Bonjour mes petits loups !
J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira.
Je vous souhaite une bonne lecture.
Chapitre 2
La première chose dont Lucius fut conscient en se réveillant était la douleur qui le parcourait. Pas une seule partie de son corps n'était pas envahi par la douleur. Il essaya de trouver une position plus confortable mais le moindre mouvement était empreint d'une douleur quasi insoutenable. Il renonça donc à se déplacer, espérant que la douleur s'estompe.
Par la suite, il essaya de se souvenir de ce qu'il avait bien pu se passer pour qu'il soit dans un tel état. Il ouvrit alors les yeux pour observer son environnement, déjà conscient qu'il était allongé sur un lit relativement confortable. Le peu de lumière lui permit de découvrir la chambre dans laquelle il se trouvait sans pour autant agresser ses yeux. Un mouvement au bout du lit attira son attention. Voldemort était en train d'enfiler sa robe. Les événements des dernières heures lui revint alors.
Il ne put empêcher l'unique larme qui s'échappa. Constatant en prime qu'il était encore nu à la vue du Seigneur des Ténèbres, il essaya de se faire aussi petit que possible en ramenant ses genoux contre son torse mais une douleur fulgurante dans le bas du dos se propageant tout le long de sa colonne vertébral le figea sur place. Cette fois, il ne put retenir un grognement de douleur de passer ses lèvres douloureuse. Le bruit attira l'attention de Voldemort.
— Je constate que tu es enfin réveillé. Je dois m'avouer déçu de ta performance Lucius. Même pour l'acte de chair tu ne vaux pas grand-chose. Heureusement nous ne devrions pas à avoir à le refaire. La potion de fertilité devrait avoir pris soin de te faire tomber enceint dès la première fois. Je ferais venir Sévérus demain pour qu'il puisse constater la création de mon héritier. En attendant, va te laver quand tu pourras te lever.
Sur ses dernières paroles, il tourna les talons et sortit de la pièce. Lucius enroula ses bras autour de son ventre d'un geste protecteur. Des larmes de désespoir s'écoulèrent silencieusement sur ses joues. Comment allait-il pouvoir s'en sortir ? Il était hors de question qu'il reste ici et que son bébé, sa désormais seul famille, soit élever par un psychopathe. Il allait devoir penser, planifier et certainement trouver un allié, il n'allait pas pouvoir s'échapper seul. Peut-être que Sévérus pourrait l'aider. Après tout l'allégeance du maître des potions avait toujours été douteuse parmi les mangemorts, même si le maître avait autant confiance en lui qu'il en était capable.
En attendant, il devait reprendre des forces et se laver. Pour le moment, il ne pouvait rien faire dans son état. Il rabattit le drap sur lui pour couvrir son corps nu et ferma les yeux, espérant avoir un sommeil réparateur et sans cauchemars.
La prochaine fois qu'il se réveilla, Lucius fut agressé par la lumière venant de la fenêtre. Le soleil était haut dans le ciel, plus de douze heure avait dû s'écouler depuis la dernière fois qu'il était conscient. Il essaya de bouger, doucement pour ne pas réveiller trop brutalement ses muscles courbaturés et autres douleurs pouvant s'attarder. Il se redressa lentement en position assise. Et voyant qu'il pouvait bouger sans trop de problème, il sortit du lit et se dirigea vers la salle de bain où il se détendit sous une douche bien chaude.
Fraîchement lavé et habillé d'une robe de sorcier noir que lui avait apporté un elfe de maison, il se dirigea vers le salon où l'elfe lui avait rapporté qu'un repas l'y attendait. Il mangea sans grand appétit, mais conscient de la vie qui allait grandir en lui il s'avait qu'il devait rester en bonne santé.
Il alla ensuite s'installer dans un fauteuil près de la fenêtre et s'enlisa dans ses pensées. Il espérait pouvoir trouver refuge auprès de l'Ordre du Phénix, après tout Dumbledore était connu pour donner une seconde chance aux gens. Il se doutait que les autres allaient être plus difficiles à convaincre de sa bonne foi mais il espérait qu'avec l'appui de Dumbledore et Sévérus tout se passerait relativement calmement. Il soupira, de toute façon pour le moment il ne pouvait rien faire d'autre qu'attendre et espérer pour le mieux.
