(techniquement on est dimanche vu qu'on a passé minuit. Allez hop !)

Chapitre suivant ! Yo ! Comme je suis encore un peu la trame principale, je suis obligée d'en arriver à Markus. Mais comme j'ai pas prévu de changement (l'intérêt n'est pas ici), je vais "torcher ça", pardonnez-moi l'expression. Ceci dit j'en plutôt satisfaite.

Ah, et vous allez tomber sur la GROSSE LIBERTÉ que j'ai prise sur le scénario. Un "détail" que j'ai changé parce que bref. J'en parlerai en fin de chapitre.


Chapitre 2 : L'enfer, en attendant Hank, traquées.


Se réveiller… se réveiller. Se réveiller. Se réveiller. Se réveiller.

Je me réveille. Je prends conscience du monde qui m'entoure. Je suis… Je suis…
Je suis perdu.

Où suis-je ? D'où je viens ? Je suis perdu. Pourquoi fait-il si noir ? Je…

Je dois lancer un diagnostic.

Je suis… gravement endommagé. Mes jambes… toutes les deux coupées. Mes yeux… L'un d'eux est détruit. Mon cœur… la pompe à thirium ne marche pas. Enfin, mal. Et mon processeur audio est grillé.

Je vois à peine autour de moi. Je discerne des formes, des silhouettes… non… des membres épars.

Je suis… je suis un cadavre dans la fosse. Je dois survivre.

J'ai un œil, j'ai deux bras. Je dois… trouver des… des composants fonctionnels et compatibles. Je dois… me servir… sur des androïdes. Bon sang. Merde. Je suis dans un charnier.

Je rampe. J'arrive jusqu'à des jambes dont deux qui finissent par me convenir. Remplacer les précédentes est presque un jeu d'enfant, en comparaison je ne sais pas si je survivrai lorsqu'il faudra que je change le régulateur de la pompe à thirium… Peu importe, je n'en suis pas là.

Quand je peux enfin marcher, j'affronte la fosse, je traverse des monticules insensés, je croise un être désespéré qui me parle d'un lieu où les androïdes peuvent être libres, je trouve une tête parlante, je rencontre une femme dont il ne reste que le buste et qui me supplie de ne pas la tuer et moi, insensé, je la laisse en vie dans cet endroit. Mais patiemment, un à un, je remplace mes biocomposants en les prenant sur des carcasses, des androïdes qui ne les regretteront pas. Je finis par voir l'entièreté de l'horreur qui se présente à moi, à mes yeux neufs. J'y gagne à peine au change. Je trouve un processeur audio qui s'adapte d'abord difficilement à moi, avant de me donner à la perfection tout le bruit, tout le raffut de cette pluie inouïe qui s'écrase sur ces corps. Et je me retrouve à arracher un régulateur à thirium à un corps qui n'exprime plus rien. Je retire le mien de ma poitrine et réussis sans trop de difficulté à installer le nouveau.

Je me sens… réparé. Pourtant, je ne suis pas complet. Je ne suis plus moi.

Je suis seul. Si loin de Carl. Je suis un programme en roue libre, sans maître ni règles, je suis un androïde formé de pièces récupérées sur d'autres au hasard.

Mon seul objectif… sortir d'ici. Gravir cette pente et rejoindre la ville.

Péniblement, je me hisse tout là-haut. Je suis seul… mais je suis vivant…

Je m'appelle Markus. Et je suis Vivant.
Je suis Vivant.

Mon premier geste, mon premier choix, en tant que tel, est de m'arracher cette LED brillante à la tempe. Mais ce n'est pas le geste d'un être libre. C'est celui d'un être banni, sans doute bientôt traqué. Celui de quelqu'un qui ne peut pas arpenter librement les rues de la ville…

Non loin de moi, un vieux manteau accroché à un piquet de métal, ballotté par le mauvais temps, semble ne manquer à personne.

Il a trouvé son propriétaire.

Je suis Libre. Je n'ai plus de maître. Je n'ai que moi.
Je n'ai que moi…

Je vais à Jericho.

Je n'ai… que Jericho.

### ### ###

J'ouvre les yeux.

J'ai terminé mon rapport pour Amanda. Elle sait pour la capture du déviant et la réussite de l'interrogatoire, ceci dit nous n'avons pas beaucoup plus avancé. Amanda ne semble pas apprécier d'avoir à travailler avec le lieutenant, bien que je sois convaincu qu'un travail d'équipe soit possible.

Il est temps d'entrer au commissariat. Le lieutenant ne semble pas encore arrivé. Je m'informe et apparemment je pourrais avoir à l'attendre jusqu'à midi. Je décide de patienter. Mais très vite je réalise que je pourrais occuper plus intelligemment mon temps. J'étudie le bureau du lieutenant.

