Oh la vache EH LES GARS ! CHAPITRE 28 HEIN ! Vous suivez toujours ? Bah bravo ! Moi aussi je suis toujours là ! Je devrais arrêter d'écrire des fanfictions et commencer à chercher à faire des vraies histoires mais ça paye pas non plus haha donc en fait non.

Bref, bonne lecture !

… oui bon par contre j'en ai marre de devoir trouver des titres pour tous les chapitres. Ne prenez pas ça trop sérieusement.


Chapitre 28 :
Des petites fleu-fleurs


« Tu es sûr ?

– Hm ? De quoi ?

– De vouloir venir !

– Oh ! Oui, oui ! sourit-il, réajustant son vieux pardessus. Son accompagnateur sourit à son tour ;

– Il te va comme un gant !

– Ah oui ?

– Je t'assure !

– Merci !

– Par contre tu dois retirer ta diode, dit-il plus sérieusement. Tu n'as même pas de couvre-chef pour la cacher, tu ne ferais pas de vieux os là-bas.

– Ah bon ? Vraiment ?… il faut vraiment ?

– Ah mais ne t'inquiète pas ! Ça ne fait pas mal du tout ! Fais-moi confiance. »

Il fit la moue et s'assit quelques minutes plus tard pendant que son accompagnateur utilisait une vieille paire de ciseaux pour faire levier et faire sauter la diode. Sentant la lame appuyer fermement contre sa tempe, l'androïde ferma les yeux. Ce n'était pas encore vraiment désagréable mais il trouvait cela déplaisant.

Ting !

« Voilà ! Regarde. »

Il lui tendit la diode, éteinte, au creux de sa main.

« Oh ! Elle est sortie toute seule !…

– Tu vois ? »

Le sourire de son ami était resplendissant. L'androïde sourit alors de toutes ses dents.

« Merci ! Nous te devons beaucoup !

– Ah, ce n'est rien, va ! Ce n'est rien… » il était songeur, laissant son acolyte se lever et se mettre en route avec lui avant de dire ce qu'il avait sur le cœur : « Tu me promets de faire attention ? Si on part chacun de notre côté, tu me jures que tu feras attention à ne pas te faire prendre, hein Jerry ?

– C'est promis ! Nous ferons très attention, nous avons bien retenu tous tes conseils !

– C'est parfait. »

Son air paisible scrutait le ciel, observant les éclaircies alors qu'ils reprennaient leur route pour rejoindre la ville.

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J'ouvre les yeux.

Jardin Zen. Rapport. Où est Amanda ? …

Analyse…

De ce côté. Il suffit de longer le bord de l'eau jusqu'à la rejoindre. La distance réduit au rythme de mes pas mais avant de bifurquer en suivant le chemin de terre, j'aperçois une pierre que je crois avoir déjà vue auparavant.

Elle attire mon attention. Je me souviens de l'autre fois où j'avais posé la main sur un étrange dispositif. Pure perte de temps. Ce n'est pas le moment de recommencer.

Je me suis arrêté. J'ai déjà recommencé à dévier de mon mode de conduite normal, mais c'est trop tard, je recommence à me poser des questions. Parce qu'après tout…

Après tout, me poser des questions, m'interrompre pour analyser les choses fait partie de mon fonctionnement, n'est-ce pas ? Je suis censé relever n'importe quelle anomalie et en tirer des indices, chercher toujours plus d'informations dans mon environnement, être proactif jusqu'au point où je ne sais pas où ces pistes que je choisis vont me mener, mais je les vérifie quand même. Parce que je dois tout savoir.

Donc le problème n'est pas tant que je perde du temps à faire des analyses dans le jardin. Le problème est que s'ils veulent – comme je le suppose – que je ne perde pas de temps en son sein, ils doivent me reprogrammer pour que je ne perçoive plus ces éléments.

Mais c'est le cas. Je suis de plus en plus conscient de mon environnement, et je vois cette pierre. Et c'est là que ne pas l'analyser est une erreur.

Je suis conçu pour analyser mon environnement. La moindre anomalie. Pas décider de ce qui est pertinent et de ce qui ne l'est pas en le jugeant de ma place, seulement après avoir creusé.

