Me revoilà avec une nouvelle histoire, cette fois-ci centrée sur un natif de l'univers de One Piece de Monsieur Oda.
J'espère que cette nouvelle histoire vous plaira.
Coeur sur vous les lecteurs ! Et Bonne lecture !
Chapitre 01 - Vers la liberté
/ Ile d'East Blue, Année 1522 /
Je replace derrière mon oreille une longue mèche de mes cheveux alors même que ma main est couverte d'un liquide carmin encore chaud. Dans mon autre main, je tiens un reste de couteau trop aiguisé, plus proche d'un morceau de métal que du couteau de chasse qu'il était. J'observe avec un peu de pitié cette mère de famille qui hurle devant moi, recroquevillé dans un coin de son salon en me suppliant de l'épargner. J'ai tué son fils, un garçon de ce village, son corps est étendu sur le sol.
J'observe vaguement la pièce autour de moi, c'est une petite pièce accueillant le salon et la salle à manger. Une trappe dans le plancher mène directement à la cave, et un escalier en bois conduit à l'étage de la petite maison. Je traverse lentement la pièce en retirant mon sac à dos, puis je l'ouvre. Mon sac contient tout ce que je possède, c'est-à-dire pas grand chose, plus de vide que d'affaires personnelles. J'engouffre à l'intérieur la nourriture que je trouve, des fruits, des pains, des denrées sèches. J'attrape l'argenterie familiale, je pourrai en tirer un bon prix quand je serai partie de cette île.
- « Pourquoi l'avoir tué ?! C'était un gentil garçon ! » - dit-elle en pleurant.
- « Vous aviez de la chance d'êtres ensemble, mais si vous l'aviez mieux élevé... peut-être qu'il ne serait jamais devenu une petite ordure. Je suis désolé de vous prendre un être cher, mais ma vengeance passe avant ma pitié envers vous. » - dis-je en allumant l'eau du robinet.
Je rince mes mains, mes bras, et j'essuie mes vêtements du sang de ma victime. Une fois plus propre, je jette mon sac à dos sur mon épaule pour continuer ma route. J'ai encore deux autres cibles à m'occuper avant de pouvoir partir. La maison du prochain garçon est de l'autre côté du village.
/ Près de 10 ans plus tôt... à l'âge de 7 ans /
J'observe mon reflet dans l'eau claire de la rivière. Mes cheveux roux sont en bataille, ils ont poussé depuis que je suis sur cette île. Je frotte doucement ma peau sale avec de l'eau pour dégager la terre qui la recouvre. Le couple de retraités qui s'occupait de moi est décédé... Je suis livrée à moi-même depuis quelques semaines. Depuis leur mort, je m'abrite dans la grotte la plus proche, je mange des baies, des racines et je vole de la nourriture dans le village. Si papa savait ce que je vis, il viendrait me chercher, j'en suis persuadée. Il me manque... atrocement tout les jours... Je n'ai aucun moyen de le contacter...
Des pierres tombent bruyamment dans l'eau autour de moi, je relève la tête vers l'origine des bruits que j'entends. Trois enfants m'observent avec dégoût, ils me lancent des pierres dans l'espoir de me frapper avec. J'ignore pourquoi ils me font ça... Ce n'est pas la première fois que je les vois me lancer des pierres.
- « Mon grand-père m'a dit que les roux n'ont pas d'âme ! » - crie le premier.
- « En plus, le maire du village dit que t'on père est un sale pirate ! Un criminel ! » - ajoute un deuxième.
- « T'es qu'un monstre ! La fille d'un pirate sans âme ! Tu deviendras comme lui sale monstre, un pirate qui tuera des gens. Tu mérites de mourir ! » - réplique le troisième.
- « Mon papa est marine, il sera très fier de moi si je te chasse de l'île. » - ajoute le premier garçon.
Tandis que l'un d'eux ramasse des pierres, les autres me les lancent. Quelques projectiles heurtent mon front, je me protège avec mes bras avant de me mettre à courir pour leur échapper. Je connais assez bien la forêt, suffisamment pour me cacher d'eux. Je peux les entendre courir après moi, ils me crient des choses que je n'ai pas envie d'entendre.
- « Il t'a abandonné ! Il ne reviendra jamais te chercher ! » - crie l'un d'eux.
- « C'est faux ! Il reviendra me chercher ! Vous n'êtes que des menteurs ! » - criais-je en sentant mes larmes piquer mes yeux.
/ Présent /
J'entre dans la maison de la deuxième famille, ils sont à table entrain de prendre leur repas. Mes prunelles sombres les fixe avec intensité, ils leur faut quelques secondes avant de réagir à ma présence. Je m'avance rapidement vers ma cible, j'enchaîne les coups de couteau dans son abdomen. Le père, marine de métier, s'élance vers moi pour me maîtriser. Je dois réagir rapidement pour qu'il ne prenne pas le dessus sur moi. J'attends la dernière seconde pour faire un pas de côté, puis j'enfonce le tranchant de mon arme dans ses côtes. L'homme s'effondre au sol près du corps de son fils agonisant tandis que la mère de famille et sa fille sont figées d'effroi.
- « Tu disais que j'étais née en tant que monstre, mais tu as tors, c'est vous qui avez fait de moi un monstre. Je le retrouverai ! » - dis-je avec émotion.
/ 11 ans plus tôt... à l'âge de 6 ans /
Papa me sert très fort dans ses bras, je me sens incroyablement grande lorsqu'il me porte contre lui. Ses lèvres rencontrent ma joue dans un baiser-prout qui me fait rire. C'est un bisous durant lequel il souffle fort contre ma joue pour faire un prout comme des pets. Son visage vient se frotter contre le mien, son nez caresse mon front.
