Bonjour mes très chers lecteurs !
J'espère que vous allez bien ! Je tenais à m'excuser de n'avoir rien publié depuis un moment, je vous assure que je n'abandonne pas mes fics mais j'ai des contraintes de la vie quotidienne qui font que je n'ai pas toujours l'occasion d'écrire autant que j'aimerais. Mais je viens aujourd'hui avec ce nouveau chapitre que je viens juste de finir. La fin m'a un peu donné de fil a retordre donc j'espère qu'il vous plaira.
Sur ceci, je vous laisse à votre lecture !
Chapitre 3
Sévérus maudissait le Seigneur des Ténèbres de tout son cœur. Il se faisait trop vieux pour devoir jouer aux espions dans une nouvelle guerre. Il avait toujours plus ou moins su que ça se reproduirait. Mais il avait bêtement espéré. Et maintenant il se retrouvait à se faufiler dans les quartiers du Seigneur des Ténèbres pendant son absence pour aller sauver un mangemort devenu incubateur à mini Seigneur des Ténèbres parce que celui-ci avait eu un changement de cœur. Il se faisait définitivement trop vieux pour tout ça.
Il vérifia que son sort de désillusion tenait toujours, que son odeur était masqué et ses bruits de pas réduit à néant par un Silencio bien placé, avant de s'avancer plus loin dans le manoir Jedusor. La chambre dans laquelle se trouvait Lucius se situait au deuxième étage, près des chambres du Seigneur des Ténèbres. Sévérus s'était assuré que celui-ci ne soit pas présent dans le manoir avant de ne serait-ce qu'oser s'en approcher. Il espérait que le Mage Noir soit absent suffisamment longtemps pour s'entretenir avec Lucius et si ça se passait bien, le faire sortir d'ici.
Se fondant dans les ombres, le professeur de potion de Poudlard fit lentement et prudemment son chemin jusqu'au deuxième étage. Ce n'était pas parce que le Seigneur des Ténèbres était absent qu'il n'y avait pas de mangemort résidant dans la demeure. Les mangemorts échappés d'Azkaban restaient pour la plupart ici, sauf ceux ayant de la famille comme Bellatrix, son mari et le frère de celui-ci qui avait élu domicile chez les Malfoy. Lucius n'avait certainement pas dû être heureux de cet arrangement vu l'inimité qu'il avait avec la sœur de sa chère et tendre épouse.
Prudemment, Sévérus arriva finalement à destination. Il lança une illusion sur la porte pour que personne ne la voit s'ouvrir, même s'il était rare qu'un mangemort ne vienne dans cette partie du manoir, Sévérus préférait prêcher la prudence que l'idiotie, se faire surprendre et mourir dans d'atroces souffrances. Il détourna les sorts de protection sur la porte qu'il relia à un tableau sur le pan de mur à côté de celle-ci et s'introduisit dans la chambre.
Il remarqua tout de suite Lucius assis près de la fenêtre une main sur son ventre, le regard se perdant dans l'étendu noir qu'était le ciel en cette fin d'été. Trop perdu dans ses divagations nocturnes le blond ne l'entendit pas entrer et il sursauta quand le maître des potions s'éclaircit la gorge pour faire connaitre sa présence.
— Sévérus, mon ami ! Je suis heureux de te voir.
— Lucius, le salua sobrement le brun.
Lucius ne se leva pas mais se tourna pleinement vers le nouveau venu, lui accordant toute son attention.
— Je n'étais pas sûr que tu aies compris que je désirai m'entretenir avec toi la dernière fois que tu es venu.
— Comme tu peux le voir, j'avais bien compris ton message. En quoi puis-je t'être utile ? Je suppose que le Seigneur des Ténèbres n'approuverait pas vraiment ma présence ici et encore moins la requête que tu veuilles me faire. Je me trompe ?
— Pas du tout, mon ami. Pas du tout. Mais assieds-toi donc que je t'explique.
— Fait court Lucius, nous avons peu de temps avant que le Seigneur des Ténèbres ne revienne, il est parti s'entretenir avec les loups-garous pour réaffirmer leur allégeance.
— Eh bien, comme tu as dû le confirmer la dernière fois que nous nous sommes vus, tu es au courant que je porte l'héritier du Seigneur des Ténèbres…
Lucius marqua un temps d'arrêt, pas sûr de comment continuer cette conversation, il regarda son ami – enfin, il espérait qu'il en soit toujours ainsi même si Sévérus était du côté de Dumbledore – qui semblait aussi stoïque qu'à l'accoutumer, ce fait le fit légèrement sourire mais il se reprit rapidement et repris la parole.
— Je… Je n'ai pas eu le choix. Après tout ce qu'il s'est passé, le Seigneur des Ténèbres n'a plus confiance en ma capacité à réussir les missions qu'il me confie et…
Sa voix le lâcha un instant en repensant à ce qu'il avait dû endurer ces derniers temps. Depuis le retour du Mage Noir la vie n'avait plus été aussi douce que la décennie de tranquillité que les Potter avaient octroyé au monde magique avec leur sacrifice. Il inspira profondément, puis se détendit en expirant avant de reprendre. Sévérus n'intervenant pas un seul instant, comprenant sans doute que c'était difficile pour lui de demander de l'aide. Cela faisait, après tout, des années qu'ils se connaissaient tous les deux.
— Il a décidé que puisque je n'étais bon à rien, que j'avais un bon statut et que mon sang était pur, je ferai un bon porteur pour son héritier. Mais… Mais, c'est l'ingrédient qui fait déborder le chaudron Sévérus. J'avais déjà des doutes sur sa stabilité mentale quand il a décidé de s'en prendre à un bébé ! Mais depuis son retour c'est mille fois pire, son obsession avec Potter et sa prise de pouvoir dictatorial qu'il planifie. Ce n'est pas les changements que je voulais pour le monde sorcier. Et maintenant, je porte l'enfant d'un monstre. Un enfant innocent qui ne va servir que de pion à son propre père. Je ne soutiendrai pas plus longtemps cette face de serpent !