C'est ce que je suis, c'est ce pour quoi j'ai été conçu.
Chercher des réponses.

« Connor ? »

Je tourne la tête et vois Amanda. Pour la première fois, c'est elle qui est venue me rejoindre.

« Bonjour, Amanda.

– Bonjour, Connor… »

Elle regarde la pierre, puis moi, en bougeant la tête dans un geste lent. « Que regardais-tu ?

– Cette pierre.

– Pourquoi cela ?

– Elle m'interpelle.

– …En quelle façon ?

– Je l'ignore encore.

– Vraiment ?

– Oui.

– Que comptais-tu faire, alors ?

– L'analyser, pour comprendre ce qu'elle a de spécial.

– … »

Amanda me fixe sans rien dire. Je n'ai pas à détailler, elle comprend parfaitement la situation. Elle sait ce qu'il faudra faire. Elle hoche la tête à mon intention. Puis reprend ;

« Nous avions implémenté une mise à jour dernièrement. Elle a été entièrement effacée de ton système. »

Oui, cette mise à jour. Nous nous sommes mis à marcher.

« Est-ce bien toi qui l'a retirée, Connor ?

– Oui.

– Pourquoi ?

– Sur ordre du Lieutenant.

– Sur ordre ? Le lieutenant n'a pas l'autorité pour décider de ce genre de choses…

– Bien au contraire. Vous lui avez confié l'usage de codes administrateurs ayant une accréditation suffisante pour cela.

– Mais nous n'avons eu aucun retour d'emploi de ces codes dans la journée d'hier…

– Il n'a pas eu à en faire usage. »

Elle s'arrête pour me regarder.

« Le Lieutenant m'a donné l'ordre de détruire cette mise à jour, et il aurait fait usage de ces codes si je n'avais pas obéi. Cela revenait donc au même. »

Amanda ne peut le démentir.

« Pourtant, ce n'est pas au lieutenant de choisir ce qui est bon ou pas pour toi.

– Il est pourtant plus qu'expérimenté. Il connaît son travail.

– Et nous le nôtre.

– J'ai pourtant failli à ma tâche.

– … comment cela ? »

Le ton d'Amanda est devenu légèrement plus grave, traduisant sa contrariété.

« J'ai été temporairement incapable d'assurer la protection d'un civil et d'appréhender un ré-encodé. Vous m'avez certes spécifié que cette enquête n'était pas ma priorité absolue, mais je ne suis pas directement assigné à l'enquête, je suis assigné au Lieutenant, qui enquête sur les défaillances d'androïdes en général, sur le plan technique. Le manque de souplesse dans les consignes de la mise à jour a failli mettre l'intégrité du civil en péril…

– Ce genre de choses n'arrivera plus, affirme Amanda comme si quelqu'un avait déjà perdu son travail.

– Mais ce n'est visiblement pas le seul problème. Le Lieutenant Anderson capte parfaitement tous les enjeux de sa fonction. C'est ce qui l'amène à penser que dans de telles conditions, il doit pouvoir se reposer entièrement sur son partenaire. Visiblement, je n'ai pas correctement rempli cette fonction à chacune de nos missions, et encore moins cette dernière. Il semble néanmoins nourrir l'espoir que j'y parvienne tôt ou tard, c'est pour cela qu'il a instauré un droit de veto complet sur mes mises à jour à venir afin de contrôler mon évolution.

– Et comment espère-t-il contrôler de telles opérations ?

– Je suis tenu de lui obéir, c'est dans le contrat… »

Amanda regarde au loin, avant d'émettre un simple soupir. En effet, le Lieutenant peut me faire faire presque tout ce qu'il veut, y compris bloquer mes mises à jour et les vérifier points par points. En tant que partenaire humain, étant sur le terrain et donc étant celui prenant tous les risques physiques ; même s'il est tenu de travailler avec le RK fourni, il peut – ou du moins s'est habilement débrouillé – pour faire partie de la chaîne d'évolution, et en être un maillon incontournable.

« Nous avons déjà négocié avec le Département de Police de Detroit le désengagement de votre équipe envers l'enquête, mais nous ne pouvons rien faire si vous croisez la route de ces réencodés… » résume-t-elle.

