Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.
Titre : Noir ramage.
Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.
Note : Cette histoire s'annonce être l'un des plus longues que j'ai écrite. J'ai déjà plus d'une cinquantaine de page au total, et je suis loin du moment où Norbert arrivera en scène.
Quelqu'un sait, je le sens au plus profond de moi. Et je sais qu'une personne très déterminée cherche des informations sur nous. Ma présence ici n'est pas un secret que j'aurais pu dissimuler ad vitam aeternam. Cette opération est trop gigantesque. Je n'ai pas eu besoin de me cacher. Les êtres croient ce que vous leur dites. Ils ne vérifient jamais, ne posent pas de questions, n'analysent pas la situation. Dites-leur que leur vie est menacée. Dites-leur que vous pouvez les sauver, et ils ne demanderont jamais : de quoi ? De qui ? Parler simplement de tyrannie, d'oppression, de vagues épouvantails qui ne nécessitent pas de réflexion. Ne précisez jamais qui est votre véritable ennemi. Ainsi, ils ne regarderont jamais devant eux, là où est la réalité. C'est un simple tour de prestidigitation. Le tout est de détourner l'attention, de les pousser à regarder ailleurs. Seuls les êtres déterminés ne participent pas à l'illusion partagée et continuent de nous observer de trop près. Les êtres déterminés sont dangereux. Et ils travaillent pour notre cause ou ils ne travaillent pas du tout.
-Gellert Grindelwald à l'un de ses partisans américains.
Chapitre 8 : Mercy Lecay, ou un pari risqué.
Cela faisait deux ans qu'elle n'était pas venue ici et cela ne lui avait pas manqué. Elle était venue ici après sa conversation avec Reed, laissant à Ann la tâche de continuer leur installation dans l'appartement miteux qui allait leur servir de base d'opération. Enfin… Vu qu'il était trois heures du matin lorsqu'ils avaient terminé de parler, elle était aller dormir. Puis, elle avait retardé le plus possible cette visite. Elle avait peur de ce qu'elle allait trouver. Pourquoi ? Parce que même si Reed ne l'avait pas dit, elle avait compris que toutes ces disparitions n'étaient pas possibles sans une aide interne. Quelqu'un travaillant au Congrès Magique avait trahi leur pays. Et elle n'avait pas envie de prendre le risque de découvrir que c'était un auror.
Cela faisait longtemps qu'elle savait que Grindelwald avait des fidèles un peu partout dans le monde, mais avoir confirmation qu'il y en avait une cellule ici-même aux États-Unis… Elle n'était plus une auror, mais cela restait quand même son pays. Elle était chez elle ici et elle refusait de laisser des imbéciles mettre sa patrie à feu et à sang. Voilà pourquoi elle s'était rendue seule au Cochon Aveugle. Le bar était vide à part un ou deux Elfes qui faisaient le ménage. Et pourtant, elle était en train de boire un verre. Qu'elle s'était elle-même servie. Peut-être qu'elle était sans gène, mais au moins, elle avait la délicatesse de ne pas venir mettre le bazar ici quand Gnarlak avait de la clientèle. Le gobelin ne devrait pas tarder, ce n'était pas bon pour lui qu'une gradée du MACUSA vienne le questionner, surtout si elle faisait partie des aurors, cela pourrait faire fuir certains de ses habitués, pour ne pas dire tous.
-Gnarlak, salua-t-elle le nouvel arrivant sans même se retourner.
-Lecay, lui répondit-il.
Il semblait contrarié, le pauvre chou. À croire que le fait de devoir venir ici ne la contrariait pas. Elle aussi, elle aurait aimé être ailleurs. Comme dans son lit. Elle rentrait à peine de mission et n'avait toujours pas écrit son rapport. Sans oublier qu'elle s'était lancée dans une opération noire sans aucun soutien logistique. Elle devait mettre tout en place. C'était déjà compliqué de diriger ce genre de chose, alors, devoir tout faire… Elle voulait des vacances qu'elle avait largement méritées de par sa dévotion et des milliers d'heures supplémentaires non-rémunérées.
-Que s'est-il passé durant mon absence ?
-Lisez les journaux.
Très drôle, elle était morte de rire. Il la prenait vraiment pour une dorcus (1). Est-ce qu'elle avait la tête de quelqu'un d'idiot et incapable ? Parce que si la question était oui, il allait falloir qu'elle revoit son style vestimentaire. Lire les journaux ne lui apporterait pas les questions à ses réponses. Elle s'était rendue chez Perceval Graves sous sa forme d'oiseau. Elle n'était pas rentrée, mais avait noté que tous les rideaux étaient tirés, l'empêchant de voir ce qui se passait à l'intérieur et que des individus suspects y étaient rentrés comme si de rien n'était. Pour être franche, ils étaient suspects parce que la situation l'était. En temps normal, elle ne leur aurait pas prêté le crédit d'avoir des intentions belliqueuses.
