Me revoilà avec une nouvelle histoire, cette fois-ci centrée sur un natif de l'univers de One Piece de Monsieur Oda.

J'espère que cette nouvelle histoire vous plaira.

Coeur sur vous les lecteurs ! Et Bonne lecture !


Chapitre 02 - Voyage

/ En Mer, Année 1522 /


/ Précédemment /

Je n'ai plus aucun nom sur ma liste de vengeance, je vais pouvoir quitter cette île sans me retourner. Je contourne la ville par la forêt en longeant sa périphérie pour rejoindre les quais du port. Je peux entendre que les habitants sont en effervescence car ils ont entendu parler d'attaques à l'arme blanche. Je tire ma capuche sur ma tête pour me cacher alors que je grimpe jusqu'aux cales d'un navire marchand n'ayant pas fière allure. Je m'installe entre d'immenses caisses, j'attendrai le soir pour fouiller les cargaisons. J'ignore où me conduira ce navire, mais tout ce que je désire... c'est quitter cette île pour retrouver mon père. J'ai oublié son visage depuis bien des années à force de me remémorer mes souvenirs de lui... Mais je n'oublierai jamais son sourire... ses cheveux... et l'allure des membres de son équipage. Je n'oublierai jamais les belles années qu'ils m'ont offert... car tout ce que je désire, c'est retrouver ma vie auprès d'eux.


Le navire tangue horriblement, je peux entendre la pluie s'écraser contre la coque du navire. La nuit est tombée, moins de lumière passe à travers les ouvertures et le calme s'est abattue sur le navire. Mon estomac gronde, j'ai très faim. L'obscurité règne dans la cale. Mes jambes sont raides, douloureuses à force d'être restée pliées durant des heures. Je pousse avec précaution les caisses très lourdes pour me faire un espace de vie plus convenable. C'est-à-dire, suffisamment grand pour être en mesure de m'allonger et de poser mon sac. Je suis cachée entre les caisses et la paroi de la coque, le bois est un peu humide à cause de la pluie. J'évite de me coller contre la paroi, autant éviter de tomber malade. Je sors de mon sac quelques fruits, ce sont des denrées plus périssables que mes petits pains. Je mange mes pommes en silence, je suis un peu nerveuse.

Je sais que mes besoins élémentaires risques d'êtres chamboulés, je ne possède qu'une simple bouteille en verre pour uriner, les caisses pour me nourrir basiquement et le sol comme lit. Je laisse mes affaires sur le sol pour me frayer un chemin entre les caisses. Je tâtonne doucement et silencieusement, ouvrant quelques caisses et tonneaux pour en découvrir le contenu. Du toucher, je découvre des étoffes, des pommes, des sacs de farine, des bijoux, des bouteilles, des fourrures, et des aliments. Je vole une fourrure dans une caisse, une étouffe dans une autre... je me sers quelques fruits et légumes crus avant de refermer soigneusement les caisses. Je retourne à tâtons dans ma cachette, refermant les caisses derrière moi. L'étouffe me sert d'oreiller et la fourrure me gardera partiellement au chaud. Je referme les yeux, bercés par le mouvement du navire. Je préfère ignorer les risques, le navire pourrait succomber sous la violence de la tempête.


Les jours passent lentement, j'ai trouvé un livre dans une caisse, j'apprends à lire lorsque la cale est suffisamment éclairée par le soleil. Je connais la prononciation de chaque lettre, j'essaie de les associer à des mots que je prononce tout bas. Lorsque j'étais enfant, papa avait commencé à m'apprendre à lire, je n'étais pas très douée mais ils faisaient tous de leur mieux pour m'apprendre. Ici et maintenant, je n'ai strictement rien d'autre à faire que ça, je dois m'occuper un peu l'esprit.

Des marins passent de temps en temps dans la cale, ils bougent des caisses et récupèrent des aliments. Pour le moment, personne ne se doute de ma présence. Lorsqu'ils sont là, j'abandonne ma lecture pour écouter leurs conversations, je peux apprendre quelques informations importantes. Je connais maintenant notre destination, l'île de Jaya. Je n'ai jamais entendu parler de cette île, mais les marins semblent pressés d'y accoster. Lorsque le navire s'approche d'une île, les marins ne l'amarrent jamais au port. Ils envoient des canaux faire le ravitaillement, l'affaire d'une ou deux journées avant de repartir.


Deux semaines, ou peut-être trois sont déjà passées depuis mon départ. J'ai perdu le compte des jours. J'ai bien avancé dans la lecture de mon livre, c'est une sorte d'histoire de voyages à travers le monde. Le nom de l'auteur est effacé par le temps. Nous avons dépassé reverse mountain, ainsi que le cap des jumeaux. La prochaine destination est l'île hivernale de Drum.

Les marins viennent souvent près des cales pour discuter entre eux, quelques-uns volent des denrées, comme des pommes et du vin. Parfois, ils restent plusieurs heures ici, ils discutent, ils se plaignent... Je les entends de plus en plus se plaindre des rations servies, la quantité diminue à vue d'oeil. Ils suspectent le capitaine d'avoir mal géré l'argent de l'équipage. Ils craignent qu'une famine ne s'abatte sur eux d'ici la prochaine île, peut-être même après. Si l'argent venait à manquer, l'achat de nourriture en serait profondément impacté. Je connais les caisses de la cale sur le bout des doigts, je sais que ma présence n'est pas la cause de ce problème. Une seule personne en plus ne peut pas bouleverser l'équilibre.

