'un ton un brin plus agacé, en se tournant à demi vers son interlocuteur
- Hey Marimo, les algues ont fini par bouffer ce qu'il restait de ton cerveau pour que t'aies perdu le sens de la parole ?
Le Cook était sûr qu'avec ça, il réagirait, Zoro était peu être ailleurs, mais il ne laisserait pas passer une chose pareille, surtout pas si cela sortait de sa bouche. Du moins il en était persuadé, jusqu'à qu'il voit l'immobilité de la personne concernée, fixant toujours l'horizon, il grogna juste de désapprobation pour la forme, il l'avait entendu, et il n'avait pas perdu son sens de la parole. Mais il ne répliqua pas, tout son être se concentrait pour essayer d'oublier sa présence, oublier ses sentiments, oublier ces fichues images. Et c'est ce silence, qui fit réagir l'autre cette fois-ci, il fronça les sourcils, définitivement, cela n'était pas normal. Pas du tout. Même si c'était cette tête de cactus, il sentit une pointe d'inquiétude le traverser, peut-être avait-il sous-estimé l'importance de ce cauchemar. Avant d'être rivaux, ils étaient Nakama, et c'était aussi son devoir de veiller à ce qu'ils aillent bien. Donc il avança un peu sa main, pour toucher le bras du sabreur, essayant de le ramené à la réalité.
- Oy, ça va ?
C'était une simple question, il ne s'attendait pas forcément à ce qu'il réponde, il ne l'aurait pas fait à sa place. C'était juste un geste pour montrer qu'il avait perçu un problème, et qu'il s'en souciait, rien qu'un tout petit peu. Par solidarité disons, lui aussi il lui arrivait de se sentir mal par rapport à son passé. Et même s'il n'aurait jamais accepté de le montrer à qui que ce soit, si la situation s'était présentée comme celle-ci, alors c'est ce qu'il aurait fait s'il avait été la personne en face. En tout cas, cela eut effectivement le don de réveiller instantanément le sabreur, le contact l'électrifia et il eut un frisson, s'éloignant immédiatement comme si la peau de l'autre l'avait brûlé. Le cuisinier récupéra donc son bras, la mine fermée. Le dégoûtait il tant que cela ? Cette perspective le toucha quelque peu en même temps que cela l'énerva, il ouvrit la bouche pour l'insulter bien comme il fallait. Il avait déjà des répliques bien senties en tête, mais elles restèrent coincées dans sa gorge quand il entendit la prochaine réponse du sabreur, soufflée sur le bout des lèvres. Alors qu'un grognement agressif se devinait derrière.
- fous-moi la paix Sanji
Il semblait sur la défensive, comme si l'action du cuistot l'avait complètement pris au dépourvu, tellement qu'il ne s'était même pas rendu compte du prénom qui lui avait échappé. Il avait effectivement fini par se relâcher… il se dirigea rapidement dans la vigie, tournant le dos à son interlocuteur, toujours muet de stupeur. Cela sonnait bien trop comme une fuite dans son esprit, n'avait-il pas pour principe de ne jamais prendre un coup dans le dos ? Preuve que jamais il n'avait fui son adversaire… mais là… même s'il voyait le Cook comme tel à l'heure actuelle, il savait aussi que ce principe n'avait pas lieu d'être. Ils étaient Nakama, et il avait pleinement confiance en lui, il ne fuyait pas un champ de bataille, mais bel et bien une situation d'ordre privée… donc, il s'autorisa cette action. Sa fierté n'en prit pas tant ombrage, de toute manière, il ne s'en préoccupait plus, il voulait juste s'éloigner rapidement. Ne plus le voir, ne plus l'entendre, ne plus pensé à lui. Son cœur palpitait trop fort dans sa poitrine, trop occupé à se battre contre lui même. Il n'avait pas remarqué… lui qui s'était toujours interdit de prononcer son prénom, qui avait été jusqu'à l'associer à une défaite… n'avait pas remarqué…
Son ombre disparue bel et bien sur le chemin de la vigie, alors que Sanji n'avait pas esquissé un mouvement, les yeux légèrement écarquillés, fixant la direction dans laquelle Zoro était partit. Il ne s'attendait pas à un tel revirement, il ne savait même pas s'il devait être en colère du ton que le Marimo avait employé pour lui répondre. Ou s'il devait se repasser en boucle cette phrase pour l'entendre prononcer ces syllabes… c'était nouveau, et… pas désagréable. En réalité… il fit les deux. Après être resté un long moment immobile, il jeta un regard en haut de la vigie, puis retourna à petit pas se coucher. Au final, l'objectif de la sortie était accompli, il pensait bel et bien à autre chose…
Ils passèrent tous deux une bonne partie de la nuit éveillés après cela, si bien que le jour arrivât trop vite, de son côté Sanji fixait la vaisselle sale du petit-déjeuner, qui trempait dans l'eau de l'évier. Écoutant à peine le bruit omniprésent dans la cuisine, accueillant les membres de l'équipage affamés, qui finissaient leurs premiers repas, ou plutôt essayaient de le protéger d'un certain capitaine. Tout le monde parlait à tout le monde, ce qui produisait certes un bavardage incessant et anarchique, mais aussi, cela donnait l'impression d'une grande famille. La bonne ambiance régnait, même si Luffy avait dû plusieurs fois essuyer les coups de la navigatrice pour avoir piqué de la nourriture dans son assiette. D'habitude Sanji ne manquait pas de le corriger pour avoir volé une de ses ladys, mais il était définitivement ailleurs.