-Vous avez le choix : vous répondez à mes questions et je pars sans faire histoire. Ou sinon, je fais un truc qui me démange depuis des années : je vous arrête.
-Ou sinon, je peux ne rien dire et un de mes hommes peut vous montrer la sortie.
Elle eut un bref rire sans joie avant d'envoyer au diable l'élégance et la délicatesse. Elle l'attrapa par sa cravate et réduisit considérablement l'espace entre leur visages. Elle savait qu'elle n'avait pas le physique le plus impressionnant qui soit, mais dans ce genre de rapport, c'est celui qui peut franchir la ligne jaune qui remporte le combat.
-Ou sinon, je peux tout casser.
Elle n'avait pas besoin de dire qu'elle ne parlait pas uniquement du mobilier. Gnarlak avait déjà eu à faire à un exterminateur en colère et ses doigts ne s'en remettraient jamais. Les aurors des Forces Spéciales ne faisaient pas dans la dentelle, et il le savait que trop bien. Elle le fixa un long moment, attendant qu'il parle, mais, il eut une réaction bien plus révélatrice.
-Vous avez peur, murmura-t-elle. Vous préférez que je vous brise les os plutôt que de me donner le moindre indice. Qui a donc suffisamment de pouvoirs pour vous terrifier ? Lui demanda-t-elle en le relâchant.
Si le MACUSA fermait les yeux sur les activités annexes du gobelin, c'était parce qu'il était une source d'informations fiables. Depuis le temps qu'elle travaillait pour le Congrès et qu'elle le connaissait, c'était la première fois qu'elle le voyait refuser de fournir une information pouvant lui apporter quelque chose.
-Je peux peut-être vous aider…
Elle laissa sa phrase en suspense. Elle n'offrait pas réellement son aide, elle essayait plutôt d'obtenir plus d'informations et cela de manière détournée. Si par inadvertance le gangster lui fournissait un indice, elle pourrait avoir une idée d'où commencer son enquête.
-Si Graves ne peut rien faire, que pensez-vous pouvoir faire Lecay ?
Bloody Hell, comme le disait si bien sa grand-mère. Mais de quoi parlait-il ? Si Percival avait des problèmes aussi graves, il lui en aurait fait part. Elle était… avait été sa plus proche amie. Certains diraient même qu'elle avait été sa seule amie. Et cela avant même d'être son amante. Mais maintenant ? Elle avait tout brisé pour ne pas le contraindre à faire un choix. Deux ans, c'est très long. Elle repensa à ce que lui avait dit Bluesky, que la simple mention de son nom faisait du mal à Perceval. Et elle ne pouvait que compatir à sa peine. Elle portait son propre chagrin, bien caché, au fond de son cœur. Ce chagrin qui était né d'un sentiment qui, auparavant pouvait la pousser à agir comme une femme nouvellement et follement amoureuse. Elle espérait qu'elle ne serait plus victime d'un tel sentiment : une femme en proie à ce vertige, qui pouvait la pousser à dire ou faire n'importe quoi pour rendre l'autre heureux, ne pouvait pas survivre au combat qui venait. Elle le sentait du fond de ses os. Que Dieu lui vienne en aide, car, elle savait qu'elle l'aimait encore.
Elle comprenait la mise ne garde de Bluesky. Il ne l'avait pas prévenu contre un risque d'aveuglement. Il l'avait prévenu contre ce danger de manque de jugement instinctif. Il allait falloir qu'elle joue très finement si elle ne voulait pas risquer de se bruler les ailes. Et il allait falloir qu'elle creuse ce qui se passait chez Percival, parce que rien dans son comportement ne collait avec ce qu'on lui disait et ce qu'elle connaissait de lui. Même prisonnier de sa rancoeur envers elle, jamais, il ne laisserait cela interférer avec ce qui était bon pour leur pays. S'il était devant un mur, il savait qu'elle avait forcément quelqu'un dans son répertoire qui saurait comment le passer. Hors, ce n'était pas lui qui avait demandé à Bluesky de faire appel à elle. Le Capitaine des Exterminateurs lui avait même dit que Graves n'était pas au courant de sa mission actuelle. Rien que cela aurait dû lui mettre la puce à l'oreille. Et pourtant… Elle n'avait pas voulu voir ce qui était sous son nez. Maintenant, il ne lui restait plus qu'une seule chose à faire : réparer les dégâts. Ses dégâts.
