Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.
Titre : Noir ramage.
Résumé : Il suffit d'un minuscule grain de sable pour casser une machine bien huilée. Certaines personnes se font un devoir d'être ce grain de sable. Surtout quand leur ramage se rapporte à leur plumage.
Note : Je suis rentrée de vacances avec plein d'idées qui font que je dois réécrire quelques chapitres ^^. Bonne lecture.
« Parce que vivre loin de ses amis et de ses repères, c'est prendre le risque de se perdre ».
- Ann Blanchard, auror à gage.
Chapitre 4 : Catherine Herrat, ou « comment finir étouffé par de la barbe à papa ».
La majorité des gens vont dans des boutiques spéciales pour choisir une robe de soirée ou de mariée. Mais, lorsque l'on a de l'argent, c'est le couturier qui vient à soi. Elle aurait pu dire que la future épousée était ridicule, mais malgré les kilomètres de dentelles qui la couvraient, June n'avait jamais été aussi belle malgré l'armée de couturière qui travaillaient encore sur sa tenue. À l'autre bout de la pièce, Mercy avait l'air d'avoir mordu dans un citron particulièrement acide. Elle venait de découvrir le modèle de robe des demoiselles d'honneur. Ann préférait continuer à lire ses dossiers tout en calculant qui elle devrait capturer pour être tranquille le plus longtemps plutôt que de venir en aide à cette chère Mercy qui essayait de négocier moins de froufrous. Cela lui apprendrait à se désintéresser totalement de la préparation de la cérémonie. Pendant ce temps, Catherine se contentait de regarder le spectacle.
-Mesdemoiselles, si vous le permettez, j'aimerais pouvoir conclure le dernier essayage avant le Grand Jour, fit madame Cassey.
Le Grand Jour ne serait que dans environ quatre mois, en décembre, mais June voulait que tout soit largement près à l'avance au cas où elle aurait oublié quelque chose. Ce qui expliquait pourquoi cette charmante couturière était le cauchemar de Mercy. Mais, c'était sa faute, si elle avait eu un emploi du temps un peu moins chargé, elle aurait pu participer au choix des tenues de demoiselles d'honneur. Non, Catherine plaisantait. June avait choisi ce modèle toute seule et mis son véto de future mariée quand on avait tenté de lui opposer que certaines, à commencer par Mercy, risquaient de bouder toute la cérémonie si on les obligeait à porter cette tenue. June avait eu son petit sourire en coin et avait répliqué que jamais l'une de ses meilleures amies n'oserait ruiner le plus beau jour de sa vie. Une petite moue boudeuse et même Mercy avait dit oui pour la couleur rose. Foutue petite fille riche manipulatrice.
Avec son plus beau sourire, madame Cassey invita Mercy a la suivre. La gentille couturière se tenait très droite comme si elle se préparait à un combat. Elle ne s'était pas encore rendue compte que son adversaire avait déjà rendu les armes face aux regards de chien battu de June. Lorsque Mercy revint, elle avait la tête d'une personne qui allait se pendre. Elle était dans une magnifique robe en taffetas rose bonbon. Sans un mot, elle se planta devant le miroir.
-Vous ressemblez à… commença madame Cassey.
-Une barbe à papa, termina Mercy d'un ton funeste.
-Une véritable femme, fit madame Cassey comme si elle n'avait pas été interrompue.
Traduction, d'habitude Mercy ressemble au mieux à une sauvage. Bon, il fallait bien reconnaître que depuis qu'elle ne travaillait plus pour le MACUSA, elle ne prenait plus la peine d'être élégante, privilégiant le confort. Ce qui lui donnait cet aspect très négligé.
-Cette robe est parfaitement ridicule, enchérit Mercy avec son tact légendaire.
-Mais non, répliqua June sans même regarder celle qui grognait. J'adore les volants.
