Bonjour, bonjour !
J'espère que vous allez tous bien :) Personnellement, je ne vois pas le temps passer. Mais chose promise, chose due, voici le chapitre 12 de Que Justice soit faite. Bonne lecture à vous !
Chapitre 12
Ce matin-là, quand Marianne arriva dans l'open-space, elle le trouva bien vide. Comme à son habitude, elle était toujours la première sur place, mais ses deux jeunes collègues étant absents jusqu'à la fin de la matinée, elle serait encore seule pendant quelques heures. Quant à son patron, dont elle n'avait pas eu de nouvelles depuis la veille, elle ne savait pas s'il allait se présenter au bureau. La blonde avait remarqué que ses absences étaient de plus en plus répétées, et surtout prolongées, depuis quelques semaines. Cependant, ce n'était pas à elle de poser des questions, elle n'était que la secrétaire après tout. Peut-être en parlerait-elle à Drago, qui était la seule personne proche de Jack qu'elle connaissait. En s'attaquant à ses premières tâches de la journée, elle ne pouvait s'empêcher de repenser à l'affaire qui les préoccupait. Tous les événements étaient tellement imbriqués les uns dans les autres qu'ils avaient du mal à les prendre un par un pour les analyser. Cette contrainte leur mettait la pression, en plus du danger permanent qui planait au-dessus de leurs têtes. La mère de famille avait essayé de ne pas ramener son stress dans son foyer, mais elle ne pouvait rien cacher à son mari. Ce dernier n'avait pas hésité à l'interroger sur ce qui lui posait des soucis, quand il était dans leur chambre le soir, avant de dormir. Elle avait détesté lui mentir, ou tout du moins omettre la vérité. Toutefois, l'accord de confidentialité qu'elle avait signé l'obligeait à adopter ce genre de comportement. Elle espérait qu'il ne lui en voudrait pas trop. Elle croisait les doigts pour que tout se termine rapidement. Toute cette angoisse n'était ni bonne pour elle, ni pour les trois autres.
En repensant à Drago et Hermione, un sourire naquit sur ses lèvres, chassant la peur qui lui étreignait l'estomac tous les jours. Elle les avait vus se rapprocher petit à petit, même si jusque-là ils avaient nié leur attirance. Elle surprenait de plus en plus les regards qu'ils se lançaient, ou quand chacun espionnait l'autre. La juriste était une jeune femme complexe, qui ne laissait pas souvent tomber son masque de force et de courage. Pourtant, Marianne avait bien essayé d'entrer dans la bulle de sa collègue. Dans une certaine mesure, elle avait réussi, mais il n'y avait que l'avocat qui parvenait à percer entièrement sa carapace. La secrétaire était heureuse pour eux, et espérait que l'un d'entre eux se déciderait à se déclarer. Cela lui rappelait sa propre histoire avec celui qui est devenu son mari. Ils s'étaient tournés autour pendant de longues semaines avant qu'elle ne prenne les choses en main. Voyant qu'il hésitait toujours, elle l'avait embrassé après une soirée en boîte de nuit. Depuis presque trente ans, ils ne s'étaient pas quittés. Ils avaient eu des hauts et des bas, bien sûr, mais cela ne les avait pas empêchés de continuer de tisser les liens de leur amour. Gonflée par ces pensées et souvenirs heureux, la blonde se mit au travail.
Plongée dans ses tâches, Marianne sursauta quand deux personnes déboulèrent dans l'open-space. Elle leva la tête vers les nouveaux arrivants, passablement agacée d'être interrompue ainsi. Ils auraient au moins pu frapper ou se faire annoncer. Sa colère retomba tout de suite quand elle aperçut ses deux jeunes collègues. Ils semblaient sur les nerfs. La secrétaire attendit qu'ils la saluent, mais cela tardait à venir. Que se passait-il pour qu'ils en oublient la politesse ? Elle eut l'impression d'être une plante verte que personne remarquait jamais. Ils n'avaient pas l'air de l'avoir vue, et chuchotaient sans cesse. Hermione notait frénétiquement des choses sur son carnet, tandis que Drago lui faisait part de ses réflexions. L'agacement que la blonde avait ressenti quelques minutes auparavant revint en flèche. Elle se racla bruyamment la gorge pour attirer leur attention. Cela ne fonctionna pas, ni la première ni la seconde fois. L'avocat et la juriste étaient tellement concentrés qu'ils ne faisaient pas attention à ce qui les entourait. La secrétaire répugnait à hausser la voix, mais elle n'avait pas le choix.
