Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.
Titre : Noir ramage.
Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.
« Mercy va s'en tirer. En cas de problème, elle va faire regretter aux types d'en face de croiser son chemin. J'imagine que si elle est faite prisonnière, tu seras trop honnête pour proposer de la récupérer contre de l'argent. Dommage, je suis certaine qu'on obtiendrait de quoi rénover entièrement notre village ».
-Jade Blanchard à Liberty Lecay, au sujet de la fille de cette dernière partie combattre en Europe durant la Première Guerre Mondiale.
Chapitre 25 : Mercy Lecay, ou la vengeance est un plat qui se mange froid, mais, chaud il est bon quand même.
Mercy se frottait énergiquement la peau. Elle ne savait pas encore si son plan avait marché, mais, maintenant, elle avait une raison suffisante pour trainer dans les pattes de Grindelwald sans que ce soit étrange. Et c'était une raison qui n'impliquait pas à se trainer à ses pieds en clamant vouloir le servir. Certains n'ont aucune fierté quand même… Pour cela, elle avait dû faire sortir Maxime de l'équation sans que ce dernier ne réalise ce qui allait lui arriver. Et c'était la partie la moins risquée de l'opération. Elle avait impression que le sang ne voulait pas disparaître de sa peau. Où qu'il soit, son ancien partenaire devait être furieux contre elle. Si le corbeau qui partageait son âme et son corps depuis près de vingt ans s'amusait bien, ce n'était pas son cas. Elle regarda ses mains, elle avait encore du sang sous ses ongles. Elle devait régler ce problème : elle ne devait plus avoir l'air de sortir d'un film d'horreur. Et toutes manières, avoir l'air d'avoir continué sa crise d'hystérie chez elle donnait du crédit à son personnage. Paraître instable, voire dérangée était son meilleur avantage. Plus Grindelwald serait certain de sa supériorité, plus il lui tomberait facilement tout rôti dans le bec… Enfin, façon de parler. Le cannibalisme était réprimandé dans la majorité des sociétés. Mais était-ce du cannibalisme si cela se passait sous sa forme de corbeau ? Premier signe qu'il fallait qu'elle dorme, elle se posait des questions idiotes.
C'était le lendemain de la mort de Maxime Reed. Elle avait été surprise que le monde continue à tourner avant de réaliser que c'était ce qu'il faisait toujours. Elle ne pouvait pas prendre le risque d'enquêter pour savoir si Grindelwald avait respecté la loi et déclaré la scène de crime, où s'il s'était servi de sa position usurpée pour bloquer l'annonce du décès. Il était trop tôt pour qu'elle se serve de ses contacts pour découvrir s'il y avait une enquête officielle ou officieuse, mais, il n'était pas trop tôt pour qu'elle se mette en quête de réponses. Sans oublier qu'elle n'avait aucune confiance en Grindelwald. Lorsqu'elle avait voulu recontacter Percival, elle s'était rendue compte que la distance qui les séparait avait grandi. Il avait été déplacé et elle était trop faible pour pouvoir communiquer de nouveau avec lui. Encore un peu et elle aurait dû mal à sentir leur lien. Elle pourrait lui envoyer un patronus, mais, elle avait peur des conséquences possibles si le mage noir était présent lorsque Graves recevrait le message.
Mais… Était-ce sa faute ? Était-ce parce qu'elle avait mis un coup de pied de trop dans la fourmilière ? Peut-être, mais, il y avait qu'une seule façon de le savoir. Mais, elle ne se sentait pas la force de le faire par elle-même. Elle se mit à écrire une lettre. Il y avait des choses qu'on ne pouvait pas demander par patronus, même si c'était plus sécurisant. Elle allait avoir besoin d'aide. Elle n'était pas en état de faire son travail seule. On frappa à la porte de sa chambre d'hôtel. Elle décida d'ignorer l'intrus.
-Mercy, je sais que tu es là.
