Et second round ! Ce défi met en scène Newton à nouveau puisqu'il s'agit du héros de mon recueil (on l'avait pas deviné)... On change de lieu et une nouvelle créature apparaît (une de mes préférées, je l'avoue). J'espère que la lecture vous plaira autant que j'ai aimé l'écrire, d'autant plus que les consignes n'étaient pas simples... Mais je pense m'en être sortie avec les honneurs ! Merci à Margaux, ma bêta, pour la correction ! Réponse aux reviews en bas ! Bisouuus ~
Consignes : Rajouter « le son de la pluie » et le mot « Pétrichor »
Thèmes : "Faim", "Dégoûtant", "Le mur s'effondre", "Passé/futur"
Défi 6 : Le mur s'effondre (Newton Scamander)
Newton courait sous la pluie battante, slalomant entre les flaques et les automobiles. Le ciel était sombre et menaçait à tout instant d'abattre la colère divine sous forme d'éclairs lumineux. Et Newt n'aimait guère l'orage, effrayant pour ses petites créatures logées à l'abri dans sa valise en cuir. Les nuages noirs roulaient dans le firmament, s'assombrissant plus encore à l'approche de la nuit. Le mage pouvait sentir l'eau lui glacer les os, coulant le long de sa colonne vertébrale, sa valise posée sur sa tête ne le protégeant aucunement. Ses vêtements lui collaient à la peau et son long manteau bleu lui semblait plus lourd qu'à l'accoutumée, gorgé d'eau. Il aurait été intelligent d'utiliser sa baguette magique pour se protéger des gouttes vengeresses, mais il avait été trop occupé à réfléchir à son prochain voyage, la tête dans les nuages. Et lorsque le magizoologiste avait pris conscience du son de la pluie tambourinant autour de lui, il était déjà trempé.
Un sursaut lui échappa brusquement lorsqu'un bruit de klaxon l'extirpa de ses pensées. Il s'écarta violemment lorsqu'une voiture moldue fit une embardée pour l'éviter. A vue d'œil, le modèle semblait être un double phaëton type AB2, importé à Londres depuis la France s'il se souvenait bien. Les moldus comptaient toujours sur les piétons pour se pousser et éviter tout accident… Il espérait qu'un jour une législation particulière permettrait d'éviter ce genre d'incident. Et il faut dire qu'avec ses habitudes de tête en l'air en pleine réflexion, Newt s'étonnait presque de ne pas avoir encore été renversé.
Après quelques mètres, le sorcier arriva enfin au lieu qu'il convoitait au 1, rue du chemin de Traverse : le Chaudron Baveur. Pub pour sorciers, ce dernier était coincé entre une boutique de disques et une vieille librairie sur Charring Cross Road, au cœur de la capitale londonienne. Avant d'entrer, le mage jeta un coup d'œil par-dessus son épaule, l'une de ses mains agrippée sur sa baguette effectuant un mouvement préventif, l'autre accrochée à sa valise en cuir marron. Bien. Personne. Le mage ne se fit pas prier pour pousser la porte à l'aspect crasseux pour pénétrer dans le pub et ainsi se mettre à l'abri de la pluie battante.
Il s'agissait du plus vieux pub des rues de Londres, créé dans les années 1500. Fut un temps où il accueillait aussi bien les sorciers que les moldus. Peu de ces derniers se risquaient en ces lieux défiant leur imagination. Certains en seraient, si l'on en croit les rumeurs, devenus fous, incapables de supporter ce qu'ils y voyaient. Mais depuis que la loi concernant la protection du peuple magique, appelée « Code International du Secret Magique », avait été votée, nul moldu n'était autorisé à pénétrer en ces lieux. Et la magie de ces derniers les en empêchaient en donnant d'extérieur un aspect miteux au bar, rendant ainsi le pub exclusif aux sorciers et sorcières de ce monde. Il aurait donc été étrange d'apercevoir un moldu ici, d'autant plus avec le sort en activité permettant de dérouter les humains normaux : Repello Moldum. Ce dernier s'activait à l'approche d'un non-sorcier, l'incitant à penser à une autre destination, un autre but, le forçant ainsi à s'éloigner des lieux dans les plus brefs délais. Et c'était probablement pour le mieux, si Newton y songeait. Après tout, le Chaudron Baveur servait de pont entre Charring Cross Road, côté moldu, et le Chemin de Traverse. Une arrière-cour pourvue d'un mur magique permettait de se rendre au Chemin de Traverse. Il aurait été problématique pour des moldus de s'y perdre.