- Hé oh ?
Personne ne lui accorda le moindre regard. C'était à croire que les deux autres étaient sourds.
- Granger ! Malefoy !
Les deux susnommés levèrent précipitamment leurs têtes à l'entente de la voix autoritaire de Marianne. Cette dernière se retint de rire face à leurs mines surprises. Elle se leva de sa chaise et posa ses mains sur ses hanches, comme si elle allait disputer ses fils après une bêtise. Comprenant leur gaffe, les deux jeunes adultes regardèrent d'un air penaud la mère de famille.
- Pourriez-vous m'expliquer ce qui retient autant votre attention ?
Drago et Hermione échangèrent un regard entendu, et il n'échappa pas à la secrétaire le mouvement de l'avocat vers la juriste. Il posa une main sur sa taille. Habituellement, il se contentait de lui serrer le bras ou l'épaule, quand elle avait besoin de courage. Cependant, il y avait encore quelque chose de changé entre eux. La patience de Marianne était mise à rude épreuve. Elle avait envie de les secouer comme des pruniers.
- J'ai vu mon père.
Diverses émotions traversèrent le visage de la jeune femme, et sa voix s'était brisée à la fin de cette petite phrase. Sa collègue quitta sa posture autoritaire pour se rapprocher d'elle. Ne sachant pas si elle pouvait la prendre dans ses bras pour la réconforter, elle se contenta de caresser un de ses bras.
- Est-ce que vous voulez m'en parler ?
- J'aimerais attendre que Jack soit là. Je n'ai pas envie de répéter plusieurs fois la scène.
Compréhensive, Marianne recula vers son bureau, et laissa les deux autres tranquilles. Tous se remirent au travail dans le silence. Ils restèrent ainsi pendant encore une heure, sans se parler, échangeant parfois des regards. Tous retinrent un soupir de soulagement quand leur patron arriva enfin dans l'open-space. Toutefois, cela se lisait sur leurs visages qu'ils attendaient que cela.
- Bonjour à tous. Excusez-moi d'arriver si tard. Drago, Hermione, comment s'est passé votre entretien avec la docteur Ombrage ?
- Bien et mal. Vous voulez entendre quelle version en premier ?
- La meilleure.
- On a pu visiter les coulisses de l'hôpital psychiatrique, et rencontrer des patients et des familles. On aurait voulu en interroger plus, mais un événement nous en a empêchés.
- Lequel ?
- Mon père a débarqué dans la salle commune, où les proches peuvent rencontrer les patients. Il m'a reconnue, et a juste eu le temps de me dire « Le serpent rôde toujours. » avant qu'Ombrage ne lui injecte un sédatif.
- Ensuite, elle a compris la supercherie, et nous a demandé de partir. Nous sommes sortis sans encombre, mais les gros bras des Serpenti nous surveillaient.
Jack esquissa une grimace qui ne passa pas inaperçue. Tous attendaient d'autres questions, ou ses réflexions sur la stratégie de défense de Jedusor Télésurveillance.
- Qu'on dit les patients et les familles sur la surveillance ?
- Ils ont bien remarqué l'augmentation du nombre de caméras, mais selon la femme que j'ai interrogée, cela ne les dérange pas. Ils se sentent plus en sécurité.
- Nous pouvons prendre cela comme une bonne nouvelle. Cela nous aidera à trouver la bonne défense. Si les patients et les familles sont d'accord avec le système en place, cela nous facilite grandement la tâche.