Lucius s'affaissa dans son fauteuil, soudainement fatigué. Il porta la main à son visage et se frotta doucement les yeux, essayant d'éloigner l'élan de fatigue qui le prenait. Il finit par rouvrir les yeux qu'il avait fermé et regarda Sévérus, le regard presque implorant.
— J'ai besoin que tu me sortes de là. Je donnerai toute l'aide que je peux à Dumbledore, toutes les informations que j'ai sur les plans du Seigneur des Ténèbres, tout ce que je peux du moment que moi et mon bébé sommes à l'abri.
Sévérus ne dit rien pendant quelques secondes, essayant certainement de voir si le blond était sincère.
— Et qu'en est-il de Narcissa et Draco ? demanda-t-il sceptique quant au fait que le blond n'ait pas demandé à ce qu'ils soient aussi mis en sécurité.
Lucius eut un rire amère avant de réponde à la question de son ami.
— Tu sais aussi bien que moi que Narcissa est aussi cinglée que sa sœur, et maintenant qu'elles sont réunis c'est presque une torture que d'être dans la même pièce qu'elles. Et Draco, Lucius soupira avant de continuer, Draco n'a d'yeux que pour sa mère et sa tante. Elle l'a toujours tenu éloigné autant que possible de moi en grandissant. Il a grandi en croyant que seul le Seigneur des Ténèbres pourrait nous apporter une nouvelle ère où les sangs purs régneraient en maître. J'ai essayé de corriger le tir discrètement autant que j'ai pu. Mais il a toujours été un enfant très influençable. Je l'ai perdu il y a bien longtemps.
— Très bien. Allons-y alors. Ne perdons pas plus de temps. C'est la seule occasion qui se présentera aussi tôt et il est plus facile pour toi de partir maintenant que dans six mois.
Les deux hommes ne dirent plus rien et se levèrent prestement après que le blond ait acquiescé aux paroles du brun, comprenant parfaitement la situation. Lucius suivi Sévérus hors de la pièce après ce celui-ci ait vérifié que la voie était libre. Et ils firent leur chemin jusqu'au hall d'entrée sans encombre. Mais tout se compliqua lorsqu'ils croisèrent trois mangemorts : Rowle, Gibbon et Travers. Le Seigneur des Ténèbres n'avait peut-être pas encore révélé la condition de Lucius mais il avait mis au courant les mangemorts que Lucius ne devait en aucun cas quitter le manoir et que celui-ci devait être capturé vivant et sans blessure.
Sévérus jura dans sa barbe et sorti prestement sa baguette. Sa couverture était foutu si ces mangemorts sortaient vivants de leur rencontre. Il lança trois Sectumsempra d'affiler, suivi de Stupéfix. Les trois premiers furent prestement évités, ils allèrent se heurter contre le mur derrière les mangemorts et créèrent une indentation conséquente dans la pierre. Un des Stupéfix rencontra sa cible et Travers fut projeter en arrière sous la force du sort. Les deux autres n'eurent pas le temps de lever le sort qu'ils étaient de nouveau assaillis par une nouvelle volée de sorts. Cette fois Lucius entra aussi dans la danse et réussit à toucher Gibbon dans la jambe, celle-ci éclata sous le Reducto de Lucius et l'homme s'écroula en hurlant de douleur.
Sévérus et Rowle s'étaient engagé dans un duel rapide de sorts plus douloureux les uns que les autres, mais un sort savamment caché derrière un autre eut raison du mangemort. Et un sourire narquois et triomphal orna quelques instants les lèvres du maître de potion. Un simple sort d'attraction caché derrière un sort qui faisait bouillir le sang eut raison du cœur de Rowle. Pendant que ce dernier s'écroulait mort sur le sol, Lucius avait attiré la baguette de Gibbon d'un Expelliarmus. Il lança ensuite deux Avada Kedavra, tuant sur le coup les deux mangemorts.
Sévérus et Lucius ne restèrent pas plus longtemps, se doutant que leur duel avait sans doute alerté d'autre mangemort présentement présent au manoir Jedusor. Ils sortirent en courant du l'immense manoir jusqu'au portail délimitant la propriété, qui délimitait aussi les protections de celle-ci et notamment le sort d'anti-transplanage. Heureusement, le terrain n'était pas aussi grand que chez les Malfoy et ils sortirent du champ de protection des sorts au moment même où des mangemorts sortaient à peine du manoir. Sévérus empoigna le bras de Lucius et les fit transplaner.
Ils apparurent tous les deux à bout de souffle devant les grilles de Poudlard. La nuit était noire, le silence presque oppressant après leur échappé-belle. Mais ils étaient tous les deux soulagés de s'en être sorti vivant. Ils étaient maintenant en sécurité. Lucius était, pour une fois, tellement soulagé de voir Poudlard. Ces derniers temps le château avait été la source de ses cauchemars mais aujourd'hui c'était redevenu ce qu'il avait été pendant sa scolarité : un sanctuaire.
Il était fatigué et une nausée terrible l'habitait depuis qu'il avait transplané. Il commençait à avoir la vision trouble, tout tournait autour de lui, par miracle il réussit à saisir le bras de Sévérus pour attirer son attention avant de perdre conscience.
La première chose qu'il constata en se réveillant était qu'il avait dû s'évanouir, puis qu'il était allongé sur quelque chose de relativement confortable. Sûrement un lit. Sa tête le lançait un peu, mais rien d'aussi sévère qu'une migraine fort heureusement. Il entreprit alors d'ouvrir les yeux pour savoir où il se trouvait avant de se rappeler qu'il était parvenu à s'enfuir avec Sévérus du manoir Jedusor. Il devait donc se trouver à l'infirmerie de Poudlard. Il soupira de soulagement. C'est à ce moment-là qu'il entendit des voix non loin de lui. Celle très reconnaissable de Sévérus, même s'il ne comprenait pas ce qu'il disait, une plus féminin, sûrement celle de l'infirmière, et l'autre plus âgé, pas aussi profonde que celle de son ami brun. Certainement Dumbledore.