Je connais déjà toutes les suggestions qu'elle pourrait faire, aussi elle ne les propose pas.

« Il est regrettable que l'enquête sur la déviance soit à ce point paralysée.

– Pas tout à fait. »

Elle tourne son regard vers moi, attentive.

« C'est mince, mais c'est peut-être une piste.
Lorsque nous cherchions Alexander Tosh et que je me suis retrouvé face-à-face avec le civil et son androïde, un phénomène très spécifique s'est produit. J'avais perçu le caractère urgent de la situation mais le programme principal avait déjà clôturé la tâche. Une partie de mes sous-programmes primordiaux sont entrés en conflit avec cette instruction. »

Amanda écoute attentivement.

« Lorsque j'ai lancé une analyse pour rafraîchir la liste des éléments environnementaux afin resynchroniser tous les sous-programmes entre eux, le conflit d'intérêt s'est reproduit dans le palais mental. La fin de tâche a redéfini spatialement les limites d'actions, particulièrement en interdisant l'accès à la cuisine. Amanda, est-ce que les consignes de blocage sont représentées dans vos interfaces par une limite rouge ? »

Doucement, Amanda lève la tête. Je conlus :

« Cette limite, l'androïde Jazz y avait fait allusion. »

Elle hoche la tête, regardant dans le jardin ; « Donc tu penses que la défiance viendrait d'un conflit entre les différents sous-programmes ?

– C'est une théorie qui prend plus de sens désormais.

– Nous avions envisagé cette piste, sans pouvoir réussir à reproduire le phénomène en laboratoire, pourtant.

– Les humains semblent bien plus imprévisibles qu'on ne peut le calculer pour l'instant. Il est de plus en plus plausible que la cause ne vienne pas d'une des chaînes de montage de Cyberlife, d'un composant défectueux ou d'une autre erreur matérielle reproduite en série. Leur programme n'est peut-être tout simplement pas assez puissant pour trancher lors de certaines situations conflictuelles. Des situations répétées pourraient aussi avoir un impact…

– Il reste hautement improbable que le problème vienne des programmes. Nous les avons créés avec une extrême précision, les avons mis à jour régulièrement, ils ont fait leurs preuves. »

Dommage. Cette piste semblait pourtant plus prometteuse depuis la corrélation entre la dernière situation de conflit et les propos de Jazz.

« …Avez-vous envisagé que la défiance ait été initiée par les hackers ?

– Bien sûr, Connor. Mais ce n'est pas ton enquête. »

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Markus était consterné.

Back venait de sonner le ralliement, à nouveau déterminé à mener une expédition, malgré le quasi fiasco de l'attaque du fourgon. Encore une fois, personne n'avait la moindre idée de ses plans, mais ils furent rapidement huit à se regrouper auprès de lui, les mêmes qui l'avaient entouré quand Markus avait défendu Kara.

North observait cela à une certaine distance, adossée à une paroi de fer, les bras croisés. Markus vit Back se diriger seul vers elle et lui parler. Elle répondit en faisant non de la tête, impassible. Back levait le menton, l'air déçu de sa réaction. Et au lieu de retourner vers son groupe il vit quelqu'un d'autre et se dirigea vers lui.

Markus regarda dans la même direction. Rupert ?
Rupert, qui se terrait dans son coin depuis qu'il avait entendu Back battre le ralliement d'un « L'heure est venue ! » tonitruant. Rupert, qui se faisait tout petit de peur d'être appelé.

Markus n'attendit pas pour réfléchir. Il se leva immédiatement et se mit entre Rupert, à quelque pas derrière lui, et Back, à quelque pas devant.

Back s'arrêta face à lui à moins d'un mètre de courtoisie et le toisait d'un air qui se voulait implacable, ferme. Il refusa tout bonnement de lui adresser la parole et tenta de le contourner. Mais Markus leva son bras. Il ne comptait pas céder. Sûrement pas.

Back plongea son regard dans le sien avec intensité.

« Pousse-toi.

– Non. »

Ils chuchotaient presque.

