Oula... La dernière publication date. A dire vrai, j'avais bon espoir avec le deuxième film de me relancer dans l'écriture de ce recueil, mais cela n'a pas eu l'effet escompté... Ca a même été plutôt l'inverse en fait. Mais je n'abandonne pas car le fandom me plaît toujours autant... Et comme je suis tête en l'air, cette suite attend d'être postée depuis Mai. Au moins. (Nooon, pas les pierres !) Je vous laisse donc profiter de ce chapitre 9 en espérant que cela vous plaira ! Et si c'est le cas (et même si ça ne l'est pas) n'hésitez pas à me donner votre avis, qui sait si ça ne va pas me remotiver...
Consignes : Rajouter le mot « bulle de savon »
Thèmes : « Ragoût », « Hérisson », « Arc-en-ciel », « Plongeon »
Défi 13 : Hérisson (Newton Scamander)
Newton n'était pas de ces sorciers enclins à croire au Destin et aux autres fariboles mystiques dont les moldus étaient si friands. Toutefois, il devait reconnaître que depuis qu'il avait rencontré Ella, sa collègue langue-de-plomb, il n'était plus certain de rien. Parfois les coïncidences s'enchaînaient sans aucun contrôle et le sourire de ciseburine de la jeune vélane laissait toujours planer le doute sur sa réelle implication dans leurs ennuis.
Lorsque le magizoologiste avait évoqué ces faits et le sourire d'Ella lors de son dernier repas à la maison familiale des Scamander, son frère Theseus s'était empressé de ricaner. En effet les deux frangins connaissaient bien le ciseburine ou chizpurfle, cette étrange espèce d'acarien parasite, semblable à un crabe aux dents pointues, pour en avoir exterminé par centaines dans la résidence familiale l'été précédent. Ces derniers avaient envahi la maisonnée et menacé de dévorer de nombreux objets de valeur. Theseus n'avait cessé à l'époque de pester que Newt était très certainement responsable de leur arrivée, avec sa ménagerie, mais il s'était avéré que les parasites avaient profité d'un chaudron mal nettoyé pour s'implanter et se multiplier. Il s'en était fallu de peu et les deux frères aidés de leur mère avaient réussi de justesse à résoudre le problème avant d'être obligés de faire intervenir le Service des nuisibles du Département de contrôle et de régulation des créatures magiques. La conversation de ce soir-là concernant le boulot – sa mère savait que certains dossiers étaient confidentiels mais elle était toujours d'une oreille attentive - s'était conclue sur les propos de son frère insistant que même si les dents de la vélane n'était pas pointues, elle n'en restait pas moins dangereuse et nuisible. Une conversation qui devenait habituelle dès que les deux frères se croisaient, comme si l'ombre d'Ella continuait de ses dresser silencieusement entre eux, sans que Newt n'en comprenne la raison. Qu'avait-elle donc fait à son frère aîné ? La question restait à ce jour sans réponse, Ella esquivant d'une pirouette à chaque fois qu'il s'apprêtait à l'interroger. Soit, il finirait bien par le découvrir.
Comme à chacune de leurs rencontres, Newton pu sentir les ennuis poindre le bout de leur nez bien avant qu'Ella n'ait frappé à la porte de la personne qui avait accepté de leur garder les œufs de dragon. Et Newt n'était à cet instant pas certain de savoir comment gérer cette tension insoutenable qui s'était installée entre eux trois après seulement quatre phrases échangées. Son regard oscillait entre Ella à sa droite et cet illustre inconnu déguingandé à sa gauche. L'anglais observait avec un certain intérêt l'homme qui leur faisait face. Son faux air négligé, parfaitement illustré par sa chemise crème froissée et à moitié rentrée dans son pantalon, ne permettait pas au sorcier de se faire une idée fixe sur l'individu. Il paraissait à la fois propre sur lui et débraillé, sérieux et négligent, et ce petit accent qu'il avait en parlant titillait la curiosité du Poufsouffle… Il avait déjà aperçu ce grand blond une fois à l'occasion, lors de sa dernière escapade chaotique avec Ella. Il ne pouvait en être certain du fait de la distance qui les avait séparés à ce moment-là, mais l'engouement visible et les rires de l'individu l'avaient catalogué dans l'esprit du mage en tant que personne entraînante et joyeuse.
