Anko, jeune Kunoichi, particulièrement motivée par le dépassement de soi, travaillait dur pour être reconnu par ses pairs. Ce besoin de reconnaissance était surtout dû à un passé douloureux, dans lequel la jeune orpheline fût trahi par celui en qui elle avait le plus confiance.
En effet, celui qui l'avait prise sous son aile, qui occupait la place de mentor et qui s'approchait le plus de figure paternelle avait abusé de la naïveté d'une petite brebis égaré. Apposant sur elle, sa marque maudite comme l'on marque le bétail au fer rouge. Réduisant ainsi à néant, l'infime espoir d'amour de la bête.
Celui qui a manqué de l'amour inconditionnel d'un parent, grandira avec un vide profond qui ne sera jamais comblé.
C'est avec ce lourd passif, que Anko, démarra sa jeune vie de Ninja. Elle naviguait avec l'ambivalence d'être toujours reconnu pour ses actes de bravoures, de vertus et de droiture et ce besoin insatiable de se sentir vivante, recherchant le plaisir à tout prix et à tout moment. D'ailleurs, la jeune femme avait pris pour habitude, à chaque contrariété, d'avaler seule un gargantuesque repas chaud pour le réconfort, agrémenté d'alcool fort pour oublier sa solitude par l'ivresse.
Un soir, après une mission particulièrement éprouvante, la jeune jônin se retrouva attablé pour ce rituel solitaire. Mais cette fois-ci, la contrariété semblait être plus forte que jamais, et notre kunoichi savait que qu'importe la quantité de nourriture délicieuse ou d'alcool consommé, le trou béant de sa solitude ne serait comblé en ce soir si particulier. Le hasard, faisant parfois des choses effroyables, décida de faire coïncider le jour de la trahison de son mentor avec celui de son seizième anniversaire. Deux ans après, les séquelles n'en sont que plus douloureuses.
Anko était devenue, un ninja spécial du village, elle était connue et reconnue, respectable et respectée. Pourtant ce vide abyssal qu'elle ressentait chaque année persistait, la tourmentant chaque minute, chaque seconde de cette interminable nuit.
Ce soir-là, la jeune adulte décida de festoyer dans un restaurant, dans le village de Shukuba, son Age nouveau lui permettant de consommer à la vue de tous l'ivresse annuelle.
Shukuba, village des plaisirs situé non loin de Konoha, offrait la possibilité aux ninjas en permission de se détendre auprès de civils anonymes. Très peu habituée, des endroits ainsi fréquenté, la jeune Kunoichi arpentait les rues bruyantes de la cité, à la recherche de distraction pouvant la sortir de ses sombres pensées. Essayant de rationaliser sur ce qu'elle possédait aujourd'hui d'important, sur ses réussites et sur sa réputation. Elle s'en voulait de ressentir ce mal-être.
« Tout pour être heureuse … » se répétait-elle en son for intérieur, espérant un jour bientôt, y croire elle-même.
Pas ce soir en tout cas, car rien ne trouvait grâce à ses yeux.
Elle décida alors de pousser la porte d'un petit établissement sans charme, presque insalubre, situé au fond d'une impasse. Peu de passage, que des habitués fréquentaient ce bar/ restaurant. La clientèle, essentiellement masculine, semblait peu amicale, au même titre que le tenancier. Tous observaient attentivement l'arrivée de Anko. Elle aurait pu se sentir mal à l'aise au vu de l'ambiance changeante. Ses sens aiguisés l'avaient même averti des murmures inquiétant dans son dos. Mais de tout cela, rien n'avait d'importance, rien n'avait de sens. La jeune déprimée, ne cherchait qu'à se remplir. D'abord le ventre, puis sa coupe d'alcool. Et plus tard, elle s'occupera de son cœur.
Elle commanda ainsi plusieurs plats chauds et bouteilles d'alcool.
Lorsqu'elle fut servi, les accoutumés du lieu s'étonnèrent de ne voir personne accompagner une si jeune et jolie fille. D'abords méfiants, ils ne la quittèrent du regard, puis l'alcool faisant, ils se demandaient qui irait l'aborder en premier.
Très vite, un premier gringalet s'approcha de la belle. De ses poches, il sortit une liasse de billet. La note était pour lui, qu'il disait. Puis, s'estimant légitime de s'assoir après son grand geste de seigneur, tira une chaise. Par un coup de pieds extrêmement précis et incroyablement rapide, Anko déplaça le tabouret. Le pauvre homme se retrouva cul à terre avant même d'avoir réalisé ce geste technique. Honteux de la situation, il se releva et proliféra moult insultes et menaces contre la jeune innocente, qui n'avait même pas daigné lui adresser un regard.
