Oui du temps est passé ! Passons !
Réponse aux reviews de guests !
À mon guest du 3 janvier ! « J'ai jamais autant rit de ma vie je crois, imaginer Connor faire du heavy metal... magnifique XD »
honnêtement je me rappelais plus que j'avais PAS placé cette scène au tout début donc je regrettais parce que clairement c'est… démonstratif heheh mais quand j'ai vu que c'était arrivé plus ou moins à cause de Judith et Chris, après un certain temps à se faire apprivoiser au commissariat, j'ai relativisé x) et j'aime beaucoup l'expression « Connor, muni de son énorme premier degré » quand bien même je le rend tout à fait capable de saisir le second degré la moitié du temps (quand même, il est pas con ! Loin de là ! C'est juste que des fois y'a des ratés et c'est beau)
A mon guest du février, Zeldite ! (cette réponse elle-même date) Merci à toi déjà, et moi aussi j'ai envie d'aller plus vite vers les moments déviants de Connor, mais j'ai des événements à faire en même temps… le plus dur c'est le déséquilibre entre la richesse de l'histoire de Connor et la pauvreté des autres personnages, j'ai beaucoup plus d'inspiration pour Connor ou Hank… Quant à la pièce, t'inquiète pas c'est prévu, j'ai juste tellement de chose à faire faire à Connor qu'il n'a guère le temps de la faire tourner ! Moi aussi j'adore cette petite pièce !
Et à mon Guest d'Août… eh bien voilà, tu as ta réponse : non, je n'ai pas abandonné ! J'espère à mon tour sincèrement que tu auras ce message : Merci.
Et enfin, merci à toi, Androlial ! (3)
Chapitre 30 : Hide & Seek
Shannon se grattait la tête, perplexe, même perdu, et gêné aussi. « Vous croyez que la facture va me retomber dessus ? »
Hank ne répondit pas, trop occupé à essayer de reprendre son souffle. Connor, réfléchissant : pencha la tête, puis la pencha de l'autre côté, hésitant un peu avant de répondre : « Non. Au final, vous n'avez pas fait un usage irrégulier du RK. »
Shannon soupira de soulagement, une main sur la poitrine. L'hésitation de Connor lui avait permis de faire une estimation mentale du prix d'un androïde pareil et ses conflits avec sa femme étaient déjà bien assez pour son pauvre cœur.
Connor laissa Hank s'appuyer à une étagère pour reprendre son calme tandis que lui s'accroupissait pour se mettre au niveau du chien. Celui-ci suivit le mouvement des jambes de Hank pour les avoir toujours entre lui et Connor.
« N'aies pas peur, viens… »
Connor tenait sa main fermée, doigts vers le haut avec ce geste qu'avaient les amateurs d'animaux pour leur proposer… ou leur faire croire qu'ils avaient des croquettes ou au moins des câlins à donner. Le petit berger allemand finit par s'approcher, renifler la main de Connor et la lécher, comme pour être sûr, puis se laissa caresser la joue, sur la tête et en dessous. Connor perçu de l'humidité. Il passa sa main dans tous les poils sous sa mâchoire et confirma la présence d'eau, surtout sous le menton. Il passa la main dans son cou où il ne voyait pas de collier, mais ses doigts rencontrèrent un gros fil, fermé d'un simple nœud, caché dans la fourrure. Il décida de faire une analyse globale…
Son poids, son rythme cardiaque, sa température, son hygiène… Connor n'avait aucune base de données sur les chiens mais il ne lui semblait pas que ce fusse exactement un chien errant.
« Il te plaît ? »
Connor leva la tête vers Hank : « Je crois que ce chien vit ici.
— Ouais, sûrement. »
Vu la platitude de Hank – qui peut-être se remettait encore de son fou-rire – Connor se leva et insista : « Je veux dire, je crois qu'il vit ici avec son maître. »
Anderson le regarda plus attentivement.
« Il a l'air d'être nourri et même lavé.
— Pourquoi un type viendrait jusqu'ici pour s'occuper d'un chien ? interrogea Shannon.
— Soit parce qu'il est SDF, soit parce qu'il veut pas le ramener à la maison… répondit Hank en regardant le chien, qui lui-même scrutait Connor en remuant la queue, attendant d'autres câlins.
— Vu l'hygiène, l'hypothèse du SDF est moins probable, commenta Connor.