Il avait passé la majeure partie de la nuit à réfléchir aux évènements de la soirée dernière, et si la fatigue avait fini par l'emporter, lui offrant un repos bienvenu, ses pensées l'avaient assailli à nouveau dès son réveil.
« fous-moi la paix Sanji »
Sanji… il était presque sûr que cette algue ne s'était même pas rendu compte qu'il avait dit ça, il devait vraiment être perturbé par autre chose, bien plus grave que ce qu'il imaginait a l'origine…
Second fait inhabituel, on ne pouvait que constater l'absence du sabreur à ce repas matinal, il était courant qu'il arrive en retard, mais en général c'était entre le deuxième et le troisième service. Car il était évident qu'avec un goinfre comme Luffy, un seul ne suffirait pas. Mais aujourd'hui il ne se montra pas, et le cuistot vit là une occasion de tirer tout cela au clair. Il n'était pas du genre à laisser les choses comme elles étaient et attendre que cela se tasse, il allait à la confrontation.
Alors il prépara un plat d'onigiri et prit une bouteille de saké, puis sortit de la cuisine, ce qui passa relativement inaperçu aux yeux des autres, toujours occupés à surveiller leurs assiettes. Sauf pour Robin, qui eut un discret sourire, ses pupilles suivant le chemin du blond, elle était évidemment au courant de ce qu'il y avait entre eux… l'inverse aurait été étonnant venant de sa part. Et il fallait dire que cela l'amusait beaucoup.
Il fut rapidement arrivé, et poussa la trappe de sa main libre, tombant sur l'algue en pleine séance de sport, torse nu, il faisait des pompes sur le sol alors que le soleil matinal inondait la petite pièce de ses rayons
- mille neuf cent quatre-vingt-dix-huit… quatre-vingt-dix-neuf… deux m…
Il s'interrompit en sentant la présence de l'autre, glissant un regard vers lui sans rien dire. Le cuisinier grimpa les derniers barreaux et rentra complètement dans la pièce puisqu'il n'avait entendu aucune protestation de la part du sabreur. En réalité s'il était silencieux, c'est que jusqu'à présent, il s'était perdu dans les chiffres, il n'avait pas dormi de la nuit. S'entraînant pour oublier un tant soit peu ses soucis du moment, il n'avait donc pas eu l'occasion de repenser à ce qu'il lui avait balancé. Mais là, tout lui revint d'un coup
« fous-moi la paix Sanji »
Sanji…
Il l'avait vraiment dit… genre… vraiment… sous le choc il s'assit, semblant être parti à mille lieues de là et refusant obstinément de croiser le regard de l'autre, il siffla après un certain temps,
- merde…
Lui qui avait finalement réussi a passé à autre chose, voilà que son cœur se remettait à accéléré en même temps qu'une douce colère l'envahissait. Il écouta à peine les paroles du Cook, qui s'énervant contre son manque de réaction par rapport à son geste, claqua la bouteille de saké sur le sol en bois du lieu en ajoutant
- je t'apporterais le repas qu'une seule fois Marimo t'y habitue pas
Le sabreur était concentré à s'insulter mentalement, les mots qu'il avait prononcés tournaient en boucle dans sa tête. Il serra les dents au point de se mordre la langue, se trouvant faible pour ce qu'il s'était permis de dire… puis il se raisonna, en soupirant légèrement, il n'allait pas non plus s'apitoyer. Ce n'était arrivé qu'une seule fois… et il ne laisserait plus rien passer, quitte à s'imposer des barrières encore plus dures. À commencer par… la distance. Qu'est ce qu'il faisait encore là ? Il voulait dire quelque chose ? Oui sans doute…
- Hum… et donc… tu vas rester planter là ou bien ?
Ces paroles étaient froides, sa mine fermée, comme à son habitude, ce qui agaça le cuisinier, il le prenait encore de haut, lui qui tentait de se montrer raisonnable pour une fois ! Il poussa un peu les plats sur le côté alors qu'il s'avançait vers lui avec une démarche agressive.
- j'essayais de te faire comprendre qu'une discussion s'imposait idiot !
Le sabreur se releva, le fusillant du regard, comme pour le défendre de s'approcher davantage, s'il cherchait à le défier, il allait le trouver
- et si j'ai pas envie Baka-Cook !
- et bah tu te forces ! J'ai tenté une approche compatissante vis-à-vis de ce qui pouvait te troubler, donc réagit en adulte et pas en végétal décérébré pour une fois ! Mets ta fierté de côté
- de quoi tu parles cuistot de mes deux ?!
Avec tout ça ils étaient front contre front, des auras de flammes semblaient s'échapper de leurs corps alors qu'ils continuaient de plus belle, parlant de plus en plus fort tout en s'agaçant mutuellement
- tu croyais que j'allais pas remarquer que tu ne prononçais jamais mon prénom ! Tu me considères comme si inférieur enfoiré ?! Malgré tout tu l'as dit hier soir donc je pensais que t'étais proche de la DÉPRESSION, ou SUICIDAIRE AU MOINS, pour que tu puisses T'ABAISSER À T'ADRESSER À MOI DE CETTE MANIÈRE.