C'est alors qu'un grand gaillard apparut et calma la situation, simplement en chuchotant quelques mots aux oreilles du grincheux gringalet, qui partit queue entre les jambes en dévisageant la demoiselle. L'homme à la carrure imposante, tira à son tour une chaise et la tenue fermement. De son dos apparut un jeune homme, plutôt beau gosse, l'air très sûr de lui, qui prit place. Ce charmeur à la tenue impeccable et au sourire éblouissant, commença par s'excuser du manque d'élégance de la part son acolyte. Puis il se présenta comme le propriétaire, le taulier, le patron, le boss, le maître tout puissant digne héritier du baron de la drogue... autant de terme qui gonflait son Ego, compensant très certainement la taille anodine de ses attributs.
Anko, continuait impassiblement son repas, commandant même une énième bouteille.
Vexé de n'avoir pu impressionner la belle, le taulier (baron, patron, boss, maitre…ptite bite!) claqua des doigts. Ce ne sont pas moins de dix hommes qui se levèrent, et approchèrent de cette minuscule table ronde. D'un simple mouvement de tête, le patron (maitre, taulier, boss, baron…monocouille!) ordonna qu'on saisisse la jeune effrontée. Il la voulait sienne à son retour des toilettes.
La chasse d'eau tirée et les mains propres, le Boss (patron, baron, taulier, maitre…micropenis !) toujours accompagné de son colosse regagnèrent la table. La surprise fut totale, quand ils aperçurent la jeune femme continuer son repas comme de rien. L'assurance tout risque du Maître (Boss, taulier, baron, patron…puceau !) s'envola aussi vite que son courage lorsqu'il remarqua ses hommes, inconscients, accrochés aux murs par leurs vêtements avec de simples couteau de table. Le gorille quant à lui, misogyne orgueilleux, se rua sur la belle de colère. Mais avant même d'atteindre la table, trébucha et tomba violemment face contre terre, perdant immédiatement conscience.
Le beau parleur, resta muet devant ce qu'il venait de voir, l'angoisse montait en lui, il n'était pas fou. Il était sûr d'avoir vu apparaitre un reptile s'agripper aux pieds de son garde. Seul face à cette femme, la peur le tétanisait, jusqu'au moment où son regard croisa pour la première fois celui de la dresseuse de serpent. La vessie pourtant fraichement vidée, et la taille ridiculement minuscule de son pénis, ne l'empêcha pas de tremper complètement son pantalon, devant cette aura meurtrière qu'il venait de rencontrer pour la première fois.
Anko se leva et s'avança dans sa direction sans tituber. Malgré les litres d'alcool dans son sang, elle marchait dignement, puis s'arrêta devant l'incontinent. Le toisant du regard, elle feignit de le cogner. La crapule s'enroula de peur en boule, protégeant son visage larmoyant d'une éventuelle pichenette humiliante. Quand il rouvrit les yeux, il se retrouva seul, dégoulinant de peur, au milieu des hommes inconscient dont il aimait se prétendre être le Boss, et se rendit compte combien ils étaient tous misérables.
Rassasiée et saoul, La Kunoichi reprit son chemin. Il était temps de rentrer à la base. Etrangement, l'alcool semblait faire plus d'effet ce soir-là. Prise d'une grande fatigue, son regard se troubla, et ses jambes tremblantes ne purent supporter son poids, la laissant tomber à terre. Que se passait-il avec son corps ? C'était bien la première fois qu'elle en perdait le contrôle depuis cette terrible nuit.
Cette nuit où sa marque maudite prit possession de son corps, la transformant en une sombre et vile créature assoiffée de sang. Cette nuit où elle massacra tant de gens. Cette nuit où elle fit la rencontre personnelle du Troisième qui la sauva, et qui lui offrit toute sa confiance, attisant ainsi la flamme de la volonté de feu. Mais en ce soir de grande déprime, comment reprendre le contrôle si personne ne lui tend la main ? Comment rallumer une flamme éteinte sous l'eau.. ?
De la pénombre de la ruelle, elle entendit ricaner sournoisement, puis apparurent trois ombres, celui du grincheux gringalet, du colosse gaillard et de leur maitre. Ceux-ci lui apportèrent la réponse quant à l'effet indésirable auquel elle était soumise. La drogue du violeur, un puissant amnésiant que nos trois courageux avaient pour habitude de servir directement dans les bouteilles destinées aux jeunes filles. Ils étaient d'ailleurs particulièrement étonnés de la résistance dont avait fait preuve Anko face à cette drogue, car au vu des quantités absorbé, ils auraient pu facilement endormir une dizaine de chevaux.
La déprime, l'alcool et la drogue, ce cocktail explosif fragilisa la marque d'orochimaru.
Las de lutter contre sa mélancolie, c'est le désespoir au cœur, que Anko explosa en sanglot, s'abandonnant pleinement à sa malédiction qui s'étendit du cou jusqu'au galbe de son sein. Le point de non-retour était franchi.
La vertueuse Anko disparut dans un râle effrayant, laissant place à Miss Hide….
Les trois hommes, venaient de comprendre qu'une bête avait été libérée.
