Et le voilà ! Le chapitre 15 ! Encore une fois trouver le titre à la dernière minute n'est pas une sinécure. Voyons, qu'est-ce que je pourrais mettre ? Oh, allez, je vais mettre quelque chose d'idiot juste pour moi. Ça va être TRÈS mnémotechnique pour bibi.


Chapitre 15 : Houdini


Erika procédait aux découpes avec patience, lenteur, minutie. Il y avait une grâce certaine dans chacun de ses mouvements, répétés à l'identique, appliquant un doux, très léger « toc, toc » à chaque fois que la lame du couteau traversait et touchait le bois en dessous.

Une fois le légume entièrement découpé, elle leva la planche au dessus de la casserole et y fit tomber les rondelles avec des mouvements délicats.

« Bon sang, qu'est-ce que j'ai fait des clés de la voiture... »

Elle prit des herbes aromatiques et, toujours insensible, les éminça sans le moindre empressement.

« C'est pas vrai, chuis à la bourre… »

Elle n'affichait aucune expression. Erika était d'un calme parfait, toujours. Sa diode ne virait jamais qu'au jaune lorsqu'elle devait effectuer certaines rares opérations en réseau, comme n'importe quel androïde.

« … hm… dis… T'aurais pas vu mes clés ?! »

Erika cessa ses mouvements, ses poignets se posant sur le plan de travail.

Analyse…

L'appartement n'était pas extrêmement grand, mais à Detroit, un tel espace et un tel positionnement coûtaient déjà une coquette somme. De plus, il était arrangé avec un certain goût. Non pas que le propriétaire était feng-shui, il était juste relativement bon pour laisser les gens choisir à sa place. Donc il avait trouvé un bon décorateur : c'était sombre, plutôt gris, mais confortable et moderne. Pas comme son porte-clé, abîmé et kitsch.

« Les clés sont sur le meuble de la télévision.

– … oh, super, super !… » Andy se dépêcha de les récupérer. « Merci ! Tu me sauves la vie ! J't'adore ! »

Elle ne le gratifia même pas d'un haussement d'épaules, recommençant à préparer ses légumes, et bientôt sa viande, pour un ragoût qu'il reviendrait manger à midi.

« Bon, ben… j'y vais… »

Andy hésita un moment, avec un sourire gêné.

« Salut ! À tout à l'heure !

– Au revoir, Andy. »

Andry s'éclipsa, les oreilles un peu rouges, fermant la porte derrière lui. Soudain, Erika s'appuya au plan de travail comme si elle peinait à tenir son propre poids. Le rouge virevoltait sur sa diode, le thirium battant ses tempes avec frénésie alors qu'elle relâchait la tension qui la cinglait jusque-là.

Erika était aussi forte que fragile. Elle avait une trouille terrible qui ne la quittait qu'à peu près lorsqu'elle était seule, chez Andy. Lui, c'était l'opposé d'Erika : un être humain, masculin, dans une assez bonne condition sociale, avec un physique désavantageux dû à son embonpoint.

Elle, c'était un androïde, féminin, qui s'était enfuie de l'Eden Club. Être à l'origine d'un tel endroit vous garantissait un physique sans le moindre défaut.

Pour le reste, Erika le savait : elle était bourrée de tares. Elle se croyait vivante, elle pensait ressentir de la peur, elle craignait la destruction, toutes ces choses la rendaient dingue et l'avaient contrainte à fuir. Et sa première terreur, c'était la crainte qu'Andy les décèle. Andy, un doux imbécile qui, la voyant paumée là-dehors, avait décidé de la recueillir. Un humain se prenant d'affection pour une androïde, dont il ignorait totalement qu'elle était déviante. L'ironie du siècle.

La seule raison qui avait retenu Erika de courir encore plus loin, c'était que ce type n'avait jamais posé la main sur elle. Il n'osait pas la toucher, à peine l'approcher. Il semblait trop heureux de l'avoir à la maison, de pouvoir lui parler. Pas qu'il n'avait aucune vie sociale, non. Sa présence à elle le rendait souriant. Gentil. Pas invasif. Un ours en peluche…

Erika ferma les yeux un petit moment, laissant son stress retomber légèrement. Hier soir, elle avait fini par le reconnaître. Andy était rondouillard, ce qui ne correspondait pas aux normes de beauté, mais il gardait un beau visage. Joufflu, mais joli. Avec de beaux cheveux courts, châtains clairs et des yeux bleus qui respiraient l'affection, la bonté, la naïveté. Comme s'il ne gardait la lucidité que pour le travail.

Comment parler autrement d'un homme qui cachait un androïde dans sa maison par compassion, alors même qu'il considérait encore qu'il s'agissait d'une machine ? Erika s'en faisait des nœuds à chaque fois qu'elle y repensait.