Le sabreur qui avait saisi l'un des pans de son habit le relâcha quelque peu, réalisant que pour le Cook son attitude pouvait s'expliquer de cette manière. Il avait accentué le ton pour certains des mots, montrant aussi par là qu'en plus de l'agacer au plus haut point, cela le blessait un tant soit peu. Surtout, il ne comprenait pas pourquoi il avait droit à un tel traitement… le sabreur fut un peu déstabilisé et se recula d'un pas. Le simple geste fit soudain redescendre Sanji, qui observa la suite avec une sorte de méfiance mêlée d'une prudente curiosité, ce n'était pas tous les jours qu'il reculait face à lui… c'était même la première fois. En tout cas, l'algue semblait à la fois surprit et à la fois en colère, il avait toujours une veine barrant son front, mais il répondit plus doucement.
- c'est pas ça… je veux pas perdre…
Le Cook comprit que continuer de crier n'apporterait rien, donc il l'encouragea à poursuivre en soupirant, semblant aussi se calmer un tant soit peu
- perdre ? Je sais qu'on est en quelque sorte rivaux, mais…
La phrase de réponse sembla agacer le sabreur plus qu'autre chose, décidément le Cook ne comprenait rien… il n'avait pas envie de lui expliquer… mais il n'avait pas non plus envie de le laisser croire n'importe quoi.
- pas perdre contre toi… laisse tomber
Au final, il ne savait pas comment tourner sa phrase pour ne pas finir par lui avouer l'inavouable, donc il avait choisi de se taire. Son regard glissa sur la droite, puis sur la gauche, comme s'il cherchait une échappatoire à la situation, qu'il ne trouva visiblement pas puisqu'il y passa suffisamment de temps pour donner à Sanji l'occasion d'insister. Se rapprochant encore d'un pas, pour combler la distance que le sabreur avait mise entre eux en reculant. Il voulut s'empresser de recommencer, mais son talon buta contre l'un des bancs qui faisaient le tour de la pièce. Il se sentit soudain acculé, et cela ne lui plut pas du tout, il s'énerva à nouveau, choisissant l'attaque comme moyen de défense.
- retourne dans ta cuisine sourcil en vrille !
Il en avait marre d'avoir sa tête devant lui, il voulait juste la paix, être tranquille sans ces fichus sentiments, pourquoi avait il fallut que ce soit lui, parmi tous, pourquoi cet imbécile de cuisinier ! Il serra les dents tout en émettant un léger grognement, alors que le Cook s'insurgeait du ton qu'il avait employé.
- Je ne suis pas ton chien, tu me cherches la mauvaise herbe !
- Parfaitement !
Et c'était reparti, ils ne pouvaient pas parler normalement ensemble, c'était définitif… mais peut-être qu'au final, c'était là leur meilleure manière de communiquer, bien qu'elle soit un peu tordue. Quand ils essayaient de porter un coup à l'autre, toute leur colère se déversait dans ce geste, tout ce qu'ils ressentaient. En tout cas, la conversation continuait, alors que Zoro venait de bloquer le coup de pied de Sanji avec le fourreau de l'un de ses sabres.
- ça te foutrait si mal que ça de perdre contre moi ? Tu me traites de faible c'est ça !
C'était là le plus gros souci en ce qui concernait Sanji, la fierté du sabreur s'opposait à la sienne, et ça faisait des étincelles, surtout s'il interprétait mal ses paroles, comme il le faisait actuellement. Ce qui énerva l'algue, déjà qu'il n'aimait pas parler, alors si en plus le peu de choses qu'il disait était mal interprété… ça n'allait pas le faire. Après avoir repoussé la jambe du cuisinier, il dégaina l'un de ses sabres et lui porta un coup, lame du mauvais côté, qui fut bloqué à son tour par Sanji.
- je t'ai dit de laisser tomber ! Retourne te dandiner auprès des filles et laisse-moi !
Il força un peu plus, et le cuistot fut projeté contre un mur, ce qui ne l'empêcha pas de répliquer, en s'enflammant de plus belle alors qu'il accélérait ses mouvements, en rentrant davantage dans l'esprit du combat
- Parle pas de Nami chéri et Robin d'amour comme ça ! En plus elles n'ont rien à voir avec la conversation !
- c'est tout le problème imbécile !
Cette fois il n'avait pas eu de temps de réaction, il répondait du tact au tact sans trop réfléchir, il lui disait ce qui lui passait par l'esprit. Tout en bloquant l'un de ses coups et en lui en renvoyant un autre, il avait la respiration rapide, alors que son adversaire balançait, tout aussi essoufflé
- Ah oui ?! Et c'est quoi ton problème !
C'en était trop, il le repoussa violemment, n'écoutant que le sang qui battait à ses tempes, il voulait la paix, il voulait qu'il disparaisse de sa vue maintenant. Il sentit une colère explosée au fond de son ventre, à la fois contre lui même, et contre ce cuistot qui ne comprenait rien, cet imbécile qu'il n'arrivait pas à chasser de son esprit, il hurla complètement hors de lui,
- MON PROBLÈME C'EST QUE JE T'AIME ENFOIRÉ !