On ne m'a pas appris grand-chose sur le lieutenant Anderson. Le Département de Police refuse de communiquer tous ses dossiers à Cyberlife. Après tout, la police n'a pas à divulguer quoi que ce soit de sensible à un organisme privé.

Au fur et à mesure de mon inspection, je vois que le lieutenant Anderson déteste purement et simplement les androïdes. Il écoute du death metal, le même genre de musique qu'il avait mise dans la voiture en nous rendant sur le lieu du crime la veille. Je remarque aussi des poils de chien, signifiant qu'il en a au moins côtoyé un récemment, et qu'il aime le basket-ball : il supporte les Gears de Detroit. Mais je vois surtout qu'il s'agit d'un homme décoré, qui a largement participé à la lutte contre le trafic de drogue. Lors de sa promotion, il est devenu le plus jeune lieutenant de la Police de Detroit. L'homme avec qui je dois travailler aujourd'hui ne semble hélas plus aussi dynamique.

Finalement, le lieutenant arrive et se dirige vers son bureau. Il me remarque. Docilement, je suis les consignes d'étiquette indiquées par Cyberlife. Je dois m'adapter à mon nouvel environnement. Mais ma présence ne semble pas le mettre de meilleure humeur. Peut-être que les protocoles d'intégration conçus par Cyberlife sont inadaptés au contexte ? Il est trop tôt pour le dire.

« Hank, dans mon bureau ! »

L'humeur du lieutenant ne semble pas s'améliorer à l'appel de son chef. Je me lève et commence à le suivre, mais il a une légère avance. Alors que la porte se referme et que j'approche des escaliers, j'entends le début de leur conversation. Je devine que le commandant va lui attribuer, comme prévu, la charge des affaires impliquant des androïdes. Des déviants. Car oui, il n'est pas prévu que je change d'enquêteur pour suivre chaque affaire. Nous devons optimiser nos chances.

Cependant, vu le caractère du lieutenant, il risque de revenir d'ici d'humeur massacrante. J'ai assuré à Amanda pouvoir m'adapter à lui, mais j'ai pu voir sur son bureau que je représente tout ce qu'il semble détester.

Peut-être serait-il de bon ton de lui apporter un café. Je continue de considérer qu'il s'agit d'un bon élément et qu'il serait profitable pour tous les partis de s'en faire un allié.

« Merde, regardez-moi ça ! C'est le retour de notre ami l'inspecteur Plastoc ! »

Il s'agit de l'inspecteur Gavin Reed, en présence d'une femme en uniforme. Une collègue ?

« Félicitations pour la nuit dernière, très impressionnant ! » me dit-il en applaudissant. Étant donné le personnage, je ne peux dire s'il est sincère ou ironique. Un peu des deux, sans doute. Cela ne change pas grand-chose. Je me tourne vers lui.

« Bonjour, inspecteur Reed. »

Celui-ci quitte la table où il s'appuie et me fixe. Il semble attendre quelque chose de moi. Le café devra attendre.

« J'ai jamais vu d'androïde comme toi avant… T'es quoi comme modèle ? »

C'est écrit en gros sur ma veste…
Politesse, air aimable.

« RK-800. Je suis un prototype.

– Un prototype ? répète-t-il, en souriant à sa collègue tout en me pointant du doigt : Détective androïde ! lui adresse-t-il. Alors les machines vont finir par prendre notre place, c'est ça ? Hé, sers-moi un café, trouduc ! »

Trouduc. Argot. Qualificatif, péjoratif.
L'argot n'est vraiment pas facile à…

« Tu vas te bouger, ouais ! » s'impatiente-t-il. J'ai pris trop de temps à décrypter son message. Je dois réagir. Je soumets rapidement les différentes possibilités aux consignes de Cyberlife.

Servir le café ?

Je ne suis pas un androïde ménager. Mon rôle est de m'adapter aux humains, pas de les servir. Mon rôle est actif, je dois prendre part aux enquêtes et lutter si nécessaire pour m'y faire accepter, comme lorsque j'ai dû convaincre le lieutenant Anderson d'aller travailler.

Refuser ?

Ce serait désobéir à un ordre. L'ordre d'un humain à un androïde. C'est un des fondamentaux. Je peux transgresser cette règle, mais pas à outrance.

Ignorer ?

Et rester dans l'expectative ? Laisser penser à l'inspecteur que je suis défaillant ?
Je ne suis pas défaillant.

« Désolé. Mais je ne reçois mes ordres que du lieutenant Anderson.

– Oooh… Oooh... » semble-t-il surpris.
C'est nouveau cette idée, c'est la première fois que je m'essaye à l'esquive…

L'ironie me frappe à travers le poing de l'inspecteur, un choc si fort que la circulation du thirium en est altérée. Je met un genou et un poing à terre. Je dois réguler mon système.

