BONSOIR ! Un nouveau chapitre en vue ! J'essaye toujours de rallonger pour obtenir la quinzaine de pages bien désirée mais les relectures successives me font toujours raccourcir au fur et à mesure, vu que je retire du superflu. Donc ça se bonifie, mais ça m'agace un peu. Bref. Il est temps de voir comment vont se débrouiller Markus et compagnie, et puis que va devenir Alice ?

J'ai bien peur ce que soit presque trop court mais écoutez, c'est un chapitre sympa quand même.

Lundi c'est ma rentrée !

… oui. Pardon. Hors-sujet.

P.S : dorénavant je me fixe pour objectif de publier le Samedi soir, quelque part avant minuit.

P.P.S : le saviez-vous ? Il est extrêmement casse-couille de devoir nommer un chapitre à la dernière seconde parce qu'on a oublié.


Chapitre 5 : Terre d'asile, héros de la journée, vigies, Rock'n roll baby


« Markus !… »

Simon afficha un sourire de pur soulagement. C'était toujours la même réaction chaque fois que Markus revenait d'une sortie. D'autant qu'aujourd'hui, Simon et les autres avaient entendu au loin le son des sirènes de police. Il avait cru au pire.

« Tu as ramené d'autres personnes avec toi ? demanda-t-il, l'air accueillant.

– Voici Luther et Kara, les présenta-t-il sobrement. Ils fuyaient la police lorsque je les ai trouvés.

– Tu ne les as pas menés jusqu'ici ? fit soudain North, venant à leurs côtés.

– Non. Nous les avons semés bien avant et le plus loin possible de Jericho. Nous sommes repartis une fois certains qu'ils aient perdu notre trace. Il n'y a pas de raison qu'ils viennent par ici. »

North le toisa un moment avant de hocher la tête. Elle jeta un œil à Luther et Kara sans les saluer, repartant dans son coin d'ombre, seule à ses pensées. Simon la regarda faire puis se tourna vers les deux nouveaux, se montrant plus ouvert : « Je m'appelle Simon. Vous êtes arrivés sur Jericho. Vous n'avez plus rien à craindre… »

Markus se retint de commenter. Pour lui, Jericho était un caveau où ils sombraient vivants. Il finit rapidement par retourner sur le pont du bateau, légèrement inquiet malgré ses précautions, préférant surveiller, au cas où, à l'affût d'un uniforme de police.

Il ne fallu qu'une minute pour qu'il entende la porte se rouvrir.

« Kara ? »

Elle s'arrêta en le voyant, surprise.

« Markus… »

Markus ne su pas trop quoi dire, alors il esquissa un sourire pour essayer de la mettre à l'aise. Markus ne souriait pas naturellement, ce n'était pas son genre. Il se forçait un peu de temps en temps pour rassurer les androïdes qui l'entouraient. Il retourna son attention sur l'extérieur et discuta : « Je viens souvent ici, pour ne pas m'éloigner et rester un peu dehors… Je comprends l'importance de Jericho pour eux mais… c'est un peu étouffant.

– Obscur…

– Oui. »

Markus se rassura. Il n'avait pas choisi la meilleure des confidences pour commencer le dialogue, mais Kara semblait le comprendre.

« Je… je suis désolé, pour Alice. »

Ça non plus, ce n'était pas très malin. Mais Markus avait besoin de le lui dire. Kara finit par secouer la tête et répondre un peu plus tard : « Ce n'est rien… tu n'y es pour rien. »

Kara semblait avoir beaucoup de mal à en parler et c'était normal. Mais peut-être que parler d'Alice lui ferait du bien ? Markus voulu tenter quelque chose mais Kara se mit à marcher en direction d'un des cordages reliant le bateau aux quais. Markus avait pu les faire entrer en sautant du ponton jusqu'au bateau, mais pour rejoindre à nouveau la terre ferme, il fallait donner de soi. D'un autre côté, si le Jericho avait été trop facile d'accès, des humains auraient pu s'en servir comme d'une planque, alors ces difficultés étaient plutôt une sécurité.

« Kara ? »

Elle ne répondit pas, espérant que Markus n'insiste pas. Elle était venue à Jericho la mort dans l'âme et le simple fait d'entrevoir un enfant androïde gisant dans un coin de la salle l'avait résolue. Elle ne pouvait pas laisser Alice. Elle ne le pouvait pas. Elle finirait par s'autodétruire si on l'y forçait. Elle devait sauver Alice.

« Kara, où vas-tu ?

– Je reviens.

– Kara… »

Elle était déjà en train de se préparer pour glisser le long du cordage.

« Kara, ce n'est pas raisonnable, dit-il en saisissant son poignet.

– C'est mon problème, Markus !

– Il ne lui arrivera rien ! C'est une humaine !

– Tu ne comprends pas ! »

Kara avait crié. C'était la première fois. Il demeura immobile devant elle, son regard planté dans le sien. Elle ne comprit pas son silence. Markus donna un léger coup de tête en direction de leurs mains. Il n'avait pas lâché la sienne. Il attendait sa permission.

