Bonjour, bonjour !

J'espère que vous allez bien. La semaine dernière, il n'y a pas eu de chapitre, car, pour des raisons personnelles, je ne pouvais pas publier. A partir de cette semaine, je vais commencer à travailler, donc il n'y aura plus qu'une publication toutes les deux semaines pour me laisser le temps d'écrire les prochains chapitres. Je remercie d'ailleurs Jess-Lili pour ses corrections et son soutien !

Sur ce, je vous laisse avec la suite de Que Justice soit faite !


Chapitre 11

Leur étreinte dura encore quelques instants, le temps qu'Hermione reprenne ses esprits. Puis quand elle se détacha doucement des bras de Drago, elle leva la tête pour croiser son regard argent. Aucun des deux n'était encore prêt à formuler à voix haute leurs pensées, mais l'intensité des émotions qui passaient à travers leurs yeux était palpable. Le visage de la jeune femme avait repris quelques couleurs, et un faible sourire éclaira son visage. L'avocat le lui retourna, et il se rappela qu'il avait quelque chose à lui donner, avant qu'ils ne passent le portail de l'institut psychiatrique. Elle le regarda chercher dans les poches de sa veste. Il en sortit un écrin de velours noir. Il l'ouvrit, et à l'intérieur se trouvait une magnifique bague. Celle-ci semblait ancienne, et la brune ne put s'empêcher de tendre les doigts vers l'objet. Elle s'arrêta juste avant.

- Prends-la, tu en as besoin. Que serait une femme mariée sans son alliance ?

- Elle est très belle, je ne peux pas te l'emprunter. Elle doit valoir une fortune !

- Si je te la propose, c'est que tu peux, Granger. Allez, avant que je ne te la mette.

Dans le regard et dans la voix de Drago, on pouvait voir, et entendre poindre, une note de défi. Un éclat de malice jaillit des pupilles chocolat de la jeune femme. Le blond fut ravi de la voir enfin. Il regarda ensuite Hermione tendre sa main gauche, le prenant au mot. Avec un sourire narquois, il sortit la bague de son écrin, et la passa à l'annulaire de sa collègue. Il l'avait faite ajuster quand il avait eu l'idée de la lui donner. Elle lui allait parfaitement. Ce n'était que pour un rôle qui durerait une heure tout au plus, mais le geste avait tout de même une symbolique. Tous deux avaient la fameuse phrase, « Vous pouvez embrasser la mariée. », qui résonnait dans leurs têtes. Cependant, ils se contentèrent de se sourire, même si leurs regards allaient régulièrement de leurs yeux à leurs bouches. Le jeune homme tendit sa main droite à la brune, qui la prit, et ils avancèrent vers la grille. Tandis qu'ils passaient enfin le portail de l'hôpital, la curiosité de la juriste revint au galop, ses yeux se posant régulièrement sur l'anneau.

- Cette bague semble très ancienne. À qui appartenait-elle ?

- Elle est dans ma famille depuis des générations. C'est ma mère qui me l'a donné le jour de l'enterrement de mon père.

Des souvenirs douloureux rejaillirent dans les esprits des deux jeunes gens. Ils se souvenaient encore de leur journée alcoolisée, où chacun s'était confié sur son enfance et sur ce qu'ils avaient ressenti lors de la perte d'un parent. Toutefois, ils durent chasser au plus vite ces réminiscences, car ils arrivaient à la porte d'entrée de l'institution. Ils échangèrent un dernier regard, et Hermione passa le battant la première, suivie de près par Drago. Le faux couple s'avança jusqu'au comptoir où une femme travaillait. Cette dernière leva les yeux vers eux, et leur accorda un sourire professionnel. L'accueil était froid, mais on était très loin des paroles et regards incendiaires de Rusard. La juriste annonça le but de leur visite, et la personne les conduisit jusqu'à une salle d'attente. Cette dernière était vide, et ressemblait beaucoup à ce que l'on pouvait trouver dans celles des médecins généralistes. Les brochures traitaient de maladies mentales, les magazines dataient de l'année précédente, et les chaises étaient inconfortables. Le duo était seul dans la pièce. Ils avaient une avance de cinq minutes, et ils eurent l'impression qu'elles ressemblaient à des heures entières. À l'heure pile de leur rendez-vous, la porte s'ouvrit, et une femme d'âge mûr, habillée intégralement en rose vint les voir.

