Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.

Titre : Noir ramage.

Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.

Note : Voici un nouveau chapitre. Il est un peu court, mais je l'aime bien.


« La doctrine, l'équité, l'amour pour tous ceux qui sont nos subordonnés et, pour tous les hommes en général, la science des ressources, le courage et la valeur : telles sont les qualités qui doivent caractériser celui qui est revêtu de la dignité de Général. »

- Sun Tzu, L'Art de la guerre.


Chapitre 15 : Gellert Grindelwald, ou que Dieu me garde de mes amis, je m'occupe de mes ennemis.

Grindelwald avait un problème. Mais un problème qu'il devait régler sans faire de vagues. Ce problème s'appelait Grayson. Cet homme lui avait été utile et même très utile, il devait bien le reconnaître et c'était pour cela qu'il ne s'en était pas encore débarrassé. Surtout qu'il pouvait avoir encore besoin de lui, il était efficace comme chef de la section de l'est. Mais, il était aussi un danger potentiel. Cet homme était totalement dévoré par la haine et la jalousie. Deux moteurs pratiques et efficaces pour l'attirer de son côté, mais, qui pouvaient se retourner contre lui. Un mot, un geste de trop et il prenait la mouche et retournait sa veste, le laissant à découvert. Une probabilité à ne pas négliger quand on a de grands projets…

C'était pour cela qu'il avait demandé un second avis à Reed. Ce dernier ne semblait pas avoir de ressenti personnel contre l'un de ses collègues, anciens ou nouveaux. Son avis serait sans doute plus fiable, ou du moins, moins à charge. Lui aussi avait dit que Lecay pourrait être dangereuse, mais cela serait plus dû à la difficulté de prévoir ses réactions qu'autre chose. Une femme faible et instable. Loin du grand danger décrit par Grayson.

Sa décision était prise, une fois qu'il aurait pris le contrôle du monde sorcier, il l'éliminerait. Il ne pourrait jamais compter sur lui en situation de crise, par conséquent, il ne pourrait pas lui confier les États-Unis, jamais quelqu'un comme Grayson ne pourrait gérer un si vaste territoire. De plus il était trop instable et surtout trop imbu de sa personne. Pour l'instant, Grayson admettait qu'il était son supérieur et dans l'organisation et en intelligence, il le servait docilement et même servilement, mais un jour, il pourrait changer d'opinion et se sentir des ailes…. En plus, il ne manquerait pas à sa parole, il ne lui avait jamais promis quoique ce soit, tout l'art était là, laisser entendre aux faibles ce qu'ils voulaient entendre.

Reed n'avait pas ce genre de faiblesse. Il avait rejoint son mouvement parce qu'il avait la foi dans un meilleur monde, dans le plus Grand Bien : un idéaliste. Il servait une cause à laquelle il adhérait de toute son âme. Un homme agissant par conviction est une arme très puissante et nettement plus fiable qu'un aigri. Ce genre de personne ne plierait pas et refuserait les compromis matériels qui pourraient le détourner de sa voie. Sans oublier que Reed connaissait ses propres limites. Comme il lui avait avoué, il était un homme d'action, pas de réflexion.

Maintenant, il fallait qu'il réfléchisse, quelque chose ne tournait pas rond. Bluesky s'était échappé de l'hôpital où il l'avait placé en quarantaine, sous haute surveillance. Comment ? Et surtout aidé par qui ? Lequel de ses hommes chargés de le garder avait-il bien pu le trahir ? L'évasion ne pouvait s'expliquer que comme ça. Un de ses gardes était un traître. Le plus simple était de tous les supprimer. Possibilité à ne pas écarter, mais il préférait ne pas y recourir tout de suite. Une quinzaine d'hommes de plus ou de moins on ne verrait pas la différence… mais ça ferait jaser dans l'équipe et il avait besoin de cohésion dans l'instant. Non, décidément, plus simple était de découvrir le responsable et de l'éliminer en toute discrétion…

Il allait confier cette mission à Grayson, une façon comme une autre de l'occuper en le gardant à sa proximité immédiate et donc sous sa surveillance directe. En plus, cela détournerait son attention de Reed. Dans cette affaire, Gellert gagnait. Il gagnait toujours.