Kara comprit. Elle hésita un moment. Elle n'avait pas envie d'y repenser.
Alice… Elle se remémora ses pleurs, lorsque Todd l'avait giflée ce soir-là, au dîner….

Kara arracha sa main de celle de Markus. C'était assez. Elle n'avait pas besoin de revisiter ses souvenirs. Elle n'avait même pas besoin de les lui montrer, elle n'avait pas de comptes à rendre. Elle n'en devait qu'à Alice.

Markus resta pensif un moment, frappé par ces bribes de souvenirs que Kara avait bien voulu laisser filtrer. Il comprenait mieux l'urgence dans sa voix. Il comprenait mieux pourquoi elle s'en retournait déjà au cordage.

« Ce n'est… »

Il se tût, incapable de formuler ses pensées, trop confuses pour sortir structurées. Pourtant Kara s'était arrêtée pour l'écouter un instant, le regard rivé sur sa destination.

« Kara, en ce moment elle est aux mains de la police. Tu ne la récupérera pas… et quand ils la rendront à son père, ils surveilleront sans doute sa maison…

– Je dois la ramener avant que Todd ne la prenne.

– C'est impossible, ils t'arrêteront avant… »

Kara s'assit sur le début du cordage, pensive. Résignée. Fatiguée.

« Alors je me rendrai.

– …

– Je me rendrai à la police et je les laisserai sonder ma mémoire. Ils verront qui est réellement Todd. Ils ne le laisseront pas reprendre Alice…

– Mais toi non plus ! Tu seras désactivée, Kara ! C'est le sort de tous les déviants !

– … peut-être. »

Kara bascula sur le cordage de sorte à se laisser glisser jusqu'aux quais.

Sans doute, oui, sans aucun doute serait-elle désactivée. Mais si elle ne faisait rien… chaque fois, chaque fois elle refoulait ce que de telles considérations la laissaient prévoir, se laissant glisser jusqu'à la terre, prête à partir.
Il ne toucherait pas à un seul de ses cheveux.

« Et Luther ? »

Kara sursauta. Markus l'avait rattrapée.

« Ne lui dis rien. Il a déjà assez fait pour nous. Je ne veux pas le mêler à tout ça. Et toi non plus.

– Je reste avec toi.

– Markus !…

– Je reste avec toi, ça ne se discute pas. » répéta-t-il en se rapprochant d'elle, avec quelque chose en lui de plus autoritaire. Peut-être son regard dur et calme.

Kara recula légèrement, nerveuse. Markus avait quelque chose d'assez impressionnant. Sans doute son expression, presque toujours fermée. Elle réalisa seulement là qu'il avait les yeux vairons.

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Judith leva le nez de son bureau pour la énième fois, reconnaissant cette fois enfin le pas caractéristique du lieutenant Anderson. Elle fit un signe à Chris, Ben et aux trois autres collègues présents et, lorsque le lieutenant fit son apparition, à nouveau vêtu de son manteau et suivit de Connor portant la petite entre ses bras, ils se levèrent tous de leurs bureaux et applaudirent.

Hank s'arrêta en arrivant, surpris, puis l'air vaguement grognon, sous les félicitations de ses collègues. C'est donc tout naturellement qu'il râla : « Hé, ça va, ça va, on se calme ! Connor, va emmener la petite manger un truc, tu veux ? Ne laisse approcher que Judith. Chasse tous les autres.

– Tous ?

– Ouais ! Je veux pas que ces empaffés l'embêtent. Allez ! Et vous, ça va deux minutes ce bordel…

– Mais merde, Hank, sourit Judith, tu vas encore passer dans le journal ! Tu veux pas fêter ça ?

– Non.

– Quel grand modeste… railla Chris.

– Je vous emmerde tous. » lâcha Hank avec son majeur, sans une once d'animosité ceci dit, alors qu'il gagnait le bureau de Fowler pour faire son rapport. Judith parvint tout de même à lui lancer une poignée de confettis, récupérés dans la poche de sa perforatrice de bureau.

Connor, quant à lui, rejoignait un distributeur, sans lâcher Alice qu'il tenait plus ou moins en position assise dans ses bras.

« Alors, nous avons… du chocolat, encore du chocolat, des sodas… des chips, aussi, même si ce n'est pas très conseillé, mais… »

Cette situation n'était pas dans ses habitudes, mais il ne manquait pas de quoi improviser. Connor suivit donc une idée à l'improviste et, regardant à droite et à gauche, il dit doucement à Alice : « Je ne dirai rien à personne, donc fais-toi plaisir. »

Le clin d'œil qu'il lui fit soutira un sourire joyeux à Alice alors qu'elle se frottait un œil. Elle était encore fatiguée à cause de la nuit passée dans l'épave de voiture.