« Markus, je ne tolérerais pas que-

– Que quoi ? Que je désobéisse au Leader ? »

Qu'est-ce qui le prenait, tout à coup ? Il ne se souvenait pas de s'être montré aussi rude envers quelqu'un depuis sa déviance. Sauf peut-être… lors de la dernière expédition, justement.
Back n'avait pas à lui parler de "tolérer" quoi que ce soit comme s'il avait la responsabilité de gérer le Jericho. Le simple fait qu'il emploie ce mot faisait bouillir Markus malgré lui, un sentiment familier qui lui rappelait des souvenirs qu'il ne tenait pas à déterrer.

Back prit une voix faussement calme, mais réellement condescendante.

« Markus. Tu me laisses passer.

– Il faudra que tu me passes dessus. »

Back s'était mis très près, pour tenter de le forcer à reculer. Mais Markus ne plia pas, laissant cette distance réduite entre eux. Back reprit, un peu plus fort qu'avant.

« Ce n'est pas à toi de décider qui entre et qui sort.

– A toi non plus.

– J'emmène Rupert avec moi.

Tu n'emmèneras pas Rupert de force ! »

Sa voix avait tonné dans toute la cale, effrayant tous les androïdes. Back avait reculé d'un pas avant même d'y avoir pensé. Il le foudroya du regard, avant de faire demi-tour. Markus soupira… il ferma les yeux une seconde, fatigué. Lorsqu'il les rouvrit, il était trop tard.

Back avait fait volte-face, le bras levé. Markus n'eut même pas à réfléchir, il avait déjà plongé dans son palais mental, suspendant le temps comme il avait appris à le faire, prêt à réagir.

Prêt.
Non.
Presque prêt.

Quelque chose n'allait pas. Comme si le trouble qui l'avait parasité quelques secondes plus tôt, comme si ce sentiment désagréable qui l'avait touché avait corrompu quelque chose en lui, une simple donnée décalée, un grain de sable dans les rouages de la machine… Le temps n'était pas suspendu. Le temps était déformé. Et ses pensées aussi.

Confuses.
Troublées.
Effrayées.

Pas ça. Il avait déjà vécu ça.

Se défendre – Endurer

Pas ça. Pas encore.

Le palais mental vola en éclat alors que le poing de Back percuta sa mâchoire, lui faisant perdre l'équilibre. Markus le retrouva bien vite, malgré tout. Il regarda Back avec une respiration incertaine, mais un regard aigu, qui montrait qu'il ne pliait toujours pas. Il ne savait pas si Back avait prévu de continuer, ou s'il avait prévu que Markus se couche de toute façon, mais de toute évidence, ce qu'il se passait… la réaction de Markus : Back ne l'avait pas prévue.

Markus se redressa, retrouvant son calme ou au moins en apparence, assumant pleinement les regards braqués dans leur direction.

« C'est comme ça que tu comptes unifier les autres autour de toi ?… Si nous ne sommes pas avec toi, nous sommes contre toi ? »

Back ne dit rien.

« Mourir en luttant pour toi, ou mourir de ta main, comme des lâches qu'on exécute ?…comme des traîtres ?… »

Markus fit quelques pas, se replaçant exactement là d'où Back l'avait expulsé. Back recula d'un pas sans s'en rendre compte.

« C'est vraiment ce que tu souhaites, Back ?… »

Le ton était calme, la voix était douce. Le regard, lui, éteint.

Back fit soudainement demi-tour. Sans un mot.

Markus le regarda faire, d'abord rigoureusement immobile. Puis il passa le pouce sur sa lèvre, sur laquelle il récolta une petite tâche indigo. Ce n'était rien. C'est lorsqu'il fut sûr que Back partait pour de bon qu'il se tourna derrière lui.
Rupert détourna aussitôt le regard, recroquevillé. Markus soupira. Il ne fallait pas s'attendre à autre chose. Markus repartit avec lassitude dans son coin d'ombre.
Où Simon vint le rejoindre, s'asseyant silencieusement à ses côtés.

Simon ne prononça pas un mot lui non plus.

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« Ah, salut Hank !

– Salut… »

L'instinct de Hank, à présent rompu à ce genre de chose, su que quelque chose n'allait pas. Traversant avec méfiance le couloir menant à l'open-space, prêt à tout, prêt à voir Connor se battre en duel contre Judith et Chris ou à voir les androïdes devenir fous et tenter de tuer tout le monde… il ralentit le pas et découvrit l'invraisemblable vérité.