Les épaules de Ann était secouées de sursaut ne pouvant être que deux choses : soit de gros sanglots, soit un gros fou rire. Curieusement, Catherine penchait pour la seconde hypothèse. Mais elle devait reconnaître qu'en robe, Mercy passait d'agréable à regarder, voir belle, à époustouflante, et cela malgré le ridicule de la tenue. La robe était à la bonne longueur et marquait la taille de sa porteuse sans être vulgaire. Le seul bémol était qu'on devait porter un jupon à cerceau en dessous. Mais, avec ses petites manches bouffantes qui dévoilaient ses épaules, elle exposait une cicatrice encore fraiche si on notait sa couleur rosée. Ce n'était pas la seule qui marquait le corps de Mercy, mais, elle attirait le regard pour son emplacement. Si Ann devait émettre une hypothèse, elle dirait que quelqu'un avait récemment essayé de la décapiter. Quant aux autres cicatrices, elles se voyaient uniquement si on savait déjà où les chercher, la majorité n'étaient plus que des traces qui auraient totalement disparu dans une ou deux années.
Pendant des années, Mercy avait couru après des criminels dans le monde entier. Jusqu'au jour où elle était revenue dans le Bayou sans prévenir. Personne ne savait ce qui c'était passé, mais tous pouvaient encore voir les traces de cette époque. L'ancienne auror, et maintenant auror à gages, ou mercenaire selon le contrat, avait perdu son innocence et ne voulait plus entendre parler de certaines choses comme de New-York.
Ce n'était donc pas si catastrophique, mais, madame Cassey semblait penser que oui. Elle semblait penser que ces marques détournerait l'attention de la mariée et de sa fabuleuse robe. June s'en fichait, mais la tentation de voir ses amies se ridiculiser en public, et avec le sourire, était trop forte pour qu'elle le dise. Madame Cassey tendit une paire de longs gants en satin rose. Un instant, Catherine eut l'impression que Mercy allait les déchiqueter à mains nues avant qu'elle commence à les enfiler en remuant les doigts. Ce n'était un secret pour personne que l'ancienne auror n'aimait ni les chapeaux ni les gants. Manque de chance pour elle, les deux étaient au programme. Madame Cassey fit bouffer le satin de la jupe en observant sa victime dans le miroir.
-Je crois que ça ira.
Elle se redressa, tapotant d'un index verni ses lèvres d'un rose bien sage, contrairement au rouge à lèvres agressif de Mercy. Cela aussi était une chose qui déplaisait à madame Cassey, après tout les filles bien ne se maquillent pas, ou très peu.
-J'ai trouvé un moyen de dissimuler votre… Euh… Balbutia-t-elle.
-Cicatrice au cou ? hasarda Ann sans aucune pitié.
-Oui, dit madame Cassey visiblement soulagée de n'avoir pas à dire le mot en c. Je vais aller chercher cela tout de suite.
-Courage, Mercy. Tu manges des aigles sauvages au petit-déjeuner. Tu dors sur un lit de braises. Et quand tu coupes un oignons, c'est lui qui pleure. Ce n'est pas une robe qui viendra à bout de toi, encouragea Ann.
Même si tout cela n'était que pure invention, Mercy se mit à sourire à son reflet. Comme quoi, avec une bonne amie, on peut venir à tout, même d'une overdose de niaiseries. Pendant ce temps-là, madame Cassey revint avec un objet qui semblait particulièrement dangereux à Catherine, surtout pour sa dignité. Elle tendit un assemblage de rubans roses et de fleurs d'oranger en tissu. Mercy sembla de nouveau au bord de la syncope. La courageuse auror à gages mise en déroute par des fanfreluches… Catherine en aurait bien ri si elle ne risquait pas de devoir subir le port de cette chose également.
-Qu'est-ce ?
Il y a quelques temps, Catherine a lu que lorsqu'on est devant quelque chose de particulièrement horrible, notre cerveau nous protège en refusant de reconnaître ce que c'est immédiatement pour nous laisser le temps de nous détourner. Si Mercy n'avait pas encore réalisé ce que c'était, c'était que cela devait faire partie de son top dix des choses horribles.
-La solution à notre problème, fit madame Cassey.
-Certes, Qu'est-ce ?
-Un ornement, une sorte de col.