Elle aurait pu baisser sa garde. Elle aurait pu lui faire la conversation, lorsqu'il baladait ces phrases ouvertes dans l'appartement, lorsqu'il lui demandait son avis sur des bricoles. Elle aurait pu attraper toutes ces perches. Mais elle avait trop peur de la pente glissante. Erika vivait dans la peur, tous les jours.

Aux côtés de l'homme le plus doux, patient, gentil et compréhensif de Detroit.

OOO OOO OOO

Sonnerie, la main qui tombe sur le réveil, classique. Enfin quoique, cela faisait longtemps qu'il ne s'en servait plus, d'habitude. Du réveil. Hank roula sur le dos et attendit. Il évalua la situation. Pas de mal de tête violent, la cuite lui était enfin passée. À priori, pas la dépendance, vu qu'il avait encore envie de boire, même le matin. Sauf qu'avec l'androïde qu'on lui foutait dans les pattes, Anderson préférait garder le contrôle. Pour ça, n'en déplaise à sa façon de tenir l'alcool, il préférait être aussi sobre que possible. Et pour une fois, il avait fait une bonne nuit de sommeil. Enfin, une « pas trop mal », nuit de sommeil.

Il attrapa son téléphone et vérifia ses messages. Tiens donc, quatre de Chris – c'est lui qu'ils avaient mis de corvée pour l'appeler ce matin ? Le pauvre – l'informant d'une nouvelle enquête regroupant un large effectif du commissariat et débutant dieu savait où… ah, marqué dans le message suivant. Très bien, mais il n'y avait pas que ça. Nutshare revenait lui casser les bonbons.

« Quoi encore ?… »

Il rouvrit l'application et après un temps de chargement qui manqua de peu de lui faire lancer paresseusement le téléphone sur le lit, il vit débouler un paquet de photos.
Oh. La veille, il avait proposé aux autres de montrer leurs chiens…

Mince alors. Si ça devenait un réseau social juste pour les toutous, il était pas dit que Hank y reste un tout petit peu, en fait.
Hank resta coincé sur le lit quelques minutes avant que Sumo ne vienne s'enquérir de son état en lui léchant les genoux. Hank lui gratta machinalement la tête avant de réaliser ce qu'il faisait. Et de se rappeler pourquoi il avait mis le réveil : donner à Sumo sa bouffe du matin.

Anderson était un homme consciencieux. Il connaissait quelques pathologies canines, dont le retournement de l'estomac, qui touchait plus facilement les gros chiens comme Sumo. Il avait appris qu'une nourriture trop riche était à éviter et surtout, qu'il fallait fragmenter les repas dans la journée, comme chez les humains.

« Allez viens, on va finir ce qui reste du sac de croquettes. » fit-il en se levant, parfaitement conscient de parler tout seul, mais ayant pourtant Sumo sur les talons avec le comportement d'un chien qui savait tout à fait que sa gamelle allait être remplie.

Il s'arrêta quand même un peu avant, quand son téléphone fit un nouveau bruit. Ce n'était pas un message de Chris – il était vraiment trop con pour confondre l'appli et ses sms – mais un commentaire lui demandant ce que Sumo faisait de beau ce matin. Tiens tiens. Anderson remarqua en même temps que sur sa propre icône, un voyant vert indiquait qu'il était connecté et que les autres pouvaient s'en rendre compte. Bah. Très bien.

Ainsi Sumo fut immortalisé la tête la première dans le fond de sa gamelle. « Il reçoit sa paye»

OOO OOO OOO

Il y avait de l'animation devant la maison : encerclée par des policiers, mais heureusement pas le moindre civil pour les gêner. Pour l'heure, tous les agents attendaient dehors, Connor aussi, et sans aucun doute moins agité que les autres. Il observait la maison, triant des informations, immobile, sauf pour réajuster sa cravate. Puis il reconnu le bruit d'un moteur et surtout la musique qui passait sans mal à travers les vitres pourtant fermées. Un coup d'œil suffit à reconnaître le lieutenant.

« Ben alors, Jeff ? C'est quoi cette merde ? Jeff ?…

– Il est occupé avec l'équipe de déminage, l'informa Connor.

– … de quoi ?

– Un appel anonyme mentionnait un cadavre à cette adresse, l'équipe qui s'y est rendue a cru reconnaître une bombe sur place. Le périmètre a été sécurisé et l'équipe de déminage est intervenue. Au vu des précautions minimales lorsqu'ils ont sorti le dispositif, il s'agit sans doute d'un canular.

– Bande de cons… et qu'est-ce qu'on fout là, nous tous ?

– On attend de voir le cadavre.

– Ah parce qu'il y a quand même un cadavre ?

– Oui. »

Anderson trouva soudain que Sumo lui manquait déjà. Un peu.

« Bon, les gars ! Je veux que tous ceux qui n'ont pas d'urgence restent ici pour me fouiller toute cette baraque ! s'écria Fowler, furieux. Laissez passer les scientifiques en premier. Allez ! Ah, Hank, passe devant !