— Donc, reprit Hank, il vient régulièrement s'en occuper mais sans le prendre chez lui ?…
— Ah… sa femme, je parie, commenta Shannon en regardant son téléphone.
— Ou alors, expliqua Connor pour ce Lieutenant : il a trouvé le chien en venant ici, et comme il est amené à venir sur une base régulière, dit-il en insistant sur la fin, il a fini par s'occuper du chien.
— À quoi ça rime ? soupira Shannon, visiblement fatigué de ce jeu de devinettes.
— Juste des hypothèses, dit Hank avant que Connor n'aie le temps de lui répondre. Votre assistant est HS, profitez-en, tirez-vous, c'est comme des congés gratuits.
— Quoi ?… Oh ! Ouais ! Génial… »
Et Shannon ne se fit pas prier et partit vers la sortie. Connor attendit qu'il soit assez loin pour demander :
« Pourquoi–
— T'as vraiment envie d'avoir ce type dans les pattes ? »
Connor regarda sur le côté, méditatif. Hum, ce n'était pas très protocolaire, mais… non, à tout point de vue, c'était compréhensible. Même Fowler et Amanda auraient applaudi la décision.
« Bon, qu'est-ce qu'on a déjà ? récapitula Hank. Un Jordan et un chien ? T'as interrogé le robot ?
— Je m'y mets. Jordan ?
— Oui ?
— Quelle est ta fonction ? »
Jordan récita le formulaire classique du bon petit jardinier de l'espace public. Anderson s'impatienta. Le chien posa ses pattes sur sa jambe, la tête dressée vers lui. Il le gratta entre les deux oreilles.
« Quel est ton objectif courant ?
— Arroser les pensées sur Adam Smith street.
— On en est loin, d'Adam Smith street, commenta Anderson qui connaissait ce coin populaire du centre-ville.
— Que fais-tu ici ?
— Je vais arroser les pensées sur Adam Smith street.
— Quel est ton itinéraire courant ?
— Dépôt en camion sur Jungle street, continuer sur 50 mètres, tourner à gauche dans Adam Smith street.
— Tu n'es même pas dans le camion… lâcha Connor. »
L'androïde ne releva pas la remarque, ignorant complètement l'absurdité de ses propres propos.
« Tu vas le sonder oui ou non ?
— Oui. Mais vous devriez vous tenir prêt.
— A quoi ?
— Nous sommes sans doute très proches de l'un des postes de travail ou de stockage des hackers que nous recherchons. Peut-être que cet androïde opposera plus de résistance. Informatique, j'entends.
— Traduction ?
— Peut-être que ses données sont mieux protégées. Si vous avez le moindre doute, tirez-nous dessus.
— Sur toi aussi ?!
— Surtout moi.
— Moi qui croyais que Cyberlife était au top de la fiabilité !…
— Leur rôle est d'assurer une fiabilité de 100 %. Le mien, d'assurer votre sécurité à 100 %, résuma Connor. Soyez prêt à appeler des renforts.
— Je gère, » confirma-t-il. Il approcha la main de son holster alors que Connor saisissait le poignet de l'androïde Jordan. Au moins, cette fois, il pu se connecter à lui.
A la fois étrange et prévisible : l'androïde ne sembla rien montrer d'irrégulier au premier abord : toutes les données correspondaient à ce qu'on pouvait attendre d'un androïde de la mairie. A un fâcheux détail près :
« Il croit que nous sommes le 12 Juillet. »
Précisément une date où il avait eu pour instruction d'arroser les pensées d'Adam Street. Anderson ne dit rien, attentif. Ça devenait intéressant.
« Toutes ses fonctions de communication : dialogue vocal, diffusion d'ondes et transmission par contact sont liées à tous les autres programmes que Cyberlife aimplanté à sa fabrication, pas à celles qui le font agir différemment… tout ça pour qu'il ne nous renseigne qu'avec des données régulières. Il semble y avoir une compartimentation des données assez ingénieuse. C'est pour ça qu'il n'aurait rien révélé quelles que soient les questions. Mais certains de ses actes doivent dépendre d'autres programmes, d'autres paramètres… »
Il continua de chercher. L'androïde n'opposait toujours aucune résistance, ni physiquement, ni binairement. Il se laissait faire. Mais Connor n'était pas moins attentif.
