Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.
Titre : Noir ramage.
Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.
Note : Merci à ceux qui me lisent et à ceux qui laissent à un message.
« Parfois, on lutte contre sa nature, parfois on s'y abandonne. Et parfois quand on n'a vraiment pas envie de se battre contre soi, on se retourne contre quelqu'un d'autre ».
-Ann Blanchard, Nécromancienne et Prêtresse Vaudou.
Chapitre 9 : Amethyst Graves, ou la crise d'adolescence.
Amethyst reposa sa tasse de thé. Elle n'aimait pas la tournure que prenait la discussion. Sa tante, sa grand-mère et sa cousine parlaient des minorités. Ou plutôt, elles employaient le ton plein de douceur qu'on réserve pour parler des chiens errants. Si elles savaient, elles en tomberait de haut... Mais, elles ne savaient pas, seul une poignée de personnes savaient qu'Amethyst faisait partie de ces minorités. Et oui, la famille Graves avait dans ses rangs une personne ayant une capacité innée. Et elle n'avait personne à qui en parler. Du moins personne de son âge.
Son oncle savait ce qu'elle était. Comme son ancienne compagne qui lui avait donné l'adresse de quelques personnes comme elle pour qu'elle puisse se confier à quelqu'un qui comprennait. Mais toutes ses personnes étaient de la génération de son père. Elle ne se voyait pas leur écrire pour venir leur raconter des problèmes d'adolescentes. Non, la seule personne de son âge était sa cousine, Caelia Blake. Qui d'un point de vue technique était plutôt sa grande cousine. En fait, arrière-grand-père Graves s'est remarié avec une femme plus jeune que son fils moins de dix ans après la mort de sa première épouse. Inutile de dire que grand-père Erec l'avait plutôt mal pris. De cette union, est née une petite fille appelée Iseult, oui, Iseult avec un I et non un Y. Non, cette génération là non plus n'a pas échappé aux prénoms tirés de la légende Arthurienne. Revenons à Iseult qui est donc la tante de Percival et Hector Graves et la belle-sœur de grand-mère Morticia. Cette chère Iseult, paix à son âme, a eu une fille à son tour, Caelia. Caelia, de deux ans l'ainée d'Amethyst, a été la première personne née au sein de la prestigieuse famille Graves à échapper à la malédiction du prénom venant tout droit de la table ronde depuis… Trois générations. Pour en revenir à l'arbre généalogique, après la mort d'Iseult, le père de Caelia ne voulait pas s'occuper d'elle, c'est donc tante Morgane, la petite sœur d'oncle Percival et du père d'Amethyst et fille adoptive de grand-père Erec et grand-mère Morticia, qui élèvent Caelia. Si vous n'êtes pas perdu et que vous n'avez pas besoin de relire vos notes, cela veut dire que vous êtes prêts à vous présenter au concours d'aurors. Donc, Caelia est la petite-fille parfaite qui rend parfaitement fière la grande dame qu'est Morticia Graves. Si vous ne le pensez pas, regardez-la sourire en regardant Caelia. Si cette lèvre qui se soulève de moins d'un centimètre n'est pas un grand sourire proclamant hautement sa grande fierté... Et du haut de ses quatorze ans, Amethyst ne se rappelait pas d'avoir réussi à obtenir une telle réaction de sa grand-mère.
-J'ai entendu une rumeur sur une école pour enfant spéciaux...
On sentait bien les guillemets qu'employait grand-mère Graves sur le mot « spéciaux ». Comme si dire que tout le monde ne rentrait pas dans la norme était monstrueux ! Aussi curieux que cela puisse paraître, c'était à cause de conversation comme celle-là qu'Amethyst n'osait pas avouer ce qu'elle était. Une Photokinésique. Elle avait la capacité mentale de contrôler la lumière. Avec un peu d'entrainement, elle pourrait… Créer des champs de force ou des boucliers avec de la lumière. Ou même projeter des vagues d'énergies accélérant la guérison. Du moins, d'après le livre que Mercy Lecay lui avait offert quant elle fréquentait encore son oncle. Livre qu'Amethyst emmenait partout avec elle aussi bien parce qu'il lui était d'une grande aide que parce qu'elle avait un peu peur que quelqu'un ne tombe dessus et découvre ainsi ce qu'elle était.