Nom d'une chouette ! Le clone démoniaque de Percival. Elle aurait dû changer d'hôtel. Elle prit le temps de terminer sa missive avant de la confier à l'un de ses corbeaux. Ensuite, elle se releva alors qu'il frappait une troisième fois, à moins que ce soit une quatrième. Elle ouvrit la porte en retenant un soupir. Elle n'avait pas envie de tricher ou de mentir aujourd'hui. À vrai dire, si elle avait eu le choix, elle rentrerait dans son bayou. Un petit porteloin, ou deux si elle voulait s'arrêter en chemin, et c'était fini. Bienvenue à la case Bayou, prenez un peu de Combo et profitez de la vie. Sa mère lui avait toujours dit que là-bas, elle était en sécurité et c'était vrai. Dans le Bayou, aussi dangereux que ces marais puissent sembler pour un profane, elle était chez elle. En être loin pour se plonger dans ce combat, nécessaire mais difficile et sans réussir à faire de réelles avancées, lui ruinait le moral et le corbeau qui partageait son corps voulait déchiqueter le visage du responsable avec ses serres. Lorsqu'elle était devenue une animagus, elle savait qu'elle devait faire des concessions à son double animal. Et là, c'était une concession qu'elle était prête à faire. Pleurer plus tard… Se mettre en chasse… Elle aimait assez cette idée. Il n'était pas sage de donner quelque chose à aimer à quelqu'un de puissant. Quand il le perdait… Disons qu'il valait mieux courir quand on était le responsable de cette perte. Et malgré ses faiblesses, elle avait de la puissance à revendre.
-Tu as une mine affreuse, lui dit-elle.
-Bonjour à toi aussi.
Une autre preuve que ce n'était pas son Perce. Si cela avait été lui, il lui aurait dit de se regarder dans une glace. Son corbeau avait raison. Elle n'avait pas le temps de pleurer. Pas encore. Elle devait encore faire son boulot et trouver les aurors disparus tout en libérant Graves au passage. Après seulement, elle pourra se rouler en boule et retourner se terrer chez elle. Et oublier. Oui, l'oubli, ça serait bien. Lorsqu'elle regardait Grindelwald se comporter comme Percival, elle mesurait ce qu'elle avait perdu en partant. Si elle avait été là, le Bulgare aurait eut du mal à pendre la place du Directeur de la Sécurité Magique du MACUSA. Si elle avait été là, Percival aurait été une proie moins facile pour lui.
Il rentra dans la pièce en prenant bien soin de ne pas trop l'approcher, il ne voulait sans doute pas la brusquer. La dernière fois qu'ils s'étaient vus, ses nerfs avaient faussement lâché. Il devait craindre une nouvelle crise de nerfs. Il regardait, prit le livre qu'elle avait commencé. Il traitait des pouvoirs innés et de comment les augmenter. Elle savait qu'elle faisait partie des plus faibles sorcières du troisième cercle qui soit, mais, si elle trouvait le moyen d'augmenter sa puissance, elle pourrait surement reprendre contact avec Percival et de là, suivre la « trace » de leur lien et le retrouver. Avec un peu de chances, il serait dans un lieu un peu moins peuplé que New-York donc, plus facile pour elle de trouver sa prison. Avant qu'elle ne décide de tendre un pièce à Grindelwald, elle en était… Entre la vingtième et la trentième maison qu'elle « visitait » avant de faire chou blanc. Et c'était parce qu'elle voulait faire bouger les choses qu'elle avait trahi Maxime. Au souvenir de ce qu'elle avait fait, sa main droite trembla. Ce n'était pas la pire chose qu'elle avait faite pour son pays, mais, c'était la décision la plus difficile qu'elle avait dû prendre, tout simplement parce qu'elle n'était pas certaine de réussir.
-Les textes les plus intéressants en magie sont en latin ou en grec ancien, fit Mercy pour lancer une conversation et cacher son trouble.
-La majorité des gens se contentent de lire les textes dans leur langue natale.
-Il y a moins de dix livres traitant de la magie écrits dans ma langue natale.
Elle n'exagérait pas. La magie traditionnelle acadienne se transmettait de façon orale et les grimoires étaient en fait des recueils de sorts et potions où les différentes familles notaient leurs connaissances. C'était sa mère qui gardait celui de la famille Lecay. Elle, elle avait le Sabre d'argent. Cet artefact forgé par les gobelins que les Lecay se transmettait de génération en génération à celui d'entre eux qu'ils en jugeaient le plus digne. Et c'était à elle Mercy, qu'ils l'avaient confié, il y a maintenant de nombreuses années. Mercy n'était pas certaine de mériter encore cet honneur. Du moins, pas depuis qu'elle avait découvert la facette d'elle-même capable de jouer avec la vie de ses frères d'armes. En entendant le silence qui s'était installé, elle entendait aussi qu'elle avait un peu trop sèchement coupé la conversation.