« Alors, est-ce qu'il y a quelque chose qui te fait envie ? »

Alice regarda un moment le distributeur, puis appuya son index contre la vitre. Connor suivit.

« Des bonbons ? »

Elle hocha la tête.

« Très bien, va pour des bonbons. »

Alice cacha ses émotions. Connor n'imaginait pas à quel point elle pouvait être ravie d'en manger, la dernière fois remontait à une éternité.

L'androïde posa sa main sur un écran qui valida une transaction, il appuya ensuite sur deux chiffres et le mécanisme fit avancer le sachet de bonbons. Qui, bien sûr, resta coincé entre son compartiment et la vitre, refusant de tomber au fond, dans le tiroir. On était en 2038, et toujours pas foutus de faire des appareils corrects.

Connor regarda cela d'un air impassible. Puis il regarda Alice, qui fit de même, et il lui chuchota : « Ça aussi, ça reste entre toi et moi… »

Alice hocha la tête, ne comprenant pas tout à fait et elle vit Connor poser à nouveau sa main sur l'écran, communiquant avec la machine. Cette fois, au lieu de confirmer une somme d'argent, le distributeur fit directement marcher le mécanisme du compartiment à bonbons, pour forcer le sachet à tomber. Par ailleurs, il en fit tomber un deuxième.

« Oups… »

Connor s'agenouilla, gardant Alice contre lui et ramassa les deux sachets. Il lui en donna un et mit l'autre dans la poche de la veste d'Alice : « Ça sera notre secret, d'accord ? »

Alice ne pu retenir son sourire, hochant la tête et ouvrant son sachet de bonbons, trop heureuse d'en avoir deux au lieu d'un, et n'ayant pas tout à fait réalisé que Connor venait de pirater la machine comme un sagouin, pour ses beaux yeux. Enfin si tant était qu'un androïde aussi pragmatique que lui pouvait se laisser attendrir, ce qui n'était pas le cas.

« Connor ? »

Il se tourna vers le lieutenant qui vit tout de suite les sucreries.

« …Des bonbons ?

– On ne refuse rien à une princesse, non ? » esquiva-t-il, avec son petit sourire d'androïde machin-chose.

Hank dû reconnaître en lui-même que la gosse avait l'air ravie d'être là, dans les bras de son prince et avec ses bonbons, donc il leva les mains en signe d'abandon et continua sa route jusqu'à son propre bureau, faisant signe à Connor de le rejoindre.

« J'ai vu la suite avec Fowler. Des gens des services sociaux vont venir, Alice, ils doivent discuter avec toi de ce qu'il s'est passé et vérifier que tu n'as rien. Tu verras, c'est juste ennuyeux… et Connor pourra peut-être rester, ajouta-t-il en voyant sa petite main serrer discrètement la veste grise.

– Vous croyez ? demanda Connor qui n'avait rien vu.

– De toute façon, je pense que sans toi ils n'auront rien. Parce qu'une petite fille bien sage ne parle pas aux inconnus. J'ai pas raison ? »

Alice regarda ailleurs en mâchant ses bonbons, avec une attitude qui avait quelque chose de mignon, si on oubliait le fait qu'elle ignorait Hank comme s'il s'agissait du dernier des étrangers, pour rire. Hank ne put s'empêcher de lui pincer la joue : « Petite chipie, va… Oh sérieux, déjà ? Bon… »

Connor le vit se lever et aller à la rencontre d'un groupe de personnes qui venait d'arriver : les services sociaux et un homme qu'il reconnu rapidement pour l'avoir déjà enregistré. Todd Williams, le père de la petite Alice. Lorsqu'elle vit ces gens, Alice sembla apeurée. Connor le vit mais passa outre et chercha de quoi s'occuper. Après tout il n'allait pas rester planté là. Sauf qu'il ne pouvait pas lâcher Alice, et travailler sur ses dossiers en sa présence était un peu inconvenant en plus d'être interdit. La rassurer ? À coup de belles paroles vite creuses ? Ils y passaient tout leur temps, même elle finirait par en avoir assez. Il trouva une bien meilleure idée.

Il s'assit à son bureau avec Alice sur les genoux et chercha sur internet un quelconque dessin animé, tout en voyant le petit groupe – Fowler en prime – s'éloigner pour aller en salle d'interrogatoire. Anderson avait dû habilement réussir à détourner leur attention pour qu'ils ne voient pas la petite, et ainsi gagner un peu de temps, durant lequel il parviendrait peut-être à convaincre les gars des services sociaux de ne pas l'embarquer immédiatement comme un colis.

« Il y a un dessin animé que tu voudrais voir, en attendant ? Ça peut durer un moment. »

Alice ne dit rien, guettant le couloir où le groupe avait disparu, avant de voir l'écran de Connor. Rien que des séries pour enfant. Tout partout.
Ça aussi, ça faisait longtemps.

