Voici le quatrième chapitre, qui dans ma continuité est le défi n°8 ! De retour d'Egypte, Newton n'a d'autre choix que de retourner au boulot... Voici donc son retour au Ministère avec, comme d'habitude, une nouvelle créature et, plus encore (Un nouveau personnage que je vais adorer faire, je le sens...). Les auteurs mangent des reviews, et ça les aident à progresser alors n'hésitez pas à me donner vos avis, théories et autres fariboles ! Merci à ma bêta pour son avis et ses corrections ! Bonne lecture à vous ! Bisous ~

Consignes : /

Thèmes : "Rire", "Attente", "Arc-en-ciel sous la pluie", "Plat vide"

Défi 8 : Attente (Newton Scamander)


Newton observait sans vraiment voir la cabine téléphonique rouge qu'il venait de rejoindre en plein cœur de Londres. Assez semblable aux autres, le moyen de communication possédait cependant, pour qui l'observait avec minutie, une peinture légèrement écaillée sur les angles et des vitres ternies, signe d'une ancienneté certaine. Les londoniens se pressaient autour de cette dernière sans se soucier du sorcier planté en plein milieu de la rue, immobile, attendant quelque chose connu de lui seul. Pourquoi s'en seraient-ils inquiétés d'ailleurs ? Mû par un courage qu'il était bien loin de ressentir, le magizoologiste s'engouffra dans la cabine aux couleurs criardes après quelques minutes d'attente. Son index vint taper par habitude le code 6-2-4-4-2 qui le plongerait en quelques brèves secondes dans les entrailles de la terre. Après avoir annoncé l'objet de sa visite - sa future condamnation, il en était certain -, et une fois le mot de passe entré, l'intérieur de la cabine s'enfonça à une vitesse folle dans le sol, permettant ainsi au Poufsouffle de gagner l'atrium du Ministère de la Magie, dissimulé aux regards des moldus s'affairant à la surface. Comme de coutume, la voix désincarnée de la cabine l'accueilla sans une seule émotion.

- Le Ministère de la Magie vous souhaite la bienvenue.

Bienvenu... Il n'était pas certain de l'être au vu des récents événements en Egypte.

Le grand hall d'accueil s'offrit alors au regard de Newton qui ne put s'empêcher de balayer du regard la foule affairée. Lieu de passage obligé pour quiconque souhaitait pénétrer dans le Ministère, l'atrium était tout ce que le monde des sorciers pouvait proposer à son apogée emplie de faste et de magnificence. Malgré l'obligation des mages de rester dissimulés au reste de la population mondiale, la large salle transpirait la puissance et le pouvoir grâce à son architecture travaillée aux détails remarquables. La décoration, bien qu'emprunte d'un âge certain, n'enlevait en rien au charme particulier des lieux. Les murs recouverts de lambris en bois sombre et vernis accueillaient, de part et d'autre de l'imposante statue trônant au centre du hall, un grand nombre de cheminées. Ces dernières étaient destinées à l'usage des employés du Ministère. Nombres étaient ceux à avoir essayé de s'emparer de quelques morceaux des encadrements dorés des cheminées. Le britannique ne s'était jamais demandé s'il s'agissait réellement d'or pur mais visiblement, beaucoup l'avait cru. Le rappel des couleurs dorées se faisait également sur le plafond magique de l'atrium où, en levant la tête, il était possible d'apercevoir des signes en or se déplacer sans cesse. Les talons de chaque individu de la fourmilière ministérielle claquaient sur le parquet verni d'une couleur tout aussi sombre que les murs. En poussant un peu plus son examen, qu'il avait pourtant l'habitude de faire à chacune de ses visites ici-bas, Newton nota au fond de l'atrium les splendides et gigantesques portes en or débouchant sur un second hall de taille plus raisonnable. Ce dernier donnait l'accès à des ascenseurs menant aux autres étages du Ministère. Sur la gauche de ces grandes portes se situait le bureau de la sécurité où chaque visiteur extérieur au Ministère était invité à se rendre.