Il passa le reste de la journée assit près de la fenêtre à observer l'extérieur, l'esprit perdu dans diverses pensées. Parfois, il imaginait à quoi pourrait bien ressembler son bébé. Aurait-il ses yeux ? Ses cheveux ? La peau écailleuse de Voldemort ? Grands Dieux, il espérait vraiment qu'il ait les gènes humains de son père… Dégoûté par le tournant de ses propres pensées, Lucius se leva et se dirigea vers la bibliothèque, il se contenta de regarder les titres peu sûr qu'il ait le droit d'y toucher sans l'accord du Seigneur des Ténèbres. C'était, après tout, sa bibliothèque personnelle. Sans grande surprise tous les livres portaient sur la magie noire, deux étagères étaient dédiés à la magie rituelle, et deux autres aux traditions sorcières et l'Ancienne Magie. Lucius aurait donné n'importe quoi pour pouvoir lire ces derniers. Avec les réformes du Ministère de la Magie pour intégrer plus facilement les nées de moldus, beaucoup de leur traditions avaient été interdite et l'Ancienne Magie s'était perdu. Seuls les plus anciennes familles du monde sorcier se rappelaient de ce qu'était la magie avant la guerre contre Grindelwald, mais même avant ça les lois étaient déjà devenues restrictive sur les rituels des solstices et équinoxes.
Lucius s'était engagé auprès de Voldemort parce qu'il croyait pouvoir rétablir ce que le monde sorcier aurait toujours dû être avec ses propres croyances, sa magie hérité du temps de Merlin et Morgane. Comme il s'était trompé, Voldemort n'était qu'un psychopathe en quête de pouvoir et d'immortalité voulant dominer le monde. Beaucoup des premiers mangemorts s'étaient engagés en espérant les mêmes choses beaucoup n'avaient pas survécu à la première guerre mais il en restait quelques-uns qui restaient principalement pour protéger leurs enfants et petits-enfants.
Il soupira de nouveau et repartit s'installer sur le fauteuil près de la fenêtre. Le soleil se couchait à présent, Lucius se douta qu'il aurait bientôt la visite du Seigneur des Ténèbres et de Sévérus. Il redoutait un peu cette entrevue, il s'avait qu'il y avait de forte chance pour qu'il porte l'héritier de Voldemort. Après tout la potion de fertilité avait toujours eu un taux quasi parfait de réussite. Elle était souvent conseillée aux couples qui avaient du mal à concevoir, lui-même et Narcissa s'en était servi pour assurer la continuité de la lignée des Malfoy pendant leur nuit de noce. Depuis ils avaient toujours fait chambre à part.
Le bruit d'une porte qui claque le fit sursauter. Lorsqu'il se tourna, il vit le Seigneur des Ténèbres et Sévérus s'avancer vers lui.
— Sévérus, tu sais ce que tu dois faire, déclara Voldemort d'un ton assertif.
— Bien sûr maître, entonna le maître des potions d'un ton neutre et monotone.
Il s'avança vers lui et lui intima de rester le plus immobile possible. Il expliqua ensuite que le sort devait détecter la fusion des deux noyaux pour ne former qu'une cellule à l'ADN unique, mélange des deux donneurs. Une lumière verte doit apparaitre autour de lui si il y a bien eu fécondation de l'ovule et une rouge si ce n'est pas le cas. Sévérus lança donc le sort et pendant les quelques instants que le sort mit à fonctionner, Lucius retint son souffle. Ne sachant vraiment pas quelle option il préférait. Parce qu'il se doutait que s'il n'était pas enceint il allait devoir subir de nouveau les assauts du Seigneur des Ténèbres. Dans le cas contraire il serait exempter de ce supplice mais il aurait aussi la certitude de porter l'héritier d'un psychopathe.
Bien trop vite la lumière blanche du sort l'entourant vira au vert et le verdict fut sans appel : il était enceint du Seigneur des Ténèbres. Il allait avoir un petit garçon ou une petite fille. Il prit alors d'autant plus conscience qu'il devait fuir. Mettre son bébé en sécurité. Il releva la tête et regarda Sévérus, celui-ci l'observait déjà. Jugeant la moindre de ses réactions. Il aperçut certainement quelque chose dans son regard puisque l'instant suivant il lui fit un signe presque imperceptible de la tête.