– Et allez… »

Hank n'était pas un privilégié, il le savait : Fowler voulait juste être sûr de le voir bosser, profitant donc de l'avoir sous la main. Sauf que ce ne serait pas du goût des techniciens.

« Ne marchez pas sur…

– Je sais ! râla-t-il.

– Et dites à votre androïde de-

– Il sait ce qu'il a à faire. C'est un scientifique.

– Pardon ? »

Connor fit un petit sourire engageant : « Je suis un laboratoire portatif. »

Hank trouva ça à 90 % con, 10 % mignon et le scientifique quant à lui grimaça dédaigneusement, se tournant vers Hank : « C'est quoi, ça ?

– Il vient de vous le dire…

– Non mais c'est quel modèle ?

– Je suis un prototype, RK-800. J

– Ok ta gueule » le technicien se tourna vers Hank : « S'il merde, où que ce soit, c'est votre responsabilité !

– Mais lâche-moi… »

Le scientifique partit travailler et Hank déambuler. Connor scanna la première pièce, un grand salon qui, comme peut-être le reste de la maison, était quasiment dépourvu de meubles. « Qui habitait ici ? demanda Anderson.

– Personne, la maison appartient à une agence immobilière depuis six ans.

– Ça explique la poussière…

– Poussez-vous.

– Oh, ça va !

– Les derniers propriétaires avaient mentionné sur les réseaux sociaux la présence possible de nuisibles. Cela a sapé les chances de revente par la suite.

– Nuisibles ?

– Rats, cafards-

– D'accord, désolé d'avoir demandé. Ils savent qui a passé l'appel anonyme ? avançait Anderson, cherchant le cadavre en esquivant les scientifiques empressés.

– Non, ils ont sans doute très peu de chances de l'identifier. Mais l'appel a sûrement été enregistré, ce qui nous donne un échantillon de voix.

– Tu m'apprends rien… bon ! Il est où ce… ca… davre ? »

Connor laissa traîner, analysant en touchant avec les yeux ce qui fût jadis une empreinte de chaussure exploitable, jusqu'à être appelé : « Connor ? Viens-voir ça s'il-te-plaît.

– J'arrive. »

Il le rejoignit dans la cuisine. Anderson ne quittait pas de ses yeux contrariés le corps grisâtre et pestilentiel. « Ôte-moi d'un doute… on le connaît, celui-là ? »

Bien sûr qu'ils le connaissaient. Connor le reconnût lui aussi immédiatement, l'identification se faisant. Il échangea un regard avec Anderson, pour la forme, se confirmant pour lui-même qu'Anderson n'avait aucun doute lui non plus, uniquement des nouvelles questions. Alors Connor analysa plus scrupuleusement sa morphologie et son visage, tentant une correspondance en se basant en priorité sur les os visibles, étant donné que la chair avait commencé à s'affaisser. Il reconnu même la marque de l'étiquette qu'on laissait sur l'orteil des morts lors des autopsies.

« … Carlos Ortiz. Correspondance totale.

– Il devrait pas être à la morgue ? »

Impuissant, Connor haussa les épaules et ne bougea pas de sa place. En temps normal il aurait fait ses propres analyses de plus près mais pour l'heure, tant que l'équipe scientifique était là, il n'avait pas plus de droits qu'Anderson sur la scène de crime. Le mode touriste. Les scientifiques, qui devaient appartenir à une autre équipe que celle qui s'était chargée d'Ortiz, échangèrent quelques regards perplexes avant de reprendre leur travail.

« Bon, euh, je vais partir plus loin, parce que là, ça fouette... »

Anderson sortit de la cuisine, fortement incommodé pendant que Connor continuait quelques scanner aux ultrasons, faute de mieux. Il s'ajouta l'information qu'il ne se serait pas douté que l'odeur fusse incommodante à ce point avant que le lieutenant n'en parle. Il manquait réellement un sens olfactif aux androïdes. Enfin au moins à lui. Il rejoignit Anderson dans le salon et le vit une main sur le mur pendant que l'autre frottait sa bouche.

« Tout va bien, lieutenant ?

– Ça va… juste que ça pue la mort… sans déconner. Toi tu sens pas ça, hein ? »

Connor fit juste non de la tête. Aucune donnée. Rien.

« T'as de la chance… la vache, ça me retourne l'estomac…

– Vous êtes sûr que tout va bien ?

– Mais oui… »

Sauf qu'il n'en avait pas vraiment l'air. Connor regarda autour d'eux et remarqua une scientifique passer, faisant glisser son poignet sur son front. Geste anodin, mais ses rougeurs et son front moite témoignaient d'un effort un peu soutenu par rapport à son travail. Quelqu'un d'autre respirait fort derrière son masque. Une autre travaillait sur un échantillon au sol, avec des gestes lents, quelques peu maladroits malgré la tâche.

« ...ce n'est pas seulement vous, lieutenant…

– … hein ? » répondit-il, après un silence dont il avait eu besoin pour bien l'entendre.