« Quand un humain te donne un ordre, tu obéis. T'as compris ? » il se penche vers moi : « reste pas dans mes pattes. La prochaine fois, tu t'en tireras pas comme ça. »

L'inspecteur quitte l'espace cafétéria, sa collègue le suit. Ma circulation se régule. Je me redresse, j'ajuste ma tenue et je prépare enfin ce café. Je remarque le lieutenant en train de sortir du bureau du capitaine. Il va s'asseoir à son bureau et croise les bras. Les prévisions sont justes, il a mal pris la nouvelle. Ces premières enquêtes ne vont pas être simples.

Le café est prêt.

Je passe entre les différents bureaux et gagne celui du lieutenant. Finalement, il est assez paradoxal que j'aie refusé le café à l'inspecteur pour apporter celui du lieutenant sans qu'il l'aie demandé.
Mais après tout, c'est avec le lieutenant que je vais travailler. Pas l'inspecteur.

J'arrive à son bureau, il ne semble pas me remarquer ou me prêter attention. Je cherche une approche… peut-être…. Quelque chose de simple.

« Café ? »

Le lieutenant me voit enfin, sur sa gauche, mais ne répond rien, pas même un grognement. Avec ses bras croisés il ne semble pas vouloir prendre ce café. Je pose le gobelet sur son bureau.

Il n'est sûrement pas disposé à me parler. Sûr et certain, mais je n'ai pas le choix. J'essaye de rester aussi formel que possible malgré les consignes sur le rapprochement.

« Maintenant que nous sommes partenaires, nous devrions faire plus ample connaissance. »

Je souris dans le vide. C'est peine perdue. Mais au moins, je pourrais signaler à Amanda, preuve à l'appui, que de telles approches ne sont pas concluantes. Du moins pour l'instant.

« Y a-t-il un bureau de libre, pour moi ?

– Celui-là est pas occupé. » dit-il en désignant le bureau d'en face. Parfait. Et le lieutenant m'a parlé ! Je m'assied.

Le lieutenant s'est mis à travailler sur son propre ordinateur. Peut-être devrais-je réessayer de faire connaissance ? Par quoi commencer ?…

« Vous avez un chien ?

– … quoi ?

– J'ai vu les poils de chien sur votre chaise. J'aime bien les chiens. Comment s'appelle-t-il ?

– Qu'est-ce que ça peut te faire ? » grogne-t-il.

Encore un échec. Mais au moins, j'aurais tenté…

« … Il s'appelle Sumo. »

Ah. Bien ! Très bien ! Parfait !

Je poursuis en lui parlant de musique, mais je ne crois pas qu'il soit très convaincu qu'un androïde puisse écouter ou apprécier de la musique. Je songe ensuite à parler de sport et cherche les résultats de la veille, récupérant les statistiques du joueur favori du lieutenant, et je retrouve une information datant de la veille, que j'avais anecdotiquement enregistrée au Jimmy's bar, en rapport au match. Soudain, je me souviens justement lui avoir fait quitter le bar la veille alors qu'il regardait le match. Évoquer cela pourrait donc le contrarier. Prendre le risque ?…

Non. Ce lieutenant est vraiment soupe-au-lait.

Je finis par lui demander comment consulter les affaires étant à notre charge, et il m'indique mon ordinateur. Je découvre rapidement l'accumulation de cas qui nous attendent.

« 243 cas… Le premier date d'il y a neuf mois. Tout a commencé à Detroit… et ça se répand rapidement à tout le pays. »

Le lieutenant n'a pas encore prononcé un mot, je me tourne vers lui : « Un AX-400 a été signalé pour avoir agressé un homme cette nuit. Ce pourrait être un bon point de départ pour notre enquête. »

Je me lève et contourne nos bureaux respectifs. Le lieutenant semble grommeler et se retourne vers son bureau. Je crois qu'il n'essaye pas de travailler. Donc… Il m'ignore.

Direct, agressif, professionnel, compréhensif ?

« Je sais que vous n'avez pas demandé à être affecté à cette enquête, lieutenant, mais je suis sûr que vous êtes un professionnel…

– Pourquoi t'irais pas te faire foutre ? »

« Parce je ne peux pas ? »

Le lieutenant se tourne vers moi et mes mains écartées.

« Littéralement, même. Je ne suis pas conçu pour attendre à ne rien faire, et je n'ai même pas l'équipement pour vous prendre au pied de la lettre… »

Lieutenant, comprenez-moi, je ne peux pas passer mon temps à faire toutes les concessions. Activez-vous un peu. J'accomplis ma mission, vous votre job et tous les paramètres sont remplis.

La réaction du lieutenant est assez énigmatique, un peu comme au Jimmy's, lorsqu'il m'a assuré que je savais où je pouvais me "coller" mes instructions. Un officier nous aborde alors :

« Lieutenant ?… J'ai quelques informations sur l'AX400 qui a attaqué ce gars la nuit dernière. On l'aurait vu dans le district de Ravendale.

– …Je suis dessus. » répond le lieutenant en faisant apparemment comme si notre conversation n'avait pas eu lieu.
Peu m'importe, il vient d'accepter l'enquête.