- Bonjour Madame et Monsieur Malefoy. Je suis ravie de vous accueillir dans mon établissement. Je suis la docteure Dolores Ombrage.

- Nous sommes ravis de vous rencontrer.

- Veuillez me suivre, nous allons discuter dans mon bureau.

S'en suivit une marche rapide dans un dédale de couloirs qui donna le tournis à Hermione. Elle n'eut pas le temps de détailler son environnement ni de faire attention aux personnes qu'elle croisait. La femme en rose n'était pas grande, mais elle marchait très vite. Les faux époux entrèrent dans un bureau, dont la décoration leur semblait tout droit sortie d'un manège de fête foraine. La couleur rose bonbon appliquée sur trois des quatre murs leur piqua les yeux. Drago resta sans voix quand il aperçut tous les cadres contenant des photographies de chats, accrochés aux murs, posés sur les meubles ou exposés dans les bibliothèques. La docteure Ombrage les invita à s'asseoir sur les fauteuils roses installés devant la grande table en acajou où trônaient ordinateur et piles de dossiers. La directrice de l'établissement psychiatrique semblait organisée, mais elle avait une passion pour les félins qui prenait beaucoup de place. Une question se posa dans la tête des deux collègues : était-il vraiment raisonnable de laisser une telle personne gérer un hôpital de ce type ? Avant qu'ils ne puissent pousser plus loin leurs réflexions, l'objet de leurs pensées prit la parole.

- Si j'ai bien compris ce que m'a raconté ma secrétaire, vous êtes là pour connaître nos services, c'est cela ?

- Tout à fait. Ma tante, Bellatrix, aurait besoin du soutien de vos équipes. Jusqu'à présent, elle pouvait encore vivre seule, avec une aide à domicile pour veiller à ce qu'elle mange, ou ait un train de vie assez stable. Mais, après avoir voulu incendier près de trois fois son appartement, nous nous sommes dit qu'il valait mieux faire appel à des spécialistes.

- Vous avez eu raison. Dans notre hôpital, elle sera sous bonne garde. Toutes les familles de nos patients sont satisfaites des progrès de leurs proches. Souffre-t-elle d'autres choses que de pyromanie ?

- De schizophrénie également. Comprenez bien que nous ne voulons pas la rendre à l'état de légume avec des dizaines de médicaments par jour. Nous voulons qu'elle puisse vivre en communauté, même si elle sera très surveillée.

- Je vois totalement ce dont vous voulez parler. A-t-elle des antécédents avec la drogue ou l'alcool ?

- Pas à notre connaissance.

L'interrogatoire concernant la fameuse Bellatrix continua ainsi pendant une dizaine de minutes. Hermione laissait son faux mari répondre aux questions pointues de la docteure. Il ne fallait pas risquer de faire un faux pas, et ainsi dévoiler la supercherie. Petit à petit, ses pensées dérivèrent vers son père. Elle espérait qu'Ombrage leur propose une visite guidée de l'institution, ainsi elle aurait peut-être une chance d'apercevoir Peter Granger. Maintenant qu'elle avait réussi plus ou moins à prendre sur elle pour entrer dans l'hôpital, elle ne voulait plus en sortir avant d'avoir vu son géniteur en chair et en os. Le souvenir de la menace de Rogue était encore gravé dans sa mémoire. Elle ne put s'empêcher de frissonner d'effroi. Toutefois, sa détermination reprit le dessus, quand elle se mit en tête qu'elle devait absolument voir son père avant de partir. Elle se reconnecta donc avec le moment présent, et reprit le fil de la conversation qui se déroulait à côté d'elle.