— Parfait ! s'exclama le Seigneur des Ténèbres. Tu vois Lucius, tu es enfin utile. Sévérus, tu viendras vérifier que tout se passe bien dans deux semaines. En attendant, prépare les potions dont il pourrait avoir besoin pour le bien-être de mon héritier. Moppy !
Une elfe de maison apparut à la seconde, s'inclinant le plus bas possible tremblante.
— Maître a appelé Moppy. Que peut faire Moppy pour Maître ?
— Tu apporteras les potions de Sévérus à Lucius et veillera à ce que Lucius les prennent. Tu feras aussi en sorte qu'il prenne soin de lui. Il porte mon futur héritier. S'il lui arrive quoi que ce soit tu en seras responsable.
— Bien maître. Moppy fera comme maître dit.
— Hors de ma vue maintenant ! Sévérus, tu peux disposer.
— Bien maître.
Le maître des potions s'inclina devant le Seigneur des Ténèbres, jeta un rapide coup d'œil à Lucius et sortit de la pièce. Il avait des potions à préparer. Lucius se retrouvait donc de nouveau seul avec Voldemort. Celui-ci s'approcha de lui et doucement passa une main arachnéenne dans ses longs cheveux blonds.
— Tu sais Lucius, je suis sincèrement curieux de savoir à qui mon héritier ressemblera. Ce qui est sûr c'est que ce sera un grand Prince des Ténèbres. Quelqu'un de confiance pour régner à mes côtés. Nous dominerons le monde, ensemble. Et toi, toi, Lucius, le noble pur-sang, porteur du Prince des Ténèbres, ta vie aura eu un but, enfin.
Lucius pouvait voir clairement le futur que le Seigneur des Ténèbres destinait à son bébé. Un avenir terrible, emplit de carnages, de meurtres, de sang, de haine et de terreur. Il ne voulait pas ça pour son bébé, il ne voulait pas reproduire la même erreur qu'avec Draco. Seulement, cette fois le résultat n'en sera que pire et lier à l'avenir du monde sorcier. Un si lourd fardeau déjà déposé sur des épaules pas encore formées.
Il espérait sincèrement pouvoir rallier Sévérus à ses côtés ainsi que pouvoir être en sécurité auprès de l'Ordre.
— Entre Sévérus.
Sévérus souffla un bon coup avant de rentrer dans le bureau du directeur de Poudlard. Les nouvelles qu'il avait à rapporter n'étaient pas bonne et il redoutait déjà de voir le sempiternel et agaçant pétillement quitter les yeux du vieil homme. Albus allait certainement s'accabler de tous les maux pour ce qui se passait. Les regrets de n'avoir pu guider et aider un de ses chers élèves, de voir ce qu'il était advenu d'un élève qui, avec un peu d'amour et d'aide, aurait pu devenir l'un des piliers de leur société, le rongeait depuis des années maintenant.
Albus Dumbledore posa son éternel regard bleu pétillant sur la haute stature de son maître des potions, rencontrant son regard inquiet. De suite, il sut que quelque chose de grave c'était produit pendant la réunion que Sévérus avait eu avec Tom. Silencieusement, il lui fit signe de prendre un siège puis lui offrit un bonbon au citron qui fut immédiatement décliné.
— Bonsoir Directeur.
— Bonsoir mon garçon. Alors dit-moi, comment s'est passé ta réunion avec Tom ? Tu n'as pas eu à passer voir Poppy, n'est-ce pas ?
— Non, Albus. Le Seigneur des Ténèbres requérait seulement mes compétences de Maître des Potions et de Magicomage.
— De Magicomage ? Vraiment ? En quoi avait-il besoin d'un Magicomage ?
— Lucius est enceint.
— Voilà qui est inattendu. À ma connaissance il était toujours marié à Narcissa.
— Il l'est toujours.
— Je vois. Comment se porte donc Lucius ? L'autre père doit être heureux de la nouvelle je présume ?
