Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.
Titre : Noir ramage.
Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final sera assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.
Note : Je sais que cela se fait de moins en moins, mais, laissez des reviews est primordiale. La première raison est que cela encourage les auteurs. La deuxième est que cela leur permet d'améliorer leurs histoires. La troisième est que ça ne prend que cinq secondes.
Si on nous donnait ne serait-ce qu'un mot d'information dans toute notre histoire, comme nous le chéririons ! Nous en étudierions chaque syllabe, nous découvririons son sens, nous débattrions de son importance. Nous l'examinerions et en tirerions toutes les leçons possibles. Pourtant, aujourd'hui nous disposons de milliards de mots, d'une quantité infinie d'informations, et le plus petit détail de chaque action entreprise par notre gouvernement et nos sociétés est accessible. Et nous n'apprenons rien. Un jour, nous mourrons de cette ignorance volontaire.
-Seth Starlight, expert en questions d'actualité, intervenant à l'Académie des Aurors.
Chapitre 5 : Gellert Grindelwald, ou « une visite inattendue ».
On frappa à la porte. La réunion de ce soir était finie depuis deux heures. Si c'était l'un de ses hommes, ce dernier allait passer un mauvais quart d'heure. Quoi ? Il était un mage noir, il pouvait bien avoir mauvais caractère lorsque l'on le réveillait. Il ouvrit la porte et se retrouva nez-à-nez avec une femme au maquillage coulé par la pluie et à l'air particulièrement énervé. Même si elle lui était vaguement familière, il était quasiment certain de ne l'avoir jamais rencontré. Aucune femme caucasienne à New-York n'avait le teint doré par le soleil. Toutes se protégeaient bien trop la peau pour. Il y avait quelque d'indomptable en elle, quelque chose d'autre que de la simple colère.
-Il faut qu'on parle, commença-t-elle.
Il y avait donc de grandes chances pour que Percival Graves la connaisse. Une ancienne conquête sans doute vu l'utilisation de ce ton. Il allait falloir qu'il creuse la question avant d'interagir avec elle. Il pouvait jouer la carte de l'homme fatigué. Sans ce départir de son masque de lassitude, il la regarda. Ses vêtements n'étaient certainement pas neufs, du moins ce qu'il pouvait en voir sous son pardessus de cuir. Ses cheveux bruns étaient tirés en arrière. Elle portait un rouge à lèvre carmin, et son mascara avait coulé. Ses yeux marrons-verts semblaient particulièrement fatigués, mais fixaient les siens, comme si elle voulait lire ses pensées, sauf qu'il ne sentait pas de pression sur ses barrières défensives mentales. Elle prit une grande inspiration et rabattit une mèche de cheveux derrière son oreille, révélant une boucle d'oreilles créoles dorées à triple anneaux torsadés. Avant que vous ne le demandiez, non, ce genre de choses ne l'intéressait pas particulièrement. Ce savoir était la résultante de toutes les fois où il avait pris l'identité d'une femme. Le geste de sa visiteuse lui permit de voir qu'elle portait une chevalière argentée à son auriculaire droit. Mignonne était le terme qui lui venait à l'esprit pour la qualifier. Il pouvait même rajouter fragile et délicate. Oui, elle avait le genre de physique des femmes que la majorité des sang-purs européens recherchaient en guise d'épouse. En oubliant que s'ils épousaient des poupées de porcelaine, leurs fils risquaient de n'avoir pas un physique particulièrement virile. Ou que s'ils ressemblaient à des trolls, leurs filles pouvaient être laides et cela malgré la beauté de leur mère.
-Je sais que tu ne voulais plus jamais me voir, mais… Commença-t-elle.
Pour l'amour de Circé. Il voulait dormir et le voilà plongé en plein mélodrame. Peut-être qu'en lui rappelant l'heure, il pourrait s'éviter cette corvée cette nuit.
-Cette discussion peut attendre demain…
-Non, Perce ! C'est trop facile ! J'avoue avoir marché un peu pour éviter de débouler au MACUSA pour te mettre ma main dans la figure, mais maintenant que je suis assez calme, je veux des réponses à mes questions !
