Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.
Titre : Noir ramage.
Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.
Note : L'histoire est bien avancée. Le seul problème est que les chapitres sont d'une longueur irrégulière. J'espère que cela ne vous dérange pas trop. En tout cas, j'ai plus d'une trentaine de chapitres d'avance, ce qui veut dire que je continuerais à poster plusieurs chapitres par semaines pendant un petit moment. Au moins jusqu'à la sortie des Crimes de Grindelwald.
« Je vous ai appris à tricher, truander, resquiller et vous redevenez honnête dès que j'ai le dos tourné ! ».
-Hector Bluesky.
Chapitre 20 : Frederic Grayson, ou l'art de connaître sa juste place.
Il y avait de la lumière à l'étage, mais, il n'entrait pas dans le bâtiment. Lorsqu'il avait appris le retour de Lecay après deux ans, il avait songé que c'était une blague de mauvais goût du destin, puis, qu'il pourrait peut-être tourner cela à son avantage. Depuis, il la surveillait, elle était de retour sans doute pour leur jouer un sale tour à sa façon... Mais, Grindelwald s'était mis à s'intéresser à elle. Elle, qui, il devait bien l'avouer même si cela lui en coûtait, avait plus de puissance magique brute que Frederic. En fait il l'admirait, et c'était ce qui lui faisait le plus mal, il l'admirait de toute son âme, il aurait tant voulu qu'elle s'intéresse elle aussi à lui, qu'elle l'admire, qu'elle le considère comme un sorcier, un grand sorcier. À deux, unis, ils auraient pu faire de grandes choses, il le savait de tout son coeur. De son coeur, oui, il devait bien se l'avouer, elle l'attirait, le subjuguait… Le subjuguait, dans ses instants d'honnêteté, seul face à son miroir, il aurait pu s'avouer qu'il en était amoureux, voire amoureux comme un fou... Dès le premier regard, il était tombé sous son charme. Au lieu de ça, cette idiote était passée devant lui, droite comme un I, sans un regard, dédaigneuse, uniquement préoccupée de Graves. Et ce salaud qui faisait le beau, étalant sa puissance, sa richesse, sa réussite. Ils allaient bien ensemble en fin de compte, ils allaient très bien ensemble. Deux salauds, égoïstes, imbus d'eux-mêmes, écrasant tout le monde sur leur passage, méprisant tous ceux qui ne rentraient pas dans leur jeu… Et lui avait refusé de rentrer dans leur jeu, il valait mieux que ça, il avait sa fierté, il ne pouvait s'abaisser à devenir leur chien-chien…
Alors, ils l'avait brimé, empêché de monter les échelons, de devenir quelqu'un d'important au ministère… Graves avait même favorisé l'élection de cette incapable de Picquery. Picquery qui avait pris sa place. Picquery, en voilà une autre de potiche, une idiote… Même pas capable de voir ce qui était sous son nez : son cher Graves remplacé par le Maître lui-même, les partisans du Plus Grand Bien qui peu à peu prenaient le pouvoir et tous les postes-clés importants du MACUSA…Oui, leur groupe grossissait, s'organisait, sapait leur vieux monde décadent et c'était lui, lui le minable, lui celui qu'ils méprisaient tous depuis toujours, lui qui organisait tout cela. Un jour, ils seraient bien obligés de lui rendre hommage… de reconnaître qu'il était plus fort qu'eux, plus malin, meilleur. Et ce depuis toujours. Un jour, ils lui demanderaient pardon, des trémolos dans leur voix, ils le supplieraient… ils pleureraient. Et ce jour là ils verraient tous qui étaient le chef. Ce jour là, il leur montrerait… Il leur montrerait qui était le plus puissant.
Ils ne méritaient pas son pardon, ils méritaient tout sauf son pardon, ils méritaient de mourir tous les deux et si possible en souffrant. Oui c'est ça, en souffrant, et si possible, longtemps et beaucoup, si on les lui laissait, il les réduirait en charpie, en bouillie avant de les achever d'un sort de Doloris bien senti… Pour l'instant Graves était retenu prisonnier et Grindelwald avait interdit qu'on le touche, il pouvait encore servir disait-il… Mais un jour, il en était sûr, un jour… il perdrait toute utilité, et, ce jour là, il serait là… et il saurait quoi faire du Grand Percival Graves. Il se l'était promis il y a longtemps et il se le promettait encore tous les jours. Quand à elle, c'était trop tard, elle reviendrait vers lui, elle se rendrait compte qu'elle s'était lourdement trompée, qu'elle aurait dû… il y a longtemps, trop longtemps, beaucoup trop longtemps… C'était trop tard. Elle avait laissé passer sa chance, sa chance de connaître la vraie puissance, la vraie valeur, la véritable grandeur. Il prendrait plaisir, mais alors beaucoup de plaisir à lui montrer tout son mépris. À l'écraser comme ils l'avaient écrasé en son temps. À chacun son tour, Monsieur, Dame, oui il allait leur montrer.