Mais tout ceci remontait déjà à onze jours, lorsqu'Ella avait suggéré de confier les quelques œufs de dragons, sauvés des mains de trafiquants, à une personne de confiance, cet homme dont elle s'était portée garante et dont le mage ne savait rien. Et cela, juste le temps pour lui et la vélane de régler les aspects administratifs de cette mission à l'étranger qui avait manquée de finir en eau de boudin. Il n'aurait pas fallu que les œufs leur soient confisqués et remisés, voués à l'oubli, dans un sordide coffre du Ministère… N'est-ce pas ?
Peut-être cela aurait-il été préférable.
« Aie confiance. » lui avait dit Ella. Pourtant, aujourd'hui, le magizoologiste ne pouvait s'empêcher d'être dubitatif. Il ne leur avait fallu qu'une trentaine de minutes, depuis le Ministère, pour rejoindre la demeure en plein centre de Londres de celui qu'Ella traitait à présent comme un criminel. Newton pouvait étrangement sentir la tension qui habitait leurs corps respectifs et personne ne semblait enclin à échanger des sourires polis et les boniments habituels des retrouvailles. Alors rire de la situation, pensez-vous ! L'homme et la jeune femme blonde se faisaient face, comme deux sportifs sur un ring, chacun attendant le premier coup de l'adversaire. Lui s'était naturellement placé deux pas en retrait, analysant et décortiquant comme à son habitude le moindre des faits et gestes de ses vis-à-vis. Et puis, fou aurait été celui à vouloir intervenir. Des bourdes, tout le monde en faisait, lui le premier. Mais trahir la confiance d'une vélane sujette à des problèmes de gestion de sa colère ?
L'homme de haute stature, actuellement raide comme un piquet, était censé être quelqu'un d'honnête, d'après Ella. Bon, peut-être Newton avait-il ouïe dire que l'aristocrate – c'était ainsi qu'Ella l'avait qualifié en l'interpelant - avait une forte tendance à se perdre dans les jeux d'argent. Mais la vélane avait insisté en lui assurant que l'homme était quelqu'un sur qui l'on pouvait compter malgré tout. Et pour une fois, il aurait aimé qu'Ella ait raison. Car à présent, ils n'étaient clairement plus certains de récupérer ces trois petits œufs de dragon que l'individu semblait ne pas vouloir leur remettre... Ou pouvoir leur remettre ?
- J'ai, hm, comme qui dirait peut-être un tout petit peu, vois-tu, accidentellement, tu me connais je ne suis pas... débuta leur interlocuteur en se tordant les mains avant de venir réajuster son pantalon en toile noire.
- Viens-en aux faits et crache ta chocogrenouille, gronda-t-elle avec venin.
La voix sèche d'Ella claqua brutalement pour couper court au monologue incompréhensible de l'étrange énergumène qui leur faisait face. Ce dernier déglutit bruyamment et Newt eut presque pitié pour lui, par anticipation à ce qui allait suivre. Il aurait dû se sentir agacé après tout… Mais Ella était suffisamment furieuse pour deux et l'anglais s'étonna de ne pas voir des flammes sortir des oreilles de la jeune femme et ses cheveux flamboyer sur son crâne du fait de l'électricité ambiante. Elle semblait sur le point de se jeter à la gorge de l'homme qui, le sentant probablement, recula d'un pas. La ruelle en face de son habitation était inoccupée et le sorcier se fit l'étrange remarque que personne n'entendrait les cris de l'homme si Ella passait à l'acte. Par la barbe de Merlin…
- J'ai-perdu-aux-jeux-ce-que-tu-m'avais-confié, lâcha-t-il sans respirer.
L'aveu fut dit d'une traite en marmonnant et le visage du rouquin se déforma en une grimace lorsqu'il vit son amie aux courbes généreuses poser ses poings sur ses hanches, son tailleur pantalon mettant en valeur ses longues jambes. Mauvaise réponse. Oui… Cela se confirma. Newton aurait dû sentir la colère étendre son emprise sur lui. Pourtant, l'agacement de la vélane monta encore d'un cran, confirmé par ce claquement de langue intempestif qu'elle laissa échapper, et le magizoologiste s'accommoda du fait qu'elle allait être la seule à remettre les pendules à l'heure. Peut-être la tempérerait-il s'il lui était possible de le faire et si les œufs pouvaient encore être récupérés sans qu'une alerte ne soit déposée au Bureau.
