Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.
Titre : Noir ramage.
Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.
Vous imaginez ce que c'était ? Dix millards d'années à fournir un lieu à des humains morts pour qu'ils se torturent ? Et comme tous les masochistes, c'était eux qui tiraient les ficelles. « Brûlez-moi ». « Congelez-moi ». « Mangez-moi ». « Blessez-moi ». Et on le faisait toujours. Pourquoi me blâment-ils pour tous leurs petits défauts ? Ils prononcent mon nom comme si je passais mes journées assis sur leurs épaules, à les forcer à commettre des actes qui leur répugneraient sans mon intervention. « C'est le diable qui m'y a poussé ». Je n'ai jamais poussé personne à faire quoi que ce soit. Jamais. Chacun d'entre eux vit sa propre vie étriquée. Je ne vis pas leur vie à leur place.
- Lucifer Morningstar, Devil int the Gateway.
Chapitre 23 : Maxime Reed, ou le café c'est sacré.
Mercy était de nouveau entrée chez lui sans lui en demander la permission. Il aurait pu en être furieux s'il n'avait pas su que c'était pour ne pas être vue trainant devant sa porte. Il déposa la boite de donuts qu'il avait achetée pour son petit-déjeuner. Parce que oui, à cinq heures du matin, tout repas pris était un petit-déjeuner. Et puis les donuts, c'était comme le café : sacré. Les aurors carburent au sucre glace et à la caféine, c'est bien connu.
-J'ai un moyen de localiser Graves, annonça-t-elle d'entrée de jeu.
Option un, il lui disait qu'il savait où il était depuis plus d'une semaine et elle pouvait le prendre très mal. Option deux, elle le libérait, elle apprenait qu'il le savait et ne lui avait pas dit et elle le prenait encore plus mal. Option trois, elle échouait et elle le tuait parce qu'elle le lui avait promis. Option quatre, c'était elle qui mourrait. Aucune de ces options n'était plaisante. Il restait une autre option, que Percival réussisse à la retenir. C'était sans doute la seule personne à pouvoir réussir ce miracle. Et s'il y avait quelque chose dont Mercy avait en horreur, c'était les menteurs. En ce moment, il regrettait beaucoup que Mercy ait planqué Bluesky quelque part. Le vieil homme était moins facile à mortellement énervé.
-Il est emprisonné chez lui, annonça-t-il à la jeune femme.
Cette dernière le regarda fixement. La bonne nouvelle était qu'elle ne lui avait pas encore sauté à la gorge. Mais, il pouvait deviner la question : « Depuis quand le savez-vous espèce de crapaud vérolé ? ». Malgré tout son entrainement, il avait l'impression d'être un lapin qui n'allait pas tarder de se faire becter par un renard. Et oui, il ne faisait pas partie des gens qui sous-estimait Mercy. Sans doute parce qu'il savait parfaitement qu'elle était capable de beaucoup de choses pour arriver à ses fins. Et que pire encore, il avait attendu plusieurs jours avant de lui transmettre cette information.
-Avez-vous trahi le Congrès Magique ? L'interrogea-t-elle.
-Non.
-Bien, je n'ai pas envie de vous tuer.
C'était du Mercy tout craché. Elle disait une vérité rassurante qui était en fait une menace. Au moins, elle ne lui souriait pas. Vu les circonstances, si elle l'avait fait, cela aurait été une mauvaise nouvelle, surtout pour lui. Sagement, il mordit dans un donut, lui proposant de se servir en lui tentant la boite, mais, elle refusa l'offre d'un geste. Comme elle le fixait et qu'il n'aimait pas être la cible d'un tel regard, il se leva pour préparer du café. Pendant des années, ils avaient été partenaires. Il l'avait vue plus d'une fois avoir ce regard. Malgré tout ses essais, Maxime n'avait jamais réussi à avoir cette petite nuance qui voulait dire « es-tu certain de vouloir me mettre en colère ? », lui, il arrivait juste à un résultat qui voulait dire « je vais te casser la figure ». C'était le moment de lui parler de Grayson. Le problème était que s'il le faisait, elle n'allait pas le lâcher. Mais s'il ne le faisait pas… Il avait omis trop de choses pour que cela soit une bonne idée de continuer.
-Mercy…
-J'ai diné avec le type qui se fait passer pour Graves, le coupa-t-elle.