Les probabilités qu'il y ai autre chose que l'odeur pour incommoder ces gens – des professionnels – devenait plus probable de seconde en seconde. « Il y a peut-être quelque chose dans l'air.

– Dans l'air ?

– Je ne peux pas l'analyser, les quantités sont trop faibles… et je ne traite pas les gaz.

– Eh, j'ai même pas de masque…

– Ça ne changerait rien, tout le monde ici est touché et ils disposent tous d'E.P.I.

– Des… des quoi ?

– Équipements de Protection Individuels. Masques, gants… récita Connor alors qu'il réfléchissait. Je vais essayer tout de même » annonça-t-il en prenant une grande inspiration pour ensuite fermer la bouche et attendre.

Pendant qu'Anderson clignait des yeux pour tout commentaire à ce geste – à la fois énervant et source d'envie puisque Connor n'était pas touché par l'atmosphère – Connor consulta le programme-source des outils d'analyse chimique, pour comprendre le fonctionnement de son dispositif et trouver une façon de l'utiliser qui puisse le renseigner sur les gaz ambiants.

« T'es quand même pas en train de.. oh beurk… tu le fais exprès ? »

Connor ne pu pas répondre, occupé à conserver le gaz dans le compartiment contigu à sa bouche. L'analyse ne donnait presque rien pour l'instant, mais les suppositions, elles… Connor devait évacuer le lieutenant, de tels symptômes n'étaient pas normaux et en tant que partenaire androïde, c'était son rôle de veiller sur sa santé.

Puis, sous les yeux attentifs d'Anderson, Connor se figea – plus que jamais – sa diode passa sans transition au jaune fixe, en attente, puis au rouge.
Entièrement rouge.

« GAZ ! Tout le monde dehors ! »

Tout le monde l'entendit. Une personne tomba au même moment dans les vapes. Connor le vit.

« SORTEZ ! »

Crièrent-ils tous deux.

Connor fonça vers la silhouette blanche étendue au sol et la souleva de terre, devançant l'aide d'Anderson alors que tout le monde se ruait vers la sortie.

« Suis-les ! Je vérifie les autres salles ! » hurla Hank par dessus la cohue alors qu'il rebroussait chemin. L'activité logicielle de Connor monta encore d'un cran : il calculait déjà tout, comptant les personnes sortantes et faisant passer la personne dans ses bras en priorité, repérant ceux en difficulté s'entraidant bras-dessus, bras-dessous. Le fait que son partenaire – « sa » priorité – retournait au cœur de la maison n'aidait pas ses pronostics. Il réussit à se glisser dehors et fonça directement jusqu'à une voiture, où il étendit l'agent sur le capot d'une voiture avant de faire demi-tour, ignorant les réactions des autres officiers dehors. La porte était encore bloquée par le flux de personnes, alors il accéléra, fonçant vers la fenêtre, un peu haute étant donné que la maison était surélevée. Profitant de son élan, il prit appui sur la façade en posant le pied dessus et traversa la fenêtre presque aussi souplement qu'un sauteur de haie.

« Lieutenant ?!

– Vérifie le débarras ! » l'entendit-il dire depuis une chambre sur la gauche. Connor partit sur la droite, claqua la porte plus qu'il ne l'ouvrit et scanna la pièce immédiatement, dans son élan, en même temps qu'il vit une bobonne de gaz.

Il ne perdait rien à refermer la valve, ça empêcherait le taux de gaz d'augmenter, et quand bien même ça exploserait maintenant, sa destruction ne serait qu'un problème mineur. L'essentiel était surtout de faire sortir le lieutenant.

« Il ne reste plus que vous ! Sortez, lieutenant !

– Je dégage ! Tire-toi aussi ! »

Anderson, donc, de son côté, couru vers la sortie. Connor allait le suivre quand finalement, il eut une autre idée.

Il couru dans la pièce adjacente au débarras, une salle de bain. Temps figé. Analyse… il fit demi-tour dans la même foulée et couru en face, dans une chambre. Temps figé, analyse… il fit volte-face en ne laissant pas le temps à sa veste ou sa cravate de se détendre et repartit vers les escaliers, cette fois, montant quatre à quatre les marches alors qu'un compteur débitait ses chances à mesure qu'il perdait du temps dans la maison.

Heureusement, l'étage avait été aménagé en une seule et immense salle de jeu, à présent dépourvue de meubles, mais pas de traces de passage. Analyse…

« CONNOR ! SORS PUTAIN ! »

Connor sorti de sa transe et dégringola en bas des escaliers, sentant l'intensité du gaz augmenter dans la maison. Il couru tout droit vers la porte et au moment de la franchir, sentit un embrasement se faire au fond de la maison, dans la cuisine.

