Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.

Titre : Noir ramage.

Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.


Lorsque vous ne savez plus ce que représente votre nation ou votre gouvernement, ni même où ils se trouvent, vous avez besoin d'un ensemble de croyances auxquelles vous raccrocher. Vous avez besoin que votre cœur soit solide et ne change jamais. Je me sens davantage chez moi sur le terrain que derrière un bureau.

- Mercy Lecay.


Chapitre 26 : Ann Blanchard, ou j'aurais préféré être médium.

Mercy lui avait demandé de s'intéresser de près à la découverte de corps de sorciers aux alentours de New-York. Comme Bluesky était en rémission, il avait tenu à la suivre. Ce qui expliquait pourquoi ils étaient à la morgue de Sleepy Hollow. Le Conven de la Nouvelle-Orléans avait dû négocier pour qu'elle puisse venir ici. Pourquoi ? Parce qu'un membre d'un Coven devait recevoir la permission du Suprême du Coven dont il allait traverser les terres. Aux États-Unis, il ne restait que trois Covens : celui de Salem, celui de la Nouvelle-Orléans et celui de Sleepy Hollow. Elle appartenait au deuxième et était sur les terres du troisième. La grande question était qui et comment on déterminait le territoire d'un Coven. La réponse était simple. Tout ce qui était à cinq kilomètres aux alentours d'un Coven faisait partie de son territoire. Et, généralement, le Coven prenait de nom de la plus grosse ville présente dans ce rayon. Le Coven de Sleepy Hollow avait son siège à une cinquantaine de kilomètre de New-York, il ne pouvait donc pas aider Mercy qui était dans cette ville.

Pour en revenir à la morgue, il était là, avec le médicomage-légiste en chef. Cette dernière sentait bon l'innocence. Vu son métier, cela ne durera pas. La femme qui se tenait devant elle ressemblait beaucoup à Mercy. À instant Ann avait cru que c'était elle qui préparait encore un sale coup, mais, elle était plus jeune, avec une beau délicatement blanche… Et bien plus féminine que l'était Mercy.

-Ann Blanchard.

-Enchantée, je suis Sara Wood, se présenta-t-elle.

Elle lui tendit la main et lorsque Ann la serra, elle sentit qu'elle était une sorcière du troisième cercle. Son pouvoir n'avait aucun lien avec les morts, sinon, elle l'aurait senti de l'autre bout de la pièce.

-Hector Bluesky, se présenta celui qui la suivait parce qu'il s'ennuyait.

-Ravie.

Ce grand sourire… Mercy avait le même quand elle cachait quelque chose, mais, dans son cas à moins d'être particulièrement prévenue, on ne rendait pas compte de sa duplicité. Ann pouvait se tromper, mais, son instinct lui soufflait que cette Sara Wood était de la même eau. Elle voulait la tromper. Sur quoi ? Telle était la question.

Elle regardait autour d'elle. Cette morgue était propre et lumineuse, les murs étaient d'un joli vert clair. Bien loin de l'image triste et désolée des romans. Sans doute parce que personne ne voudrait travailler dans un lieu qui donnait envie de se pendre. Elle en savait quelque chose. Ann travaillait dans les cimetières. Elle préférait les fleuris, ceux avec les statues qui rappelaient aux vivants qu'après la mort, à condition que l'on ait payé toutes ses dettes envers les esprits, le meilleur restait à venir. Ann sortit de ses pensées pour se rendre compte que la discussion avait totalement dévié.

-Si vos parents sont des non-maj's, comment…

Les capacités innées sont héréditaires. Cette sorcière ne pouvait pas être du troisième cercle si elle était née de parents sans pouvoir.

-Ma grand-mère est née sans pouvoir au sein d'une famille de sorciers, expliqua Wood.

Oh. En effet, c'était possible qu'un tel don saute une génération. Le père d'Ann n'avait rien d'un nécromancien, contrairement à sa mère et à sa fille. Et Mercy avait hérité son don de sa grand-mère maternelle et non de sa mère. Il y avait aussi des lignés connues pour posséder un pouvoir alors que ce dernier n'était pas apparu dans ces familles depuis des générations. Traduction, ne pas avoir de pouvoirs innés ne voulait pas dire que vos enfants n'en auront pas.

-Quel est votre pouvoir ?

-Bluesky, le prévient Ann.

Cette question était d'une impolitesse rare. On ne posait pas ce genre de question à un sorcier du troisième cercle. C'était comme demander la couleur de ses sous-vêtements à un inconnu. Et rares étaient les sorciers n'étant pas nés avec un pouvoir autre de leur magie a en avoir conscience.