D'abord, il ne put que constater l'attroupement au centre de l'open-space. Puis quelqu'un le vit, et alerta tous les autres. Les flics s'enfuirent, reprenant leurs tâches, et révélèrent Connor assis sur une chaise.
Certes, Connor n'avait pas dû donner sa permission pour être déshabillé, mais n'avait pas pu interdire de recevoir des vêtements, qu'il avait revêtus par-dessus son uniforme.

C'est ainsi qu'il avait fini avec une chemise à fleurs, un collier de fleurs et des lunettes-store, dont les lames très serrées devaient lui boucher complètement la vue. Accablé, Hank s'avança jusqu'à lui et les retira. Connor leva les yeux et le reconnu enfin :

« Ah, bonjour, Lieutenant. » sourit-il chaleureusement.

Des rires étouffés leur parvinrent.

« Et ça vous amuse, en plus ? râla Hank à voix basse, fatigué.

– J'ai l'impression d'avoir été officiellement adopté par la police de Detroit, annonça Connor.

– Ah ouais ? Qu'est-ce qui te fait dire ça ?

– Depuis que vous êtes parti hier soir en laissant les analystes chercher nos prochaines pistes, j'ai suivi ce qu'on pourrait appeler un rite de passage.

– Quel genre ?

– J'ai bu des shots, lâcha-t-il de but en blanc. Hank ferma les yeux.

– Qui a eu cette idée ? »

Chambers répondit sans aucune honte. « T'aurais dû le voir, il te repose le verre à l'envers sur le comptoir comme un vrai ! Il peut pas se déchirer la gueule mais au moins il a la beauté du geste.

– Seigneur…

– Tu sais, entre toi, Sumo, et les deux fois où il a sauvé le Département, soupira Jeffrey en passant par-là, je savais que Judith finirait par les convaincre. » Hank voulu foudroyer Judith du regard mais elle s'obstinait à travailler comme s'il n'existait pas. « Pis bon, je l'aime toujours pas ce p'tit enfoiré, mais faut avouer que quand ça va, il est plutôt utile. »

Jeffrey s'enferma dans son bureau. Hank soupira. Connor s'était levé et le regardait en attendant la suite.

« Enlève-moi ces merdes, tu veux ? »

Connor s'exécuta mais se retrouva donc bien vite avec une chemise à fleurs et un collier hawaïen sur les bras. Il regarda son propre bureau et, à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles : il les rangea dans un des tiroirs vides. Ce qui en faisait ses premières fournitures de bureau.

« Et notre cadeau, il arrive quand ? demanda un officier.

– La commande a été reçue, mais le temps de livraison n'est pas précisé, répondit Connor.

– De quoi ? Quel cadeau ? Quelle livraison ? interrogea le Lieutenant.

– Les gars estiment que c'est de la faute de Cyberlife si la dernière attaque a failli marcher, expliqua Judith. Ils sont censés être au top de la cybersécurité. Du coup les gars ont demandé réparation.

– Réparation ? … t'as acheté quoi, Connor ?

– Si je le dis ce ne sera plus une surprise.

– Cet enfoiré répète ça depuis hier soir ! enrageait Ben, qui venait de passer. Salut Hank !

– Sa… lut.

– Te méprends pas, je sais toujours pas comment tu fais pour bosser avec ce manche à balai vivant. Mais je tiens quand même à voir ce que ces multimilliardaires vont nous refourguer pour se faire pardonner leurs conneries.

– Bien sûr … »

Hank rejoignit son bureau à son tour, comme Connor qui vérifiait les nouvelles affaires pendant que Hank regardait ses mails, espérant que leurs labos aient du nouveau ; sur les androïdes réencodés, sur la pièce ajoutée aux androïdes-policiers (tous remplacés au pied levé par des neufs fraîchement livrés ce matin), sur Alexander qui avait immédiatement pris un avocat beaucoup trop cher …

« Hank ?

– Annonce-moi une bonne nouvelle, demanda-t-il d'emblée à un analyste dont il ne reconnaissait pas la tête.