Soudain, tout se stoppa. Silence dans la vigie, silence dans la cuisine, tout le monde avait entendu, silence sur le Sunny, silence sur l'océan entier. Les deux restèrent figés, l'un horrifié de ce qu'il venait de sortir, et l'autre complètement sous le choc de ce qu'il venait d'entendre. Ils se fixèrent un moment, trop préoccupé pour se rendre compte du rouge qui était légèrement apparu sur leurs joues, puis soudain Zoro se détourna. Rengainant son sabre il marcha jusqu'à l'autre bout de la cabine, le regard figé sur l'océan qu'il voyait par la fenêtre, il croisa les bras pour éviter que le cuistot ne remarque le léger tremblement de ses doigts. Il brûlait de colère et de honte mélangées, comment avait-il pu sortir un truc pareil ? En face du concerné en plus…
- Zoro…
Le blond semblait s'être repris aussi, bien que l'écho de ses paroles continuait de résonner dans sa tête. Il n'avait pas l'air de savoir quoi répondre. En tout cas, le ton qu'il employa hérissa le poil du sabreur, il devinait ce qui allait venir derrière. Des insultes, sans doute. Des « j'aime les femmes, imbécile », de la pitié ? Peut-être. Peut-être aussi qu'après il ferait tout pour l'éviter… ce qui ne serait pas plus mal. Mais pour l'instant, il ne veut rien entendre.
- la ferme !
Il s'était mordu la lèvre si fort qu'un filet de sang s'écoulait de sa bouche. Il souhaitait juste revenir en arrière, ne jamais lui avoir avoué ça, avouer sa faiblesse… son incapacité à maîtriser ses sentiments, ce n'était pas digne d'un samouraï. Il lui tournait le dos, donc il ne pouvait pas voir les yeux du cuistot ni l'air qu'il faisait actuellement, ce n'était ni de la colère ni du dégoût, juste… du trouble. Il ne savait plus quoi penser. Jamais il n'aurait imaginé entendre ça de sa part, et c'était peut-être la surprise du moment, mais il sentit une douce chaleur se répandre dans son ventre. Il n'avait pas bougé, mais Zoro percevait toujours sa présence, qui lui était devenue complètement insupportable. Cela l'oppressait, il brûlait, il avait besoin d'air… définitivement. Il s'essouffla tout seul alors que chaque inspiration ne faisait que lui mettre un poids supplémentaire sur la poitrine, il ne savait pas comment gérer ça. Donc il hurla une dernière fois.
- dégage de là !
Ce qui finit par faire réagir Sanji, il tressaillit un peu, comme sortant de ses pensées, puis observa le dos du sabreur avec un œil nouveau. Il remarqua bien que ce n'était pas le moment de lui parler, que devrait-il lui dire de toute manière. Moi aussi ? Il ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit, les mots restaient coincés dans sa gorge. Ses pensées se bousculaient trop dans sa tête, et de toute manière, à voir l'était de l'algue… il n'était pas en mesure de l'écouter. Alors il tourna simplement les talons, redescendant de la vigie en laissant la bouteille et le plat là où ils étaient. Quand le bruit de la trappe qui claquait sur le sol résonna dans la pièce, alors qu'elle se refermait derrière le Cook, Zoro poussa un cri de rage qui fit trembler les murs de la vigie. Évidemment Sanji l'entendit, mais il ne rebroussa pas chemin, les yeux fermés, il soupira puis alla s'enfermer dans les dortoirs, sous les yeux des autres, qui avaient entrouvert la porte de la cuisine pour l'observer passer. Se demandant ce qui était arrivé là-haut.
Une fois seul, le sabreur déboucha la bouteille et en vida la moitié d'une traite pour se donner une contenance, s'enfila les onigiri, par ce qu'il fallait dire qu'il adorait ça. Et finit l'alcool tout aussi rapidement, histoire de faire bonne mesure. Puis il explosa le récipient par terre, qui vola en de multiples éclats scintillants, il s'assit ensuite au milieu de la pièce, une aura sombre autour de lui, cherchant un moyen de se soustraire à cette situation… qui avait complètement dégénéré. Il ne savait même pas quand ça avait commencé à déraper. Il envisagea la possibilité de ne plus jamais sortir de la vigie… mais c'était difficilement réalisable… ou alors faire en sorte de ne plus jamais croiser le Cook ? Hum… c'était un peu comme fuir ses problèmes ça, et il n'avait pas l'habitude de faire une chose aussi lâche. Donc, il allait forcément aller à la confrontation à un moment donné, mais pas maintenant, trop tôt. Il se laissa tomber sur le dos, les bras croisés derrière la tête, tout en fixant le plafond, il allait juste dormir, pour l'instant il n'avait pas mieux à faire. Il verrait le reste une fois réveillé, et cela lui permettrait de se calmer un peu.
Assis contre un mur, Sanji avait les yeux dans le vague, l'ombre tombait sur son visage de manière à ce qu'on ne puisse pas les voir. Il n'avait pas pris la peine d'allumer la lumière, donc seuls les faibles rayons du soleil éclairaient la pièce dans laquelle il avait trouvé refuge. Il avait besoin de remettre tout cela en place. Je t'aime. Le Marimo lui avait vraiment sorti ça… il semblait sérieux dans ses propos, de toute manière, il ne l'imaginait pas dire ça s'il n'en était rien ce n'était pas son genre. Mais alors dans ce cas, pourquoi était-il aussi insupportable avec lui ? Enfin, il n'était pas très conciliant non plus, mais c'était l'algue qui avait commencé à l'origine… et c'était lui qui refusait de l'appeler par son prénom. S'il ne le considérait pas avec hauteur, alors pourquoi le faisait-il ? Il se remémora ses paroles « je ne veux pas perdre » et il eut soudain une autre perspective à explorer… qui irait bien avec cet idiot. Il se passa une main sur le front, agacé, c'était vraiment une saleté d'algue… se monter la tête pour un truc si débile. Il avait bien trop de fierté. Enfin, il était pas mal non plus, mais quand même. Tout aurait été plus simple s'il n'était pas aussi têtu. Depuis quand avait-il des sentiments pour lui ? Et de son côté… est-ce qu'il admettait en avoir pour Zoro ?