-De toute manière, vous êtes incapables de me faire du mal, répondit Sara Wood assurément.

Elle avait la même lueur de malice que Mercy quand elle savait qu'elle avait tellement de coups d'avance qu'il était impossible de la rattraper.

-Comment cela ? Demanda plus rapidement que son ombre Bluesky.

Mademoiselle Wood se contenta de sourire en montrant ses dents.

-Vous ne pouvez pas me dire un truc pareil sans rentrer dans les détails, déclara Bluesky.

Manifestement, son métier était devenu sa seconde nature. Il ne se contenterait pas d'une vague allégation, toute approximation était suspecte et en tant que telle méritait une enquête débouchant sur un acquittement ou un châtiment, au choix. Pas de troisième voie, pas avec lui, le vieux briscard.

-Pourquoi gaspiller ma salive quand vous ne me croirez pas de toutes manières.

-Essayez toujours.

Pas d'échappatoire haussa les épaules.

-J'influence les lois de la probabilités. Si quelqu'un essaye de me jeter un maléfice, sa baguette explosera, ou la personne qui la tiendra aura une rupture d'anévrisme, à moins qu'elle ne me rate et que le sortilège fasse un ricochet pour l'atteindre.

C'était incroyable, Ann n'avait jamais entendu parlé d'un tel pouvoir. Elle était une nécromancienne, d'habitude, c'était elle qui avait le pouvoir le plus effrayant. L'existence d'un tel pouvoir était possible. La mère de Mercy utilisait un rituel à base de cannelle pour attirer la chance et il y avait même une potion qui avait cet effet.

-Alors, vous influencez les probabilités. Le plus improbable devient probable et même certain ?

-Et le pire dans l'histoire, c'est que je ne le contrôle pas. J'ai arrêté de faire des paris après avoir gagné le gros lot quatre fois de suite, expliqua Sara. Savoir que l'on va gagner, cela enlève tout intérêt au jeu, fit-elle sincèrement.

-Donc, votre pouvoir est d'avoir de la chance.

Est-ce qu'on pouvait avoir plusieurs pouvoirs innés en même temps ? C'était une très bonne question, parce que si c'était le cas, cela pourrait expliquer pourquoi Mercy finissait toujours pas s'en sortir. Ann mettait la charrue avant les bœufs, elle n'était même pas sure que Sara Wood soit de la même famille que William Wood, le père de Mercy. Chez les non-maj's il n'était pas rare que deux familles sans lien de parenté aient le même nom.

-Avez-vous de la famille ? Demanda Bluesky.

Cet homme ne connaissait pas la délicatesse. Un véritable auror et même un maître dans son domaine...

-J'ai été retirée de ma famille après ma première magie.

La Loi Rappaport avait encore fait une victime chez les sorciers. Cette loi ségrégationniste séparait les non-maj's et les sorciers, et il était dans les intérêts d'aucun sorcier d'y contrevenir. Aussi bien Mercy que sa mère détestaient cette loi. Elles n'étaient pas contre le Secret Magique, elles étaient contre de vivre continuellement dans la peur de l'autre. Ils arrivèrent dans une pièce. Sur l'une des tables était allongée une silhouette sous un drap. Bluesky fonça dessus et jeta un coup d'œil sous le drap. Wood prit un bloc-note sur une table, sans doute pour laisser un peu de temps au vieil homme de digérer le choc. Ann s'approcha doucement de lui. La douleur d'une perte et quelque chose de privée, qu'une partie de nous ne veut absolument pas montrer au public.

-J'ai fait quelques analyses pour comprendre comment il est mort.

-Ce n'était pas le crâne défoncé ? S'enquit Bluesky.

La magicomage-légiste sortit tourna une page de son dossier. Puis, elle lut le résultat de l'analyse.

-Aconitum napel de son nom latin, l'aconit est de la famille des Ranunculacées. Toute la plante est mortelle pour l'homme, même par simple contact et on n'en connaît pas d'antidote. Elle paralyse les systèmes vitaux. On l'a mélangée avec de la Laburnum anagyroides, en anglais de la Cytise de la famille des Fabacées. Toute la plante est venimeuse, mais ce sont les graines les plus mortelles. Elle provoque des vomissements, des troubles nerveux, cardiaques et respiratoires graves.

Rien qu'au ton, Ann pouvait dire que Wood ne découvrait rien. Cette dernière avait déjà lu tout cela et avait déjà analysé ces données. Mais, elle se rappelait de son impression, impression qui était renforcée par ce qu'elle sentait ici.

-On lui a fait boire ça ?