— Lucius semblait assez désespérer d'attirer mon attention, mais physiquement semblait relativement bien malgré quelques contusions. Quant à l'autre père, j'ose dire que le Seigneur des Ténèbres l'eusse prévu et semblait satisfait que Lucius ait remplit sa tâche.
Dumbledore soupira profondément, sentant le poids des années pesées plus lourdement que d'habitude sur ses épaules. Il avait redouté d'entendre que Tom soit l'autre père. L'avenir de cette enfant n'allait pas être bon s'il restait entre les mains de son père. Il avait beau vouloir voir le bon en chacun, il savait que Tom avait perdu tout ce qui faisait de lui une personne pouvant être sauvée. Il était incapable d'aimer maintenant qu'il avait séparé son âme en autant de morceau. Mais il y avait une lueur d'espoir. Lucius semblait conscient que son enfant ne serait jamais en sécurité auprès de Voldemort.
— Hum, il est curieux que Tom ait décidé d'avoir un héritier alors qu'il a toujours recherché l'immortalité. Faire un enfant reviendrait à penser, pour lui, qu'il puisse un jour mourir et ait quelque chose à léguer.
— Je ne saurais quoi vous dire directeur. Le Seigneur des Ténèbres a toujours une façon de penser assez particulière. Surtout depuis son retour. Il est de plus en plus paranoïaque, laisse peu de son propre Cercle Intérieure au courant de ses plans. Il ne serait guère étonnant qu'il ait décidé de produire un héritier dans le simple but d'avoir une arme tout aussi puissante que lui, plus jeune et surtout malléable. Quelqu'un qu'il puisse former à penser comme lui, pour lui et qui lui soit toujours fidèle.
— Voilà un point de vue bien négatif mon garçon. Malheureusement, j'ai bien peur qu'il soit fort possible que Tom ait pensé ainsi. Cela dit, Lucius semble avoir recherché ton aide.
— En effet. Il semble conscient du danger que le Seigneur des Ténèbres représente pour son enfant. Je dois le voir dans deux semaines, j'en saurais plus à ce moment-là. En attendant, j'ai des potions prénatales à lui fournir.
— Très bien, je ne te retiens pas plus longtemps, bonne nuit mon garçon.
— Bonne nuit Albus.
Dumbledore observa son maître des potions sortir de son bureau dans son habituel envolée de cape, ce qui le fit sourire. Sévérus ne changerait jamais sur ce point. Il repensa ensuite à ce qu'il venait d'apprendre. Voldemort voulait un héritier. Le dit héritier était en chemin et le porteur n'était autre que Lucius Malfoy. Albus soupira, les choses devaient de plus en plus compliquer à mesure que le conflit continuait. Même avec le répit qu'ils avaient eu, Dumbledore ne connaissait que depuis quelques années la raison de la survie de Tom. Depuis, il se démenait pour trouver tous les horcruxes et avec l'aide d'Harry depuis la fin du dernier mandat, ils avançaient plus vite qu'il ne l'aurait cru possible.
Il allait devoir prendre des mesures pour assurer la sécurité de Lucius ici. Il n'allait bien entendu pas être agressé ou attaqué de visu. Mais la rancune et le manque de confiance fragrant dont feraient preuve les membres de l'Ordre allaient ajouter des tensions dont ils n'avaient pas besoin à l'heure actuelle. En plus de Sévérus, Albus allait avoir besoin d'un allié. Un dont personne ne pourrait douter de l'allégeance à la Lumière et à leur cause. Un allié dont le point de vue était important pour la plupart. Il eut un petit sourire quand il eut à l'esprit la personne idéale. Cela allait demander un peu de persuasion mais s'il y arrivait Lucius serait en sécurité et protégé.
— Il sera parfait pour ça, n'est-ce pas Fumseck ?
Le dit phénix produisit un radieux trémolo en accord avec la décision du directeur.
— Bien, je le verrai demain. Autant commencer le plus tôt possible avec lui. Il a toujours eu besoin de temps pour réfléchir et accorder une seconde chance. Un jeune homme têtu au cœur là où il faut.