Il réfléchit un instant, sentant son cœur accéléré… il dut bien se rendre à l'évidence au bout d'un moment.
Oui
Définitivement, maintenant qu'il savait ce que ressentait le sabreur, il n'arrivait plus à se voiler la face, c'était réciproque. Alors que c'était un homme. Bizarrement il ne s'en souciait plus tant que cela maintenant, il restait un gentleman… avec un penchant pour une certaine tête de mousse. Mais quand même, les femmes étaient absolument parfaites. Son esprit fit une étrange association, s'il imaginait Zoro comme tel ?
Aussitôt il se retourna et se tapa le front contre le mur, faisant sortir les images qui étaient venues s'imposer à son esprit. Impossible de ne pas le voir comme il était. Il repensa à ses traits détendus quand il somnolait sur le pont, il le regardait tellement de fois qu'il connaissait chaque détail de son visage. Sa tête heurta le bois encore une fois, à présent il ne pouvait empêcher son imagination de s'emballer, et son cœur de se réchauffer. Il se rappela cette fois sur le pont, quand Zoro s'entraînait. Il s'était perdu dans ses pensées alors qu'il observait une goutte de sueur couler le long de sa tempe, tomber sur son torse et rouler sur sa peau bronzée. Traçant le contour de ses muscles sous le soleil d'une chaude après-midi. Il secoua la tête, vraiment impossible de lui enlever ça. Il grogna quelque chose comme,
- stoooop…rhaaaa…
Alors qu'il s'imaginait d'autre chose, son cœur n'arrêtait pas de faire des bonds dans sa poitrine. À présent qu'il savait que cette algue… était… rhaaa… il n'arrivait même pas à y penser, en tout cas, il sentit des papillons apparaître dans son ventre. Il était définitivement amoureux de cet imbécile. Maintenant que sa fierté ne l'empêchait plus de l'admettre, il en avait pleinement conscience. Mais il n'était pas devenu naïf entre-temps, il devait avoir une discussion avec Zoro… ils avaient grand besoin de parler sérieusement au lieu de passer leurs journées à se battre, histoire de mettre ça au clair.
Pendant ses réflexions, il n'avait pas arrêté de se taper la tête contre le mur à un rythme régulier. Sous le regard effrayé d'un certain renne, qui avait juste entrouvert la porte pour vérifier comment son nakama allait. Il ne s'imaginait pas le voir se donner des coups en marmonnant des choses incompréhensibles comme un possédé, alors qu'une aura sombre l'entourait. Il finit par prendre ses jambes à son cou et se dépêcha de remonter, en priant pour que le cuisinier ne l'ait pas remarqué. Une fois en haut, il fut interpellé par Robin,
- alors, comment va-t-il ?
- I..Il me fait peur…
Les yeux de chopper regardaient le vide, comme s'il revivait la scène, alors que le reste de l'équipage, en réunion d'urgence dans la cuisine, s'interrogeait aussi sur son état. En tout cas, son interlocutrice rigola un peu puis ajouta.
- Alors il ne doit pas aller si mal que cela, je propose qu'on les laisse gérer ça seul, tu ne vois aucun inconvénient à ce qu'ils aient une relation Luffy ?
Elle pivota vers lui, le concerné était nonchalamment assis en tailleurs sur une des chaises, mâchonnant un morceau de viande qui jusque-là avait été épargné. Un os sortant de la bouche, il répondit, la tête inclinée sur le côté comme s'il ne comprenait pas bien la question.
- bah… ils font ce qu'ils veulent…
Il ne connaissait pas grand-chose à l'amour, mais il savait au moins qu'on pouvait difficilement aller contre, même si c'était le capitaine. Et puis, tant que tous les deux restaient aussi amis, lui ça ne lui posait aucun problème.
Le reste de l'équipage s'occupa donc de son côté durant la suite de la journée, Sanji ne réapparut que pour cuisiner, et heureusement sinon un certain homme élastique n'aurait pas survécu plus de quelques heures. Mais aucun signe de l'algue jusqu'à que la lune ne soit haute dans le ciel. Le temps qu'il lui avait fallu pour se calmer, actuellement, il était assis au milieu de la pièce, ne semblant pas avoir bougé d'endroit depuis tout à l'heure. Ces yeux gris étaient entrouverts, regardant les multiples bouts de verre refléter la lumière argentée des étoiles, il était en pleine séance de méditation. Puis, il soupira et se redressa, ramassant les vestiges de la bouteille pour aller les jeter, il avait attendu assez, et espérait ne pas tomber sur le Cook en chemin. Il irait sans doute lui parler demain matin, mais pour l'instant, il avait réussi à se calmer, ce qui était déjà un bel exploit. Il descendit avec une seule main, l'autre portant le plat avec les débris, puis traversa le bateau, entrouvrant d'abord la porte de la cuisine, s'assurant qu'elle était vide puis il entra en soupirant de soulagement. Ses épaules se détendirent et il jeta le verre cassé dans la poubelle, mettant le plat dans l'évier. Il s'en alla rapidement, mais fit demi-tour avant d'avoir atteint la porte, piquant une nouvelle bouteille de saké dans la foulée, il n'eut pas le temps de se retourner à nouveau, qu'il entendit quelqu'un rentrer dans la pièce. Il sut immédiatement de qui il s'agissait, aussitôt il se crispa.