S'approchant du cœur même du pub, le Poufsouffle utilisa le sort de sécheresse pour retrouver un semblant de confort dans ses vêtements et afin de ne pas attraper la mort. Il se sentit tout de suite beaucoup plus léger. Son regard vert d'eau balaya l'assemblée, s'arrêtant à chaque fois quelques brèves secondes sur les personnes présentes. Quelques sorciers aux rires gras jouaient aux cartes. Un autre semblait endormi, calé contre le piano jouant de façon autonome une mélodie assez lente. Une serveuse esquivait tant bien que mal les blagues grivoises et gestes déplacés de ses congénères. Les tables étaient bien remplies et de ce que le magizoologiste pouvait en deviner, il n'y avait pas seulement là des sorciers et sorcières, comme en attestaient certaines tailles et oreilles pointues. Conscient que son étude poussée des personnes présentes lui attirerait des ennuis au moindre regard de travers, le mage se replia aussitôt vers le bar. Il dut pour cela slalomer entre les tables, éviter les croche-pieds malencontreux et les bousculades intempestives. Le bruit de la musique était couvert par les rires et les cris, mais le jeune homme ne s'en formalisa guère. Au moins passait-il inaperçu malgré la couleur criarde de son pardessus. Le britannique se trouva une place au bar, dans un coin un peu plus reculé, et s'assit sur un tabouret haut après avoir posé sa valise à ses pieds. Par habitude, Newton se mit à jeter de fréquents coups d'œil à cette dernière, de sorte à la surveiller étroitement. Il fut tiré de sa réflexion par le barman, un certain Tom. C'était un étrange bipède tordu et bossu, le crâne chauve et au sourire édenté. Drôle d'homme. Si le mage avait dû comparer la tête du sorcier à quelque chose, cela aurait probablement été une noix scintillant à la lumière crasseuse des quelques lustres de la vaste pièce à arcades.
- Qu'est-ce que ce triste sire prendra ?
La voix traînante et légèrement interrogative du barman tira un frisson mal contenu à Newt. L'homme semblait le jauger, moqueur, son regard chafouin détaillant son interlocuteur sans gêne. Ou peut-être était-ce son imagination.
- Un... Un jus de citrouille, commanda-t-il du bout des lèvres, peu à l'aise. S'il-vous-plaît.
Le tavernier haussa un sourcil dégarni avant de retourner vaquer à ses préparations. Newton n'aimait guère les regards insistants dans sa direction, aussi fut-il ravi lorsque Tom s'éloigna. En sentant le col de son manteau bouger, le sorcier porta alors son attention sur la petite créature dissimulée aux regards de tous.
- Pickett... chuchota-t-il d'une voix presque inaudible. Cache-toi. Quelqu'un de malintentionné pourrait te voir...! Oui, je sais, tu as envie de sortir... Oui, c'est promis, je te donnerai du jus de citrouille... Non... Non, seulement si tu te caches, insista-t-il face à la persistance de la petite créature faite d'écorce et de brindilles qui sortait la tête de sa cachette par intermittence.
Le petit botruc finit par abdiquer face aux promesses de festin du mage puisqu'il se glissa dans la poche intérieure de son long manteau azur. Son regard se perdant dans le vide, Newton porta à ses lèvres sa boisson et en prit une gorgée. A peine eut-il reposé son verre sur le bar qu'un sorcier se postait à ses côtés. Le magizoologiste eut un très bref mouvement de recul, ses yeux se vrillant sur l'air étrange de son vis-à-vis ; un homme émacié, à la chevelure courte et grisonnante, une expression peu avenante déformant son visage.
- Combien ? lui demanda-t-il de but en blanc.
