Bonjour, bonjour !

On se retrouve en ce jeudi pour le chapitre 2 de Que Justice soit faite. Je remercie d'ailleurs Jess-Lili qui a corrigé ce chapitre :) J'espère que vous allez bien et que cette suite vous plaira.

Bonne lecture à tous !

RàR :

Lectrice Fiction : Merci d'avoir laissé une petit review après ta lecture ! Effectivement, j'ai fait le choix de mettre en scène un Drago et une Hermione avec de forts caractères. J'espère que tu trouveras l'originalité, que tu recherches, au fil des chapitres :)


Chapitre 2

Le lundi suivant, Hermione se présenta, souriante et sereine, devant l'immeuble où elle allait entamer sa première journée de travail. En plus du contrat, elle avait reçu par le courrier son badge, qui lui permettrait de ne pas avoir à s'annoncer à l'accueil. La nouvelle embauchée salua tout de même la femme blonde derrière le comptoir. Cette dernière lui rendit un signe de tête, les yeux soupçonneux. Son regard se porta sur l'encart que la brune avait accroché à son blazer. Elle effectua une grimace peu amène et détourna le regard. La juriste alla directement vers les ascenseurs, sans faire un détour par le stand de café. Elle en avait déjà avalé un avant de venir, et n'avait pas besoin d'énergie supplémentaire. La cabine se remplit et elle fut reléguée au fond. Quand le septième étage fut annoncé, elle força pour sortir. Habituée aux métros parisiens bondés, elle n'en fit pas plus cas.

- Ah Hermione ! Parfaitement à l'heure. Suivez-moi, je vais vous montrer votre bureau.

Elle n'avait pas eu le temps de souffler, que son patron l'embarquait déjà pour lui faire faire le tour de l'étage. Elle devait marcher vite pour arriver à le suivre. Il la présenta à un bon nombre de collaborateurs. Elle ne retint même pas un quart des prénoms cités. Tout allait trop vite pour que son cerveau enregistre quelque chose. Elle se promit de repasser quand elle aurait un moment de libre, pour faire plus amplement connaissance avec toutes les personnes présentes dans l'open-space. Ne perdant pas son objectif de vue, elle était certaine qu'il y aurait bien un salarié qui pourrait lui donner des informations sur ce qu'elle recherchait. Cependant, ce n'était guère le moment de penser à sa quête personnelle.

Après avoir dépassé les salles de réunion, où Hermione avait passé son étrange entretien une semaine plus tôt, le chef d'équipe et sa nouvelle subordonnée arrivèrent dans un nouvel open-space. Il n'y avait que deux autres personnes présentes. La jeune femme se demanda si d'autres collaborateurs devaient les rejoindre un peu plus tard dans la matinée. Il lui semblait bizarre, au vu des autres bureaux, que l'équipe de Jack soit seulement composée de Marianne et de Malefoy. De ce qu'elle avait compris en faisant quelques recherches durant sa dernière semaine de repos, les deux hommes étaient les figures de proue du cabinet en conseils juridiques. Ils avaient une réputation bien établie dans le milieu. Il était donc impensable qu'il n'y ait pas une armée de stagiaires ou de petit personnel à leurs services. Sa stupéfaction n'avait pas dû échapper à son nouveau patron, car ce dernier prit la parole.

- Bienvenue dans l'équipe, Hermione. Vous nous connaissez déjà tous, cela va nous gagner du temps. Votre bureau est juste ici.

D'un geste ample du bras, il montra l'endroit situé juste en face de Malefoy. Ce dernier avait une mine fermée. La jeune embauchée se retint de lever les yeux au ciel. Ainsi, elle allait devoir cohabiter de près avec son collègue. Cela promettait d'être riche en rebondissements. D'ailleurs, elle n'en oublia pas moins la question qui lui traversait l'esprit depuis qu'elle était entrée dans l'open-space.

- Excusez-moi, Jack, mais nous ne sommes que quatre ?

- En effet, cela vous étonne-t-il tant que cela ?

- Eh bien … Je pensais qu'une équipe avec un aussi bon taux de réussite que le vôtre aurait plus de personnes à sa disposition.