En tant qu'employé du Ministère, le sorcier aurait dû, comme de coutume, utiliser le transplanage ou les cheminées pour accéder à l'intérieur de QG politique des sorciers anglais. Il avait cependant pour une fois songé que passer par l'entrée des visiteurs lui permettrait d'éviter certaines rencontres... Désagréables.

- Newton !

Raté. Un aboiement sec lui rappela à quel point il était difficile d'éviter les ennuis... Plus encore lorsque l'on en était l'investigateur.

Dans le vain espoir d'échapper au propriétaire de la voix, Newt s'élança à travers la foule. Cependant, si lui se faisait bousculer sans ambages, ce n'était pas le cas de son poursuivant devant qui les gens s'écartaient avec respect. Le sorcier pouvait entendre le pas mesuré et rythmé de l'homme, son long manteau qu'il devinait noir claquant l'air à chacun de ses pas. Newton ne pourrait jamais le distancer dans cette foule... Il allait lui arriver des bricoles, à n'en point douter.

- Bon sang ! Newton Scamander ! gronda à nouveau la voix grave et courroucée de son frère aîné, Theseus.

En deux pas, l'aîné des deux frères fut sur lui et le rattrapa par la manche, sa poigne de fer venant aussitôt enserrer son bras. Newton fut donc contraint de pivoter pour se retrouver face à son frère aîné dont l'expression dure de son visage carré semblait osciller entre l'exaspération et l'inquiétude. Ses pupilles bleues anormalement dilatées pouvaient en témoigner. Dans un long soupir, le mage cessa de lutter, enjoignant ainsi son frangin à le relâcher.

- Tu m'évitais ? demanda le plus vieux en plissant lentement ses paupières, étrécissant ses pupilles en une mince fente accusatrice.

- Non... Pas vraiment, éluda l'accusé en cherchant un endroit où poser son regard.

- Ce n'est pas une réponse... maugréa Theseus avant d'inciter son cadet à le suivre d'un signe de tête qui ne pouvait souffrir d'aucun refus.

- Où va-t-on ? s'enquit alors Newton en voyant que Theseus s'éloignait des portes menant aux ascenseurs accédant aux multiples services du Ministère, la foule se raréfiant.

- Quelque part où une escouade d'Aurors n'est pas en train de t'attendre de pied ferme.

La voix de l'Auror claqua et Newton encaissa l'accusation et la révélation sans broncher, certain que ce n'était là que le juste revers de la médaille.

- Pour le grabuge que j'ai mis au Caire, sans aucun doute… ?

Son ton était fataliste, clairement résigné et fatigué. Après tout, ce ne serait ni la première fois, ni la dernière qu'il serait convoqué et manquerait de donner un infarctus au Ministère anglais.

- S'il n'y avait que ça Newton... maugréa dans sa barbe l'auror. Mais ce n'est pas le sujet, j'ai besoin d'informations.

- Je vais probablement être interrogé de toute manière, tu as réellement besoin d'aveux... ? Ce ne sera pas officiel ni recevable si tu fais ça ici... Dans les couloirs... Et selon ce que tu me demanderas... lui fit gentiment remarquer le magizoologiste en se demandant sur quoi son frère pourrait le questionner.

- Ce n'est pas la question Newton, je te l'ai dit, ce n'est pas ton escapade au Caire qui m'intéresse, c'est en rapport avec le Ministère.

Face à cette révélation singulière et dont le sorcier ne comprenait pas encore la teneur, Newt focalisa toute son attention sur le visage de son aîné. Ce dernier laissait errer son regard sur le sol à maintes reprises, comme s'il cherchait quelque chose. Ses mots ? Au moment même où ce dernier ouvrait la bouche, les deux frères furent interrompus par une personne qui percuta presque Newton.

- Monsieur Scamander !