Il ouvrit enfin les yeux qui se posèrent sur le plafond blanc et immaculé de l'infirmerie. Il remarqua que celle-ci était plongée dans la pénombre. Ce qui l'arrangeait fortement, ses yeux s'adaptant plus facilement et n'aggravant pas son mal de tête. Il se redressa lentement pour s'installer contre ses oreillers en position assise. Ce qui attira l'attention des trois autres occupants de la pièce. Il tourna la tête vers les bruits de pas qui approchaient et constata qu'effectivement il avait deviné juste. Sévérus, Pomfresh et Dumbledore arrivèrent près de son lit. L'infirmière ne dit rien mais lança un sort de diagnostic avant de déclarer que tout allait bien et qu'il devait se reposer puis se retira dans ses appartements accolés au bureau de l'infirmerie.
— Bonsoir monsieur Malfoy, je suis heureux de vous voir que vous nous avez rejoint dans le monde des conscients, l'accueillit le directeur.
— Bonsoir monsieur le directeur. Je vous remercie de bien vouloir m'accueillir au sein du château par les temps qui court.
— Mais c'est tout à fait normal mon garçon, toutes personnes cherchant refuge et repentir est la bienvenue ici. Reposez-vous un peu plus, Pomfresh m'a informé que le transplanage avait été la cause de votre évanouissement. Il est déconseillé de transplaner pendant les trois premiers mois de grossesse, mais je vous rassure tout va bien, aucun dommage n'a été fait. Je vous enverrai un elfe de maison demain matin pour vous conduire jusqu'à vos quartier.
Lucius acquiesça d'un mouvement de tête mais n'ajouta rien. Dumbledore lui souhaita une bonne nuit et s'en alla. Sévérus resta un peu plus longtemps l'informant qu'une réunion de l'Ordre aura lieu le lendemain soir, puis lui aussi lui souhaita une bonne nuit et s'en retourna à ses quartiers dans les donjons. Lucius resta un petit moment assis sur son lit, se posant une multitude de question sur ce qu'il allait devenir maintenant. Finalement, fatigué, il se rallongea et trouva plus rapidement que prévu le sommeil. Demain serait un autre jour, et rien de servait de tergiverser tant que la réunion de l'Ordre ne serait pas passée.
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Un hurlement de douleur s'éleva dans la nuit. Le petit village situé au pied du grand manoir qui dominait le domaine s'éveilla de peur. Depuis un certain temps il n'était pas inhabituel d'entendre ce genre de cri s'élevé de la grande bâtisse, au début des policiers étaient allé enquêter mais personne n'en était jamais revenu. Depuis personne ne cherchait plus à découvrir ce qu'il s'y passait, les gens du village se contentaient d'essayer d'ignorer les cris autant qu'ils le pouvaient.
Dans le manoir, Voldemort était dans une rage encore jamais vu par ses mangemorts, et les dieux seuls savaient à quel point ils avaient pu subir ses éclats de colère. Mais cette nuit, le Seigneur des Ténèbres était bien au-delà de sa rage habituelle. Il avait perdu trois mangemorts de second rang et Lucius Malfoy était porté disparu.
— Qu'on m'amène Narcissa et Malfoy Junior !
— Tout de suite mon seigneur, s'empressa de répondre un mangemort qui s'enfuit en courant de la salle du trône.
Un court instant plus tard, Narcissa Malfoy entra dans la pièce le dos droit et la tête haute, son fils la suivait, tremblant visiblement mais essayant de le cacher. Il était profondément persuadé que sa mère avait raison et que le Seigneur des Ténèbres apporterait une nouvelle ère pour le monde sorcier avec les sorciers de leur stature à la place qu'ils leur étaient dû et les autres sang-de-bourbe et autres amis des moldus à leur pied, là où se trouvaient leur place. Toutefois, il n'en restait pas moins terrifier par le sorcier noir au visage si serpentin.
Les deux Malfoy s'avancèrent jusque devant leur Seigneur et s'agenouillèrent, tête baissé présentant leur nuque en signe de soumission à la toute-puissance du sorcier noir devant eux.
— Mon Seigneur, dirent-ils en cœur.
— Narcissa, Draco. Je suis extrêmement déçu par votre famille. Lucius s'est échappé en portant mon héritier. Rien de ce que vous pourrez faire ne pourra rattraper cette erreur de trop. Si ce n'est que par votre vie. Doloris !
Les hurlements de Narcissa s'élevèrent durant de longue minutes sous le sort, puis continuèrent longtemps jusqu'au petit matin où elle finit par rendre l'âme. Les cris de son fils s'élevèrent peu de temps après le début de ceux de sa mère, Voldemort l'ayant confié à d'autre mangemort. Il subit cette séance de torture bien moins longtemps que sa mère et son corps se refroidissait déjà alors que sa mère relâchait son dernier souffle. Voldemort, à présent un peu calmer, donna des ordres bien spécifiques pour disposer des corps et partit s'enfermer dans son bureau pour réfléchir à la suite.
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Harry se réveilla en sursaut, le jour pointait à peine mais après une nuit agitée il était impossible pour lui de se rendormir. Sa connexion avec Voldemort avait beau avoir été fermé le plus possible grâce à ses cours d'occlumencie avec Rogue, il n'en restait pas moins capable de ressentir les sauts d'humeur de cette face de serpent. Et cette nuit quelque chose devait s'être passé pour qu'il soit dans une rage qu'il avait encore jamais ressenti.
