Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.
Titre : Noir ramage.
Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.
Note : Merci à mes lecteurs et ceux qui laissent un messages.
« Il n'y a pas de faible femme, juste des hommes mous ».
-Jade Blanchard répliquant à son père alors que celui lui ordonnait de rompre ses fiançailles et traitant son opiniâtreté de « faiblesse féminine ».
Chapitre 14 : Percival Graves, ou une promesse.
Sur le plafond blanc, un ornement en relief en forme de couronne, et en son centre un espace vide, comme un visage brisé par un éclat d'obus. Avant, il y avait un lustre, mais, on avait pensé à retirer tout ce à quoi on pouvait accrocher une corde. Une fenêtre, deux rideaux. Un blanc qui laissait la lumière passer sans permettre au voisinage de voir l'intérieur de la pièce et un opaque qui bloquait toute lumière la nuit. La fenêtre bloquée, ne s'ouvrait qu'en partie, à peine l'espace de passer un doigt. Des runes gravées sur le parquet autrefois parfaitement lisse. Elles l'empêchaient de jeter le moindre sort, et cela malgré qu'il sentait encore la magie couler dans ses veines. Elles devaient être utilisées dans le cadre de la magie rouge (1) vu que les autres sorciers n'avaient pas de mal à user de leurs pouvoirs. Il ne pouvait pas être catégorique vu qu'il n'avait jamais étudié en profondeur ce type de magie : elle ne faisait pas partie du programme d'Ilvermorny et on parlait juste de la théorie de la sangmagie durant la formation des Aurors. S'il s'en sortait, il ferait changer cela, du moins, pour le programme à l'Académie des Aurors. On avait retiré les baldaquins du lit. Il ne faisait rien dans ce lit, sauf dormir. Et penser. Comme beaucoup d'autres choses, dans sa situation, la pensée devait être rationnée. Il y avait beaucoup de choses auxquelles penser n'était plus supportable. Comme le fait de passer la porte. Il savait pourquoi il n'y avait plus de lustre et pourquoi la fenêtre s'ouvrait à peine. Ce n'est pas une évasion qu'ils craignaient de sa part. Dans son état et sans baguette, il n'irait pas loin. C'était un autre type de fuite, celle que l'on peut s'offrir si on possède au objet tranchant qu'ils voulaient prévenir.
Ces détails transformaient totalement un lieu qu'il connaissait sous le bout des doigts, en un lieu anonyme, telle une chambre d'hôtel bon marché, ou au sein d'une pension pour personne à moyen restreint. Cette atteinte à son intimité le blessait au plus au point, renforçant son sentiment d'abandon et de désespérance. Grayson l'avait trahi, mais cela, il aurait pu s'y attendre : tant de rancœur en un seul homme ne pouvait qu'exploser. C'était pour cela qu'il ne l'avait pas choisi comme bras droit : trop dangereux. C'est le fait qu'il soit allé jusqu'à trahir leur pays pour se venger d'offenses imaginaires qu'il n'avait pas anticipé. Une erreur de débutant que Bluesky n'aurait pas fait. Cet homme se méfie de tout et, d'après certaines personnes, même de son ombre. En fin de compte, il pouvait se montrer encore trop naïf. Encore une autre bonne raison de garder Bluesky comme bras droit. Enfin, ce qu'il en restait, mais, il avait confiance, ce vieux dinosaure s'en sortirait toujours. C'était dans son sang.
Tout cela n'aurait pas eu lieu s'il avait été… S'il n'avait pas commis tant d'erreurs envers Mercy. Mercy avait vécu des années dans une chambre comme ça lorsqu'elle était arrivée à New-York et ce même après que sa situation financière se soit améliorée garce à de bons investissements.
On avait laissé uniquement les meubles qu'on ne pouvait pas déplacer facilement. Il savait qu'il était prisonnier et qu'il ne pouvait qu'attendre. On lui avait bien fait comprendre que ce confort était un privilège qui pouvait lui être retiré. Qu'il était un hôte « privilégié » avec sa propre chambre. C'était sans doute le pire dans sa situation. Grindelwald portait ses vêtements, vivait sa vie, souillait sa demeure en y demeurant, mais il profanait la pièce où Perceval était censé être le plus en sécurité en l'y enfermant, en l'y « interrogeant ». « L'endroit où on a le plus de chance de mourir, c'est dans notre lit. Du moins, statistiquement ». Ce n'était pas sa voix qui venait de lui dire ces mots, ni celle du mage noir. C'était celle de Mercy. Elle avait toujours un proverbe ou une statistique à lancer en cas de besoin. Ou simplement pour faire sortir quelqu'un de ses gonds.