Newton mit quelques secondes à reconnaître l'une des ses collègues du Département de Contrôle et de Régulation des Créatures Magiques, discrète et toujours consciencieuse dans son travail, chose pour laquelle elle avait tout le respect du jeune homme. En voyant qu'elle était observée par les deux hommes, la femme vira au cramoisi derrière ses larges lunettes rectangulaires noires. C'est d'ailleurs en tremblant légèrement qu'elle les replaça sur son nez aquilin. Les quelques rayures sur les verres laissaient penser qu'elle avait dû avoir quelques déboires avec des créatures de dangerosité mineure. Bredouillant tant bien que mal, elle essaya de reprendre le dessus sur sa timidité maladive pour exposer les raisons de cette soudaine interruption. Quiconque de sensé ne se serait pas interposé entre les deux frères. Newton ne se considérait pas comme quelqu'un d'intimidant. Il essayait généralement plutôt d'être transparent car traiter avec ses pairs lui semblait beaucoup plus difficile que gérer quelques animaux fantastiques mécontents. Theseus respirait quant à lui la puissance et en imposait donc naturellement avec son charisme. Si le Poufsouffle n'y était pas sensible, il remarquait toujours quelles personnes paraissaient les plus affectées par l'aura de son frère. La femme secoua sa tête de gauche à droite, comme pour chasser des doutes et la frayeur l'assaillant.

- Monsieur Scamander... Pas vous, je souhaitais m'entretenir avec m... Mon collègue, chuchota-t-elle sans oser concentrer son regard sur Theseus qui émit un petit claquement de langue agacé.

Newton lui vint aussitôt en aide en s'adressant à elle alors que le plus âgé du duo masculin prenait appui contre l'un des chambranles d'une cheminée, les bras croisés sur son torse.

- Amelia ?

Le regard chocolat de l'anglaise s'illumina lorsqu'elle releva son regard sur son collègue légèrement plus jeune qu'elle. Son chignon brun semblait désordonné, comme si elle avait passé sa matinée à courir, ce qui ne lui ressemblait guère. C'était une jeune femme toujours à l'heure le matin, ne comptant pas son temps dévoué au Service des Animaux et on ne pouvait plus serviable. Par ailleurs, elle devait être la personne la plus ordonnée du Service. Chaque chose avait sa place dans ses dossiers et il était aisé de se repérer dans sa nomenclature contrairement à la plupart de ses confrères masculins. Chaque employé du Département de Contrôle et de Régulation des Créatures Magiques avait un jour pu profiter de son extrême gentillesse, que cela soit par un café qu'elle avait pu apporter de son propre chef, un dossier retrouvé parmi un capharnaüm sans nom, ou bien de petits gâteaux maison, préparés et répartis avec soin dans les services. La femme était ce que chaque sorcier en quête d'épouse pouvait rechercher à cette époque.

- Vous avez perdu quelque chose ? la questionna-t-il en avisant son regard furetant un peu partout dans l'atrium.

- Non !

La réponse fut trop vive pour être sincère et sa virulence fit sursauter Newton de surprise. Le plus vieux des deux britanniques s'inclina légèrement en avant, comme s'il s'apprêtait à faire des confidences à son jeune frère ou à conforter Amelia dans son embarras, tout à fait palpable même pour le novice en relations humaines que pouvait être Newton.

- Je vais vous expliquer rapidement la situation, dit-elle en reprenant son sang froid, probablement de peur que le Grand Theseus ne la dévore d'impatience ou que Newton ne comprenne pas ce qu'elle souhaitait. Une saisie d'animaux fantastiques a été faite il y a quelques jours sur un élevage clandestin. Je vous passe les détails et j'en viens aux faits. Il s'avère que l'un des animaux... Il... Il s'est échappé, ajouta-t-elle d'une petite voix. J'attendais votre retour Monsieur Scamander...

- Vous pouvez m'appeler Newton, lui sourit-il doucement conscient que son auror de frère s'impatientait à leurs côtés, l'extrémité de son pied gauche tapant en rythme sur le parquet sombre du hall. Pourquoi moi ? s'étonna alors le Poufsouffle. Il y a d'autres employés qualifiés dans le Département...

- J'ai déjà missionné quelqu'un avec qui j'ai cherché partout, mais impossible de mettre la main dessus. Et si je peux me permettre, vous êtes le plus qualifié en créatures fantastiques...