Mais en attendant Grindelwald avait tort de la sous-estimer. Il lui avait dit. Il lui avait bien dit qu'elle était dangereuse, une peste capable de tout pour sauver Son Graves… mais il avait bien vu, que son Maître ne l'avait pas cru… Il avait même préféré prendre conseil auprès de ce pourri de Reed. Lui savait qu'il fallait la tuer, la réduire à rien, car elle était vraiment très dangereuse. Trop facile à sous-estimer, à prendre pour une faible femme… Alors que c'était un vrai serpent, cette sorcière. C'était pour cela qu'il avait dit à Grindelwald de la tuer.
Il entendait un corbeau croasser. Il n'aimait pas ce son. Lecay n'utilisait pas de chouette pour transporter ses missives, c'était quelque chose que les aurors qui la connaissait savait. Les chouettes pouvaient être détournées, les corbeaux étaient beaucoup plus fiables… Les corbeaux ne se laissaient pas avoir par un sortilège. Du moins, pas ceux de Lecay. Il avait essayé d'interrompre leur correspondance, pour le travail qu'ils disaient, tu parles, il y a quelques années, elle avait fini par piéger une lettre et le laisser la récupérer. La traîtresse, elle avait osé lui tendre un piège, à lui… Oser lui faire une mauvaise blague de collégiens… Il avait dû aller voir un médicomage pour se faire soigner les mains, et ce dernier n'avait jamais vu un tel sort et ne savait pas quoi faire. Et le sourire de ce minable quand il avait dû lui expliquer ce qui lui était arrivé… Lui aussi méritait de mourir, se moquer de lui à ce point, ce n'était pas digne de quelqu'un ayant juré de soigner ceux qui souffraient. Il n'avait pas oublié le sourire satisfait de Lecay le lendemain. Sourire qui était devenu sournois lorsqu'elle était venue de voir avec un antidote. Il se rappelait encore ce qu'elle lui avait lancé : « Par le péché d'un seul homme beaucoup d'hommes tombent ». Puis, elle avait versé quelques gouttes sur les mains de Frederic et quasiment immédiatement, elles furent guéries. Elle avait en plus voulu faire preuve de sa grandeur. Lecay l'avait piégé dans le seul but de pour l'humilier. Sa souffrance n'était rien à côté de son humiliation. Rirait bien qui rirait le dernier, il l'aurait à son tour, son heure viendrait, il en était sûr maintenant.
Il la détestait, mais, dans l'immédiat, il avait quelque chose d'autre à faire. Grindelwald lui avait donné une mission. Mais, il en avait donné une plus gratifiante à Reed. Une nouvelle fois, Frederic se trouvait avec le sale boulot sur les bras pendant qu'un autre allait ramasser les lauriers. Non. Il fallait qu'il fabrique de fausses preuves contre Reed. Il ne le laisserait pas prendre sa place, pas après tout ce qu'il avait fait pour y arriver… Tant de sacrifices, d'heures passées à travailler dans l'ombre, à tisser sa toile, à tout organiser pour son Maître. Il se souvenait encore du jour où il l'avait rencontré pour la première fois. Un grand jour. Son grand jour. Des années qu'il attendait ça. Lui au moins, il avait su le reconnaître, lui avait eu l'intelligence de discerner la vérité. Lui seul… Quelle jouissance quand il avait amené Graves au Maître, quelle magnifique jouissance quand il avait vu son regard incrédule, oui, vraiment incrédule… L'imbécile. Le parfait imbécile. Incapable de se rendre compte. Incapable de s'apercevoir que lui, Frédéric Grayson, lui était supérieur, que lui, Frédéric Grayson, avait gagné en fin de comptes.
Quant à Picquery, elle non plus ne perdait rien pour attendre… Il faudrait bien qu'elle lui rende son siège, celui qu'elle lui avait volé par sa ruse. Il avait hâte de la voir arrêter de se pavaner, utilisant un titre pour lequel elle n'avait aucun droit.
Oui, un beau jour, tout cela serait à lui.
Une gamine blonde passa à côté de lui, le bousculant presque. Cette peste rentra dans l'hôtel où logeait cette sale garce de Mercy, stupide non-maj' insignifiante. Encore un rôle qui ne lui convenait pas : utiliser un type de sa classe pour une telle tache, où avait pu passer Jones ? Lui au moins, aurait été idéal pour poireauter toute la journée au pied d'un immeuble. Depuis quelques jours, il n'arrivait plus à le trouver. Sans doute s'était-il enfui ce lâche... Un beau jour, ces êtres inférieurs connaitraient enfin leur véritable place… Eux non plus ne perdaient rien pour attendre.