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« Elle a les cheveux courts parce que je les préfère comme ça. Ça te va, connard ? »

Les deux jeunes hommes reculèrent, légèrement effrayés, et laissèrent Markus et Kara tranquilles. Ceux-ci reprirent leur route, marchant dans les rues paisibles mais fréquentées de Detroit.

« Tu vois, Kara, ce n'était pas une si mauvaise idée… » hésita-t-il un brin.

Celle-ci hocha légèrement la tête, tendue.

« Bon, reste calme. On va te trouver des vêtements de rechange.

– Merci… »

Markus, avant de retourner dans Detroit, avait eu une petite idée pour leur permettre de se déplacer sans encombres. Il avait retrouvé des vêtements d'androïde pour Kara, les mêmes que ceux qu'elle avait abandonné un jour plus tôt. Il ne pouvait rien faire pour ses cheveux coupés courts, mais lui avait simplement demandé de leur faire retrouver leur couleur d'origine. Le reste était passé tout seul.

Après tout, la police cherchait une déviante dont ils pouvaient sans doute faire une description grâce à Zlatko, si Kara visait juste. Mais la police ne cherchait donc pas un ordinaire AX-400, tout au plus un peu personnalisé par son propriétaire, lui-même l'accompagnant. Mais finalement, se déplacer en tant qu'androïde était bien plus stressant que se faire passer pour un humain. Ils trouvèrent en route des vêtements abandonnés près d'une poubelle – les humains jetaient n'importe quoi – et arrivèrent à peu près sans encombre jusqu'au commissariat, usant du bus pour traverser la ville. Ce n'était pas difficile, ceux-ci étaient payés par les impôts, rendant leur accès libre à quiconque.

« Nous y sommes… »

Markus espéra que Kara ne souhaiterait pas entrer, ils n'y parviendraient pas. Ou plutôt, leur couverture fragile leur permettrait tout au plus de rentrer, pas de sortir Alice de cette véritable petite forteresse.

« Il va falloir attendre, Kara. Le mieux qu'on puisse faire c'est de guetter le moment où elle sortira et la suivre jusqu'à chez elle. Il y aura sûrement une opportunité de la récupérer à ce moment-là. »

Kara continua de regarder le bâtiment, songeuse. Markus était inconfortable avec cette situation.

« Et si je me rendais, tout simplement, Markus ?

– …

– Après tout, c'est ce qu'il y a de mieux à faire, non ? »

Markus n'en savait rien. Il ne savait pas déjà quoi faire pour lui-même, à part faire profil bas et guetter le moindre déviant qui aurait eu besoin de se réfugier à Jericho. Simplement, les premiers à avoir eu besoin de son aide furent Kara et Luther.

« Si je le fais… ils sauront la vérité. Ils ne la rendront pas à Todd, hein ?… »

Elle avait une voix incertaine. Elle cherchait à se rassurer. Markus ne trouvait rien à lui dire.

Kara se leva doucement, quitta le recoin où ils s'étaient cachés et avança doucement vers la route, au niveau du passage piéton. Rouge.
Markus la regarda faire, scié en deux. Vert. Kara traversa la rue.

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« On va devoir la leur passer, Connor. »

Hank parlait à voix basse. Alice s'était endormie.

« Les services sociaux veulent faire un bilan psy. Fowler veut la garder ici mais c'est eux qui lui poseront les questions, rapport au fait que c'est des spécialistes à l'enfance… ils l'embarqueront peut-être demain, ils la rendront à son père un peu plus tard. »

Connor acquiesça, scrutant ensuite Alice.

« Croyez-vous qu'il faille la réveiller, lieutenant ? »

Anderson lâcha un petit soupir sarcastique. « T'as pas un petit programme qui t'explique tout ce qu'il faudrait faire ?

– Non. »

Il regarda les yeux francs de Connor un moment, avant de se reporter sur Alice.
Il n'en avait pas non plus la moindre fichue idée.

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Markus se précipita sur elle, l'attrapa par la taille et la ramena en arrière, en sécurité, à nouveau à l'abri des regards. Il était nerveux, jusque dans la voix :

« Écoute, je ne sais pas encore comment on va faire, mais on va trouver un moyen. Tu as le droit de vivre et tu es peut-être la personne la plus à même de rendre Alice heureuse. Alors donne-nous un peu de temps pour la récupérer. D'accord ? »

Kara reprit doucement ses esprits, encore déstabilisée.
Mais elle accepta.

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Anderson quitta le commissariat et vit Connor sur ses talons. L'androïde avait lui aussi finit sa journée, il allait repartir de son côté.

« Dis, Connor.

– Oui ?

– Est-ce qu'elle a raconté quelque chose, pendant que j'étais pas là ?

– Alice ?

– Qui d'autre, banane ?

– Pas vraiment, non… elle écoutait, elle répondait parfois… J'ai appris que son androïde s'appelle Kara. C'est Alice qui a choisi le nom.

– … hm.

– Ah, en fait, si, elle a bien dit quelque chose.