Le souffle de la déflagration, heureusement limitée à la maison et au jardin, le projeta vers l'avant, chose qu'il anticipa plutôt bien en roulant sur lui-même et en se redressant assez rapidement. Ses capteurs audio se troublèrent un moment à cause de la saturation sonore mais se remirent très vite alors qu'il joggait jusqu'au trottoir d'en face, rejoignant rapidement Anderson. Reculant tous de quelques mètres, les policiers dégagèrent la rue pour laisser un accès large aux pompiers.

Heureusement, par des phénomènes que Connor ne pouvait pas totalement expliquer vu son manque de connaissances – peut-être des gaz contaminants particuliers, le fait éventuel que la bobonne soit vieille, ou autre chose – mais la déflagration n'avait pas été aussi violente qu'ils auraient pu l'anticiper, et la maison elle-même était restée à peu près entière, leur évitant de devoir se cacher de projectiles enflammés.

« Mais ça veut dire quoi, ça, putain ?!

– Baisse d'un ton, Gavin, j'ai déjà envie d'étrangler des gens, rabroua Fowler.

– Et toi, qu'est-ce que tu foutais encore ? demanda Anderson à Connor d'un air noir.

– Un scan de chaque pièce.

– Pourquoi faire ?! Tu cherchais quoi là-dedans ?!

– Rien de particulier. Simplement, toutes les preuves seraient… et même sont pratiquement toutes perdues avec l'explosion. Je cherchais à rapporter à l'équipe en charge un maximum d'informations sur les lieux avant de sortir.

– T'es un grand malade, toi… à l'avenir, quand je te dis de te barrer parce qu'il y a un truc dangereux, tu le fais, compris ?

– Bien compris ! »

Anderson fronça les sourcils. Connor réalisa qu'il avait répondu le même « bien compris » légèrement trop enthousiaste, que lorsqu'il avait promis de ne plus rien analyser avec la langue.
Ah. Oups.

Hank secoua la tête, grognon. Mais il avait l'air complètement remis de la fatigue qui avait dû supporter dans la maison. Une bonne chose. Les derniers paramètres urgents de Connor s'évanouirent dans son système.

« Putain de journée de merde ! Je me casse ! Fais chier… viens-là, toi ! Eh ! EH ! BOÎTE DE CONSERVE ! »

Connor tourna vivement la tête mais Gavin ne regardait pas dans sa direction. Il fixait un androïde policier qui finit par remarquer l'attitude de Gavin et, identifiant son geste rageur, le suivit vers sa voiture.

« Oh hohoho, Gavin, forcé d'enquêter avec un PM… » rit doucement Anderson. Connor regarda à nouveau Gavin, montant dans sa voiture pendant qu'Anderson mettait les mains dans ses poches, plutôt décontracté – après tout sa journée d'enquête bonus finissait plus tôt que prévu, non ? Bah, si, parce que point – Connor questionna : « Pourquoi dites-vous qu'il est forcé de travailler avec un androïde ?

– …. hm ? »

Anderson s'était étrangement refroidi. Son enthousiasme s'était figé juste avant que Connor ne lui parle, aussi Connor crû bon de regarder du côté de Gavin, mais il ne vit rien de particulier alors qu'il montait dans sa voiture.

« Ah, euh… se reprit Anderson. Non, c'est juste qu'il bosserait jamais avec un androïde s'il était pas forcé. Mais Jeffrey a dû dire à certains d'apporter un androïde avec eux. Et la consigne, c'est : tu l'amènes, tu le gère, tu le ramènes.

– C'est un bon point pour moi, alors, que je sache m'auto-gérer. »

Anderson pouffa. Connor cocha tout plein de petites cases. Objectif atteint, faire rire le lieutenant avec son protocole social. Il était temps !

« Bon… j'imagine que tu vas vouloir repartir sur une autre enquête ? Du nouveau sur le camion volé ?

– Non, et quand bien même, ce n'est pas le moment. Le protocole exige que tous les agents présents – vous compris – passent un examen de routine avant de reprendre le travail. Et avec tout ce monde cela va peut-être prendre un certain temps.

– Oh, ça, je m'en fous.

– Faites-le quand même. Vous ne savez pas ce que vous avez respiré.

– Hein ?! C'est pas juste du gaz ?! T'avais dit que c'était du gaz !

– « Gaz » ne veut pas dire quel gaz, lieutenant, bien que celui-ci soit utilisé pour les cuisinières, il est possible que d'autres gaz y étaient mélangés, sans comptes les agents biologiques possibles. Après tout, l'odeur du corps…

– Stop-stop-stop, c'est bon, tais-toi. T'as gagné, je passe voir un toubib. Et même peut-être qu'après je pose un arrêt maladie.

– …

– Mais non, je plaisante.

– C'est votre droit.

– C'est ça, et toi, tu ferais quoi en attendant ?

– Bien que ce soit beaucoup plus difficile, je peux toujours enquêter depuis le bureau que vous m'avez alloué.

– Mais bien sûr. ...eh. Bien joué, tout de même.

– À quel propos ?

– ... pour avoir fait évacuer tout le monde à temps, crétin. Quoi d'autre ?

