Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.

Titre : Noir ramage.

Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.

Note : C'est aujourd'hui que les Crimes de Grindelwald sort ! Mais je ne vais le voir que samedi :(... Alors le premier qui me spoild est un homme mort! Ou pire, je le laisse seul dans une pièce que Mercy qui a carte blanche pour lui faire payer cet affront.


Chapitre 27 : Seraphina Picquery, ou rendez-vous nocturne.

« Nous avons conscience de notre valeur. Que ceux qui nous haïssent à cause d'une caractéristique à laquelle nous ne pouvons rien changer aillent se faire voir. Les racistes sont toujours malveillants, que ce soit la couleur de votre peau, vos capacités dépassant leur norme, votre naissance ou votre vulnérabilité. Tout en eux n'est que haine et peur. Soyez plus forte que cela. Ce qui compte réellement et la seule chose sur laquelle on peut vous juger, c'est la façon dont vous utiliserez ce qui vous rend unique. »

-June Duclercq, extrait de son discourt d'accueil aux premières élèves de la Lune Bleue.

Dans sa cuisine. Bien entendu. On le lui avait dit et re-dit et maintenant, elle pouvait le constater d'elle-même : on ne peut pas prévoir la prochaine action de Mercy Lecay si on la quitte des yeux un seul instant. Ce qui expliquait pourquoi cette dernière était dans la cuisine de la Présidente du Congrès Magique des États-Unis. Voulait-elle savoir comment elle y était arrivée ? Non. Elle ne voulait pas apprendre quels dommages Lecay avait causé. Du moins pas tant qu'elle ne pouvait pas reconnaître officiellement la présence de cette femme dans cette ville et lui envoyer une facture.

-Vous n'êtes même pas un tout petit peu curieuse de comment j'ai fait pour que vos gardes ne me voient pas ?

La faute grammaticale fit siffler les oreilles de Seraphina, mais, elle ne la releva pas. Elle se rappelait que Bluesky lui avait fait comprendre que l'anglais n'était pas la langue maternelle de Lecay. Étant donné cela, elle le parlait rudement bien. Et si, elle était curieuse et voulait savoir comment elle s'y était prise. Cela allait bientôt faire sept ans qu'elle avait été élue pour la première fois au poste de Présidente du Congrès Magique des États-Unis. Près de sept ans où elle ne pouvait pas entrer dans des toilettes sans qu'elle soit fouillée. Et il y avait un garde devant chacune des entrées de cette demeure, même devant les soupiraux, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. L'idée de pouvoir sortir, juste une fois, sans personne sur ses talons… Mais, elle ne voulait rien devoir à quelqu'un d'aussi imprévisible que Mercy Lecay.

-De toute manière, c'est hors de votre portée. Aucun garde du corps digne de son nom ne pourra ignorer ce que vous faites, si vous tentez la même méthode que moi.

Malgré la tentation, Seraphina ignora la perche. Elle ne voulait pas lui donner plus de moyen de pression qu'elle en avait déjà. Et réussir à déjouer des mesures de sécurité ne devait pas être très compliqué pour quelqu'un capable de faire passer Bluesky sous tous les radars pendant plusieurs semaines.

-Je suis une Animagus Corbeau, révéla Lecay.

Et aux États-Unis, il n'y avait pas de registre fédéral recensant les Animagi. Tout simplement parce que dans certains États, dont la Louisiane, l'enregistrement en tant qu'Animagus n'était pas obligatoire. C'était une faille du système qu'elle voulait combattre et un de ses rares points de désaccord avec Graves, du moins avant.

-Qui prête réellement attention aux oiseaux ? Quasiment personne. Ils viennent, regardent et partent sans que personne ne lèvent la tête vers eux en se demandant qu'est-ce qu'ils font ici. On pourrait croire qu'à l'intérieur des bâtiments, c'est différent et non. Du moins, pas à l'intérieur des bâtiments fédéraux du gouvernement magique des États-Unis.

Seraphina entendit le reproche non-dit. Et elle était prête à parier que mademoiselle Lecay avait un nom à lui fournir pour jeter les sorts qu'il fallait pour protéger sa demeure. Elle songea à ses enfants qui dormaient à l'étage. Elle ne pouvait pas demander une faveur. Lecay glissa un dossier vers elle. Elle le prit. Des photos de mauvaises qualités… D'après ce qu'elle pouvait voir, il s'agissait d'une dizaine de personnes différentes.