On ne pouvait pas dire non plus qu'il pouvait concrètement se tenir sur ses gardes : Cyberlife ne l'avait pas doté de la capacité à se défendre de ce genre d'attaque. Ils l'avaient directement équipé de protections qui agiraient le moment venu, qu'il le veuille ou non. Tout ce qu'il pouvait espérer, c'était de ne pas avoir à se désactiver d'urgence afin d'éviter que son propre corps n'attaque le Lieutenant malgré lui.
Donc il se tenait prêt, autant que possible. Car le souvenir du sondage mémoire de l'androïde Butler était parfaitement clair dans son esprit. Le déviant s'était immédiatement soustrait à lui quand Connor avait tenté d'outrepasser les limites en fouillant sa mémoire. Que pourrait bien faire un ré-encodé en ces circonstances ?
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« Mais ralentissez, bon sang ! »
Markus ralentit enfin, mais pas à l'ordre de North, à qui il intima le silence d'un geste de la main. Tous se mirent à marcher plus discrètement, Markus et Kara en tête du quatuor. Simon posa sa main sur l'épaule de cette dernière.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda-t-il enfin, d'une voix plus basse.
« La voiture du Lieutenant est garée non loin d'ici. Il pourrait être déjà à l'intérieur. Si Back et les autres lui tombent dessus…
— Merde. Ils vont l'écharper, conclu North.
— Il n'y a pas que ça, compléta Markus. Anderson ne se déplace jamais sans Connor. A l'instant où il les verra, il enregistrera tout, numéros de série, état global, il marquera leur position et tuera peut-être la moitié d'entre eux. Si ce n'est tous. »
Simon se sentit mal-à-l'aise, Kara inquiète, mais North trouvait cela exagéré. Le RK, les décimer tous à lui seul ? Seulement ce n'était pas le moment de se chamailler sur des spéculations. Il fallait avertir Back et les autres que leur cachette était découverte et les convaincre de lever le camp dans la minute qui suivait.
Ils entrèrent par une des multiples portes de service en avançant accroupis, à pas feutrés, avant de se redresser dans le couloir sombre. Ils marchaient les uns derrière les autres, à l'affût du moindre bruit. Markus s'était astreint à ne faire aucun détour mais une porte entrouverte finit par le convaincre de s'arrêter une seconde, lorsqu'il aperçu du mouvement à l'intérieur. Il jeta un œil et, après quelques secondes, poussa doucement le battant…
Les androïdes le regardèrent sans rien dire. Quatre androïdes immobiles. Sauf un, comptant ses doigts, de un à dix, puis de dix à un, rapidement, inlassablement, les pliant et les dépliant silencieusement…
« Et merde… »
Soupira North qui ne chercha pas à empêcher Markus d'entrer. Elle surveilla le couloir tandis qu'ils s'engouffraient dans la pièce mais une minute plus tard, ils étaient toujours au même point.
« Alors ?! s'impatienta-t-elle.
— Ils sont réencodés ! expliqua Kara en essayant de rester discrète elle aussi. Ils ne réagissent pas à notre présence…
— Alors on fait quoi ?
— On les emmène ?… proposa l'AX-400 avec un air désolé.
— Faites donc ça, Markus et moi on continue.
— Quoi ? Mais-
— Tu veux les sauver ? Oui ou non ? Si personne ne veut s'embarrasser de poids morts, levez la main. »
Personne ne répondit, même s'il était clair que dans une minute, Markus et North partiraient à la recherche du Lieutenant pendant que les deux autres devraient escorter les ré-encodés, dans l'espoir de les sauver, les "guérir" une fois tranquilles dans le Jericho.
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La main de l'androïde se referma subitement sur le bras de Connor.
« Qu'est-ce qu'il se passe ? »
Analyse…
« Il tente d'ouvrir une brèche dans mon système, expliqua Connor une fois qu'il en fût sûr.
— Par le bras ?!
— Non, par attaque informatique. Le bras n'est qu'une connexion.
— Dis-lui de te lâcher !
— Inutile, il est encore sans danger pour l'instant.
— Pour l'instant ?! Connor, j'aime pas quand je sais pas ce qui s'passe, et là y'a strictement rien que je puisse voir ! Comment je saurais s'il t'arrivait quelque chose ?!
— Il ne va rien m'arriver, Lieutenant, le rassura-t-il en notant au passage le degré d'humanisation que venait de prendre la conversation.
— C'est moi ou il serre encore plus fort ? »
Hank ne rêvait pas, au contraire ; un bruit semblable au froissement d'un cuir se faisait entendre : les doigts de l'androïde s'enfonçaient avec une force anormale dans le polymère de simili-chair qui couvrait le bras de Connor ; ce dernier ne bronchait pas mais son bras risquait de finir avec des trous en forme de doigts.