Je n'ai pas de maman, mais j'aime mon papa comme autant que les glaces. J'ai plusieurs tontons, certains sont grands, d'autres gros, minces, avec des longs cheveux, ou des cheveux courts. Papa à des cheveux roux, comme les miens. Il dit toujours que c'est la couleur de l'amour. J'aime bien l'embêter toute la journée, il est la personne que j'aime le plus au monde.
L'un de mes tontons vient caresser mes cheveux, il discute de quelque chose avec papa. Papa me dit ensuite de regarder l'horizon, une île est visible au loin. Papa me ramène dans notre chambre pour m'aider à changer de vêtements, il coiffe mes cheveux, puis il caresse mon visage avec ses mains un peu rugueuses. Il dépose un baiser sur mon front avant de m'accompagner sur le pont pour descendre à terre.
Sur place, un couple de vieilles personnes nous accueille, papa me demande d'aller jouer plus loin dans l'herbe. Je le fais avec joie, je n'ai pas touché d'herbe verte et grasse depuis trois semaines. Je lance des regards en arrière de temps en temps, papa discute avec le couple. Mes tontons me surveillent de loin, je leur fais des signes de temps en temps. Je commence à cueillir des pissenlits pour faire un bouquet pour papa. Lorsque je termine, un certain temps s'est écoulé. Je reviens vers papa avec mon bouquet, il me serre très fort dans ses bras, son sourire n'est pas habituel.
- « Titania-chan, mon trésor, tu vas rester ici avec ces personnes, à partir de maintenant ils seront ton grand-père et ta grand-mère. » - dit papa.
- « Non ! » - dis-je avec inquiétude.
Mes sourcils se froncent, je lâche mon bouquet pour attraper les manches de la chemise de papa. Est-ce qu'il veut me laisser ici ? Je veux pas le quitter ! J'ai tellement peur, j'ai envie de pleurer.
- « Tu dois rester ici Tania, rester avec nous sur le navire est trop dangereux. Je reviendrai te chercher, s'il te plaît Tania ne me rend pas la tâche plus difficile. » - dit papa avec une voix brisée.
- « Non ! Non ! Noooooooon ! » - criais-je de toutes mes forces.
- « Papa t'aime Tania. » - ajoute Papa en me poussant dans les bras du vieil homme.
Le vieil homme me retient pour m'empêcher de retenir papa. Mes tontons attendent papa devant la passerelle, papa est en train de partir... il va me laisser ici... seule avec ces gens. Je refuse, je ne peux pas le laisser partir. Je me mets à hurler de toutes mes forces, poussant des pleurs de déchirement.
- « PAPAAAA ! PAPAAAAAAA ! NOON ! REVIENS ! NE ME LAISSE PAS ! PAPAAAAAAAAA ! » - criais-je en pleurant.
Je vois papa remonter à bord du navire, les marins retirent la passerelle. Le navire commence à être poussé par le vent, il s'éloigne de la berge. Je me libère des bras du vieil homme pour me lancer à la poursuite du navire, je me jette à l'eau dans l'espoir de les rejoindre. L'eau salée est glaciale, je nage avec difficulté derrière le navire qui est plus rapide que moi. Le vieil homme saute à l'eau pour m'attraper tandis que ma respiration se fait chaotique. Mes pleurs n'empêchent de respirer, j'ai l'impression d'étouffer. Le navire continue de s'éloigner de plus en plus rapidement, ils ne reviendront pas...
Papa m'a laissé derrière lui, peut-être qu'il ne reviendra jamais ? Peut-être qu'il ne m'aimait plus ? L'ai-je déçu ? Pourquoi ...?
/ Présent /
J'entre dans la troisième maison juste au bout de la rue. J'arrive dans le salon du foyer, personne n'est en vue. Je grimpe les escaliers menant à l'étage pour ouvrir une à une toutes les pièces jusqu'à trouver ma cible dans ses toilettes. La pitié ne retient pas ma main lorsque je le poignarde pendant qu'il fait sa grosse commission. J'attrape un rouleau de papier toilette que je fourre dans mon sac à dos, puis je redescends à l'étage du dessous pour remplir mon sac de denrées, d'une couverture légère, d'un nouveau couteau de chasse, d'un pistolet sans munition et j'enfile une veste appartenant à quelqu'un d'autre.
Je n'ai plus aucun nom sur ma liste de vengeance, je vais pouvoir quitter cette île sans me retourner. Je contourne la ville par la forêt en longeant sa périphérie pour rejoindre les quais du port. Je peux entendre que les habitants sont en effervescence car ils ont entendu parler d'attaques à l'arme blanche. Je tire ma capuche sur ma tête pour me cacher alors que je grimpe jusqu'aux cales d'un navire marchand n'ayant pas fière allure. Je m'installe entre d'immenses caisses, j'attendrai le soir pour fouiller les cargaisons. J'ignore où me conduira ce navire, mais tout ce que je désire... c'est quitter cette île pour retrouver mon père. J'ai oublié son visage depuis bien des années à force de me remémorer mes souvenirs de lui... Mais je n'oublierai jamais son sourire... ses cheveux... et l'allure des membres de son équipage. Je n'oublierai jamais les belles années qu'ils m'ont offert... car tout ce que je désire, c'est retrouver ma vie auprès d'eux.
La suite au prochain chapitre ! ;)
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