Un air effaré se peignit sur le visage saupoudré de tâches de rousseur du mage.
- Combien quoi ? s'enquit-il sans comprendre.
- Votre bestiole là.
Un coup de menton du vieux sorcier en direction de son manteau arracha un frisson désagréable au rouquin.
- Je ne vois pas de quoi vous parlez, déclara-t-il d'une voix un peu plus forte, même si son air bravache n'était que poudre aux yeux à cet instant.
Ciel, qu'il détestait les conflits...
- Joue pas à ça avec moi freluquet.
L'individu se pencha dans sa direction, si bien que Newton eut le loisir d'apprécier l'odeur aillée de l'haleine de l'homme.
- J't'ai demandé gentiment, mais on peut aussi le faire moins gentiment.
Le Poufsouffle sentit alors la baguette du sorcier pointée dans ses côtes. Diantre ! Quel imbécile de ne pas avoir surveillé les mains de son discret agresseur ! Dans ce lieu parfois sordide, selon les heures du jour ou de la nuit, personne ne semblait rien remarquer autour d'eux. Et Newt n'était pas certain d'avoir le temps de dégainer sa baguette assez rapidement pour se prémunir d'un sort fatal au vu de la distance inexistante entre le bout de la baguette pointu du vaurien et son propre corps... L'Anglais sentit Pickett s'agiter dans sa poche intérieure sans pouvoir l'enjoindre à y rester. Aussi la petite créature décida-t-elle de pointer le bout de son nez, ses feuilles oscillant de gauche à droite à chaque déplacement effectué. La gorge sèche, aussi immobile qu'une statue, le magizoologiste observa le regard du vil sorcier s'emplir d'avarice face au petit végétal se dévoilant. Botruc qui n'était par ailleurs pas satisfait de voir son mage en si mauvaise posture. Mais que pouvait-il y faire ? S'attaquer à cet homme malveillant pour protéger Newton ?
La suite se passa très vite. Newton eut à peine le temps de comprendre ce qu'il se passait et Pickett de se dissimuler à nouveau qu'une personne se glissait entre le jeune homme et son agresseur. Alors qu'elle semblait trébucher, d'un coup de talon, la personne tapa dans le bas du tabouret soutenant le gredin à la mine patibulaire. Ce dernier, désarçonné, tomba de son siège et vint cogner son menton sur le bord du bar avant de s'échouer sur le sol dans un fracas assourdissant. Newton crut même voir une dent voler par dessus le comptoir et disparaître derrière ce dernier. Dans la salle, le silence se fit et les regards convergèrent dans leur direction avant qu'un rire ne secoue l'assemblée. Puis chacun retourna vaquer à ses occupations sans plus se préoccuper du pauvre bougre qu'ils devaient juger alcoolisé. Newt n'esquissa pas un geste, trop abasourdi par la tournure que prenaient les événements. L'homme n'eut pas le temps de se relever que le sauveur de l'ancien étudiant de Poudlard se tournait en direction du vaurien.
- Seigneur… Quelle maladresse...
Newton tiqua. Cette intonation lui semblait étrangement familière… Le mage n'entendit pas ce qui fut dit de plus à son agresseur car la voix était devenue un chuchotement couvert par les rires et les cris emplissant le pub. Mais la moue apeurée du gredin, contrastant avec son apparence peu agréable, confirma au sorcier que son sauveur n'avait pas dû être des plus délicats. Il semblerait que la bienséance et les bonnes manières consistant à venir en aide à son prochain existaient toujours ! Dans un sens, dira-t-on. L'homme fila en titubant sans demander son reste. Descendant à bas de son tabouret pour remercier l'intervenant dans cette altercation, Newton suspendit son geste lorsque l'individu fit volte-face avec une grâce tout sauf masculine.
- Vous... ?