Une petite exclamation goguenarde s'échappa des lèvres de Theseus, attirant l'attention de Newton et d'Amelia.

- Et peut-être est-ce parce qu'elle te fait plus confiance à toi qu'à un autre car si cette créature n'est pas retrouvée, elle risque le renvoi... compléta l'auror sans se soucier du teint de la brune qui virait dangereusement au blanc. Sachant que tu n'irais certainement pas la dénoncer, elle a dû penser que tu étais sa meilleure option, déclara-t-il, légèrement accusateur tandis que son regard bleu scrutait avec attention le visage de la jeune femme qui semblait au bord de l'évanouissement.

Effectivement, au vu des problèmes qu'attirait Newton et de son caractère, il avait tendance à toujours prendre le parti de couvrir les personnes qu'il appréciait, quitte à prendre la responsabilité de leurs propres erreurs. Ce dernier devina sans peine à l'air sérieux de son grand frère qu'Amelia avait dû se faire violence pour aller leur adresser la parole à lui et au héros de guerre pour demander de l'aide, sans savoir si Theseus la défendrait ou la confondrait auprès de ses supérieurs. Ou si, tout simplement, il la dévorerait toute crue. Pas que son aîné soit amateur de chaire fraîche, mais pour avoir observé les individus réagir en présence de son aîné, Newt savait que Theseus était admiré. Mais craint également.

- Et quel est le problème ? Qu'est-ce que c'était comme créature ? s'enquit avec empressement le cadet de la famille Scamander en sentant l'inquiétude le gagner lorsque le visage d'Amelia se décomposa plus encore.

- Un serpencendre, finit-elle par lâcher le morceau.

Cette fois, ce fut le visage de l'auror qui changea légèrement de couleur.

- Il y a une créature, en liberté, ici ? commença-t-il à s'échauffer en faisant un pas vers la pauvre employée.

Celle-ci chercha instinctivement à se dissimuler derrière le sorcier au manteau bleu.

- Theseus, ce n'est rien, le serpencendre n'est pas dangereux...

- C'est ce que tu dis toujours !

- ... Tant qu'on le retrouve à temps, compléta-t-il tandis que Theseus pestait.

- Bien. Nous gérerons nos "affaires" plus tard, conclut ce dernier en reportant leur discussion initiale. De même, tu passeras au Bureau des Aurors une fois que cet animal aura été récupéré, le Directeur souhaite te voir.

- Evidemment... soupira le mage avant de s'adresser à sa collègue qu'il croisait somme toute très peu. Où l'avez-vous vu la dernière fois? Et il y a combien de temps surtout ? C'est le plus important...

- C'était il y a exactement quarante-et-une minutes, affirma Amelia.

- Ce qui nous laisse à peine dix-neuf minutes pour réagir... calcula-t-il.

Pour la énième fois depuis son arrivée, le magizoologiste se retourna, son regard balayant la foule qui diminuait petit à petit au fil de l'avancement de la matinée.

- Theseus, pourrais-tu vérifier les cheminées de l'atrium ? … S'il-te-plaît ?

Sachant que son aîné n'aimerait pas recevoir un ordre, d'autant plus devant une employée moins haut gradée, Newt mit les formes à sa requête, incitant d'un signe de la tête au plus vieux de la fratrie à se hâter. En effet, il n'était pas certain qu'un tel laps de temps aussi court permettrait de trouver le serpencendre avant que celui-ci ne commette un méfait potentiellement irréversible.

- De quoi a l'air le reptile ?

- C'est un serpent gris assez mince... commença Newton.

- Celui-ci n'excède pas les trente centimètres ! se permit de compléter Amelia en tordant ses mains d'appréhension.

- Il a aussi des yeux rouges sang. Tu le repéreras facilement car il laisse une longue traînée de cendre dans son sillage.

- Et d'ailleurs, réalisa soudainement Theseus avant d'entamer sa recherche, pourquoi dix-neuf minutes ?

Le mage sourcilla.

- Un serpencendre ne vit qu'une seule heure. Il pond et est réduit en poussière après cela, d'où son nom.