-Non. D'après mes analyses, les plus grosses traces étaient dans son estomac, mélangées avec de la farine, du sucre, de la levure, de l'œuf, du lait, du sel et de l'huile, finit mademoiselle Wood en leur tendant son rapport d'autopsie. Il y a encore un autre élément que je n'ai pas encore identifié et c'est ce qui m'étonne le plus, je n'arrive pas à mettre un nom sur cet élément.

-On a empoisonné ses donuts.

Bluesky semblait ébranlé. Ann ne savait pas tout ce qui se passait, il y avait trop de blancs dans ses informations. Sara Wood continua à parler. Un sorcier apporta un brancard couvert d'un drap, on pouvait deviner un corps en-dessous.

-Mademoiselle Mabel Marie March, l'une des vieilles filles de Sleepy Hollow, annonça le nouvel arrivant qui ne devait pas avoir vu Bluesky et Ann. On l'a retrouvée morte dans son salon. Les enquêteurs pensent à une mort naturelle.

-Nous le saurons lorsque je l'aurai autopsiée, répondait Wood.

-Vous savez que ce n'est pas automatique en cas de mort déclarée naturelle…

-Pour moi, si.

Ils quittèrent la morgue, mais sans mademoiselle Wood, cette dernière occupée dans sa quête de l'ingrédient mystère et par l'examen du nouveau mort. Ann ne savait pas quoi penser. Sa Grande Prêtresse avait bien voulu lui faire lire le mot de Mercy, mais, elle avait refusé de lui dire ce qu'elle savait. Une chose était certaine et il fallait qu'elle en parle à Bluesky. Ce dernier n'était pas encore totalement guéri et s'il baissait les bras parce qu'il se sentait responsable d'une mort… Son mal reviendrait. La Magie Noire est des plus vicieuse.

-Il m'arrive de ressentir des impressions envoyées par les morts. Je ne suis pas médium, je n'ai pas de visions. Mais, je sens les morts. À vrai dire, je sens toutes les sortes de morts.

Bluesky lui jeta un regard qui voulait dire qu'elle avait intérêt à avoir une très bonne raison pour parler maintenant. Elle ne pouvait pas lui dire qu'elle avait hérité de sa grand-mère maternelle un don qui était sans l'ombre d'un doute une malédiction. Mais, elle pouvait lui glisser des semi-vérités. Et en le reprenant lorsqu'il songeait qu'elle pouvait être une médium. Elle ne savait pas pourquoi, mais la majorité des sorciers avait peur des nécromanciens. Pourquoi ? Ils devaient croire qu'elle allait finir par voler des cadavres. Si c'était le cas, elle pourrait aller dans n'importe quel morgue et faire jouer tous les corps à « Ann a dit ». Quoique… Pas besoin d'aller dans une morgue où un cimetière pour cela. Elle était assez puissante pour appeler à elle tous les défunts à dix kilomètres à la ronde. Et C'était pour cela qu'elle était priée de ne pas mettre un orteil à Sleepy Hollow, sauf circonstances exceptionnelles. Pourquoi ? Rien du tout, juste une histoire de Cavalier sans tête.

-Vous les sentez ? Demanda-t-il soupçonneux.

-En quelque sorte. C'est plutôt comme si je les ressentais, comme une ombre le plus souvent. Une présence tel un écho de ce qui fut. Ils viennent vers moi car mon pouvoir les appelle. Le fait que je puisse communiquer avec eux, leur donne une dernière chance.

-Une dernière chance ?

-Ils sous en attente de quelque chose, parfois, c'est juste de parler à quelqu'un, de lui dire au revoir.

D'autres fois, ils la poursuivaient en gémissant parce qu'ils ne voulaient reconnaître qu'ils étaient morts et que rien ni personne ne pourrait changer cela. Aussi puissante qu'elle soit, même si elle pouvait tenir la main d'un fantôme au sens propre, elle ne pouvait pas changer les règles de la Nature. Les gens avaient une vie, parfois, ils renaissaient, mais à chaque fois, c'était une page blanche qui commençait. On ne pouvait pas reprendre là où l'on avait laissé les choses une fois que notre heure était venue.

-Ils vous parlent, fit-il encore plus soupçonneux, si c'était possible...

-Non. Ce n'est pas aussi clair, c'est plutôt comme si je percevais leurs émotions.

-Quelles émotions ont-ils ? De la peur ?