– Quoi donc ? s'arrêta-t-il devant sa voiture, pendant que Connor appelait mentalement un taxi.

– Je lui ai demandé ce qu'elle pensait de vous.

– Oh merde. T'avais pas meilleure question ?

– Elle n'a pratiquement répondu à aucune autre. »

Il se pinça l'arrête du nez. C'était franchement gênant. « Et donc ?

– Elle m'a dit qu'elle trouvait que vous avez de jolis yeux.

– … »

Il ne trouva même pas de quoi insulter Connor. Celui-ci l'appuya d'un « C'est vrai, lieutenant !

– Oh misère, tais-toi… » pesta-t-il sourdement en ouvrant sa voiture et s'installant au volant. Connor passa devant pour rejoindre la route.

« Hé. »

Il s'arrêta non loin de Hank et de son moteur ronronnant.

« Elle a vraiment dit ça ? Sérieusement ? »

Connor acquiesça. Hank fit la moue, puis un geste de la main pour que Connor libère le passage.

Mais, oui. Il fallait l'admettre. Quand Anderson ne tirait pas la gueule, même Alice voyait parfaitement ses deux yeux bleus empreints d'empathie.

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« ...en effet ; la petite fille enlevée par son androïde ménager a été retrouvée par la police de Detroit cet après-midi ! Les agents n'ont pas voulu faire de déclaration mais affirment qu'elle est en bonne santé. Le… »

Martin ne regardait pas la télé. Quand il rentrait dans son appartement, il l'allumait par réflexe pour casser le silence oppressant. Il vivait seul. Il avait vingt-et-un ans et étudiait à l'université locale. Et pour l'heure, il marchait d'un pas vif dans tout le séjour en tenant sa tête entre ses mains.

« Marre, marre, marre, marre !… »

Et en répétant une litanie de mots censés exorciser sa colère.

« ...chier, fait chier, 'tain… marre !… »

Son androïde, un onéreux MP-850 : une série limitée à l'apparence d'une femme japonaise, demeurait placide, debout, les mains jointes en attendant les instructions. Elle analysa cependant son propriétaire, détectant des signes dont elle devait tenir compte.

Agitation, rythme cardio-respiratoire accéléré, tremblements. Elle n'était pas un androïde médical donc elle ne pouvait mettre qu'une évaluation, pas un diagnostic, sur son état : son propriétaire était agité, nerveux, énervé.

Étant supposé le servir, lui permettre d'avoir un temps agréable à la maison, elle chercha une tâche à effectuer qui permettrait à son propriétaire de se détendre. Il était l'heure du dîner. Martin ne lui avait donné aucun ordre mais il n'était pas dans son état normal. Elle n'était pas conçue pour prendre beaucoup d'initiative mais elle pouvait au moins faire cela pour lui. Après tout, Martin n'avait rien commandé à livrer.

« Marre, marre, marre, mais MARRE ! »

Geisha – oui, il l'avait nommée ainsi – se dirigea sans plus attendre vers la cuisine, sans état d'âme pour Martin qui crispait ses doigts sur son crâne et s'usait les cordes vocales à petit feu. Elle prépara le repas avec soin – un plat dont elle avait enregistré de façon sûre qu'il lui plaisait, en l'occurrence du fish & chips – un temps durant lequel Martin avait fini par s'asseoir par terre, entre le canapé et la table basse, la tête entre les genoux ramenés vers lui, les mains paumées dans ses cheveux. Silencieux.

« Le repas est prêt ! » annonça Geisha au moment de dresser la table, mais Martin ne remua pas une oreille, prostré là depuis longtemps maintenant. Elle termina donc de dresser le couvert, remplir l'assiette et l'appela encore une fois : « Tu es servi, Martin. Tu n'as pas faim ?

– Non. »

Il semblait qu'elle ait préparé cela pour rien. Ce n'était pas une bonne chose, il ne fallait pas gaspiller les ressources du propriétaire. Elle se décala et l'analysa une seconde fois. Mais prostré comme il l'était, il ne lui donnait pas beaucoup d'indications.

« Martin, as-tu besoin d'aide ?

– Laisse-moi tranquille, putain… » lâcha-t-il d'une petite voix, étouffée au milieu de ses quatre membres et de ses nerfs à vif.

L'analyse ne donnait toujours rien. Geisha allait laisser tomber et revenir à l'entretien de la maison, lorsque soudain, shlack, comme un claquement de doigt, comme un bouchon qui saute, comme un fusible qui claque, comme un élastique qui lâche sans prévenir, l'analyse se mit à jour.

Tristesse. Voilà de quoi était exactement affligé son propriétaire. Cela, sans en connaître les raisons, Geisha l'avait enfin compris.

Elle trouva beaucoup plus facilement une solution à ce problème. Alors que sa LED jaune clignotait paresseusement, Geisha se rendit à nouveau dans la cuisine, réservant le plat de Martin pour qu'il reste chaud, tout en se remettant à cuisiner, la LED redevenant assez vite bleue.

