Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.

Titre : Noir ramage.

Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.

Note : Voici le chapitre de la semaine. Bonne lecture.


Parfois, je ne sais plus qui sont les gentils. Mais, je sais toujours qui est l'ennemi. C'est la compromission des principes. On perd la guerre quand on perd ses principes. Et le premier principe est de prendre soin de ses camarades.

- Percival Graves refusant d'obéir à l'ordre de laisser sans défense une base médicale, septembre 1918.


Chapitre 7 : Maxime Reed, ou qu'est-ce qu'un frère d'arme ?

Durant la guerre, Maxime Reed avait fait du sale boulot, et cela avait continué après. Il est un Exterminateur, et on n'envoie pas les Exterminateurs pour aider les vieilles dames à traverser. Et c'était parce qu'il avait beau faire partie des gentils, mais n'en serait jamais un, qu'il savait si bien s'infiltrer au sein des groupes criminels. Lorsqu'il avait commencé sa mission, il avait pris ceux qu'il espionnait pour de simples hors-la-loi. Puis, plus il avait gratté, plus il avait compris qu'il y avait bien plus. Et au final, cela ne faisait qu'un mois qu'il commençait à voir jusqu'où il y avait un problème. Il était tombé en plein milieu d'une cellule de l'organisation de Gellert Grindelwald. Il ne voulait pas une seconde réduire en esclavage les sans-pouvoirs contrairement aux fanatiques qu'il se retrouvait obligé de fréquenter. Pourquoi restait-il ? À cause des disparitions sur lesquelles il enquêtait. Quand c'est une question de vie ou de mort, personne respecte les règles, tous les aurors préfèrent demander pardon que permission.

Dans ses rapports manuscrits, il taisait des informations capitales pour pouvoir continuer à enquêter, parce qu'il avait conscience que s'il parlait à un autre que Bluesky du fait qu'il avait mis les pieds dans un nid de partisans de Grindelwald, cette personne pourrait estimer que le jeu n'en valait pas la chandelle. C'était stupide, il le savait. C'était pour cela qu'il avait choisi d'avoir une garantie. S'il venait à disparaître ou à mourir, son avocat avait toute son enquête en guise de testament. Certains vous diront que s'il faisait cela, c'était parce qu'il était à la recherche de la gloire. Faux. Les Exterminateurs ne couraient pas après la gloire pour la simple et bonne raison : personne ne veut savoir ce qu'ils font exactement. La formule « déni plausible » n'était pas vide de sens pour les Forces Spéciales du Congrès Magique, du moins, dès qu'un mandat d'exécution était émis.

Les mandats d'exécution était des permis de tuer légaux. Non, il exagérait à peine. Même dans le cas présent, il était écrit noir sur blanc qu'il devait s'en prendre à une cible vivante, il pouvait la tuer et avec ce mandat dire « Oups, il allait me faire la peau » et s'en tirer. Et cela était valable pour n'importe quel être, humain ou non, qui avait pris part aux crimes sur lesquels il enquêtait, sans oublier qu'il pouvait utiliser tous les moyens qu'il jugait nécessaire pour remplir sa mission. Oh, il allait oublier de préciser que toutes ses règles s'appliquaient à ceux que le possesseur du mandat conviait à venir « jouer » dans son équipe. Voilà pourquoi certaines personnes voulaient faire en sorte qu'il n'y ait plus de mandats d'exécution. C'était les mêmes qui venaient pleurer quand des tueurs en série s'échappaient de prison et recommençaient leur massacre. Si un type avait un mandat d'exécution à son nom, les chances de récidive en cas de capture était moindre, et cela même s'il était pris vivant. La mort a tendance à calmer les pulsions meurtrières des pires raclures. Il y a des limites, on ne met pas le nom de quelqu'un qui ne serait pas au final condamné à mort en punition de ses actions sur un de ces mandats. Les Exterminateurs sauvent peut-être des vies, mais contrairement aux Aurors, ils le font en tuant des criminels. Et c'était pour cela que personne ne voulait réellement savoir ce qu'ils faisaient. C'était plus simple d'ignorer l'éléphant au milieu de la pièce que de l'en faire sortir.