-Aux premières heures, ils ne comprennent pas tout de suite ce qui leur ai arrivé. Ensuite, dans la majorité des cas, ils vont ailleurs, plus loin. Ils passent. Mais parfois, pour une raison ou une autre, ils refusent leur sort. C'est ceux-là qui donnent les fantômes, ou les esprits qui hantent des lieux qui représentent un moment fort de leur vie. Comme les fantômes de l'ancienne sucrière à New-York qui hantent ce qui reste de l'endroit où ils sont morts de faim et sous la torture. L'un de mes rôles est d'intervenir, de leur apporter la paix, de permettre le pardon et qu'ils passent. C'est ce que mon père et ma grand-mère ont fait avant moi et ce que mes enfants qui auront mon don feront à leur tour. C'est notre Devoir et notre Malédiction.

Bluesky la regarda avec une telle intensité qu'elle comprit que pour lui, cet auror était plus qu'un simple subordonné. Peut-être même un héritier. L'une de ses autres tâches était aussi de permettre aux vivants de laisser partir les morts, d'accepter leur perte, de voir leur ami, leur fils, leur amant, leur père… Disparaître et rejoindre l'autre côté. Eux devaient rester et ne pas s'accrocher à ce qui n'est plus. C'était pour cela qu'elle relevait les morts, plus pour les vivants que pour les morts. L'Adieu devait avoir lieu dans les deux sens...

-C'était l'un de vos hommes ?

-Maxime Reed. Il travaillait en infiltration. Nous soupçonnions un groupe de criminels basé à New-York d'être plus qu'il ne paraissait, expliqua le vieil homme. Et c'est moi qui lui ai demandé d'enquêter… Je savais que ça pourrait arriver, mais, je ne lui ai pas donné de porte de sortie. Je n'étais plus là pour le secourir, plus là, quand quelqu'un l'a attaqué et qu'il s'est retrouvé seul face à son destin… Je ne me le pardonnerais jamais.

Il pensait avoir envoyé l'un de ses subordonnés à la mort et il découvrait qu'il était accompagné d'une femme pouvant voir les esprits. Elle ignorait ce qu'il imaginait, mais Mercy lui avait dit plus d'une fois que les aurors travaillant pour le gouvernement finissaient tous par penser au pire. Ann avait rencontré Maxime Reed, elle avait bu plusieurs cafés avec lui. Elle l'avait même trouvé charmant. Et maintenant… Maintenant tout nécromancienne qu'elle était, elle allait devoir parler de choses qui ne se disaient pas, du moins, pas à un non-nécromancien.

-Ne le dites à personne, mais, je suis capable de sentir les âmes.

-Les âmes ?

-Des vivants et des morts. Je peux aussi sentir quand quelque chose a été vivant ou non.

Bluesky la regarda sans comprendre et elle prit une grande inspiration. Avec ce qu'elle s'apprêtait à dire, elle allait passer pour une folle.

-Je pense savoir ce que c'est, mais, si j'ai raison, alors, même totalement ignorante de la magie rituelle, Sara Wood ne peut que savoir que le corps qu'elle nous a présenté n'a jamais été quelque chose de vivant, révéla-t-elle.

-Jamais quelque chose de vivant ? Que voulez-vous dire ?

-Pinocchio.

-Le conte non-maj' ? Celui avec le pantin ?

-Oui. Le pantin de bois est vivant, mais il reste un pantin de bois… Le complexe de Pinocchio, même si là, je pense plutôt à un double-fantôme.

-Un double-fantôme ? Lui demanda-t-il.

Il allait jouer au perroquet encore longtemps ? Ann n'avait pas la patience de Mercy, et ne l'aurait sans doute jamais. Mais, elle prit sur elle. Elle ne pouvait lui en vouloir s'il avait des lacunes dans son éducation due à un enseignement lacunaire. À son âge, c'était trop tard. En plus, Mercy tenait beaucoup à lui, il était le père qu'elle avait perdu avant de pouvoir s'en rappeler. Et Mercy était une sœur pour elle.

-Les doubles-fantômes sont les figurines capables d'imiter la vie, mais, ils ne sont pas vivants. Rarement utilisés, car ils ont tendance à provoquer des accidents autour d'eux pour détourner l'attention du fait qu'ils ne mangent pas et dorment encore moins. Une vieille magie celte.

Il fallait qu'elle mette la main sur un sorcier traditionaliste irlandais. Par tous les Esprits de l'Enfer et du Paradis, le carnet d'adresse de Mercy lui manquait.

-On a pu la, ou vous, soumettre à un sortilège de confusion.

-Possible. Mais impossible à vérifier sans se compromettre.

-Tout comme votre théorie.

Ann lui sourit. Si, vérifier ses dires était possible. Elle allait enfin cambrioler une morgue et avec la bénédiction officieuse du Congrès Magique en plus. Cette mission commençait à lui plaire vraiment.