C'était une perche. À ce moment, il pouvait lui dire que c'était Grindelwald, la mettre en garde. Elle avait déjà compris la moitié de l'affaire en quelques semaines alors qu'il était dessus depuis plusieurs mois. Il ouvrit la bouche pour parler, mais, elle le prit de vitesse.
-Savez-vous que Grindelwald prenait son café avec du sucre ?
Que répondre à cela ? Et puis, c'était une preuve qu'en effet, ce n'était pas Graves. Les aurors prenaient toujours leur café de la même façon. Mercy c'était avec du lait et un sucre. Cela l'était déjà avant la guerre et ce serait encore le cas dans vingt années. Comme pour n'importe quel auror… Oui, elle était une auror. Il avait regardé dans les effectifs de réserve, et devinez qui il y avait ? Mercy. Mercy qui avait été formée pour une chose : être la solution. Et quand elle ne pouvait pas utiliser un plan rigolo, elle utilisait un plan bizarre. En sachant que pour eux deux rigolo pouvait rimer avec ridiculement suicidaire.
-Au moins ce n'est pas de la tisane, fit remarquer Max.
Même si sa réplique n'était pas si drôle que cela, Mercy éclata de rire, et dedans résonnait des croassements. Certains disaient qu'être un animagus consistait à pouvoir se transformer en animal. Ce n'était pas faux, mais pas totalement vrai aussi. Pour avoir parlé à plusieurs animagi, il savait qu'en réalité le sorcier partageait une part de son être avec un double animal correspondant à sa seconde forme. Un corbeau squattait la tête de Mercy et il fallait mieux avoir à faire à la sorcière qu'à l'oiseau. Et si elle riait, cela ne pouvait être à cause de la tension. Attendez… Comment savait-elle que c'était Grindelwald ? Quel indice avait-elle découvert qu'il avait raté ? Et si elle avait une preuve plus tangible qu'un assaisonnement de café, pourquoi n'avait-elle rien dit ? Une réponse lui vint à l'esprit. Une réponse particulièrement horrible.
-Un non-maj'.
Il ne comprenait pas ce qu'elle avait dit. Enfin si, il comprenait les deux mots, mais, il ne savait pas quel était le rapport avec tout cela. Ni pourquoi elle disait cela alors qu'il venait de penser qu'elle pouvait être l'une des cinglés ayant rejoint la croisade de Grindelwald. Elle le regarda d'une drôle de façon. Il savait que parfois les Clairvoyants avaient des pressentiments sur des choses qui seront et il n'aimait pas l'idée qu'elle puisse voir un truc annonçant une mauvaise nouvelle pour elle. Cela serait comme le don de voyance de Cassandre. Une véritable malédiction.
-Mon père était un non-maj' répondant au nom de William Wood. Il est mort lorsque j'avais trois ans.
Elle avait dit cela comme si c'était des informations que l'on pouvait trouver partout. Quel est le nom de la capitale des États-Unis Magique d'Amérique ? Quel est le jour de l'Indépendance ? Quel est le statut de sang du père de Mercy Lecay ? Et elle avait donné l'information quant au décès de son paternel avec le même détachement.
-Je ne me rappelle pas vraiment de lui. À vrai dire, le seul souvenir tangible que j'ai de lui est la vieille photo de mariage de mes parents…
C'était triste et un moment, il regretta d'avoir osé penser qu'elle était une fidèle de Grindelwald. Il la connaissait mieux que cela. Elle n'était pas du genre à trahir son pays pour déclencher une guerre.
-Je n'ai rien contre les non-maj's, Maxime. Ce ne sont pas eux qui ont fait de ma mère une criminelle pour avoir osé aimer un homme. Ce ne sont pas eux qui ont fait que mes parents ont dû se cacher pendant quatre ans… (1)
Non, ça c'était des sorciers. Même si les responsables étaient morts depuis longtemps, les non-maj's n'avaient rien fait à la famille de Mercy. C'était les sorciers qui l'avaient brisée. Si elle devait être en colère contre quelqu'un, ce serait contre ces derniers. Contre le peuple dont elle faisait irrémédiablement partie.
-Je suis une authentique « sang-mêlée », comme ils disent en Europe, résuma-t-elle.