Un ricanement se fit entendre à la gauche d'Hermione. Cette dernière tourna son regard vers le blond, qui arborait un rictus narquois. Jack et Marianne échangèrent une œillade qui en disait long. Drago et la nouvelle n'allaient pas tarder à connaître leur seconde prise de bec depuis qu'ils se connaissaient.

- Vous croyez vraiment que l'on avait une armée de personnes sous-payées pour faire les tâches ingrates, Granger ?

La susnommée rougit. Comment avait-il fait pour comprendre directement le sens de ses pensées ? Elle ouvrit la bouche pour lui répondre, mais le blond la devança de quelques secondes.

- Sachez que les personnes qui étaient à votre place jusqu'à présent n'avaient pas satisfait nos ambitions. Votre poste n'est pas acquis, loin de là.

- Dans ce cas, mettons-nous au travail. Je veux vous prouver que je n'ai pas postulé pour me tourner les pouces par la suite.

- Nous verrons combien de temps vous tiendrez.

- Ne soyez pas si pessimiste, Malefoy, je compte bien rester pendant un bon moment.

Hermione avait choisi de ne pas répondre à la première pique de son nouveau collègue. Le fait qu'il ait repris ses propres mots montrait bien qu'il était loin d'avoir digéré leur confrontation de la semaine précédente. Cependant, la brune n'en fit pas cas. Comme elle l'avait dit, il était temps de se mettre au travail. Elle avait bien conscience qu'elle devait faire ses preuves, la seule signature de son contrat n'en était pas une. Elle rejoignit donc son bureau, accompagnée par Marianne. Cette dernière allait l'aider à se familiariser avec sa boîte mail et les différents logiciels présents sur son ordinateur portable de fonction. Concentrée à sa tâche, pour assimiler au plus vite toutes les procédures, la jeune femme ne vit pas le temps passer.

Ce ne fut que lorsque Jack déposa une boîte remplie de nourriture devant son nez, sur ses fiches de notes, qu'elle releva la tête. Elle s'apprêtait à rétorquer quelque chose, mais le grognement de son ventre la rappela à l'ordre. Elle remercia donc son chef, et récupéra ses papiers et les empila de manière ordonnée. Sur son bureau, tout était droit. Il n'y avait pas le moindre stylo de travers. Pour son premier jour, elle n'avait pas apporté de quoi le personnaliser un peu plus. Toutefois, le peu de matériel présent sur la table en montrait beaucoup sur les habitudes presque chirurgicales de la jeune femme.

- Maniaque, Granger ?

- Simplement ordonnée.

Hermione croisa le regard gris de son collège, assis juste en face d'elle. Ce dernier n'avait vraisemblablement pas quitté son sourire narquois de toute la matinée. Devant cette vision, la brune leva les yeux au ciel et ouvrit la boîte de salade dans l'optique de se sustenter. Le silence revint dans l'open-space. Marianne avait déserté les locaux, souhaitant manger chez elle, auprès de ses enfants, plutôt que sur son lieu de travail. La secrétaire s'était finalement ouverte à la jeune femme, pendant qu'elles travaillaient ensemble. Au premier abord, la blonde était plutôt froide et peu sympathique. Toutefois, une fois que l'on perçait sa carapace, on pouvait voir qu'elle était attachée aussi bien à sa famille qu'à son travail. Elle avait raconté à la juriste qu'elle travaillait avec Jack depuis qu'il était entré dans l'entreprise.

A l'époque, Marianne avait été à un tournant de sa carrière. Son travail de secrétaire n'avait plus de sens pour elle. À ce moment-là, elle était en poste à l'accueil du même bâtiment, où elle évoluait à présent au septième étage. Alors qu'elle était partie pour taper la lettre de démission qui aurait scellé son destin, un jeune homme s'était présenté devant le comptoir. Elle ne le connaissait ni d'Eve ni d'Adam. Pourtant, il lui avait paru tout de suite sympathique. La femme devait le reconnaître, elle n'avait jamais été très avenante au premier abord. Mais lui, il lui avait automatiquement donné envie de sourire, comme ses enfants ou son mari pouvaient le faire. Il s'était rapidement présenté à elle, et elle en avait fait de même, suspicieuse. Sans prévenir, il lui avait dit de cesser toutes ses activités et de venir travailler pour lui. Sur le coup, elle avait été totalement perdue. Comment avait-il su pour son envie d'ailleurs ? Peut-être était-ce dû à ses yeux chaleureux, ou à son ton joueur, mais elle avait cédé directement. Et du comptoir du rez-de-chaussée, elle était arrivée dans un immense bureau ouvert du septième étage.