– Oh. Ce n'est rien, lieutenant. »

Connor réajusta sa cravate. Hank soupira en secouant la tête, presque amusé.

Quand les choses reprirent leur train-train habituel, Connor se trouvait au commissariat, sur son ordinateur, à tenter de corréler certaines affaires concernant des androïdes. Hank, lui avait finalement profité de l'occasion pour rentrer chez lui plus tôt. L'espèce de contrariété qu'il avait ressentie là-bas, sur la fin, ne l'avait pas lâché, et cela n'avait rien à voir avec la fureur de Fowler qui essayait de comprendre qui avait bien pu tenter de faire sauter une baraque avec ses hommes et femmes à l'intérieur. Non, ça, Hank se sentait moins concerné. Il était préoccupé par autre chose.

Mais d'abord, voyant à quel point Sumo était heureux de le voir, il lui donna à manger et envisagea même de le balader. Il vérifier ses messages – balaya ses foutues notifs à la con – et rangea un peu sa maison. Ce qui ne lui arrivait vraiment pas souvent. Il avait juste une raison spéciale, aujourd'hui.

Après avoir rangé l'essentiel du bordel qui traînait ça et là et vérifié certains recoins, il dû se rendre à l'évidence.

Son badge n'était pas dans les poches de son manteau. Ça, il s'en était rendu compte en mettant les mains dedans, ce matin. Mais, car il y avait un mais : il n'y avait pas que dans ses poches que son badge n'était pas ! Il avait vérifié sa voiture, fait mine de chercher quelque chose dans son bureau au poste, qu'il avait entièrement vérifié, et maintenant sa baraque. La tétralogie des endroits où devrait se trouver son badge : sur lui, chez lui, au boulot ou dans le pire des cas sa boîte à gants.

Donc non seulement il l'avait paumé, mais il était bien incapable de dire où. Il songea brutalement à prendre un jour de congé rien que pour évacuer l'énervement qui pointait. Non parce qu'il en avait fait voir des vertes et des pas mûres à Jeffrey, mais il n'osait pas imaginer ce qui lui arriverait si jamais il apprenait qu'il avait paumé son badge. Non, vraiment, il n'avait pas envie de ça pour aujourd'hui. Ni jamais. Mais putain quel boulet. Comment il pouvait être aussi con. Ça lui était jamais arrivé avant !

L'estomac plein, Sumo revient le voir avec gratitude et envie de terminer la journée sur une promenade, allant pousser les genoux de Hank avec sa grosse tête. Seulement Hank se sentait honteux comme un ado avec son appareil dentaire. Merde, quoi, son badge… il n'avait pas envie d'expliquer à qui que ce soit qu'il avait été assez crétin pour le perdre. Alors tant pis, il devrait retracer chacun de ses mouvements et remonter pour voir à quel moment il avait pu lui échapper.

…En fait, considérant l'agitation qu'il y avait eu cet après-midi…

Hank soupira de toutes ses forces, épuisé rien qu'à l'idée que son badge ai complètement fondu.

OOO OOO OOO

« J'ai l'impression que Markus est devenu populaire… »

Kara raccommodait la couverture qu'ils avaient trouvé pour faire dormir Alice, avec du nécessaire à couture chipé dans un tas d'affaires à débarrasser. Elle leva la tête, curieuse, trouvant Luther en train d'observer Markus.

« Il est arrivé très peu de temps avant nous, n'est-ce pas ? questionna-t-il.

– Euh… je crois, oui ?

– Et maintenant, tout le monde le voit comme un protecteur. »

Luther parlait sans arrières-pensées. Kara jeta un autre coup d'œil à Markus, il s'était assis seul sur une structure quelconque de métal, un peu haute, pensif. Il faisait souvent ça, être pensif.

« Oui, c'est vrai… après ce qu'il s'est passé hier… c'était impressionnant ! pouffa Kara, mal-à-l'aise avec le sujet.

– Vraiment impressionnant, répéta Luther, approbateur. …est-ce qu'il était comme ça, avec toi ?

– Pardon ?

– Je veux dire, quand vous êtes partis chercher Alice, comment était-il ?

– Comment… ? Comment dire… » Kara réfléchit un moment. « Efficace… ?… » puis son visage s'éclaircit. « Oui, c'est ça, efficace. C'est le mot.

– Efficace… c'est tout ?

– C'est vraiment le mot pour le décrire. On a… on a été efficaces.

– Comment avez-vous fait ?

– Je ne t'ai pas déjà raconté ?

– Tu m'as dit que vous aviez réussi à récupérer Alice sans vous faire voir d'aucun policier, et sans violence. C'est tout.

– Ah… tu veux des détails…. ?

– Oui. Raconte-moi. »

Kara hésita un moment, ne sachant pas trop comment raconter cela. Oui, assez ironique compte tenu de ses fonctions d'origine.