« …températures continuent donc de descendre à l'approche de l'hiver, comme le montrent ces images… » radotait la télévision avec son entrain habituel. Lorsque quelqu'un toqua à la porte d'entrée. Martin ne bougea pas tout d'abord mais le son se répéta, alors il leva mollement la tête, pensif, puis se décida à se lever et jeter un œil morne à travers le judas. Geisha n'avait pas tiqué. Personne ne devait rentrer en l'absence de Martin, et en sa présence il était le seul habilité à pouvoir vérifier qui pouvait entrer ou non chez lui.

« Hein ?… »

Il quitta le judas et ouvrit sans plus attendre, interloqué.

« Heeeey ! » sourit la jeune femme, le prenant aussitôt dans ses bras. Elle le dépassait de quelques centimètres, joyeuse sous ses vêtements chauds et trop grands, et semblait particulièrement heureuse d'être là. « Alors, frangin, on a besoin d'compagnie ?

– Qu'est-ce que tu fais là ?

– Tu devineras jamais ! »

Tout en tenant son petit frère au cou par le bras, elle ferma la porte derrière eux et avança avec lui jusqu'à avoir Geisha en vue.

« C'est elle !

– Quoi ?

– Elle m'a dit que t'allais pas bien, et que vu que, je cite : j'ai une forte tendance à améliorer ton humeur, ce serait bien que je passe te voir.

– Elle t'a appelé ? Sur ton téléphone ?

– Relax ! Elle a le droit d'appeler la famille ! Et elle a bien fait, j'me trompe ? …Hm ?… Oh bon sang, ça sent le chili con carne. C'est du chili ? Je suis sûre qu'elle fait du chili... » trépigna-t-elle jusqu'à la casserole. « Oh bon sang elle me fait du chili ! Oh je l'adore ! Pourquoi c'est toi qui l'as et pas moi ?! Oh bon sang ça sent trop bon ! »

Martin esquissa un sourire. Peu après, il renvoya Geisha regarder la télé. Il l'y renvoyait dès qu'elle n'avait rien à faire. Cela le gênait de la voir debout à attendre comme une statue. Elle s'assit devant les informations. Martin et sa grande sœur mangeaient avec appétit en se racontant leurs journées. Martin allait beaucoup mieux.

« … pertes s'élèveraient à deux millions selon l'enquête. Enfin, nous revenons sur le kidnapping de la petite Alice, qui s'est heureusement terminé cet après-midi grâce à la police de Detroit. Les enquêteurs les auraient retrouvés sur les docks de l'ancien port. L'androïde responsable n'a pas été appréhendé, mais Alice est en parfaite santé, elle devrait pouvoir très rapidement rentrer chez elle, une fin heureuse pour cette petite fille de neuf ans ! Nous attendons toujours une réponse de Cyberlife quant à… »

Geisha regardait la télévision avec un air placide, la même expression calme et détendue qu'elle arborait toujours. Comme apaisée. Mais cela venait purement de l'esthétique délicate de son visage. Elle ne s'émouvait jamais devant les faits divers. Elle remplissait simplement sa fonction. Elle prenait soin de l'appartement. Et de Martin.

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Il était parti de 50443 et avait compté à l'envers. Markus compta les dernières secondes, jusqu'à enfin atteindre 0.
Il était 7h00 AM.

La nuit était passée. Kara et lui avaient passé pas moins de 14 heures coincés dans cette ruelle, à surveiller le commissariat, guettant la sortie d'Alice. Cela ne l'avait pas dérangé, de rester éveillé tout du long. Kara, elle, avait fini par aller se reposer dans un coin. Même les androïdes avaient le droit de se préserver…

Durant la nuit, Markus avait profité que Kara – ayant promis de ne pas se rendre – prenne son tour à surveiller le bâtiment, pour qu'il parte se promener à l'heure des informations télévisées, se renseignant un peu comme il pouvait. Il avait appris ainsi que la police héroïque avait sauvé la fragile petite Alice des mains de l'androïde – la terrifiante androïde – qui l'avait enlevée. Elle pourrait rentrer "bientôt" chez elle, ce qui n'avait pas beaucoup aidé Markus à savoir ce qu'il en était réellement, mais il ne s'était pas attendu à plus.

Il avait continué sa ballade jusqu'à trouver un e-journal : une de ces tablettes connectées, conçue pour se mettre à jour et diffuser les dernières nouvelles. Le concept s'était tellement démocratisé qu'il était tombé à un coût très bas, au point que les gens étaient devenu particulièrement peu soigneux, trimballant leur e-journal un peu partout, y compris sur leur lieu de travail ou lors de leurs sorties : Markus en avait trouvé un oublié sur le banc d'un parc.

Avec ça, il espérait se tenir au courant de la sortie future d'Alice, après tout : les médias accrochaient énormément à l'histoire de l'androïde voleuse d'enfant.