Pour reprendre les mots de Mercy, certes. Voilà qui était une explication constructive. Pour l'instant, Catherine n'arrivait pas à voir autre chose qu'une horreur qu'elle ne voulait surtout pas avoir à porter.
-Vous voulez que je porte ça autour de mon cou.
-Oui.
-Pas question.
-Mademoiselle Lecay, nous avons tout essayé pour dissimuler cette marque. Chapeaux, coiffures… Je suis à bout de ressources, se désespéra la pauvre couturière.
Catherine nota que toute activité avait cessé de l'autre côté de la pièce. Toutes les femmes présentes étaient en train de regarder le drame se déroulant ici.
-Je vous suis reconnaissante pour vos efforts, reconnut Mercy. Je sais que je peux me montrer pénible…
-Je n'oserais jamais dire une chose pareille, s'exclama madame Cassey.
-C'est pour cela que je le dis. Je vous demande une robe dans un temps très court à cause de mon travail.
C'était à peine visible, mais madame Cassey pinça des lèvres pour ne pas dire ce qu'elle pensait des femmes qui avaient un travail consistant à risquer sa vie et sa beauté.
-Mais, avec tout le respect que je vous dois, je n'ai jamais rien vu d'aussi moche, termina Mercy.
-Si vous avez une meilleur suggestion, je suis toute ouïe.
-Ce machin est énorme, se plaignit Mercy.
-Mais il cachera votre… Cicatrice.
Catherine faillit applaudir, madame Cassey venait de dire le mot. Mais comme Mercy n'avait pas de meilleure idée, elle soupira en levant les yeux au ciel.
-Allez-y, fit-elle d'un ton résigné.
-Relevez vos cheveux, ordonna madame Cassey avec un sourire victorieux.
Mercy obéit et la couturière noua la chose à son cou. Le machin ressemblait à une grosse boutonnière. C'était hideux et rien ni personne ne pourrait le rendre présentable. Même Catherine devait avouer que malgré son air totalement désespéré, Mercy y arrivait presque. Cette dernière ne bougeait pas comme si elle n'arrivait pas à croire ce que ses yeux lui montraient. En temps normal, Mercy envoyait le message d'une féminité dangereuse, comme une rose aux épines particulièrement vicieuses avec ses longs cheveux noirs et sa peau dorée par le soleil. En robe et pouponnée, elle ressemblait plutôt à une poupée. Mais vêtue de cette robe bouffante, elle avait l'air fragile. Il ne manquait plus que le chapeau pour qu'elle soit la quasi copie d'une ingénue tout droit sortie d'un roman eau de rose arlequin.
-Alors, qu'en pensez-vous ?
-Mercy, tu es absolument adorablement mignonne, s'exclama June.
À la remarque de la future mariée, Mercy eut de nouveau l'air d'avoir mordu dans un citron. Vu son travail, Catherine se doutait que cela faisait des années que plus personne ne l'avait ainsi qualifiée.
-Toutes les demoiselles d'honneur seront vêtues de la même façon, rajouta June.
Ce fur au tour de Catherine et Ann de manquer de s'étouffer pendant que Mercy eut un sourire vicieux.
-Il n'y a vraiment rien d'autre à faire ? S'inquiéta Ann.
-Non, répliqua madame Cassidy.
-Catherine, c'est ton tour, appela Mercy. Ann, peux-tu m'aider à retirer cette robe, je ne voudrais pas l'abimer.
Ann profita de l'occasion pour essayer de filer à l'anglaise, mais, Mercy lui avait déjà attrapé un bras et lui murmura quelque chose si bas que Catherine ne fut pas bien certaine d'avoir correctement entendu.
-Catherine, Ann et moi allons devoir nous absenter quelques temps. Je te confie la boutique, lui lança Mercy.
C'était une grande marque de confiance de la part de Mercy. Son agence était quasiment toute sa vie. Bien entendu qu'elle sortait dans des bars le soir, la prohibition n'était que pour les non-maj's. Bien entendu qu'elle avait des amis. Mais, elle n'avait pas de relation amoureuse, et trouvait toujours une bonne raison pour ne pas en commencer une.
