Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.
Titre : Noir ramage.
Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.
« Sérieusement, envisages-tu réellement de nous mettre tous en danger pour sauver deux personnes : une que tu ne connaissais pas avant aujourd'hui, et l'autre que je t'ai entendu décrire comme un gâchis sans nom de ressources ? »
-Mercy Lecay à Percival Graves.
Chapitre 21 : Amethyst Graves, ou « Mes chers parents, je pars. Je vous aime, mais je pars. Vous n'aurez plus d'enfants, ce soir. Je ne m'enfuis pas, je vole. Comprenez bien, je vole. Sans fumée sans alcool, je vole. Je vole ».
Amethyst savait qu'elle n'aurait pas dû faire cela. Elle avait utilisé les sorts que lui avait appris son oncle. Des sorts de pistage qu'elle avait mis sur le courrier qu'elle avait envoyé à l'ancienne amante de son oncle et avait remonté la piste jusqu'à elle. Et maintenant… Maintenant, elle se tenait devant une femme pas très contente de la voir.
-Je devrais vous claquer la porte au nez.
-Mercy… Je…
-Quels mots n'avez-vous pas compris dans « restez à l'écart de tout cela » ? Car je crois bien avoir noté cet ordre dans ma dernière lettre. Je devrais vous envoyer à Ilvermorny sans plus attendre…
-Je n'y retournerais pas.
-Entrez.
Mercy tourna les talons et s'enfonça dans sa chambre d'hôtel dont on percevait l'odeur d'encens du palier. Penaude, Amethyst la suivit. Elle se rappelait que son oncle lui avait confié que ce qu'il aimait chez elle était qu'on ne pouvait jamais prévoir ce qui allait la faire changer d'avis. L'ancienne auror fit un geste de la main et l'adolescente vit qu'on avait repoussé les meubles pour faire de la place au centre de la pièce et dessiné un cercle rempli de motifs étranges. Il y avait quatre bols avec un truc non identifié dedans à côté d'un cône d'encens en train de finir de se consumer.
-Aidez-moi à nettoyer tout cela et après, vous m'expliquerez.
Comme à chaque fois qu'elle l'avait surprise après qu'Amethyst ait fait une bêtise, Mercy utilisait le vouvoiement en guise de punition. L'adulte avait utilisé un rituel magique en pleine zone non-maj' et elle agissait comme si de rien n'était. L'adolescente voulut traverser le cercle pour rejoindre l'ancienne auror, mais… Un million d'insectes l'enveloppèrent et rampèrent sur son corps immédiatement. Ils l'empêchaient même de respirer. Elle recula précipitamment et cette sensation s'évanouit. Elle avait l'impression d'encore la percevoir sur sa peau, comme un mauvais souvenir ou un avertissement, mais tout était redevenu normal. Sauf des tâches noires continuant à danser devant ses yeux. Elle… Elle était terrifiée.
-… va ?
En entendant cet unique mot, elle comprit qu'elle avait été sourde pendant quelques instants. Sa vision fut de nouveau suffisamment claire pour lui permettre de voir le visage inquiet de Mercy penchée au-dessus d'elle.
-Que vous apprennent-ils à Ilvermorny ? Traverser un cercle de pouvoir que l'on n'a pas tracé alors qu'on est une sorcière du troisième cercle ! Pourquoi ne pas boire une potion frelatée tant que l'on y est ? Au niveau de la stupidité, c'est la même chose ! La prochaine étape, c'est quoi ? Tu vas jeter un sort devant un chasseur de sorcière ?
Amethyst la connaissait suffisamment pour savoir que c'était la façon de Mercy de lui montrer son inquiétude. Cette femme n'était pas une silencieuse. Lorsqu'elle était en colère, elle le faisait savoir, lorsqu'elle était triste, elle attaquait… Et lorsqu'on l'inquiétait, elle enchaînait les reproches. Et plus elle parlait, plus son accent louisianais était marqué. L'adolescente savait que c'était toujours meilleur signe que lorsque Mercy se mettait à placer des mots en français dans ses phrases. En tout cas, Amethyst était ravie du retour du tutoiement, cela voulait dire que Mercy n'était plus en colère contre elle. Ou du moins, qu'elle était plus amusée qu'ennuyée.
-On n'étudie pas les cercles de pouvoir à Ilvermorny, murmura la jeune fille alors qu'elle avait encore la sensation qu'un truc poisseux collé à sa peau.