Tous commencèrent à réfléchir à la marche à suivre. Cette affaire avait l'air simple en apparence, mais aucun des quatre membres de l'équipe ne se fourvoyait. Il y avait bien plus qu'une histoire de violation de la vie privée. Toutefois, chaque petite victoire était bonne à prendre. Tandis que Marianne, Drago et Hermione pensaient ceci, l'esprit de Jack tournait à plein régime. Dolores lui avait fait part de sa volonté de ne plus faire appel aux services de Tom Jedusor après son altercation avec l'avocat et la juriste. Cela lui faciliterait grandement les choses pour se débarrasser du chef d'entreprise. Cependant, il était certain que ce dernier ne se laisserait pas faire aussi facilement. Il ne se contenterait pas d'un unique procès. Severus lui avait dit que Jedusor comptait réclamer le plus d'argent possible aux Serpenti avant de les laisser en paix. Il n'était pas question de lui lâcher plus d'euros que nécessaire.
Le chef de la mafia se remémora les raisons qui le poussaient à agir de cette façon. Près d'une décennie auparavant, il avait pris l'identité de Jack Sloper, après que celui-ci ait donné sa vie pour le clan. Cet homme n'avait plus de famille ni de proches. Cela avait donc été facile de prendre sa place. Il n'y avait que peu de personnes au courant de la supercherie. Ce fut donc avec une facilité déconcertante qu'il réussit à monter son cabinet de conseil. Petit à petit, la renommée suivit, et son entreprise prit de l'ampleur. Pendant ce temps, ses autres activités se déroulaient sans encombre. Les Serpenti avaient réussi à contrôler Paris en l'espace de très peu de temps. Toutefois, un grain de sable était venu se loger dans cette mécanique bien huilée : Peter Granger. L'inspecteur avait commencé à fouiner dans les affaires de la mafia juste après le décès de sa femme. À une époque où Jack ne s'appelait pas par ce prénom, Marie Granger avait travaillé pour sa famille en tant que préceptrice. N'ayant pas réussi à se marier, ni à avoir des enfants, le chef de clan avait adopté un certain nombre d'orphelins, leur donnant une éducation et un foyer où ils avaient pu s'épanouir.
Malheureusement, par une belle journée d'été, la professeure était arrivée un peu trop en avance pour sa classe du matin. Elle était tombée sur une scène qui lui avait coûté la vie. Jack avait fait de son mieux pour lui épargner une mort lente et douloureuse. Cependant, il ne s'était jamais pardonné de lui avoir ôté les décennies qu'il devait encore lui rester. Mais, elle avait surpris une réunion avec divers revendeurs, receleurs, et autres métiers illégaux. Le chef se souvenait encore de son air abasourdi, quand la porte de la bibliothèque avait cédé sous son poids, alors qu'elle les écoutait à travers le battant. Elle avait fait irruption dans la pièce, ses cheveux bruns se détachant de son chignon fait à la va-vite. Ses lieutenants s'étaient précipités sur la préceptrice et l'avaient traînée jusqu'à lui. Tous réclamaient sa mort. Jack n'avait pas eu beaucoup de temps devant lui pour prendre une décision. Alors, il avait fait sortir tout le monde, ne gardant que Severus à ses côtés. Il était le seul homme en qui il pouvait faire confiance. Marie pleurait en silence. Tandis que les souvenirs affluaient dans sa tête, il se remémora le ton implorant que la mère de famille avait pris.
- Monsieur, je vous en prie. Je ne voulais pas écouter votre réunion. Je suis arrivée plus tôt que d'habitude, et…
- Taisez-vous, Marie. Peu importe les raisons que vous invoquerez, cela ne vous mènera à rien. Vous en savez trop à présent.
- Severus, si je t'ai laissé rester dans cette bibliothèque, ce n'est pas pour que tu effrayes cette femme. Elle l'est déjà suffisamment comme cela.
- Il va falloir que tu la tues. Tu ne pourras pas la cacher.