En prévision de ce moment, j'ai fait mes petites provisions, des pommes, du pain, de l'eau... Le minimum pour vivre. L'eau fraîche des ruisseaux me manque, ce sentiment de liberté absolut lorsque je me baignais presque nue. Cette sensation me manque terriblement, le contact de l'eau... Je n'ai pas eu le loisir de me laver depuis bien trop longtemps, j'empeste la sueur. Mes cheveux sont affreusement sales, j'ignorais qu'on pouvait se salir en ne faisant rien du tout.


Nous avons dépassé l'île de Drum, la cale n'a guère été renflouée. Les marins passent de plus en plus souvent, ils fouillent les caisses. J'ai réduit drastiquement mon espace vital pour être bien cachée. Je ne souffre pas encore de la faim, mon corps et mon esprit sont habitués à manquer de nourriture et d'eau. Un cuisant soleil brûle le pont de ses rayons sans pitiés. Les hommes sont mit à rude épreuve depuis plusieurs jours, la fraîcheur salvatrice épargne encore l'ombrageuse cale du navire. Mais je peux sentir la température monter, petit à petit. D'ici quelques jours, je risque de subir de plein fouet cette nouvelle épreuve. Deux semaines nous séparent de Jaya.


Le vent ne pousse plus les voiles depuis près de deux jours, le navire n'avance plus... La faim commence à me tirailler, les marins se font plus rudes entre eux. Ils se battent pour quelques miettes de pain. Les quelques marins qui en ont encore la force commencent à se mutiner contre le capitaine, les autres quant à eux... ils décorent le pont de leurs corps incapables de bouger. J'ai été un peu trop curieuse la nuit, je me suis dégourdie les jambes dans les cales, profitant de l'obscurité et de leur faiblesse pour espionner un peu plus l'équipage.

La chaleur est toujours aussi implacable, j'économise mes forces assez facilement depuis qu'ils ont abandonné l'idée de retourner toutes les caisses de la cale. Plus personne ne descend, ils restent sur le pont pour essayer de pêcher. Je remonte la nuit pour voler un poisson que je mangerai cru, c'est moins savoureux que lorsqu'ils sont cuits.

Je suis en léthargie sous une caisse que j'ai retournée pour obtenir une cachette ombragée. Pas un bruit ne dérange le silence, seuls les craquements du navire troublent l'étrange et pesant silence de mort qui plane sur le navire. J'attrape distraitement l'un de mes derniers fruits, ils commencent à pourrir. L'obscurité de la caisse m'empêche d'observer leur couleur pourrit, j'en attrape un que je porte à mes lèvres. Le goût est horrible, pourrit... pauvre en liquide. Chaque gorgée est un supplice, j'ai envie de régurgiter le peu que j'ai dans l'estomac. Je me force à le manger jusqu'à la dernière partie, je n'ai pas le luxe de pouvoir faire ma difficile. Je garde mes autres fruits pour les prochains jours, je dois les économiser.


Je me sens comme une mourante... L'air chaud de la cale est insoutenable. J'ai entendu l'équipage jeter des choses à la mer, des cadavres je crois. Je n'ai plus de fruit... rien à manger. Je n'ai jamais connu de famine aussi difficile de ma vie... Même l'hiver, même l'été... D'habitude, je suis dans la nature, capable de me procurer quelque chose à me mettre sous la dent. Mais pas ici... L'herbe sous mes pieds me manque, la rosée du matin, l'eau claire des rivières, le bruit des feuilles qui dansent dans les arbres... L'odeur de l'air pure.

- « Terre en vue ! » - hurle un marin.

Mes yeux s'ouvrent sous un dernier regain d'énergie. La terre ? Enfin ? Est-ce là Jaya ?

- « L'île de Jaya ! Nous sommes sauvés ! » - hurle toujours le marin.

Je vais survivre ! Je me relève doucement, ma tête tourne un peu. Je commence à ranger mes quelques affaires éparpillées dans mon sac, mon livre, mon étoffe, une arme que j'ai dérobée. Je m'allonge de nouveau, attendant l'heure de quitter ce maudit navire. Un sourire se dessine sur mes lèvres, il est encore trop tôt pour se soucier de la suite des événements, je souhaite simplement descendre à terre et vendre mon argenterie pour me payer un lit et un bain.


J'écoute les voix, je reste attentive à l'allure du navire. Ils sont en train de l'amarrer au dock, c'est le moment de m'enfuir. Je rassemble mes dernières forces pour me frayer un chemin jusqu'à un hublot donnant sur le dock. Je l'ouvre, puis je grimpe pour me laisser glisser contre la coque. J'atterris directement sur les quais en bois, personne ne semble faire attention à moi. Je m'éloigne rapidement du navire, me dirigeant directement vers la grande rue la plus proche.

Devant moi se dresse Mock Town, une ville à l'allure un peu sinistre. Les bâtiments se distinguent par leur aspect en pierre et en bois, le sol de la ville est recouvert d'un immense plancher. Je m'avance dans la ville, sous les regards interloqués de nombreux hommes à l'allure de pirates. Mon estomac gronde de faim, ma bouche est sèche et j'ai très peu d'argent en poche.

Une autre épreuve se dresse maintenant devant moi.


La suite au prochain chapitre ! ;)

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