Sa tête lui faisait un mal de chien. Il était bon pour passer à l'infirmerie pour prendre une potion pour soulager sa tête sinon la journée allait être très très longue. C'est en soupirant qu'il finit par se lever et se préparer pour cette nouvelle journée de cours. Fin prêt, il n'attendit pas ses amis qui devaient sûrement à peine se réveiller – en tout cas pour Hermione – et se dirigea vers le domaine de madame Pomfresh. Les couloirs de l'école étaient déserts et silencieux aussi tôt dans la matinée, ce qui arrangea Harry et sa tête lancinante. Une fois devant les doubles portes de l'infirmerie, il pénétra silencieusement dans la pièce, se faisant le plus discret possible pour ne pas réveiller quiconque serait présent et se dirigea vers le bureau de l'infirmière. Il frappa doucement sur la porte, le bruit résonnant plus que nécessaire dans le silence religieux de la pièce. Il se retourna pour vérifier que cela n'avait pas réveillé ce qui semblait être le seul occupant de la pièce. Harry ne savait qui se trouvait à l'infirmerie, les rideaux étant tirés autour du lit, mais il espérait vraiment ne pas l'avoir réveiller.
La porte derrière lui s'ouvrit brusquement et le fit sursauter. Il se retourna et se retrouva devant une madame Pomfresh à peine réveiller mais habiller prête à prendre son poste.
— Monsieur Potter, que me vaut l'honneur d'une visite aussi matinale de votre part ?
— Bonjour Madame Pomfresh, désolé de vous dérangez de si bon matin, mais Voldemort a fait des siennes cette nuit et j'ai un mal de tête à en faire pâlir un fantôme. Vous auriez quelque chose contre la douleur ?
— Bien sûr, suis-moi.
Elle le dépassa et se dirigea vers une grande armoire où était entreposée la majorité des potions dont elle avait besoin à l'infirmerie. Elle la déverrouilla d'un coup de baguette et l'ouvrit, farfouilla un instant avant d'en retirer un flacon et de le lui tendre.
— Cul-sec Monsieur Potter. Puis vous vous allongerez le temps que la potion fasse effet.
— Merci madame Pomfresh, lui répondit Harry avec un sourire avant d'avaler sa potion, grimaçant au goût infâme.
Il alla ensuite s'allonger sous les yeux scrutateurs de l'infirmière s'assurant qu'il fasse ce qu'elle lui avait dit et de se reposer pendant que la potion faisait effet. Il s'allongea donc sur le lit le plus proche après avoir enlevé ses chaussures et sa robe, et soupira d'aise une fois la tête posée sur l'oreiller. La douleur commençait déjà à s'atténuer et le léger soulagement qu'il ressentit dû être suffisant puisque la prochaine chose dont il fut conscient fut de se réveiller en sursaut suite au bruit du métal sur du métal. Les anneaux des rideaux tirés contre une barre métallique. Il tourna la tête vers le bruit qui l'avait réveillé et se retrouva face à face avec Lucius Malfoy.
Ils se regardèrent quelques instants sans qu'aucun ne prennent la parole. Figés par cette rencontre soudaine.
— Potter.
— Monsieur Malfoy.
Lucius savait qu'il devait se monter un minimum courtois et poli envers l'ordre et Potter, mais ses différentes rencontres avec l'adolescent n'avaient jusqu'à présent jamais été bienveillantes. Et les seuls choses qu'il savait de lui c'était le peu de chose que le monde sorcier en général connaissait du jeune adolescent. Son fils ne lui en avait pas fait des éloges non plus, parlant d'un gamin pas très intelligent, arrogant et vantard. Jaloux de ce que son fils avait, sur ce point Lucius en doutait fort, il prenait en général avec des pincettes ce que son fils lui rapportait puisque tout était vu du point de vue de sa mère. Il soupira discrètement, fit un signe de tête à l'adolescent assis sur le lit voisin au sien et se dirigea vers la salle de bain de l'infirmerie. Une bonne douche lui ferait du bien après tout ce qu'il s'était passé hier soir.
Harry le regarda sortir de la salle principale et soupira. Il ne s'attendait pas à ce que Lucius Malfoy ce soit déjà sorti des griffes de Voldemort mais cela expliquait la rage de ce dernier. Finalement, il décida que s'attarder ne ferait que rendre la situation plus bizarre qu'elle ne l'était et se rhabilla promptement avant de quitter l'infirmerie. Il serait mieux de revoir et parler avec Malfoy senior quand Albus serait présent. Il finit lentement son chemin jusqu'à la Grande Salle pour prendre son petit-déjeuner et espérait que la journée soit moins tendu que son début de matinée.
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Lorsque Lucius revint de la salle de bain, Potter était parti. Il ne savait pas s'il devait être soulagé de ce fait ou si cela n'inaugurait rien de bon pour la suite de son séjour ici. Toutefois, il pouvait comprendre le départ du plus jeune, après tout, leurs précédentes rencontres n'avaient jamais été courtoises et maintenant qu'il faisait partie de leur camp, il était obligé que la situation soit un peu compliqué au premier abord.
Ne sachant pas quoi faire en attendant l'elfe de maison qui devait l'accompagner à ses nouveaux appartements, Lucius se rallongea sur son lit, le dos appuyé contre la tête de lit et se mit à méditer un peu. C'est alors qu'il cherchait son noyau magique qu'il la ressentit. Cette nouvelle étincelle de magie, elle ne lui appartenait pas et en même temps il pouvait reconnaître un peu de la sienne dans celle-ci. Curieux, il s'en approcha et finalement c'est lorsqu'il l'effleura de sa propre magie qu'il sut que c'était la magie de son bébé qui se formait. Elle était un mélange de base de la sienne et de celle du Seigneur des Ténèbres mais lentement formait une magie nouvelle, une magie propre à celle de son bébé.