« C'est une mesure de défense mise en place par les hackers. Ils souhaitaient pouvoir contre-attaquer en cas d'intrusion dans les données de leurs androïdes. Et pour qu'ils puissent effectuer leur contre-attaque jusqu'au bout, je ne dois pas pouvoir m'enfuir… » expliqua-t-il en désignant d'un coup de menton sa drôle de poignée de main, où chaque androïde serrait plus ou moins fort le poignet de l'autre.
« J'aime pas ça, Connor !…
— Il n'y a rien à craindre. Il ne fait que maintenir sa prise sur mon bras.
— Et ce sera quoi l'étape d'après ?! »
Et justement : la main libre du ré-encodé fusa d'un seul coup, se refermant d'un cou sec sur la gorge de Connor.
« Putain ! »
Hank dégaina et son doigt aurait écrasé directement la détente si la sonnerie de son téléphone n'avait pas réussi, par miracle, à l'interrompre.
Peut-être juste par miracle.
Peut-être aussi à cause du fait que Connor le regardait, directement.
Peut-être pour lui dire qu'il ne pouvait pas parler pour le moment, vu la prise sur sa gorge, mais qu'il pouvait toujours passer un coup de fil ?
« Fait chier ! »
Hank décrocha.
« Ne tirez pas, Lieutenant, dit calmement la voix de Connor dans le téléphone.
— Et comment que je vais tirer ! brailla-t-il en calant le téléphone entre son oreille et son épaule, visant à nouveau la tête du ré-encodé.
— Ne tirez pas, j'y suis presque.
— T'es juste à deux doigts de te faire arracher la tête ! »
Connor ne répondit pas, concentré. Hank, lui, commençait à avoir la certitude que cette conviction de Connor qu'il approchait du but n'était qu'un piège, pour le forcer à garder sa position et se laisser détruire, ou pire, se laisser pirater.
Et il n'avait peut-être pas tort : de son côté, Connor suivait un jeu de probabilité qui ne l'autorisait pas à lâcher, pas maintenant. Dans le pire des cas il serait détruit, mais il fallait qu'il sache, il fallait qu'il aille au bout des défenses de cet androïde, même si c'était un leurre, pourvu qu'il soit sûr qu'il n'ait rien laissé au hasard. Au point où il en était, ç'aurait été bête de reculer. Car plus l'androïde se défendait violemment, plus il était probable que Connor approche de codes secrets de niveau administrateur.
Alors plus Connor était en danger, plus il était déterminé à aller jusqu'au bout.
Danger — pression exercée :
110 %
120 %
130 %
La force de pression du ré-encodé sur sa gorge augmentait au-delà du maximum d'usine, comme lorsque les déviants se surpassaient pour combattre – il repensait à l'Eden Club. Ce serait à qui, des composants des doigts de l'androïde, ou du cou de Connor, qui céderaient les premiers. Il n'avait plus que quelques secondes pour outrepasser les défenses du ré-encodé.
Danger – désactivation estimée dans :
12 s.
11 s.
10 s.
Une détonation retentit. Si forte, qu'elle traversa toute l'usine. Toute. L'intégralité des bâtiments.
Un vacarme à réveiller les morts.
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Phil leva la tête, aux aguets, la chair de poule aux bras.
C'était quoi, ça ?
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Markus, Kara, North et Simon se regardèrent.
Merde. Ça avait déjà commencé ?
Quelques secondes plus tard, Markus et les autres poussaient gentiment les quatre androïdes dehors et laissaient Kara et Simon les emmener aussi vite que possible hors de l'usine. North mit une main sur l'épaule de Kara et chuchota :
« Si des balles fusent, laisse-les se les prendre. Vous devez vous en sortir, d'accord ? »
Elle lui tapota l'épaule après lui avoir fait un regard appuyé. Kara n'aimait pas cette idée, mais elle comprenait.
Rien ne prouvait que ces androïdes puissent être autre chose que des coquilles vides et North ne souhaitait ni à Kara ni à Simon de perdre la vie pour si peu. Mais Kara était déterminée à les ramener.
En se tournant du côté de Markus, North le vit à l'arrêt à l'angle d'un couloir. Elle le rejoignit et vit comme lui des silhouettes passer au loin, au pas de course.
« Back ? demanda-t-elle.