Le peu qu'elle savait sur ces trucs venaient des livres que Mercy lui avait offert. Dans le Nord des États-Unis, les seuls à utiliser des rituels régulièrement étaient les amérindiens. Amethyst avait essayé dans trouver d'autres, aussi bien dans le commerce que dans la bibliothèque de son collège de magie, mais, elle avait toujours eu le même résultat : d'après les adultes, elle était bien trop jeune pour lire des choses sur une forme de magie qui ne servait à rien.
-Voilà ce qui arrive quand on n'a pas de programme scolaire commun entre les États, soupira Mercy. J'oublie toujours que si au moins quatre-vingt pour cent de la population de la Louisiane a assisté à un rituel au moins une fois de sa vie, et on compte les non-maj's dans ce compte, ce n'est pas le cas partout.
Quatre-vingt pour cent… Non-maj's compris ? Bon, il semblerait que les Louisianais n'avaient jamais entendu parler de la loi internationale sur le Secret Magique. Ce qui expliquait pourquoi Mercy n'avait pas peur de faire de la magie dans une zone bourrée de non-maj's et cela dans la même ville connue pour ses chasseurs de sorcière de première force. C'était une énorme différence culturelle. Pas étonnant que lorsqu'elle était en couple avec oncle Percival, ils passaient autant de temps à s'aimer qu'à se faire la guerre. Mercy la fit assoir avant de lui servir un chocolat chaud. Ensuite, elle lui ordonna de le boire et de ne plus bouger. Alors, Amethyst obéit et la regarda ranger la pièce. Puis, Mercy lui demanda pourquoi elle était venue la voir. Bien entendu, pas comment. De par son ancien métier, elle connaissait trop bien le besoin de garder un tour dans sa poche pour poser ce genre de question à une « alliée ». De toutes façons, elle devait déjà avoir une idée du comment. C'était Mercy qui lui avait appris à naviguer dans le monde des sans-pouvoirs.
-Je ne retourne pas à Ilvermorny. Je vais étudier à l'École de la Lune Bleue.
-Je suis surprise que ta grand-mère ait accepté cela de bonne grâce.
-Vous êtes la seule à le savoir.
Mercy la regarda longuement.
-Comment est ton Patronus ? Finit-elle par lui demander.
-Mon Patronus ?
C'était un sort de haute magie, elle n'était pas certaine d'avoir un jour le niveau nécessaire. Mais si Mercy lui posait cette question, c'était que c'était important.
-On ne t'a pas appris à jeter ce sort ?
Mercy avait dit cela comme si c'était surprenant, puis, l'adulte sembla fatiguée.
-Bien entendu. On ne vous apprend pas à utiliser des cercles magiques, on ne va pas vous apprendre un sort protecteur efficace contre toutes sortes de choses appartenant aux Forces du Mal.
Mercy tira une chaise prêt de la table et d'un mouvement de main attira des feuilles vierges et des stylos. Amethyst sentit son cœur battre d'excitation en voyant qu'elle allait revivre un de ces moments qui lui avaient tant manqué pendant ces deux années. Sans se faire prier, elle prit de quoi noter, prête à apprendre.
-Le Patronus est considéré comme l'un des sorts les plus purs qui soit. Mais pas un seul expert n'arrive à se mettre d'accord avec l'un de ses confrères sur sa classification exacte. En Europe de l'Ouest et sous les Tropiques, il s'agit d'un sort de défense. En Amérique du Sud et dans plusieurs îles, c'est un Charme utilitaire qui sert à frimer ou à porter des messages. En Russie et Europe de l'Est, il est classé comme Conjuration et Invocation.
C'était ce qu'elle adorait avec Mercy. Elle lui donnait des cours magistraux sur des choses qu'on ne lui apprenait pas ailleurs car on ne considéraient pas que c'était essentiel de les connaître. Alors, que cela l'était, dans son fort intérieur, elle en était persuadée depuis longtemps ! À vrai dire, depuis qu'elle s'était aperçu que quelque chose clochait avec elle, un rien, une sensible différence quand elle se comparaît aux filles de son âge, plus futiles, plus drôles, plus sûres d'elles aussi… Ce sentiment diffus était devenu une certitude avec l'âge, elle était étrange et se sentait étrangère aux autres même si sur le papier, elles étaient toutes les mêmes jeunes filles de la bonne société de la côte est...