Et plus simple de voir le monde en noir et blanc qu'en ce qu'il était : un nuancier de gris. Aussi monstrueux que soit Grindelwald, le mage noir avait des principes qu'il obligeait ses fidèles à suivre. Le premier d'entre eux était que l'on ne s'en prenait pas aux enfants qu'ils soient magiques ou non. Les utiliser, pourquoi pas, les menacer, pas de problème, mais toucher à un seul cheveux de leur tête… Non, non et non. Ce n'était même pas discutable. Et pour leur donner une place dans un plan, il valait mieux avoir un très bon argument.

C'est sur cette pensée qui passa sa porte et découvrit qu'il avait un visiteur, ou plutôt une visiteuse. D'un point de vue purement personnel, il aurait préféré que ce soit quelqu'un du fisc. Mercy Lecay l'attendait, trois tasses de café encore chaud posées devant elle. Et vu son expression, elle n'était pas là pour avoir une gentille conversation. Tout ce qu'il avait à espérer était qu'elle n'avait pas emmené le psychomètre qui travaillait pour elle. Il suffisait à ce dernier d'effleurer quelqu'un du bout des doigts pour en savoir davantage sur lui que sa propre famille, sans oublier qu'il pouvait tout aussi bien lire les objets. Et qu'importent les barrières d'occlumancie, cette capacité se moquait des défenses mentales comme de l'âge de pierre. Et oui, Mercy Lecay était un génie quand il s'agissait de trouver une utilité à des dons psychiques que la plupart des personnes considèrent comme des malédictions. Mais malgré tout si elle ne voulait pas être agréable, rien ni personne ne pouvait la faire changer d'avis. Il se rappelait encore, alors qu'elle était encore une auror, lors d'un interrogatoire qu'elle menait avec Perceval Graves, le suspect avait lancé que leur numéro du gentil et du méchant auror ne prennait pas. Elle s'était retournée vers son comparse et s'était exclamée « Il fallait un gentil auror ? » d'un ton si ingénu que la situation avait quelque chose de comique… Du moins pour les aurors. Le suspect avait nettement moins ri. Parce qu'aussi féminine et délicate qu'elle puisse être, le prénom de Mercy était d'une ironie certaine lorsqu'on était un criminel.

Si quelqu'un avait engagé Mercy, et qu'elle avait accepté de revenir dans une ville qu'elle avait quitté sans une explication, cela voulait dire que des problèmes allaient pointer le bout de leur nez plus dire qu'il ne le faut pour dire « licorne ». Et Maxime était prêt à parier que ce quelqu'un s'appelait Hector Bluesky. Et elle remplirait sa mission sans la moindre pitié pour ceux qui voudraient l'en empêcher. La question était de savoir si elle était là parce qu'elle savait qu'il était encore loyal au MACUSA, où si elle était là parce qu'elle pensait qu'il avait trahi leur pays. Dans le premier des cas, tout allait bien. Dans le second… Il était déjà trop tard pour courir. Qui que soit le renfort de l'ancienne auror, cet inconnu devait être plus que compétant. Mercy n'avait jamais supporté pas les imbéciles.

Il s'assit en face d'elle tout en soutenant son regard. Parfois, dans le cas d'un manque de luminosité, on pourrait croire qu'elle avait les yeux bruns ou verts, mais, c'était faux. Il aurait volontiers qualifié ses yeux de noisettes, mais, avec Mercy, la décrire d'une façon qui pourrait la faire sembler mignonne était le meilleur moyen de s'en prendre une. Elle, elle préférait les décrire comme étant simplement bruns-verts. Ce n'était pas faux, mais ne leur rendait pas justice. Au bord, ils étaient d'un gris-verdâtre avec un cercle brun pâle autour de la pupille. Bien entendu, le passage d'une couleur à l'autre se faisait avec un dégradé parfaitement harmonieux. C'était des couleurs toutes douces, mais mises en valeur comme elle le faisait à l'aide de son maquillage, ses yeuxs avaient quelque chose qui mettait en garde contre ses épines. Oui, pas de doute, aussi cliché que cela soit, Mercy était une véritable rose. Pas l'une de celles que l'on voit à mille lieux à la ronde, une toute petite avec des épines bien sournoises.

Avaient-ils été amis ? Il espérait que oui, tout comme il espérait qu'elle s'en rappellerait lorsqu'elle aurait envie de le tuer. Parce qu'elle allait avoir envie de le faire. Ce qu'il avait à dire n'allait pas lui plaire. Il pouvait toujours faire le con, jouer à l'idiot, mais au final, il devra bien lui dire la vérité et rien que la vérité. C'était une femme patiente et elle connaissait son travail. Du moins, elle le connaissait il y a deux ans, avant qu'elle démissionne sans dire pourquoi à qui de ce soit. Tout un tas de rumeurs circulaient sur ses raisons, mais personne la connaissant un peu n'oserait lui en balancer une en pleine face. Soit elle les trouverait drôles, soit l'inverse. Impossible à prédire.