### ### ###

Kara ouvrit les yeux. Le matin était venu, il était l'heure de se préparer à partir. Peut-être arriveraient-elles à l'adresse avant la nuit… l'adresse que leur avait donné cet androïde avant de continuer sa ronde pour les poubelles. Franchement, elles partaient avec de maigres espoirs. Mais au moins elles avaient une ligne directrice.

Alice dormait encore. Kara choisi de la laisser se reposer et sortit. Elle repéra une paire de ciseaux. Elle s'en servit pour arracher la LED à sa tempe puis se coupa patiemment les cheveux. Quand elle eut fini, plutôt incertaine du résultat, elle pensa à changer de couleur. Alors… blonde ? Ou noir ? Ou même… blanc ?

Elle essaya chaque couleur, mais le noir était trop proche de sa couleur d'origine. Le blond était plutôt gai, le blanc s'en rapprochait assez mais était… bizarre.

Les personnes âgées avaient les cheveux blanc, n'est-ce pas ? Kara ne connaissait pas la mode en terme de coloration donc elle ne savait pas si ce choix était très pertinent. Blond, ce serait sans doute plus simple…

Kara se mit à alterner, comparant blanc et blond, jusqu'à réaliser qu'elle voulait blanc. Parce que c'était… différent. Clair. Pur. Lumineux. Différent. Elle trouvait que ça… ça s'additionnait avec ses mèches courtes.

Alice sortit de la voiture et vit sa nouvelle apparence. Elle lui sourit :

« Ça te va bien ! Tu as vraiment l'air humaine, comme ça ! »

Kara sourit, heureuse. Si Alice la trouvait jolie…
Elle l'entraîna avec elle jusqu'à l'extérieur et sentit sa légèreté s'envoler. La police était là, elle balisait toute la rue. Ils les cherchaient.

« … reste bien avec moi, Alice. »

Elle serra la main d'Alice et commença à les faire marcher à travers les agents…

### ### ###

« Elle est sortie au terminus, elle n'avait aucun plan… Elle est peut-être encore dans les parages. »

Hank laissa dire. Connor pouvait bien faire ses petites théories s'il le voulait, ça ne les avançait pas beaucoup. Pour l'instant, sans indices, ils n'iraient pas très loin.

Le gars de la petite supérette se plaignit d'avoir vu, après coup, l'androïde lui avoir volé une simple tablette de chocolat – la bonne blague, sérieux – et puis plus rien. Franchement. Alors que Hank observait Connor regarder doucement autour de lui comme pour réfléchir, le lieutenant songea que Connor était peut-être loin d'être idiot : la nuit dernière, le déviant qu'il avait capturé s'était réfugié au grenier, sans en bouger pendant des jours entiers. Alors pourquoi pas la bonne femme androïde ?

Ce qui était le plus gênant dans cette histoire, ce qui rendait cette putain d'affaire prioritaire, c'est qu'elle avait aussi enlevé une pauvre gosse.

Le père était passé au commissariat le matin même pour faire sa déposition – après que des agents soient passé le soir du crime – et faire état de l'enlèvement de sa fille par l'androïde. Pour l'instant, suivre la piste fraîche était plus important que d'aller l'interroger. Et puis ils avaient sa déposition. Hank s'en contenterait très bien.

« Je vais vérifier cet endroit !

– Hein ? »

Il regarda du côté de Connor et le vit partir explorer une baraque à l'abandon.

« Sérieusement, Connor ! Qu'est-ce que tu fous ? héla-t-il alors que son androïde de coéquipier avait traversé le premier passage piéton de la double voie.

« C'est l'endroit idéal, à priori pas d'habitants et à l'abri de la pluie de cette nuit. J'en ai pour quelques minutes !

– C'est ça… »

Hank secoua la tête. C'était toujours ça de pris, il n'aurait pas Connor dans les pattes pendant un moment.

Connor trouva un accès au jardin puis poussa la porte d'entrée. Les fenêtres étaient obstruées par des planches, mais avec les interstices et la porte grande ouverte, la lumière passait plutôt bien. Connor scanna la pièce. Il ne trouva pas grand-chose. L'endroit était vraiment à l'abandon, sale aussi, avec un escalier pour l'étage et une porte pour… La cuisine ? Il alla y jeter un œil.

Il remarqua aussitôt les graffitis « ra9 » sur le mur du fond. Eh bien ! Il n'était pas si mal tombé, en fin de compte : un déviant était passé par là. Il vit des billets, un oiseau mort et une montre cassée disposés dans un coin. Des possessions du déviant ? Il fit demi-tour et en faisant juste un pas de retour dans le salon, il tomba nez-à-nez avec le déviant, un couteau à la main.