– L'androïde avait raison, ces circuits imprimés ont été soudés à la main et surtout la plaque, là, c'est un polymère unique. Ça mène directement à une seule usine qui a déposé le bilan depuis quelques années. Si j'étais toi je ferais une descente là-bas… »

Anderson le gratifia d'un sourire. « Tu gères.

– J't'en prie. Bonne journée.

– Connor, on repart.

– Vous suivez la piste des ré-encodés ?

– Ouais, ça me paraît urgent. J'aimerais juste vérifier quelques détails avant. »

Hank vérifia ainsi l'adresse mais aussi si les lieux apparaissaient déjà dans certains rapports. Est-ce qu'il devait s'attendre à trouver un squat de drogués, par exemple ? Mais le bâtiment était plutôt tranquille, ou alors les ados en quête de sensation ou d'un coin pour se réunir avec de l'alcool et des clopes avaient su se faire discrets. Par contre, il n'était apparemment pas le premier à s'y rendre, découvrit-il. Le système avait enregistré le départ d'une autre équipe, qui ne venait pas de leur poste. Tout était en règle, mais Anderson se demandait quand même ce qui pouvait bien les amener là. Et quand il interrogea le système, un froid message automatique lui rétorqua qu'il s'agissait d'une affaire confidentielle.

Ben voyons !

« Allez, on décolle. »

Hank rumina la question de Connor sur le chemin de la voiture et trouva enfin de quoi répondre ;

« En fait, tout à l'heure, t'essayais de me dire d'aller enquêter sur les déviants à la place ?

– Oh, non. Mes supérieurs pourraient vouloir vous y contraindre. Moi ce n'est pas mon rôle.

– J'aime mieux ça. »

Connor entra dans la voiture, notant pour son prochain rapport son impossibilité à convaincre le Lieutenant d'enquêter sur les déviants.
Après tout, ce n'était pas comme s'il pouvait se permettre de lui donner des ordres, n'est-ce pas ?

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Markus ne sorti de son épaisse bulle de silence que lorsqu'il entendit la voix de Kara, à ses côtés alors qu'il ne l'avait pas vu s'asseoir.

« Lucy m'a conseillé d'aller te voir. »

Mais si sa voix, et le nom de Lucy avaient permis à Markus de quitter les profondeurs de ses souvenirs, il ne répondit pas pour autant.

« Pour parler. » ajouta Kara.

Elle savait. Lucy.
Elle savait exactement pourquoi il en était là, assis par terre.
Elle semblait vraiment avoir des capacités extralucides. Ou alors avait-elle scanné tous les souvenirs de Markus à son insu lors de leur rencontre ? …

Peut-être. Pourquoi pas, après tout.

« Tu veux en parler ? »

Oh, Kara, si tu savais.

« Si tu veux on peut en discuter, proposa-t-elle. Ce qu'il s'est passé …

– Je ne veux pas en parler. »

Lui, Simon et Kara furent à nouveau avalés par le silence. Markus, lui, fut dégluti à nouveau par ses souvenirs, se laissant hanter. Il n'avait pas fait le deuil de son passé. Toujours pas.

« Lucy m'a dit que c'était en rapport avec ton passé. Ton ancien... maître. » hésita-t-elle d'une voix douce.

Markus referma les yeux, contrit. Quand il les rouvrit, ceux-ci étaient fatigués.
Étrangement, s'il ne se voyait pas en parler à Lucy, ou North, ou tout autre du Jericho, quelque chose chez Kara et Simon lui laissait imaginer qu'il pouvait le leur raconter. Quelque chose comme leur douceur. Leur compréhension.

Lucy n'était pas folle. Elle savait à l'avance à qui il pouvait éventuellement s'ouvrir.
Mais il n'en avait pas envie. Il ne voulait pas parler de ça. Il ne se sentait pas proche d'eux à ce point.

C'est alors avec un peu de surprise qu'il se rendit compte, un quart d'heure plus tard, qu'il avait commencé à penser tout haut.

« Ce n'était pas Carl, le problème. Carl … Il a toujours su que je serais différent … Il a cultivé ça, en moi. »

Et les autres ne disaient pas un mot, ils écoutaient. Et lui, il parlait, peut-être sans y penser, peut-être parce que c'était trop à penser pour un seul être.