- Refais-la en articulant comme le bon petit noble que tu es, veux-tu ? le somma-t-elle d'une voix acidulée qui n'allait pas du tout avec son attitude.
Cela n'avait rien d'une demande agréable. Le Poufsouffle était presque certain de voir l'aura de son amie crépiter et se dresser comme les piquants d'un hérisson, ce petit mammifère herbivore bien connu des jardins moldus. L'ordre était sec et clairement menaçant et le jeune homme, pourtant de grande taille, sembla tout de suite plus petit au sorcier, comme s'il cherchait à se tasser pour échapper au courroux de la demoiselle.
Plus grand de deux têtes que Newt, il possédait une silhouette à la fois élancée et sculptée dans le marbre. Son visage en ovale restait bien masculin malgré ses traits fins qui devaient sans aucun doute plaire aux membres de la gente féminin. Comme Ella, il possédait des pupilles rieuses dont la couleur oscillait pour sa part entre l'argent et le vert d'eau ainsi qu'une chevelure mi-longue, blonde cendrée. Bien que leur interlocuteur soit plus âgé qu'Ella de quelques années, il lui semblait faire face à une mère grondant son enfant aux manières de dépravé. Sûrement un aristocrate que la société tentait de briser mais qui se contentait de plier, effectuant pirouette sur pirouette pour se dérober. Cela fit alors tilt dans son esprit lorsque le regard de l'inconnu vrilla dans sa direction, probablement en quête d'un soutien qu'il ne pouvait lui fournir. La luminescence des pupilles de l'homme s'imposa à lui comme une évidence et Newton s'émerveilla en comprenant enfin qu'il s'agissait d'un spécimen très rare de vélane mâle. Il n'en était pas certain au départ, même si ce regard familier l'avait intrigué. Il aurait pourtant dû le détecter immédiatement mais comme l'homme ne présentait aucun attrait à ses yeux… Difficile de ressentir cette attraction si propre aux vélanes.
Les vélanes femelles avaient toujours été majoritaires. Bien qu'elles puissent procréer avec des humains, Newton avait conscience que, comme pour les sorciers, certaines vélanes tenaient à la "pureté" du sang de leur espèce. Aussi y avait-il forcément des vélanes mâles bien qu'il soit très rare d'en croiser, plus encore que leur version féminine.
Le magizoologiste se sentit presque désolé de devoir assister à la fin de l'un d'entre eux. Fin qui allait s'avérer passablement tragique s'il en devinait bien l'issue. Newt ne savait pas comment Ella le connaissait, ils n'avaient pas épilogué sur la question. Un ami, une simple connaissance, un membre de sa famille ou bien quelqu'un lui devant des comptes ? Elle avait bien précisé, la première fois, que l'homme « lui devait une faveur », mais de quelle nature ? Le vélane prit une large inspiration avant de réitérer.
- J'ai perdu aux... Jeux...
Il bafouilla en voyant le visage de la jeune femme se durcir. A bien y réfléchir, à part ses vêtements et parfois quelques tics, le rouquin ne lui trouvait vraiment rien d'un aristocrate. Le jeune homme avait plutôt des comportements d'adolescent rebelle. Mais Maman Ella semblait prête à rectifier le tir. Au grand désarroi du plus vieux des deux vélanes.
- Ce que tu m'avais confié... Les oeufs de je sais plus trop quelle bestiole étrange... Tu sais, les trucs de couleur un peu bizarre... Et bien... Voilà. Je ne les ai plus.
Il y eut un silence assez dérangeant qui incita le Poufsouffle à reculer de deux pas encore, sa main bien accrochée à sa valise en cuir. La colère d'Ella éclata silencieusement, comme une bulle de savon.
- Je vais te tuer.