-Cela doit être qu'une rumeur, signala tante Morgane. Aucune famille ne voudrait avouer avoir des…
Erreur de la nature ? Vas-y Tatie, dis tout haut ce que tu penses vraiment des sorciers différents de toi. Tu as bon passer ta vie à organiser des œuvres de charités, tu n'en comprends pas la nature. Tu ne comprends pas la nécessité que tout cela change.
-Ce n'est pas comme si c'étaient des Cracmols. Eux, peuvent au moins s'adapter au monde non-maj', se rattrapa tante Morgane avec un petit sourire désolé.
Elle ne se rendait même pas compte. Correction. Elles ne se rendaient même pas compte. Sous couvert d'amabilité et de bien-pensance, ni sa grand-mère ni sa tante ne se rendaient comptent de leur racisme. Tout ce qui n'était pas tout simplement sorcier n'était pas convenable, avec une grand tolérance pour les Créatures Magiques, mais, il ne fallait pas en demander plus. Amethyst avait envie d'hurler. De hurler pour qu'elles la regardent. Mais, la regardent vraiment. Qu'elles voient les dégâts que leurs préjugés faisaient. Elles étaient des femmes de la haute-bourgeoisie sorcière américaine, elles pouvaient commencer à faire de ce monde un monde plus juste parce qu'elles avaient les bonnes relations. Mais non. Elles parlaient, critiquaient… Sans savoir.
Amethyst se leva et quitta la pièce. Personne ne semblait avoir remarqué son départ, c'était toujours comme cela. Elle était la bâtarde, celle qui prouvait qu'un Graves pouvait avoir un comportement contraire aux bonnes mœurs. Elle n'était pas née d'une tragédie, elle était née d'une nuit d'amour sans amour. Et plus le temps passait, moins elle avait le physique d'une bonne petite Graves. Des cheveux trop blond, une taille trop petite… Sur les photographies, on voyait tout de suite qu'elle n'était pas tout à fait à sa place. Une fois, une comparse de grand-mère Morticia était même allée jusqu'à demander si elle n'avait pas été adoptée. Le pire dans cette histoire avait été le léger pincement de lèvre de sa grand-mère comme si cela aurait été préférable. Elle ignorait si c'était du mépris face à sa naissance ou juste le fait que sa grand-mère était déçue que son plus jeune fils ne se soit pas marié avant d'avoir un enfant. Dans ces deux cas, cela faisait mal. Presque autant que les regards gênés que son père lui lançait en biais lorsqu'il osait la présenter comme étant sa fille.
Une chance qu'elle ait son oncle Percival. Ce dernier semblait toujours heureux de la voir, heureux de lire ses lettres. C'était le seul membre de sa famille qui lui donnait l'impression d'être à sa place. Mais même cela touchait à sa fin. Après sa rupture avec Mercy Lecay, qu'il n'avait jamais pardonné à grand-mère Morticia qui en était la cause, il s'était détaché de leur famille, mais pas d'elle. Non, il était resté à l'écouter, à la soutenir… Jusqu'à, il y avait maintenant un ou deux mois. À partir de ce moment, il s'était fait plus distant et ce n'était qu'une façon polie de dire qu'il avait brusquement coupé tout lien avec elle. Étant donné qu'elle continuait à le fréquenter dans le dos des autres Graves, elle ne pouvait pas en parler à qui que ce soit. C'était une nouvelle blessure avec laquelle elle devait vivre. Les larmes aux yeux et le cœur lourd, elle monta dans sa chambre. Du moins, la pièce qui était sa chambre quand elle était chez ses grand-parents, soit les trois-quart de son temps quand elle n'était pas au pensionnat. À vrai dire, même là-bas, elle n'avait pas d'endroit qu'elle pouvait appeler sa chambre. Elle n'était pas Caelia. Elle ne savait pas se faire des amis et surtout, elle ne voulait pas passer son temps à mentir aux gens qui lui feraient confiance. Quelque chose toqua contre la fenêtre. Essuyant ses larmes, elle écarta le rideau avant d'ouvrir.