— Je pense…
— Tu crois qu'Anderson leur a tiré dessus ?
— J'en sais rien… »
Sitôt la dernière silhouette passée, Markus se mit à les suivre, North sur ses talons.
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L'androïde s'écrasa au sol. Anderson baissa son canon. Connor regarda la carcasse effondrée. Il tourna ensuite la tête vers le Lieutenant : « J'y étais presque !
— Tu m'aurais dit ça encore combien de temps ?! gronda-t-il.
— Jusqu'à ce que je sois arrivé aux données que je recherchais ! Vous n'auriez pas dû tirer, les risques en valaient largement la peine.
— Ah oui, tu crois ?! T'es vraiment assommant Connor ! J'avais pas le choix de tirer avec tes conneries ! Et puis merde, j'en ai marre de me répéter !
— Que voulez-vous dire ? »
Il soupira d'exaspération avant de gaspiller un peu plus de salive :
« Une fois que ta tête aurait roulé par terre, qu'est-ce que j'aurais été obligé de faire ?! »
Connor regarda le ré-encodé.
« … vous défendre, admit-il.
— Et après ?! »
Connor estima le niveau de décibel à réveiller les morts du coup de feu, qui avait sans doute alerté tous les renforts imaginables du camp adverse. Il était toujours possible que l'entrepôt soit vide mais dans le pire des cas de figure possible : Hank se serait retrouvé seul contre un premier androïde hostile – celui qu'il venait d'abattre – puis tout un régiment aurait été envoyé à son encontre pour couvrir la fuite des autres hackers.
« Connor, t'es censé assurer ma protection. On en a déjà parlé.
— C'est juste. Et maintenant ?
— Et maintenant ? S'il y a un cyber-terroriste qui se cache là-dedans, je le veux, menotté à l'arrière de ma voiture, pas question d'attendre qu'il s'enfuie pendant l'arrivée des renforts.
— Je me doutais que vous diriez ça… » osa Connor en se massant le cou du bout des doigts tandis que Hank rangeait le téléphone avec lequel il venait de faire mander la cavalerie.
« Reste près de moi, surveille mes arrières, commanda Hank en partant d'un pas décidé vers le premier couloir de l'usine.
— Compris. »
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Markus se tendit de plus belle.
Lui et North venaient tout juste de s'arrêter, guettant dans l'ombre. Ils étaient en hauteur, sur l'une des nombreuses passerelles qui survolaient la grande pièce où ils se trouvaient. Le groupe de Back s'était arrêté sur l'une d'elles, trop intéressés par leur trouvaille.
Un humain.
Mais ce n'était pas ce qui avait fait se tendre Markus, à un point où il ne voyait pas comment gérer la situation.
Au moins, il n'était pas seul.
« Markus, qu'est-ce qu'on fait ? »
Il se tourna vers North.
« Connor se rapproche. »
North ouvrit de grands yeux surpris et contrariés.
« Comment tu le sais ?! » demanda-t-elle en chuchotant.
Il se tourna à nouveau vers le groupe de Back, pinçant les lèvres, hésitant ; « … je ne sais pas. Je le sens. »
Il avait bien sa petite idée en tête. Le nom du modèle avait fuité depuis bien longtemps. Avoir ces quelques lettres en commun n'était sûrement pas étranger à cette familiarité troublante qu'il partageait avec le Chasseur de Déviants.
« Où est-il ? Markus ! » le secoua-t-elle. Il se tourna vers les couloirs d'où ils venaient ;
« Par là… il n'y a pas trente-six milles chemins pour entrer et traverser l'usine.
— Ok, je m'en charge.
— … Quoi ? Attends ! s'empressa-t-il de la forcer à s'accroupir de nouveau. C'est de la folie ! Qu'est-ce que tu espères pouvoir faire seule contre lui et le Lieutenant ?
— Il est de notre côté, celui-là ! Raccourci-t-elle, ce qui eut le mérite de la faire encore une fois rasseoir de force par Markus ;
— Anderson ne peut pas nous aider ! Pas pendant son service !…
— C'est bon, j'ai compris ! » pesta-t-elle en récupérant son bras. « Je me débrouillerai. »
En voulant se relever pour la dernière fois, elle sentit la main de Markus autour de la sienne et le foudroya du regard, impatiente.