La voix calme et habituellement rauque d'Ella ne prononçait pas là une menace, non, c'était un fait. Elle allait réellement le tuer. Bon, peut-être que le mage interviendrait avant. Déjà parce qu'il ne voulait pas être complice de meurtre… Son frère ne cesserait jamais de lui rabâcher les oreilles sinon… Et puis… En y repensant... Il n'était pas encore certain de savoir comment réagir face à une vélane en colère, au risque d'aggraver pleinement son exaspération en s'interposant.
- Non, attends, je vais plutôt commencer par t'arracher les yeux et les ongles. Et te les faire manger, poursuivit-elle d'une voix égale tout en amorçant un mouvement vers le grand gaillard. Et une fois que j'aurais brisé chaque petit os de ton corps, à commencer par ta minuscule et inutile boîte crânienne, là, et seulement à ce moment-là, je t'achèverai.
Elle prit une petite inspiration tout en se pinçant l'arête du nez.
- Cela te semble-t-il juste au vu de l'immense bêtise que tu viens de commettre ?
- J... J'ai le droit de plaider ? Tu me connais depuis quoi ? Une dizaine d'années ? Plus ? Nous sommes amis ! Ce n'est tout de même pas de ma faute après tout, je n'avais plus souvenir que tu viendrais avec ton autre ami les récupérer, et comme ce type était drôlement intéressé j'ai...
Il déglutit en voyant les pupilles de la blonde changer de couleur pour virer au plus sombre.
- Pas de ta faute ? Parce que c'est de la mienne peut-être ? C'était i peine deux semaines ! persifla-t-elle. Pas des années ! Mais par égard pour cette amitié, je te tuerai rapidement, gronda-t-elle en amorçant un nouveau mouvement vers le jeune homme.
Newton recula à nouveau de deux petits pas discrets.
- J'ai soutenu que tu étais quelqu'un de confiance… Pour qui est-ce que tu me fais passer ?
L'ami blond - ou ancien ami - de la lady opta alors pour la solution qui lui semblait la plus judicieuse et la moins risquée pour sa survie… Il prit la poudre d'escampette à toute vitesse pour gagner la plus proche ruelle, perpendiculaire à celle de son logement.
- Louis François Auguste Delacour ! s'écria Ella en décortiquant le nom entier lorsqu'elle le vit tourner les talons avec empressement. Reviens ici immédiatement sale petit voleur !
Elle s'élança à sa poursuite, Newton sur ses talons. S'entendre prononcer son nom en entier n'avait rien d'encourageant, l'expression horrifiée du-dit Louis pouvait en témoigner. Cependant, le sorcier était satisfait, tout comme sa curiosité. Enfin il prenait connaissance du nom de l'homme ! Voilà donc d'où provenait l'accent titillant l'anglais du vélane : un français ! Delacour... Et si sa mémoire était bonne, le vélane était issu d'une vieille famille. L'inquiétude primait cependant dans son esprit et le Poufsouffle avait bon espoir que la personne ayant récupéré les œufs sache quels étaient leurs besoins. Nombre de sorciers confondaient en effet les œufs de nombreuses espèces avec des pierres précieuses et avaient de mauvaises surprises en les découvrant éclos dans leur maisonnée mise à sac.
Newt manqua de percuter Ella lorsqu'elle pila pour déterminer dans quelle direction s'était enfui leur interlocuteur. Où était-il passé à présent... ? Newton papillonna des yeux. N'avait-il pas tourné à l'angle de la quatrième rue ?
- Dernière fois qu'il me prend pour un troll, je vais lui rendre la mornille de son gallion et avec les intérêts, croyez-moi sahir, entendit-il la langue-de-plomb marmonner avant de se remettre à courir sans se soucier de savoir si le sorcier la suivait.
Ce fut la première et dernière fois qu'il fit la connaissance d'un vélane mâle.
Rose-Eliade : Merci pour ta review au précédent chapitre ! Alors Louis va être un personnage important (comme le montre ce chapitre également) et je dois encore retaper un peu mon arbre généalogique pour que ça colle, mais... Non, pas le mari d'Ella ! 8D
Alopias : Merciiii d'être venue lire ce premier chapitre ! Tes avis sont toujours très précieux pour moi !