Mercy. Grindelwald n'avait pas caché qu'il s'intéressait à elle. Il ne savait pas ce qu'elle mijotait, mais, il la connaissait assez pour savoir que cela serait chaotique. Cela lui donnait un peu plus de forces pour continuer à résister. Pas d'une grande résistance héroïque, quelque chose de plus passif. Ne pas parler, ne pas réagir. Juste laisser l'autre perdre son temps. En fait, ce n'était pas son genre de faire ça. Lui, il était plus pour foncer dans le tas et voir ensuite, alors que Mercy… Mercy savait être patiente. Elle prenait son temps pour peser et repenser toutes les options qui lui étaient possibles et alors seulement, elle faisait quelque chose qu'on pourrait qualifier de courageusement irresponsable ou incroyablement stupide. Parfois, elle jetait des petits cailloux dans la mare, juste pour dire, mais chacun de ses cailloux avaient un but précis. Tester une limite, voir l'attention qu'on lui portait, évaluer un adversaire… Mais, elle n'avait pas de plan, jamais. Comme elle se plaisait à le dire souvent : « Un plan ne survit pas aux premières minutes de son application, alors, pourquoi en faire un d ? ». Oui, Mercy n'était pas le genre de femmes à ne rien faire quand elle pouvait agir. Il lui donnait encore une semaine avant d'être une épine dans le pied du mage noir.
Quelqu'un frappa à la porte. C'était tellement incongru qu'il ne sursauta même pas alors qu'il venait d'être tiré de ses pensées. Ce n'était pas logique, Grindelwald était déjà passé ce soir et c'était la seule personne qui venait de le voir. Sans oublier que le mage noir ne frappait pas à la porte. L'homme qui passa le seuil le surpris. Maxime Reed. Celui, qui après le départ de Mercy, était devenu le bras droit d'Hector Bluesky, le Chef du bureau fédéral des Exterminateurs, les Forces Spéciales des Aurors du Congrès Magique. Si on lui avait demandé de parier sa vie sur la loyauté d'un auror, il aurait juré que c'était la dernière personne susceptible de trahir les États-Unis.
-Nous n'avons pas beaucoup de temps, Patron. Je suis venu juste pour confirmer une intuition, lui dit l'Exterminateur d'une voix pleine de colère contenue.
-Que faites-vous ici ?
-Mon boulot, j'enquête, se défendit Reed en levant les mains dans un geste universel d'innocence. Plus pour Bluesky vu qu'il a été méchamment blessé, mais pour notre Mercy. Vous savez, celle qui ne se met pas en colère si elle peut vous rendre la monnaie de votre pièce avec les intérêts.
Il y avait une question qui hantait Percival depuis que Grindelwald s'était vanté de savoir si bien l'imiter qu'il arrivait à tromper une de ses anciennes maîtresses. Il aurait pu le croire, si l'amante en question n'avait pas été Mercy. En tant qu'ancienne auror, elle était plus méfiante et mieux armée que les autres. Mais était-ce vrai ? Avec son parcours dans les Forces Spéciales, elle pouvait aussi jouer la comédie sur commande et Grindelwald était tellement sûr de lui que c'était une faiblesse. Une de celle que Mercy excellait à exploiter. Personne n'est infaillible.
-Est-ce qu'elle sait ?
-Que vous êtes ici ? Je viens de le savoir et je suis infiltré dans ce réseau depuis plusieurs mois. Elle est arrivée en ville fin août. Ce n'est plus qu'une question d'heures avant qu'elle sache que la liste des aurors enlevés par les partisans de Grindelwald est plus longue que ce qu'on pensait et que vous en faites partie.
-Vous ne lui avez pas encore dit ?
Le ton de Percival était agressif et il le savait parfaitement. Pour sa défense, il avait de bonnes raisons de ne pas être patient. Une lueur d'espoir naissait et un regain de vitalité le saisissait.
-Quand je dis que je viens de l'apprendre, cela veut dire que je le suspecte depuis quelques jours, et j'en ai eu confirmation il y a moins de trois heures en surprenant une conversation que je n'étais pas censé entendre. Et non, dès que la voie s'est dégagée, je suis venu confirmer l'information avant de transmettre une nouvelle qui la pousserait à faire tout exploser.
Reed marqua une pause avant de se corriger :
-Mauvaise formulation.
-Non, votre formulation était très bien, mais nous parlons de Mercy. Elle n'a pas son pareil pour embrouiller une situation.