-Des fanatiques de Grindelwald, révéla Lecay. Ils sont tous sous surveillance.

Il y avait des fanatiques ici, sur le sol américain. Elle se doutait bien que cette histoire n'était pas simple, mais pas quelle soit catastrophique.

-Pour l'instant, ils sont tranquilles. Ils se réunissent discrètement, pas de groupe de plus de cinq… Souvent en public.

Lecay passa une main sur son visage, pour la première fois, Seraphina vit à quel point elle était fatiguée. Elle avait tout mis sur les épaules de cette femme, mais qui mieux que la Présidente du Congrès Magique savait combien on est seul au sommet.

-Il vous faut quelqu'un pour vous seconder, finit-elle.

-Mon bras droit était sur la piste de la taupe qui leur vend, ou pire, leur donne des informations, soupira Lecay.

-Vous avez des noms ?

Elle eut le droit à un sourire moqueur. Oui, Lecay avait des noms, mais, elle ne les donnera pas. Pourquoi ? C'était la bonne question vu qu'elle ne pouvait qu'imaginer la sournoiserie de Lecay. Cela ne devrait pas la surprendre. Elle avait été l'élève d'Hector Bluesky pendant des années. Elle devait avoir une idée en tête, avec un peu de chance, c'était pour le mieux de ce pays. Dans le pire… C'était un problème sans solution.

-Ce n'est pas un jeu, madame. Quoiqu'il arrive, il faut faire ce qu'il faut, quand il le faut.

-Et dans le cas de Maxime Reed ?

Mercy Lecay la regarda droit dans le yeux. À cet instant, elle ne vit que de la dureté dans ce regard. Était-ce les moments où elle semblait éprouver des sentiments qui étaient irréels ou cet instant ? C'était une question à laquelle Seraphina ne savait pas quoi répondre.

-J'ai fait ce qu'il fallait.

Le ton était dur, sans appel. Et ces mots que prononçait Lecay faisait écho à d'autres mots qu'on lui avait dit cette année. Des mots tous aussi impitoyables lorsque l'on savait que Maxime Reed était mort violemment empoisonné et que les magico-légistes ne savaient même pas où commencer pour déterminer quelle était l'une des choses qui avaient servie à le tuer.

-J'ai toujours fait ce qu'il fallait, quoiqu'il fallait que je fasse. Mais, je suis trop vieux pour tous ses jeux politiques. Si vous ne me dites pas ce que vous attendez réellement de moi, je serai contraint de vous demander de partir.

« Contraint de vous demander de partir »… Malgré la politesse de cette tournure de phrase, elle sentait qu'en réalité, il lui donnerait un ordre qui ne lui laisserait que deux choix : partir avec dignité ou faire des histoires au nom d'une hiérarchie non-respectée par cet homme et être éjectée de force de cette pièce. Et cette option ne servirait à rien pour la simple raison qu'au vu de la situation, elle n'avait personne d'autre d'assez fiable pour occuper ce poste. Sans oublier que si Bluesky ne voulait pas lui parler, il ne lui parlerait pas, tout Présidente qu'elle soit.

-C'est au sujet de Gellert Grindelwald… Des bruits sont venus jusqu'à moi, monsieur Bluesky. De plus en plus d'accidents graves de nature magique apparaissent, surtout ici même, à New-York.

-Et vous craignez qu'un journaliste ne relève ce fait parce qu'il n'y a pas d'autres choses qui pourraient faire scandale ?

En venant, elle savait qu'elle ne serait pas la bienvenue. Tout le MACUSA savait que le Chef du Bureau Fédéral des Exterminateurs détestait les politiciens. Personne ne pouvait certifier qu'il exerçait son droit de vote. Et il pensait que son seul souci, en tant que politicarde, était de rester populaire. C'était faux. Mais elle ne pouvait le lui dire. Elle n'avait pas à ce justifier devant lui.

-Qu'en pense Graves ? L'interrogea-t-il.

Certes, généralement, c'est vers le Directeur de la Sécurité Magique qu'elle se tournait pour demander de l'aide. Mais, aujourd'hui, elle n'était pas certaine que ce soit la bonne chose à faire. Il lui fallait un second avis avant d'aller le voir. Question piège à laquelle elle ne pouvait pas mentir ou dire la vérité. Faire l'une de ses deux choses serait un aveu du fait que la situation lui avait échappé. Son silence dut parler pour elle, car Bluesky enchaina sans lui laisser le temps de répondre.