Un petit rire rauque lui parvint aux oreilles tandis qu'il détaillait le visage de l'inconnue de la bijouterie, rencontrée il y a de cela quelques semaines tout au plus. Celle-là même qui avait nettoyé les bêtises du niffleur et qui venait de lui rendre un sacré service. Même expression un tantinet inquisitrice, bouche colorée de pourpre, regard clairvoyant et coiffure à la mise en pli impeccable. Mais de jade, la couleur des cheveux de la jeune femme était passée à prune. Pas que cela ait quelque chose de choquant, mais de dos, le magizoologiste ne l'aurait pas reconnue, à juste titre. Sa tenue différait de ce qu'il avait aperçu à leur première rencontre. Si l'inconnue ne portait pas le chapeau féminin en forme de cloche qui serait probablement très à la mode dans les années à venir, la tenue quant à elle restait très en vogue, quoi que légèrement en avance sur son temps, témoin de l'avènement de nouvelles conditions pour les femmes. Les jupes ne se portant pas très courtes à cette époque, Newt eut malgré tout le loisir d'observer du coin de l'œil les jambes de son interlocutrice dont le tailleur crème se terminait juste au dessus du genou. Une simple chemise - un peu transparente si l'on en jugeait les convenances puisqu'elle laissait apparaître des dessous qui n'auraient pas manqué de faire rougir le sorcier s'il s'y était attardé - complétait la tenue, son long manteau noir en col de fourrure épousant chacun de ses mouvements un peu trop soignés pour être naturels. De petites bottines en cuir confortables à talons seyaient ses pieds pour compléter l'ensemble. L'attitude de la femme semblait toute étudiée, comme si le simple mouvement d'une mèche de cheveux, de doigts que l'on triture, de talon que l'on frappe en rythme sur le sol était fait pour attirer le regard. Tout était calculé. Pas de surplus. Pas de geste inutile. Tout était mesuré.
Hypnotique. C'était le mot que le mage avait employé la dernière fois. Et Newton ne pouvait s'enlever de la tête l'idée que cette étrange attraction que paraissait exercer son interlocutrice n'était pas naturelle. Il suffisait de voir les quelques regards énamourés des sorciers les plus proches. Newt ressentait comme un besoin de lutter, de se méfier... Sans en comprendre la réelle raison.
Le claquement de doigts de la lady interpelant le barman le ramena à la réalité.
- Une bièraubeurre brave homme, lui intima-t-elle d'un léger sourire avenant en faisant tinter sur le comptoir quelques mornilles alors que Newt regagnait sa place.
Le tavernier mit quelques secondes à réagir, comme s'il se souvenait soudainement qu'il lui fallait respirer. Délaissant les autres commandes, il fit passer celle de l'inconnue en premier. Le sorcier, quant à lui, ne pipait mot, observant, caché derrière sa mèche, cette étrange quoi que charmante jeune femme. Celle-ci porta la chope à ses lèvres sans se soucier du fait que de la mousse se logeait au dessus de sa lèvre inférieure. Lorsqu'elle reposa le contenant, ce fut pour poser son fessier sur un tabouret et reporter son attention sur Newton.
- Il semblerait que les coïncidences nous font nous rencontrer à nouveau, engagea-t-elle la conversation d'un air trop innocent pour ne pas être suspect.
Etait-il réellement obligé de trouver tout le monde suspect ?
- Vous croyez aux coïncidences ? questionna-t-il du bout des lèvres.
Le sourire qui lui fut adressé lui fit songer que sa réplique ressemblait beaucoup trop à l'une de ces phrases de Dom Juan en plein conquête du cœur promis, mais la demoiselle ne sembla pas s'en formaliser puisqu'elle poursuivit sans répondre à sa précédente question.
- Je vois que vous avez la parfaite panoplie du voleur expérimenté, Monsieur Scamander, souffla-t-elle d'un air taquin mal contenu, son menton se déplaçant pour indiquer la valise aux pieds du sorcier et la tête de Pickett qui s'était vraisemblablement décidée à pointer à nouveau l'extrémité de son feuillage. Un botruc et un moufeur... Je suppose que v...
- Niffleur. Ni moufette, ni mouffeur, c'est un niffleur. Ca ressemble pour les moldus à un mélange entre une taupe et un ornithorynque. Il a une poche ventrale comme les marsupiaux qui lui permet d'amasser des butins de tous genres et de toutes tailles, expliqua-t-il avec une passion non feinte en songeant que son interlocutrice était beaucoup plus bavarde que la précédente fois.