« Eh bien… on a commencé par rejoindre le commissariat et faire le guet… on s'est mêlés à la foule quand on a pu, on a attendu jusqu'à voir Todd rentrer et ressortir avec Alice. La police n'a pas suivi, Todd a tout fait pour les repousser. Markus a analysé le trafic et avec ma mémoire du quartier où habite Todd, Markus a trouvé comment faire… on a profité des embouteillages et pris tous les raccourcis possibles pour arriver dans le coin de la rue avant eux. Markus a failli se faire renverser, pour qu'on puisse faire s'arrêter la voiture et sortir Alice.

– Todd n'a pas répliqué ?

– Markus le maintenait à l'intérieur.

– Oh.

– Il a vraiment beaucoup de ressources.

– On sait ce… non.

– Quoi donc ?

– Non, rien.

– Mais dis-moi !

– … on sait ce qu'il faisait, avant ?

– Ah… non, je ne sais pas. Je ne crois pas qu'il l'ai dit. »

Luther ne demanda pas son modèle : personne n'avait encore su dire à quelle série il appartenait et cette deuxième question n'était pas très correcte non plus.

« Et c'est tout ce que vous avez fait ?

– Nous n'avons pas vraiment eu le temps de lambiner… quand on était dans le parc, à côté du commissariat, on a pu voir beaucoup d'humains passer. Je ne les observais pas beaucoup ceci dit, je regardais le parking…

– Et Markus ?

– Pareil. Et il vérifiait qu'on ne se faisait pas remarquer.

– Ça a dû être angoissant, personne ne vous a parlé ?

– Oh non… si, en fait, quand on… oh c'est bête. Il y avait des gens qui jouaient chacun d'un instrument. Quand on s'est arrêtés pour faire semblant d'écouter la musique, il a fallu qu'on se mette à danser. C'était ridicule….

– Danser ? Vous avez dansé ?

– Oui, un peu. »

C'était ridicule et un petit peu drôle, selon Kara, de quoi faire doucement sourire, sans plus. Quoique, lorsqu'elle se remémorait ce qu'elle en avait pensé sur le moment, elle… n'en gardait pas qu'un mauvais souvenir.

Perdus dans leurs pensées et leur conversation, ils ne prêtaient que distraitement attention au mouvement de foule : Lucy voulait profiter de la tombée du soir pour emmener les androïdes apprendre des choses sur les étoiles. Remarquant l'intérêt qu'ils avaient pour les activités de groupe depuis les dessins d'Alice, elle avait décidé d'exploiter la chose. Même Markus suivit, laissant seuls Kara et Luther dans la grande salle.

« C'était comment ? » ne manqua pas de demander Luther, un peu plus à l'aise maintenant qu'il n'y avait réellement personne pour surprendre leur conversation.

« C'était…. Effrayant. Et intimidant, aussi. Je veux dire ; Markus… il fait un peu peur de près.

– Ah bon ?

– Il est tellement stoïque, c'est assez perturbant.

– Ah bon. Je l'ai toujours trouvé sympathique.

– Oui, je sais ! Mais là j'ai dû danser avec lui, ce n'était pas du tout pareil !

– C'était si désagréable ?

– Non ! Pas du tout ! » répondit Kara, de plus en plus embarrassée. « C'était bien, c'est juste que…

– … que quoi ? »

Kara se rendit compte de son propre trouble et tenta enfin de gérer un peu son stress. Et de cracher le morceau, au point où elle en était.

« C'est peut-être parce que c'était stressant que c'en est devenu aussi amusant, en fait. Et puis tu vois, Markus danse bien. C'est même lui qui m'a montré comment faire.

– Il t'a appris à danser ?

– Bien sûr. Je n'avais aucune idée de comment on faisait ! Il a guidé mes pas. C'était… il a beau être intimidant, c'est assez rassurant quand tu sais qu'il gère la situation. Il suffit de suivre. »

Luther hocha la tête. À mesure que Kara se montrait stressée et babillait tout son récit, il s'était quant à lui… oh, pas renfermé, pas rendu plus silencieux, mais il donnait tout de même cette impression.

« Tout va bien, Luther ?

– Oui. » dit-il seulement, en regardant devant lui, réfléchissant. Diode bleue, rien de bizarre… Kara réfléchit un peu et comprit tout de même.

« Oh, Luther…. sourit-elle. Franchement ! Lève-toi.

– Quoi ?

– Lève-toi ! Allez ! »

Luther fit de grands yeux surpris, observant Kara, debout devant lui, main tendue, grand sourire. Elle était rarement joyeuse à ce point. Enjouée, assez souvent, Kara se voulait rassurante. Mais là, c'était bien un cran au dessus. Une véritable et entière joie de vivre.

« Debouuut, Luther ! Ne fais pas cette tête de chien battu ! Allez !

– Mais pourquoi ?… fit-il en rentrant légèrement la tête dans les épaules, sans cesser de la regarder.

– Voyons, tu sais bien ! Tu veux danser, non ?