Tout en mangeant, Hermione repensa à tout ce que lui avait raconté Marianne. La brune ne croyait pas vraiment au destin ni aux coïncidences, pourtant, elle ne pouvait pas nier que l'histoire de la secrétaire et de Jack était loin d'être anodine. À présent, elle se demandait comment Malefoy était entré dans l'équipe. Elle se posait également des questions sur son patron. Il était discret. La presse parlait plus des coups d'éclat de l'avocat blond que de son mentor. Car, oui, elle avait bien remarqué le comportement qu'ils avaient l'un envers l'autre. Elle mourrait d'envie de leur poser ses interrogations. Cependant, elle ne se sentait pas encore légitime pour cela. Elle ne les connaissait pas encore assez. Une matinée auprès d'eux était loin de faire l'affaire, surtout pour gagner la confiance de Drago.

Après leur déjeuner et le retour de Marianne au bureau, Hermione put enfin travailler sur une affaire. Maintenant qu'elle avait bien pris en main ses outils de travail, Jack lui avait assuré qu'il était temps de la mettre dans le bain. Ce fut pourquoi elle comprit, finalement, l'utilité du grand tableau blanc qui trônait contre l'un des murs de la pièce. Apparemment, le fonctionnement de l'équipe était le suivant : ils travaillaient tous sur la même affaire, chacun utilisant ses compétences pour traiter une partie précise du cas. Cela changeait radicalement de tout ce qu'avait pu voir la juriste brune jusque-là. Aucun des membres n'avait son propre portefeuille de clients. En définitive, elle avait l'impression d'être entrée dans une équipe de la police criminelle, comme elle pouvait en voir dans les séries télévisées qu'elle avait l'habitude de regarder durant ses soirées solitaires.

Saisissant un carnet et un stylo, Hermione se tint prête pour prendre des notes sur ce que Jack s'apprêtait à exposer. Elle surprit le regard et le rictus narquois de Malefoy. Cependant, ce dernier n'ajouta pas de réplique sarcastique à ce combo. La concentration était de mise.

- Maintenant qu'Hermione est pratiquement autonome, passons à l'affaire qui va nous préoccuper ces prochains jours. J'ai été contacté par une connaissance, un grand patron d'une entreprise que nous nommerons X pour cette fois. Son problème est le suivant : il a eu la merveilleuse idée d'engager des mercenaires pour assurer sa protection. Mais au lieu de faire appel à une entreprise de confiance, il a pris les premiers qui lui passaient sous la main. Le voici donc avec des hommes de main appartenant à une mafia sarde, et cette dernière menace de le traîner en justice pour ne pas avoir payé correctement ses nouveaux employés. Il n'est pas la peine de vous préciser que s'ils peuvent lui intenter un procès, c'est qu'ils ont aussi une façade légale.

Drago avait observé Hermione durant toute la présentation, au lieu de prendre des notes ou de réellement écouter ce que racontait son patron. Il attendait de voir la moindre réaction de sa nouvelle collègue. Quelle ne fut pas sa déception quand il comprit qu'elle ne quitterait pas son visage concentré ! Il pensait qu'elle aurait sauté de chaise en apprenant quel genre de clients ils prenaient en charge. Mais non, elle n'avait pas bougé d'un iota. Décidément, cette jeune femme l'intriguait. Sous ses airs de fille sage et d'une exemplarité sans failles, elle était une battante, son parcours de vie le prouvait. Pourtant, il ne pouvait s'empêcher de vouloir la faire sortir de ses gonds. Il avait toujours été friand de compétition, et la juriste lui en offrait sur un plateau d'argent. Il ne savait pas vraiment pourquoi il avait envie de la surpasser, alors qu'en fin de compte, il ne connaissait même pas ses compétences. Peut-être avait-il senti en elle une adversaire capable de l'affronter ?

