Septième chapitre en approche ! Plus ça va et plus j'ai du mal à écrire. Oh l'inspiration est là, mais ma tête refuse de mettre des mots sur les idées. Vilaine. Enfin ce sont des choses qui arrivent et la vie perso impacte souvent sur l'humeur et le rythme d'écriture ainsi que de parution ! Mais le chapitre est enfin là et j'espère qu'il va vous plaire autant que j'ai pu aimer écrire cette dispute entre Theseus et Newton ! Donnez-moi vos avis ! :) Comme je n'ai pas remercié les reviewers du chapitre 5, je vais faire les réponses groupées en bas, à vous de voir si vous les lisez ! Merci encore de me suivre et à très vite !
Consignes : /
Thèmes : "Compromis", "Piégé", "Repos", "Des ombres tordues sous la lumière", "chagrin/douleur/peine"
Défi 11 : Piégé (Newton Scamander)
Newton retint un soupir agacé. Peu de choses et de personnes pouvaient provoquer chez lui ce genre de sentiment nuisible. Pourtant, aux yeux du magizoologiste, Theseus Scamander faisait en ce moment-même partie de ces personnes exaspérantes. Malgré sa charge de travail actuelle, l'Auror était rentré à la demeure familiale quelques heures après son cadet et, depuis qu'il était arrivé, les reproches n'avaient fait que pleuvoir sur Newton dont la patience s'amenuisait petit à petit au fil des minutes.
Theseus, de quelques années son aîné, était l'un des Aurors les plus reconnus du Ministère de la Magie Britannique. A lui seul, il avait réussi à faire arrêter bon nombre des partisans de Grindelwald et beaucoup vantaient sa bravoure, du peu que Newton s'y intéressait.
Légèrement plus grand que lui, Theseus possédait un visage carré et une barbe fournie qui, parfaitement taillée, accentuait ses traits sérieux. Ses yeux quant à eux mis en exergue par de discrètes petites pattes d'oies, tiraient plus sur le bleu que sur le vert et sa chevelure châtain foncé aux reflets cuivrés, ramenée en arrière, semblait beaucoup plus disciplinée que celle de son cadet. Tout sur lui, jusqu'à son costume trois pièces noir et ses manières de dandy à la poigne de fer, respirait le prestige, la suffisance et le pouvoir. Choses dont Newton ne voyait guère l'utilité pour exercer le métier qu'il pratiquait lui-même actuellement. Magizoologiste ne nécessitait pas ce type de compétences et le rouquin s'en passait fort bien jusque là. Même si, au fond, avoir l'éloquence de son frère aurait pu à juste titre et dans certaines situations épineuses, le tirer d'affaire. Qu'importe, Newton préférait largement sa propre bonhommie à l'attitude raide et trop sérieuse de son frère. Mais cela, son aîné ne paraissait guère le comprendre.
Newt changea de position dans le vieux fauteuil en cuir marron, usé par l'âge, qui avait appartenu à son grand-père paternel. Dans la maisonnée familiale, c'était le siège qu'il avait toujours affectionné pour lire et rédiger quelques essais, la vieille odeur du cuir tanné se mélangeant avec celle des pages de parchemin. Pourtant, aujourd'hui, le fauteuil lui paraissait bien inconfortable, si bien que le mage ne cessait de se trémousser, ses bras tantôt sur les accoudoirs ou pliés sous son menton, jambes décroisées puis croisées, le pied tapant sur le sol... Non, décidément, l'agacement que provoquait son frère chez lui ne l'aidait aucunement à profiter de son siège préféré.
- Est-ce que tu as seulement intégré l'information Newton ?
- J'ai parfaitement compris, oui, ce n'est pas la peine de me crier dessus.
La voix de Newton claqua, preuve de sa contrariété. Une petite exclamation échappa à son interlocuteur qui faisait les cent pas dans la pièce avec un acharnement bien trop marqué.
- Tu as drôlement l'air d'avoir compris ! l'invectiva le bien-nommé Theseus. Non mais regardez-le Mère ! appela-t-il celle-ci. Ce n'est quand même pas possible d'être aussi naïf par les temps qui courent !