Mais rien de nouveau n'était apparu jusqu'à ce matin, sept heures. Il le confirma à Kara lorsqu'il la réveilla, elle qui regarda avec dépit le gros bâtiment.

« Et si on ne l'avait pas vue sortir ?… »

Markus secoua doucement la tête. Il n'avait pas beaucoup d'arguments à lui offrir, si ce n'était que le seul accès voiture se trouvait là. Ils ne feraient pas rentrer Alice à pied et même si elle avait été récupérée par les services sociaux, ils l'auraient vue. Ils ne l'auraient jamais manquée, pas avec l'application qu'ils mettaient à surveiller cet endroit.

« Euh… vous pouvez pas rester. »

Ils se retournèrent un peu vite. Ce n'était qu'une gamine, mais leur parano était assez marquée.

« Et pourquoi ? demanda doucement Markus.

– Ben, mon grand frère et ses amis vont revenir, ils traînent tout le temps ici, ils restent toute la journée et quand il y a déjà des gens ils sont pas très sympas avec eux. »

Markus leva légèrement la tête, sans rien dire, le regard inquisiteur. La petite appuya :

« Mon frère est très bête !

– …Ce n'est rien. Merci. On s'en va…

– Quoi ?

– Kara, on s'en va. »

Ce n'était pas le moment de se faire remarquer par des gens idiots. Mais ils perdaient leur meilleur angle de surveillance, c'était certain…

« Et comment va-t-on faire pour surveiller le bâtiment sans être vus ?…

– On n'a plus le choix. Si tu veux vraiment qu'on guette la sortie d'Alice, il va falloir le faire à la vue de tous… »

Et Markus l'emmena près du parc le plus proche, commençant à planifier une routine au beau milieu des humains.

### ### ###

« Le lieutenant n'est pas arrivé ?

– Comme tu vois. » dit simplement Judith à Connor. Après tout ce n'était pas difficile à voir. Si Anderson était là, alors il le verrait à son bureau, point.

Connor alla s'installer au sien et vérifia les dossiers des affaires récentes, cherchant leur prochaine priorité. Il n'y avait pas de nouvelles pistes sur l'AX-400 de la veille et la plupart des autres affaires n'étaient pas plus urgentes. Sauf une, peut-être.

« Dis, Connor ?

– Oui ?

– T'as une minute ?

– …Bien sûr. »

Il rejoignit Judith à son bureau, sous l'œil inquisiteur mais discret de Miller.

« Là, j'ai l'enregistrement d'un appel, supposément passé par ce type. Sauf que je suppose que ce soit son frère qui l'ai passé, et vu qu'ils ont carrément la même voix au téléphone…

– Tu le prends vraiment pour ton larbin ! commenta Miller, sans lâcher son écran des yeux.

– Ta bouche, Chris, il est là pour ça.

– Il est là pour seconder Hank…

– Ouais ben Hank a peut-être toujours pas décuvé d'hier soir, qui sait, alors en attendant, je rentabilise Connor.

– Tu le rentabilises… ? dit-il avec un air complexe sur le visage avant de pouffer.

– Bref. Si c'est bien le frangin qui a passé l'appel, alors l'alibi du suspect saute. Tu piges Connor ?

– Faites-moi entendre sa voix ?

– J'ai un échantillon. »

Connor écouta l'extrait d'une déposition du suspect.

« Et son frère ?

– Le voilà…. Ça te va ?

– Effectivement, leur timbre doit être assez proche au téléphone… confirma Connor, l'air concentré.

– Et voilà l'appel.

– Hm… ah… non. C'est bien ça, c'est le frère et non le suspect qui a passé l'appel.

– C'est son frère ? Ce mec a menti alors ?! sourit Judith.

– Eh bien, s'il avait vraiment passé l'appel, l'audio aurait plutôt ressemblé à : Allô ? Ouais, je suis avec un gars qui vient de tourner de l'œil, je fais quoi ? Vous pouvez envoyer une ambulance ou je le mets juste sur le côté en attendant ? »

Judith se raidit si fort sur sa chaise qu'elle en recula de quelques centimètres grâce aux roulettes.

« Nom de dieu ! »

Même Miller semblait surpris. Judith s'adressa à lui avec un air inutilement sidéré :

« Connor ? C'était toi, ça ?

– Bien sûr.

– Tu… tu peux imiter les voix des gens ?!

– Tout à fait.

– Mais c'est trop bien !…

– Attends-attends, calme-toi Judith… tempéra Miller en se levant.

– Tu saurais imiter ma voix ? l'ignora-t-elle.

– …Est-ce vraiment nécessaire ?

– Oui-oui-oui, c'est important.

– Ne l'écoute pas, Connor… fit Miller en approchant.

– C'est très important. Je dois faire un comparatif. C'est un test, Connor, un test.

