Cette fois-ci, Lily ne lâcha pas son fils une seule seconde sur le chemin qui menait au glacier de « Florian Fortarôme ». Pas question de le perdre de vue encore une fois. Aussi, fréquemment, elle se tournait vers lui, histoire de se rassurer. Il était bien là, les yeux pétillants, regardant tout ce qui se trouvait autour de lui.

Son escapade n'avait pas eut l'air de l'avoir dérangé plus que ça. Au contraire même, il en était ressortit plus « vivant » que jamais. On aurait presque dit qu'il était heureux d'avoir sûrement vu des horreurs dans les magasins.

Ou plutôt dans les vitrines puisque, d'après Bellatrix, les deux enfants n'avaient pas eut le temps d'entrer dans une des boutiques.

Elle en devait une bonne à la sorcière noire d'ailleurs. Qui sait ce qui aurait pu leur arriver si elle n'avait pas été là ? Lily eut un frisson.

Enfin, ils arrivèrent à destination. James était déjà là, installé à une table pour quatre. La mère et le fils s'installèrent. L'homme leur sourit.

-Alors « Fleury et Bott » ? Demanda-t-il.

-Disons que Harry n'a pas pu en profiter puis qu'avec sa nouvelle amie ils ont décidé de faire un tour à l'Allée des Embrumes pendant ses parents et moi avions le dos tourné, fit Lily.

On pu voir distinctement le sourire faner chez James. Il se tourna vers son fils.

-Qu'est ce qu'il t'est passé pas la tête fiston ?

Il n'y avait aucune menace dans sa voix, ni colère d'ailleurs, juste de la surprise et de l'angoisse. Le petit eut tout de même la décence de baisser les yeux.

-Hermione a parlé de l'Allée des Embrumes, elle n'y était jamais allée, on voulait tous les deux voir à quoi ça ressemblait.

Il y eut un petit silence.

-C'est Bellatrix qui nous les a ramené, ils n'ont pas eut le temps d'entrer dans une boutique, dit Lily.

-Merlin soit loué, marmonna James.

Il regarda sa femme, il joignit tout de suite leurs mains. Elle avait les larmes aux yeux.

-J'ai eu tellement peur, dit-elle.

Voyant sa mère dans cet état, Harry fit la première chose qui lui vint en tête, descendre de sa chaise, la prendre dans ses bras et s'excuser.

-Pardon maman.

Lily garda une main dans celles de son mari et, de son autre bras, serra fort son fils.

-Ne me fais plus jamais ça, Harry, d'accord ? Demanda-t-elle et lui relevant le menton.

Le petit ne dit rien mais hocha la tête.

-Maintenant que tu sais à quoi ressemble l'Allée, tu as encore envie d'y mettre les pieds ? Demanda James à son fils.

Harry baissa les yeux. Il ne voulait pas mentir à son père, mais il ne voulait pas non plus le mettre en colère qu'il s'inquiète. Alors il mentit.

-Non papa, ça faisait peur là-bas, ajouta-t-il.

-Un peu plus de conviction ne ferait pas de mal jeune homme, rigola son père.

Lily, les yeux embués de larmes, ne pu s'empêcher de lâcher un petit rire au commentaire de son mari. Ce dernier reprit son sérieux.

-Ta mère a cependant raison, tu ne dois jamais partir seul comme tu l'as fait. C'était très dangereux, il aurait pu t'arriver n'importe quoi.

-D'accord, je vous demanderai avant la prochaine fois, promit-il.

Lily pouffa.

-Oui, c'est le minimum à faire mon trésor.

Harry lui fit un grand sourire, heureux que sa mère ait séché ses larmes.

Sous terre, loin de la foule du chemin de traverse, Bellatrix expliquait ce qu'il venait de se passer à son maître.

-Il a fait connaissance de la petite Granger, maître, dit-elle.

-Je sais que cela ne te plaît pas qu'il soit ami avec une née-moldu, mais il était impératif que cela se passe, Bella.

La mangemort soupira.

-Après toutes ces années, je n'ai toujours pas compris pourquoi il s'attachait si facilement à ces êtres.

Voldemort sourit.

-Il s'est bien attaché à nous il me semble et puis, il vient d'une famille de la lumière. Ça ne me choque donc pas.

La discussion était close. Bellatrix le comprit et s'en alla.

Les jours passèrent. James et Lily, qui n'avaient pas vu leurs amis Arthur et Molly depuis plusieurs années, décidèrent de les inviter chez eux. Les Weasley arrivèrent avec leur dernier fils, Ronald, aussi appelé Ron. Ils avaient laissé leurs autres enfants au Terrier, faisant confiance aux aînés pour s'occuper des plus jeunes.

Ce fut ainsi qu'Harry se fit un nouvel ami. Ils passèrent l'après-midi à faire connaissance, à jouer ensemble.

Au bout d'un moment, Ron lui parla d'un endroit nommé « Poudlard ». Le rouquin fut atterré d'apprendre qu'Harry ne connaissait rien au lieu.