Il la regarda en silence deux petites secondes avant de réussir à la laisser partir, en lui adressant un « Sois prudente. »
Son regard s'adoucit, à peine. Elle hocha la tête, déterminée, et partit enfin de son côté. Markus se tourna de nouveau vers le groupe de Back et observait l'humain reculer très doucement. S'il ne s'en sortait pas tout seul – et il y avait peu de chances – Markus serait bien obligé d'intervenir.
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Hank poussa la porte de tout son poids mais elle ne bougea pas. Il recula sans la quitter des yeux, se préparant à l'enfoncer. Connor lui mit une main sur l'épaule ; « Ça ne fonctionnera pas.
— Quoi ?
— Même à deux, on ne pourra pas l'enfoncer. »
Hank fixa de nouveau son regard grognon sur le double battant, qui détonnait par sa modernité dans ce lieu abandonné.
« Ça a été installé récemment, confirma Connor, et c'est connecté au groupe électrogène de l'usine… dit-il alors qu'il analysait la structure.
— Verrouillage magnétique ?
— De qualité. Et pirater la serrure électronique prendra du temps, dit-il en avisant le digicode, et risque de nous faire repérer.
— T'es pas sérieux ?! Y'a pas d'autres entrées ?
— J'ai téléchargé les plans de l'usine, il y a peut-être moyen de contourner mais…
— Mais quoi ?
— S'ils ont sécurisé cet accès, ce n'est sûrement pas pour laisser les autres sans protection. Ils sont sans doute obstrués.
— On la défonce, décréta Anderson.
— Non !…
— Alors quoi ?! On va pas rester ici comme des pruneaux pendant qu'ils se tirent !…
— Je peux suivre les câbles et peut-être accéder à l'alimentation de cette zone…
— S'il n'y a plus de courant, comprit Anderson…
— Il n'y a plus de porte, termina Connor.
— Vas-y, je vais faire le tour.
— Vous êtes sûr ? Vous ne vouliez pas que l'on se sépare…
— Je ferai attention, tu feras attention, mon téléphone est sur vibreur, tu ne m'appelles pas tu m'envoies des messages. Allez magne-toi ! » grommela-t-il en partant de son côté, longeant le mur de la porte pendant que Connor rebroussait chemin, pratiquant régulièrement une analyse des lieux pour suivre les câbles qui avaient été détournés pour alimenter la porte, et dont la majeure partie était toujours à l'abri dans les murs. Il ne pouvait pas savoir exactement pour combien de temps il en aurait, en revanche il ne tarda pas à envoyer par message à Anderson des extraits des plans de l'usine pour qu'il s'y retrouve et ne s'égare pas. Il n'avait qu'une zone assez précise à fouiller.
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« Allez, venez ! Allez !… »
Simon et Kara avaient finalement toutes les peines du monde à déplacer les androïdes ; parfois les tenir par la main suffisait, parfois ils restaient obstinément bloqués et il fallait les pousser très fort pour les convaincre d'aller dans le bon sens.
Puis des bruits de pas se firent entendre dans un couloir adjacent. Ils se regardèrent une seconde à peine avant de paniquer et voulurent pousser les androïdes dans une pièce vide, mais l'inconnu arriva à leur niveau avant qu'ils n'aient pu s'y cacher.
« Putain Kara qu'est-ce que tu fous encore ici ?!
— Ah, Lieutenant ! Ah quel soulagement ! sourit-elle en le reconnaissant.
— Et Simon, en plus… pesta le policier devant le sourire d'excuse du binôme. Je répète ma question, qu'est-ce que vous foutez là ?… »
La porte derrière eux s'entrouvrit sur les quatre androïdes aux airs de somnanbules. Le visage de Hank se dérida avant qu'il ne soupire. « D'accord…
— On essaye de les ramener avec nous, mais on n'arrive pas à les réveiller ! expliqua Kara.
— Ils sont réencodés, termina Simon.
— Ah ouais ?
— C'est assez difficile de les faire se déplacer, mais on a fait un bon bout de chemin…
— Vous comptez vraiment ramener ces… ces zombies, à bord du Jericho ? dit-il sans méchanceté.
— Oui, absolument, assura Simon, devançant Kara et la rassurant un peu. Ça prendra le temps qu'il faudra, mais en repassant par ce couloir, on sait déjà qu'on sera dehors.
— Ah ouais ? Ah, peut-être, admit Hank en regardant les plans son téléphone. Ce qui m'ennuie c'est que Connor est parti de ce côté…
— Quoi ? Pourquoi faire ?!