Oui, en Europe. Aux États-Unis, le statut de sang n'avait aucune importance pour la simple raison qu'à l'époque où les sorciers migraient pour venir ici, les « sangs-purs » était restés sur le vieux continent. À cause de la violence des chasses au sorcière en Amérique. À leur violence et le fait que des sorciers en étaient mort au Nouveau Monde. Les Procès de Salem en étaient la preuve. En fait où que l'on vive, il y avait toujours des gens pour se croire plus… en tous cas suffisamment supérieurs aux autres pour s'arroger le droit d'exterminer ses semblables.
-Les non-maj's ne nous sont pas inférieurs. Mon père ne peut pas m'être inférieur. Tel est l'ordre des choses.
Elle le regarda en le mettant au défi de dire quoique ce soit qui reviendrait à la contredire sur l'un de ces trois points. Il ne savait pas quoi dire, alors, il prit un autre donut. Ce n'était pas une réaction très… Compatissante, mais c'était de Mercy dont on parlait. S'il faisait mine de lui présenter ses condoléances, elle lui briserait les genoux vu tout ce qu'il lui avait caché auparavant. Il pouvait toujours lui parler de Grayson pour changer de sujet, mais, ce n'était plus le bon moment.
-La façon dont ils compensent leur absence de magie… Et celle dont ils nous surpassent dans certains domaines… C'est fascinant et prouve qu'ils sont nos égaux, voir, même un peu plus que cela.
Mercy avait les yeux qui brillait.
-Dans certains pays, nous sommes encore au corset et à la musique classique quand ils ont la java…
Petite référence à l'Angleterre qui avait un véritable retard avec le reste du monde. C'était l'un des pays où les sang-purs avaient le plus de puissance. Et l'un des pays où les Oubliators (2) avaient le plus de travail. Paradoxalement, les États-Unis était l'un des pays où on faisait le moins appel à ces fonctionnaires. La loi sur le Secret Magique y était le plus dure, mais, elle protégeait bien la population. Et Mercy le savait. Elle faisait partie de ces sorciers qui avaient besoin de se fondre dans la foule pour survivre.
-Vous oubliez les discours pompeux, Mercy.
Elle lui sourit. Un instant, ils retrouvèrent leur complicité d'avant. Elle lui avait manqué, ce sale petit corbeau. Même si elle ne mangeait pas de donuts avant huit heures. Et il fallait qu'il la mette en garde contre Grayson. Maxime savait d'instinct qu'il n'était pas un simple exécuteur, que c'était lui qui dirigeait la cellule des Partisans de Grindelwald à New-York. Il pensait aussi qu'il n'était pas la seule taupe introduite au ministère. Sinon, pourquoi se sentirait-il menacé par lui ? Parce qu'il était plus beau, plus intelligent et plus gentil, plus populaire, cela allait de soi, mais, ces choses ne rentraient pas en ligne de compte. Il avait l'impression d'une surveillance constante de ses faits et gestes, bien sûr, à chaque fois qu'il était en mission sous couverture, c'est à dire la plupart du temps, il ressentait cela. Mais cette fois-ci cette sensation connue était comme... amplifiée par un sentiment d'urgence et de forces particulièrement perverses et malveillantes à l'oeuvre. Il ne savait réellement pas définir ce qu'il ressentait exactement, mais au fond de ses tripes, il le savait : il était en grand danger, ses jours lui semblaient sur le point de se terminer. Tous les aurors venaient à développer ce sixième sens leur disant quand il fallait mieux prendre la suite. Dans le cas contraire, ils devaient très vite très morts.
-Mercy, recommença-t-il d'un ton sérieux. J'ai des preuves irréfutables contre une autre personne dans cette histoire.
Pour le coup, il avait toute son attention. Lorsqu'il ouvrit la bouche, il se sentit perdre l'équilibre. Sans comprendre comment, il tomba de sa chaise. Lorsqu'il rouvrit les yeux, Mercy était penchée au dessus de lui, la mine plus qu'inquiète. Il vit ses lèvres bouger, mais, il n'entendit aucun son. Il voulut lui dire que cette histoire allait bien se finir, mais, avant qu'il ne le fasse, le noir emporta tout.
(1)En 1926, aux États-Unis, il y avait une loi qui imposait une ségrégation plus que stricte entre sorciers et non-maj's. Toute relation qui n'était pas liée à la vie courante ou à la courtoisie était prohibée.
(2) Un Oubliator est une personne travaillant pour le gouvernement charger d'effacer les souvenirs de témoins non-maj's afin de maintenir secrète la communauté magique.
Alors, d'après vous, qui a tué Maxime ?