La mère de famille, interpelée depuis la pièce d'à côté, laissa entendre un "Ne vous battez pas les garçons !" auquel Theseus répondit par un grognement et un geste vif des bras. Puis il reporta son attention sur son cadet et Newton n'aima pas du tout le visage courroucé et moralisateur que prit son aîné.
- Une vélane Newton. Une v-é-l-a-n-e, épela-t-il comme s'il s'adressait à un enfant en bas-âge particulièrement limité.
C'était donc cela, le fond du problème...
- Pas besoin de me l'épeler, je ne suis pas stupide ! pesta le rouquin alors que ses yeux jetaient des éclairs on ne pouvait plus légitimes.
Il allait finir par se mettre en colère. Une grande première. Mais comme Madame Scamander répétait constamment : "Tu es une force tranquille mon fils, et comme l'on dit, il faut toujours se méfier de l'eau qui dort !". Son grand frère risquait fort d'en faire les frais s'il poursuivait cette conversation, stérile du point de vue de Newt.
- Grands Dieux, reprit le chasseur de sorciers. Je t'explique A par B le danger que cette fichue créature représente et tu te contentes de me dire "Je ne suis pas stupide.", répéta-t-il en singeant son petit frère. Aurais-tu de la morve de troll dans les oreilles mon frère ? Les vélanes sont dan-ge-reu-ses.
- Theseus, si tu épelles encore une fois quelque chose, je te jure que je te fais manger ta baguette, persifla le sorcier, s'attirant ainsi le regard étonné du plus vieux de la fratrie.
- Grande première, Newton Scamander a ce qu'on appelle du répondant. Sans argument, mais c'est un bon début !
Le britannique laissa échapper le soupir qu'il retenait depuis une bonne demi-heure pour essayer d'ignorer les railleries du plus âgé. Sa valise, postée à l'abri dans sa chambre, là où son frère ne pourrait pas la confisquer, lui manquait déjà. Il souhaitait à cet instant aller s'y enfermer et passer du temps en compagnie de sa famille animale plutôt que de devoir supporter les cris colériques et intempestifs de l'Auror. Il était rare de le voir s'emporter ainsi et le mage aurait largement préféré que Theseus passe ses nerfs sur quelqu'un d'autre. L'antagonisme avéré entre lui et Ella était particulièrement étonnant, tout comme la rage bouillonnante qui semblait tenir les entrailles du plus vieux.
- Ce sont des manipulatrices Newton, reprit ce dernier sans se soucier de l'expression perplexe de son cadet. C'est dans leur nature. Leurs pouvoirs sont stupéfiants, je te l'accorde, concéda le sorcier. Mais cela n'enlève en rien le fait qu'elles sont dangereuses et ce pour plusieurs raisons : leur pouvoir de séduction, bien au delà des normes, et ne parlons pas de leurs accès de colère qui feraient passer les harpies pour des enfants de chœurs ! Alors non, Newton, tu peux certainement pas me dire que "Tout va bien." tandis que j'apprends que tu fréquentes une vélane ! s'écria-t-il.
- Nous sommes juste... Collègues, insista le rouquin, comme si ce détail était primordial.
- Juste collègues ? C'est déjà de trop !
Il étouffa un juron dans sa barbe.
- Ce petit malin me prend pour un imbécile, maugréa-t-il plus pour lui-même que pour Newton.
Theseus lâcha un petit cri de désespoir tout en venant, de ses larges mains, fourrager dans sa barbe, comme s'il s'apprêtait à l'arracher de dépit. Madame Scamander entra à ce moment dans la pièce pour venir ranger quelques livres de cuisine dans la vaste bibliothèque s'étendant sur deux pans de murs. Le petit salon n'était guère un endroit pour se disputer de par sa vocation à la détente, mais la mère des deux garçons n'intervint pas dans la querelle, trop habituée à voir ses deux enfants se chamailler. Newton observa sa mère avec un petit regard suppliant tandis que Theseus recherchait également un soutien moral. Elle ne daigna pas leur accorder le moindre regard, comme pour leur signifier l'importance avec laquelle elle jugeait ces enfantillages. Elle les ignora donc proprement et quitta à nouveau la pièce. L'Auror reprit en conséquence son monologue, accentuant le froncement de sourcils de son frangin.
