Chapitre 8 : Me suivras-tu ?
"Tu t'appelles Mairon ???", hurla la jeune fille, complètement abasourdie par cette révélation.
Le dit-Mairon en sursauta, ne s'attendant pas à une telle réaction, et risqua de se prendre la table en ayant reculé.
Maëlle se reprit rapidement alors que le pauvre elfe s'en remettait à peine :
"Attends ?? T'es Mairon ?? LE Mairon ?? THE Mairon ??? DAS Mairon ??? Et... ok je vais m'arrêter là", finit-elle par avouer lorsqu'elle avait vu le visage de son interlocuteur devenir de plus en plus livide au fur et à mesure qu'elle parlait.
Il reprit un peu de couleurs et balbutia, peu confiant :
"Tu.. tu.. tu.. tu sais qui je suis ?"
Il avait posé cette question d'une voix toute timide en baissant les yeux, faisant douter la jeune fille.
"C'est vraiment lui ou je me suis trompée ?", se demanda-t-elle.
Elle s'approcha de lui doucement.
"Attends, mais c'est bien toi le disciple d'Aulë ?, interrogea-t-elle
- Comment as-tu deviné ??", s'exclama-t-il sous le coup de la surprise.
Puis, semblant comprendre son erreur, il se reprit vite mais trop tardivement :
"Enfin, non je vois pas tellement de quoi tu parles..., dit-il en détournant les yeux.
- On t'a déjà dit que tu savais pas mentir ?
- Oui, avoua-t-il.
- Ben là c'est le cas.
- Désolé", dit-il en baissant les yeux, un air coupable sur le visage.
Maëlle ne savait quoi dire, il allait presque la faire culpabiliser. Il fallait qu'elle détende l'atmosphère.
"Et, comment tu faisais pour supporter Saroubaffe, euh je veux dire Saroumane, ça devait être une sacrée tête à claques !!", s'exclama la jeune fille d'un air enjoué.
L'elfe sembla reprendre un peu confiance en lui et lui sourit :
"Enfin, non, Curumo était quelqu'un d'intelligent..
- Et d'arrogant, continua la jeune fille.
- D'instructif
- De pénible
- Très instruit
- Très égocentrique
- Assez beau
- Assez vaniteux, termina Maëlle
- Je vois que tu ne l'aimes pas, répondit Mairon.
- NAN ??? Tu crois ?? Je préfère à dix lieux de cet homme, Gandalf ou encore Radagast ! Même toi, t'es plus gentil que lui alors que je t'ai rencontré y a à peine quelques jours !!", finit la rousse par grommeler.
Cette remarque fit rire l'elfe, réchauffant ainsi l'atmosphère. Finalement, Maëlle se mit à elle aussi rire légèrement de la situation.
"Ah lala, que d'émotions, soupira Maëlle en essuyant une larme alors qu'elle n'arrivait pas à ôter le sourire de son visage. Finalement, il était utile ce Saroubaffe quand il voulait.
- Oui, j'avoue que j'ai bien ri, mais il ne faut pas être aussi méchant avec lui...
- Alors qu'il a un caractère de cochon et qu'il méprise les femmes ? Ohé, non merci !
- Bon, dans ce cas, je n'ai rien à ajouter pour sa défense, avoua l'elfe, légèrement gêné, mais qu'avais-tu à me dire avant qu'on ne se présente ?
- Ah c'est vrai, fit-elle, un peu tendue à ce qui allait suivre, je voulais te dire que je devais partir.
- Déjà ?
- Oui, si je veux pouvoir rentrer chez moi, il faut que je rejoigne Gandalf et les autres. Ils ont besoin de moi et je ne veux pas laisser la Terre du milieu à un être aussi étrange que Négoloflasque.
- Oh je vois", répondit l'elfe, un air déçu sur le visage, tout en baissant la tête.
Maëlle se sentait mal, mais que pouvait-elle y faire ? Les Valar lui avaient donné une mission et il fallait qu'elle la finisse.
"En échange de m'avoir sauvé la vie, je ne dirais rien à personne, tu as ma parole", dit-elle d'un air confiant en souriant.
"Surtout que tout le monde te cherche en plus" pensa-t-elle.
Il releva la tête.
"Je... pas besoin, affirma-t-il.
- Pardon ?
- Je... je vais venir avec toi, avoua-t-il dans un demi-souffle.
- Pardon ?? Mais est ce que tu es fou ???
- Non mais... peut-être que si les Valar t'ont placé sur ma route, c'est peut-être pour que je puisse racheter mes fautes..., répondit-il, de plus en plus mal à l'aise.