Elle savait apprécier le silence, mais, pas quand elle avait… Pas quand elle se sentait à deux doigts du point de rupture. Elle aurait voulu que ce soit bien Percival dans cette pièce avec elle, qu'elle puisse tout lui dire… Mais non, maintenant, même sa chambre d'hôtel était devenue un lieu hostile. Ce fut son corbeau, son double, la moitié de son âme qui lui donna la réponse à son malaise. Il lui souffla que si elle se sentait prisonnière, elle n'avait qu'à prendre son envol. C'était cela. Elle se sentait prisonnière. Elle était prisonnière car elle ne pouvait pas partir. Elle ne pouvait pas tourner les talons en se disant qu'elle reviendrait dans quelques jours. C'était trop tard, maintenant, elle était impliquée jusqu'au cou.
-Où on en est ? Fit-elle à voix haute aussi bien pour elle que pour son visiteur.
Dans son esprit, elle pouvait imaginer Graves grimacer devant la grammaire approximative de sa phrase, mais cet homme ne réagit pas, comme s'il n'avait pas entendu l'erreur. Ce qui était possible vu que l'américain n'était pas la langue maternelle de Grindelwald. Cela faisait partie de leur jeu de « faire-tourner-l'autre-le plus-possible-en-peu-de- temps ». Autrefois, ils pouvaient passer des heures en silence, mais, parfois, ils se bagarraient juste pour le plaisir.
-Tu connais tout cela, Mercy. Tu sais que les enquêtes sont longues et usantes pour les nerfs. Et nous en sommes qu'au début. Nous ne pouvons pas aller plus vite que la musique.
Elle le regarda un instant avant de parler.
-Ou alors, on peut poser cette question à Maxime, fit-elle.
-Les morts ne parlent pas, Mercy.
Si, ils le faisaient. À Ann tous les jours, et à elle… Oui, ils ne lui parlaient pas. Pas vraiment. Et elle avait besoin d'un rituel spécial pour augmenter la puissance de son don inné, mais une fois fait, elle pouvait voir ce qu'ils avaient vécu. Voir les faits qui avaient marqué une personne ou un lieu était la malédiction des Clairvoyants. Elle le regarda un moment avant de lâcher sa bombe.
-Je pourrais utiliser mon don inné.
C'était un test. La preuve irréfutable dont elle avait besoin pour croire ce qu'elle ne voulait toujours pas croire malgré tout, malgré elle. La preuve pour qu'elle écoute enfin le Corbeau qui vivait dans sa tête. Le vrai Percival savait qu'elle n'aimait pas parler de ce pouvoir, et elle voulait voir tout ce que Maxime avait lâché à Grindelwald. Au regard qu'il venait de lui lancer, il avait mordu à l'hameçon. Il ne pouvait pas poser plus de questions car ne pouvait pas savoir qu'elle aurait été la réaction du véritable Percival. S'il ne savait pas qu'elle avait un peu de Clairvoyance, tout juste ce qu'il fallait pour être à peine une sorcière du troisième cercle, il devait commencer à se poser beaucoup de questions. Comme il ne répondait pas tout de suite, elle décida le lui couper l'herbe sous le pied. Sa perplexité faisait plaisir à voir.
-Tu as raison. Je vais attendre. Ce n'était pas le moment de donner aux sorciers noirs une raison de vouloir me prendre mes pouvoirs.
Décidément, elle avait presque envie de sourire. Combien de personnes pouvaient se venter de le faire tourner bourrique ? Pas beaucoup encore vivants.
-Mercy…
-J'ai trente-trois ans, Perce. La moyenne d'âge pour un sorcier à la capacité endormie est de vingt ans. Lorsqu'on sait que l'espérance de vie d'un sorcier est de cent à cent-cinquante ans… Certains arrivent même à deux cents ans.