-Cela fait trois mois que ces rumeurs me sont parvenues, madame. Pensez-vous que j'ai attendu très longtemps avant de mettre un de mes hommes sur le coup ?

-Non, souffla-t-elle.

Pour le coup, elle se sentait honteuse. Il lui donnait véritablement l'impression d'être une enfant prise en faute. Bien entendu qu'au moment où elle avait entendu ces rumeurs, le chef des Forces Spéciales était déjà au courant. C'était l'une de ses tâches d'avoir toujours une longueur d'avance. Et malgré tous ses défauts, il était plus que compétent. Elle prit une rapide inspiration pour ne pas laisser transparaître sa gène. Elle ne pouvait pas faire semblant de ne pas comprendre ce qu'il avait sous-entendu. Elle ne pouvait pas lui permettre de lancer une opération noire sur sa base de « on dit ».

-Ce ne sont que des rumeurs, monsieur Bluesky. Rien n'indique quelles soient véridiques.

-Le coup le plus rusé que le diable ait réussi, c'est de convaincre tout le monde qu'il n'existe pas.

-Il nous faut respecter les lois, le prévint-elle.

Les yeux de Bluesky brillaient d'une intensité quasiment terrifiante. Il y a des années, elle avait déjà eu cette conversation avec Perceval Graves. Elle essayait de se convaincre que ce n'était pas un acte de déloyauté envers son Directeur de la Sécurité Magique d'aller voir un de ses subordonnés pour agir dans son dos. C'était lui qui lui avait appris que dans certaines circonstances, il fallait mieux demander pardon que permission. Et elle ne pouvait pas reprocher à Bluesky de faire de même. Au moins, si cela tournait mal, elle pourrait nier son implication dans tout cela.

-Avec Grindelwald, il n'y a pas trente-six solutions. Il sort un couteau ? Tu sors ta baguette. Il envoie un de tes hommes à l'hôpital ? T'envoies un des siens à la morgue. C'est ça, le respect de la loi lorsqu'on traite avec lui.

Il dirigeait les Exterminateurs, les Forces Spéciales du Congrès Magique des États-Unis depuis plus de cinquante ans. C'était un homme dur au cœur encore plus dur et ce n'était surement pas son collaborateur favori. Mais, elle était certaine d'une chose : il était tout sauf un des cinglés qui suivaient ce mage noir. Il était trop attaché à son pays et à son devoir pour les mettre en danger. Mais elle n'ira pas jusqu'à dire qu'il ne pouvait pas être un fanatique. La religion de cet homme, c'était le Congrès Magique.

-Quand une rumeur ne meurt pas, c'est que ce n'est pas une rumeur, madame la Présidente. Le risque est plus que réel.

Cette discussion… Cela faisait plusieurs mois qu'elle l'avait eu avec Bluesky. Quelques semaines plus tard, il rentrait pour mourir à petit feu à l'hôpital. Encore quelques jours et elle allait chercher Mercy Lecay. Les deux lui avaient dit que si elle ne voulait pas faire trop de dégâts, cela demanderait du temps. Du temps, de la sueur et du sang. Elle espérait ne pas se tromper. Parce que si elle se trompait, l'avenir serait plus que sombre.

-Je ne l'ai pas tué, madame. Mais, il est bel et bien hors course pendant un petit moment.

La Présidente regardait Lecay. Pouvait-elle seulement croire cette dernière ?

-Si on agit au mauvais moment, on en aura deux ou trois, les autres…

Lecay fit un geste qui voulait tout dire. Si c'était trop tôt, ils perdaient. Si c'était trop tard, également. C'était un pari plus que risqué mais également le seul qu'elles pouvaient faire. Tout d'un coup, Seraphina eut besoin d'un truc bien plus fort que du vin. Un verre de rhum par exemple, le soleil devait bien de coucher quelque part.

Animagus corbeau ? Ce pourrait-il… ? Elle allait finir par tuer cette femme. Lecay était entrée par effraction dans son bureau.


Prochain chapitre : Gellert Grindelwald, ou tel est pris qui croyais prendre.