À l'entente de ces mots coupants, Jack avait vu le visage de Marie pâlir encore plus qu'il ne l'était déjà. La mort dans l'âme, le chef des Serpenti prit la mère de famille par le coude, et la força à se relever. Il scruta ses yeux bruns remplis de larmes. Au bout d'une trentaine de secondes, il vit un changement dans ses prunelles. Les pleurs avaient été refoulés pour laisser place à de la résignation. La femme de Peter Granger avait compris qu'elle ne sortirait pas vivante de cette pièce. D'un geste de sa main libre, Jack avait demandé à son bras droit de lui apporter la trousse qui se trouvait dans sa mallette. Il fit ensuite allonger Marie sur une méridienne, et sortit une seringue de la pochette. Il gardait toujours sur lui plusieurs doses d'un poison à effet rapide. Sous le regard vide de sa victime, il l'enfonça dans la peau douce du creux de son coude, et appuya sur le piston. La solution entra dans son système sanguin, et en l'espace d'une minute, la vie de la préceptrice s'envola. Le chef de la mafia sarde murmura une courte prière pour le salut de son âme, puis demanda à Severus de faire rentrer tous les autres. Ces derniers ne dirent rien quand ils virent la seringue vide. Tous arboraient des sourires satisfaits. On appela les membres infiltrés dans la police, et le corps partit sans plus de cérémonie.
Un bruit sourd fit sortir Jack de ses douloureux souvenirs. Devant lui, Hermione ramassait le contenu d'un carton, qu'elle avait sûrement fait tomber par accident. Le cœur du chef d'équipe continua de se serrer. La juriste ressemblait tellement à sa mère que cela lui était presque intolérable. Pourtant, cela ne l'avait pas empêché de l'embaucher. Quand il avait vu son CV et son patronyme, il avait compris qu'il fallait qu'il garde un œil sur elle. Cependant, ce ne fut qu'une fois qu'il l'eut en face de lui, lors de son entretien qu'il se demanda si ce qu'il faisait était bien rationnel. Il n'avait pas pu s'empêcher de lister toutes les ressemblances avec Marie, et même avec Peter. Quand il l'avait vue se prendre le bec avec Drago, il avait arrêté de réfléchir. Son statut aurait dû l'empêcher de prendre autant de risques, mais il avait cédé à ses émotions. Il avait vu en Hermione le moyen d'absoudre ses péchés.
Toutefois, la réalité s'était vite rappelée à lui. La juriste et l'avocat s'étaient de plus en plus rapprochés, au point de partager une quête commune. Jack avait bien compris que la brune cherchait à faire sortir son père de l'hôpital psychiatrique dans lequel il l'avait fait interner. Comme toujours, Peter Granger était le grain de sable qui enrayait la fine machinerie de ses plans. L'idée de le faire mourir dans son sommeil, grâce à une grande quantité de médicaments, lui avait traversé l'esprit plus d'une fois. Cependant, il n'était pas certain que le mental d'Hermione tiendrait le choc. Il l'avait assez observée pour voir qu'elle pouvait être très instable par moments. Il se trouvait donc dans une impasse. Il n'était ni question de supprimer la jeune femme ni son père. Alors, il avait envoyé Severus pour la menacer. Mais cela n'avait pas vraiment marché. Dans un premier temps, elle avait eu peur, cela était certain. Sans la présence du blond à ses côtés, elle aurait pu abandonner. Toutefois, par un quelconque moyen, Drago avait réussi à redonner de l'espoir à Hermione. Le malheur des uns faisait le bonheur des autres, comme disaient certains.
- Jack, tout va bien ?
- Oui, Drago. Va donc travailler sur ta plaidoirie.
Le susnommé posa ses yeux argent sur son mentor. Quelque chose n'allait pas chez lui, mais il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus. Il l'avait rarement vu comme cela, perdu dans ses pensées, arborant une mine sombre et préoccupée. Il fut tenté de l'interroger. Pourtant, son instinct le retint. Jack viendrait de lui-même lui parler, s'il en ressentait le besoin. Ce que Drago ne soupçonnait pas, c'était qu'il était dans le vrai. L'envie de se confier devenait de plus en plus pressante pour l'homme d'affaires. Toutefois, sa position ne lui permettait pas de faire entrer qui que ce soit dans son cercle intime. La solitude était la seule femme qu'il s'était autorisé à aimer. Il y avait trop de dangers autour de lui pour qu'il accepte de partager son fardeau. Il avait choisi cette vie. Il devait en assumer les conséquences, quoi qu'il lui en coûte.