Reed… Il fallait qu'il trouve le moyen de l'écarter de Grayson. Vu son pédigrée, pourquoi pas essayer de lui faire découvrir l'identité des Exterminateurs envoyés pour infiltrer l'organisation responsable des divers « incidents » sur son territoire ? S'il avait été à la place de Picquery, il aurait monté une opération souterraine pour vérifier que personne ne chercherait à renverser son gouvernement. Pas ouvertement, elle prétendait diriger une démocratie respectueuse des droits de chacun, mais en sous-main, c'était possible. Lui, au moins, ne se cachait pas d'avoir des méthodes radicales… Et il agissait toujours pour le plus Grand Bien.

Pour le cas de Lecay… La seule chose qui l'ennuyait était de devoir gaspiller du temps et des ressources pour surveiller une personne aussi fade. Maintenant qu'il avait pris contact avec elle sous les traits de Graves, il ne pouvait pas l'ignorer sous peine de la voir de nouveau débarquer à son domicile, et peut-être à un mauvais moment. Il allait la réinviter à diner dans un endroit tranquille et propice. Il saurait ainsi si elle avait une date de retour chez elle prévue. Si oui, il devrait faire en sorte qu'elle ne le démasque pas, sinon… Il avait les moyens de la neutraliser. Miracle, elle disparaitrait comme d'autres avant elle. Qui pouvait bien tenir à elle ?

Et Jones. Ce cher Jones qui l'avait si déçu, pour l'instant retenu à la cave. Il ne méritait qu'une mort indigne de façon moldue. Une balle dans la tête, peut-être, comme un malfrat de bas étage. Ainsi, abandonné sur les docks, la police moldue se ferait un plaisir d'enquêter sur cette mort et de ne rien trouver, elle abandonnerait l'enquête au bout d'un temps raisonnable et classerait le dossier. Un enterrement de première classe…Un incident classé sans suites, une erreur qui n'aurait jamais existée en somme. Après tout, pour les moldus, il n'existait pas et même si un sorcier passait par là, Jones n'était pas américain et n'avait que peu de chances d'être reconnu par quelqu'un de ce côté-ci de l'Atlantique.

Pour le courrier de la petite Amethyst Graves, la chère nièce de Percival. La majorité des gens considèrent que les enfants sont les plus précieux des biens. C'est pour cela qu'il évitait d'y toucher quand il avait le choix. Vu la droiture de Graves, il devait tenir à cette gamine. Il fallait que Gellert mette la main sur les lettres qu'elle lui écrivait. Il ignorait où ces missives avaient fini, mais les hiboux avaient tendance à livrer les courriers aux vrais destinataires à moins qu'on ne réussisse à soumettre ce dernier sous un puissant sortilège de substitution. À la moindre erreur, des lettres pouvaient s'égarer, mais, celles-là, aussi inoffensives qu'elles puissent sembler, avaient la particularité de pouvoir détruire son projet. Il était urgent de soumettre totalement Graves à des sorts encore plus puissants. Et s'il y échouait, de couper définitivement tous liens avec elle de la part de son oncle. Ce qui éviterait d'éliminer l'émettrice… et on disait qu'il n'aimait pas les enfants. Quelle injustice, il était vraiment un incompris.

Voici une soirée productive, il avait trouvé une solution à tous ses problèmes, sauf un : où était ce foutu Bluesky ? Il était primordial de le retrouver avant qu'il puisse agir. Maintenant, il n'y avait plus qu'une seule option pour lui : le retrouver et le neutraliser définitivement. A la réflexion, il aurait dû le faire immédiatement dès qu'il en avait eu l'occasion… décidément, il se ramollissait avec l'âge… il fallait vraiment qu'il se ressaisisse, il ne pouvait pas abandonner si près du but.

Grindelwald était heureux et satisfait. Rien ne valait une bonne soirée auprès d'un bon feu de bois dans sa cheminée, pardon près de la cheminée de Graves, un verre de bon Bordeaux, appartenant à Graves ce qui était une qualité supplémentaire, à la main, dans un verre fin de cristal, héritage de la famille de Graves, pour bien réfléchir et prendre les bonnes décisions. Décidément cet homme était vraiment quelqu'un de précieux à ne pas négliger. Il pouvait aller se coucher, demain serait un autre jour… Il avait rendez-vous avec Picquery au sujet des rumeurs courant sur les projets de Grindelwald sur le nouveau monde. Il aimait cette vie.