Hermione avait bel et bien senti le regard argent de son collègue sur elle pendant la présentation de Jack. Cependant, elle n'avait pas pris la peine de croiser son regard. Elle avait bien compris son manège. Malefoy n'était pas toujours imprévisible. Il essayait de savoir si elle aurait une quelconque réaction en entendant les propos de leur patron. Cependant, elle ne s'était pas laissé prendre. Bien sûr que cela la révoltait de défendre une personne pareille. Sa moralité et sa conscience le lui rappelaient bien assez. Toutefois, il fallait qu'elle passe par là. Beaucoup de ses problèmes personnels résultaient d'une situation peu lointaine de celle de ce chef d'entreprise louche. Reléguant ses soucis dans un coin de son esprit, elle finit de noter quelques mots sur son carnet, dont les quelques noms qu'ils avaient à disposition.

- Marianne, vous allez vous occuper de contacter notre client et toutes les personnes qui pourraient avoir été en contact avec les mercenaires.

- Tout de suite, Monsieur.

- Drago, je veux que tu me trouves toutes les preuves possibles et inimaginables pour créer une défense en béton pour le procès.

- C'est noté.

- Quant à vous, Hermione, je crois savoir que vous avez des contacts dans la police et chez le procureur. Vous allez me débusquer tout ce qu'il est possible de savoir sur cette mafia sarde, à commencer par son nom. Je ne veux pas arriver au tribunal avec les yeux bandés. Nous devons tout savoir sur eux. Ils doivent bien avoir un point faible, que nous pourrons exploiter sans la moindre difficulté.

- Bien, Jack.

La juriste ne laissa rien filtrer à travers le son de sa voix. Jack s'était-il renseigné sur elle ? Puis, en y réfléchissant, il n'était pas bien compliqué de trouver pourquoi elle avait des relations parmi les forces de polices et de la justice. Son père, Peter Granger était connu comme la Peste. La presse n'avait pas été tendre avec lui ces dernières années. Les erreurs faites dans son passé lui coûtaient cher à présent. Même si sa fille s'était donné pour mission de le sortir du bourbier dans lequel il s'était enfoncé, il y avait maintenant dix ans, il ne fallait pas qu'elle en oublie son travail. Sans ce dernier, elle ne pourrait pas avancer dans sa quête. Finalement, cette première assignation tombait bien. Ce fut avec un léger sourire aux lèvres qu'elle annonça à l'équipe qu'elle partait au poste de police situé non loin du quartier de la Défense. Jack approuva, Marianne lui demanda de toujours rester joignable, et Malefoy ne lui accorda pas le moindre mot. Hermione mit sa veste, prit son sac à main, son carnet glissé à l'intérieur, et partit l'esprit concentré sur sa mission.

Alors qu'elle s'éloignait dans les couloirs vitrés, Drago releva la tête pour étudier sa silhouette. Ce ne fut qu'une fois qu'elle eût disparu au détour d'un virage, qu'il cessa son observation. Jack ne lui avait pas fait part de ce qu'il savait sur la juriste. Le blond aurait aimé l'accompagner pour se faire une idée de ses manières de faire. Cependant, en tant qu'avocat, il avait la défense de son client à assurer. Pourtant, c'étaient les informations qu'allait sans aucun doute rapporter Hermione qui allaient décider de la marche qu'il suivrait. Pour l'instant, il ne pouvait qu'élaborer différents scénarios. Soudain, une main masculine se posa sur son épaule gauche et le sortit de ses réflexions.

- A quoi penses-tu, Drago ?

- C'est pour ses contacts dans la police et chez le Proc' que tu as voulu l'avoir dans l'équipe ?

- C'est une des raisons, oui. Mais pas seulement pour cela.