Sans trop savoir pourquoi, les larmes lui montèrent aux yeux. C'était sans doute l'émotion de voir se former la magie de son enfant, de son propre bébé. Lucius n'avait jamais su ce qu'une femme pouvait bien ressentir pendant la grossesse, il n'avait jamais entendu parler du fait qu'elles pouvaient ressentir la magie de leur enfant se former. C'était quelque chose qui n'avait pas de prix. Il comprenait maintenant pourquoi le lien entre la mère et l'enfant était plus fort que n'importe quel autre lien. L'attachement de Narcissa – qui pourtant n'avait certainement pas la fibre maternelle – à Drago avait été plus fort que son propre lien à son fils.
Lucius sortit de sa méditation et se rendit compte que l'elfe de maison attendait d'avoir son attention. Il se leva et attendit que celui-ci prenne la parole.
— Directeur Dumbleedor a demandé à Winky de montrer à Monsieur Malfoy ses quartiers.
— Très bien Winky, je te suis.
Les deux firent alors rapidement leur chemin à travers les couloirs encore désert de Poudlard jusqu'à un tableau au septième étage sur lequel était représenté la Dame du Lac dans la forêt d'Avalon. L'elfe lui indiqua que Dumbleedor avait donné comme mot de passe : étoile du matin, ce qui fit lever un sourcil à Lucius mais il ne commenta pas. Une fois dans ses appartements, Winky lui fit savoir que le directeur l'avait assigné à lui et qu'il pouvait l'appeler s'il avait besoin de quoi que ce soit.
— Winky, pourrais-tu te rendre à Tissard et Brodette sur le Chemin de Traverse pour me procurer quelques tenues ?
— Bien sûr, Monsieur Malfoy, Winky peut faire ça.
— Très bien, dit leur de prendre dans ma voute personnelle. Je vais envoyer un hibou à Gringotts pour autoriser le retrait.
Sur ces paroles Winky fit une révérence et s'éclipsa. Lucius reporta son regard sur ses nouveaux quartiers. La salle sur laquelle donnait le tableau d'entrée était la pièce principale qui constituait d'un vaste salon avec un coin cheminée et d'un coin plus petit pour la cuisine. Trois porte donnaient sur la pièce, en les inspectant de plus près il découvrit deux chambres derrières deux d'entre elle et la troisième donnait sur une large salle de bain. Tout était décoré avec goût bien que la gamme de couleur était un peu trop Gryffondor au goût de Lucius. Celui-ci en déduit qu'il devait s'agir d'ancien quartier d'habitation pour les étudiants mariés. Il était courant au Moyen-Âge de se marier jeune, il était donc commun que certains élèves de sixième ou septième année d'avoir une femme et parfois même un enfant. Et au vu des couleurs et de l'emplacement, cela devait être les quartiers des élèves appartenant à Gryffondor. Il était après tout logique de ne pas le placer près des élèves de Serpentard, une bonne majorité étant des enfants de mangemorts. Il aurait été trop dangereux pour lui et son enfant de résider dans les donjons.
Lucius soupira et s'assit. Qu'allait-il bien pouvoir faire enfermer ici jusqu'à la fin de la guerre ? Il posa la main sur son ventre encore plat bien que déjà moins ferme qu'à l'accoutumer. Un bébé. Il avait encore du mal à se faire à l'idée qu'il allait de nouveau être père et qu'en prime il était celui qui allait le mettre à terme. Il y avait quelque chose de terrifiant et à la fois exaltant à créer et donner la vie. Bien qu'il aurait largement préférer ne pas subir les attentions du Seigneur des Ténèbres, il ne pouvait s'empêcher d'être un peu exciter à l'idée d'avoir un autre bébé. Il espérait ne pas reproduire les erreurs qu'il avait faites avec Drago. Mais sans Narcissa cela devrait s'avérer plus simple d'élever correctement son enfant. Allait-il avoir une fille ou un garçon ? Celui-ci allait-il être une copie conforme de lui-même ? Du Seigneur des Ténèbres ? Ou un mélange d'eux deux ? En tout cas, il priait tous les Dieux qu'il n'hérite pas de l'aspect serpentin de son père. Lucius eut un frisson de dégoût à cette pensée.
Il se leva et se dirigea vers le coin cuisine pour se faire un thé et penser à autre chose. Ces pensées se dirigeaient vers un terrain miné qu'il n'était pas sûr de vouloir explorer pour le moment. Il espérait que la réunion de l'Ordre de ce soir se passe bien. Il savait bien qu'il n'allait pas être accueilli à bras ouvert mais il avait peur que la majorité demande à ce qu'il ne se débarrasse de son enfant. Peut-être aurait-il pu l'envisager il y a encore quelques heures, même si pour un sang-pur comme lui, les enfants étaient quelque chose à chérir et être bénit pour donner naissance le rendait fier. Même si c'était un peu déplacer vu la situation, il ne pouvait s'empêcher de l'être un minimum. Mais maintenant qu'il avait senti la magie de son enfant se former, c'était impossible pour lui de ne serait-ce qu'envisager que de mettre un terme à sa grossesse. Lucius soupira de nouveau – il avait l'impression de ne faire de ça depuis qu'il était enceint – et se reconcentra sur son thé. Il n'avait plus qu'à attendre le résultat de la réunion de l'Ordre.
~~~~~~ HPLM ~~~~~~
Un cri aigu s'éleva dans le silence du parc entourant le château de Poudlard. S'en suivit une longue procession d'élèves curieux mais surtout de professeur inquiet. Dumbledore arriva sur les lieux dans une gerbe de flamme, gracieuseté de Fumseck, qui l'avait téléporté depuis son bureau. Le professeur McGonagall et le professeur Rogue étaient déjà présent et tentait de mettre de l'ordre dans la pagaille qui s'en était suivi. Les élèves peu scrupuleux de mettre en colère leur professeur de potion tant détesté se calmaient petit à petit et suivaient les directives de leurs professeurs pour retourner dans le château. L'élève inconscient, jusqu'à présent ignoré dès lors qu'ils avaient été certain que rien de grave ne lui était arrivé, si ce n'était qu'une perte de connaissance, était maintenant pris en charge par Hagrid qui se chargea de l'emmener à l'infirmerie.