- Et en quoi est-ce un problème ?

- Le problème, c'est que les oeufs - reconnaissables à leur couleur écarlate - dégagent une chaleur intense. Laissés en l'état, ils mettront le feu au Ministère... Les serpencendres ont tendance à pondre dans des endroits obscurs.

- Des endroits obscurs, dans le Ministère ? Est-ce que tu te moques de moi Newt ? maugréa le héros de guerre en venant se pincer l'arête du nez. Il n'y a que ça, à tous les étages !

Amelia, voyant l'homme exaspéré, décida qu'il était temps pour elle de poursuivre ses recherches.

- Je m'y remets tout de suite Messieurs, je vais voir avec la collègue qui m'a aidée où est-ce qu'elle en est de ses recherches ! s'écria-t-elle en tournant rapidement les talons.

Newton la regarda distraitement s'éloigner avant de se focaliser sur l'auror.

- Le temps presse, on aura toutes les discussions qui te siéent que cela soit sur mon voyage, le Ministère ou autre chose, mais pour l'instant, il faut trouver cet animal. Car s'il a le temps de pondre...

- Espérons qu'il évite les archives ou le Département des Mystères... grogna dans sa barbe l'aîné avant de s'éloigner, baguette en main vers les cheminées qu'il se mit à examiner une à une.

Newton se mit à son tour au travail et traversa d'un pas décidé le hall d'accueil du Ministère sorcier de Grande-Bretagne. Contrairement à ce qu'il craignait lorsqu'il passa par les portes aux dorures étincelantes, aucun auror ne l'attendait avec impatience. Peut-être était-ce un mensonge de Theseus pour l'embêter, ou bien attendaient-ils tout simplement au Bureau des Aurors, au Département de la Justice Magique situé au niveau 2. Chaque département dépendait d'ailleurs de ce dernier, exception faite du Département des Mystères. Personne ne savait réellement ce qui s'y déroulait sauf les agents de ce dernier, appelés Langues-de-plombs à juste titre puisqu'aucun d'entre eux n'était autorisé à parler explicitement ou implicitement des activités qui pouvaient s'y dérouler. Son accès se faisait au niveau neuf et le mage se souvenait, lorsqu'il avait un jour poursuivit le niffleur jusqu'à cet étage, du malaise qu'il avait ressenti face à cette porte noire et lisse. Il ne s'y était pas attardé plus que de raison.

Montant dans l'un des ascenseurs aussi richement décorés que le reste de l'entrée, le britannique se rendit au niveau 4, là où se trouvait le siège de son département. Lorsque le Département de Contrôle et de Régulation des Créatures Magiques fut enfin à portée de vue grâce aux portes de l'ascenseur qui s'ouvrirent, ce fut pour lui offrir une vision chaotique de son lieu de travail. Dire que la totalité du département était sans dessus dessous était un réel euphémisme. Des feuilles voletaient ici et là, échappées de dossiers, confidentiels pour certains. Certaines chaises, renversées sur le sol, se mêlaient à des bannettes en bois vides de toute paperasse, probablement celle échappée et répartie sur l'étage. Ce qui frappa le plus le sorcier, encore trop abasourdi pour faire un seul pas dans la pièce, ce fut tous ces gens qui couraient. Ses collègues, qu'il connaissait de prêt ou de loin, de nom ou personnellement, ou même pas du tout. Ces employés qui, comme lui, travaillaient à la protection de toutes ces magnifiques espèces dans le pays et par-delà les frontières de l'Angleterre. Ces individus qui appartenaient aux six différents bureaux et services de ce département. Si tous ne semblaient pas présents en ce jour, Newton pouvait sentir que chaque personne ici-bas était sur le qui-vive. Le mage aurait même précisé en disant que chacun d'entre eux était sur le pied de guerre. Les cris se superposaient aux éclats lumineux des sorts. Ce fut lorsqu'il aperçut Amelia courir dans sa direction, son chignon cette fois-ci entièrement défait qu'il comprit.