- Au niveau du prix…

- Excusez-moi de vous interrompre docteure Ombrage, mais j'aimerais visiter vos infrastructures avant que nous parlions argent. Je ne voudrais pas que tante Bellatrix ne se sente pas chez elle ici.

Si la directrice fut surprise de l'intervention d'Hermione, elle ne le montra pas. Son visage se tourna vers la jeune femme, son sourire professionnel ne quittant pas ses lèvres. Quant à Drago, il s'était tellement pris au jeu de répondre aux questions concernant sa tante, qu'il en avait oublié le but premier de cette visite dans l'hôpital psychiatrique. Reprenant ses esprits, il attendit la réponse de la femme en rose.

- Bien sûr, Madame Malefoy. Tout ce qui vous plaira. Veuillez me suivre s'il vous plaît.

Les faux époux se levèrent, et suivirent Ombrage. Cette dernière marcha moins vite que lors de leur premier trajet, pour prendre le temps de leur expliquer ce qui se trouvait derrière chaque porte. Avec Hermione, elles avancèrent côte à côte dans les couloirs. Drago resta en retrait, conscient qu'il s'était déjà beaucoup mis en avant. Il en profita donc pour compter le nombre de caméras présentes dans les lieux. De temps en temps, ils croisèrent des infirmières et des médecins. Dans les salles communes, ils virent des familles avec leurs proches. Il y avait également des gardes, des barres de fer aux fenêtres et des alarmes en tous genres sonnaient de temps en temps. On ne pouvait pas oublier l'endroit où l'on se trouvait. La surveillance était constante, comme dans une prison.

- Pourrions-nous rencontrer des familles de patients, voire des internés, avant de créer notre contrat ? Avoir leurs avis pourrait être intéressant.

- Je peux vous laisser une heure dans la salle commune, si vous le souhaitez. Faites tout de même attention avec nos résidents. Les plus stables mentalement ont le droit d'être dans cette pièce, mais nous ne sommes jamais à l'abri d'une crise. Restez ici, je vais prévenir les surveillants.

Tandis que la directrice s'éloignait, Drago et Hermione se rapprochèrent pour échanger quelques mots avant qu'elle ne revienne.

- C'est notre chance de savoir ce qu'il se passe ici. Je propose qu'on se sépare pour interroger le plus de monde possible.

- D'accord, on fait comme ça. Une heure, c'est court, mais au moins on aura des informations.

Ils arrêtèrent leurs messes-basses quand Ombrage revint vers eux. Elle les conduisit dans la salle commune, leur rappela quelques consignes de sécurité, et leur dit qu'ils pourraient la retrouver dans son bureau. Le faux couple donna son assentiment, et, sous l'œil vigilant des gardes, ils appliquèrent leur plan décidé quelques minutes auparavant. Hermione s'avança vers un homme d'âge mûr, qui portait l'uniforme réglementaire des patients de l'établissement. Drago se dirigea vers une femme, qui était attablée avec un jeune garçon et un homme. Il fut accueilli avec des sourires, et on le convia volontiers à s'installer avec eux. Le blond se présenta, et entama la discussion.

- Mon épouse et moi-même aimerions que ma tante vienne vivre ici quelque temps. C'est pourquoi j'aimerais avoir vos avis sur cette institution.

- Cela fait quelques années que ma femme vit ici. Nous avons vu de nets progrès dans la gestion de sa cleptomanie, n'est-ce pas, chérie ?

- Oui, tout à fait. Mon internement ici m'a évité la prison, vous savez. Il m'arrivait de voler dans les supermarchés, ou dans les bijouteries par exemple. Les thérapies de groupes m'ont bien aidée à comprendre ce qu'il se passait dans ma tête, et à contrôler mes pulsions.

- Vous avez pu la visiter comme vous en aviez envie ?

- En effet. Les plages d'heures de visites sont très larges, et c'est très pratique quand je rentre tard du travail, ou que notre fils veut voir sa mère après l'école.

- Avez-vous eu des soucis avec d'autres patients ?