-Et aux États-Unis ?
-Cela dépend, soupira Mercy. En Louisiane, il s'agit d'un sort que l'on commence à apprendre dès que l'on entre dans un collège de Magie. On s'en sert comme moyen de défense, mais aussi comme messager. Je crois me souvenir, qu'il est considéré dans mon État natal comme un sort de Conjuration. Dans l'État de New-York, il s'agit d'un sort de défense… Après, je serais incapable de te le dire État par État.
Mercy lui laissa le temps de prendre en notes toutes ces choses. Amethyst aurait adoré avoir une mère comme cela. Une femme qui lui apprendrait tout ce qu'elle savait, juste parce que… Mais sa mère n'avait pas voulu d'elle. À vrai dire, elle ne savait même pas pourquoi son père ne l'avait pas déposée à l'orphelinat. Sans doute parce que grand-mère Morticia aurait tué son fils cadet s'il avait osé faire une telle chose.
-La forme animale d'un Animagus est déterminée par la représentation des traits de caractères fondamentaux de la personne. Ceux qui ne changeront jamais. Par exemple, un Cerf est fier et orgueilleux mais surtout superficiel, versatile et infidèle. Mais contrairement à l'idée reçue, ce n'est pas le cas des Patronus. L'incantation de ce sort Expecto Patronum signifie « j'attends un protecteur ». Et ce sort crée un protecteur et non une protection.
Amethyst arrêta de prendre en note pour mieux écouter Mercy. La douceur de son regard pensa un peu les plaies de son cœur. Elle reprit ses explications.
-Un Patronus prend la forme d'un animal et devient semi-conscient, comme doué d'une volonté propre. C'est presque un être vivant et il est capable d'anticiper les pensées de son créateur-possesseur, il obéit à ses ordres, et il comprend les paroles des autres êtres. Sa forme dépend du vécu, des rêves et des espoirs, et dans une moindre mesure du caractère de celui qui le lance. C'est pour cela qu'un Patronus peut évoluer. Parce que les gens changent.
Il y avait une intensité particulière dans le regard de Mercy. Amethyst avait l'impression qu'elle passait à côté d'un message qu'elle voulait lui faire passer, mais, la jeune fille ne voyait pas lequel.
-Pourquoi me dites-vous tout cela ?
-Car tel est le prix de mon silence, mademoiselle Graves. Tu ne peux pas venir me voir pour que j'affronte ta famille à ta place, mais, je peux garder le silence sur tes actions. Pour cela, je ne te demande qu'une seule chose : apprend l'un des sorts de protection le plus puissant. Si tu y arrives avant les fêtes de fin d'année, alors, je convaincrai ton oncle de te soutenir. Dans le cas contraire, je dirais la vérité à ta grand-mère et tu devras l'affronter pour obtenir ce que tu souhaites.
Amethyst voulait se révolter, lui dire qu'elle était venue en espérant de l'aide et du soutient avant de réaliser que Mercy lui donnait une chance de prouver qu'elle savait ce qu'elle faisait. Aux États-Unis, la devise des aurors était « Honor and Duty », soit « honneur et devoir ». Mais celle des exterminateurs étaient « Duty or Death », « le Devoir ou la Mort ». Mercy n'avait pas prêté serment de faire seulement honorablement son devoir. Elle avait juré de faire son devoir ou de mourir en le faisant. Elle lui laissait une chance de faire ses preuves avant que son devoir ne l'oblige à avertir ses parents. Mais, Mercy ne lui laisserait qu'une seule chance.
-Je ne vous décevrais pas, promit Amethyst.
-Pour cela, il faudra vraiment que tu pousses le bouchon un peu loin.
Mercy avait dit en français les derniers mots de sa phrase, et Amethyst ne parlait pas suffisamment bien cette langue pour en comprendre précisément la signification. Mais, ce n'était pas bien grave, car elle avait compris le sens profond de cette remarque. Elle se sentit réconfortée, Mercy la soutiendrai, elle n'était plus seule avec sa différence, plus jamais elle ne serait abandonnée, un pacte se forgeait entre elles. Elle comprenait bien que cela impliquait qu'elle aussi devrait veiller sur Mercy, mais cet échange de bons procédés allait de soi : la reconnaissance et l'affection impliquent de tels engagements l'une envers l'autre. Elle aurait tant aimé que Mercy soit sa mère.