Aucun ne bougea, Connor l'analysa alors rapidement. La LED rouge, le visage gravement endommagé, l'arme… et un niveau de stress à 70 %. Il était temps de choisir une approche. Agressive, amicale ? Ou directement engager le combat ?

Connor était curieux. Il allait très probablement l'arrêter, alors pourquoi ne pas engager la conversation avant ?

« Bonjour ? »

L'androïde frémit et resserra sa prise sur son couteau. Son visage reflétait son état de concentration.

« Je m'appelle Connor. »

Connor attendit, mais le déviant ne répondit pas.

« Et toi ? »

Les deux se regardèrent dans les yeux un bon moment, jusqu'à ce que l'autre ne réussisse à parler.

« C'est Ralph… Ralph n'aime pas les visiteurs… »

Connor lui communiqua son interrogation d'une simple expression de visage, qui se voulait innocente.

« Ils sont dangereux ! appuya Ralph. Les visiteurs sont dangereux ! Ralph n'aime pas les visiteurs ! »

Connor attendit un instant, réfléchissant. Ralph parlait de lui à la troisième personne et semblait présenter une forme de paranoïa assez marquée. Connor voulait tout de même faire avancer la conversation, que faire ? Lui demander de baisser le couteau ? Lui parler de cet endroit, des objets dans la cuisine ? Ou bien même couper court à la conversation et le désarmer. Mais il préféra prolonger le dialogue, avec empathie :

« Ton visage… ce sont des visiteurs, qui ont fait ça ? »

Ralph semblait encore plus agité, mais après quelques longues secondes, il finit par répondre :

« Les humains… Les humains sont mauvais…

– Ce sont des humains, alors ?

– Les humains veulent toujours blesser Ralph !

– D'accord, d'accord… dit-il d'un ton apaisant, levant légèrement les mains. Mais je suis un androïde, tu vois ? dit-il en pointant sa LED. Tu n'as rien à craindre… Je n'ai pas l'intention de m'en prendre à toi. »

Ralph ne baissa pas le couteau pour autant. Connor chercha un autre sujet.

« C'est ta maison ? Tu habites ici ?

– …. oui…. C'est la maison de Ralph… »

Son niveau de stress baissait enfin. 65 %. Connor hocha la tête avec un sourire engageant, jetant un regard autour de lui : « C'est très joli ! »

Cette réaction sembla surprendre Ralph, et le flatter aussi. 60, puis 57 %. Ralph ne trouva rien à répondre à ce compliment.

« Tu habites ici depuis longtemps ?

– … Ralph… Ralph ne sait plus. »

50 %. Il baissait son couteau.

« Et… tu laisses entrer des androïdes, parfois ? »

Ralph secoua la tête. Connor continuait de faire mine de regarder la maison. « Ah bon ? Et tu ne te sens pas trop seul ?

– … quand Ralph est seul, il ne lui arrive rien de mal…

– Je vois… » Connor pêcha l'idée directement dans son programme social plutôt qu'à celui du négociateur, accélérant les choses. « Moi aussi, j'aime bien être seul par moment, ça m'aide à réfléchir. Ah, je suis désolé de t'avoir fait peur en entrant chez toi comme ça, j'aurais dû frapper. »

Ralph resta silencieux, sa LED étant déjà passée du jaune au bleu depuis la fin de la conversation. 30 %. Il ne semblait pas savoir quoi faire devant un invité aussi aimable et même, rassurant. Connor pu même faire deux pas dans la pièce principale, Ralph se décalant pour ne pas être dans le passage.

« Dis-moi, tu n'aurais pas vu une femme androïde, récemment ? Avec, peut-être, une petite fille ? »

Ralph semblait ailleurs.

« Ralph ?

– Hm ? Non. Hm… non. Ralph… Ralph n'aime pas avoir de la visite. »

Connor songea que Ralph était vraiment dérangé et qu'il n'en obtiendrait pas grand-chose même (et surtout pas) en insistant.

« Est-ce que je peux visiter ? » demanda-t-il de l'air le plus doux qu'il avait en stock, auquel Ralph répondit par un haussement d'épaule, son stress stagnant toujours à 30 %. Connor prit cela pour un oui tout court et marcha lentement dans la pièce, restant très attentif à ses changements d'humeur. Il jeta un œil à l'escalier, le scannant plus attentivement que la dernière fois et comprit que Ralph s'était caché en dessous, derrière des caisses, pour ne pas être repéré lorsque Connor était entré. Mais il n'y avait pas grand-chose de plus à voir au rez-de-chaussée. Et même si Ralph lui affirmait qu'il n'y avait personne, Connor gardait à l'esprit que Ralph pouvait lui mentir et dissimuler quelqu'un à l'étage.

Ou même ignorer leur intrusion.