-Vous savez pourquoi je suis là, lui dit-elle.

Elle le vouvoyait. Avant, elle ne le faisait pas, mais, il y avait une chose qui n'avait pas changé : comme toujours, elle mettait les pieds dans le plat sans dire tout à fait la situation, au plus grand déplaisir de ses cibles. Maintenant, il pouvait répondre « oui » au risque de se tromper ou faire l'erreur de garder le silence. Cette fille est une vicieuse. Et bien entendu, elle attendait une réponse et ne parlerait pas tant qu'elle ne l'aurait pas.

-Ce n'est pas moi qui ait volé le bonnet de Bob, fit-il.

Il avait dit la première chose qui lui vint un l'esprit. Parfois, il fallait qu'il réfléchisse. Certes, elle avait fait parti des Exterminateurs, les aurors des Forces Spéciales, mais, lui, il était toujours des leurs. Elle était là pour le travail, alors, il fallait qu'il se ressaisisse ou sinon, elle allait le bouffer tout cru. Au moins, elle avait seulement haussé un sourcil.

-Et c'est là, où vous me demandez qui est Bob ! Et moi…

-Je n'ai rien à faire de cette histoire de chèvre.

Il lui avait déjà fait ce coup-là. Dommage, il allait falloir qu'il trouve autre chose.

-Bluesky étant hors-course, c'est moi qui reprend le commandement de l'opération, l'informa-t-elle.

Alors qu'il allait ouvrir la bouche, elle lui jeta le regard. Celui qu'elle avait copié sur Graves, à moins que ce soit l'inverse. Bref, celui qui fait que vous vous sentez comme un gamin qui a cassé la fenêtre du proviseur avec son ballon et sous le nez dudit proviseur.

-Si vous voulez vérifier cette information, il vous reste deux jours. Passez ce délai, il sera transféré dans un hôpital où du personnel plus compétant le prendra en charge.

-Le personnel hospitalier du Congrès Magique est le meilleur du pays.

Maxime se sentait obligé de défendre une équipe soignante qui avait passé tellement de temps à s'occuper de lui après certaines de ses missions.

-Certes, mais pour traiter des malédictions, il vaut mieux des spécialistes. Avec ce qui vit dans le Bayou, je crois que les Guérisseurs du coin connaissent parfaitement ce sujet.

Elle n'avait pas besoin de faire la liste de tous ceux pouvant jeter une malédiction du même genre que celle qui tuait Bluesky à petit feu. N'importe quel sorcier savait que le Bayou n'était fréquentable que si on y était né. Mais il ne pouvait pas dire cela à une Cajun, avec sa chance, elle en serait native. Alors, il fit la seule chose qu'il pouvait faire. Le fait qu'elle lui ait dit où elle envoyait le « vieil homme » pouvait vouloir dire qu'elle lui faisait confiance. Ou qu'elle lui tendait un piège. Ou qu'elle lui disait la vérité parce qu'il finirait par se dire que c'était trop simple donc forcément un piège. Ou… Cette fille pouvait se montrer sournoise, parce que dans tous les cas il ne pouvait pas vérifier l'information. Il n'avait ni les contacts ni le temps, et il était certain que dès qu'il poserait des questions, la nouvelle de ses recherches arrivera à Mercy Lecay. Cette femme avait des yeux et des oreilles partout. L'avantage d'accepter de travailler étroitement avec des gens dont personne ne veut connaître l'existence.

-Oui, mademoiselle.

Il sait qu'il aurait dû dire « madame », mais « mademoiselle » était le nom de code de Lecay durant la guerre. Il ne savait pas si c'était une bonne idée de lui rappeler une période où ils avaient été amis. Il ne parvenait pas à savoir à partir de quand il ne l'avait plus été. Mais, la vie les avait séparés et ni l'un ni l'autre n'avait lutté contre ça. Qui avait commencé à ne plus avoir confiance en l'autre ? Lui ? Elle ? Ou tout simplement parce qu'il savait que quoiqu'il advienne, il n'aurait jamais son pragmatisme impitoyable.

