Davina

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Nous sommes nées en pleine journée. Laquelle de nous deux est venue la première ? Je ne sais pas. Kaitlin Claire, notre grand-mère n'a pas bien digéré que sa fille accouche à l'hôpital plutôt qu'au sein du coven comme il était coutume de le faire. Mais ce fut peut-être pour le mieux... Ainsi elle n'a jamais vu l'horreur de notre mère lorsque le médecin lui a annoncée qu'elle était enceinte de jumelles et non d'un seul enfant comme on le lui avait affirmé. J'ignore si notre père était là... Mais s'il l'était, c'est peut-être ce qui l'a fait fuir ! Notre mère n'en parle jamais, nous ignorons même son nom, elle dit que ça n'a pas d'importance... Dire qu'il n'a laissé aucun vide serait un mensonge. Nous avons énormément pleuré après lui, surtout en voyant que tous les autres enfants avaient deux parents. Heureusement, nous étions là l'une pour l'autre. Nous avons tout traversé ensemble : que ce soit l'effroi de notre mère nous découvrant le jours de notre quatrième anniversaire entrain de l'éviter au dessus du lit à barreaux ou bien lorsque le coven lui-même fut surpris par nos facilité. Nous étions capable de tout assimiler. Les professeurs nous ont même qualifié de surdoués. Notre mère l'acceptait avec froideur et nous félicitait. Elle est paradoxale... À la maison elle nous aime, dehors elle est froide et distante. On s'y est habitué avec le temps, Gaïa peut-être un peu plus que moi... J'ai toujours eu un peu de mal à accepter ce changement, ce constant passage de tendresse à indifférence qui ne cessait jamais.

Elle nous a entraîné à pratiquer la magie même en dehors des leçons lorsque nous avons eu huit ans. Elle nous répétait sans cesse que la magie était un art et non un jeu... Puis nous n'avons plus pu pratiquer à la maison. Je me rappelle qu'un homme est venu, il faisait peur et a dit que c'était le dernier avertissement avant que Marcel ne débarque. Après cela, maman nous a emmené tous les jours après l'école dans le cimetière. C'est là que nous prenions nos leçons habituelles et nous y restions jusqu'à très tard, notre mère nous faisant travailler de toutes nos forces. Elle semblait si fière de nos talents, alors nous n'avons jamais rien dit. De plus, lorsque nous rentrions à la maison, elle nous préparait un bon lait au miel pour bien dormir et j'ose dire qu'elle y mettait d'autres plantes pour apaiser notre sommeil.

Elle était une bonne mère sur bien des points.