- Mais...
- Laisse moi t'accompagner, je t'en prie Maëlle ! Si je reste ici, rien ne va s'arranger ! Je ne fais que fuir mes problèmes...", dit-il en sanglotant.
Alors là, Maëlle se sentait vraiment mal, que devait-elle faire ? Peut-être que les Valar avaient effectivement fait exprès ? Mais les Valar étaient aussi de gros enfoirés alors elle hésitait.
"Tu pourras toujours te le taper comme ça", chuchota une petite voix au fond de son crâne, finissant de la convaincre.
Elle s'approcha de lui et essuya les quelques larmes sur son visage.
"Bon d'accord, tu peux venir, même si j'ignore à quoi je pourrai t'être utile, mais j'espère que tu seras à l'aise", répondit-elle.
Mairon ouvrit de grands yeux et la remercia d'un sourire.
"Je sais que je suis faible, mais j'espère que je pourrais te protéger", lui dit-il.
Maëlle eut un bug de quelques secondes.
"Lui ? Faible ? Alors qu'il a conquis la moitié de la Terre du milieu ? Que beaucoup le craignaient ? Que même la plupart des Maïar ne voulaient pas l'affronter ? Mais qu'est ce que j'ai loupé dans cet épisode moi ?", pensa-t-elle.
Elle fut tirée de ses pensées par un Mairon qui courait partout dans la maison, prenant des vivres et d'autres trop longs à citer et les enfournant dans une besace.
Elle allait sortir, pour l'attendre à l'extérieur, lorsqu'il l'interpela :
"Maëlle, viens, je vais exceptionnellement te forger quelque chose sans payer.
- Quoi donc ? Un anneau ?, demanda-elle malicieusement.
- C'était une blague de très mauvais goût...
- Oui désolée... Tu vas me forger quoi en fait ?
- Une épée.
- Moi ? Mais pourquoi ? Je sais même pas soulever un tonneau, alors une épée ! Et puis, je sais pas me battre si tu avais oublié !, lui rappela-t-elle.
- C'est justement pour ces raisons-là, que je vais forger une épée qui te conviendra", lui dit-il avec un grand sourire.
Sa curiosité fut piquée, comment allait-on forger une épée à sa valeur ? Mairon lui fit signe de le suivre. Elle le suivit jusque dans ce qui ressemblait à un atelier.
"Mais... ça va te prendre du temps, non ? Je ne veux pas... ça me gêne beaucoup, dit-elle.
- Considère ceci comme un gage de remerciement, lui répondit Mairon, et puis j'ai été le disciple d'Aulë, le Vala forgeron, donc ne t'en fais pas !"
Sur ces mots, l'elfe posa sa besace sur le côté et se mit au travail. Maëlle s'était installée sur une chaise, non loin de là.
Plusieurs heures passèrent, jusqu'à ce que l'épée fut entièrement achevée.
Mairon s'approcha de la jeune fille, qui était complètement obnubilée par la lave en fusion se trouvant dans le bac.
"Et voilà !, déclara l'elfe fier de lui, je t'ai donné un fourreau aléatoire, mais tu peux tester l'épée si tu veux.
- Merci", répondit la rousse très gênée par ce cadeau.
Elle se leva, prit l'épée et l'enleva doucement de son fourreau. Elle la sortit et, à son grand étonnement, put constater à quel point elle était légère et maniable.
"J'ai fait une épée en accord avec toi-même, en fonction de ta force, de ton agilité et de ton expérience.
- Mon expérience ?, interrogea Maëlle.
- Tu n'as aucune expérience en ce qui concerne un combat, alors je t'ai forgé une épée qui fera le boulot à ta place, dit-il en riant légèrement.
- OOOOH, merci beaucoup, je comprends pas grand chose et je verrai bien, mais merci beaucoup Mairon !", s'exclama la jeune fille en lui sautant au cou.
L'elfe rougit légèrement et balbutia :
"Ou-oui-ou-i-oui, de rien, c'est normal après tout, héhé, avoua-t-il.
- Bon rassemble tes affaires Mairon, on y va !, déclara Maëlle, d'un coup très motivée.
- Oui", répondit simplement le Maïa.
Dans le coucher du soleil, deux silhouettes quittaient une maison, dont une, semblant lui faire ses adieux.
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Heyyyy !! Voilà un autre chapitre d'achevé ! J'espère que ça vous plait, n'hésitez pas à me le dire en commentaire ! Bon franchement, j'espère que vous avez compris qui c'était. Sur ce, à plus !
FF