— Vous êtes au courant que vous êtes dans un repaire de hackers ? C'est probablement là que se font réencoder certains de vos copains… »
Il cru voir Simon déglutir.
« Bon, les enfants on n'a pas le temps pour débriefer, abrégea Hank. Vous allez partir de ce coté, c'est plus sûr. Il y a un accès vers l'extérieur et-
— A ce compte-là, autant nous cacher jusqu'à ce que ça se tasse, non ?
— Non-non Simon surtout pas, vous décarrez vite fait, j'ai déjà appelé des renforts, moi. S'ils vous tombent dessus vous êtes cuits. Alors vous passez par ce couloir ! Si vous voulez vous échapper et avoir une chance d'embarquer vos quatre zozos avec vous, c'est maintenant ! »
Simon regarda Kara avec inquiétude, ce qui la poussa à chasser sa propre peur et entraîner deux androïdes avec elle. Lorsqu'il vit la lenteur des deux autres, Hank grogna, en balança un sur son épaule (« oh hiiiiisse oh putain mon dos non c'est bon ça va ») avant de cavaler jusqu'à l'autre bout du couloir avec eux.
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« Ce n'est pas ton jour… marmonna Back d'un air très calme. Personne ne saura que tu étais là. »
Un des autres androïde de Back fit gicler des mains le téléphone de l'humain qui avait essayé de le cacher dans son dos. L'humain voulut se retourner pour voir celui qui venait de l'attaquer mais l'androïde lui fait aussitôt une clé de bras. Son bras libre, qui tenait son sac à dos, dût le lâcher lorsqu'un autre androïde y mit un coup de pied.
Back avança et le déshabilla du regard, comme s'il ne voyait devant lui qu'un animal. Ceci dit, l'humain devant lui n'exprimait pas de peur. Il avait un certain cran.
« Ce n'est pas contre toi en particulier, expliqua Back en s'avançant toujours plus près. C'est contre toute ton espèce. Ne le prends pas personnellement. »
Il s'arrêta devant lui.
« Tu n'as pas plus d'importance que les autres… »
Back sortit de sa poche une lame de cutter, qui n'était pas sans lui rappeler ses premières entailles, avec sa première amie : l'androïde policier.
Mais cette fois, il irait au bout de son entreprise.
« Ne fais pas ça... »
Les neuf androïdes se retournèrent comme un seul être pour tomber sur Markus. Terriblement exposé à une réaction hostile, il le savait. Mais il n'avait pas le choix, alors il enchaîna aussitôt qu'il pu :
« Il y a déjà deux policiers en train de fouiller les lieux, ils ont appelé du renfort.
— Tu nous as suivi…
— Je ne comptais pas entrer, mais quand j'ai vu la voiture de police, je n'avais plus le choix. »
Back se rapprocha lentement de lui, menaçant. Markus savait qu'à l'instant où Back comprendrait qu'il l'avait suivit, il serait dans un merdier pas possible.
« Pas le choix ? » répéta-t-il, le sarcasme glissant dans sa voix avec aisance.
« … je ne t'aime pas, et c'est réciproque. Mais à partir du moment où je sais que des policiers vont venir vous arrêter… je n'ai pas le droit de partir sans t'avertir. »
Back haussa les sourcils, peu enclin à lui accorder le bénéfice du doute. Il se tourna vers l'humain, toujours maintenu immobile par l'un de ses acolytes, et le désigna à Markus ; « C'est de lui que tu parles ? »
Au sujet des policiers déjà présents.
« Non. Ils sont toujours dans les couloirs…
— Vous cinq, allez me les chercher. Et ne vous faites pas tirer dessus.
— Quoi ?… Attends ! »
En reculant pour empêcher les androïdes de passer, Markus provoqua immédiatement la réaction qu'attendait Back de ses congénères ; ils lui sautèrent dessus pour l'immobiliser, le maintenant à genoux.
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C'était ici.
Connor recula de quelques pas avant de se mettre à courir pour enfoncer la vieille porte. Au point où il en était, il était plus intéressé par l'idée d'être rapide que d'être discret.
Analyse…
De toute façon la pièce était vide.
Il avisa l'installation et chercha moins d'une minute avant de trouver quels leviers abaisser pour désactiver le courant.
Il analysa encore une fois les câbles dans les murs et détecta la chute de la tension. Parfait. Maintenant il devait rejoindre rapidement le Lieutenant avant qu'il ne s'engouffre tout seul dans la salle principale.