- Tu m'aurais dit, à la limite, que tu étudiais les vélanes. J'aurais laissé passer, tu "étudies" des créatures d'autant plus étranges et dangereuses - ne me dis pas non, je le sais ! -. Mais ça. Ca ! Collègues ? Es-tu en train de te payer ma tête ? Tu cherches à me faire sortir de mes gonds c'est cela ? s'enquit l'aîné en fulminant, son visage rougissant dangereusement et quelques veines palpitant à ses tempes et dans son cou.
- Tu es vexé qu'elle ait démasqué trois mages noirs avant toi ? s'enquit Newton sans trop y croire. Parce que si c'est le cas, je t'assure que d'autres sorciers du Ministère en arrêtent aussi et que tu ne peux pas à toi tout seul mettre aux arrêts la totalité des partisans de Grindelwald.
- C'est complètement hors sujet ! éructa l'aîné.
- On ne dirait pas...
- Je te demande simplement de t'en méfier et de cesser de la croiser "par hasard", bon sang ! Arrête de la côtoyer, elle est dangereuse !
- Le problème Theseus, c'est que tu es beaucoup trop énervé pour que je tienne compte de tes propos. Pour mon information, ta fureur est-elle destinée à toutes les vélanes en général ou Ella a-t-elle fait quelque chose de particulier pour s'attirer ton courroux ? Je n'ai aucune raison de ne pas la croiser.
- Ne m'oblige pas à t'y forcer... gronda l'Auror.
Le Poufsouffle finit par se lever de son séant. Droit comme un piquet, il inspira et expira plusieurs fois, s'attirant le regard virulent de l'aîné des frangins Scamander qui s'attendait à un coup d'éclat. Puis Newton lâcha sa bombe, trop satisfait de l'effet qu'elle allait sans aucun doute provoquer.
- Je commencerais par te signifier que je gère ma vie comme je l'entends et que je fréquente les personnes qu'il me sied. Si cela ne te convient pas, soit, mais ne viens pas me rabâcher les oreilles avec tes préjugés moyenâgeux mon frère, je m'en contre-fiche.
- Tu n'en as cure ? Espèce d'imbécile, je suis Auror, je me dois de...
- Quoi ? Me protéger ? Faire respecter la Loi ? Je te signale que je suis amplement capable de me défendre, je ne serais pas magizoologiste sans cela. Et par ailleurs, rien n'interdit de fréquenter des vélanes pour peu que l'on en rencontre.
- Fréquenter ? Je croyais que vous n'étiez que collègues ? persifla-t-il.
- Ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit.
- Ce sont des démons à figures d'anges, je dis ça pour ton bien, tu devrais...
- Ca y est Theseus ? Tu as fini de radoter ? le coupa Newton en haussant pour la première fois la voix dans la conversation qui avait été jusqu'ici à sens unique. Parce que Mère a probablement besoin d'aide pour préparer le thé.
Le regard éberlué que lui offrit alors Theseus valait tout l'or volé par le niffleur.
- Du thé ? Pourquoi le thé ? Il n'est pas l'heure du thé ?!
Son malaise face à la réaction trop calme de son cadet semblait avoir une certaine emprise sur lui. Sa voix qui avait pris quelques tonalités plus aiguës en témoignait. Newton lui tourna le dos et rejoignit sa mère dans la cuisine afin de l'aider dans la confection de son fameux thé à l'orange et des petits boudoirs l'accompagnant. Theseus les y rejoignit avec hésitation. Ce fut en entendant la matriarche chantonner en cuisinant que la puce lui fut mise à l'oreille.
- ... Est-ce que nous attendons quelqu'un pour le thé ?