- Aucun. Tout le monde est un peu méfiant des uns et des autres au début, c'est normal. Mais ensuite, on finit par tous se connaître. Et puis, tous les patients les plus instables sont enfermés dans une autre aile du bâtiment.

- J'ai remarqué qu'il y avait beaucoup de caméras de surveillance. Vous sentez-vous en sécurité ici, Madame ?

- C'est vrai que leur nombre a beaucoup augmenté ces derniers temps. Mais au fur et à mesure, on n'y fait plus attention. C'est normal de nous surveiller, on ne sait jamais ce qu'il pourrait arriver.

La famille et l'avocat discutèrent encore quelques minutes. Drago notait dans son esprit toutes les informations qui pourraient lui être utiles par la suite. Ce témoignage allait en faveur de l'hôpital. D'après cette femme, il n'y avait aucun problème venant d'une surveillance accrue, ou d'allées et venues de personnes étranges. Le blond prit congé et alla à la rencontre d'un autre patient, qui jouait aux cartes à une autre table. Il jeta un coup d'œil vers Hermione, qui semblait plutôt calme à première vue. Soudain, un bruit de bagarre se fit entendre dans le couloir. L'attention de toutes les personnes présentes dans la salle commune se tourna vers la porte. Les surveillants leur tournaient le dos, regardant eux aussi qui était responsable de ce remue-ménage. La juriste quitta l'homme qu'elle interrogeait pour se rapprocher de son faux mari. Ce dernier essayait de voir ce qu'il se passait par les vitres, mais celles-ci étaient trop opaques pour qu'il puisse voir quoi que ce soit. Tous entendirent des cris masculins, ainsi qu'une femme appelant quelqu'un.

- Monsieur Granger, arrêtez-vous ! Vous n'avez pas le droit d'aller dans la salle commune. Vite, amenez-moi un sédatif.

Hermione se tendit à l'entente de son patronyme, tous ses sens en alerte. Elle fit un premier pas, mais fut retenue par Drago. Elle se tourna brutalement vers lui, le foudroyant du regard. L'avocat regarda autour de lui, et vit que l'attention des autres personnes était focalisée sur l'incident. Il tira donc légèrement sur le bras de la juriste pour la rapprocher de lui, et lui chuchoter à l'oreille quelques mots.

- Je sais que c'est ton père qui n'est pas loin, mais n'y va pas. Cela mettrait en péril notre couverture.

- Tu ne peux pas m'en empêcher. Je me suis promis de le voir avant de partir d'ici. C'est peut-être ma seule chance…

- Reste ici.

Toutefois, le blond se rendit bien compte que cela allait être impossible. La brune s'était mise en tête qu'elle verrait son père, et à présent qu'il n'était qu'à quelques pas, elle n'allait pas s'arrêter. Elle se dégagea de la poigne de son époux d'une matinée, et s'avança vers les surveillants. Tout à coup, ces derniers s'écartèrent alors qu'un homme en uniforme arrivait droit sur eux. Ils l'attrapèrent par les bras pour le retenir. Il se débattit, ses yeux bruns se posèrent sur Hermione, qui était tétanisée. Là, à un mètre d'elle, se trouvait son père. En dix années d'internement, il avait bien changé. Il s'était certes remplumé, depuis son arrestation, mais son esprit ne semblait plus du tout le même. La jeune femme avait à faire avec un Peter Granger qu'elle ne reconnaissait pas. Il avait l'air encore plus instable que quand la police l'avait mis dans cette institution. Drago s'approcha doucement, prêt à intervenir si la situation dégénérait encore plus. Le père et la fille se dévisagèrent sans rien dire. La juriste n'était pas certaine que son géniteur se souvenait d'elle. Toutefois, à peine avait-elle formulé cette pensée qu'une voix éraillée, mais toujours familière résonna à ses oreilles.

- Hermione, c'est toi ?