Au moins, il aurait essayé de se débarrasser gentiment d'elle cette nuit. Si elle le frappait, il ne répondait plus de rien. Avec sa chevelure et ses vêtements plein d'eau, elle semblait fragile, une petite chose délicate qu'un rien pouvait briser. Et pourtant, elle était là à hurler sur l'une des personnes les plus puissantes du gouvernement magique de ce pays. Soit elle était folle, soit elle était courageuse, et cette dernière qualité allait souvent de paire avec la stupidité. Il réalisa qu'elle tremblait légèrement, comme si elle était à bout de nerfs.
-Pourquoi ? Lui demanda-t-elle.
Il y avait une véritable détresse dans ce mot. Ce n'était pas qu'une question, c'était un supplice. Soit elle était une grande actrice, soit il avait fait quelque chose qui avait véritablement boulversé cette inconnue.
-Pourquoi quoi ?
-Ne fais pas l'innocent Perce, tu sais très bien que Bluesky a été mon mentor. Tout comme tu savais qu'en apprenant sa maladie, je viendrai le voir. Et pourtant, tu t'es arrangé pour que personne d'autre que sa famille, la Présidente et toi ne puissiez lui rendre visite.
Plus elle avait parlé, plus un léger accent français se faisait entendre. C'était intéressant et pouvait vouloir dire que l'anglais n'était pas sa langue maternelle, un élément utile pour déterminer qui elle était. Il ne pouvait pas lui dire la vérité. Que c'était parce qu'il craignait ce que ce fou pourrait dire à un tiers et qu'il était sûr de pouvoir contrôler la Présidente. Cette dernière avait une confiance aveugle en Percival Graves.
-C'est pour sa sécurité. Rentre à l'abri.
-Non ! Pas tant que je n'aurai pas mes réponses !
Voilà une réaction bien puérile qui lui donna envie de gifler cette femme qui préférait risquer de tomber malade que d'accepter de se mettre à l'abri. Les gens qui laissaient leurs émotions prendrent le dessus sur leur bon sens avaient tendance à l'énerver. À vrai dire, il ne supportait tout simplement pas.
-Ne fais pas l'enfant.
-Je fais l'enfant ? Moi ! Je fais l'enfant ! Comme cela, je fais l'enfant ! Bien entendu que je fais l'enfant ! Que pourrais-je faire d'autre si je contredis le Graâând Percival Graves ! Avoir des sentiments, c'est faire l'enfant ! Et depuis quand je fais l'enfant ? Je te le donne dans le mille : depuis que je t'ai quitté !
Oh. Voilà une information avec laquelle il pourrait tourmenter le vrai Percival Graves, mais, il n'en avait pas particulièrement envie parce que cette femme semblait soudain au bord des larmes. Le problème n'était pas qu'elle ne voulait pas être à l'abri de la pluie, c'était qu'elle ne voulait pas se retrouver dans cette maison. Elle était en colère, triste et inquiète, et il venait de lui donner une raison de lui hurler dessus. Combien de fois l'avait-elle fait par le passé ? Combien de fois Percival Graves lui avait-il rendu la pareille ? Suffisamment pour qu'une seule phrase déclenche un véritable orage.
-Oui, j'avoue. Je suis coupable de cela, murmura-t-elle. Je n'en pouvais plus de tout ce merdier et je suis partie.
Elle le regardait avec un regard de boursouf battu (1). Des doux yeux humides qui serraient le cœur. Que s'était-il passé entre Graves et elle ? Quelque chose qui avait brisé le cœur de cette femme de façon irrémédiable. Pour réussir sa quête, il avait renoncé à avoir des sentiments. Quant il la voyait ainsi, il ne regrettait pas cela. L'amour était une faiblesse comme le prouvait le fait que cette sorcière laissait sa peine assombrir son jugement.
-Je t'ai quitté parce que tu ne parvenais pas à me pardonner quelque chose que je n'avais pas fait. Je t'ai quitté parce que j'étais en train de me perdre. J'ai tout quitté et je suis retournée dans le Bayou, parce que tu n'arrivais même plus à me regarder en face. Je t'ai quitté et j'ai tout perdu.