Le reste de la journée se déroula dans une ambiance particulière. Chacun faisait son travail, mais personne ne m'était vraiment de cœur à l'ouvrage. Hermione ne pensait qu'à la rencontre avec son père ou au baiser qu'elle avait échangé avec son collègue. Elle passait d'une émotion à une autre en un temps record. La fatigue prenait régulièrement le dessus, mais à force de cafés, elle réussit à la surpasser. Quant à Drago, il regardait souvent dans sa direction, semblant toujours vouloir lui dire quelque chose, mais sans le faire. Marianne était sûrement la seule qui était la plus concentrée dans ses tâches. Ce fut elle qui sonna la fin de la journée de travail, au moment où elle prit ses affaires pour quitter le bureau. Habituellement, elle était la seule à partir vers dix-sept heures, pour pouvoir passer du temps avec son mari et ses fils. Pourtant, les trois autres avaient suivi le mouvement. Ils partirent les uns après les autres, saluant les autres collaborateurs présents dans les open-spaces qui bordaient le chemin vers l'ascenseur.
Jack et Marianne restèrent dans l'élévateur, quand ce dernier arriva au rez-de-chaussée. Les deux jeunes gens descendirent après avoir échangé un salut de la main. Ils ne s'étaient pas concertés, mais Drago n'avait pas pu s'empêcher de suivre Hermione. Il s'approcha d'elle, et cette dernière noua instinctivement ses doigts aux siens quand il fut à sa hauteur. Ils prirent le chemin de l'extérieur, et une fois la porte-tambour passée, ils tombèrent nez à nez avec trois personnes que la juriste connaissait parfaitement bien.
- Hermione !
L'avocat fut séparé de la susnommée, quand une jeune femme rousse se jeta dans les bras de celle qu'elle avait interpellée. Il recula de quelques pas, surpris par autant d'effusions. Il posa ensuite son regard sur les deux hommes qui attendaient que la rousse relâche Hermione. Leurs visages lui étaient familiers. Ce furent les regards noirs qu'ils lui lancèrent qui éclairèrent sa lanterne. Il avait en face de lui les deux meilleurs amis policiers de sa collègue.
- Ginny, lâche-moi. Tu m'étouffes.
- Tu répondrais un peu plus souvent à ton téléphone, je ne serais pas aussi inquiète.
La Procureure finit par relâcher son amie, et ses yeux croisèrent ceux argent de l'avocat. Son visage se parât d'un air professionnel, et elle s'approcha de lui. Elle lui tendit sa main, et se présenta.
- Procureure Ginevra Weasley-Potter. Vous devez être Drago Malefoy.
- En effet. Nous nous sommes croisés à plusieurs reprises dans les tribunaux, mais nous n'avons pas eu le plaisir d'être présentés.
Le comportement de la rousse était passé d'enfantin à neutre en quelques instants, ce qui impressionna Drago. Les deux jeunes gens se jaugèrent du regard pendant quelques instants, puis Ginny lui offrit un sourire rayonnant, un brin de malice dans ses pupilles. Un étrange frisson parcourut le dos du blond. Il n'eut pas le temps de souffler, qu'une main ferme se posa sur son épaule.
- Alors Drago, laquelle est Hermione Granger ?
La voix narquoise de son meilleur ami lui parut très forte. Avant de faire volte-face, il vit le visage de sa collègue se parer de rose. Il ne savait pas si le destin avait décidé de leur jouer un tour, mais la fin de journée allait s'avérer mouvementée. Avec d'un côté, Hermione et ses meilleurs amis, et de l'autre côté Drago et son frère de cœur, la moindre étincelle pouvait tout enflammer. D'ailleurs, la juriste et l'avocat se demandaient ce qui avait pu pousser leurs proches à venir les voir après le travail.
- Ginny, Harry, Ron, vous ne devez pas travailler ce soir ?