Vrai. Mais, elle ne compliquait pas la situation seulement pour les criminels, elle le faisait aussi pour tout ceux qui l'ennuyait. Et si elle s'arrangeait pour que sa liste d'ennemis se raccourcisse, elle s'en faisait régulièrement des nouveaux. Et elle était capable de faire exploser, dans le sens littéral du terme, deux ou trois trucs au passage : l'un de ses tours préférés était une potion explosive bien placée.
-Quelle est la situation ? Demanda Percival.
-Bluesky est hors-course et Mercy l'a fait évacuer vers un lieu sûr qu'elle seule connait. Et c'était le seul auror haut gradé au Congrès qui prendrait le risque de déclencher des combats au cœur de New-York sans preuve irréfutable.
Logique. Elle évacuait les personnes pouvant être utilisées contre elle et, surtout, qui ne pouvaient pas se défendre. Certains pourraient juger cela comme une perte de temps inutile, mais, elle n'allait pas engager ses forces avant de savoir la profondeur exacte de la merde dans laquelle elle allait plonger. Alors, autant utiliser ce délai pour vérifier tout cela de façon productive.
-Et je n'ai pas la moindre idée de comment vous faire sortir d'ici sans griller ma couverture, déclencher un combat général et provoquer des dégâts collatéraux incontrolables.
Percival n'avait pas la moindre envie de rester ici, mais, il commençait à comprendre assez Grindelwald pour savoir que ce dernier tuerait les aurors qu'il avait en son pouvoir s'il venait à s'enfuir. Et cela juste parce que l'égo du Bulgare aurait été froissé. Le Directeur de la Sécurité Magique préféra se concentrer sur autre chose qu'une possible catastrophe. À la réflexion, la catastrophe avait déjà lieu chaque jour où le mage noir lui volait aussi bien sa vie que son identité et tissait sa toile dans le MACUSA.
-Quel ordre vous a-t-elle donné ?
Parce que Mercy était une excellente officier, elle ne laissait pas partir les gens sous ses ordres sans mission définie, même si elle ne passait pas tout de suite à l'action. Et elle essayait d'avoir toujours un plan. Même s'il tenait souvent à un « on verra ». C'était une chose qui l'avait toujours exaspéré chez elle. Dans sa situation actuelle, pieds et poings liés, soumis à la volonté d'un pervers narcissique assoiffé de pouvoirs, il devait s'en remettre à Reed et à Mercy pour retrouver sa liberté. La patience, la patience était et serait sa seule alliée dans les jours à venir. Ça et une infinie certitude qu'il s'en sortirait maintenant que Mercy l'avait localisé
-Mercy m'a donné des instructions très strictes pour que je fasse tout ce qui est possible pour que vous ne passiez pas l'arme à gauche, révéla Reed, un sourire mi-ironique mi-amusé aux lèvres.
Percival marqua une pause. Mercy avait donné cet ordre sans avoir toutes les informations. Lorsqu'elle l'avait fait, elle le l'imaginait libre de ses mouvements et travaillant dans un endroit sûr. Dans la situation actuelle, il était impossible que Reed puisse réussir cette tâche. Grindelwald ne le laisserait jamais partir. Du moins, pas autrement que les pieds devant.
-Maxime, vous n'êtes pas responsable de moi.
-Je sais, mais, je prends Mercy très au sérieux.
-Je lui parlerai.
-Vous pouvez essayer, mais, les chances que Grindelwald vous laisse partir sont minces, même si c'est pour faire la morale à quelqu'un.
-Vu qu'elle n'avait pas toutes les données, si je meure, Mercy ne sera pas assez mesquine pour vous le reprocher. Sans oublier qu'on ne peut vous tenir pour responsable des actes d'un mage noir.
-Vous croyez que Mercy prendra ce fait en compte ?
-Oui.
Maxime eut un léger mouvement de tête qui était une façon comme une autre de dire poliment à son supérieur qu'il était en train de dire une énormité. Énormités comme celles dites par un enfant sachant qu'il a tort mais qui refuse de l'admettre par fierté. Bref, le message était « vous être un grand naïf patron ». Et personne n'avait oser traiter Percival Graves de naïf depuis l'école primaire. Il exagérait, en fait juste depuis qu'il était devenu auror il y avait plus d'une décennie. Bon, d'accord, il avait quarante ans, il était rentré à l'école d'auror il y avait vingt-trois ans. Il était donc plus proche des deux décennies de service actif que d'une.