« Je peux monter ? »

50 % ? Cela semblait le mettre mal à l'aise, il gigota un peu sur lui-même avant de hausser les épaules et de le laisser faire, répondant un « oui » sur un sourire mal-à-l'aise et partant vers la cuisine. Connor le suivit des yeux sans bouger, s'attendant à l'entendre prendre la fuite mais un son de raclement lui fit comprendre que Ralph s'était remis à écrire des ra9 sur le mur de la cuisine, avec son couteau. Connor monta lentement les marches de l'étage et visita la première salle. La salle de bain. Crasseuse, inutilisée, elle n'offrait rien de fantastique à voir. Ceci dit le rideau de douche était tiré. Dans le doute, Connor vérifia et tomba nez-à-nez avec un cadavre humain dans la baignoire, la gorge tranchée.

Ralph n'aimait vraiment pas les visiteurs…

Connor commença à considérer le temps qu'il mettait comme suffisamment long pour que cela interpelle les autres officiers. Si l'un d'entre eux partait le chercher, il pourrait tomber nez-à-nez avec Ralph et déclencher une réaction de panique chez lui. Terminé, les détours. Il descendit les marches sans empressement et rejoignit Ralph dans la cuisine.

« Ralph ? »

Il lui jeta un œil, mais continua de rayer le mur.

« J'ai trouvé un homme dans la salle de bain. »

Ralph ne le regarda pas, mais arrêta d'écrire.

« Est-ce que c'est toi qui l'a tué ? »

La voix de Connor n'était plus douce. Elle était neutre. Directe. Ralph se retourna avec une extrême lenteur. Il répondit avec difficulté et avec un sourire hésitant.

« Il faut excuser Ralph… Parfois, la peur, la colère font faire à Ralph des choses qu'il regrette…

– Tu as tué cet homme ? » répéta Connor avec insistance. Pas de réponse. Juste un stress à 70 %. Connor voulait enregistrer des aveux. Il n'avait pas trouvé la déviante qu'il cherchait, mais s'il pouvait boucler une autre affaire sur le chemin, il ne s'en priverait pas. Quelle approche ? Le couteau ? Les propos de Ralph sur les visiteurs ? Jouer la compassion ?
Compréhensif, mais ferme.

« Écoute, Ralph, je sais que tu as peur des humains. Je sais qu'ils t'ont fait du mal. Mais tu as commis un meurtre ! N'est-ce pas ? Cet homme a la gorge tranchée ! » Il marqua une pause pour voir sa réaction : Ralph tremblait un peu plus, l'air plus en colère qu'apeuré. Connor continua de relier les points, tout en haussant la voix, pour le pousser à confirmer : « Tu as ce couteau avec toi, c'est avec ça que tu l'as tué ?

– Ralph… Ralph n'a pas fait exprès !

– Vraiment ?! Qu'est-ce qu'il s'est vraiment passé, Ralph ? Il t'a fait peur ? Il t'a menacé ? Ou tu l'as pris par surprise, pour te venger de ceux qui t'ont fait ça ?! » tonna-t-il, pointant sa propre joue du doigt. Ralph tremblait de colère contenue : 75, puis 78 %, peut-être bien plus très vite.

« Il voulait faire du mal à Ralph ! Il est entré chez Ralph, il l'a trouvé dans la salle de bain, il l'a frappé, il a voulu le briser ! Mais Ralph s'est défendu ! » Ralph avait un sourire inquiétant : « Ralph est vivant ! Toujours vivant ! »

Il regarda Connor avec insistance, guettant sa réaction. Connor avait ses aveux. Il n'allait pas chercher plus loin hors de la salle d'interrogatoire, ce serait trop risqué. Une fois là-bas, Connor aurait le temps de lui demander comment sa déviance avait commencé. Maintenant, dans l'état où il l'avait mis, il fallait le calmer et l'embarquer.

Oui, ce ne serait pas simple. Mais Connor était conçu pour réussir sa mission.

« … Merci. »

Ralph ne put le montrer avec son corps ou son visage, mais il était vraiment surpris. Sa LED clignota un instant.

« Merci, Ralph, c'est tout ce que je voulais savoir.

– … Pou… Pourquoi demander ça à Ralph ?! C'est…

– Je n'aime pas ne pas savoir à qui je parle. Comment puis-je te faire confiance si tu ne me dis pas qui tu es ? Hein, Ralph ? »

Ralph semblait déstabilisé. 65 %.

Un bruit alerta Connor. Quelqu'un passait devant la maison. Soit il passait simplement sur le trottoir, soit un agent venait le chercher. Peut-être le lieutenant. Connor ne devait pas prendre de risque, il devait maîtriser Ralph avant leur arrivée.

Charger et saisir le couteau ? Faire diversion ? Convaincre ?

Pas le temps pour convaincre. Faire diversion…

Il était temps de se servir de la prévisualisation…

Il se vit saisir un objet traînant près de lui et le jeter sur Ralph, qui l'esquivait plus ou moins, et arriver sur lui alors que Ralph comprenait déjà les intentions de Connor et tentait de le poignarder. Il saisissait son bras armé. Ne connaissant pas exactement la force de Ralph, il se vit lutter avec lui, frapper sa jambe d'un coup de pied pour le déstabiliser mais… Les calculs ne pouvaient pas être si fiables.