Peut-être la situation s'y prêtait-elle plus par ailleurs. Un bref silence marqua son coup d'éclat, si bien que l'embarras s'empara du magizoologiste sans tarder.
- Et j... Je suis navré, je vous ai coupée la parole, s'horrifia-t-il, son regard devenant fuyant tandis qu'il serrait entre ses mains son jus de citrouille à peine entamé, sa bouche tordue en une petite moue contrite.
Un petit rire discret qu'il entendit à peine à cause du brouhaha ambiant accueillit sa tirade.
- Je me permettais de plaisanter Monsieur Scamander, j'avais déjà parfaitement assimilé la dernière fois le fait qu'il s'agissait d'un niffleur. Il est juste amusant de voir cette étincelle illuminer vos iris lorsque vous parlez de créatures, badina-t-elle, son index esquissant un mouvement circulaire au dessus de sa chope ce qui faisait bouger la mousse de sa bière pour y dessiner magiquement des arabesques sans aucun sens.
Son sourire de requin à la fois dangereux et taquin ne rassurait guère le sorcier. Quel toupet de se jouer ainsi de lui sans même le connaître... !
- Êtes-vous en train de vous moquer ? s'enquit-il en fronçant légèrement des sourcils.
L'inconnue leva un sourcil inquisiteur.
- Bien sûr que non Monsieur Scamander. Bien au contraire. J'admire votre travail. Vous êtes aussi passionnant que passionné si j'en crois votre attitude, et, si vous voulez bien me pardonner ma franchise, il est rare de croiser de nos jours des hommes de votre acabit, déclara-t-elle d'un air sincère, si bien que le mage rougit légèrement devant le compliment. Et puis...
La jeune femme se pencha sur le comptoir, sa voix devenant légèrement plus rauque à cause des chuchotements.
- Si cela avait été le cas, si j'avais réellement été en train de me moquer, qu'auriez-vous fait ?
La lueur de défi qu'il vit s'allumer dans le regard bleu-vert de son interlocutrice ne plut qu'à moitié au sorcier.
- J… Je suppose que j'aurais coupé court à cette conversation stérile.
Pirouette habile. La demoiselle resta un instant à le fixer droit dans les yeux, jusqu'à ce que le britannique ne détourne les siens.
- Je tiens à vous remercier pour m'avoir sauvé la mise tout à l'heure.
Il changea rapidement de sujet, le centrant sur ce qui lui paraissait essentiel à cet instant. Un geste ample et gracieux chassa ses remerciements.
- Vous auriez vraisemblablement fait la même chose, je n'en doute pas, éluda-t-elle en prenant une nouvelle gorgée, ses deux mains manucurées enserrant sa chope déjà presque vide.
Newton fit de même et vida d'une traite son verre… Qu'il jugea un peu crasseux en y regardant de plus prêt. Préférant oublier ce détail, il reporta son attention sur la femme.
- Cela me fait repenser… L'autre fois… Vous connaissiez mon nom.
Il était curieux de comprendre comment. Un léger haussement d'épaules et quelques battements de cils lui répondirent.
- Vous êtes reconnu de par votre travail sur les créatures magiques. C'est tout.
Suspect. Le mot clignotait en rouge dans l'esprit du sorcier.
- Vous ne me croyez pas.
Ce n'était pas là une question, la lady à la chevelure prune l'affirmait. Newton eut la décence de paraître extérieurement embarrassé par ses accusations muettes. Un soupir s'échappa d'entres les lèvres carmines.
- Je connais quelqu'un au Ministère, avoua-t-elle. De fil en aiguille j'ai entendu parler de vous et de votre remarquable travail. C'est aussi simple que cela Monsieur Scamander.
Il intégra l'information en silence. De son côté, la jeune femme porta sa main à la poche intérieure de son manteau noir, vérifiant l'heure sur une montre à gousset.
- Je suis en retard.
Elle se leva de son séant avant d'esquisser une petite révérence dans sa direction.