La voix de cette femme s'était brisée sur ces derniers mots. Il connaissait ce ton. C'était celui d'un cœur brisé. Elle avait sincèrement aimé le véritable Percival Graves et aujourd'hui, elle en souffrait encore. Elle avait le ton qu'on prenait pour parler à quelqu'un à qui on avait donné le pouvoir de nous blesser d'une façon aussi intime qu'unique… Et qui l'avait fait.
-Tu n'arrivais pas à comprendre que je ne pouvais pas renoncer à ce que je suis. Je ne le peux toujours pas, Perce. Même pour toi.
Des regrets. Elle regrettait de n'avoir pas pu changer pour Graves. En quoi aurait-elle dû changer ? Dans sa façon de se vêtir ? De se comporter ? Ou de vivre ? À moins qu'elle n'ait dû renoncer à sa culture. Les États-Unis était un pays riche de toutes les cultures qui s'y mélangeaient. Peut-être que leurs différences étaient venues à bout du futur qu'ils auraient pu avoir comme cela avait été le cas de son histoire avec Albus Dumbledore. Pour la première fois depuis longtemps, il ressentait de la pitié pour quelqu'un. Mais, elle était un danger, si elle connaissait aussi bien le véritable Percival Graves, il ne pouvait pas se permettre de la laisser errer dans les rues de New-York sans supervision. Sa tâche était bien plus importante que cela.
-Alors, Perce, c'est mon droit de faire l'enfant et de te hurler dessus, acheva-t-elle
Elle s'était détournée de lui, le repoussant d'une main et essuyant des larmes de l'autre. Que devait-il faire ? Lorsqu'il avait prévu de prendre la place de Graves et qu'il s'était préparé pour, il n'avait pas prévu qu'une ex-maitresse viendrait en pleine nuit en larmes et sous la pluie… La pluie… C'était une idée. Pour gagner du temps et la retenir ? Quel homme digne de ce nom laisserait partir une femme sous la pluie ?
-Tu…
-Non, Perce. Je t'en prie. Ne dis pas des choses que tu regretteras dès demain.
Elle s'enfuit aussi vite qu'elle était venue, le laissant là les bras ballants et son début de plan la concernant tombant à l'eau. Pour le coup, il se sentit comme un véritable idiot. Mais cela ne serait rien comparé à comment Graves allait se sentir s'il ne répondait pas assez vite à une ou deux questions. Il retenait le Directeur de la Sécurité Magique du MACUSA enfermé dans sa chambre, profanant la pièce où ce dernier aurait dû se sentir le plus de sécurité d'une façon particulièrement intime. Autant que cela lui serve à avoir des informations rapidement. Quelque chose lui disait qu'il n'avait pas fini d'entendre parler d'elle. Mais devant la porte de cette « cellule », il hésita. Pas parce qu'il avait des remords, mais parce qu'il n'avait pas assez d'éléments pour s'assurer qu'il ne lui mente pas. Ce soir, il allait se coucher. Demain, il irait voir Bluesky pour qu'il lui parle de cette femme. Non, ce n'était pas ce que Graves ferait. Graves sortirait sous la pluie pour continuer cette conversation. Mais, si elle n'avait pas encore transplané, comment ferait-il pour l'appeler alors qu'il ne connaissait même pas son nom ?
Il connaissait le proverbe qui disait qu'il ne fallait jamais remettre à demain ce qu'on pouvait faire aujourd'hui, mais là, il avait vraiment envie de dormir. Et puis, ce n'était pas une femme sans rien de particulier qui allait lui mettre des bâtons dans les roues.
(1)Le Boursouf, également appelé Puffskein ou Toutenpoil, est une petite créature à la fourrure douce, couleur crème et de forme sphérique. Le Boursouf est un charognard qui mangerait n'importe quoi avec sa longue langue extensible et notamment les restes de repas ou les araignées, mais, il apprécie plus particulièrement la morve des sorciers, qu'il prélève dans leurs narines lorsqu'ils sont endormis. Il est donc très facile de s'en occuper. Il a la manie de boire l'eau des toilettes. Il émet un bourdonnement grave lorsqu'il est content. Le Boursouf est un animal de compagnie populaire chez les jeunes sorciers depuis plusieurs générations. Très docile, il ne voit aucun inconvénient à se faire câliner ou jeter comme un ballon. Les poils de Boursouf sont un des ingrédients de la potion d'Hilarité.