- d…
- Oh non Marimo, tu peux me virer de la vigie, mais tu ne peux pas me virer de la cuisine
Il sentit une certaine frustration revenir, mais le cuistot n'avait pas tort, alors il se dirigea vers la sortie, fixant l'entrebâillement de la porte de la même manière que s'il s'agissait de son ultime objectif. Ses yeux ne se posèrent pas un instant sur le blond, mais comme s'il avait lu dans ses pensées et avant qu'il ne puisse s'en approcher, une main appuya violemment sur celle-ci et la referma dans un claquement sec. Il fut donc bien obligé de faire glisser ses pupilles sur le responsable, serrant la bouteille dans son poing alors qu'il se tendit davantage.
- qu'est ce que tu fous ?
- Il faut qu'on parle
Le cook semblait très sérieux, mais il n'avait pas du tout envie d'avoir cette discussion maintenant, néanmoins, persister à vouloir sortir le ferrait passer pour un lâche. Donc il resta en place, sourcils froncés.
- Je sais ce que tu vas balancer, alors oublie juste ce que je t'ai dit.
Son ton était froid, sans appel, pour lui la conversation était terminée, il n'y avait rien à rajouter, ce qui énerva Sanji. Il fit un pas en avant d'un air déterminé.
- quoi, tu n'étais pas sincère ?
Ses paroles à lui n'étaient pas froides, juste fermes, il savait où il allait, il avait eu toute la journée pour y penser, contrairement à Zoro, il avait toutes les cartes en main. L'autre s'insurgea, désirant quand même démentir cette hypothèse.
- Si. Mais qu'est-ce que ça peut te faire de toute manière ?!
Il se stoppa, comme s'il voulait rajouter quelque chose, mais qu'il hésitait. Il tenu une demi-seconde, avant de décider de tout balancer, au point ou il en était. Il reprit,
- … de toute manière je ne peux pas accepter ce genre de sentiment. C'est une perte de temps, mon rôle au sein de l'équipage ne me le permet pas et puis ce n'est pas réciproque. Donc, oublie juste. Que tu le saches ou non ne va rien changer.
le blond écouta sans rien dire, puis serra les poings, son obstination avait le don de le mettre en colère, il fit un autre pas, le regardant droit dans les yeux
- Une perte de temps ? Tu te crois si supérieur aux autres que ça ! Les sentiments sont censés ne pas t'atteindre !?
- … c'est pas…
Il comprenait tout de travers ! Zoro allait ajouter quelque chose pour se défendre, mais Sanji ne lui en laissa pas le temps, avançant toujours avec une démarche menaçante.
- ça te blesse à ce point dans ton honneur de ressentir quelque chose pour moi !
- Att…
Ce n'était pas lui le problème, c'était juste que… que… que quoi au final ? Il ajouta encore, se rapprochant de nouveau.
- Tu penses sérieusement que ton orgueil et ton entraînement sont suffisants pour te mettre à l'abri de ce genre de chose ?!
- Nan…
Plus il avançait, plus le cuisinier semblait énervé, parlant de plus en plus fort, il essayait de lui remettre les idées en place, alors que Zoro avait même fait un pas en arrière, il n'avait pas le temps de se défendre…
- ton rôle ? Mais t'as peur de quoi exactement ? T'as peur de devoir un jour choisir ! Alors, écoute-moi bien le cactus… TON RÔLE EST LE MÊME QUE LE MIEN ET QUE LE RESTE DE L'ÉQUIPAGE. On se bat pour protéger chacun de nous, et on compte sur les autres pour faire la suite si on n'y arrive pas.
Sanji voulait dire par là d'arrêter de se prendre la tête avec ça, bien sûr il ne savait pas exactement ce qu'il entendait par « mon rôle ». Mais il le devinait, le cerveau d'une algue n'était pas si dur à décrypter que ça. C'était leurs définitions du travail d'équipe. « Je ferrais ce que tu ne peux pas faire et toi fait ce que je ne peux pas faire », ce n'était pas à Zoro de tout prendre sur ces épaules. Jamais il n'arriverait une situation comme le craignait la tête de cactus, parce qu'ils ne fonctionnaient pas comme les autres équipages. C'était aussi simple que cela.
Avec ça, le blond s'était encore rapproché, arrivant à quelque centimètre de lui seulement, il saisit l'un des pans de son habit en continuant sur sa lancée
- et enfin, tu en sais quoi toi ? Hein, si c'est réciproque ou pas ? Si ça va changer quelque chose ou pas ? Je ne suis pas un livre ouvert enfoiré !
Pour bien lui montrer qu'il se trompait, et pour appuyer son argument, il tira d'un coup pour le rapproché de lui, alors qu'il profitait du fait que l'algue ne sache pas comment réagir à ses paroles, pour l'embrasser. Ce premier contact ne fut pas des plus délicat, Sanji était toujours en colère, mais il finit par s'adoucir un peu, bougeant légèrement ses lèvres pour appuyer le baiser, sans en rajouter. Il ne dura pas, et se sépara de lui bien vite, alors que l'autre de son côté semblait avoir oublié comment faire pour respirer.
Tout au long de son discourt, le cuistot avait démonté un à un les arguments qu'il avait construits pour le repousser. Et c'est sans aucun doute le dernier qui l'avait le plus marqué, son cœur s'était emballé tout seul alors qu'il cherchait dans le regard du cook, une quelconque raison qui aurait pu justifier son geste final. Il ouvrit plusieurs fois la bouche, mais rien n'en sortit, Sanji ne s'était pas éloigné beaucoup, il sentait toujours le souffle de sa respiration sur ses lèvres. d'ailleurs, en parlant de lui, il ajouta.