Albus se leva, caressa le poitrail de son phénix avant de se diriger vers sa chambre. Il se faisait tard et demain allait encore être une journée bien chargée. Autant prendre un peu de repos quand il en avait encore l'occasion.
Harry prit sa place habituelle à la table des Gryffondor. Ron et Hermione était déjà attablé. Le rouquin semblait déjà être à sa deuxième assiette, tandis qu'Hermione piochait de temps en temps dans la sienne entre deux pages du livre qu'elle lisait.
— Bonjour.
Hermione leva la tête du livre dans lequel elle était plongée et lui fit un large sourire en le voyant, retournant vivement son bonjour. La salutation du roux fut quant à elle assourdit par la nourriture qui emplissait sa bouche. La routine d'un tel matin le soulageait toujours, il aimait à penser que certaines choses étaient immuable malgré les rebondissements dans lesquels sa vie semblait nager. Il se servit et mangea tranquillement son petit-déjeuner. Leur 7ème année à Poudlard commencerait dans une semaine, après la mort de Sirius l'Ordre du Phénix s'était réuni quelque temps au Terrier chez les Weasley, mais le manque de place décida rapidement Dumbledore à tenir les réunions à Poudlard. Les membres et leurs enfants s'étaient installés pendant les vacances dans l'ancien château et pendant l'année scolaire les réunions avaient lieu tard le soir dans la Salle sur Demande. Harry et Dumbledore étaient parvenus à un accord pendant sa 6ème année et maintenant le Trio était pleinement intégré à l'ordre malgré les reproches et la désapprobation flagrante de Molly Weasley. Elle l'avait d'ailleurs ignoré pendant deux mois avant de se rendre compte que son attitude n'allait en rien changer l'avis de ses enfants, d'Harry ou de Dumbledore. Elle s'était résigné mais les traitaient toujours comment des enfants, la plupart du temps leur avis n'étaient pas ceux d'un adulte et ils devraient laisser les grandes personnes parlés pendant les réunions. Dire qu'aucun d'eux ne prêtait plus aucune attention à ses remarques serait un euphémisme, même son mari avait tendance à la faire taire plus tôt que plus tard ces derniers temps.
L'été touchait bientôt à sa fin et l'entrainement d'Harry devrait être re-planifier. Il devrait s'accorder avec l'emploi du temps de ses différents tuteurs, son propre emploi du temps et celui de Dumbledore. Cela allait être compliqué mais ses leçons portaient leur fruit. Harry avait bien changé, deux étés sans les Dursley, des repas équilibrés et réguliers, du sport et il était métamorphosé. Mme Pomfresh lui avait aussi prescrit des potions pour combler ses carences que le professeur Rogue avait lui-même brassé. Une autre chose qui avait d'ailleurs changé était sa relation avec le professeur de potion. Celui-ci après avoir vu la liste de potion qu'il devait prendre avait demandé des explications à Harry puis avait été furieux contre Dumbledore pour l'avoir « laisser pourrir avec cette ignoble hypocrite et jalouse de Tuney ». Harry était donc en terme plus « amical » avec le sévère professeur. Sévérus s'était en quelque sorte adouci avec lui et avec accepter de lui parler un peu plus de sa mère. Harry arrivait à peine à y croire mais il était heureux d'en apprendre plus sur celle qui l'avait protégé au prix de sa vie. Rogue et lui développait doucement une relation amicale et cela le ravissait. Il était heureux de créer des liens avec quelqu'un qui le rattachait uniquement à sa mère. Il lui restait Rémus pour remplir ce rôle du côté de son père et son parrain.
Perdu dans ses pensées, il n'entendit pas tout de suite Hermione l'appeler.
— Harry !
— Excuse-moi Hermione, j'étais perdu dans mes pensées. Tu disais ?
Hermione soupira, exaspéré par le comportement tête en l'air de son meilleur ami.
— Tu as reçu une note de Dumbledore, et la Gazette du Sorcier vient d'arriver. Tu devrais la lire.
Harry s'aperçu qu'en effet Hedwige était arrivé avec le journal et une note portant son nom avec l'écriture reconnaissable entre mille de Dumbledore était appuyé contre son verre. Il retira d'abord le journal accroché à la patte d'Hedwige, lui donna deux ou trois morceaux de bacon qu'elle engloutit avant de s'envoler surement pour rejoindre la volière et dormir. Il posa le journal à côté de son assiette et prit la note, l'ouvrit et la lu.