De l'étonnement traversa les yeux chocolat du père de la susnommée. Il ne semblait pas réaliser que sa fille était devant lui. La gorge nouée, elle ne savait pas quoi lui répondre. Les larmes lui montant aux yeux, ses jambes ne la supportaient plus, et elle menaça de s'effondrer sur le carrelage de la salle commune. Drago se dépêcha de rompre la distance entre lui et elle, pour la soutenir en la tenant par la taille. Peter tenta de tendre la main vers Hermione, mais retenu comme il l'était par les surveillants, cela lui était impossible. La directrice Ombrage arriva derrière le père de famille, et lui enfonça une seringue dans le cou. Le sédatif ainsi injecté, le patient perdit toute sa force, et avant de perdre de connaissance, il murmura quelques mots.

- Le serpent rôde toujours.

Les deux surveillants le portèrent pour l'installer sur un brancard, et Peter Granger repartit dans les profondeurs de l'hôpital, laissant sa fille complètement désemparée. La docteure s'approcha des faux époux, et pour ne pas créer un autre scandale, elle se mit à chuchoter.

- Mademoiselle Granger, je vous conseille de partir sans faire d'histoire. Il en est de même pour vous, Monsieur Malefoy. J'ai horreur des mensonges et des menteurs. Vous n'avez pas intérêt à revenir ici pour poser des questions, sinon je ne donne pas cher de votre peau.

Derrière elle, les deux surveillants relevèrent leurs manches, laissant apparaître leurs tatouages de serpent. Le regard d'Hermione se fit plus dur en voyant l'encre noire sur leurs peaux blanches. Avant même que Drago ait pu l'empêcher de parler, elle avança son visage vers celui de la femme aux vêtements roses, et de sa voix la plus froide elle lui parla à l'oreille.

- Je vous ferais tomber, et vous ne pourrez pas m'arrêter. La justice fera son travail. Je vous le promets.

- Nous contrôlons la justice, Mademoiselle. Ne faites pas de promesses que vous ne pourrez pas tenir. Maintenant, sortez de mon établissement. Et dites bien à Tom que notre partenariat est terminé.

Les gardes avancèrent jusqu'à la directrice et les deux collègues. Drago attrapa la main de la juriste, et la força à avancer vers la sortie. Hermione fulminait en silence, toute son inquiétude pour son père était reléguée au fond de son esprit. Le chemin jusqu'au portail en fer forgé lui parut d'une longueur insoutenable. Elle avait beau accélérer le pas, au point d'être presque en train de courir, elle avait l'impression de faire du sur-place. Le blond lâcha sa main, ne pouvant la suivre sans alerter les quelques personnes encore présentes dans la cour de l'hôpital. Finalement, ils passèrent la grille, et l'avocat dut appeler la brune pour qu'elle s'arrête enfin.

- Hermione, arrête-toi enfin !

- Cette mégère ne perd rien pour attendre. Je vais la faire virer.

- Elle fait partie des Serpenti. Tu ne l'auras pas comme ça. Tu risques gros si tu tentes un mouvement maintenant.

- Parce que tu t'y connais en politique mafieuse maintenant ?

- Ça suffit. Ce n'est pas en étant énervée que tu résoudras quoi que ce soit.

- Mais putain, il te faut quoi, Malefoy ? Elle a injecté un sédatif à mon père pour le calmer. Ils n'ont même pas essayé de parler avec lui.

- Granger, ce doit être leurs procédures, tu n'y peux rien.

- Il n'est pas fou ! Il a besoin de sortir de là, de retrouver sa vie d'avant, de me retrouver. Il m'a reconnue, c'est déjà un bon début, non ?

Drago ne reconnaissait plus sa collègue. Il l'avait déjà vue heureuse, triste, nostalgique, à la limite de la dépression, mais jamais obsessionnelle à ce point-là. Il la regarda avancer dans la rue, sans le moindre but, parlant à toute vitesse, disant ses pensées à voix haute. Les quelques passants qui croisaient son chemin la regardaient avec inquiétude. Avisant un parc un peu plus loin, l'avocat prit le bras de sa collègue, et l'emmena à l'abri des regards. Toujours concentrée sur ses pensées qu'elle seule pouvait comprendre, Hermione ne se rendit même pas compte du changement de décor. Le jeune homme voulut la secouer comme un prunier pour lui faire reprendre ses esprits. Il allait mettre à l'œuvre sa pensée, quand il comprit enfin les paroles prononcées par la brune.