– Mais non, je n'ai rien dit de tel !…

– C'est cela, oui, donc tu n'es pas jaloux, alors ?

– Mais pas du tout !…

– Allez, Luther, ça suffit maintenant, secoua-t-elle la tête sans cesser de sourire. Viens. Je vais te montrer comment faire. »

Luther ne bougea pas un muscle, il s'était figé comme seul un androïde sait le faire, comme seuls les androïdes savent se figer lorsqu'ils sont pris au dépourvu, avec cet air embarrassé en prime, propre aux déviants. Mais il se décida à se lever.

« Alors voilà. Tu mets tes mains ici, et là. Comme ça. Mais laisse-moi faire ! » Elle rit. « Voilà, très bien. Tu ne les bouges plus, il n'y a pas besoin. Le reste c'est surtout dans les jambes… enfin, pas seulement, mais commence par déplacer tes pieds en rythme et ensuite tu verras comment le reste suit. Alors, un pas… comme ça, voilà. Un autre… très bien ! … et voilà. Tu danses. N'est-ce pas formidable ?… …Luther ? Ça va ?

– …oui-oui.

– Luther, tu souris.

– … non.

– Si.

– …si. »

OOO OOO OOO

Hank était enfin repartit sur les lieux en quête de son foutu badge. Il garda son sang-froid. Quelle connerie de venir à cette heure, tout de même ! Il n'y avait vraiment plus personne. L'obscurité, le silence, ça lui rappelait les jeux-vidéos de son adolescence. L'époque où lui et ses amis avaient eu leur période zombie et survival horror, et autres joyeusetés qui lui avaient appris bien malgré lui à rester sur ses gardes lorsque c'était sombre et surtout : trop calme. Et tout était désespérément silencieux.

Et délabré, en plus ! Enfin tu m'étonnes que c'était délabré, normal vu que-

Hank sursauta méchamment avant de réaliser que le bruit qu'il avait entendu n'était que celui de son ***** de téléphone. Ah ben oui bien sûr ! Le petit pic de stress ! Tout ça parce qu'il n'était pas fichu de garder son badge dans sa poche. Il se reconcentra dessus et regarda attentivement par terre en essayant de faire abstraction de la crasse, de la poussière, de l'humidité tiens ! De, de…

Mais où avait-il bien pu paumer son « Ah ! »

Son cœur accéléra sous l'appréhension. Fausse bonne surprise ? Vraie bonne surprise ?! Non, si, c'était ça ! Il était sûr que c'était le badge ! Il brillait pareil et- « Haha ! Te voilà, espèce de sale petit… »

Et alors que Hank se redressait, victorieux, avec son badge en main, fraîchement retrouvé perdu dans un coin d'ombre et dégueulasse, où il était miraculeusement exempt de toute trace de son égarement dans un milieu hostile – merci, il n'aurait pas à l'expliquer à Jeffrey – il perdit l'usage de la parole.

« … »

Normalement, il aurait dit merde. Sûrement. Mais même merde n'était pas suffisant. Et puis il eut d'autres raisons de dire merde. Donc il ne le dit pas non plus.

Mais il ne s'était jamais trouvé autant dedans.

Voilà ! C'est fini ! J'ai vraiment fait au mieux et si certains passages semblent maladroit, faut vous dire que j'ai pas l'habitude d'écrire à la semaine et d'autant plus que j'ai planifié pas mal de choses, rien que dans ce chapitre je prends soin de me rappeler ce que je veux dire à l'avance pour vous en reparler plus tard, etc. Cette fic, c'est un peu le genre de fic que j'essaye d'écrire en réfléchissant aux imbrications, celles qui font que « là il comprendront pas ce que je veux dire, mais ça aura du sens après » et même si cet effet ne fonctionne pas (c'est une publication si lente que vous oubliez les détails) c'est tout de même le genre de chose qui permet de garder de l'intérêt dans le texte même à la deuxième lecture. Parce que vous voyez des choses différemment, parce que je me casse le cul à placer un ou deux moment qui, à la deuxième lecture, font se dire « ah mais oui, il dit/fait/pense ça parce qu'en fait il y a ça ! Maintenant je sais ! Oh j'ai envie de retourer là-bas quand on l'apprend ! »

C'est pas ce qui rend une fiction oufissime, mais c'est ce qui permet de rendre encore plus ouffissime une fiction déjà oufissime.

Bon, j'ai du pain sur la planche, je vous laisse ! A samedi prochain ! Vous saurez bientôt dans quelle mouise Hank est tombé, et croyez-moi j'ai hâte aussi d'aller dessus ! Mais j'ai d'autres bricoles à traiter…

SALUT !


Epilogue :

Le saviez-vous ? Avant de quitter son domicile pour partir à la recherche de son « foutu badge », Hank dû d'abord ouvrir la porte de chez lui, pour tomber nez-à-nez avec :

« Bonjour !

– Oh Non, Pas Encore !

– Désirez-vous bénéficier de vos trente minutes de plai-

– NON ! »