Harry,
Pourrais-tu passer à mon bureau après ton repas. Sévérus a été appelé hier soir et j'aimerai discuter de ce qu'il en est ressorti avec toi.
Albus.
Ps : J'ai découvert les Milky Way ce week-end, les moldus ont des sucreries vraiment intéressantes !
Harry ne put s'empêcher de sourire au post-scriptum de Dumbledore, le vieil homme ne changerait jamais. Il se demandait par contre ce qu'il avait bien pu se passer avec Voldemort pour que le directeur veuille en parler avec lui avant une réunion de l'Ordre. Il se doutait bien que le sujet serait abordé pendant une réunion, mais cela devait être important s'il devait lui en parler à part. Peut-être un rapport avec les Horcruxes ? Il essaya de ne pas se torturer l'esprit avec ça, il le saurait bien assez rapidement. Pour s'occuper l'esprit il s'empara du journal qu'il avait mis de côté et le déplia. Une énorme photo prenant les trois-quarts de la première page montrait la marque des ténèbres s'élevant au-dessus d'un petit manoir. En-dessous la légende en gras prenait le reste de la page :
MINISTRE SCRIMGEOUR ASSASSINÉ !
BONES NOMMÉE MINISTRE DE LA MAGIE PAR LE MAGENMAGOT !
— Eh bien, je suis désolée d'apprendre que Scrimgeour est mort mais au moins nous n'avons pas perdu le ministère aux mains de Voldemort. Il doit être furieux. Je suis sûr qu'il pensait pouvoir placer un de ces pions à la place.
— En effet, Susan doit être ravie et terriblement inquiète. Tu devrais peut-être lui parler à la rentrée.
— Hum, oui, je lui en parlerais. Sa tante est une femme forte, elle saura prendre les mesures qu'il faut pour remettre le pays à flot et assurer sa sécurité. J'en parlerai aussi avec Dumbledore, histoire d'avoir son avis et peut-être avoir une preuve plus concrète à annoncer à Susan sur la sécurité de sa tante.
Hermione acquiesça un léger sourire aux lèvres et retourna à son livre. Ron était toujours en train de manger, il devait déjà en être à sa troisième voir quatrième assiette, oublieux de tout ce qu'il l'entourait. Harry soupira, finit son petit-déjeuner, se leva et se dirigea vers le bureau de Dumbledore. Il monta rapidement les deux étages qui le séparaient de l'entrée derrière la gargouille de pierre, se demandant ce que pouvait bien lui vouloir le directeur. Une fois devant la statue il donna le mot de passe contenu dans la note et monta sur l'escalier en colimaçon attendant que celui-ci arrive en haut de la tour.
La porte en chêne poli était toujours ornée de son lourd marteau d'airain en forme de griffon. Il s'en approcha pour frapper et annoncer sa présence mais la voix du directeur s'éleva avant qu'il n'ait pu frapper l'invitant à entrer. Il poussa la lourde porte et entra dans le bureau, se retrouvant directement en face du bureau de Dumbledore derrière lequel celui-ci était assis. Harry s'avança dans la pièce saluant le directeur.
— Bonjour Professeur.
— Bonne journée en effet, mon garçon. Un temps merveilleux pour cette fin d'été. Mais viens, assis-toi.
Harry lui fit un petit sourire, amusé par le comportement du vieil homme. Leur relation s'était nettement améliorer depuis cette fameuse soirée après le désastre au Département des Mystères et la mort de Sirius. Il avait encore quelque accrochage parfois quand leurs idées divergeaient mais ils travaillaient dessus et cherchaient des solutions ensemble. Le brun aimait ce nouveau tournant entre eux, basé sur la confiance et l'échange. Une fois assis, Fumseck vint se poser sur ses genoux un doux trémolo apaisant et accueillant vibrant dans son sillage. Harry entreprit de caresser le poitrail du phénix tout en redirigeant son regard sur le directeur.
— Vous vouliez me parler professeur ?