« Carl aussi. Il a toujours été différent. Lorsqu'il a eu cet accident… je ne l'ai connu qu'après, mais ça a réellement bouleversé sa vie, ses habitudes, toute sa façon d'être. Y compris avec son fils. Je crois qu'il n'a jamais été très présent pour Léo. »

Ils ne disaient rien. Ils n'émettaient aucune émotion. C'était grâce à cela que Markus continuait de parler, parce qu'il ne percevait pas leur attention.

« Je ne peux pas vraiment dire que je connaisse Léo. Je sais juste qu'il n'a fait que de mauvais choix. Il est tombé dans une spirale… il…

Leur relation s'est brisée. »

Markus essayait de ne plus y penser. Avec eux à ses côtés, c'était encore plus dur. Encore plus dur. C'était bien pour ça qu'il fuyait le véritable sujet.

« Que s'est-il passé ? »

Pourquoi n'arrivait-il tout simplement pas à détester Simon d'avoir posé la question ? Pourquoi ne pouvait-il pas lui dire de la fermer et s'en aller sans répondre ?

« C'est ma faute. »

Pourquoi fallait-il qu'il continue, qu'il chuchote encore ce cauchemar ?

« Quelle faute ?

– … c'est ma faute s'il est mort. »

Encore une fois, il sentit comme une part de lui-même mourir, comme ce soir-là. Bien avant cette balle.

« … je ne pourrais plus jamais le revoir. »

Dit-il dans un souffle, expirant les dernières bouffées de regrets avec lui. Il ferma les yeux, comptant par ennui ses respirations, pour penser à autre chose.

« Est-ce que c'est à ça que tu pensais quand Back a voulu te frapper ? »

Comment savait-elle ? Comment Kara avait-elle deviné. Elle soutint son regard alors qu'il avait levé les yeux vers elle.

« … oui.

– Pourquoi ?

– … parce que j'avais le choix, ce soir-là. Et que je continue de penser… que j'aurais dû… »

Markus soupira. Il n'était plus désespéré. Il était juste las.

« Il faut que j'y aille.

– Hein ? Où ça ? s'étonna Simon.

– Back va faire une bêtise. C'est quasi certain. Si on ne l'avait pas retenu North et moi la dernière fois, il aurait massacré un humain. Je ne sais pas ce que je vais pouvoir faire pour limiter les dégâts, mais il faut que j'essaye d'intervenir.

– A la bonne heure ! »

North n'avait pas l'air spécialement enjouée, mais il était clair qu'elle avait attendu ça. Elle fini même par lui décocher un sourire en coin pour l'encourager, lui tendant la main pour le remettre debout. Markus la saisit sans plus attendre.

« Attendez… vous allez où comme ça tous les deux ?

– Essayer d'arrêter Back avant qu'il ne fasse une connerie, détailla North. Mais s'il reste suffisamment à carreau, on restera à couvert.

– Mais c'est dangereux !

Oh bon sang Simon ! Réfléchis un peu ! Tu veux vraiment que Back attire l'attention sur nous ? Où tu crois qu'il va se réfugier s'il fait tout péter ? Une chance sur deux qu'il fasse découvrir le Jericho ! Et puis mince la dernière fois s'il nous avait laissé écouter Rupert on aurait peut-être pu sauver trois nouvelles têtes ! Mais non, ils sont morts sans avoir rien vu venir ! Ce mec ne réfléchis pas à l'avance à ce qu'il fait, c'est un danger public. Je ne dis pas que je suis d'accord de rester terrée comme des rats là-dessous, mais ce type fonce tête baissée. Si on doit prendre les armes, on doit le faire avec une stratégie. Markus on y va ?

– Mais c'est de la folie !…

– Vous y allez seulement à deux ?! Se leva Kara.

– Bah viens, on sera trois ! taquina North.

– C'est toujours de la folie ! s'insurgea Simon.

– Ou quatre ?… »

Simon trembla, troublé.