L'Auror ne semblait pas vouloir y croire et le magizoologiste lui offrit un regard à mi-chemin entre la satisfaction et la provocation. Chose qui ne lui arrivait pas souvent. Mais son aîné avait le chic pour faire ressortir ses petits travers habituellement enfouis. Enquiquiner son grand frère qui le lui rendait bien n'avait jamais été son passe-temps favori, mais parfois, remettre les pendules à l'heure et équilibrer les points dans les deux camps semblait nécessaire. Il ne put d'ailleurs pas répondre à la question de son aîné car la sonnette de la porte d'entrée retentit depuis le couloir. Theseus lui offrit alors le regard de celui qui se sait piégé et refuse d'y croire tant qu'il n'en aura pas la preuve.
- Je reviens, je vais ouvrir à Ella. Tu sais, ma collègue, la v-é-l-a-n-e, confirma le mage du bout des lèvres avec un petit sourire à peine dissimulé. J'ai ma prochaine mission de terrain à préparer avec elle, sur ordre du Bureau des Mystères et nos horaires de travail ne nous permettaient pas de nous croiser pour le faire.
Il n'était pas mesquin, mais voir le visage de son frère se décomposer de la sorte avait quelque chose de satisfaisant. Surtout après le discours emprunt de colère qu'il venait de subir pendant plus d'une heure sans pouvoir y couper. Et toc ! Il sentit l'aîné de la fratrie lui emboîter le pas vivement alors qu'il se dirigeait vers la porte et s'arrêter aussitôt lorsque Madame Scamander l'interpela. Juste avant que Newton n'ouvre la porte de la demeure Scamander à la langue-de-plomb, il fut presque certain d'entendre sa mère promettre à Theseus qu'il existait d'autres orifices autrement plus douloureux que la bouche pour faire passer une baguette s'il osait ne serait-ce que faire une remarque déplacée à la charmante collègue de Newton. Une bouffée d'amour gonfla le coeur du mage en même temps qu'un sourire lui échappait. Jamais Theseus n'aurait le dernier mot avec leur mère. Jamais. Il ouvrit la porte en bois massif. Comme prévu, la demoiselle s'y tenait, élégante comme toujours dans une robe grise anthracite brodée de perles nacrées, surmontée de son habituel manteau noir à fourrure, ses longues boucles blondes platine flottant dans son dos.
- Bonjour Ella, sourit-il immédiatement en observant la jeune femme postée fièrement sur le perron.
- Sahir, le salua-t-elle en inclinant sa tête.
Il s'effaça pour la laisser entrer, chose qu'elle fit avec une timidité qu'il ne lui connaissait pas. Une fois la porte refermée, il repassa devant son invitée pour la guider.
- Suivez-moi, l'encouragea-t-il en lui adressant un petit signe de la main.
Il passa devant la cuisine, à présent vide, pour se diriger vers le grand salon de la demeure, le son des talons des escarpins de la jeune femme claquant dans son dos.
Ce fut la première fois que Newton laissait entrer la vélane dans son cercle familial.
Rose-Eliade : Merci de me suivre et d'apprécier ce "travail" que je fais, bien qu'il s'agisse surtout d'une source de plaisir ! J'espère que tu te plairas toujours autant dans la lecture de ce recueil !
N. Swann: Je dois reconnaître que je cherche toujours l'équilibre entre Newton et Ella. Lui qui est si réfractaire aux habitudes du genre humain et elle tellement décidée à le faire tourner en bourrique. Bien qu'il ne saisisse pas encore le sens de tout ceci. Car c'est la grande question... Que lui veut-elle ? La réponse viendra sous peu ! L'addiction, c'est mal, mais bon, la lecture n'engendre rien de plus, généralement, que des fantasmes, aussi... On va pas s'en plaindre ! ;) M'en parle pas, c'est galère de trouver des infos sur cette période. Heureusement, j'ai une bonne base de données, plein de faits historiques et une bonne dose d'imagination pour m'aider ! Pour les sous-entendus constants d'Ella, je dois t'avouer que Newton fait souvent genre de ne pas les comprendre afin de ne pas lui donner la satisfaction d'avoir réussi à l'embarrasser ! Mais des fois, pas le choix, elle fait mouche et il en reste baba ! XD Et ne t'inquiète pas, tu vas vite comprendre le passif entre Ella et Theseus ! ;) J'espère que ce dernier chapitre t'aura plu également !