-C'est là où on va apprendre à faire de la magie bien sûr ! S'exclama Ron, c'est l'école où tous les sorciers de Grande-Bretagne vont !

-Quoi ? Ce ne sont pas nos parents qui nous apprennent à en faire ?

Ronald le regarda bizarrement.

-Non, enfin, je veut dire, comment veux-tu apprendre à en faire sans baguette ?

-Mais j'en fait déjà sans baguette ! Dit Harry, un peu sur la défensive.

Combien de fois avait-il vu ses parents se servir du « bâton » ? Il ne lui était pourtant pas venu à l'esprit que ça lui servirait un jour, lui qui faisait de la magie sans.

-Hein ? Sans baguette ? Mais comment tu fais ? Demanda Ron impressionné.

-Comme ça : Accio !

D'un coup, la salière qui était sur la table du jardin dans lequel ils étaient, arriva dans sa main tendue.

Le roux le regardait lui, puis la salière les yeux ronds. Harry fut plutôt fier de lui.

-Mes parents m'ont dit que j'avais beaucoup de magie et qu'il fallait la contrôler. Un jour, je me suis retrouvé à côté de Voldemort pendant un de ses discours et du coup ils m'entraînent pour que je la maîtrise.

-Ouah ! S'exclama Ron. Tu as réussi à te retrouver dans un autre endroit ? C'est géant ! Je sais que mon grand-frère Bill a apprit à le faire à Poudlard l'année dernière en sixième année. T'es super fort !

Harry allait le remercier quand Ron reprit la parole :

-Mais, tu as parlé de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom ? Pourquoi tu l'appelles comme ça par son nom ? C'est interdit pourtant.

-Oh, il m'en a donné l'autorisation quand je suis apparu à côté de lui, dit simplement le brun. Il est super sympa tu sais ? Bellatrix et Rodolphus aussi.

Ron le regarda bizarrement une nouvelle fois.

-Mais mes parents m'ont toujours dit que c'était des méchants.

-Oui, les miens aussi, mais ils ont été gentils avec moi.

Ronald sembla réfléchir.

-Et ça se passe comment à Poudlard ? Demanda Harry, avide de savoir.

-Il y a quatre maisons. Je ne sais pas comment on est distribué dans chacune mais je sais qu'il y a Serpentard, Poufsouffle, Serdaigle et Gryffondor. Je crois que le seigneur des Ténèbres est allé à Serpentard et il est très puissant, j'aimerai bien aller dans cette maison moi aussi.

Il avait marmonné la dernière partie de la phrase.

-Mes frères, continua-t-il, sont tous les deux préfets, c'est à dire qu'ils veillent au maintient de l'ordre dans leur maison. C'est un grand honneur d'être préfet tu sais ? On est choisit par la directrice elle-même.

-Et tes frères sont où ?

-Bill, le premier, est à Serdaigle et le deuxième est à Gryffondor. Mon troisième frère, Percy, est à Serpentard.

-Tu as combien de frères et sœurs ?

-J'ai cinq frères, parmi ceux que je ne t'ai pas dit, il reste Fred et George, des jumeaux. J'ai aussi une petite sœur, Ginny.

Harry était estomaqué, lui qui était fils unique ne savait pas s'il devait être envieux de ne pas avoir une aussi grande fratrie, ou reconnaissant auprès de ses parents de s'être « arrêté » à lui. Ron continua.

-Mes parents m'ont toujours dit que je ferai mieux d'être à Serpentard car ça ne m'attira pas d'ennuis.

Harry allait demander pourquoi quand Lily arriva près d'eux.

-Tes parents vont rentrer, Ron, dit-elle.

Ledit Ron regarda le ciel, il faisait déjà sombre aucun des deux enfants n'avait vu le temps passer.

-D'accord ! Salut Harry, on s'écrira hein ?

-Promis, dit le brun.

Après que les Weasley soient partit, au moment du dîner, Harry demanda à ses parents pourquoi ils ne lui avait jamais parlé de Poudlard. Lily et James s'entre regardèrent. James répondit :

-Parce que nous ne voulions pas que tu te tracasses à savoir dans quelle maison tu vas aller, Harry.

-Ron m'a dit qu'il faudrait mieux aller dans celle qui s'appelle Serpentard, fit leur fils.

-Il n'y a pas de meilleure maison, il faut déjà que tu le saches, dit Lily. Serpentard est la maison d'où viennent la plupart de ceux qui suivaient Tu-sais-qui depuis le début. Il est connu qu'il vient de cette maison, beaucoup sont ceux qui veulent marcher sur ses pas.

Harry hocha la tête en signe de compréhension.

Le petit homme écrivit régulièrement à ses deux amis et ce ne fut pas rare qu'ils se donnèrent rendez-vous chez l'un ou chez l'autre. Un jour, il les invita tous les deux en même temps. Ron et Hermione purent ainsi faire connaissance, ils devinrent, à partir de ce moment, un trio.

Harry se faisait toujours entraîner par ses parents, son parrain et Remus pour qu'il contrôle un maximum sa magie.