- Et si je m'infiltrais la nuit pour le récupérer ? Non, avec toutes les caméras, ce serait impossible. Me faire passer pour une personne de chez Jedusor Télésurveillance ? Pourquoi pas …

- Ferme-la Hermione ! Tu te rends compte de ce que tu dis ?

La violence du ton pris par la voix de Drago fit sursauter la jeune femme. Les yeux écarquillés, elle regarda la personne en face d'elle, sans comprendre. Le déclic se fit dans son esprit, et ses jambes cessèrent de la porter. Elle s'effondra dans l'herbe. L'avocat s'agenouilla à ses côtés, attendant qu'elle fasse le point dans ses pensées. Hermione avait littéralement perdu le contrôle d'elle-même. Voir son père lui avait fait perdre ses moyens. Elle avait pourtant envisagé tous les scénarios, mais jamais elle n'aurait pensé que cela se passerait comme cela. Les images de son père retenu par les bras par les surveillants, ses cris, sa voix éraillée, tout se bousculait dans sa tête. L'espace d'un instant, elle crut avoir perdu l'esprit, comme Peter Granger l'avait fait dans le couloir. Brusquement, elle leva la tête vers son collègue. Ce dernier la dévisageait, une forte inquiétude se lisait dans ses yeux argent. Elle se rendit compte qu'il n'avait pas fui, qu'il était toujours à ses côtés malgré tout. Ne pouvant supporter le poids de son regard plus longtemps, elle baissa ses pupilles chocolat sur la bague qui ornait son annulaire gauche. Ne se sentant pas digne de la porter, en plus du fait qu'ils n'étaient plus obligés de jouer le rôle d'époux, elle fit un geste pour l'enlever. Cependant, elle fut interrompue par les mains froides du blond.

- Garde-la.

- Non, elle est à toi. Et puis elle n'a rien à faire à mon doigt. Qui voudrait d'une fille brisée, embourbée dans une histoire de mafia et de meurtre ?

- Moi.

Le mot était sorti sans que Drago puisse le retenir. Leurs yeux se croisèrent à nouveau. Dans ceux d'Hermione se lisait une surprise sans égale. Quant à ceux du jeune homme, ils étaient le reflet de sa propre confusion.

- Tu ne peux pas être sérieux. Je ne vais t'apporter que des problèmes. Regarde déjà quand quel merdier tu t'es empêtré à cause de moi.

- J'ai choisi de poursuivre cette quête avec toi. Écoute Hermione, tu ne peux pas nier que nous formons une bonne équipe.

- Au travail, oui. Je n'aurais jamais dû mélanger le professionnel et le personnel.

- Ne me dis pas que tu n'as rien ressenti quand on s'est enlacé tout à l'heure, ou quand on a dîné ensemble la première fois, quand on a fini ivre à cause de la tequila, et j'en passe.

- On n'aurait pas dû…

- Regrettes-tu vraiment ? Regarde-moi dans les yeux, et dis-moi que tu regrettes.

À son plus grand désespoir, Hermione en fut tout bonnement incapable. Toutefois, une petite parcelle de son esprit et de son cœur se réjouissait de cette inaptitude. Elle ne pouvait nier qu'elle avait trouvé en Drago un roc sur lequel s'appuyer quand cela n'allait pas. Qu'il était pour elle plus qu'un ami. Qu'elle avait aimé sentir ses bras autour d'elle plus tôt dans la matinée. Qu'avoir sa main liée à la sienne lui faisait plus de bien qu'elle ne se l'avouerait jamais. Le blond passa un doigt sous le menton de la brune, lui relevant ainsi la tête. Elle évita autant qu'elle put son regard perçant, qui ne manquait jamais de la désarmer. Elle fixa un point au-dessus de l'épaule du jeune homme. Toutefois, il bougea sa tête de façon à ce qu'elle se retrouve dans le champ visuel de la jeune femme. Ainsi, elle fut obligée de poser son regard sur ses yeux argent. Pourtant, ce n'étaient pas ses iris qu'il fixait. C'étaient ses lèvres. Il semblait lutter contre son envie. Il attendait qu'elle lui donne son accord. Il lui avait ouvert son cœur, et il patientait, le temps qu'elle prenne une décision. Finalement, la juriste fit, pour une fois, un acte spontané. Elle rompit la distance entre eux, et posa doucement ses lèvres sur celles de l'avocat.