- Nous avons pris notre soirée. Nous voulions te faire la surprise, et t'emmener boire le verre que nous avons décliné la dernière fois.
- Et toi Blaise, tu n'avais rien à faire ? Pas de femme à chasser ni de vieilles dames à extorquer ?
- Non, je voulais simplement passer du bon temps avec mon meilleur ami, avant que sa petite amie n'occupe toutes ses soirées.
- Sa petite amie ? Qui ça ?
- Hermione bien entendu !
Le visage de Ronald rougit à une vitesse fulgurante. Celui d'Hermione pâlit, tout comme celui de Drago. Quant à Harry et Ginny, ils échangèrent un regard entendu et un sourire en coin. Blaise était fier d'avoir lancé sa bombe. Il n'avait pas fallu longtemps avant que la situation dégénère. Le premier à ouvrir la bouche fut le policier roux. Il pointa du doigt le meilleur ami du blond.
- Et qui êtes-vous d'abord ?
- Blaise Zabini. Mais ce n'est pas la politesse qui vous étouffe apparemment Monsieur… ?
- Ronald Weasley, inspecteur de police. Je ne vous permets pas de m'insulter.
- C'était juste une remarque comme ça. Il ne faut pas s'énerver.
Le ton nonchalant du jeune homme noir acheva de mettre en colère son interlocuteur. Il se tourna vers Hermione, qui attendait patiemment qu'il éclate, habituée à ce qu'il monte sur ses grands chevaux quand il était question de ses relations amoureuses. D'ailleurs, à la fin du lycée, ils étaient sortis ensemble pendant quelques semaines, avant de se rendre compte qu'ils ne s'aimaient que d'un amour fraternel. Toutefois, il appliquait cet amour un peu trop à la lettre. Il se comportait comme un frère protecteur à outrance, ce qui avait le don d'agacer la jeune femme. Depuis qu'elle l'avait rembarré, avec Harry, quand ils étaient venus la voir à une heure du matin, il n'avait pas digéré la présence du blond dans sa vie. Il avait pris sur lui pour ne rien dire, mais les apercevoir se tenir la main en sortant de leur lieu de travail, avait dû être la goutte d'eau qui faisait déborder le vase.
- Tu sors avec lui maintenant ?
- En quoi cela te regarde-t-il, Ron ? Je fais encore ce qui me plaît, il me semble.
- Donc tu sors avec lui.
Les deux amis se fusillèrent du regard, sous les yeux hilares des quatre autres. Blaise donna un coup de coude à Drago, qui leva les yeux au ciel devant l'air gamin de celui qu'il considérait comme un membre de sa famille. Puis, il décida de prendre les choses en main. Il s'approcha d'Hermione et la prit par la taille.
- Hermione et moi, on sort ensemble. Que cela vous convienne ou pas, vous n'avez pas votre mot à dire là-dessus, est-ce clair ?
Mouché par les paroles de l'avocat, le jeune homme roux n'ajouta rien. Harry et Ginny se contentèrent de sourire en hochant la tête, et la bouche de Blaise se mua en un rictus ravi. Quant à l'autre membre du couple, elle leva les yeux vers son compagnon et ouvrit la bouche pour lui dire ce qu'elle pensait de ses manières.
- Il me semble qu'on n'en a pas vraiment discuté depuis ce matin. Il y a quelques petites choses que j'aimerais bien mettre au clair.
- On en discutera plus tard, non ?
La juriste fusilla du regard son collègue, qui lui fit un sourire narquois. Le blond ne voulait pas créer une dispute devant leurs proches. Son meilleur ami parcourait la scène d'un oeil amusé. D'ailleurs, il ne se priva pas pour reprendre la parole.
- Maintenant que c'est dit, et si on allait boire un coup ?
- Enfin une bonne initiative ! Merci Blaise.