-Votre rapport ?

Ce n'était pas une demande mais un ordre. Si elle n'avait pas démissionné pour se mettre à son compte, elle serait plus gradée que lui, et elle le savait. Il commença à lui donner la version édulcorée qu'il servait à tout le monde. Lorsqu'il eut terminé, elle lui demanda de le lui redire sans omettre les détails importants. Alors, il lui dit la version qu'il réservait à Bluesky. Si elle savait qu'il omettait des choses, il ne fallait mieux pas lui donner la tentation de récupérer ces informations de force. Elle avait des associés cauchemardesques. Il détesterait être la véritable raison pour laquelle elle est revenue à New-York. Une femme entra dans la pièce. S'il devait la décrire en deux mots, cela serait : « couleur chocolat ». bien entendu, c'était différente nuance de chocolat : sa peau avait la couleur chocolat au lait alors que ses yeux et ses cheveux étaient plutôt chocolat noir. Elle portait un manteau brun clair qui, loin de rendre l'ensemble redondant, la mettait en valeur.

-Ann, voici Maxime Reed, l'homme à tout faire d'Hector Bluesky. Max, voici Ann Blanchard, mon bras droit, les présenta Mercy.

La nouvelle venue lui tendit la main, il la prit et la serra. Puis, Blanchard alla tranquillement s'assoir et Max reprit son explication. Lorsqu'il arriva au passage des disparitions inexplicables, il sut que Mercy s'était déjà prête à partir en chasse. Pourquoi ? Question idiote. Mercy le regarda un instant, comme si elle essayait de comprendre ça réaction. Mais, elle savait déjà la réponse. Quelque part au fond d'elle, même si elle avait rendu son badge, elle était encore une auror. Et c'était pour cela qu'il pouvait lui faire confiance. C'était pour cela, qu'il savait qu'elle ferait ce qu'il faudrait pour eux. Les aurors veillent les uns sur les autres. Et elle prendrait tout les risques nécessaires pour eux, car pour elle, la situation était simple : des aurors avaient été enlevés par des dingues. Certains étaient même sans doute déjà morts. Au moins une dizaine des leurs. Leur instinct les poussait à partir à leur recherche, à ne pas trouver le repos tant qu'ils ne seraient pas de nouveau en sécurité. Peu importe s'ils n'avaient jamais parlé aux disparus, ou même si ces disparus avaient été les plus gros connards que la Terre ait jamais porté. Ce qui comptait, c'était qu'ils avaient un insigne et eux aussi. Dans une situation normale, ils auraient appelé des renforts qui seraient venus. Inconnus ou amis, ils seraient venus risquer leur vie pour eux. S'il l'avait fallu, ils seraient tous allés au feu ensemble, parce que c'est comme cela lorsque l'on porte un insigne. Quand tous les autres s'enfuient en courant, on fonce vers le danger, et tous ceux qui sont prêt à foncer avec nous sont nos frères d'armes. Lorsqu'un auror est blessé ou décédé, certains d'entre eux allaient à l'hôpital, d'autres sur les lieux du crime pour voir s'ils pouvaient se rendre utiles. Il y avait également ceux qui allaient voir la famille des blessés ou défunts. Mais personne ne restait les bras ballants. Si vous voulez commettre un crime dans une ville, attendez qu'un membre des forces de l'ordre vienne de se faire abattre : ses collègues lâcheront ce qu'ils sont en train de faire pour lui et vous serez tranquille...

Les civils pensent que c'est pour la « Grâce du Devoir ». Mais du tout, du moins, pas seulement. C'était parce qu'ils avaient conscience d'être ceux qui courent vers le danger plutôt que dans l'autre sens, et qu'ils avaient confiance en tout autre porteur d'un insigne se trouvant à proximité pour courir dans la même direction. Les aurors savent qu'ils affronteront le problème ensemble, parce que c'est leur boulot. C'est ce qu'ils sont.

La partie la plus difficile, celle qu'il n'avait eu encore le courage de dire à Bluesky, ou à elle, c'était qu'il y avait un traître chez les aurors. Quelqu'un qui n'avait pas seulement trahi leur pays. Il avait trahi tous ceux portant un insigne. Il avait trahi ceux qui s'étaient tenu à ses côtés durant une fusillade, ceux qui avaient collé leur épaule contre la sienne pour défoncer une porte… Il avait trahi ses frères d'armes.