-Si vous mourez, nous sommes tous morts. Si elle nous tient pour responsables de votre mort, elle nous élimera un à un et cela jusqu'au dernier. Cela lui prendra du temps, et il se peut que l'un de nous la tue avant qu'elle n'ait fini. Je suis doué pour rester en vie, Grindelwald et ses hommes doivent l'être également, et les aurors du Bureau de la Protection des Personnalités aussi. Même Mercy aura du mal à venir à bout de nous tous, surtout si nous l'attendons de pieds fermes. Mais, elle emportera un certain nombre de personnes avec elle. Alors, rendez-nous service, patron, et tâchez de rester en vie le temps qu'on vous fasse sortir d'ici, d'accord ?
Il n'y avait pas grand-chose à répondre à cela, il n'avait aucun mal à croire que Mercy était capable de faire un carnage, mais, parler de cela semblait réconforter Maxime. Une partie de lui voulait dire à Reed qu'il se trompait, mais l'autre… L'autre se demandait comme il réagirait si les rôles étaient inversés : Mercy qui mourait après avoir été torturée pendant plusieurs semaines. La réponse à cette question était simple. Il n'irait pas jusqu'au massacre d'innocents, mais tous les gens qu'il tiendrait pour responsables verraient leurs jours comptés. Il avait beaucoup plus de règles morales que Mercy, alors s'il était prêt à exercer des représailles pour elle, cela paraissait logique qu'elle soit prête à faire pire pour lui. Pour l'instant, tout ce que Percival pouvait faire était de ni mourir, ni simplifier la vie de Grindelwald en attendant une possibilité de fuite.
-Reed, calmez-vous. Vous n'êtes pas encore sur la liste noire de Mercy. Elle a un plan. Même quand ce n'est pas le cas, elle arrive à en avoir un.
-Avant de dire cela, n'oubliez pas qu'avant elle était une Exterminateur, comme je le suis toujours. Je l'ai vu faire des choses qu'elle ne fera jamais devant vous. Croyez-moi, je préférerais avoir n'importe qui d'autre aux trousses, ou presque.
Mercy est dangereuse, et dire que Mercy est dangereuse est dire que l'eau mouille et que le feu brûle. C'était des faits et rien ne pouvait les changer. Mais, Mercy n'était pas que cela. Elle était aussi une fille capable de dépenser une somme d'argent astronomique juste pour la sécurité d'une poignée de gosses. Oui, il était au courant pour la Lune Bleue et l'aide que cet établissement recevait de l'Agence Lecay.
-Je vais survivre, fit Percival. Je vais survivre parce que je ne peux pas laisser Mercy étrangler Grayson à ma place.
-C'est une bonne raison, reconnut Reed.
Le soulagement de l'Exterminateur était visible. Sans doute parce que Percival avait la réputation de toujours tenir parole. Ou peut-être parce qu'il était soulagé de voir que son supérieur ne comptait pas baisser les bras. Maintenant, il était temps de changer de sujet.
-Vous avez dit qu'il n'y avait pas assez de preuves pour faire quoi que ce soit d'officiel, fit Percival pour changer de sujet.
-Et c'est ça qui rend les opérations noires délicates.
-À chaque fois, c'est le même schéma lors d'une disparition. L'auror prend un congé pour raisons personnelles sans prévenir, ou part en mission, puis, plus rien… Personne ne le voit partir ou ne sait où il est. Quant aux missions, elles sont bidons, Bluesky a vérifié lui-même, avant…
-Avant de finir à l'hôpital. Rien de tout cela n'était bon.
-Quel est le point commun entre eux ?
Reed eut un sourire en coin qui voulait dire que Percival avait touché juste.
-Tous enquêtaient sur des mouvements suspects, contrebandes, trafics en tous genres, etc... qui m'ont amené au réseau que j'ai infiltré, ce qui m'a conduit à la cellule des Fanatiques de Grindelwald à New-York, fit Reed en regardant sa montre. Bon, je dois y aller. Grindelwald m'attend. Si je suis en retard au bureau, il va se douter de quelque chose.
-Soyez prudent.
-Comme une vierge lors de sa nuit de noce. Et vous, n'oubliez pas de ne pas mourir.
Percival ne répondit pas et regarda la porte se refermer. Dans le fond, qu'il meure serait la solution la plus simple. Si Grindelwald le gardait en vie, c'était pour pouvoir continuer à utiliser son identité. Il espérait qu'aucun de ses aurors n'aurait à souffrir parce qu'il ne pouvait se laisser mourir sous prétexte que Mercy ne le supporterait pas. D'ailleurs, à la réflexion, sa mère non plus. Ceux qui auraient la chance d'échapper à l'ancienne auror auraient affaire à Morticia Graves. Cette dernière ne les tuerait pas, cela serait bien trop vulgaire pour une femme de sa qualité, elle les détruirait.
(1)Type de magie utilisant du sang comme base.