- Tu m'en diras tant …

Drago savait bien que si Jack n'était pas décidé à tout lui raconter, il n'en ferait rien. Même lui tirer les vers du nez allait être vain. Alors, le blond se concentra sur sa tâche, tout en mettant dans un coin de sa tête ses nombreuses interrogations. Peut-être pourrait-il questionner la brune quand elle reviendrait ? Ou alors, ferait-il des recherches par lui-même, une fois qu'il serait au calme dans son appartement ? Le mystère autour d'Hermione Granger s'épaississait et ce n'était pas pour lui déplaire. Marianne observa de loin le manège de son collègue. Elle avait un mauvais pressentiment. Cependant, elle n'avait pas le temps de s'appesantir sur ses ressentis. La secrétaire avait des dizaines de coups de téléphone à passer. Quant au chef d'équipe, il sortit à son tour du bureau, sans énoncer le lieu où il se rendait. C'était toujours comme cela. Il partait, revenait parfois seulement le lendemain matin, ou tard dans la nuit, dormant même sur le canapé qui était installé un peu plus loin dans la grande pièce. La blonde secoua la tête. Son patron n'était pas près de changer. Il n'avait que son travail dans la vie, malgré les tentatives de Drago pour l'ouvrir un peu au monde et aux plaisirs de la vie. Mais, il n'y avait rien à faire. Rien ne pouvait détourner Jack Sloper de ses idées.

Hermione, quant à elle, avait dégainé son téléphone dès qu'elle fut sortie de l'immeuble. Elle s'éloigna de quelques pas, histoire de ne pas se retrouver dans le flot des passants. Puis, d'un mouvement du pouce, elle fit défiler ses contacts. Quand elle tomba sur celui qu'elle recherchait, elle cliqua sur le bouton d'appel et porta l'appareil à son oreille. Les sonneries s'égrenèrent, et elle regarda autour d'elle pendant ces quelques secondes d'attente.

« Vous êtes bien sur le répondeur de l'inspecteur Potter. Laissez un message après le signal sonore, seulement si c'est urgent. »

- Harry, c'est Hermione. Rappelle-moi rapidement s'il te plaît.

Après avoir laissé son court message, la juriste raccrocha en soupirant. C'était toujours pareil avec son ami policier, il ne décrochait jamais. Elle remit son téléphone dans son sac, et se dirigea comme prévu vers le commissariat le plus proche. Elle n'avait pas choisi une entreprise basée dans le quartier de la Défense pour rien. Harry, mais aussi Ronald Weasley, ne travaillait pas très loin. Ce qui était pratique quand on devait les rencontrer pour une affaire. Cependant, s'ils n'étaient pas présents dans leurs bureaux respectifs, la jeune femme irait faire un tour au bureau du procureur. Après tout, la femme d'Harry, Ginevra, travaillait là-bas. Cette dernière était la meilleure amie d'Hermione, elle ne pourrait pas lui refuser une petite faveur.

Ce fut donc souriante que la juriste se rendit à pied au poste de police. Elle profita des rayons du soleil de l'après-midi et de la légère brise qui secouait ses cheveux. Pourtant, le matin était son moment préféré de la journée. Elle aimait voir s'éveiller la ville autour d'elle. Sur son chemin, elle croisa quelques employés retardataires, encore en train de finir leur repas de midi pris sur le pouce, et essoufflés de leur course contre le temps. Au bout d'une petite dizaine de minutes de marche, elle arriva enfin devant le commissariat. En entrant, elle n'eut même pas besoin de décliner son identité. Seamus Finnigan, le jeune officier de l'accueil, l'avait reconnue dès qu'elle eût franchi le seuil. Elle le salua d'un mouvement de la main et le policier lui montra la direction qu'elle devait suivre. Elle connaissait pourtant ce lieu par cœur, mais apparemment il y avait eu une réorganisation des bureaux, car elle ne trouva pas tout de suite le bureau d'Harry ni celui de Ronald par ailleurs.

- Hermione ! Par ici !

L'interpellée se retourna en entendant une voix masculine et familière. Derrière elle se trouvait un de ses meilleurs amis, ses cheveux noirs indisciplinés et ses yeux verts surmontés de lunettes rondes. Elle fit les quelques pas qui la séparaient d'Harry et lui donna une bise sur chaque joue. Il l'invita à entrer dans la pièce dont il était sorti, lorsqu'il l'avait aperçue passer dans le couloir. Il referma ensuite la porte derrière eux et l'invita à s'asseoir dans une des chaises positionnées en face de son bureau. Elle s'exécuta toujours le sourire aux lèvres, ravie d'être tombée très rapidement sur la personne qu'elle cherchait.

- J'ai vu que tu m'avais laissé un message. J'allais justement te rappeler quand je t'ai vue passer devant mon bureau. De quoi voulais-tu me parler ?