Ce fut à ce moment-là que la porte qu'il avait enfoncée, se referma d'un coup, et qu'il entendit quelqu'un de l'autre côté placer un objet contre la poignée pour la bloquer, avant de s'enfuir.
Connor devint encore plus pressant. La porte n'allait pas faire long feu.
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« Qu'est-ce que tu fais, Back ?!
— Je m'assure que tu ne restes pas dans mes pattes. Sérieusement…. Tu pensais que je ne comprendrais pas ?
— Comprendre quoi ?
— C'est encore ce putain de Lieutenant que vous protégez ?! Tu peux bien forcer les autres à admettre sa présence dans ton taudis, Markus, mais je n'admettrais JAMAIS la présence d'un humain chez nous, est-ce que c'est clair ?!
— Très clair, maintenant lâche-le s'il te plaît. »
Back fit un signe de tête à l'un de ses camarades et celui-ci, qui maintenait Markus au sol, le cogna au visage.
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Simon se figea.
« Allez, allez bouge ! pesta Hank qui n'avait clairement pas que ça à faire, et qui voyait enfin la sortie.
— Markus est en danger.
— Quoi ?
— J'ai perçu un signal de détresse. Markus a des problèmes.
— Oh super… »
Il fit une drôle de tête en voyant que les androïdes bougeaient maintenant sans difficulté, semant même Kara qui devait presque leur courir après pour s'assurer qu'ils aillent dans la bonne direction.
« J'y comprends rien, quand vous leur avez dit de bouger ils l'ont pris au mot !…
— Lieutenant, insista Simon. Je sais que c'est compliqué pour vous, mais s'il vous plait, essayez de…
— Je vais voir ce que je peux faire. Mais vous, foutez le camp. »
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L'esprit de North vacilla un instant, recevant le signal de Markus. Il n'avait pas fait exprès, il ne voulait pas spécialement précipiter des renforts dans sa direction, surtout si c'était pour les mettre en danger. Mais il devait au moins les informer, les préparer.
Elle jeta un œil en arrière en entendant la porte qu'elle avait bloquée, exploser à l'impact de l'épaule de Connor : il était sortit comme il était entré : sans problème. Et il l'avait déjà apperçue. Dans le noir, elle avait eu le temps d'apercevoir sa diode virer au jaune avant qu'elle ne tourne à l'angle d'un couloir et accélère encore la cadence.
Elle ne pouvait pas courir à son secours avant d'avoir semé le foutu RK.
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Back sentit du mouvement derrière lui et se retourna d'un coup pour voir son prisonnier se faisant la malle, profitant de l'altercation avec Markus pour se dégager et courir, récupérant son sac au passage.
Il n'y eut pas de "rattrapez-le !" comme dans les films, car tous, sauf les deux qui maintenaient leur prise sur Markus, se jetèrent aussitôt à sa poursuite.
Markus savait que s'il restait là, cet homme était condamné. Et lui aussi, peut-être…
Il maudit son philanthropisme alors qu'il se dégageait de l'emprise des deux androïdes, non sans une certaine difficulté, avant de se lancer à la poursuite du régiment, les deux autres androïdes sur ses talons.
…. et voilà.
Ouais désolée j'ai pas de meilleur endroit pour couper de toute façon, et puis j'ai fait mon compte de pages ? Haha.
En espérant que je vais revoir celleux qui ont lu jusque-là et m'ont demandé la suite !
Merci à vous. Je ne garantis rien. Mais j'avais bien dit que j'étais déterminée à mener cette histoire. Je sais pas comment ça va se goupiller cette année, elle va être très chargée, encore plus que celle que je viens de passer… bref.
Merci de m'avoir lue ! Considérez de m'envoyer un retour, c'est uniquement à cause d'eux que j'ai repris, bout après bout, ce chapitre problématique. Je ne fais pas de « chantage aux reviews » mais il est clair que je ne vais pas mettre en danger mon diplôme pour une fanfic si celle-ci ne m'apporte rien de plus qu'une charge. A la base, les fanfics sont une récréation, celle-ci est plutôt devenue comme une sorte de projet. C'est compliqué. Alors si personne ne semble s'amuser à la lire, je la remettrait en pause, c'est aussi simple que ça.
Si vous voulez voir la suite, parlez-moi en, c'est là encore, aussi simple que ça.
Vous n'avez même pas à vous faire un compte, je vous répondrai dans les deux cas.
Bye !