– Avez-vous un texte en particulier en tête ? »

Miller arrivant à leurs côtés, Judith plaqua sa main sur sa bouche pour le faire taire : « Je m'en fiche complètement. Vas-y. »

Connor la regarda un instant sans rien dire, peut-être un peu incrédule derrière son masque d'androïde imperturbable.

« Je serais toutefois curieux de vous entendre m'expliquer l'intérêt soudain que vous portez à votre propre timbre de voix. À moins que vous ne vouliez juste éprouver les logiciels de Cyberlife ?... »

Miller et Moore restèrent bouche bée.

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Hank salua un confrère en entrant au commissariat et se dirigea tout naturellement vers les bureaux, alors qu'il entendait un bruit étrange. Celui de personnes en train de chanter.

Lorsqu'il arriva, il trouva les officiers Moore et Miller assis sur des bureaux rapprochés, tapotant sur ces derniers pour marquer un rythme pendant qu'ils chantaient. Et ils n'étaient pas tout seuls, Connor était de la partie et faisait la même chose : tapant un rythme sur le bureau où il était assis, chantant avec eux mais avec la voix d'un autre gars, qui disait quelque chose à Hank.

Hank mit un nom dessus. Il fit une profonde grimace d'incompréhension devant cette scène surréaliste.

« …Elvis Presley ?! »

Moore et Miller virent alors que Hank était enfin arrivé, son café à la main, et choisirent ce moment pour courir à leurs bureaux respectifs et travailler de façon peu naturelle.

« Lieutenant ! Bonjour ! salua Connor avec son sourire inoxydable.

– … 'jour.

– Vous aimez Elvis Presley ? »

Hank se rendit à son bureau en évitant de le regarder. « Non.

– Ah. »

Il descendit du bureau et suivit le lieutenant.

« Nous avons aussi essayé Prince et Michael Jackson…

– Non.

– … peut-être…

– …

– Peut-être, fit Connor en s'asseyant à son propre bureau ; que vous préféreriez une interprétation des Knights of the Black Death ? »

Hank s'était mis à boire un peu de son café à ce moment là. Il en recracha un tout petit peu dedans, se retenant de rire.

« C'est ça, essaye pour voir. » dit-il, malheureusement.

Oui, car Connor avait une légère tendance à prendre les choses au pied de la lettre. Hank leva le nez de son clavier et vit Connor lever les mains devant lui, index et auriculaires tendus, les autres doigts repliés, baissant la tête et la relevant lentement alors qu'il émettait un son – heureusement modéré – mais rauque, effarant, ressemblant à s'y méprendre à un scream de rockeur.

Connor s'arrêta juste à temps pour attraper au vol le grand gobelet de café que Hank lui avait jeté compulsivement au visage. Hank le fixait avec un air qui relevait de la légitime défense. Connor le regarda un moment avec incompréhension, comme un enfant, avant de lui rendre son café.

« Ne… refais… jamais ça. » chuchota Hank en récupérant le gobelet, qui miraculeusement ne s'était pas renversé. Hank vit Miller et Moore du coin de l'œil et eux aussi semblaient avoir eu un demi-arrêt cardiaque, en voyant Connor virer Heavy Metal.

« Et vous… dit Hank d'une voix faible : vous arrêtez de me le… sinon je vais péter un câble. »

Moore se remit à travailler en se mordillant la lèvre.

« Lieutenant ? »

Il se retourna vers Connor mais toujours sur la défensive, poussant Connor à parler doucement :

« Il y a cette affaire… qui vient de se produire… »

Hank le vit pointer son écran, il y jeta un œil et en effet Connor venait de lui transmettre un dossier.

« Voulez-vous enquêter tant que les événements sont récents ? »

Hank resta silencieux, il finit par repartir, mais sans un mot, Connor sur les talons.


Voilà ! C'est déjà fini, désolée ! Je vous jure j'essaye vraiment de faire plus long, mais découper les chapitres proprement c'est pas toujours facile.

Au début, avec la scène de Martin, je me disais juste « je veux une scène random avec des personnages random, l'ambiance n'est pas creepy comme avec Todd (ou alors sur le moment on a peur que oui), mais l'humain doit avoir un souci et je veux que l'androïde, alors qu'il n'était pas supposé le faire, parvienne à lui remonter le moral, sans verser dans la déviance. Avec l'actu en parallèle (très important ça je trouve, j'ai envie de voir les gens réagir à l'actu de temps en temps. Même si c'est pas le cas ici)

Je compte vous mettre des petites touches comme ça de tranche de vie régulièrement (sans noyer l'intrigue hein) d'autant qu'en écrivant Martin et Geisha, je me suis très vite beaucoup amusée, je les aime déjà ! Mais rassurez-vous, je ne vais pas verser dans l'OC qui prend toute la place (oui, error-ra9 moi non plus je suis pas fan des OC en vrai, j'en lis rarement chez les autres)

Considérez ces tranches de vie comme des apartés, des décors plutôt que des personnages, qui illustrent Detroit et peut-être parfois des facettes de l'opinion publique.

À la prochaine !