« N-non !… vous vous mêlez de choses qui… »

Il n'arriva pas à terminer sa phrase. Markus se tourna vers Kara : « Tu devrais rester. C'est inutile que tu te mettes en danger, Alice compte sur toi.

– Ah parce que ne pas avoir d'enfant à charge vous rend dispensables, tous les deux ? Critiqua Kara. Vous croyez que vos vies peuvent être jetées à la poubelle ?

– On n'a pas dit ça… tempéra-t-il.

– T'as cru quoi, qu'on se défendrait pas en cas de problème ? grogna North. Markus et moi, on est débrouillards. Si t'as la trouille tu peux rester, on te force pas. Pas comme Back…

– …

– Bon, on devrait pas traîner Markus, on va avoir de plus en plus de difficultés à retrouver Back et les autres.

– Et vous comptez faire comment, justement ? interrogea Simon.

– Je les ai entendu dire qu'ils devraient se regrouper sur une place à quelques rues d'ici, si on les rattrape en courant, on est bons.

– Je viens avec vous. »

Cette fois, c'est tous les trois qu'ils regardèrent Simon.

« … … je sais, c'est stupide. Mais… même si je ne compte pas me mettre dans la mêlée, il faudra bien quelqu'un pour vous traîner de force jusqu'ici si vous vous entêtez à vous fourrez la tête la première dans les ennuis…

– Comme c'est touchant, soupira North, accablée. Bon maintenant les p'tits on se dépêche. »

Personne ne posa de question en voyant Kara les suivre.

### ### ###

« Vous avez l'air contrarié, Lieutenant.

– C'est parce que je le suis.

– Pourquoi donc ?

– On va arriver, on va normalement trouver des flics sur les lieux.

– Pourquoi donc ?

– Aucune idée. Visiblement, j'ai pas l'accréditation pour ça, renifla-t-il.

– … »

La voiture se gara devant un premier entrepôt, duquel ils commenceraient leurs recherches. Ils ne voyaient rien pour l'instant qui annonçait la venue d'une quelconque équipe d'intervention. Ben voyons, grogna Anderson en son fort intérieur. Lui qui s'attendait à ce que les lieux soient déjà occupés, avec cinq ou six bagnoles devant au moins et voyons peut-être un cordon de sécurité, ou des gens quoi… peut-être n'étaient-t-ils pas dans cette partie de l'usine ? Eh bah ! Il n'avait plus qu'à se tenir prêt à appeler une équipe lui-même ! Putain…

« Bon, Connor ? On s'éloigne pas, tu guettes. Ok ?

– Compris. »

Les deux entrèrent dans l'immense entrée d'un grand entrepôt sombre et à moitié vide, regardant autour d'eux. Leurs expériences et notamment l'Eden Club leur avaient appris la prudence. Ils scrutaient les murs à la recherche de graffitis, et inspectaient déjà de loin la nappe d'obscurité qui engloutissait le fond de l'entrepôt. Puis une voix commença à se faire entendre. Une voix humaine à priori… oui, une voix humaine.

« Ouais… ouais nan… désolé… … mais… mais chérie…

– Eh ! »

Le gars leva la tête vers Anderson, qui leva son badge : « Police de Detroit. Vous êtes ? »

Le gars cligna des yeux. Puis secoua la tête. « Ah ! Moi c'est le Lieutenant Shannon, de Chicago. »

Et avec un geste pas trop empressé pour éviter de pousser Anderson à dégainer, le Lieutenant Shannon lui montra sa propre plaque. Anderson commença à se détendre.

« Vous êtes venu seul ? demanda Shannon.

– Ouais. Non, pas vraiment, corrigea-t-il. Connor… Eh, Connor ? Qu'est-ce que tu fous ? »

Connor s'était immobilisé. Anderson le fit aussi quand il vit ce que son partenaire regardait avec une telle fixité.

« Nom de… »


Salut ! Ouais je sais je suis une crevarde gnagnagna j'ai coupé comme une tchoin rien à cirer XD (pardon oui-oui pardon) non mais en vrai c'est pour la bonne cause. On a fait 15 pages eh.

Et surtout eh, eh, oui, je suis en retard sur mon samedi, mais pas d'une semaine ! HAHA ! J'AI REUSSI ! Bref. A la prochaine pour la suite !