Ce n'était qu'un grain de poussière. Et encore, cette espérance de vie avait augmentée depuis que Mama Louise avait pris les commandes du Coven de la Nouvelle-Orléans. Elle se rappelait encore du jour où elle avait dû négocier avec sa mère pour pouvoir quitter le bayou. Avant qu'elle ne parte pour l'école d'aurors, elle n'avait pas mis à pied hors des marrais depuis qu'on avait découvert qu'elle était une Clairvoyante mais que son don ne serait jamais totalement actif.
-Tu n'as pas à te cacher, Mercy.
Maxime ne l'avait pas trahi. Maxime n'avait pas trahi leurs frères d'armes. Maxime n'avait pas trahi leur pays. Il avait joué un rôle. Mais il n'avait pas dit ce qu'il avait pu éviter de révéler. Même s'était comporté comme tel, il n'avait jamais été un fanatique de Grindelwald. Et elle l'avait empoisonné pour se rapprocher de Grindelwald. Quelle sorte de femme était-elle capable de faire quelque chose d'aussi vil ? Elle, bien entendu. Après tout, dans le fond, elle était une survivante.
-Pour finir en ingrédient de potion ? Fit-elle avec un rire amère. Tu es un auror, tu sais que certaines personnes n'hésitent pas à faire pour un peu de pouvoir. Vider de son sang quelqu'un de rentre même pas dans le top cinq des horreurs dont nous avons été témoin.
Mercy avait appris à cacher ce qu'elle était depuis sa naissance. Et contrairement à toute prudence, elle venait de relever cette vérité à un mage noir. Exactement le genre de personne à qui elle n'aurait jamais dû faire ce genre de confidence. Mais, si elle voulait pouvoir faire son enquête, il fallait qu'il la laisse s'approcher. Et pour cela, elle devait se dévoiler un peu. C'était un jeu dangereux. Un seul faux pas, et ce sera une vraie catastrophe. Il lui prit la main, comme pour la consoler.
-Je ne peux pas parler de cela à tout le monde. À vrai dire, tu es le seul, Perce.
Elle allait commencer à vraiment l'intéresser, si après ça, il ne voulait pas l'introduire dans son cercle de proches, c'était à désespérer... d'autant plus qu'elle était isolée et une proie facile… Maintenant, elle en appelait à sa compassion. Même s'il était un fanatique, avec tout ce que cela implique, elle tablait sur le fait qu'il était humain là bas, tout au fond de ce qui lui servait d'âme...
-Viens chez-moi.
Elle secoua la tête. Elle était peut-être un peu folle mais certainement pas suicidaire. C'était un piège, et il n'était même pas discret. Vu le nombre de fois où il avait tenté de lui tirer les vers du nez sur la localisation de Bluesky, il voulait quelque chose d'elle.
-Ta mère…
Elle n'avait pas besoin de terminer sa phrase. Quiconque aurait déjà croisé Morticia Graves comprendrait ce qu'elle voulait dire par là.
-On ne sait pas si c'est Maxime ou toi qui était visé, Mercy.
Pour un peu, elle aurait pu croire à son « je ne veux pas te perdre ». Pour un peu… le ton y était, comme une araignée voulant attirer un moucheron… mais ici le moucheron était averti, elle savait déjà qu'elle n'était rien pour l'homme qui volait les traits de son ancien amant, rien sauf une proie. De plus, c'était bien Maxime qui était visé, elle pouvait le jurer sur la bible.
-Je veux sa tête. Celui qui a fait ça, doit payer. Il doit être jugé et puni, déclara-t-elle.
-Il le sera, je t'en donne ma parole.
Oui, il le serait. Mais elle doutait que Grindelwald soit le genre d'homme à laisser les tribunaux faire leur travail. Tout compte fait, elle allait accepter. Le danger serait plus grand, mais, elle serait aux premières loges pour le contre-carrer. Sans oublier que si elle jouait bien son rôle de femme vulnérable, il ne penserait pas tout de suite à regarder vers elle pour trouver son coupable.
-Te rends-tu compte qu'en me faisant cette promesse, tu viens de me donner la permission de te tuer si tu as la moindre chose à voir avec sa mort ? Lui lança-t-elle.
Il la regarda réellement surpris. Si elle avait besoin d'une autre preuve que ce n'était Graves, la surprise qu'elle avait pu voir au fond de ses yeux pendant quelques secondes en était une preuve suffisante.