Une fois que tout fut en ordre et les élèves partis, Dumbledore s'approcha de ce qui avait été la cause de tout se raffut. Devant les grilles fermées de Poudlard s'élevait les corps de Narcissa et Drago Malfoy sur des piques, les deux corps étaient dénudés et mutilés. Dumbledore soupira, cela prévoyait une longue et tortueuse journée. Mais surtout, deux nouvelles vies avaient été prises par cette guerre et cela le rendit triste. C'était toujours une tragédie lorsqu'une nouvelle vie était prise par les atrocités de la guerre.
— Albus, c'est affreux. Qui a bien pu faire ça ? lui demanda Minerva.
— J'ai bien peur que ce ne soit Tom, ma chère. Lucius est arrivé hier soir avec Sévérus. Je doute que Tom est apprécié de le perdre, répondit-il.
— Mais pourquoi les a-t-il tués ? Ils devaient quand même lui être utile non ? Et puis vous ne nous avez toujours pas expliqué pourquoi Lucius était maintenant un résident de Poudlard.
— Ce sera expliquer pendant la réunion de l'ordre de ce soir Minerva.
— Mais qu'en est-il des professeurs n'en faisant pas parti ? Qu'allons-nous leur dire ?
— Tout simplement la vérité ma chère. Lucius a changé de camp et s'est réfugié ici. Sévérus, peux-tu informer Lucius de la mort de sa femme et son fils ? Je vais appeler les Aurors. Minerva, restez ici. Faites en sorte qu'aucun élève ne s'approche.
Les deux professeurs hochèrent la tête, acceptant sans mot leur tâche respective. Le directeur appela alors Fumseck pour se rendre plus rapidement dans son bureau et pouvoir appeler les Aurors. La journée allait être longue et fastidieuse.
~~~~~~ HPLM ~~~~~~
Harry était confortablement installé dans le canapé faisant face à la cheminée dans la salle commune, plongé dans ses pensées. Hermione et Ron se disputaient à côté de lui mais il les avait inconsciemment mis en sourdine. Il avait entendu parler de ce qu'il s'était passé plus tôt ce matin devant les portes de Poudlard. Narcissa et Drago Malfoy avaient été retrouvé mort et méchamment amoché. Il ne savait trop quoi ressentir, Drago avait toujours été un ennuyeux et arrogant camarde de classe. Rien de plus, rien de moins, il se doutait qu'il était devenu un mangemort l'année dernière. Avec son comportement, pour Harry, il était logique qu'un changement majeur de cette ampleur ait eu lieu. Bien que pour Hermione et Ron, il s'imaginait des choses, Harry n'en avait pas démordu, et il avait eu raison. Il aurait préféré avoir tords, Drago était encore jeune et bien trop naïf des réalités de la guerre pour y être mêler. Mais il n'avait aucune influence sur la vie de l'autre. Et aujourd'hui celle-ci avait pris fin de la pire des manières.
— Je me demande ce qu'il est advenu de Lucius ?
Les parole d'Hermione le sortir de ses pensées. C'est vrai qu'il n'en avait pas encore parlé avec eux. Il avait appris à ne pas leur parler tout de suite des décisions qu'il avait à prendre afin que celle-ci soit mûrement réfléchit. Hermione avait tendance à être sans relâche quand elle avait un point de vue différent du sien et qu'elle savait qu'il était encore indécis sur la marche à suivre. Du coup, sa décision n'était pas entièrement la sienne et il finissait toujours par culpabiliser de n'avoir su prendre une décision seul. Après tout, il était celui qui était en ligne de front dans cette guerre. La prophétie le désignait pour tuer Voldemort, il se devait d'être à la hauteur du rôle qu'on lui avait imposé. Il voulait pouvoir vivre une vie tranquille, libre de la menace du Seigneur des Ténèbres, de Tom Jedusor. Il se devait de prendre ses responsabilités dans cette guerre. Il n'avait pas d'autre choix pour survivre mais surtout pour vivre plus tard.
— Il est ici.
Trois mots. Trois mots qui jetèrent un silence de mort sur ses deux amis. Il tourna la tête vers eux, bien trop confortable pour se tourner complètement vers eux et perdre le peu de confort qu'il avait pour une conversation qu'il savait allait être tendu et difficile.
— Il est où ? s'écria Ron.
— Moins fort ! le gronda Hermione en lui frappant l'arrière du crâne. Tu veux que tout le monde t'endente ? Réfléchit un peu avant de l'ouvrir pour une fois !
— Du calme les gars, soupira Harry. J'ai dit qu'il était ici. Il est arrivé la nuit dernière.
— Mais… mais… mais qu'est-ce qu'il fout là ?! demanda Ron.
— Il est censé être du côté de Voldemort, pourquoi serait-il venu à Poudlard ?
Harry les regarda tour à tour, il appréhendait un peu de leur dire ce qu'il se passait, il avait une idée de ce que serait la réaction de Ron, bien qu'il puisse parfois surprendre. Par contre, Hermione était la carte imprévisible, sa réaction pouvait être positive comme négative, on savait jamais vraiment quand une nouveauté du monde magique était révélé. Et le fait qu'il existe des potions pour faire tomber les hommes enceints, et qu'en prime Lucius le soit de Voldemort, disons que c'était un terrain inconnu et qu'Harry appréhendait un peu sa réaction. Il avait lui-même été choqué, même si inconsciemment il avait été ravi d'apprendre qu'il serait possible pour lui de fonder la famille qu'il avait toujours rêvé d'avoir.