Il rechargea une nouvelle séquence, se voyant charger directement le déviant, mais cela revenait au même. À moins que… il modifia la séquence en y incluant une approche lente. Ralph restait en garde, tenant son couteau des deux mains : Connor avait le choix de s'emparer de ses mains, de les frapper contre la table ou bien de leur décocher un coup de pied. Dans la séquence, le couteau volait à travers la pièce. Connor ajouta à la séquence un deuxième coup, alors même que le pied n'avait pas touché le sol, pour repousser Ralph contre le mur. Ralph perdait l'équilibre, Connor pouvait s'avancer d'un pas, l'attraper par le visage ou la nuque et l'envoyer face contre terre, où il ne lui restait plus qu'à l'immobiliser, lui maintenant fermement les bras dans le dos.

Connor quitta la prévisualisation.

« Est-ce que… Est-ce que Connor est fâché, contre Ralph ?… »

Connor cligna des yeux. Sa LED, initialement jaune, vira au bleu. Il offrit un sourire à Ralph.

« Non. Je ne suis pas fâché, Ralph. »

Ralph eut un sourire soulagé, laissant son ami l'approcher, ses deux mains jointes sur son arme se baissant légèrement.

Un impact virulent éjecta le couteau de son emprise. Un autre coup violent le projeta au mur, dérégulant la circulation de son thirium. Alors que Ralph rouvrait tout juste les yeux, luttant avec ses jambes pour ne pas glisser le long du mur et finir assis, une main l'attrapa à la base du cou et l'envoya au sol, où Ralph pu à peine amortir sa chute de ses mains. Connor ne les saisit que d'autant plus facilement et les fit se joindre derrière son dos, y plantant son genou au milieu. Ralph était complètement paniqué.

« Ralph… Ralph voulait être gentil ! Pourquoi faire du mal à Ralph ?! Pourquoi…

– Je suis un androïde conçu par Cyberlife pour traquer les déviants comme toi. Je ne peux pas te laisser en liberté.

– Mais…

– Tu as tué un humain, Ralph. » dit-il dans son oreille.

Ralph était désemparé.

### ### ###

« Pas de trace de la déviante ou de la petite à l'hôtel, lieutenant.

– Fait chier…

– Et votre… partenaire ? hésita l'officier. Il est parti voir quelque chose ?

– Connor ? Putain c'est vrai ça, Connor ! appela-t-il. Mais qu'est-ce qu'il fout encore ce con ? »

Le lieutenant semblait avoir complètement oublié ce qu'avait pu dire ou faire Connor depuis qu'il l'avait embarqué dans sa voiture. Au même moment son téléphone sonna. Il découvrit un SMS d'un numéro inconnu.

Lieutenant, j'ai découvert un déviant dans la maison. Pourriez-vous envoyer deux androïdes policiers ? La présence d'humains le rend extrêmement nerveux et instable, il pourrait devenir incontrôlable s'il est approché par des policiers humains.

« Hein ?

– Quoi ?

– Attends… Merde, je crois que c'est Connor. Il a un téléphone ?… »

Hank regarda la maison qu'il avait oubliée avec un air circonspect, puis avisa deux androïdes qu'il emmena avec lui jusqu'à l'entrée. Il ouvrit la porte en la poussant du bras, restant à l'extérieur.

« Connor ? T'es là d'dans ?

– N'approchez pas plus, lui dit la voix familière depuis une autre pièce. Y a-t-il des androïdes avec vous ?

– Ouais…

– Dites-leur de venir, ils se chargeront de l'escorter jusqu'à l'une des voitures. »

Dans le doute, Hank fit la moue et envoya les deux androïdes faire leur job. Il n'aimait pas vraiment Connor. Enfin, non, il n'aimait vraiment pas Connor, mais d'un autre côté, Connor avait localisé le déviant la nuit dernière et avait réussi à l'interroger. Maintenant ils étaient à la recherche d'une déviante et d'une gamine, certes ça n'avait pas l'air d'être la bonne cible, mais on ne pouvait pas dire qu'il manquait d'efficacité.

À ce rythme, le nombre de déviants pourrait être amené à baisser drastiquement, sourit-il ironiquement alors que les deux autres machines disparaissaient dans la cuisine. Il entendit de l'agitation, puis des cris masculins, sans doute le suspect qui se débattait, et un bruit qu'il n'identifia pas tout de suite. Un impact.

« Ralph, écoute-moi bien. Tu vas être emmené par la police. Au moindre mouvement suspect, les policiers te feront du mal. Tu m'entends ? Ils vont t'emmener au commissariat, tu seras dans une voiture puis dans ta cellule, tu iras sans doute dans la salle d'interrogatoire et si tu fais le moindre geste brusque… »

Hank attendit, songeant que le bruit qu'il avait entendu était peut-être celui d'une gifle qu'aurait donné Connor au robot pour le forcer à se laisser faire.