- C'est pour ma première affaire. As-tu déjà entendu parler de Tom Jedusor ?

- Son nom me dit quelque chose … Il n'est pas un grand chef d'entreprise ?

- C'est exact. Récemment, il a engagé des hommes de main pour assurer sa protection. En toute légalité, je te rassure.

- Quand tu me dis ça, je ne peux être sûr de rien …

- Fais-moi confiance un peu. Bref, il se trouve que ces nouveaux employés se sont retrouvés sous-payés. Mais …

- Il y a toujours un « mais » avec toi, Hermione. Et c'est là que les ennuis commencent … On disait que c'était moi qui les attirais, mais en fait c'est toi.

- Arrête donc de m'interrompre toutes les trente secondes. Je disais donc que ces personnes sous-payées appartiennent à un groupe qui n'est pas en bons termes avec Jedusor. C'est pourquoi je me demandais si tu n'aurais pas des informations sur un groupuscule de Sardes qui agirait récemment sur Paris.

- Et voilà, j'en étais sûr. Tu me parles encore des Serpenti ?

- Ton accent italien s'améliore de jour en jour, tu le savais ?

- Ne détourne pas le sujet, Hermione Jean Granger. Qu'est-ce que tu fais ?

- Je m'en vais, ça ne se voit pas ?

- On n'en a pas terminé !

Hermione récupéra rapidement ses affaires, faisant tourner court la discussion avec son meilleur ami. Elle n'avait pas besoin d'informations supplémentaires de sa part. Sa supposition s'était avérée correcte. Harry essaya de la rattraper, mais le temps qu'il se redresse et contourne son bureau, elle était déjà dans le couloir. Ne voulant pas crier, ce qui rameuterait à tous les coups ses collègues, il se contenta de marcher vite à sa suite. Ils croisèrent un Ronald surpris de la présence de la juriste dans les locaux.

- Salut Ron ! On se voit bientôt, et donne bien mon bonjour à Lavande !

- Ron, arrête-la tout de suite !

Cependant, pour le plus grand malheur de l'inspecteur Potter, le roux n'en fit rien. Il laissa passer Hermione, sans même lui répondre quoi que ce soit. Malgré ses talons, la brune marchait plus vite que la moyenne des femmes de son âge. Elle lança un signe d'au revoir à Seamus, et s'engouffra à l'extérieur. L'officier d'accueil n'eut pas le temps de lui répondre. Il vit ensuite Harry, son supérieur, débarquer, rouge de colère. Il se demanda ce qui avait bien pu se passer entre ces deux-là pendant la petite dizaine de minutes où la jeune femme avait été là. Sans plus d'explications, il eut droit à un regard rempli d'éclairs de l'agent des forces de l'ordre aux yeux verts. Alors que ce dernier s'en retournait à son bureau, Seamus se contenta de hausser les épaules, habitué aux sautes d'humeur de l'inspecteur.

Hermione se retourna pour voir si son meilleur ami la suivait à l'extérieur, mais ce ne fut pas le cas. Il n'allait jamais plus loin que le bureau d'accueil. Chaque fois, il se faisait prendre à son jeu. Il n'arrivait jamais à la rattraper. Elle était tout de même certaine qu'elle se prendrait une soufflante par téléphones interposés. D'ailleurs, elle devait se dépêcher de rendre une petite visite à Ginevra, avant que son mari ne lui apprenne cette nouvelle incartade. Tout en se dirigeant vers la bouche de métro la plus proche, la jeune femme réfléchissait. Comme elle l'avait pressenti quand Jack avait présenté l'affaire, c'était bien la mafia des Serpenti qui était dans le coup. Cette mafia, Hermione la connaissait un peu trop bien à son goût. Elle repensa ensuite à son père.

Papa, quelle chance que ma première affaire m'emmène tout droit vers eux. Je vais te trouver une solution. Je vais te sortir de cette prison où tu es enfermé à tort. Ne t'en fais pas pour moi.


Et voilà ! Le contexte se met doucement en place. Vous en saurez plus au fur et à mesure. N'hésitez pas à laisser une review juste en-dessous pour me faire part de vos commentaires.

Prenez soin de vous, à jeudi prochain,

MrsBrunette