- Monsieur Scamander ! Le serpencendre, s'écria-t-elle visiblement passablement essoufflée, il est ici !

Cette déclaration fit l'effet d'un coup de jus au jeune homme qui reprit aussitôt ses esprits. Posant sa valise en sûreté dans l'un des tiroirs du bureau lui appartenant, il entreprit aussitôt de rejoindre ses collègues dans leur quête avant que la fin du temps imparti ne soit arrivée. Newton comprit alors pourquoi un tel capharnaüm régnait en ces lieux. L'animal, non content d'avoir donné une sacré frayeur à ceux l'ayant croisé, se faufilait partout, croisant les traces de cendre et perdant ainsi ses poursuivants à de maintes reprises. Les autres employés n'étaient physiquement pas en meilleur état qu'Amelia de ce que en put juger le rouquin : lunettes de travers, cols dépliés, cravates et nœuds papillon défaits, vêtements froissés, cheveux désordonnés, visages rougis, souffles erratiques, crampes lombaires à force de se pencher à guetter la créature… De la cendre recouvrait ce beau monde et le Poufsouffle se surprit à penser qu'il ne serait pas agréable de tout nettoyer au vu de l'adhérence de la matière grisâtre.

- J'ai demandé à une de mes connaissances de nous aider en plus de nos collègues, expliqua soudainement Amelia qui le talonnait, elle travaille au Département des Mystères…

- Amelia ! Focus ! Derrière toi ! retentit alors la voix rauque… D'Ella. Oh, bonjour sahir !

Quelle surprise... Non, en toute honnêteté, le magizoologiste n'était pas surpris. Il ne l'était plus. A quoi bon s'étonner de la croiser puisque visiblement celle-ci se plaçait sur son chemin, de façon anodine détournée. Le Département des Mystères donc… Une langue-de-plomb. Pour Newton, un mystère se levait et il eut donc le loisir et la surprise d'apercevoir son ancienne compagne de fortune en Egypte passer d'un bureau à un autre en sautant, peu dérangée par sa longue robe émeraude, qu'il avait déjà aperçu, et ses talons. Le sorcier eut juste le temps d'apercevoir le médaillon de la jeune femme – cette fois-ci châtain foncé - briller du coin de l'œil et l'ensemble des employés masculins suivre la femme du regard que déjà, son attention se focalisait sur l'animal passant entre ses pieds.

Le serpencendre se retrouva soudainement coincé entre lui et Ella, cette dernière gardant bien serrée entre ses mains manucurées de noir une panière qu'elle comptait probablement utiliser pour se saisir du reptile magique. Ce dernier, sûrement agacé par tout ce remue-ménage et cette course effrénée, émettait un sifflement continu.

- A trois… chuchota le sorcier en se saisissant d'un panier en osier que venait de lui fournir l'un des employés du Bureau des Êtres.

Toutes les personnes présentes se tenaient prêtes, à distance raisonnable, parées à réagir. Un silence de plomb régnait à présent ici-bas, seulement dérangé par le bruit émit par l'animal fantastique. L'animal, encore vivant, n'avait donc pas eu le temps de pondre ses œufs. Une fois sa ponte effectuée, seulement lorsqu'ils l'auraient attrapé, il faudrait qu'il gèle les œufs rouges sang qui pourraient être utilisés en potions - des philtres d'amour ou du Felix felicis -, ou contre la fièvre.

- Un… Deux…

- Trois…

Les deux compères voyageurs se jetèrent sur l'animal… Sans négocier la distance entre leurs têtes qui se réduisait dangereusement.

Ce fut la première fois que Newton se servait de sa tête pour autre chose que réfléchir ; à savoir mettre un coup à Ella qui ne l'avait clairement pas vu venir non plus.


n. swan .n : Oui, oui, spéciale dédicace ! ;) C'est une belle description que tu fais de l'Egypte ! Je n'ai jamais visité mais c'est un endroit où je rêverais d'aller un jour ! ... Ca viendra ! Duo de choc en effet, et ce n'est que le début d'une longue aventure... J'espère que le nouveau chapitre t'aura plu ! :)