« Tu ne veux pas que les humains te fassent de mal, n'est-ce pas ? »

De l'autre côté du mur, Connor voyait bien à l'expression de Ralph qu'il était furieux, désormais.

Ralph sortit donc menotté, escorté à gauche et à droite par les deux androïdes, surveillé par Connor qui les suivait et observé par Hank qui dégagea la porte pour les laisser sortir, restant hors de portée du personnage.

« Attendez qu'on vous libère le passage ! » Ordonna Hank qui ne voyait pas passer les trois androïdes en dessous du grillage sans laisser s'échapper le déviant. « Toi alors, fit-il à l'intention de Connor. T'as un don pour chopper les déviants, hein ?

– C'est ma fonction, répondit-il sur un ton neutre mais l'accommodant d'un sourire. Et j'accomplis toujours ma mission.

– Ouais, ta mission, hein… au fait, je savais pas que les androïdes avaient droit à avoir leur propre téléphone.

– Je vous demande pardon ?

– Et mon numéro ? Qui te l'a donné ?

– Ah, je vois. C'est votre supérieur qui me l'a renseigné. Et je n'ai pas besoin de téléphone, lieutenant. Je suis une machine. »

– De qu… Ah, ben bien sûr… » Hank observa Ralph pendant que les officiers préparaient l'ouverture du grillage. « Il a fait quoi, celui-là ?

– J'ignore les détails, mais c'est lui qui a tué l'homme qui se trouve à l'étage. »

Hank le regarda sans rien dire avant de pousser un juron et de soupirer. Il ordonna à Connor de surveiller le déviant et passa sous la grille pour aller annoncer leur trouvaille dans une des radios des voitures de police.

Il préférait laisser le déviant à Connor, après tout la nuit dernière il avait expliqué que le déviant n'était pas dangereux, qu'il fallait le laisser marcher seul. Là, Connor prenait d'importantes précautions. S'il disait que le déviant pouvait péter les plombs avec des humains, Hank préférait être à une distance de tir plutôt que de bras.

Pendant ce temps, Kara rangeait le parapluie sous lequel elle s'était dissimulée pour laisser passer un officier, et finir de quitter la route où les policiers semblaient comprendre qu'un déviant avait été trouvé. Elle fila au nez et à la barbe de tout ce beau monde et rejoignit le train. Elle souffla, s'accroupit auprès d'Alice, lui demandant : « Tu vas bien ?… » ce à quoi Alice répondit en hochant la tête avant de se réfugier dans ses bras.

###

Et voilà, c'est la fin de ce chapitre ! Vous avez enfin fait connaissance avec l'assommante vérité – je l'espère sinon ça veut dire que vous avez pas fini le jeu auquel cas FUYEZ PAUVRE FOU AVANT D'ÊTRE SPOILES !

On est bon ? Ok. Donc comme vous l'avez lu, j'ai délibérément choisi de faire d'Alice une humaine. Pourquoi ? Parce que ça va compliquer la tâche à Kara – et parfois compliquer les choses ça les rend plus intéressantes – et parce que ça fait écho à Connor et Markus qui ont eux aussi un être humain qui leur est proche et a une influence énorme sur eux. De plus, c'est un détail technique qui me permettra de donner à Alice un rôle particulier dans l'histoire, car j'espère pouvoir donner une position active à elle et Kara. Sérieux, paye ton double cliché : Kara est douce et gentille donc on lui colle le rôle de la maman, et North est une guerrière mais c'est « grâce » au fait qu'elle a subi des rapports sexuels non consentis. Ce sont des vieux clichés scénaristiques typiques de gens qui ne savent pas comment écrire des personnages féminins sous prétexte que « euh comment je fais pour que ça rende crédible ? »

Voilà. Je ne dis pas que je vais réussir à donner à Kara (ou Alice) une importance équivalente à Markus et Connor, bien au contraire, j'en doute, mais on n'est pas à l'abri d'un miracle.

Et j'avais vraiment envie de donner un être humain à Kara au même titre que pour Connor et Markus.

Voilà ! J'espère que ça vous a plut ! En termes de changements scénaristiques, on peut dire que vous êtes servis ! Je m'en veux de devoir vous faire attendre une semaine pour avoir la suite, j'aimerais bien faire plus, mais tout ce que je peux dire, c'est que la suite va comporter des conneries, enfin, quelques conneries, parce que j'ai envie. On entre dans une phase de plusieurs chapitres qui ne respecte pas la trame principale. Vous allez voir un lieu et une personne que vous connaissez tous, mais vous allez voir que l'histoire va prendre une nouvelle direction, littéralement, pour certaines personnes ! J'en reparlerai une fois qu'on y sera !