À ce moment-là, Hermione aurait voulu lire dans les pensées de Drago. Elle aurait aimé savoir ce qu'il pensait. Tandis que les lèvres du blond se mettaient en mouvement contre les siennes, elle entoura son cou de ses bras. Les mains de l'avocat vinrent se poser sur sa taille, et leur baiser se prolongea jusqu'à ce qu'ils en perdent leur souffle. Quand l'oxygène vint à manquer, ils se séparèrent, mais en gardant toujours un lien grâce à leurs mains. Le jeune homme laissa échapper un soupir, qui fit sourire la jeune femme. Ayant retrouvé un peu de joie de vivre, elle décida de le taquiner un peu.

- Ce baiser était une épreuve, Malefoy ?

- Pas du tout. Mais, tu as pris tout ton temps pour me le donner, Granger.

- C'est sûr que tu as l'habitude que toutes les femmes te tombent dans les bras.

- J'avoue que tu es celle qui m'a donné le plus de fil à retordre. Peut-être parce que je ne savais pas que je t'appréciais autant avant ce matin…

Entendre Drago se confier autant sur ses sentiments bouleversa Hermione. Elle se dit qu'elle ne méritait pas autant d'affection de la part de quelqu'un. Il ne lui avait pas dit qu'il l'aimait, mais c'était tout comme. Elle se mordit la lèvre inférieure, la douleur lui montrant qu'elle ne rêvait pas. Quelques instants plus tard, le blond se détacha d'elle, et se releva. Il épousseta son pantalon, et lui tendit sa main pour l'aider à se relever. Sans crainte, elle la prit, et ils sortirent du parc pour retourner à la voiture de l'avocat. Main dans la main, ils marchèrent le long du trottoir. Quand ils passèrent devant l'hôpital psychiatrique, la juriste eut une pensée pour son père, qui devait encore être assommé par les médicaments. Puis, elle sentit la poigne de son compagnon se raffermir autour de ses doigts, et elle comprit qu'il serait toujours là pour la soutenir et l'aider.

Le couple ne vit pas la femme en rose qui les épiait depuis la fenêtre de son bureau. À côté d'elle se trouvait un homme grand, qui avait relevé les manches de sa chemise. Un imposant serpent ornait son bras, montrant ainsi son appartenance à la mafia sarde. Ombrage l'avait appelé aussitôt que la fille Granger était partie de l'hôpital. La petite scène du père Granger contrariait quelque peu ses plans. En dévisageant la silhouette d'Hermione, il se rendit compte qu'elle ressemblait beaucoup à sa mère, Marie. Il ne pourrait pas la protéger encore très longtemps. Il fallait absolument mettre un terme à cette affaire avec Jedusor. Peu de personnes connaissaient sa véritable identité, mais Jack Sloper n'étaient pas son vrai prénom et nom. Il n'était pas seulement chef d'entreprise. Il était également celui qui dirigeait les Serpenti. Durant des années, il avait pris le rôle de Jack près de dix ans auparavant. Depuis, il menait une double vie.

Drago, Hermione, veillez bien l'un sur l'autre. Bientôt, je ne pourrais plus veiller sur vous.


Et voilà, ce sera tout pour le chapitre 11 ! Alors comment trouvez-vous la fin ? Dîtes-moi tout cela dans l'encadré juste en-dessous.

Prenez soin de vous, et à bientôt :)

MrsBrunette