- alors ? Il y a encore un problème Marimo ?
Il chercha dans sa tête d'autres justifications… sans en trouver. Il s'était rendu compte… qu'au final… si le Cook était prêt à répondre à ces sentiments, alors… il n'y avait plus aucune raison qu'il se retienne, plus aucune raison que cela le blesse dans sa fierté… il souffla doucement
- non…
Alors qu'il avait un peu détourné le regard, ils étaient si proches qu'il pouvait entendre les battements de cœur du blond, qui étaient aussi rapide que les siens. Il y eut un autre silence, avant que Sanji ne prenne une grande inspiration, pour finir par dire.
- bon… alors c'est parfait.
Zoro avait attendu quelque chose… qui ne vint pas, lui il l'avait dit… il regarda le cuistot, qui devina instantanément ce à quoi il pensait, il rigola doucement
- comme si j'allais dire quelque chose d'aussi gênant comme ça, toi tu l'as lâché juste parce que t'étais énervé.
Il n'avait pas tort, mais sans ça… comment il pouvait être sûr ? Enfin… le cuistot avait l'air sincère, mais au final, il ne lui avait rien confirmé du tout. C'était simplement lui qui en avait conclu ça, il aurait voulu entendre qu'il ne s'était pas trompé.
- comment je peux en être sûr idiot… tu saignes du nez à chaque fois que tu vois une femme… et au cas où j'aurais besoin de le préciser… je suis un homme moi…
Sanji soupira doucement, puis le regarda dans les yeux, un léger sourire au visage
- Par ce que je suis un gentleman, mais un gentleman avec un penchant pour un certain Marimo. T'as pas à t'en faire.
- B.. Bon…
Le sabreur choisit de croire en ces mots, et maintenant qu'il pouvait se détendre, il réalisa la proximité qu'il y avait entre eux. Il rougit faiblement, puis doucement, comme s'il ne savait pas vraiment comment faire, il passa ses bras autour du Cook, le serrant un peu contre lui. Il aimait bien sentir sa chaleur en fait, c'était apaisant, et puis il avait juste envie de le faire. Cela faisait trop longtemps qu'il se retenait, il ajouta cependant, comme pour être absolument sûr.
- j'ai le droit de faire ça maintenant non ?
Ce qui fit légèrement rire le cuisinier, qui fit la même chose de son côté, lui qui jalousait les sabres du Marimo, il avait finalement ce qu'il voulait, il aurait suffi de demandé en réalité…
- tu peux
Il confirma juste pour la forme, alors qu'il sentait le corps du sabreur contre le sien. Cette sensation était nouvelle, aussi bien pour lui que pour l'autre, ils n'avaient pas l'habitude d'avoir des gestes tendres, mais peut être que juste cette fois-là, ils pouvaient se le permettre. Comme une sorte de confirmation qu'ils ressentaient bien la même chose l'un pour l'autre. Ils appréciaient la simplicité de la situation et un silence confortable s'étendit entre eux, puis Zoro bougea légèrement, se détendant davantage, il s'autorisa à fermer les yeux pour poser son front contre celui de Sanji, un sourire aux lèvres. Bien content d'avoir fini par se relâcher au final. Son action réveilla un peu la douleur que le blond avait toujours dans cette zone, la faute à ses réflexions plus tôt dans la journée. Bien qu'il trouvait l'attention plutôt adorable. Oui oui « adorable » il venait d'associer ce mot à l'algue… qui remarqua d'ailleurs la rougeur de l'endroit
- t'as fait quoi à ton front ?
- je me suis tapé la tête contre un mur
Il se tut un instant, le temps d'assimiler l'information, avant qu'il ne rajoute avec une tête blasée
- t'es idiot ou bien ?
Pour une fois, il n'y avait aucune agressivité dans sa voix, ses bras serraient toujours Sanji contre lui, sans trop forcer. Il avait cependant un peu reculé sa tête, pour ne pas lui faire mal, même s'il était l'un des premiers à savoir que le Cook n'était pas en sucre. d'ailleurs, il répondit avec un air neutre similaire,
- si j'en crois les évènements récents, on est tous les deux des idiots
- pas faux…
Il lui concéda cela après un instant de réflexion, alors qu'il le regardait avec un certain amusement. Ses pupilles descendirent un peu par hasard jusqu'à ces lèvres, et il fut pris de l'envie de s'en emparer. Le premier n'était pas assez satisfaisant, il en voulait un autre, qui ne soit pas plein de colère, il voulait juste recommencer… au moins une fois.
- tu attends une invitation tête de cactus ?
Le regard de Sanji s'était chargé de défi, oui, il le mettait au défi de lui voler ce baiser, il l'attendait même. Lui aussi avait envie de réitérer l'expérience, mais il n'allait certes pas lui laisser mener les choses, il lui accordait juste l'initiative de celui-là. Zoro ne se fit pas prier, et se dépêcha de combler la distance entre eux, joignant à nouveau ses lèvres aux siennes, plus délicatement. On ne sentait aucune envie de « posséder » l'autre, c'était juste un test, ils découvraient tous deux ces sensations, exploraient ce territoire, cette proximité, et ils aimaient ça. Les bras du blond remontèrent légèrement, passant autour du cou du sabreur. Il perdit une main dans ses cheveux en bataille, le pressant davantage contre lui, comme pour l'empêcher de s'éloigner. Ce qui n'était pas dans ses projets.