Hermione se détacha des bras de son compagnon, et rejoignit le susnommé pour ouvrir la marche vers le bar qui n'était qu'à quelques encablures. La Procureure, l'inspecteur de police aux yeux verts et l'avocat éclatèrent de rire tout en leur emboîtant le pas. Quant à Ronald, il fulminait toujours, mais il les suivit tout de même. Une fois attablés, et les premières consommations bues, tous les membres du groupe se détendirent. Des anecdotes sur l'heureux couple commencèrent à être racontées, pour leur plus grand malheur. Malgré les effets de l'alcool, tous évitèrent les sujets sensibles. Durant cette soirée arrosée, il n'était plus question de Serpenti, de Peter Granger ou de Lucius Malefoy. Tous les soucis s'envolèrent au fur et à mesure que la nuit prenait place à l'extérieur. Chacun vécut ce moment à sa manière, profitant au maximum de sa jeunesse. Les amitiés se lièrent, et ils se souviendraient sûrement pendant des années de cette fin de journée.
Vers deux heures du matin, quand le propriétaire du bar les mit à la porte pour pouvoir aller se coucher, Drago et Hermione repartirent ensemble vers l'immeuble qui abritait leur open-space. Tous les autres avaient pris la direction opposée pour rejoindre leurs voitures, et rentrer chez eux. Enfin seuls, ils profitèrent de la quiétude de la nuit, et du quartier de la Défense, pour marcher côte à côte, main dans la main. La juriste laissa échapper un soupir de contentement, et prit la parole d'une voix apaisée.
- J'ai passé une excellente soirée.
- Moi aussi. Si quelqu'un m'avait dit cela à peine quelques jours auparavant, je lui aurais ri au nez.
- Blaise est vraiment formidable. Vous avez de la chance de vous avoir comme amis.
- Tes meilleurs amis ne sont pas mal non plus dans leur genre. Enfin, sauf peut-être Ronald.
Hermione rit en repensant à ce qu'il s'était passé quelques heures plus tôt. Ils marchèrent encore quelques instants l'esprit léger. Soudain, le téléphone de la brune se mit à sonner. Elle lâcha la main de son compagnon pour se saisir de l'appareil. Elle fronça les sourcils en voyant un numéro inconnu s'afficher. Aussitôt, elle pensa à son père. Elle se dépêcha de décrocher avant que la dernière sonnerie ne retentisse.
- Hermione Granger à l'appareil.
- Bonsoir Mademoiselle.
- Qui êtes-vous ? que voulez-vous ?
- Quel dommage que vous n'ayez pas reconnu ma voix. Mais après tout, vous ne l'avez entendu que deux fois.
La lumière se fit dans l'esprit de la juriste. Son sang se glaça dans ses veines. Elle jeta un regard angoissé à Drago, qui lui fit signe de mettre le téléphone sur le haut-parleur. Elle s'exécuta, et reprit le fil de la conversation.
- Monsieur Rogue, quel déplaisir de vous entendre.
- Je suppose que Monsieur Malefoy est à vos côtés. Paraît-il que votre relation a évolué …
- C'est Dolores Ombrage qui vous envoie ?
- Dolores peut faire bien des choses, mais pas cela. J'agis toujours selon mon bon vouloir.
- Vous allez encore me menacer ?
- Cessez donc d'être aussi agressive. Cela ne vous mènera à rien.
- Alors, arrêtez de me faire perdre mon temps.
- Puisque vous insistez, je vous appelais pour vous dire que votre père nous a quittés.
- Pardon ? Vous vous moquez de moi, c'est cela ?
- Mais pas du tout. Le sédatif que la docteure Ombrage lui a donné ce matin a arrêté son cœur. Vous pourrez le voir demain.
Hermione fit tomber son téléphone, sous le choc. Un rire sinistre se fit entendre, puis le mafieux raccrocha. Drago était blême. Son cerveau avait tout bonnement arrêté de fonctionner à l'entente de la nouvelle. Il eut simplement le réflexe de retenir par la taille sa compagne, tandis que celle-ci perdait connaissance.
Je ne comprends pas. Cela ne peut pas être vrai. Papa… tu es vraiment parti ?
On te frappe pas l'auteure, merci ! Alors, qu'en avez-vous pensé ? L'encart juste en-dessous est fait pour répondre à cette question :)
Prenez soin de vous, et à dans quinze jours,
MrsBrunette