— En effet, mon garçon. Comment se passe ton entrainement ? Kingsley et Nymphadora avaient l'air particulièrement content de toi la dernière fois qu'ils sont venus.
— Très bien, Kingsley estime mon niveau à celui d'un Auror en formation de dernière année. Il pense que bientôt, peut-être aux alentours de Yule, nous pourrons passer au niveau supérieur. Alastor semblait être d'accord, il compte parler avec Bill pour m'apprendre les runes et les rudiments de la création et du démantèlement des protections entourant un bâtiment ou des objets. J'ai hâte de commencer, cela pourrait être utile pour la chasse au horcruxes ou pour la protection. Et Rogue – Harry ignora le « Professeur Rogue » de Dumbledore - eh bien, disons que l'entente reste tendu mais il est plus clair dans sa pédagogie. C'est déjà ça, on avance plutôt bien.
— J'en suis ravi mon garçon. Sévérus a un passé difficile, tu le sais, l'entente avec ton père était moins qu'amical.
— C'est l'euphémisme du siècle, professeur. Mais je comprends un peu mieux son comportement même si je maintiens que ce n'est pas très adulte de sa part. Au moins il y a des améliorations quand on est seul pour ses cours. Et je reconnais qu'il a un rôle dangereux et important dans cette guerre contre Voldemort. Je l'ai toujours respecté pour ça.
— En parlant de ça, Sévérus a été appelé hier soir par Tom. Et les nouvelles sont pour le moins inquiétante.
Harry vit le directeur prendre plusieurs années devant ses yeux, l'étincelle perpétuelle qui habitait ses yeux céruléens s'était atténuée et était presque indiscernable. Un léger froncement ornait ses sourcils et il semblait se perdre dans les souvenirs de la nuit dernière.
— Professeur Dumbledore ? Que s'est-il passé ? demanda Harry de plus en plus inquiet.
Le directeur soupira et s'adossa contre son haut fauteuil. Fumseck prit son envole est vint se posé sur le bras de la chaise, un trémolo réconfortant s'échappant en vague essayant de remonter le moral du vieux sorcier. Celui-ci sourit à son familier et le caressa doucement quelque instant avant de répondre à Harry.
— Hier soir, Sévérus a été demandé par Tom d'effectuer un diagnostic pour savoir si un de ses mangemorts était enceint.
Harry releva l'emploi du masculin et devint curieux, il n'était pas au courant qu'il était possible pour un sorcier de porter naturellement un enfant. Il fronça les sourcils, pourquoi Voldemort s'inquiéterait de ce genre de chose parmi ses rangs. A moins que le sorcier en question ne soit un membre de son Cercle Intérieur, ce qui pourrait l'énerver si c'était un sorcier utile à sa cause.
— En quoi cela concernerait Voldemort ? Je ne vois pas pourquoi il s'inquiéterait d'une chose aussi triviale pour lui. A moins que le sorcier en question soit important à sa cause, il pourrait considérer que sa perte temporaire serait un frein à ses plans.
— Ah, une bonne théorie. Et il aurait sans doute été préférable que cela quelque chose de cette acabit malheureusement c'est bien plus inquiétant que cela. Tom s'est mis en tête qu'il ne pouvait pas vraiment faire confiance à qui que ce soit. En cherchant une solution pour cela il en est venu à la conclusion que seul son héritier serait digne d'être son bras droit.
Harry était atterré. Voldemort ? Se reproduire ? En avait-il même encore les capacités avec son corps ressemblant plus à un serpent qu'un être humain ? Harry tourna presque au vert aux pensées qui le bousculaient dans son esprit. Car si Rogue avait été appelé pour un diagnostic, donc une confirmation ou non, cela voulait dire que Face-de-Serpent avait choisi quelqu'un à qui faire subir – Harry ne doutait pas que même pour ses mangemorts se serait une épreuve à subir – ses outrages.
— Qui ? demanda Harry d'une voix tremblante de dégout.
— Lucius Malfoy, répondit le directeur. Et il a été diagnostiqué positif. Lucius porte l'enfant de Tom.