Un Corbeau entra dans la pièce. Amethyst savait que certains sorciers utilisaient ces oiseaux pour porter des messages, mais, contrairement aux chouettes, on ne leur confiait pas de longues lettres. Juste une note qu'on nouait à leur patte. Comment savait-elle que c'était un oiseau messager ? Simple, il lui tendait la patte. Délicatement, elle détacha la missive. Elle ne connaissait qu'une seule personne qui préférait ces oiseaux aux hiboux. Et connaissant l'énergumène, c'était plus pour une question de discrétion vis-à-vis des non-maj's qu'autre chose.
« Amethyst,
« Je sais que cela va faire plus de deux ans que je n'ai pris de vos nouvelles d'aucune manière, mais, j'ai véritablement besoin de vous. Il s'agit de votre oncle Percival. Pour des raisons évidentes, je ne devrais pas me mêler de cela, mais, je n'ai pas pu m'empêcher de constater qu'il avait changé.
« J'aimerais que vous me confirmiez ou infirmiez mon sentiment.
« Cordialement,
« Mercy Lecay.
La personne qui avait écrit ce mot avait essayé de garder une certaine distance, comme si elle ne voulait pas trop en dire. Oui, elle analysait la lettre, si son oncle était son adulte préféré, c'était surtout parce qu'il lui apprenait plein de choses utiles et qu'il ne la traitait pas comme un bébé. Elle aurait pu être vexée que Mercy ne lui écrive uniquement que parce qu'elle avait besoin de son avis, mais, ce n'était pas le cas. Elle ne savait pas ce que sa grand-mère Morticia avait fait, mais vu que son oncle refusait de lui parler depuis que la louisianaise était sortie de leur vie, elle n'avait pas dû y aller de main morte. Voilà qui expliquait la distance. Et malgré ça, même elle s'était rendue compte que quelque chose n'allait pas. Alors, pourquoi ce n'était pas le cas du reste de la famille Graves ? Parce que cette famille était divisée et qu'elle devait être la seule à avoir pris le partie de son oncle vis-à-vis de sa grand-mère. Par conséquence, elle était la seule à pouvoir remarquer ces changements, vu qu'elle était la seule à toujours parler avec Percival. Ou plutôt à correspondre avec lui.
Mercy lui demandait s'il avait changé. Si la question était est-ce qu'il avait changé dans le genre « je ne réponds pas au lettre de ma seule nièce » ? Alors, oui, il avait changé. Disparu l'homme qui prenait des nouvelles d'Amethyst toutes les semaines parce qu'il savait qu'elle n'arrivait pas à s'adapter. Si grand-mère Morticia tombait sur cette lettre, elle piquerait une véritable crise. Pour une raison qui échappait totalement à l'adolescente, elle ne supportait pas Mercy. La jeune fille prit un parchemin et entreprit de répondre à l'ancienne auror. Vu que c'était une adulte qui posait la question, elle ne risquait pas de passer pour folle en disant qu'il y avait en effet un problème.
« Mercy,
« Ne vous inquiétez pas, votre silence est largement pardonné par le comportement de ma grand-mère envers vous. Quant à mon oncle… Disons qu'une brouille familiale fait que je ne suis même pas censée correspondre avec lui, alors, je ne peux signaler à personne d'autre que vous que les lettres que je lui écris me reviennent sans être ouvertes.
« Je doute que ce soit la réponse que vous espériez même s'il s'agit de la triste vérité.
« En espérant vous revoir,
« Amethyst Graves.
Et si sa grand-mère trouve quelque chose à dire sur l'identité de ses correspondants, cela lui servirait de leçon. Elle refusait de ne pas parler à une femme bien parce que Morticia Graves avait dit que c'était ce qu'il fallait faire. Et puis, Mercy lui avait déjà parlé de ses amies les plus proches, amies qu'elle avait mis en contact avec Amethyst, même si la jeune fille avait fini par ne plus leur écrire pour ne pas remuer le couteau dans la plaie de Mercy. Oui, Mercy saura comment l'aider face à son pouvoir grandissant.
C'était décidé, avant de revenir à Ilvermrony, elle irait voir son oncle Percival. Quelque soient les raisons qui le poussaient à l'écarter de lui, elles ne pouvaient pas être suffisamment justes.