Il n'était pas rare que le fils de Lily et James regarde au fond du jardin ou derrière lui quand il était dans la rue pour voir si Bellatrix n'était pas dans les parages. Mais jamais elle ne réapparu.

La femme l'observait de loin, faisant ses comptes rendus à son maître régulièrement.

Les années passèrent et les onze ans des trois enfants arrivèrent bien vite, au grand soulagement des parents qui n'arrivaient plus à les canaliser.

Sur le quai de la voie 9 ¾, James, Lily, Molly, Arthur et les parents d'Hermione eurent à peine de le temps de leur dire « au-revoir » que les gamins étaient déjà dans leur compartiment, s'inventant une vie au château de Poudlard, déblatérant sur la maison dans laquelle ils allaient aller.

Le trajet fut long. Il faisait nuit lorsqu'ils arrivèrent à Pré-au-Lard, ce fut un certain Rubeus Hagrid qui les accompagna en barque sur ce qu'il appela le « Lac noir ».

-Et là vous pouvez apercevoir un tentacule du Calamar géant, fit Hagrid en montrant du doigt quelque chose qui dépassait de la pellicule d'eau.

Là il y eut plusieurs réactions. Certains eurent peur, d'autres se montrèrent curieux et d'autres s'en fichèrent royalement.

Un blond accompagné de deux autres garçons bruns ressemblant à des gardes du corps miniatures firent partit de la troisième catégorie.

Harry, qui était dans la barque juste à côté avec Ron et Hermione entendit distinctement le blond, qui semblait être le chef, pouffer de rire face à la joie d'Hagrid. Les deux autres suivirent le mouvement, imitant celui qui s'était présenté comme étant le gardien des clés et des lieux à Poudlard.

Le petit brun à lunettes regarda ses deux amis qui avaient, tout comme lui, tout entendu.

-Je ne les aimes pas eux, fit Ron d'une petite voix.

-Moi non plus, dit Hermione. Je sens qu'ils vont nous embêter pendant les prochaines années.

-Pourquoi tu dis ça, Mione ? Demanda Harry.

Ladite « Mione » se pinça les lèvres.

-C'est l'héritier de la famille Malfoy, le blond. Les deux autres cependant je ne sais pas, mais puisqu'il traîne avec eux, je suppose qu'ils doivent faire partit de familles de sang-purs, expliqua-t-elle simplement.

Harry et Ron se regardèrent ahuris, puis le roux baissa la tête sous le regard interrogateur du brun et triste d'Hermione.

-Quesqu-, commença Harry.

-Je vois ce qu'elle veut dire, fit le roux. Je sais que mes parents essaient de me cacher que quelque chose ne va pas avec notre nom. On ne va pas souvent à l'extérieur du Terrier et, si c'est le cas, c'est quand il y a le moins de monde. Et à chaque fois on est regardé de travers, comme si on était différent d'eux.

Le brun ne su quoi dire. Jamais on ne l'avait regardé de la sorte lorsqu'il allait au Chemin de Traverse avec ses parents. Mais la jeune fille hocha la tête, compréhensive.

-J'ai été adoptée par une famille de sorciers de classe moyenne, mais à tous les coups ils vont savoir que je suis une née-moldu.

-Je ne les laisseraient pas faire, dit Harry. Et vous deux non plus vous laisserez pas marcher sur les pieds. Vous promettez ?

Silencieusement, les deux autres se regardèrent puis hochèrent la tête, un petit sourire aux coins des lèvres.

C'est là qu'ils virent Poudlard. Trop absorbés par leur conversation, ils n'avaient pas pris le temps d'observer autour d'eux.

La petite troupe de première année ainsi qu'Hagrid, trottinèrent dans les escaliers pour arriver jusqu'en haut des marches tout essoufflés. Là bas, un homme tout de noir vêtu se tenait debout, les bras croisés, le visage impénétrable. Il n'était pas beau et ne semblait pas vraiment prendre soin de lui, de son apparence et encore moins de ses cheveux qui avaient l'air d'être très gras de là où était le trio.

-Bonsoir à tous, commença-t-il d'une voix grave. Bienvenu à Poudlard. Je suis le professeur Snape, je vous enseignerai l'art noble qu'est la potion pendant vos 7 années d'études. Lorsque vous entrerez dans la Grande Salle derrière-moi, vous allez être répartit dans une des quatre maisons de l'école : Serpentard, Poufsouffle, Serdaigle et Gryffondor.

Harry ne pu s'empêcher de remarquer le regard féroce que lui envoya l'homme à la mention de la quatrième maison et le ricanement fière du blond derrière lui lorsque le mot « Serpentard » sortit de la bouche du professeur.

Quand ce dernier leur tourna le dos pour marcher vers les grandes portes derrière lui, le petit brun à lunettes chuchota à ses deux amis :

-Je ne veux plus aller à Serpentard.

-Vous aussi vous avez entendu Malfoy ? Demanda le roux sur le même ton.

-Oui, répondirent Harry et Hermione.

C'est avec cette idée en tête que le trio suivit l'adulte dans la Grande Salle.