Harry s'affala lourdement contre le dossier de son siège en soupirant. Dans quoi s'était encore embarqué le Seigneur des Ténèbres ? Après les horcruxes, un héritier. Bon l'avantage de ça c'est qu'un enfant ça prenait du temps à grandir. Il ne serait pas un problème avant quelques années mais il plaignait sincèrement cette pauvre âme innocente d'avoir à grandir avec un père pareil ? Mais est-ce que ça voudrait dire qu'il naitrait avec des écailles et pas de nez ? C'était une pensée révoltante et il la chassa immédiatement.
— Harry ?
— Je plains sincèrement Lucius, devoir porter l'enfant de Voldemort…
— D'après Sévérus, il n'en était pas vraiment enchanté. Apparemment, il aurait essayé de faire comprendre à Sévérus qu'il souhaitait de l'aide. Je vais appeler l'Ordre dans quelques jours pour organiser la fuite de Lucius, Sévérus s'organisera avec lui pour le faire sortir de manoir de Tom. Mais j'ai bien peur que l'Ordre ne soit pas très enthousiasme à l'idée que Lucius nous rejoigne.
— Ce qui est parfaitement compréhensible, Lucius avait beaucoup de pouvoir au sein du Ministère et il a plusieurs fois attenté à ma vie ainsi qu'à ceux de l'Ordre pendant les raids. Il n'a jamais réellement montré qu'il n'était pas totalement du côté de Voldemort. Un tel revirement de situation ne peut être que dû à sa déchéance dans les rangs et à son nouveau statue de poule pondeuse.
— Tu sais que je crois sincèrement que tout le monde a le droit à une seconde chance. Cela pourrait bien être celle de Lucius.
— Vous êtes parfois un peu trop idéaliste, Professeur.
Dumbledore eut un petit rire.
— Les espérances d'un vieil homme qui a vu trop de malheur certainement. Je suis cependant conscient que Lucius devra faire ses preuves. Mais un enfant magique est une bénédiction dans notre monde Harry. Nous sommes trop peu pour qu'un enfant, quel qu'il soit ne soit pas le bienvenue en ce monde. Peu importe de qui il est issue. Après tout l'âme d'un nouveau-né est l'une des âmes les plus purs en ce monde.
— Je sais. Cet enfant n'a rien fait pour être haït dès sa naissance.
— Lucius aura besoin de personne de son côté lorsqu'il sera parmi nous. Malheureusement, tous ont beaucoup trop enduré pour passer outre aussi facilement et ils ne sont pas aussi idéaliste que moi, ou ne pardonne pas aussi facilement que toi.
— Je suppose que vous voulez que je fasse partie de sa base de soutien et que j'aide à son intégration parmi l'ordre ?
— Tu ne cesseras jamais de m'étonner, mon garçon. Je suis fier du jeune homme que tu es devenu. Je suis certain que tes parents le seraient tout autant sinon plus.
Harry soupira, Dumbledore partait déjà du principe qu'il allait accepter. Et il était difficile d'en démordre quand il jouait sur la corde sensible, le vieux manipulateur sénile.
— Très bien. Mais je veux d'abord parler avec Lucius avant de me positionner pour lui face à l'Ordre, déclara Harry le regard sévère montrant toute sa détermination à ne pas en démordre sur ce point. Ce n'était pas négociable.
— Splendide, s'exclama le directeur. Je t'informerai de son arrivé. Et nous reprendrons nos réunions sur les horcruxes une fois Lucius hors de danger. En attendant, réfléchissons à ce qu'ils pourraient être et à des lieux potentiels. Et nous devons découvrir où Regulus aurait caché le médaillon.
— Le plus logique serait déjà de voir s'il est au Square Grimmaurd. Peut-être même que Kreattur saurait quelque chose ?
— C'est une idée. Je vais demander à Bill de passer au Square avec Kingsley et Tonks pour vérifier l'état des protections avant de nous y aventurer.
Harry acquiesça et se leva. Il sourit à Dumbledore, salua Fumseck et sortie du bureau, la tête en ébullition des nouvelles qu'il venait d'entendre. Avec tout ça il avait oublié d'aborder le sujet de la nouvelle ministre de la magie avec le directeur. Mais bon, ça pouvait attendre. Il se dirigea vers la tour des Gryffondors pour rejoindre ses amis qui devaient l'y attendre.