— Eh bien…
— Au fait, Harry, tu ne nous as pas dit ce dont vous aviez parlé avec le professeur Dumbledore la dernière fois qu'il t'a convoqué dans son bureau.
Harry soupira. Il fallait qu'elle fasse le rapprochement. En même temps c'est d'Hermione qu'il s'agit. La sorcière la plus intelligente de notre génération. Il aurait été étrange qu'elle ne fasse pas le lien.
— Il m'a convoqué pour me tenir au courant de la situation. Apparemment Voldemort – tremblement de Ron – aurait décidé d'avoir une arme malléable et à sa disposition.
— Une arme ? Quel genre d'arme ? Malléable ? Qu'est-ce que c'est que ça ? l'interrompit Ron.
— Ca veut dire que c'est quelque chose que tu peux modifier comme tu le veux, sauf si on parle d'une personne et dans ce cas ça veut dire que c'est quelqu'un qui est facilement influençable. Dans tous les cas c'est une terrible nouvelle ! On parle de quel genre d'arme Harry ?
— Un bébé.
Il n'y avait franchement pas d'autre moyen d'annoncer ce genre de chose. Voldemort décidant d'avoir un bébé, c'était de l'ordre de l'impensable et maintenant il devait faire avec la situation.
Un silence de mort s'était une nouvelle fois abattue, Harry se préparait pour la tornade de question qui allait s'abattre sur lui. Mais il fut surpris lorsque le seul mot qui sorti de ses amis fut un silencieux : quoi ? Il sourit, amusé par l'air ébahit de ses deux compères et commença son explication. Étonnement, il ne fut ni interrompu ni questionné et le silence qui suivit la fin de son explication ne présageait rien de bon.
Ron s'évanoui une fois qu'il fut sur d'avoir bien tout compris et Hermione affichait un air dégoûté. De quoi, Harry n'en était pas encore sûr.
— C'est dégoûtant ! s'exclama-t-elle. Voldemort, avoir un bébé ? C'est dégoûtant !
Harry souffla, il avait eu peur un instant.
— Mais… Mais comment c'est possible ? Je veux dire… ce genre de magie, c'est une question de métamorphose non ? Mais ça voudrait dire remplacer des parties internes pour pouvoir créer ce qui est nécessaire à la création et à la survie d'un bébé. Mais dans ce cas, quels organes sont remplacés ? Il faut qu'il soit proche de l'inutilité ou qu'on n'ait pas forcément besoin d'en avoir pour survivre parce que sinon ça mettrait en danger le porteur et le futur bébé… Peut-être un rein ou l'appendice. Du moment qu'on garde un rein, le deuxième n'est pas nécessaire et l'appendice est retiré quand quelqu'un a l'appendicite. Mais est-ce que deux organes suffisent ?
Hermione devint pensive et silencieuse en pleine réflexion sur le rouage de ce genre de magie. Harry éclata de rire, de soulagement et d'amusement. Au final, c'était une réaction parfaitement digne d'Hermione, de Ron aussi d'ailleurs. Il décida de ne pas l'interrompre dans ses réflexions, attendant qu'elle lui pose vraiment une question si elle le désirait. Et Ron reprendrait bien vite connaissance, il ne s'en faisait pas pour ça. Il replongea alors dans ses pensées. Après tout, il savait que sa rencontre fortuite du matin avec Lucius Malfoy n'avait pas été des plus amicales bien qu'elle soit resté dans les limites du cordiale et de la politesse. L'échange n'en avait pas été moins froid et moins tendu. Or, s'il devait prendre sa défense pendant la réunion de l'Ordre de ce soir, il allait devoir s'ouvrir un peu plus avec l'homme et l'accueillir parmi eux. Il appréhendait vraiment, ne sachant non plus comment le blond allait se comporté avec lui. Il espérait que le professeur Dumbledore aide un peu. Mais il en doutait, l'homme était bien trop ouvert au pardon et parfois trop amical avec tout le monde. Ce qui n'était pas toujours bien reçu. Il supposait qu'il n'avait plus qu'à attendre et voir comment cela allait se dérouler. Et puis tout se compliquait toujours quand il réfléchissait trop pour ce genre de situation. Autant il avait appris à réfléchir avant d'agir pour ce qu'il était de combattre autant parfois il était préférable de laisser faire les choses. Il finit donc par se détendre tranquillement devant le feu, le murmure joyeux de la salle commune un agréable bruit de fond lui faisant oublier la situation difficile dans lequel se tenait le monde sorcier.
~~~~~~ HPLM ~~~~~~
Harry se tenait devant la gargouille attendant qu'elle ait fini de se déplacer pour qu'il puisse passer. Il avait finalement reçut l'invitation de Dumbledore à venir à son bureau pour discuter avec Lucius Malfoy. Il était nerveux mais déterminer à essayer que la rencontre se passe bien. Il monta l'escalier et frappa trois fois à la porte avant d'entendre l'invitation du directeur à entrer.
— Bonsoir, Harry, mon garçon.
— Bonsoir professeur, Monsieur Malfoy.
— Bonsoir Monsieur Potter.
L'ambiance était clairement tendue. Lucius avait semble-t-il fait l'effort de ne pas l'appeler uniquement par son nom de famille. Mais cela restait trop formel et pesant. Il soupira intérieurement et décida qu'il avait donc à faire le premier pas pour rendre leurs interactions moins laborieuses.
— Harry, déclara-t-il à l'adresse du blond.
— Pardon ?
— Vous pouvez m'appeler Harry, Monsieur Malfoy. Après tout, nous faisons à présent partie du même camp. Et mes professeurs m'appellent assez comme ça en classe pour que cela devienne lassant à la longue, expliqua-t-il en riant légèrement.
— Très bien, je suppose que vous pouvez m'appeler Lucius alors.