L'odeur et maintenant le fait que le gobelin gangster disait que Percival ne pouvait rien faire… Sans oublier le rapport de Maxime qui était plus qu'alarment… Il se passait quelque chose et Bluesky gardait le directeur de la Sécurité Magique hors de ses tentatives pour arranger les choses. Elle n'avait rien vu pas parce qu'il n'y avait rien à voir mais parce qu'elle avait regardé au mauvais endroit. Elle allait devoir se renseigner avant de passer à l'action.
-Partez. Retourner dans votre Bayou natal, Lecay. Fuyez tant que vous le pouvez, sinon vous serez la prochaine.
Il n'y a pas à dire certaines personnes savent comment mettre les autres à l'aise. Elle était venue pour des informations, et elle en avait. Ce n'était pas celles qu'elle aurait voulu avoir, mais, c'était mieux que rien. Puisqu'il en était ainsi, elle allait devoir se rabattre sur les bonnes vieilles méthodes. Si cela continuait comme ça, elle allait devoir commettre une effraction. C'était pile poil la situation qu'elle avait voulu éviter en venant demander des réponses à Gnarlak. Elle allait de nouveau devoir aller voir Perceval Graves. Et oui, c'était un retour au plan A, elle allait le distraire pendant qu'Ann allait fouiller son bureau. Elle n'avait pas envie de faire cela. Ou plutôt, elle n'avait pas envie de le revoir. Se faire piétiner le cœur, même pas accident, ça va une fois par semaine maximum, plus c'est de l'acharnement... Pour être certaine que son ancien amant tombe dans le panneau, elle allait lui donner un autre sujet de préoccupation. Cela tombait bien, elle avait déjà organisé le transfert de Bluesky dans son dos, elle n'avait plus qu'à le lui laisser pressentir. Elle ne pouvait pas compromettre Maxime Reed, le boulot qu'il faisait pour elle était trop important. Mais, elle était pile poil au bon endroit pour faire circuler une rumeur.
-J'aurais une chose à vous demander…
-Non, répondit le gobelin. Laissez-moi hors de vos combines.
Elle lui sourit. Pas d'un sourire doux, mais plutôt d'un sourire qui voulait dire « Non, non, non. Tu es la mouche et moi l'araignée qui vais te manger ». S'il ne voulait pas de sa protection, dommage pour lui. La trahirait-il pour se venger de cette offense ? Sans aucun doute. Mais, en ce moment elle avait besoin de ses services.
-Peut-être pas aujourd'hui, mais demain sûrement.
Gnarlak lui retourna un sourire qui était une promesse d'ennuis à venir. C'était logique. Elle allait mettre un bon coup de pied dans une fourmilière contrôlée par Grindelwald, et ce gobelin allait se retrouver pris entre deux feux. Personne n'aimerait être à la place de ce gangster. Et vu son réseau de renseignements, il connaissait ce que Bluesky représentait pour elle et qu'elle le faisait transférer dans un hôpital plus adapté à ses blessures dans le dos de tout le monde.
Elle était en train de baser toute son opération sur le fait qu'elle serait vendue ce soir au plus tard. Comme ce Jésus des non-maj's chrétiens qui avait basé son dernier repas sur le fait que Judas serait capable de le vendre afin qu'il puisse ressusciter, preuve indiscutable de sa qualité de Fils de Dieu, finaude l'astuce... Mais contrairement au Christ, elle ne comptait pas mourir pour sauver l'humanité. Ann serait là pour couvrir ses arrières et la retrouver si elle venait à disparaître. La Nécromancienne avait une capacité innée particulièrement rare. Dans ce pays, il ne devait pas y avoir vingt personnes ayant un pouvoir inné dans la même catégorie qu'elle. Certaines d'entre elles étaient douées, mais le nombre diminuait à moins de quatre si on voulait quelqu'un ayant des capacités capables de rivaliser avec la nécromancie d'Ann. Alors oui, au-delà de leur amitié, elle lui faisait confiance pour faire ce qu'il fallait faire. Parce qu'on atteint pas un tel niveau de pouvoir en vivant en pleine lumière si on n'est pas obstinément têtue. Et puis, quand les morts sont nos camarades de jeu, il y a peu de choses qui peuvent nous donner du fil à retordre et nous empêcher d'agir.
Elle se leva et fit une révérence ironique pour saluer Gnarlak. Elle savait qu'elle jouait avec le feu, mais, elle voulait des résultats rapides. Elle regarda sa montre. Il était seize heures et elle avait encore le temps pour faire quelques petites choses avant de devoir regagner sa base d'opération pour y dormir.
(1) Insulte d'argot américain voulant dire qu'une personne est un imbécile fini. Dérivée du nom de « Dorcus Douzebranches » américaine à l'origine de la plus grosse infraction au Secret Magique.
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