- Ce fut un réel plaisir Monsieur Scamander, le salua-t-elle avant qu'il ne l'interpelle, à moitié levé.
- Vous ne me l'avez pas dit… Votre nom ! précisa-t-il.
Un sourire doux lui fut adressé.
- La prochaine fois… Peut-être.
Après un clin d'œil, la charmante jeune femme lui tourna le dos et d'une démarche chaloupée, gagna la porte qu'elle franchit sans se retourner et sans se presser. Quelques regards essentiellement masculins s'étaient retournés sur son passage, comme aimantés. Newton secoua un peu trop violemment sa tête, s'attirant les petits cris indignés de Pickett qui ne supportait guère d'être ainsi secouée. Quelle étrange personne ! Elle arrivait et disparaissait tel un courant d'air, semant suspicion et confusion. Le mage haussa des épaules. Sa vie ne pouvait de toute façon pas être plus bizarre qu'elle ne l'était déjà avec son travail hors du commun. A son tour, l'homme vérifia l'heure. Il était temps pour lui de se diriger vers le Chemin de Traverse, certains magasins s'apprêtaient à ouvrir et il pourrait enfin faire les quelques emplettes pour lesquelles il était initialement venu. Une fois sa consommation non alcoolisée payée, Newton traversa la salle, puis l'arrière-salle jusqu'à accéder à la porte menant à l'extérieur du pub, mais pas du côté de la rue.
En sortant dans l'arrière-cour du bar, Newton leva sa tête pour observer le ciel. Bien que sombre à cause de la nuit naissante, les nuages menaçants semblaient l'avoir déserté. Seul persistait le pétrichor ambiant, cette agréable odeur d'humidité du sol après la pluie, seule vestige de l'averse monumentale qui avait éclatée. S'il avait voulu être tatillon sur le sujet, le Poufsouffle aurait précisé qu'il préférait cette odeur en pleine campagne ou en pleine nature, au fin fond des territoires escarpés d'une infranchissable montagne ou dans une forêt inquiétante, là où le sol était encore meuble et où le pétrichor n'était pas pollué par les effluves à peine masquées des inventions humaines.
De sa fidèle baguette, Newton vint tapoter sur le mur de pierres au fond de la cour une brique en particulier, avec une dextérité relevant de l'habitude. La magie des lieux fit le reste. L'homme s'écarta avec précaution tandis que les pierres face à lui s'imbriquaient les unes dans les autres, comme un mur qui s'effondre, en dévoilant l'entrée du Chemin de Traverse. L'Anglais jeta un œil par dessus son épaule, s'attendant presque à trouver l'inconnue adossée contre le mur, le regard goguenard et un petit sourire doux aux lèvres. Maintenant qu'il y songeait… Le suivait-elle ? Il chassa cette pensée de sa tête comme si cela n'était qu'une idée saugrenue.
Ce fut la seconde fois qu'il rencontra l'étrange inconnue à la couleur de cheveux changeante et au regard pétillant de malice.
Dulsal : Je dois reconnaître que Porpentina m'a laissée perplexe... A voir pour la suite ! Je vois parfaitement ce que tu veux dire, mais il y a une raison à la description de cette OC. Bon déjà, Newton est très observateur, donc je me devais de faire une description assez poussée, et... Pour la raison qui explique le fait que j'ai utilisé ces adjectifs plutôt que d'autres - la faisant passer pour une nana un peu au dessus des normes - c'est tout à fait normal, ce n'est pas une ratée style Mary Sue ! Tu comprendras bien vite, puisque j'y ai fait allusion dans ce chapitre aussi... Affaire à suivre, merci de ton avis ! :3
kyona-saye : Même coup de coeur, j'espère que la suite t'a plue !
Claire-de-plume : La suite est prometteuse aussi ? ;)
lady hinata1 : Je dois reconnaître que j'ai beaucoup apprécié le niffleur, c'est une créature qui donne le sourire aha ! Il apparaîtra souvent je pense ! ;) D'autres créatures apparaîtront à chaque chapitre, j'espère que cela te plaira !