Bientôt, cette curiosité presque enfantine se mua en une envie plus profonde, les sentiments éclatèrent au fond de leurs ventres alors qu'ils accentuaient l'intensité du baiser, y allant plus à l'instinct qu'autre chose. Leurs yeux fermés leur permettaient de se concentrer pleinement sur la chaleur de leur peau, pressée l'une contre l'autre. Sur les sensations de leurs lèvres qui dansaient ensemble, puis finalement, ils mêlèrent leurs langues pour explorer encore un territoire inconnu, qui avait pris l'initiative ? Était-ce important ? En tout cas, tout ce qu'ils avaient contenu jusqu'à maintenant était en train d'exploser, de les envahir, le monde autour avait disparu. Il n'y avait plus qu'eux deux, plus que l'autre. Et aussi plus que cette envie, ce besoin animal d'en vouloir plus. Ils s'étaient trop retenus, ils avaient tous deux besoin de ça. La main du sabreur se glissa sous le haut du cuistot, pour effleurer sa peau sans intermédiaire et remonter un peu sa chemise alors que de son côté, il faisait la même chose avec l'habit de Zoro. Ils étaient trop occupés pour remarquer une oreille sur le mur non loin d'eux, qui disparut dans quelques pétales de fleur rose.
Ailleurs sur le bateau, dans une pièce éclairée seulement par une bougie au centre de celle-ci. Les autres membres de l'équipage étaient réunis en cercle autour d'elle, la mine sérieuse, ils fixaient tous Robin avec un air grave. Enfin, presque tous, Chopper semblait rougir sous sa fourrure et Luffy ne savait pas bien ce qu'il se passait, mais trouvais cela amusant. En tout cas, la jeune femme avait les bras croisés sur la poitrine, et les yeux fermés. Quand elle les rouvrit, chacun eut un léger mouvement en avant. S'exclamant tous ensemble.
- alors !?
Elle eut un léger sourire et répondit calmement, peut-être aussi avec une pointe de satisfaction
- ils se sont embrassés
Tout le monde sembla s'agiter en même temps, alors qu'Usopp se levait, un air sérieux au visage, il se mit à marcher autour du cercle formé par l'équipage, proclamant d'une voix solennelle
- bien, d'après les termes du pari, ceux qui pensaient que rien ne se produirait du tout, et ceux qui penchaient pour un temps d'adaptation plus long sont disqualifiés !
Presque tous les membres de l'équipage poussèrent un petit cri de déception, un peu contrariés de s'être trompés, alors que le juge continuait sur sa lancée
- et ceux qui pensaient l'inverse, MAIS qui penchaient pour un rapport physique sont aussi disqualifiés. Il se racla la gorge. Par conséquent… Nami, qui avait précisé qu'ils ne feraient rien de ce genre en plus d'avoir bien estimé la durée de leurs rapprochements… est la gagnante ce soir ! Félicitation !
La dernière en lice semblait rayonnée, des Berry plein les yeux, elle se leva tout en exigeant qu'on lui donne la récompense immédiatement. Qui s'élevait a une petite vingtaine de pièces, les économies de chacun, sans compter le budget réservé pour l'équipage au complet. Au moment ou elle les récolta, Robin leva un doigt pour attirer l'attention en même temps que de pointer le plafond et ajouta
- attendez…
Le silence se fit à nouveau, ce qui permit aux autres de percevoir un petit gémissement étouffé, venant sans nul doute de la cuisine, suivit d'une chaise qui tombait au sol, elle sourit
- j'ai gagné.
Elle avait effectivement parié qu'ils feraient ce genre de chose, Nami fit une moue sceptique et répliqua
- ce n'est pas assez évocateur…
Elle n'allait pas céder sa victoire si facilement, encore moins sa récompense. Alors que tout le monde commençait à débattre si cela était suffisant ou pas, ils finirent par se taire en écoutant encore une fois. Il faut dire que dans une embarcation comme celle-là, l'isolation sonore n'était pas la meilleure, si bien qu'ils entendirent vite un autre gémissement, suivit d'un cri, qui cette fois ne laissait pas de place au doute. Nami s'écroula immédiatement au sol en pleurant, poussant d'un air dramatique la petite bourse qui contenait ses gains vers Robin, puis tapa successivement son poing sur le plancher, tout en râlant. Ce qui déclencha un fou rire général
- gnnnn… naaaaan… pourquoi ils ne se sont pas retenu ces idiots, regarde pour vérifié ! Je veux une preuve visuelle…
Quand Robin fit un non de la tête, ne tenant pas spécialement à observer ce genre de chose, la navigatrice se leva, bien décidée à aller voir dans la cuisine, mais fut retenue par les autres, qui riaient toujours quant à sa réaction. Au final, ils étaient tous contents pour ces deux-là, même s'ils allaient devoir leur dire d'éviter ce genre de chose dans la cuisine, ils tenaient quand même à leurs nuits de sommeil.
~ FIN~
Voilaaa, j'espère que ce petit OS vous aura plu ^^ en tout cas moi, j'ai adoré l'écrire.
J'espère aussi que les fautes d'orthographe ne vous aurons pas trop agressé, je fait de mon mieux '^'
Enfin bon, n'hésitez pas a me dire ce que vous en avez pensé ^^ j'ai encore pas mal de chose a apprendre dans se milieu XD
Merci a ceux qui aurons lu jusqu'au bout
/Hug pour la peine/
Et au plaisir de lire vos Review
Disparait dans un écran de fumée