Harry lui fit un sourire sincère, content que son offre de paix ait été acceptée. Cela montrait aussi que le blond était conscient qu'il allait aussi devoir faire des efforts de son côté. Peut-être que le fait qu'il soit enceint le rendait plus prompt à relativiser les choses et prendre de meilleurs décisions pour l'avenir de son enfant. Après tout, Harry était conscient que les enfants étaient chéris dans le monde sorcier. Il se doutait que Malfoy, bien que dégoûter de l'autre père, allait aimer cet enfant et tout faire pour sa protection. C'était quelque chose d'intrinsèque aux sorciers, leur nombre étant largement inférieur aux moldus, après les deux guerres – contre Grindelwald puis la première contre Voldemort – il était d'autant plus important de protéger la nouvelle génération.
— Viens donc nous rejoindre Harry, assieds-toi.
Dumbledore lui offrit un large sourire, le vieil homme était visiblement ravi de la tournure des évènements. La réunion commençait à peine et l'atmosphère semblait déjà moins pesante. Harry s'assit donc sur le siège en face du bureau et à la droite de Lucius Malfoy. Il regarda le blond une seconde avant de reporter son regard sur Dumbledore.
— Avant toute chose, Harry, je suppose que tu as entendu ce qu'il s'est passé ce matin ?
— Oui professeur, vous savez que ce genre de chose reste rarement secret ici.
— Ah ah, en effet mon garçon, en effet. Cela reste toutefois une effroyable nouvelle. Je suis sincèrement désolé pour vous Lucius. Je vous présente mes condoléances pour la perte de votre femme et votre fils.
— Merci monsieur le directeur. Toutefois, j'avais perdu ma femme et mon fils il y a des années de cela aux mains des croyances du Seigneur des Ténèbres.
— Je vous présente aussi toutes mes condoléances
— Merci…, Harry.
Harry hocha simplement la tête en réponse et reporta son regard sur le directeur. Celui-ci leur souriait, ses yeux bleus pétillants. Le brun avait toujours détesté ce regard, il était impossible de ne serait-ce que d'avoir une idée de ce que recelait les pensées de l'homme dans ces moment-là. Il soupira et s'apprêta à demander au directeur ce qu'il allait se passer à présent quand il le devança.
— Bien, mes garçons.
Les deux « garçons » grimacèrent de concert à l'appellation que le directeur leur avait affublé mais se retinrent de dire quoi que ce soit.
— Lucius, Harry a émis le souhait de discuter plus avant avec vous avant de vous accorder son soutien pour votre intégration dans l'Ordre. Vous vous doutez bien, que au vue de la situation, plus vous avez de soutien mieux ça sera face aux autres et Harry a un certain poids auprès des membres. Je vous laisse donc discuter un peu tous les deux.
Sans rien ajouter d'autre ni leur laisser le temps de dire quoi que ce soit, Dumbledore se leva et sorti de son bureau. Le silence s'abattit comme une chape de plombs sur les deux occupants restant. Ils se regardèrent un instant, ne savant pas trop commencer une discussion qui promettait d'être difficile. Harry soupira, vaincu par la fourberie du directeur.
— Je ne m'attendais pas à ce qu'ils nous laissent seul quand je lui ai fait ma requête. Ce vieux fou manipulateur trop confiant.
Lucius esquissa rapidement un sourire aux paroles du brun qu'il cacha bien vite.
— Sa foi en la seconde chance de chacun m'a toujours énervé. Il est bien trop positif comme homme. Ce n'est franchement pas humain.
Harry émit un petit rire surpris.
— Si ce n'était que ça, son regard pétillant est d'un agacement ! s'exclama-t-il.
— En effet, je me suis toujours dit qu'il manigançait quelque chose quand il a ce regard.
— Il y a de forte chance, c'est presque impossible pour lui de ne pas prévoir la réaction ou les actions des gens autour de lui. Il s'améliore cela dit, il essaye de partager un peu plus le fardeau de cette guerre.
— Avec vous ? demanda le blond
— Entre autre. Mais il s'ouvre aussi un peu plus avec l'Ordre. Vous le verrez peut-être aux prochaines réunions.
— Réunion auxquels je ne peux participer que si j'ai votre soutien de ce que j'ai compris, rétorqua un peu amèrement le blond.
— Non. Vous pourrez y assister même sans mon soutien, il vous sera juste un peu plus difficile d'acquérir leur confiance. Même avec le soutien de Dumbledore. Sa capacité à accorder une deuxième chance à tous ceux qui le souhaite vient lui mordre les fesses. Les autres auront bons lui faire confiance, ils sont tout aussi septique que moi quant à la capacité de rédemption que tout un chacun. Et même si je suis d'accord pour accorder une seconde chance au gens j'ai besoin d'avoir des preuves de leur bonne volonté à changer.
— Donc si je suis bien votre résonnement, vous voulez des preuves de ma bonne foi à changer de camp.
— C'est un peu ça oui.
— J'ai tout perdu Potter. Ma femme, mon fils, ma dignité et même mon corps me trahi en accueillant un enfant. Et vous doutez encore de ma bonne foi à détruire cet homme qui n'en est plus vraiment un et qui m'a tout prit.
Lucius n'avait pas élevé la voix une seule fois tout au long de sa tirade mais Harry pouvait voir la lueur de désespoir, de fatigue et de rage dans ses yeux mercure. Ce fut ça plus que ces paroles qui finir de le convaincre de donner sa chance à l'homme. Après la vision, la mort de Narcissa et Drago Malfoy. Harry n'avait pas de raison de ne pas croire ce que le blond lui disait. Il lui fit un petit sourire accueillant.
— D'accord. Bienvenue dans l'ordre Monsieur Malfoy.
à suivre...
Et voilà un nouveau chapitre de fini !
Comme d'habitude, n'hésitez pas à me faire part de vos avis, je suis ouverte à tout commentaire du moment que ça reste dans la politesse.
Je vous dis à la prochaine pour le chapitre 4 !
Z.
